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jeudi, 16 janvier 2020

24–Kipnis–Clavecin

 

    La manifestation descend, selon un itinéraire peut-être inédit, l’avenue du Danemark. Se rappeler comment le pays a failli présider aux destinées de ce royaume. L’encre de seiche ne sèche qu’à l’arrêt. Des aphorismes qui faussent tout, des blagues à peine plus relevées que la colle du carambar sur les dents de l’enfant mutin. J’ai balancé tous mes Cioran à la benne sur la plage, planqués dans un bunker les bouquins du désespéré désespérant, pourquoi penser à ça. Et pourtant elle tourne. Et pourtant elle vire en tête. On est en 2020 pour causer du chaos. Ah la splendide et débile ambivalence des verbes, pas qu’en français d’ailleurs, va faire des pompes dans le bunker et tu verras de quoi il retourne. Et pourtant elle retourne. Et pourtant elle vire au vinaigre. La manifestation, cortège d’un millier, descend l’avenue du Danemark.

 

11:10 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

23–Casadesus—Piano  

 

    Je faux, écrivait Ronsard, et moi aussi je me défausse quand je tricote de mes jambes, je compte à côté, je dénombre et distingue si mal, au débord, au risque du faux, donc au risque du bobard (est-il donc question de vérité dans ces pages ?) et du débordement (comment s’en tenir aux quadrilatères de 2020 ?), quand je tricote de mes doigts sur le clavier j’entends encore ce qui s’écoute, oreilles rivées à ce qui sort des enceintes, n’est-ce en s’affaissant qu’on comprend mieux son corps, naissance affaissée ? (Trop rococo.)

 

10:55 Publié dans Droit de cité, Fièvre de nombres, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

22–Rättyä–Accordéon

 

    Tu te gauchis, après l’ultime patte à ta fioriture, beautés et fard, avant d’aller en célérifère, et moi, ce potron-minet, je solde avec le râble en marmelade, à espérer aussi le choc de ficelle de la remise, mais je barre les barres, et tu montes bravement sur ton cycle, te biaises, néant dans les piges lugubres n’est flagrant, je t’aime.

 

Texte généré à partir du 22.

 

10:38 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

22–Falvai–Piano

 

    Tu t’éloignes, après avoir mis la dernière touche à ta parure, bijoux et maquillage, avant d’aller en vélo manifester, et moi, ce matin, je reste avec le dos en compote, à attendre aussi le coup de fil du garage, mais je biffe les lignes, et tu montes fièrement sur ton vélo, t’éloignes, rien dans les années vertes n’est évident, je t’aime.

 

10:34 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

21–Ross–Clavecin

 

    Une tourterelle sur le lampadaire, sur fond de ciel bleu avec à peine quelques traînées blanches quasi imperceptibles, regarde en direction du rond-point que je ne vois pas, je ne peux voir ce que regarde la tourterelle, peut-être les travaux d’isolation par l’extérieur au 4 de l’impasse.

 

10:14 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 15 janvier 2020

20–Chostakovitch–Vents

 

    Tout frémit de cette fanfare et trois souris aveugles s’éveillent d’entre les pages.

Autant l’écrire noir sur blanc : pas trouvé la référence de l’enregistrement & je l’attribue au transcripteur illustre, Chostakovitch, mais j’aurais bien aimé savoir qui étaient ici les musiciens. Se replonger à travers les siècles dans ce qui pourrait tout aussi bien passer pour une esthétique de cinéma muet, concept musicologique en soi bien compliqué voire paradoxal.

Mais ça danse, qu’importe, ça danse et j’admire le ballet des moineaux et même des étourneaux avec le rouge-gorge et la merlette sur fond de ciel imperturbablement gris et blanchâtre. Nous étions des rocs, et nous voilà poussés dans nos retranchements, requis par le langage, à cor et à cris. La nasse, la nuée s’effilochent, s’ouvrent.

Vous étiez des rocs qui soufflerez dans les cors.

 

14:00 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

19–Zouganelis–Piano

 

    Les billets autocollants sont entreposés en vrac avec les dépliants des marabouts, pas encore donnés à la collègue qui les collectionne, près du bol en plastique rempli de clés USB contre lequel est posé à la verticale le disque dur externe miniature tout contre le carnet à spirales – aucun des deux n’a servi depuis des lustres – avant le pot à crayons si le traveling se poursuit vers la gauche et après ça l’écran du laptop éteint empêche la description, pour l’alliance, comme pour le crâne nu au-dessus des sourcils arqués.

 

13:10 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

18–Cattani–Clavecin

 

    Elles savent pourquoi les feuilles tombent même en hiver, pourquoi des robes et des cahiers volent dans l’air à la mi-janvier, comme le terrain d’asphalte a tout envahi, emporté jusqu’aux espoirs de forêts, à telle enseigne que le plus fabuleux désormais serait de raconter une histoire qui se passe au fond des bois, au creux des campagnes.

12:20 Publié dans lactations : déSastre, MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

17–Gruzman–Piano

 

    Les beaux jours reviendront. Pour le moment, c’est la nasse grise qui triomphe. Nommer n’est pas nominer, et si on prend le temps d’attraper le Gaffiot d’un auriculaire discret on verra que nos ongles n’avaient pas de raison d’écorcher le soleil. Dévaler, ahanant, la chair nue de l’arbre.

 

11:30 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 12 janvier 2020

16–De Luca–Clavecin

 

    Le soir est tombé, la nuit tomba. Vos respirations n’avaient plus d’écho, dans le furètement interminable des chiens, sous la lune immense qui éclairait le parking du garage et les mégots, les canettes cabossées qu’on ramasse tous les dix ou trente mètres.

L’obscurité n’était pas à même de vous envelopper car il y avait toujours un lampadaire, un éclair de lune, des phares de voiture, dans cette banlieue vague où ramasser des mégots pour les flanquer à la benne était une occupation comme une autre, en attendant l’effondrement.

Savez-vous que j’avais sué sang et eau, savez-vous que j’avais pleuré, mais que l’angoisse sous la lune immense avait fini par refluer, perdue dans un recoin de la mémoire ?

Vous ne le savez pas, vous ne l’avez pas su. La nuit s’est rabattue comme une poignée de terre géante puis comme un couvercle de pierre.

 

19:05 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

15–Weigel–Piano–Souter–Clavecin

 

    Trois catalogues, donc trois combinaisons différentes de nombres et d’attributions, donc trois ordres différents, donc trois possibilités différentes d’articuler et même d’écrire, de composer, trois compositions  radicalement différentes à partir des 555 pièces, soit 1665 textes virtuels, et même, avec les interprétations, les trois types de clavier et ça sans compter les transcriptions, on pourrait même aboutir à 4995 textes, un livre de deux millions et demi de signes, je ne vois même pas ce que ça donne imprimé ou relié.

 

16:44 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

14–Ross–Clavecin

 

    Bondir, puis rebondir, tressauter puis ressauter, bondir puis tressaillir, infinir, ne pas finir, reprendre, bondir rebondir bondir et sauter tressauter, infinir, ne pas savoir où finir, pas comment finir, aller gaiement, doucement, légèrement, primesautièrement, primesautier, primesauter, primebondir, rebondir, tressauter puis tressaillir

 

14:43 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

13–Little[1]–Virginal

 

    Quand le ciel bleu pétrole s’était strié de rose, je me dirigeais à l’aveuglette vers la rue jonchée de fragments de polystyrène, signe qu’on ne pourra jamais faire changer les choses ni les gens et qu’on mourra dans pas si longtemps engloutis sous nos saloperies, et nos pyrocumulonimbus.

 

[1] David Clark Little.
https://www.youtube.com/channel/UCZE_-n_f5Fs615Vh_u2ZZ7A

11:43 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

12–Colombo–Clavecin

 

    Ce fantasme des journées de 72 heures, ces appels constants – en-dedans – au surnaturel, qu’est-ce que cela peut bien signifier ? L’insatisfaction n’est pourtant pas le mot qui désignerait le mieux l’état d’âme du coureur arrêté. La main court sur le clavier, mais jamais aussi vite que celle du claveciniste. Presto, ce mot choisi aussi pour traduire soon, il y a bientôt vingt ans, non, il y a plus de vingt ans, dans un poème de Kojo Laing. Le coureur arrêté pourrait se dire preste, se décrire ainsi, au moins virtuellement, il aura fallu tracer ces signes en moins de trois minutes, alors ce n’est pas d’arrêt qu’il faudrait parler, de vol façon faucon crécerelle peut-être, on en a tant vu à Toussaint au retour du Poitou. Ou le rouge-gorge écrasé coincé dans la grille. Partir dans tous les sens, si fabuleuses journées de 108 heures…

 

11:15 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

11–Michelangeli–Piano

 

    Se recueillir, de sorte que le temps passe moins vite que l’espace autour de soi, c’est ainsi qu’en levant les yeux ou en faisant trop souvent, rapidement, l’effort de pencher la nuque vers l’arrière – afin d’étendre du linge par exemple – ma vue s’obscurcit et je suis pris de ce que je nomme, faute de mieux, des vertiges. Je dois ralentir l’activité déjà poussive, mais je continue d’étendre le linge, par exemple, à moins que je ne sois obligé de m’asseoir par terre ou de me plaquer contre le mur, impression de fin de tout.

 

10:09 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

10–Jandó–Piano

 

    On dirait que je courais, on dirait que je courrais, on aurait dit que je courais, et je cours, et je cours si vite que je risque de manquer de souffle, et jamais pourtant je ne manque de souffle, il faudrait toujours que je sois au-delà du but à atteindre, mais ça ne se passe pas ainsi, on ne dirait jamais que je cours, je me traîne, tel.

 

09:00 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

9–Barenboïm–Piano

    Difficile de s’y tenir, d’y tenir, de se tenir à l’écriture et de tenir à la vie. Le chat, bientôt dix-huit ans, qui règne sur le rond-point, passe nonchalamment d’une haie à l’autre, ne se soucie pas de sortir les griffes pour rien quoique son œil s’avive soudain au vol bas d’un moineau.

 

07:46 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 03 janvier 2020

8–Hantaï–Clavecin [1]

 

    Volets ouverts enfin, pourtant neuf heures vingt, maison encore sans bruit, maisonnée endormie, même grisaille grise que les jours précédents, l’année commence sous ces auspices gris, ces déboires d’une grisaille sans partage. Décrire les troènes. Non. Décrire le prunier couvert de lierre, déplumé de ses feuilles. Non. Décrire la tourterelle qui trottine sur la terrasse grise. Non. Tout cela ennuie, n’enlève rien aux images cauchemardesques qui ne cessent de peupler les heures de veille. Humeur sombre, tonalité obscure des jours gris. Quand écrire ni décrire n’a plus de sens, de direction, et on écrit quand même impuissant à subir seul cette grisaille, jusqu’à la minute, qui ne change rien au fond, où le soleil apparaît entre les cheminées par-dessus les tuiles, offre un fond de ciel jaune pâle aux dernières feuilles du cerisier.

 

[1] Texte écrit pendant les 3’44’’ de la sonate, sauf la première phrase, qui avait été ébauchée lors d’une première écoute flottante de Hantaï. Interruption par le lever de C*, justement. La minute où le soleil apparaît, c’est 9 h 37, quelques instants après. Après la fin des 3’44’’, juste retranché un ou deux mots brefs et 2 virgules (qui facilitaient pourtant la compréhension), astuce trop habituelle pour « descendre » au nombre de signes requis, ici 29 au carré donc.

(Cette note a été aussi rédigée pendant 3’44’’, troisième écoute de cette même sonate dans cette même interprétation captée par une chaîne de télévision espagnole, trouvée sur la chaîne YouTube Felices Cantus.)

12:47 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

7–Guitares–Roldan

 

    Volets encore fermés, il ne faudrait pas réveiller la maisonnée, et d’où vient que ce mot de maisonnée toujours triomphe sur maison, par affèterie ou par recherche du terme juste, et d’où vient que ce mot d’affèterie si souvent s’impose, et d’où vient ce flux continuel de mots, comme de notes, volets fermés, d’où vient mon désarroi autant que l’impulsion d’écrire. C’est bien vilain, l’impulsion d’écrire. Pas d’italiques, vous ne saurez pas si c’est l’expression ou ce qu’elle désigne.

La danse en trois actes n’a rien épuisé.

[1] De temps à autre, on s’autorisera une petite sortie de piste, avec des adaptations. Aussi écouté la version de Scott Ross, deux autres pour clavecin, pas convaincantes.

11:45 Publié dans lactations : déSastre, Les Murmures de Morminal, MOTS, MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

6–Larrocha–Piano  

 

   Dans les yeux du dedans les oiseaux et les insectes calcinés d’Australie. Intenable, invivable, épouvantable. Le brasier qui crame et s’élève en cendres plus nocif que jadis le volcan islandais. Une idée inimaginable, insupportable. Aligner des adjectifs ne changera rien. C’est pour tout ça qu’on avait cessé d’écrire, qu’on cessera d’écrire. Plantes grillées.

 

10:43 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

5–Ross–Clavecin

 

    Volets encore fermés, il ne faudrait pas réveiller la maisonnée, donc pas voir ni la grisaille ni le jour qui a dû se lever, pas voir la terrasse grise ou blanc sale, ni la haie ni la maison voisine, pas la mangeoire qu’il faudrait réapprovisionner, d’où vient qu’on craindrait la pénurie.

 

09:43 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 02 janvier 2020

4-Long-Piano

 

    Le jour se lève, et avec lui la grisaille des journées. Toujours cette douceur sure, ce goût de n’y-revenez-pas, sans que ce soit non plus la saveur du fruit défendu, à enchaîner les minutes, à égrener les pages ou les pattes-de-mouche, comme quand soudain se lève une infirme : elle voudrait marcher, s’élance et parvient de fait à passer le seuil.

Malgré ses œils-de-perdrix, comme elle y va !

Elle fait le tour du miroir d’eau, elle gambade, elle file le long des statues de style gréco-romain, et comme elle est loin déjà ! Méfiez-vous de ces mourants qui n’ont pas expiré, de cette terre brûlée, de ces essences cramoisies (quel bonheur d’employer l’adjectif dans le sens que je croyais être le sien quand j’avais huit ans), et de la fuite des ans comme du travail de couturière des nombres.

Et l’infirme a même fait se lever le soleil.

 

09:30 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 01 janvier 2020

3–Pletnev–Piano

 

    Le vent se lève, vient en aide quand il ne détruit pas.

Faire un pas de côté, deux pas encore, et la danse se poursuit dans les ombres. La danse se poursuit dans les nombres. Le vent danse des nombres au creux des ombres. Et le creux se creuse, encore, en cavatine.

Est-ce que tu auras fini l’année en mai, à ce rythme ?

Oui, à ce rythme, ce serait déjà le 19 mai qu’on entendrait – dans le vent, avec les reprises, les ombres, les nombres – la dernière sonate.

Au loin le désert, les larmes de pierre.

Le vent se lève, à point nommé.

(429/529)

18:35 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

2–Ross–Clavecin

 

    Il pleut, il pleuviote, temps grisouillard, tristounet, de quoi ne pas se débarrasser de ses humeurs grises, tristes. Pourtant la main bondit sur le clavier, allègre. On embarque pour un voyage en nacelle, à simplement observer les tourterelles. Pourquoi faudrait-il que quiconque le sache, vous admire d’en bas ?

Et la chaise gît, renversée, sur le ciment gris.

 

15:34 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

1–Pogorelich–Piano

 

    Ce matin le chat des voisins est entré, à mon invitation, dans le salon. Je lui ai souhaité une bonne année. Il a dix-huit ans, soit dix de plus que Séhune, la nôtre, qui est morte il y a huit semaines.

Le chat a fait un tour, est ressorti sans mot dire.

Il restait à former quarante signes.

 

15:02 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 31 décembre 2019

ATR ֍ 1

3 janvier 2020

Des démons s’emparent de la fleur grise.

Comment la leur reprendre ? C’est de la

Folie. Ces démons sont joueurs, pas croyable.

La fleur grise est dans le cartable.

Je vois le démon qui l’a prise.

Incroyable, hein. Jamais on ne croirait cela.

 

Le cartable à présent recèle les démons,

Qui dansent et tournicotent. Comme on s’amuse !

Oui, vous avez bien lu : ils dansent

Dans le cartable. Les elfes font bombance

Avec des vilebrequins, du pâté de goémon,

Enfin, des rôties au sang de méduse.

D’un poisson noir on voit la laitance.

 

Nous y tenions, à cette pauvre fleur,

Comme le clochard tient à sa chemise.

Vous peinez à croire, je le vois,

Ce poème. Ce n’est rien. Peut-être qu’autrefois

Vous lui auriez trouvé une autre couleur,

Dérobée des démons, à cette fleur grise.

 

15:15 Publié dans Art Torrents Réticences | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 30 août 2019

The Opening of the Way

Coleman1.0.PNG

Texte mieux lisible ici.

19:20 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 29 mai 2019

Der Seher / Le guetteur

    Der Seher

    Le guetteur

sieht

voit

die schwarze Fahne

le drapeau noir

auf halbmast

en berne

 

Das Haus ist gestorben

Tout dans la maison a péri

die Straße begraben

la rue est ensevelie

die Stadt war

la ville était

eine wahre Erfindung

une vraie découverte

 

Der Seher

Le guetteur

sieht

voit

Moos

de la mousse

 

 

06:58 Publié dans Rose Ausländer | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 28 mai 2019

Antennen / Antennes

    Manchen Antennen

    Je me fie

vertrau ich

à pas mal d'antennes

 

Mondfinger

Le doigt de la lune

auf meiner Haut

sur ma tête

 

Mit den Fingerspitzen

De la pointe du doigt

drück ich die Nacht

je place la nuit

an die Sterne

près des étoiles

 

um mich von ihrem

afin de me libérer

Magnet zu befreien

de son attraction

 

Zu welchem

À quelle mauvaise

Unstern

étoile suis-je

gerissen

arrachée

06:40 Publié dans Rose Ausländer | Lien permanent | Commentaires (0)