dimanche, 13 mai 2012

Mercredi après-midi

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samedi, 12 mai 2012

Cabourg

powell_1605542c.jpgCobb was making notes in a little book.  Marinko gazed out of the window, overcome with Slav melancholy, or, more specifically — being of the party that supported the Resistance groups of Mihcilovic — dejection at the course British policy appeared to be taking in that connexion.

"Just spell out the name of that place we stopped over last night, Major Jenkins," said Cobb.

"C-A-B-O-U-R-G, Sir."

As I uttered the last letter, scales fell from my eyes. Everything was transformed. It all came back-like the tea-soaked madeleine itself — in a torrent of memory ... Cabourg ... We had just driven out of Cabourg ... out of Proust's Balbec.  Only a few minutes before, I had been standing on the esplanade along which, wearing her polo cap and accompanied by the little band of girls he had supposed the mistresses of professional bicyclists, Albertine had strolled into Marcel's life. Through the high windows of the Grand Hotel's dining room — conveying for those without the sensation of staring into an aquarium — was to be seen Saint-Loup, at the same table Bloch, mendaciously claiming acquaintance with the Swanns. A little further along the promenade was the Casino, its walls still displaying tattered play-bills, just like the one Charlus, wearing his black straw hat, had pretended to examine, after an attempt at long range to assess the Narrator's physical attractions and possibilities. Here Elstir had painted; Prince Odoacer played golf. Where was the little railway line that had carried them all to the Verdurins' villa? Perhaps it ran in another direction to that we were taking; more probably it was no more.

(The Military Philosophers, p. 167)

15:40 Publié dans Brille de mille yeux, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

vendredi, 11 mai 2012

Maryse Joissains, ennemie de la démocratie et personnage de BD

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jeudi, 10 mai 2012

Gored / go red / ergo

 

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    ‘Go red?’

 

I had not the least idea what he meant. It seemed possible he might have returned to the subject of sexual habits, planning something in that line embarrassing even to himself.

 

‘Become a full colonel.’

 

He snapped the words out. Failure to recognize a colloquialism had irritated him. The phrase was peculiar to himself.

(The Military Philosophers, p. 116)

 

15:20 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mercredi, 09 mai 2012

Toute une cuisine

 

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    “On the whole, a march-past of Belgian troops summoned up the Middle Ages or the Renaissance, emaciated, Memling-like men-at-arms on their way to supervise the Crucifixion or some lesser martyrdom, while beside them tramped the clowns of Teniers or Brouwer, round rubicond countenances, haled away from carousing to be mustered in the ranks. These latter types were even more to be associated with the Netherlands contingent — obviously a hard and fast line was not to be drawn between these Low Country peoples—Colonel Van der Voort himself an almost perfect example. Van der Voort's features seemed to have parted company completely from Walloon admixtures— if, indeed, it was Walloon blood that produced those mediaeval faces.”

(In The Military Philosophers, 88-9)

 

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mercredi, 18 avril 2012

Changement d'image

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Elisabeth Gavoille. Jean-Jacques Tatin. Jean-Michel Fournier. 

23:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

lundi, 16 avril 2012

1835 - L'Onagre reprend

    Réveil à 3 h 45 en raison d’une panne de chaudière qui a glacé les chambres des garçons, puis ramer sur le canapé en accolant systématiquement les –s du pluriel au début du mot suivant (lapsus très fréquent, il faudrait inventer une grammaire spécifique dans laquelle genre et nombre seraient marqués au début du mot suivant), et surtout ne pas retrouver le livre. On fait mieux, sans doute, pour commencer une semaine – et donc pour reprendre le collier de perles du grand texte qui n’a aucun sens.

06:18 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

vendredi, 06 avril 2012

Un masque, encore

    Matthieu

tartine la terrasse

ah qu'un félin passé vite ne se remplace

au pair du vide interne (oubli manque colonne)

et qu'on tartine en trombe

sans tambour ni trombone

la terrasse foutrebastre !

09:49 Publié dans Knobs & thorns, Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

jeudi, 05 avril 2012

1833 - Du tertre

    Un tertre trop élevé pour qu'y tombe jamais le grésil.

Penchée sur la page, une fillette blonde écrit Le Gai Savoir.

(Quel était ce distique, un refrain de chanson ? Il m'échappe.)

07:40 Publié dans En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mercredi, 04 avril 2012

C = Châtré

    Ce mal de nuque qui coupe tout assomme le hamster. Alors le muscadet prend le large, longue béante géante parenthèse muette. La verdure du néflier à peine désaltérée n’est pas verdeur.

17:14 Publié dans En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

vendredi, 30 mars 2012

Patrik Ourednik : Classé sans suite

    Quoique cet adjectif soit employé à tort et à travers, de cape et d’estoc, j’aime beaucoup l’adjectif déjanté, surtout pour ce qu’il connote de difficulté à circuler, à tourner rond, son côté grain-de-sable plutôt que poudre-aux-yeux. (Aussi ne suis-je pas exempt de perlimpinpinerie, je l’assume, ça s’appelle la polygraphie carnétoilée. Même si ça ne vaut pas Yacine ou Racine, avec ça je vous bassine. Suffit.) Donc, retrouvant, dans la pile de livres dont j’attends, pour les ranger, d’en avoir écrit quelque chose, ou extrait un peu de suc, le roman du Tchèque Patrik Ourednik, c’est cet adjectif qui me vient à l’esprit. Oui, mais. Déjanté, et après ? Qu’en dire d’autre, puisque je n’ai pas eu la bonne idée de le chroniquer en simultané ?

Je pourrais écrire un sonnet acrostiche avec le nom de l’auteur, ou un sizain acrostiche avec le titre original (Ad acta). Ce n’est pas exclu. Je pourrais écrire un sonnet constitué de rimes en- rik et –nik (pas évident) ou en –dyk et –eda (d’après Dyk et Lebeda).

Autre hypothèse, que j’actualise maintenant, recopier trois phrases qui iront nourrir le fourre-tout étrange intitulé Aujourd’hier. (Aujourd’hui jeudi se muant insta(m/ntané)ment en vendredi.)

 

« Ainsi s’écoule le temps, impitoyablement et irrésistiblement, pansant les blessures, dies adimit aegritudinem hominibus. De temps à autre une guerre éclatait et une autre finissait, de temps à autre une mode advenait et une autre la supplantait. Dyk Jr était rentré de détention provisoire, avait emballé une fille et déménagé avec elle en banlieue. »

(Classé sans suite, traduction de Marianne Canavaggio – Allia, 2012, p. 40)

 

═╗ Et citer, par rebond, la traduction (sans nom d’auteur) des vers 420 à 425 de L’Héautontimorouménos de Térence, un aparté de Ménédème :

Ou vraiment, par le caractère que m'a donné la nature, je suis spécialement voué au malheur, ou l'on se trompe, quand on dit, comme je l'entends répéter sans cesse, que le temps emporte les chagrins ; car pour moi, je sens chaque jour augmenter le chagrin que me cause l'absence de mon fils ; et plus elle se prolonge, plus je le désire et plus je le regrette.

12:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

jeudi, 29 mars 2012

Travail(ler) des images

« La marge d’image questionnée par Clément Chéroux n’est-elle pas emblématique de cette marge d’indétermination à laquelle toute recherche se confronte nécessairement dans son étude des vestiges de l’histoire ? On ne saurait clore la question en projetant toute l’histoire dans un absolu inimaginable. On ne saurait la clore en rejetant l’archive du côté de la « moindre image », ou de l’« image sans imagination ». Une image sans imagination, c’est tout simplement une image sur laquelle on ne s’est pas donné le temps de travailler. Car l’imagination est travail, ce temps de travail des images sans cesse agissant les unes sur les autres par collisions ou par fusions, par ruptures ou par métamorphoses… Tout cela agissant sur notre propre activité de savoir et de pensée. Pour savoir, il faut donc bien s’imaginer : la table de travail spéculative ne va pas sans une table de montage imaginative. »

 

Georges Didi-Huberman. Images malgré tout.

Minuit, 2003, p. 149

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« Moite sous la chaleur »

    « Les enfants donnent la main à leurs pères. Quelques femmes voilées frôlent des adolescentes qui préfèrent le jean à la robe. Des hommes accroupis bavardent à l’ombre d’une porte. Si j’osais, je m’assiérais à côté d’eux, moite sous la chaleur, les yeux mi-clos, pour m’intégrer à ce fragment de monde tranquille. Pas si tranquille que ça… » (Christian Giudicelli. Tunisie, saison nouvelle. Gallimard, 2012, p. 51)

 

Recopiant ces quelques phrases, toujours dans le désir de ne pas ranger un livre lu sans en avoir extrait quelque pépite m’ayant frappé à la lecture, et découvrant l’album du quintette d’Albert Mangelsdorff enregistré en 1963, réédité en 1993 et découvert par moi au hasard du butinage webmatique, je veux noter à la hâte les premières impressions à l’écoute de « Club Trois », la composition de (l’immense – j’ai plusieurs disques de lui) Heinz Sauer :

* cela n’a pas pris une ride, c’est du très grand jazz

* est-ce parce que je suis plongé dans Tunisie, saison nouvelle que j’entends des échos d’A Night in Tunisia puis de Caravan ?

* le solo de trombone de Mangelsdorff est à se pâmer (se damner ? è se dâmer, se pamner)

 

Dans les notes de pochette qu’il avait greffées à l’album en 1963, le tromboniste et leader écrivait ceci :

“What most American jazz men object to Europeans is their lack of originality. If you play as many festivals as I do, and if for two successive evenings you listen to twenty musicians trying to play like John Coltrane, you begin to understand this criticism.”

 

Or, Mangelsdorff, ici comme sur d’autres morceaux plus tardifs que je connais de lui, swingue comme un malade, et sans jamais, de fait, imiter (ni sonner comme) Kai Winding ou J.J. Johnson, qui pourraient passer pour ses plus évidents modèles américains. (Il fut question de mimicry et des Mimic Men de Naipaul lors du dernier séminaire de master, lundi, ce qui peut relancer vers la mômerie, le modelé sans émulation, l’imitation sans émancipation – toutes choses au cœur, stylistiquement, d’une phrase de Joyce.)

Il me plaît aussi (pour en revenir au sujet précédent et ne pas toujours tirer à hue) que le patronyme du tromboniste puisse se traduire, à condition de faire, comme sur la photographie de couverture de l’album du quintette, sauter le deuxième f final, par « village de la lacune » (« le hameau du manque » ?). En effet, l’art si beau, si difficile, du trombone, me semble toujours lié à un travail adverse, à tirer un swing magnifique d’un instrument qui ne se donne pas, qui regimbe. Coulisser et le coulé du phrasé, rien d’évident. Il faut écouter « Set ‘em up », le troisième titre, pour entendre de près, avec joie et terreur, ce combat avec l’ange.

09:41 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué, Knobs & thorns, MUS, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mercredi, 28 mars 2012

Switch Blade

L'étude de la neige humaine doit révéler à la fois la force d'entraînement de l'avalanche et la délicatesse irréductible du flocon.

(Ivan Jablonka. Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus. Seuil, 2012, p. 95)



Je ne dénie pas le rôle des historiens ni l'importance de l'analyse des documents, je dis que sans regard, sans connivence, ils ne sont rien.

(Jean Frémon. Rue du Regard. P.O.L., 2012, p. 210.)

14:14 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mardi, 27 mars 2012

Naissance de Frederick Abel

    Il faut de longues années d'expérience pour improviser ses cours de traduction.

Il faut de longues années d'expérience pour savoir où, quand et comment étendre les draps un mardi, certes de grand soleil, mais aussi de kérosène.

Il faut de longues années d'expérience avant de savoir que, à la bourre, on peut prendre le volant, les lacets défaits, et attendre le premier feu rouge pour nouer ses souliers.

Il faut de longues années pour ne rien savoir.

10:52 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

lundi, 26 mars 2012

Temps d'un battement

    Mercier et Camier sont sourds-muets depuis le temps que personne n'exige leur secret

Donne-moi le la, puis donne-moi un ré. Souvent, nous allions, du côté d'Iona ou de Mull, contempler les longues landes et traire les chèvres au lait âcre. Les deux chevaux avaient un je ne sais quoi de gaulois. C'est alors que Diane chasseresse nous apparut, avec son arc. La chatte n'est pas gugnarde, alors merde tu freines, oui, tu freines ! J'ai toujours trouvé que le nom, pourtant magnifique, de Camargue avait quelque chose d'ordurier. Il se rappelle le système de dénombrement des chatons soussiens. Non, son nom n'est pas danois. Comme nous n'avions pas suffisamment freiné, il a lâché sur nous son dogue, son doberman et même son veau marin. Coyote à foie jaune, ça je le dis.

 

(Aa de Caroline Sagot Duvauroux, p. 117)

21:04 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

vendredi, 23 mars 2012

1825 - Self my help

    La chaise – unique survivante des années beauvaisiennes – donne des signes de faiblesse, car c’est la seule à avoir traversé dehors, sur la terrasse, la mauvaise saison. Comme en montant les marches, dans un vieux château délabré, je m’assois précautionneusement sur elle, et m’y tiens assis, ensuite, plus prudemment encore, tout en veillant à ne pas m’enfoncer d’échardes, et en surveillant les jeux sportifs de mon cadet. L’avant-printemps est vif et coloré comme une bluette de Gaétan Roussel.

18:05 Publié dans Dimanche pleurera, Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Clapot ╬ Wave Ripples

Le poème est de Patrick Wateau, in Ingrès (Corti, 2006, pp. 61-3).

La traduction anglaise est de Guillaume Cingal.

 

Clapot                                                     Wave Ripples

 

On se ronge ongle                                 Gnawing one’s nail

la jachère                                                the fallow land

de l’ongle                                                 beneath

au-dessous                                                the nail

vers litière                                               by litter

et suaire                                                   and shroud

 

On arrache le sol                                     You dig up the soil

le trou                                                      the hole

dans lequel la tête                                   where the head

penche                                                     bends down

 

On voit l’insecte                                       Can see the insect

lier                                                             bind

son signe                                                   its mark

à quelque chose                                         with some place

d’où des morts sortent                             from where the dead arise

en plus clair                                               more neatly

 

Puis on                                                      And then you

je                                                               I

me                                                             turn my

bleuis les doigts                                         own fingers blue

 

 

 

Abattoir à baraquement                             Slaughterhouse of barracks

 

C’est ignare                                              An ignorant thing it is

un pilon pour                                            a drumstick serving

poteau                                                      as post

électrise du nerf                                        electrifies those nerves

 

Longuement use                                       Wears it down endlessly

l’écorche                                                  skins the beast

 

Immolé bœuf                                           An ox immolated

avec mouton                                           with a sheep

os                                                           bone

de hauteur                                              how high

aux cornes                                           to the horns

et pattes quatre                                     and legs four

et dents quatre                                       and teeth four

09:12 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

jeudi, 22 mars 2012

Un western en Alaska

 

“Like some wet, furred beast, Hoke shuddered, burrowing more deeply into Belle’s blankets.” (The Ballad of Dingus Magee, p. 122)

 

Même se débarrasser des choses à la va-vite prend trop de temps.

Cette phrase peut, hélas, s’entendre dans des contextes divers, et donc – aussi – affreux, tragiques.

 

Subienkow repartit à Michaelovski et passa une année à organiser une expédition pour remonter le Kwikpak.

╬╬╬ Tout ça pendant la Symphonie n° 0 de Schnittke, je vous le signale.

14:20 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mercredi, 21 mars 2012

Hoke (-ydokey)

 

“Flowing open, her robe enveloped him. The astonishing bosom unfurled like gonfalons loosed, like melons in dehiscence. But Hoke saw not, partook not. He had already fainted.”

David Markson. The Ballad of Dingus Magee (1965). Counterpoint, 2008, p. 74.

 

Sur les rayonnages, la poussière que l’on soulève ne s’envole jamais longtemps. Et les livres reposent.

Dans l’une des huiles, l’artiste a représenté son vélo, mais tronqué, dans un lavis écarlate. Dans une autre, les traits sont grossiers, repris des dizaines de fois, comme crayonnés, et le titre : How Perfect My Bicycle.

14:08 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mardi, 20 mars 2012

Schade(n)freude

    Winter song d’Alban Darche, avec le RTQ String Quartet. ╬ C’est compliqué puisque je lis l’églogue hivernale le 1er jour du printemps avec, en tête, « Même en hiver » d’Annegarn. Hier, j’ai simplifié en traduisant spring chicken par poulet. Et aujourd’hui aussi, plein de chansons de Bo Diddley me reviennent. ↔ Hasard ou pas, je retombe, en remontant un fil imprévu, ce texte, dans lequel le nom de Bo Diddley m’avait servi de sortie de secours. Tout de même, ces sites sont une durable dinguerie. Et je me doute que, dans ¾ des navigateurs, les signes (flèches et autres ╕) dont je ponctue les nouveaux textes passent par pertes et profits, se muent en autre chose, sibyllines mochetés. ←Tant pis→. La Suite hongroise m’entraîne, alors, cette fois-ci, tant pis pour la dinguerie, et la guitare bricolée, et nos gueulades d’ivrognes sous le soleil printanier qui a des teintes d’automne. Ce n’est jamais, tant pis, ce n’est jamais simple, tant pis, ce n’est, tant pis, rien, l’hésitation, printemps et automne tant pis. └ Le terme teintes est factice, idiot, pure affèterie : le soleil printanier sent l’automne, fait penser aux arrière-saisons ┘ et tant pis si le prunier cherche à me contredire avec ses bourgeons, il y a bien des nèfles pourries plein le jardin, encore, tant pis ∙ tant pis.

13:56 Publié dans 1295, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Hypocoristique

    Les guerriers masaï n’ont rien dit quand le câble leur est passé au-dessus de la tête, mais je sais que les sœurs siamoises, quoique enfermées dans leur fiction, s’échappent pour me réclamer une mise en phrases. Alors, tous les néologismes de Wateau ne servent pas de rien, au titre ou placés ailleurs.

Dans le premier mouvement du « Quatuor La Loi », Alban Darche joue du soprano, non ?

Ici, le ténor. Involution. Ne servent pas de rien.

Le Hongrois que l’on croyait remisé, à tout va, pince. Parle en langues. Pas de rien.

Le câble passe par-dessus la tête des centaines de textes à naître, qui sont enfermés – mais où, c’est toute l’affaire.

13:25 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué, YYY | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Ménage papillon

    Combien de cafés faudra-t-il encore pour me dessiller les yeux, ou m’empêcher de renverser de la Povidone iodée sur le sofa, du Fluisédal sur la nappe, ou me prémunir contre tout accrochage avec, par exemple, une Safrane d’où sortirait une époustouflante beauté ? Le temps d’apprendre à regarder le soleil en face, le ciel s’étiole. Et ces noirs sont-ils souhaitables ?

08:47 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

lundi, 19 mars 2012

Ministers to the Toothless ╩ Prêche pour les édentés

    Voici une nouvelle traduction de poème. Il y a longtemps que je tourne autour de Taban lo Liyong. Pour inaugurer un travail de traduction de ce poète et essayiste que j'ai découvert il y a bientôt quinze ans, j'ai choisi un poème très ironique, très ambigu, et qui s'intitule Ministers to the Toothless. On en trouvera ci-après, comme toujours, la version originale puis mon essai de traduction (dans lequel j'ai privilégié la prosodie, sacrifiant parfois le sens étroit).


Ministers to the Toothless


When I am old and my teeth are gone or rotted

Let me age away near KFC or MacDonald’s hotel: 

Potatoes have no fibres and just disintegrate in the mouth 

When they are squared and fried hot you don’t need teeth; 

Finger-licking good spring chicken eaten hot is swallowed whole 

The coleslaw in hamburgers is for additional salivation 

It softens the bread and your gums can pound the meat 

And you turn everything over in the mouth and swallow: 

Nobody knows if you chewed or just washed it down 

Especially as the salt on the potatoes, and drugs in the Coke 

Contribute a lot to the salivation and gunning down. 

The workers of the East with their poor dental care 

The poor of the world who buy silence with sweets and ice-cream 

Will keep MacDonalds and the General in business 

Regardless of ideology, change of regime, whims of the boss: 

When I have no teeth apples are out, as are steak and ribs. 

Fried chickens, eggs, minced meat, coleslaw and bread 

These I can eat with my gums, with my baby.

 

 

Prêche pour les édentés

 

Lorsque je serai vieux, mes dents tombées, pourries, 

Qu’on me laisse finir mes jours près d’un fastfood.

La patate, dénuée de fils, fond dans la bouche :

Coupée en carrés, frite – hein, à quoi bon des dents ?

Du poulet frit à s’en pourlécher, ça s’avale

Sans mâcher, et dans les hamburgers, la salade

Active la salive, amollit le pain, et les gencives

Pilent la viande avant que vous la ruminiez.

Peu importe qu’on mâche ou qu’on fasse descendre

A grands coups de Coca : le sel, la caféine

Aident à saliver et à faire passer.

Les ouvriers venus d’Orient, sans accès aux soins dentaires,

Pauvres de tous les pays qui se paient du silence à coups de sucreries

Engraisseront toujours McDo et KFC

Sans penser politique, alternance ou lubies du patron :

Sans dents, fini les pommes, les steaks, les côtelettes.

Œufs, viande hachée, poulet rôti, pain et salade :

Parfait pour mes gencives, et pour mon bébé.

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╚ Daddy gonna sing you a lullaby ╩

    Avant de sombrer dans la langue de Peter Reading (qui est mort, pas en taule – pas à l’ombre, enseveli), j’avais – quoi ? Dévalé la pente, trouvé dans la boîte à lettres un paquet en carton, gigantesque (disproportionné), dans lequel se trouvaient, enveloppés de semblable carton, deux livres. Avant de remonter et de commencer à couper, à la table du salon, et au canif portugais, les pages de ces deux livres, déposé le carton d’emballage dans le conteneur du recyclage – ce juste avant le passage des éboueurs (il était cinq heures, ils sont passés à cinq heures et demie). ╚ Puis j’ai coupé, au canif portugais, et en lisant les poèmes au fur et à mesure, les pages d’Ingrès (qui doit son titre à un nom de même formation que progrès), laissant, du coup, Aa, pour plus tard. (Mais, dimanche, c’était déjà ça, et autre chose : Æ – dont je ne sais où trouver les deux romans, The Interpreters et The Avatars.)

 

Ingrès de Wateau : le poète n’a pas pu ne pas faire exprès. (Inprès ?)

↑ Le conteneur du recyclage :   ۩    (mais jaune)

 

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Hirondelle, d'ananas

    L’aneth et l’ananas, une vraie ventrée avec le lave-vaisselle, ont parfumé la page 134, tu ne t’en lavais pas les mains, rien, nul lieu où s’ébattre, et donc, par conséquent, les humeurs de l’aneth, les vapeurs de l’ananas. Les gens qui sont des pays et les pays qui sont des personnes ont surgi, soulevé le basalte, de sorte qu’avec lui « j’ai vu des pays qui mangeaient ». Le pays de la rue a lu, aussi, dans un tremblement nuageux, Marius Daniel Popescu. Et maintenant, hein, on la ferme.

14:45 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

lundi, 12 mars 2012

Dans du son

    Monde froissé, bizarre. Cieux dépliés, gris et jaunes, ouverts comme un son de saxophone. Don du sang à tous les coins de rue. Ce n'est pas l'heure encore de la soupe populaire, alors marchent les guenilles.

Don du sang, toutes les artères.

Don du sang prohibé aux anciens d'Albion, pas de veine.

J'aperçois, dans le loin, la fourgonnette du don du sang.

Et une chanson de Lorie.

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