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mardi, 21 février 2017

———— méprendre

Septain épiphanique zénithal 4, 17 février

    Pour se méprendre

de son sort,

un piège tendre.

La viande tendre

Pleut sur nous, sur la cendre

— Scolopendre —

À roc fendre.

10:33 Publié dans Septains épiphaniques | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 20 février 2017

... le mythe que tu écornes ...

17.02.2016.

    confondre les salicornes

avec les algues téméraires

verser des larmes funéraires

sur les clamsés en bicornes

 

le mythe que tu écornes

par des saillies salutaires

c'est au chaud du fond de voltaires

tapissés de sphinx et licornes

 

ça te va bien sous les ors

de la République cet œil

qui s'afflige de toute offense

 

le vert noircit au dehors

de ta peau et sur le seuil

du palais fond cette provende

15:44 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 19 février 2017

[que le café percole]

12.02.2016.

    tandis que le café percole

& que s'écoule un continent

j'écris un vers hallucinant

mais pour moi seul comme à l'école

 

mort à la bataille d'Arcole

sang lentement dégoulinant

un chien est là & opinant

du chef mon cadavre picole

 

ces poèmes que l'on bricole

fétus en lames concentriques

fabriquent-ils un univers

 

nous naviguons ô mes divers

& je vous fous des coups de triques

tandis que le café percole

09:27 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 18 février 2017

Épipolaire

    Je me ronge l’esprit en pensant à une certaine

Mme Corneuil, c’est bien ainsi qu’on la nomme.

Jamais on n’a tenu la dragée si haute

à notre pauvre espèce humaine.

 

Le fabuliste recommande aux heureux amants

de ne voyager qu’aux rives prochaines :

une femme qui décrit des brouillards, qui

compose des sonnets et qui, j’en suis certaine,

 

a eu dix aventures au moins.

 

Vous rappelez-vous notre première

excursion à Gizeh, cette grande plaine

nue ? vêtue d’une sorte de burnous en laine

blanche, le cou libre.

 

Par une inspiration soudaine,

On n’oublie pas longtemps son La Fontaine.

Je ne manque pas d’une certaine

vivacité.

Horace tenta vaine-

-ment de le faire rester.

 

18:00 Publié dans Centons du jeu de dés | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 17 février 2017

Rodéo exclut — lourd exocet

    Gérande demeura sur le seuil.

 

Installés dans un bon fauteuil

comme s’ils eussent été le feuil

lage de ces vieux bois de chêne

dont mon portefeuil

le est rempli,

Les marins du brick,

la tête découverte,

lui montrèrent le pavillon de deuil.

 

Ce livre, il le feuil

leta avec avidité.

10:55 Publié dans Centons du jeu de dés | Lien permanent | Commentaires (0)

Ritournelles

Untung-untung

    17 février 2015

Entendre une femme politique prononcer le mot d'“aggiornamento” et savoir qu'on va avoir Innamoramento de Mylène Farmer dans la tête toute la matinée.

 

17 février 2017

Ne pas savoir ce qu'on va entendre. Ne s'attendre à rien.

Pourtant, les heures dans le tramway, dans les diverses salles de classe, vont apporter leur lot de ritournelles. (Ritournelles : ce mot qui devait être le titre d'un des 12 romans de la série fomentée en 1995.)

05:55 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 16 février 2017

Les faits sont têtus

23 janvier 2017, 18 h

    Ami, toi que j'ai repris au

Rebond de ta discutaille,

Ton argument bidon me daille.

Pourquoi dire "choriseau" ?

 

En face de moi lire Izzo

Ou — les faits ont des tenailles —

Un long dimanche de fiançailles

De Sébastien Japrisot ?

 

Les faits sont têtus ! Au Con-

Servatoire de Tours, j'écris

En affûtant mon roseau

 

Pour graffiter "mort aux cons"

Avec des airs jipébacris

Et la fumée au naseau...

14:10 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 15 février 2017

Foi qui sauve

15.01.2017.

    toujours pas écrit ces foutus sonnets

se remettre aux sonnets ou aux quatorzains

ou à toute autre forme de rigueur

il n'y a que la foi qui sauve

un monde de fatigue me

clôt les mirettes

je n'irai pas pour qu'on me drape

ou sur le trottoir qui dérape

livrer la blancheur aux aigrettes

l'onde au flot écumeux

la rage de rugir aux fauves

la pince-monseigneur au monte-en-l'air à l'arnaqueur

pas de force j'en suis zinzin

pour ne plus m'emprisonner

23:05 Publié dans Quatorzains concentriques | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 13 février 2017

Appel à quelques routiers inattentifs, composé fictivement à Marcilly

23 janvier 2017

    Au lieu de flairer l’anémone

Dans ce Rendez-vous des routiers

J’aimerais que vous écoutiez

Un peu mon poème à Pomone.

 

À quoi sert que je m’époumone

Et sois du Verbe bijoutier

Pour que jamais dans le moutier

C’est le Paraclet qu’on ramone ?

 

Rien ne sert, pauvre flibustier

Lyrique, ici de balbutier.

On ne te fera pas l’aumône

 

D’une oreille attentive. C’est

Qu’à l’estaminet sur la Maulne

Le papier ne sert qu’aux vécés.

09:13 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

Cadet

Untung-untung

    13 février 2016

Le cadet chante à tue-tête, dans son bain, un couplet du Conditionnel de variété.

 

13 février 2017

Le cadet s'est époumoné, vers six heures, car il est décidément malade : gorge très irritée, mal de tête, un peu de fièvre. Du coup, j'écris au bureau. Les éboueurs passent, emportant, je l'espère, les deux chaises cannées défoncées.

Mon père a 72 ans.

06:39 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 12 février 2017

Quel est cet antre

In memoriam Philippe Chardin

16 janvier 2017

 

    quel est cet antre

où j'entre seul

pour la parade

& le silence

des masures

des colombes

par milliers

faut-il plier

sous votre tombe

et la morsure

de la romance

faut-il — cagade ! —

ton linceul

pour se méprendre

.

20:05 Publié dans Quatorzains concentriques | Lien permanent | Commentaires (0)

PMZ

Untung-untung

    12 février 2015

N'ayant pas eu mon smartphone sur moi, ai donc raté la photographie de la pompe à essence où je venais de prélever 43,43 litres pour une somme de 55,55 €.

Toute l'œuvre d'une vie s'estompe ainsi sans preuve.

 

12 février 2011

Viens d'acheter un best of 3 CD de Higelin, et il n'y a même pas L'Attentat à la pudeur dedans !!!!

 

12 février 2017

Pour nouer les deux fils, je peux (me) rappeler qu'on avait écouté Higelin dans la foulée, en allant à Burgos, et qu'au retour, j'avais, comme souvent, fait le plein sur une aire Servicios, sans noter le montant de la facture tel qu'affiché sur la pompe. Dans l'échoppe, comme souvent, des Espagnols râblés mangeaient des bocadillos à quatre heures de l'après-midi.

09:26 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 11 février 2017

Pagano

Untung-untung

    11 février 2015

« Les filles battaient les cocons noyés et brûlés avec un balai de bruyère ou de chiendent. » (p. 21)

Après le Savitzkaya, le nouveau Pagano — qui commence très fort.

 

11 février 2017

Je sais que la “suite”, en quelque sorte, est parue, mais ne l'ai pas encore achetée.

11:40 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 10 février 2017

ÉgalitéE

Untung-untung

(billet dédié à M. Patrick Chartrain, spécialiste de Claude Mauriac

& auteur, aussi, il y a quelques jours, d'un billet réjouissant

sur le sujet des E parasites)

    10 février 2014

Et les conneries continuent. D'un côté, tous les abrutis phallocrates (dont pas mal de femmes d'ailleurs) qui manifestent pour revenir cinquante ans en arrière, et de l'autre les féministes (ou faut-il écrire “les féministEs”) qui ajoutent un E à la fin du mot égalité pour faire plus-mieux-trop-gender... entre autres inepties (j'ai lu récemment “les enfantEs”).

 

10 février 2017

À l'époque, j'avais mis en lien, sur Facebook (je rappelle que, dans cette rubrique, le point de départ est toujours une notule tirée des limbes de Facebook, à la même date), la page Web correspondant à un concours proposé par le site ÉgalitéE sans y prêter plus d'attention. Constatant aujourd'hui que le lien est toujours actif, je suis allé y voir et ai constaté, outre que l'auteurE de ce blog était fâchée avec la grammaire française, qu'elle n'était pas très au clair dans sa petite tête. En effet, elle réussit à écrire, dans la présentation de son blog, l'énormité suivante :

Mis à part mon petit côté féministe (et encore) je vous propose des astuces beauté et bien être au quotidien. Je vous ferais partager mes conseils pour prendre soin de votre corps de femme. Apprenez à vous sentir bien, à avoir de beaux cheveux, une belle peau et finalement à être séduisante.

Il est certain que pour prétendre être féministe et penser qu'une femme doit penser en priorité à avoir une belle peau et être séduisante, il faut beaucoup avoir pratiqué Beauvoir et consœurs. Moi qui n'écris pas les mots qui ne prennent pas de E final avec un E, il m'arrive de me définir comme féministe, ce qui signifie, entre autres, que je lutte quand il le faut contre la structuration parfois phallocratique de ma profession, que je suis favorable à ce que les femmes disposent librement de leur corps, que je dénonce (y compris au travers de textes à traduire dans mes cours) les inégalités salariales, ou que, si cela devait arriver en ma présence, je ne laisserais pas un “dragueur de rue” emmerder une fille.

05:21 Publié dans Droit de cité, Narines enfarinées, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (1)

jeudi, 09 février 2017

Loving by Will

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    At last I got my copy of Sir Timothy's outstanding LOVING BY WILL. What a work ! Fabulous ! Hurry up, all of you, and buy this smashing book with its 154 "sunbursts".

 

(ystrday, 5 p.m.)

10:40 Publié dans Aujourd'hier, Brille de mille yeux, MAS, Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 février 2017

Nulla dies

Untung-untung

    8 février 2016

Expo Grands singes avec Edgar Lungu et Ségolène Royal, qui ont fait mine de ne pas me voir.

 

8 février 2017

Cette date du 8 février revêt surtout une importance particulière, car c'est l'anniversaire de la première publication dans ce carnet anthracite. Onze ans déjà !

 

06:43 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 07 février 2017

ce tablier en calicot...

    ce tablier en calicot

espalasé sur le gazon

rappelle Luynes Montbazon

à qui n'a pas pris son fricot

 

pose ta bosse de bison

au noyau comme l'abricot

dans l'herbe - la veuve-clicquot

ranime ton espoir frison

 

étais-tu (si oui : comment ?) seul

face aux Radziwill de Varel

la mer gelée pour pique-nique

 

comme allongés nous dégoisons

en nous taquinant la tunique

nos espoirs coquilles d'oisons

22:37 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 06 février 2017

sur un texte de Modiano...

    sur un texte de Modiano

avant de s'allonger dessus

ma chatte se lèche le cul

vous imaginez le tableau

 

dans ma maison pas de piano

ni assez de coussins mœlleux

il faut le croire puisque le

fin du fin est sur un rouleau

 

de très anciens textes de thèm

(récupérés dans le bureau

38 parmi la poussière)

 

de se pourlécher le fourneau

après dix minutes pas plus

d'y étendre son félin joufflu

08:39 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 04 février 2017

Planted Ground :: Red Shuttleworth

    Ce poème, j'en ai improvisé une première ébauche à une heure de l'après-midi, sur un échafaudage. En voici une version plus travaillée, bien que plusieurs éléments restent frustrants (notamment le titre).

 

Planted Ground

Plantations

Grotesque turn of tractor

Grotesque tour de roues, un tracteur...

and a leg is gone:

et voilà une jambe d'embarquée :

someone else's fact.

réalité de quelqu'un d'autre.

Wood cloud... a radio song

Nuages en bois... à la radio, une chanson

featuring high platform heels,

où il est question de talons hauts à plateforme *

love gone to muscatel-sobs.

et d'un chagrin d'amour avec des larmes moscatel.

For you it's morning...

Pour toi, c'est le matin...

dryland wheat fields

champs de blé sur des

at every blacktop

terres non irriguées

curve-’n-swerve...

à chaque virage d'asphalte...

graveyard rows

les sillons d'un cimetière.

 

(Red Shuttleworth)

_______________________________________

 * Vers changé suite aux remarques de VS ci-dessous. J'avoue ne pas avoir vérifié cela, et avoir ignoré jusqu'à aujourd'hui qu'on pouvait dire “chaussures à plateforme”. Plutôt que chaussures à plateforme, qui semble désigner des chaussures plus ordinaires, j'ai donc préféré talons hauts à plateforme, qui me semble correspondre. (Mais bordel que c'est laid !)

14:54 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (2)

L'archer atomique

Untung-untung

    4 février 2015

& donc je lis plusieurs § qui parlent tous de prothèse en palladium, j'atteins la fin des Mémoires d'un atome et toute la journée j'ai la chanson de Léo Ferré, Au Palladium, dans la tête, la dentisterie rejoint le tir à l'arc pour navrer mes neurones.

 

4 février 2017

Tempête, vent fort, branches nues du néflier qui s'agitent contre l'échafaudage. On n'oubliera pas qu'un des noms qui circulent pour un éventuel remplacement de François Fillon à l'élection présidentielle est... Gérard Larcher.

11:14 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 02 février 2017

How To Be Both

Untung-untung

    2 février 2015

Bon, bon, bon, j'ai procrastiné bêtement, comme d'habitude, et je dois rendre à la B.U. How to be Both et The Prisoner of Paradise, sans avoir pris le temps d'écrire quelques notes au sujet de ces deux livres. Comme ils m'ont tout de même marqué, je note ça ici. Et aussi thank Nobodaddy for libraries, or else I would be buried under books.

2 février 2016

Cover me, come on baby, cover me

Well I'm looking for a lover who will come on in and cover me

 

2 février 2017

Deux heures intenses. Ce qu'il faut pour tout accomplir, lire une existence — conjugaison de corps.

16:23 Publié dans Les Murmures de Morminal, MUS, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 01 février 2017

L'oubli de Levet

Untung-untung

    1er février 2012

En face de moi, dans le néflier : draine mâle ou merlette ? pas eu le temps de distinguer. Trop furtif oiseau.

 

1er février 2017

Ces jours-ci, je me suis enfin lancé dans l'Ornithologie du promeneur. Un peu déçu, après Mes langues ocelles, mieux tenu dans son foutoir — si j'ose dire. Le chapitre sur les corneilles est excellent. Celui sur les merles et les étourneaux plus pongien. On sent que la note juste point. D'ailleurs, poigne est l'anagramme de pongien. Mais il n'est pas question de jouer les pongistes.

(Jouer au ping-pong avec des nèfles vraiment ? Avec des draines qu'on observerait ?) — Coupons court.

21:30 Publié dans MOTS, Pong-ping, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 31 janvier 2017

Sédimentation

Untung-untung

    31 janvier 2015

Ce midi, outre l'excellent tajine, et les autres fromages, on a découvert un chèvre somptueux, un Touraine qui se nomme Touré et est produit à Braslou, j'ai beau habiter en Touraine depuis bientôt douze ans je n'avais même jamais entendu parler de Braslou, mais ce fromage est délicieux, corsé tendre et aux arômes nombreux, Braslou pas même un limerick, vous imaginez ça ?

 

31 janvier 2017

Pluie fine, douceur, ciel gris. Hyperactif sur le Web, et je me mets en retard pour le (vrai ?) travail. Un grand classique. On approche progressivement de la date (25 février) à laquelle j'ai commencé ces carnets à la manière de Claude Mauriac, et ce n'est donc pas un hasard si, déjà, le 31 janvier dernier, j'avais publié un billet à valeur de rétrospective et dans lequel j'écrivais qu'il importait, de plus en plus, de « se laisser guider, plus que jamais, par une remontée amont, par ce qui reste du passé en nous ».

20:50 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

2803, dans la guildiverie

« L'histoire du chauffeur de notre guildiverie, Joseph, un noir d'Anjouan, et des couches de sa femme, n'est pas racontable. »

(Paul-Jean Toulet. Journal & Voyages, 15 septembre 1886. In Œuvres complètes, Bouquins, p. 1025)

 

Bon, je m'attaque à Toulet, oui, et alors ? Je m'attaque, je m'attaque, c'est bien militaire tout ça. Vous le savez, je suis pacifique. D'ailleurs, une preuve : mon œuvre est un océan. Je joue, je m'attaque, je mets en joue, ha ha.

Reste que ça ne dit pas ce qu'est une guildiverie.

Donc on se trouve contraint d'aller chercher la guildive dans le TLFI : ”Eau-de-vie préparée à partir de mélasses ou de jus de canne à sucre” (Clém. Alim. 1978). Synon. tafia. Ils mirent leurs trophées dans un baquet de guildive (Borel, Champavert,1833, p. 103). Et la guildiverie dans le Littré : « Nom, à l'île de la Réunion, de l'industrie qui fabrique les araks et les rhums. »

Ça alors ! Moi qui ai fait rimer, il n'y a pas trois jours, Michalak et arak !

3549881222509_1.jpgBah, peu importe la coïncidence. Ce que je voulais dire, où je voulais en venir, c'est à l'inénarrable. On dit inénarrable pour quelque chose qu'on va justement vous narrer, quelque chose de pittoresque, qui appelle le récit comme on dit (et déjà cet usage d'appeler laisse à désirer). Or, là, dans son Journal, Toulet lance quelques mots, et surtout « couches de sa femme » (expression qu'il faudrait sans doute traduire en français contemporain par accouchement (je frémis d'imaginer ce que donnerait cette phrase sous la plume d'un candidat à l'agrégation*)). Tout ça pour dire, un peu comme Wilde l'aurait fait (le ferait ?), quelque chose de profondément indécent tout en se donnant les gants d'un victorianisme fin de siècle. Ce n'est pas du tout comme dans les journaux de Samuel Pepys, où n'importe quel lecteur baragouinant le français et le latin comprend ses coucheries avec des prostituées — codage vraiment peu dissimulateur.

D'ailleurs, la phrase commence par L'histoire... et en fait, il y a deux histoires, non ? l'histoire du chauffeur et celle de l'accouchement ? ou alors, c'est le chauffeur qui a raconté une histoire salée au sujet de l'accouchement de sa femme. Et l'arak dans tout ça, hein ? Le compte n'est pas juste, l'addition tombe en faux, et si ça n'est pas racontable alors le conte n'est pas juste non plus.

On aurait dû s'en tenir aux Contrerimes.

 

* Mais enfin, il ne faut pas tout confondre. La phrase suivante est tout aussi difficile à traduire : « Championne de car wash, la candidate de "Secret Story 10" est habituée à s'afficher en petite tenue et à trémousser son corps. »

11:17 Publié dans Droit de cité, Les Murmures de Morminal, Tous—les attraits | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 30 janvier 2017

Détumescence

    Quand on a soudain l'idée de composer un texte à la façon de Benjamin Péret, ou plutôt sur un modèle proposé par Benjamin Péret, mieux vaut se lancer carrément, au lieu de nourrir une fausse mauvaise conscience vis-à-vis de Robert Walser. Le 30 janvier a parfois été un jour de neige, qu'on abdique devant le ciel, qu'on recherche la terre sous la grisaille douce des averses, alors — les vélos qui descendent les rails du tramway, cela ne peut pas nous faire grand-chose.

 

Je vois tous ces cous tranchés, dans une matière que je ne connais pas, et et ornés de tant de fariboles, la plupart hideuses d'ailleurs. La vitrine comme réceptacle de piété sans objet. Peut-être que ces colliers, ces statuettes, ces bâtons, ces vases, n'ont jamais vu personne. Le mal de tête revient toujours quand on le pensait liquidé. La nuit tombe très vite dans ces parages.

C'est dur, la descente du temps dans des parfums qui n'ont pas de sens. C'est dur, si j'ose le dire, la détumescence. C'est dur, si j'ose dire, la détumescence. Un loup ancien sépare la phrase. C'est dur si j'ose,  détumescence. 

Après le triomphe du théâtre on ne peut plus rien attendre car il y aura bientôt là une salle de sport, ou un club de gym, c'est tout comme.

Est-ce que je peux déjà savoir la manière dont je m'effondrai ?

Pourquoi ai-je la sensation, avec le mal qui tiraille les cuisses, que je me trouve, non à un carrefour, plutôt sur un rebord. En tout cas, rien à voir avec l'impression de délivrance douloureuse quand on descend de sa selle. Sur un rebord. Ce n'est pas un robot, ou une capote (rubber). Quelle est encore cette étonnante statue et dans quelle matière ? Le coiffeur se met en boule, le sculpteur en fait des tonnes. Pas l'ombre d'une allégorie, la castagne contre les temples, les motifs infiniment répétés comme le ballet infini et vrombissant des voitures dont les roues crissent dans les flaques. Les tempes prêtes à se battre.

 

Crise d'anatomie pour cette expérience.

 

(Il y avait, il y a une photographie, d'une des vitrines.)

21:37 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

I Am A Road (Mark Baumer) ▓ Je suis une route (chapitre 5)

[traduction en cours du chapitre 5 de I Am A Road de Mark Baumer]

[sur Mark Baumer : ici et ]

 

    Je me suis éveillé au pied d'une colline et j'ai passé vingt minutes à observer un oiseau. Je pense que j'attendais de voir si je pouvais apprendre à me faire pousser des plumes. Tous les matins, j'avais besoin que mon corps réapprenne à marcher. Je me sentais plus fragile qu'un bébé né depuis huit heures. Au sommet de la colline j'ai cru voir quelqu'un qui me tenait un cadeau, mais en m'approchant je me suis aperçu que cette personne n'était qu'une haute plante adossée au mur d'une bâtisse grise. Une bonne partie de la bâtisse avait fondu. Mon corps a avalé le paysage, et le paysage a avalé mon corps. Des pensées s'échappaient des pores de ma peau et s'écoulaient dans la terre. Un panneau m'a signalé que la ville la plus proche était à huit miles. Un autre panneau m'a signalé que rien n'existe sauf dieu. Toutes les voitures ont déferlé comme si je n'étais pas là. Il y avait plus meules de foin dans les champs que d'habitants sur terre.

 

I woke up at the bottom of a hill and watched a bird for twenty minutes. I think I was waiting to see if I could learn to grow feathers. Every morning was a process of teaching my body how to walk again. I felt more fragile than a eight-hour-old baby. At the top of the hill I thought I saw someone holding out a present for me but when I got near this person I realized they were a piece of tall grass leaning against the side of a gray building. A significant portion of the building had melted. My body absorbed the landscape and the landscape absorbed my body. Thoughts dripped through the pores in my skin and leaked back into the soil. One sign told me I was eight miles from the next town. Another sign said nothing existed except god. Every passing car ignored me. The bales of hay in the fields outnumbered the number of people on earth.

 

[Pour acheter I Am A Road]

15:42 Publié dans Darts on a slate, Pong-ping | Lien permanent | Commentaires (0)

Neige pas neige

Untung-untung

    30 janvier 2012

Neige fondue, poil à la rue.

Neige qui gèle, gamelle.

 

30 janvier 2017

Voilà un texte (deux phrases forment-elles un texte ?) que j'aurais pu me dispenser d'exhumer... Aujourd'hui, c'est plutôt la pluie soit crachinante soit forme d'averse qui rend mélancolique tout regard porté au dehors, pénible tout moment à se trempouiller dehors, mais la morosité est ailleurs aussi.

15:23 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 29 janvier 2017

Tentative de traduction de “GOD IS A SHOCK-JOCK” (Cynthia Atkins)

Cynthia Atkins a écrit le poème qui suit dans le cadre d'un concours de poésie organisé par le New York Times autour du thème de Donald Trump (Donald Trump Poetry Contest).

En dépit de quelques difficultés, liées notamment à la structure métrique, j'en propose un premier essai de traduction, en expliquant d'emblée le choix du titre : shock-jock (littéralement, un amortisseur) est un jeu de mots à partir de la tactique militaire développée lors de la guerre de 2003 en Irak — shock and awe, ce qui se traduit généralement de manière plutôt calquée par “choc & effroi”, et que j'ai préféré étoffer, au vers 8, en « tactique de la peur panique ».

Il va de soi que je suis preneur de toutes remarques, éclaircissements, signalements de faux-sens etc.

 

GOD IS A SHOCK-JOCK

À DIEU D'AMORTIR LES MORTELS

 

You shroud us in fur-lined collars,

Tu nous enlinceules de cols en fourrure,

disco heels and pistons to swag down

de talons aiguille pour descendre en pavanant

long runways, as if belted-up to tease out

de longues pistes, comme caparaçonnées pour

our fears. Have you let us scroll from

calmer nos angoisses. Nous laisses-tu défiler

the weeds to this fabric of faux grass,

sur ce tapis cousu d’herbes factices

now cast green with a President’s face?—

dont le vert revêt à présent le visage d’un Président ?

Mother nature’s ink can melt a snowball

Dame Nature, de son encre, peut faire fondre la neige

In Hell! Awe n’ shock are the wave of

en Enfer ! la tactique de la peur panique

the furniture. You’re feeding this fire,

gagne jusqu’aux meubles. Ce feu, tu le nourris

with televisions, flags draping coffins,

de téléviseurs, de drapeaux couvrant les cercueils,

even our delirium. Patriotic, like a kid with

et même de notre hystérie. Patriote, comme un gamin,

a pocketful of tomatoes, beaten to a pulp,

des tomates dans la poche, battu comme plâtre

by a bully that is the whole town.

par un petit tyran – ce tyran, c’est la ville entière.

Your shoelaces pull us closer into

Tes lacets nous tirent chaque jour davantage

the earth. We are sardonic with dust

vers la terre. La poussière et la honte nous ont

and shame. We are only disposable

rendu sardoniques. Que sommes-nous sinon de l’argent

income. Turn the dial and we’re all Ego,

disponible. Compose le numéro, tout n’est qu’Égo,

dead-ringer of vertebrae in the shape

contrefaçon de vertèbres épousant la forme

of a lonely room. Stout clocks are raffling

d’une chambre solitaire. Nos noms résonnent à la

off our names—Hands caught in rush hour

loterie des carillons, les aiguilles prises dans le

of clouds. Meanwhile, the stars

trafic des nuages, pendant que les étoiles

offer the take-away, ”Love is a drug“—

nous offrent la bectance (“l’amour est une drogue”)

for which we were startled

qui nous a fait sursauter, d’un bréchet,

by a wish-bone, a brink, a bullet, a blink

d’une margelle, d’une bastos, d’un regard jeté

at a canvas of Brueghel rooftops—

sur cette toile de toitures breughéliennes—

A table set with a conspiracy of flowers.

Une table avec, en son centre, des fleurs en plein complot.

 

.

19:08 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

Pipeau

Untung-untung

    29 janvier 2012

Sarkozy m'a l'air bien parti pour battre le record du plus long solo de pipeau de l'histoire de la musique occidentale.

 

29 janvier 2017

Il devait s'agir, il y a cinq ans ↑↑↑ ,  d'une intervention à la télévision. Toutefois, cinq ans après, il se pourrait que François Fillon, dans son meeting, surenchérisse.

14:52 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)