Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 25 juillet 2020

8@

25 juillet (102 = 4x8 + 10x7)

 

sous les chênes trentenaires

aux déjà milliers de branches

contempler l’art et la manière

du vent ce non-dieu étrange

 

tenter de compter les rameaux

jusqu’à vos cimes altières

(chaque feuille est un hameau)

= s’exploser la cafetière

 

et vos ombres sur ma hanche

me laissera la part des anges

à n’être rien de vivace

 

écureuil ou bigorneau

vieux monde humain où tout s’efface

(je tombe dans le panneau)

 

07:14 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 24 juillet 2020

7@

24 juillet

 

aujourd’hui septante-deux

(savoir le dire

en belge et pas en gascon,

quelle honte)

 

pour écrire

quoi, à l’offre du flacon,

la fêlure monte

au temps radieux

 

chant d’éloge

ou épithalame,

on ne sait pas

 

où se loge

le froid de la flamme

(on ne sait pas)

 

07:34 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 23 juillet 2020

@9

24 juillet

 

c’est ainsi qu’on vide encore

des placards déjà vides

mémoires lucides

gardent du passé le hardcore

 

repoussant le drap humide

on aère on essore,

le souvenir fore

en soi plus profond qu’une ride

 

comme passe devant l’écran

le moustique zézayant

éclairé il n’échappe

 

pas au claquement

de la main l’écrasant,

oh temps ton long travail de sape

 

07:36 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 22 juillet 2020

@10

24 juillet

 

juchée sur l’éperon

l’église a fière allure,

sa crypte rupestre

laisse comme deux ronds

 

il faut être poltron

et un peu dans la lune,

ton cœur à la peine

prend froid, ils le paieront

 

ces magnifiques fresques

ponctuées d’usure,

dis c’est comment qu’on freine ?

 

ton cœur à la rancune

abreuve pucerons

haut sur l’éperon

 

07:38 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 21 juillet 2020

6@

21 juillet

 

le soir je lis Vinclair

et le matin Hugo

deux livres univers

aux reflets inégaux

 

pions dans un jeu de go

les poèmes amers

pas pour les saligauds

de tirer ça au clair

 

lire me désespère

et m'enchante, c'est dur

tout autant que c'est beau

 

un dizain au rabot

une ode pour l'azur

en perdre tout repère

 

08:25 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 20 juillet 2020

@11

24 juillet, sur un épisode du 21 juillet

 

deux percnoptères

dans le ciel de l’Aude

aussitôt enfuis,

restait le petit groupe de vautours fauves

 

la rime en maraude,

il faudrait se taire

avoir la vue sauve

d’un coup d’aile glisser loin des ennuis

 

avant les forêts

avant les secrets

avant d’affronter les roches de l’Ariège,

 

saurons-nous garder

faire en nous le siège

et d’aucun détail faux cet instant farder ?

 

07:40 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 19 juillet 2020

6@

17 juillet 2016, Somerset

 

sur cette eau-forte

pointe blonde

autre Joconde

à mine morte

 

de ta cohorte

rien, ce frisson de

fuite à la bonde,

ta mine morte

 

Hutton, village

qu'ont embaumé

mille théières

 

et où bâillèrent

feu allumé

les vents du large

 

07:54 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 18 juillet 2020

5@

18 juillet

 

quel bourdonnement

pour quel soleil quelle

chaleur dans l’écuelle

j’ai simplifié

 

l’horizon 2040

rien ne va dans l’escarcelle

univers poubelle

fraîcheur raréfiée

 

au loin tout de même les coqs

se font entendre au zénith

bientôt la brume

 

éveillera mille mecs

empoisonnés à l’amanite

le truc au plume

 

14:47 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 17 juillet 2020

@6

18 juillet

 

ce hibou frêle

musicien chétif

instrumentiste passe

sous l’averse de grêle

 

parole en fond de calebasse

dans l’orgasme un râle

où me frôle

la mort (le soutif

 

loin et les seins à pleine

bouche) un ciel de traîne

bâille

 

aimer son autre animal

sans médaille

pour un hydrolat lacrymal

 

14:52 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 16 juillet 2020

4@

16 juillet

 

sans faire dans la dentelle

cet axi

ome, la voisi

ne le comprend-elle

 

ou dans ma parentèle

la vacci

nation acci

dentelle

 

cela n’existe pas,

l’aiguille

passe et repas

 

se au fil (le

dictionnaire explose)

ces vers de simple prose

 

06:55 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 15 juillet 2020

3@

15 juillet

 

pomme tombée dans l’herbe

est-ce déjà un poème

la manière dont on glisse

en foulant une merde

 

juillet le mois qui gerce

toutes sortes de prémisses

au cœur de l’été infime

le geai fringole, pas le merle

 

le geai garrule ou cajacte

peau cachée de la pomme

attention sortie d’engins

 

au début du troisième acte

14 juillet à la gomme

ne cocarde ni ne geint

 

06:50 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 14 juillet 2020

2@

 

14 juillet 

d’abord échoué dans le noyer

l’appel

puis le vol

du pivert

 

une heure plus tard

au-dessus des champs en jachère

la carapate

encore en chaloupe

 

jamais deux sans trois

dit-on

j’attends d’autres jachères

 

l’herbe envahissant tout

à noyer le béton

(tu exagères)

 

12:00 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 13 juillet 2020

@1@

 

13 juillet

 

voilà encore autre chose

traversée de chevreuils

pas de quoi faire un poème

dans les bois dans les breuils

 

on récolte ce qu’on sème

on s’arrête au seuil

mouches bourdonnant moroses

cette larme à l’œil

 

trop de voitures de camions

sur la route en travaux

les pointillés jaunes

 

ce n’était pas ta décision

trier le vrai du faux

du poème aphone

 

11:56 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 12 juillet 2020

@2

 

14 juillet

des bizarreries

trop de feu pour qu’on s’y arrête

cauchemar de librairie

boîte bleue et chemin de crête

 

pas de fusées pour la fête

pas le festin qu’on croyait

martel en tête

bizarre l’ongle qui rayait

 

la nappe, bouteilles bleues

Johnny Clegg & Savuka

à la table de la mémoire je m’assois

 

les a-t-on allumés, ces feux ?

bizarre si y a plus qu’à

tirer la nappe à soi

 

11:58 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 11 juillet 2020

@3

15 juillet

 

la pluie à torrents

j’y songe dans la nuit

des torrents se formeront

du verger à l’étang

 

fortes pluies

d’ici à demain

le café refroidit

la longue traîne des semaines

 

facile de jouer

avec la grammaire et les enjam-

bements dans le sonnet

 

du huitain au sixain

prendre la tangen-

te, d’ici à après-demain

 

06:53 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 10 juillet 2020

@4

15 juillet

 

avant de redémarrer

le laptop (pas de réseau

(pas d’autre so-

lution)) j’ai tué

 

un moustique (in memo-

riam (il m’avait piqué))

la pluie recommence à tomber

à verse, à seaux

 

il eût fallu que j’écrivisse

le sonnet sur l’écrevisse

au lieu de quoi je claque

 

des mains en adepte

de cette forme usée, inepte

(le sonnet (j’en ai eu ma claque))

 

07:14 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 09 juillet 2020

@5

16 juillet

 

ainsi l’étang est envahi

(pas un étang, c’est une mare)

par les écrevisses de Louisiane

en fond de vase on les voit

 

alignées comme à la parade

d’abord j’étais ébahi

dix ou vingt, quel galimatias

le groupe se carapate

 

si c’est à cause d’elles

ces saletés d’envahisseuses

qu’il n’y a plus de libellules

 

on y passerait des heures

et comment, à curer l’étang

(qui est une mare, cependant)

 

07:09 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 juillet 2020

@7

18 juillet

 

le jeune busard qui appelle

au loin au ras des maïs

se peut-il que ta joue pâlisse

à la feuille vert scalpel

 

rousserole hypolaïs

la chanson la rançon

de ce qui n’a pas lieu

se peut-il que l’on te haïsse

 

sonneur tu n’as pas trouvé mieux

la pointe de ce poinçon

qui se ramasse à la pelle

 

gris noir le busard soupçonne

quelque traquenard sous la yeuse

à la feuille vert scalpel

 

15:00 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 07 juillet 2020

@8

18 juillet

 

des brassées

de vers, ah j’ai bien rattrapé mon retard

dès demain le cauchemar

reprendre

 

monts cathares

où s’écrit toujours au soleil l’odyssée

à revendre

pour l’érable et la samare

 

à la cime

des chênes l’air lui-même tremble, ah j’avais

d’autres soucis à l’époque :

 

la défroque

de mes espoirs tués par l’autre mauvais,

pas de raison, pas de rime

 

15:06 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 06 juillet 2020

@9

17 juillet 2015

 

pas passé le seuil de la porte

on est ici pour rien au monde

teints de safran de Trébizonde

et peinturlurés de la sorte

 

mais la porte se dévergonde

crissant sur le gond comme morte

manque de veine et pas d'aorte

hallucinant îles la Sonde

 

à tout ce farouche voyage

de ne rien être et même aimé

clignement sourd de la paupière

 

la route est longue à la lumière

aiguë d'un lumignon cramé

dont la vie n'était qu'un maillage

 

 

08:11 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 05 juillet 2020

@12

25 juillet

(6-7-8-9 aux quatrains, 6-9-8-8-7-7 au sizain, donc 60+45) 

peut-être la dernière fois

route de Poudenx qu’en face

de toi ma main efface

ce qui, hors ton T, est galimatias

 

(ton carrefour fait comme un T

où se perd l’astrolabe :

Castelner Poudenx Lacrabe) :

cherche à compter, tu seras feinté

 

ici l’honneur est sauf

ici où tout reluirait à neuf

dans le coton ou dans la ouate :

 

tout est sauf mais à la sauvette,

à la bande blanche étroite

(chante coq, trille fauvette)

 

07:15 Publié dans Sonnets aphones | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 31 mai 2020

Wordy Llamas, 11-20

ewes fishtailing yaks

 

baobab scutage

 

*

 

fellated fetish stein

 

Brighton Keewatin

flavors nonadult straps

 

**

 

Ahriman McGowan

(ghetto pushover) chirrups

Norwegian hookedness

 

help invoke plow woe

detention extertion snowstorm

 

birthed faubour toothache

enjoy bugle featherlight

though vivacious washes

droving wavy effrontery :

 

whither nice illnesses

 

***

 

herpes, he retched

 

Athene meowing, revisiting

 

report scurvy, sigh

 

****

 

Livia captures authorship,

only erotism;

 

inescapable, urbanised;

heaping astutest thumbs

(Achebe dafter hefter,

fiendishly zany tubae),

beefing biker sorbets.

 

*****

 

Alvin downshifting timeserver

--awry omens anyhow,

worn Yvette?--

solemnified seventeenth

forfeiting thwack afro

anarchists' wagtails,

Toe, humid beetroot!

 

******

 

nutrias claiming swarf

 

thereabout heron chervil

 

*******

 

crashed clientele,

redhead violinists

 

********

 

Thoughtful, Cesare whooshes

strongest Arctic ivories.

 

*********

 

heavenly known roofs,

even sooty howlish,

soothes wise eons

 

ailing pidgin Timbuktu

moldier unbuttoning

 

civet entreating memory

hives; thereafter tubs

softest-tempered DJ Chum

misfitting soirees

(Dionne prods stork,

inflated whorl)

 

homestead

 

 

18:48 Publié dans Wordy Llamas | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 30 mai 2020

Wordy Llamas, 1-10

always middorsal

blew hued youths

fellow freshers

 

*

 

chalky furor whored

forecourt hut

 

*

 

battered owls unhooked

effing hero shit

armyworm emergence splenium

 

*

 

adults hatching Sheraton

d'only Malawian warthog

fished fissure oats

chordal inn Achebe

 

*

 

a gnathal walkup wreath

 

*

 

headforemost weirdest Alyosha

quaint, wealthiest whelk

hefting hoes

 

Calhoun chewed whorish

barhops enthused

 

ditches frown when

doubted organ unplant

their anion poet

 

*

 

charm of welsh who

thrills aesthetic sunroof

 

hetairas whiten

manly ignorer

 

Hoff petal aka weevil

ask festive whoa

 

panhandled starchily

(ailing fog therefore

hasten washes)

 

Adolf-Englished nemesis

powered Athene notwithstanding

angelfish-mouth twat

whop about anapest

 

*

 

following heatstroke

heatstroke whitest theme

 

fifth-wing demon

Adolf shrinking triangles

kindling nonadult agonist

 

dishwater leaps

 

"gums moaning,

he vets Belgate?"

saith twat

 

"worrisome triple affluence"

saith twat

 

*

 

Matthieu Davies shat

embarking afternoons

 

Thene whooshed a gun

 

coauthors rewrote pentathlete

 

*

 

whilom, backfire abounded

 

festooned yeahs

refresh juju ontology

 

Christ left whoreish,

awfully dull ewer

 

why insist, Agassi

bee-honeyed mesmeriser

cheesiest impish kinfolk

answering shined humps

 

dominion flashlights

hastily ventured

towniest washrag

 

 

23:11 Publié dans Wordy Llamas | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 25 mai 2020

annas katz ::: le chat d'anna

annas katz' (kleine Hommage an Ernst Jandl)

- Isabella Antweiler

le chat d'anna, petit hommage à Ernst Jandl (trad. G. Cingal)

 

annas katz' kratzt

le chat d'anna gratouille

annas katz' scharrt

le chat d'anna patouille

anna ratzt

anna roupille

anna: nana

anna : allons, allons

 

annas katz' knarzt

le chat d'anna couine 

annas katz' tatzt

le chat d'anna farfouine

anna schnarcht

anna ronflote

anna: lass katz' lass

anna : laisse-moi, le chat

 

annas katz' klagt

le chat pousse un chouinement

anna ahnt

anna a un pressentiment

annas katz' kackt

le chat d'anna a chié, vraiment

anna wacht

anna s'éveille

anna: aah

anna : haaan

 

absatz//

à la ligne //

       nachsatz:

post-scriptum :

(anna liebt otto)

(anna aime otto)

 

10:45 Publié dans Germaniques de mai | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 24 mai 2020

Herbstmanöver ::: Manœuvre d'automne

Herbstmanöver (Jutta Over)

Manœuvre d'automne (trad. G. Cingal)

 

leicht der Spinnen Taubenetztes zu bewundern

facile de s'émerveiller devant les filets tissés par les araignées

ihre Hungerstunden fließen zäher als die

dont les heures de jeûne filent plus lentement que ne se

Morgennebel schwinden

dissipent les brumes matinales

 

trifft der erste Feuerstrahl die Panzer klammer Käfer

la première salve contre les chars des scarabées engourdis

heißts noch einmal Freiflug übers Minenfeld

= synonyme d'un vol libre au-dessus du champ de mines

 

11:05 Publié dans Germaniques de mai | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 23 mai 2020

kuckuck ruft ein vogel laut ::: coucou, l'appel d'un oiseau

kuckuck ruft ein vogel laut (Christine Rainer)

coucou, l'appel d'un oiseau (trad. G. Cingal)

 

kuckuck ruft ein vogel laut

coucou l'appel d'un oiseau, sonore 

sehen kann ich ihn nicht

je ne le vois pas du tout

dann noch einmal leiser

puis le revoici plus doux

fernere rufe die gewandt

des appels lointains diffractés

durchs fenster schlüpfen

 par la fenêtre s'immiscent

ins ohr den kopf das innenauge

dans l'oreille la caboche l'œil intérieur

formt einen prächtigen kuckuck

se forme un coucou splendide 

schräg auf einer astgabel

en travers à la fourche d'un arbre

die flügel aufgeplustert legt er

plumes gonflées voilà il pond

der eine sie ist ein dickes ei

lui qui est elle un gros œuf

ins fremde knochennest meine

dans ce nid d'ossements mais il

hirnschale lässt es dort ungestört

ne touche pas à ma boîte crânienne

brüten wochenlang ist es still

ce n'est rien couver des semaines

nachts träume ich von wäldern

la nuit je rêve forêts

flügelschlägen käfern und rinde

battements d'ailes écorces scarabées

dann leises knacken splittern

puis ça craque en douceur se fendille

ich spür kleine trippelschritte

je perçois des trottinements

wie mich jemand gereift verlässt

comme si on me laisse mûrir

übers rechte außenohr

de mon oreille droite libre

schwingt er sich ins freie

il se balance dans le vide

eine feder bleibt zurück

il m'a laissé une plume

schwebt versonnen im morgenlicht

qui plane songeuse dans la lumière de l'aube

 

08:49 Publié dans Germaniques de mai | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 22 mai 2020

Hurrah, heil! ::: Viva, hourra !

Hurrah, heil! (Maria Janitschek, 1859-1927)

Viva, hourra ! (trad. G. Cingal)

 

    Rote Locken umflattern mein Angesicht,

    Des boucles rousses flottent autour de mon visage,

hüpfende Flammen.

des flammes bondissantes.

Hurrah, heil!

Viva, hourra !

 

Meine schlanken Hüften umgürtet ein Schleier;

Un voile ceint mes hanches minces :

wer ihn löst, erblindet.

qui le dénoue en perd la vue.

Hurrah, heil!

Viva, hourra !

 

Brennender Mohn und blaublumiges Giftkraut

Le coquelicot brûlant et l'aconit d'azur

sprießt unter meinen Fersen auf.

germent sous mes talons.

Hurrah, heil!

Viva, hourra !

 

Meine Lippen sind heiß wie der Schrei der Lust,

Mes lèvres brûlent comme un cri de désir,

süß wie weinende Sünde.

douces tels des péchés plaintifs.

Hurrah, heil!

Viva, hourra !

 

Feuer ist mein Hauch, mein Nein der Tod

Le feu est mon haleine, mon non signe la mort,

mein Ja die wiehernde Hölle.

mon oui c'est le diable et son train.

Hurrah, heil!

Viva, hourra !

 

Weißt du, weißt du, wer ich bin?

Sais-tu, sais-tu donc qui je suis ?

es rauchen die Wälder vor mir,

à mon approche les forêts crépitent

und die Himmel betrinken sich in meinem Laut:

et le ciel s'enivre en entendant ma clameur :

ich bin die Liebe!

je suis l'amour !

 

07:34 Publié dans Germaniques de mai | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 21 mai 2020

Schwüle ::: Temps d'orage

Schwüle (Hedwig Dransfeld)

Temps d'orage (trad. G. Cingal)

 

    Kein Ruf kann die Erde wecken,

    Aucun appel ne peut éveiller la terre,

Sie schläft im Totenreiche,

Elle dort au royaume des morts,

Sie schläft unter goldenen Decken

Sous des brocarts dorés elle dort

Wie eine Königsleiche.

Comme le cadavre d'un roi.

Im Wald die Gräser und Farren

Fougères, plantes, dans les bois,

Beben in letzter Pein,

Tremblent : c'est l'agonie ultime.

Sie müssen im Lichte erstarren,

Se figent dans le jour infime.

Sie tranken vom Todeswein.

Le vin des morts les désaltère.

 

In tausend Sonnenflüssen

En mille fleuves de soleil

Ergoß der Himmel Verderben,

Le ciel a déversé la dégénérescence,

Von tausend Sonnenküssen

Et mille baisers de soleil

Ein großes Welken und Sterben.

Ont tout décimé, tout flétri.

Im Gold verschmachten die Felder,

Dans cet or les champs agonisent,

Im Gold verzehrt sich die Luft ...

Dans cet or l'air se raréfie...

Und durch die träumenden Wälder

Et il se répand, de par les forêts endormies,

Ein schwerer Verwesungsduft.

Une forte odeur de pourri.

 

 

06:54 Publié dans Germaniques de mai | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 20 mai 2020

Schweigen ::: Le silence

Schweigen (Lisa Baumfeld, 1877-1897)

Le silence (trad. G. Cingal)

 

... Und rings das Schweigen ... tödlich schweres

... Et tout autour le silence... mortellement lourd

                              Schweigen,

silence,

Als wär' der stumme, blasse Lebensgeist

Comme si la vitalité, pâle et muette,

So straff geschwellt mit lauten Schmerzensworten,

gonflée à se rompre par des paroles blessantes,

Dass er daran erstickend würgt und schweigt.

en vient à s'étouffer, s'étrangler, à se taire.

Er ringt in mir nach Athem, keucht danach,

Haletante, essoufflée, elle lutte en moi

In einen gellen Schrei zu pressen all

afin de rassembler en un seul hurlement

Das stumpfe Elend ...

toute la grise misère...

                   Einen Schrei, der klirrend

Un cri, qui en retentissant,

Die Seelenfasern auseinandersprengt,

fasse éclater les fibres de l'âme,

Dass mir die blonde, traumumwehte Psyche

tant que mon esprit blond nimbé de rêveries

Verhauchend aufgeh'n darf im blauen All ...

puisse aller respirer au profond de l'azur...

... In kühler Kelche Duft sich wiegend,

... Bercé au sein du frais calice des parfums,

In leisem Wohlklang weich sich schmiegend,

blotti au chaud dans une calme harmonie

Endlich befreit ...!

Enfin libéré...!

 

06:31 Publié dans Germaniques de mai | Lien permanent | Commentaires (0)