dimanche, 29 janvier 2012

Sur la photographie d'un berger de Beauce (à moi envoyée par une amie)

    Fier et noble, le Beauceron,

Chien à faire pâlir Rodrigue

(Janois, qui du pseudo Rod brigue

L’amour de qui le hausseront

 

À la gloire), s’il pue du rond,

Au moins ne connaît pas l’intrigue

Et, aboyant dans la garrigue,

Mord ceux qui le nonosseront.

 

Noir d’ébène et feu de chimère,

N’est pas chienchien à sa mémère

Ce canin qu’on dit arlequin.

 

Et, même en Beauce, le bellâtre

Ne peut, avec son saint-frusquin,

Lutter, même à gent androlâtre.

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samedi, 28 janvier 2012

Chat / lion

« Le chat avec son pelage jaune avait quelque chose d’un lion quand il y passa. »

(Don Juan, p. 21)

 

 

    Il était temps de reprendre, à partir d’une accroche qui présentait le double avantage de sauvegarder la phrase admirable et de pouvoir ranger le quelconque livre sur les rayonnages, la toile tissée longtemps abandonnée des kyrielles absurdes. Je ne sais ce qu’est devenu Eric Sudre. Alors, d’un réflexe maladroit du tibia, le défenseur sud-africain poussa le ballon dans ses propres filets. Après une livre de prunes, le vorace avait commencé une pêche de vigne. Toutefois, ce n’est pas ainsi que nous voulions représenter Adam et Ève. Il faut le dire, je me tords de rire presque à chaque nouvelle œuvre de ce dessinateur, le combat de la vieille contre la marchande de maïs grillé étant particulièrement jouissif, ou cocasse. Le ciel était couleur de pomme. 

15:45 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

vendredi, 27 janvier 2012

Flâneries du réel autour d’une chambre (ocre honneur)

    « Le réalisme peut être perçu aussi comme une discipline qui frôlerait très souvent la vraie  vie, ce serait le cas, par exemple, de Flaubert, Kafka, Hamsun, Joyce ou Beckett, qui furent aussi de grands réalistes, mais sachant fuir la machinerie de la convention et évitant de faire de leurs romans des livres de genre déjà vus mille fois. Ils furent finalement des réalistes qui surent insuffler de la vraie vie et de la nouveauté au réalisme et non de l’ennui et de la répétition, en fait ils radicalisèrent tout. » (Enrique Vila-Matas. Chet Baker pense à son art. Traduction d’André Gabastou. Mercure de France, 2011, p. 84)

Vendredi ne comprenait guère qu’on puisse parler des choses lues en termes de choses vues. Trop d’écrivains avaient su opérer une complexe, profonde ou subtile distinction entre l’œil et la taie de l’écriture pour qu’il tombât dans ce leurre. Il ne pouvait pas toujours s’attarder, mais, pour lui, tout était affaire de flânerie, comme dans ce livre d’Apollinaire qui lui était toujours tombé des mains, et donc de butinage.

En anglais, en particulier, le piéton ramène la prose à terre, au terre-à-terre (cf Loiterature, p. 270). Vendredi n’eut pas le temps de s’embarrasser d’ossements. Il prit, lui aussi, le large.

 

14:39 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

jeudi, 26 janvier 2012

. . Antonio :: Tabucchi : La :: tête ::: perdue :::: de ::: Damascio :: Moreno . .

    Dans ce roman, écrit en 1997 et traduit la même année par Bernard Comment, Tabucchi semble étonnamment joueur, même un brin lourdaud. Cela m’a rendu plus chère son œuvre, et ce texte-là avec les autres dans la valise. Faux polar, faux récit politique, nouvel hommage à la fascination des villes portugaises sur son auteur, La tête perdue de Damascio Moreno est un roman déroutant. Il est difficile de déterminer de quel côté penche la balance – comme il y a plus de deux pôles, sans doute vaudrait-il mieux parler de kaléidoscope (l’image est frelatée, je le sais).

L’un des angles d’attaque les plus redoutables, c’est le personnage de l’avocat, et surtout, dans sa figure, l’admiration équivoque pour Hans Kelsen et « ses théories sur la Grundnorm » (Bourgois, p. 118). Depuis que je sais que l’éditeur Einaudi avait sollicité Primo Levi, peu avant son suicide, pour une traduction du Procès, les rapports entre l’univers du jugement littéraire et le domaine juridique me fascinent.

C’est une hypothèse métaphysique, dit l’avocat, parfaitement métaphysique. Et ça, voyez-vous, c’est vraiment une chose kafkaïenne, c’est la Norme qui englue tout un chacun et dont pourrait descendre l’abus de pouvoir d’un petit seigneur qui se croit autorisé à fouetter une putain. Les voies de la Grundnorm sont infinies. (p. 119)

 

Sinon, le passage – assez explicite – au cours duquel on voit, par le biais d’une émission de télévision, une Norvégienne parler d’un caméléon nommé Fernando Pessoa dans une baraque de bord de mer (p. 189) m’a donné envie de déterminer si le rapprochement entre Pessoa et les caméléons était lui-même une citation, ou une allusion quelconque, mais les pages Web, surtout italiennes, auxquelles j’ai abouti se sont avérées, certes passionnantes, mais non déterminantes.

16:27 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mercredi, 25 janvier 2012

Dimitri Bortnikov : Repas de morts

    J’ai dans l’idée que Bortnikov, après avoir hésité (peut-être) entre Céline et Bukowski, a décidé de ne pas trancher. Peut-être se réclame-t-il d’autres influences, je n’en sais rien. Son écriture penche franchement du côté de l’accumulation, de la reprise incessante de fragments éclatés, de sorte qu’elle cherche à s’imposer comme écriture, justement, pas comme style. La « parole en archipel » est la marque d’un épaississement, pas d’une recherche de l’épure. Les phrases, très souvent très brèves, ne découpent pas ; au contraire, elles cherchent par tâtonnements et reprises, à faire sens, tableau, à décrire. À tâtons, mais du fait d’une sorte d’ivresse… Elaboré, pas donné.

 

Elle apportait des nénuphars. De loin. Les tiges longues. Longues… Dans sa bouche. Elle nageait en grand reptile rassasié. Je faisais des couronnes de nénuphars. Des guirlandes… Elle s’enveloppait dans la couverture. Absente et seule, oui – en momie qui attend son jour. (Repas de morts, Allia, p. 80)

 

Par une telle écriture, Bortnikov parvient à halluciner presque en permanence la mort, les figures des morts, et à faire naître une hantise mieux que figurale, une hantise de lecture, une hantise-du-lecteur.

Longue chute de neige. Visage d’un homme éclairé par la neige fraîche est le visage d’un cadavre. (p. 166)

 

16:00 Publié dans 1295 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mardi, 24 janvier 2012

Karel Čapek : L’année du jardinier

    Ce petit livre, que j’ai lu l’été dernier après l’avoir acheté – me semble-t-il – à Montolieu – sur la foi du nom de son auteur mais aussi des dessins très « anglais » qui l’illustraient, est un almanach parodique, un traité de jardinage à l’usage des bêcheurs amateurs, mais surtout des ironistes ou de leurs frères ennemis les nonsensicalistes (ainsi qu’on pourrait appeler la grande caste des limerickiens et autres pythonistes). Le lecteur risque de se lasser, car Karel Čapek abuse des mêmes formes rhétoriques (antiphrase, accumulation, prétérition) pour constituer ses répertoires saisonniers ; en l’occurrence, ce qui m’a le plus frappé, c’est que cet ouvrage donne l’impression d’avoir été publié sous forme de feuilleton, mais qu’à le lire d’un trait, le trait, justement, se renforce – au lieu de rester léger, à fleur de papier – et le charme s’évanouit quelque peu.

Comme j’étais à Cagnotte, chez mes parents, quand j’ai lu ce petit livre, je n’ai pas manqué d’y trouver de savoureux parallèles avec la folie potagère de mon père, ou avec la ferveur botaniste de mes deux géniteurs. Pour ma part, je n’ai hérité d’eux que le véritable amour des arbres fruitiers, donc des vergers. Même si c’est un hasard, je suis heureux d’avoir acheté il y a trois ans un pavillon de banlieue qu’entourent, tels de faméliques mais solides dieux tutélaires, deux néfliers, deux cognassiers et un prunier (d’ente). J’espère que, si creux soit ce billet (mais comment ne pas être creux, avec un texte de terreau ?), on me reconnaîtra le mérite d’avoir pris le temps de chercher, dans mon logiciel de traitement de texte, la majuscule Č, que je reproduis à l’envi maintenant que je l’ai dénichée (ČČČČ) et qui forme, outre la première lettre du patronyme de Karel Čapek, une sorte de silhouette rondouillarde évasée, jardinier dont le béret va jusqu’à s’involuer sous l’effet du soleil, du vent ou de la pluie, ces trois bienfaits calamiteux du jardinage.

 

Il sied de terminer cette brève notule par une phrase tout à fait séante, et qui forme, à l’ensemble, une temporaire conclusion :

« Il va de soi qu’au premier coup d’œil vous ne voyez du jardinier autre chose que son derrière : tout le reste, tête, mains et pieds, se trouve au-dessous. » (L’année du jardinier [1929], traduction de Joseph Gagnaire, 10/18, 2000, pp. 54-5)

15:35 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

jeudi, 19 janvier 2012

Galbuliformes (poème de Fabienne Raphoz)

Texte original ici (en fin de billet).

 

Galbuliformes

 

(Galbulidae)

Jacamars prey almost exclusively on flying insects

All jacamars have a sharp beak

All jacamars wear the tinny emerald found in a forest of clouds after rain barring the White-eared Jacamar which mimics the ground after rain the Pale-headed Jacamar the Three-toed Jacamar the White-throated Jacamar which all mimic the sky before rain the Brown Jacamar the Long-tailed Jacamar which mimic the night in a forest of clouds

The Coppery-chested Jacamar has a solar eye

The White-eared Jacamar and the Purus Jacamar shed red tears

The female Rufous-tailed Jacamar has an emerald tail

The Coppery-chested Jacamar is a vulnerable species

The Three-toed Jacamar is an endangered species

14:31 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mardi, 03 janvier 2012

« Ce siècle avait deux ans »

 

SA de forme aspen, # 7

 

      Ce petit crachin,

    Tout petit machin,

Ne deviendra pas bruine,

Même si l'on rumine

Un de ces jours prochains

D'abolir le crachin,

    D'embellir la bruine.

09:29 Publié dans Septains amphibies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

lundi, 02 janvier 2012

Ouverture

    Il m’a fallu plus longtemps pour effeuiller le chou-fleur, la marguerite des potagers.

Les feuilles les plus minces étaient comme collées aux fleurs infimes, de sorte que je devais, minutieusement, couper et décoller avant de placer les bouquets, tout à fait infinitésimaux, dans l’eau de lavage. Dans des cas comme celui-là, on se demande s’il s’agit d’une autre variété (produit de croisements permettant un meilleur rendement, par exemple) ou d’un spécimen particulier (n’est-ce pas un pléonasme ?).

L’année s’ouvre sur un chou-fleur, ce n’est pas pire qu’autre chose.

11:27 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

vendredi, 16 décembre 2011

Quand l'ombre


SAM ou "Ebles de Roucy", # 6

 

Quand l'ombre

ternira

feuilles d'arbre

gazon ras,

Insalubre

s'écoulera

le Tibre.

16:50 Publié dans Septains amphibies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

L'heure des braves


SAR ou "Schéhérazade", # 5

 

    L'heure des braves !

    Et le vent souffle —

    —Un vent violent,

    Précis, frôlant

Chaque mot de sa moufle.

Vous êtes bien trop lents,

        Pour des braves !

16:10 Publié dans Septains amphibies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Gamine surprise

SA de forme exdant, # 4

 

    Gamine surprise

Et feignant que ta voix

Ne donnait pas de prise

À l'oreille indécise,

Cette matière grise

    Qui se vêt de noir

    Reste sans envoi.

15:50 Publié dans Septains amphibies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

La blancheur


SA de forme desdule, # 3

 

    La blancheur du mur

—À l'œil qui la dénonce,

Au sourcil qui se fronce —

Blanc d'un blanc de fémur,

Dans l'air vicié, impur,

    Souligne, absconse,

    La bonne réponse.

15:30 Publié dans Septains amphibies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Voyez ces

SA de forme extant, # 2

 

    Voyez ces rangées

    De têtes qui pensent :

Sous les lueurs blafardes

De néons qui ne dardent

Rien, on se regarde,

Coiffures dérangées

    Et montres moutarde.

15:10 Publié dans Septains amphibies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Tous ici

SA de forme aspen, # 1

 

    Tous ici composent

    Sur des feuilles roses

Ou jaunes, c'est selon

La place en ce salon

— Interdit qu'on y cause !

Aucune ménopause,

    Et des étalons.

14:50 Publié dans Septains amphibies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Septains amphibies

    Ce matin, pendant une surveillance (épreuve de L.E.A. 2ème année, "Communication d'entreprise"), j'ai réussi, tout en faisant des tours et des détours, en alternant les vigies sur l'estrade et en fond d'amphithéâtre (au point de pouvoir dire à deux post-ado bouclées qui avaient essayé de se chuchoter un truc qu'elles étaient repérées – stupeur et tremblement ! plus une mouche ne vola, ni de ce côté-là ni ailleurs), et en jetant un œil de temps à autre à Simulacre de Claude Ollier, à inventer une nouvelle forme poétique, en me fondant, une fois encore, sur la disposition des étudiants dans la salle d'examens. Comme les étudiants étaient assis avec une belle régularité (je les avais placés) sur les sept rangées principales de l'amphi B, j'ai décidé de nommer cette nouvelle forme poétique le septain amphibie.

  1. Aux sept rangées correspondent, bien entendu, les sept vers du poème.
  2. Le nombre d'étudiants par rangée fixe le nombre de syllabes, soit 5/5/6/6/6/6/5 dans le sens ascendant (estrade → fond).
  3. Le schéma des rimes correspond à l'alternance garçon/fille en bout de rangée, soit FFGGFFG côté pendule et GXFFFGF côté extincteur. (Le X ne correspond pas à un hermaphrodite, mais à l'absence d'étudiant en bout de 2e rangée du côté extincteur. Il a été décidé de conserver une fin de vers isolée, et, par conséquent, non rimante, pour les septains amphibies côté extincteur. On peut, sinon, considérer que, l'étudiant le plus proche du bout de la rangée étant une étudiante, le schéma "régulier" serait GFFFFGF.)
  4. Les quatre sous-formes ainsi obtenues sont nommées aspen (ascendant pendule), extant (ascendant extincteur), desdule (descendant pendule) et exdant (descendant extincteur).

 

J'ai ensuite composé les quatre premiers septains amphibies de l'histoire de la littérature, un par sous-forme.

 

Au début de la deuxième heure, quelques étudiants – certainement convaincus que la concision et la rédaction expéditive sont garantes de bons résultats – ayant jugé bon d'aller voir ailleurs si j'y étais (ils ne sont pas revenus m'informer du résultat de leur enquête, donc je n'ai pas de réponse à vous suggérer), l'amphi B s'est trouvé vide de huit sièges naguère pourvus, d'où l'invention du septain amphibie réduit (dit aussi SAR ou "Schéhérazade", en raison de l'heure à laquelle j'en notai le schéma : 10 h 01), qui n'existe que sous la forme aspen et compte 31 syllabes au lieu de 39 : le schéma métrique en est 4/4/4/4/6/6/3 et le schéma de rimes X/F/G/G/F/G/X. (Il a été décidé de faire rimer les deux X.)

 

Au début de la quatrième demi-heure, une partie non négligeable de la gent estudiantine avait levé le camp, d'où l'invention du septain amphibie miniaturisé (dit aussi SAM ou "Ebles de Roucy", en raison de l'heure à laquelle je notai le schéma : 10 h 33). Pour cette variation sur la forme originelle, j'ai fixé la rime en fonction du sexe de l'étudiant situé le plus en bout de rangée côté extincteur, ce qui donne un schéma de rimes FGFGFGF et un schéma métrique 2/3/3/3/3/4/2. (Je sais, une phrase qui contient les mots sexe, bout et extincteur a de quoi attirer tous les pervers, via Google. Je maintiens toutefois la formulation.)

 

Les six septains écrits sur une feuille "de brouillon" rose seront publiés, dans la foulée de ce billet, à raison d'un tous les 20 minutes.

14:45 Publié dans Septains amphibies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

samedi, 10 décembre 2011

Glissade céleste

    lune

brune

d’une

aile

 

qu’une

dune

telle

couvre

scelle

prune

 

belle

lune

qu’elle

s’ouvre

telle

ruelle

 

une

lune

d’une

thune

 

fêle

frêle

rune

 

18:56 Publié dans Vénérales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Six Variations sur le nom d'Iris Clert

    Les barbillons pèsent. Cirri lest.

Remuez les reliques. Stir relic.

Le crieur des rues la gorge tranchée. Crier slit.

Presse-purée éclairés. Ricers lit.

Monsieur, enregistrez votre littérature. Rec Lit Sir.

Erreurs autorisées. Licit errs.

 

16:04 Publié dans Aujourd'hier, Ex abrupto, Minimalistes, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

vendredi, 09 décembre 2011

Pré-hivernal (salle 302)

    En décembre, c'est la grisaille.

On travaille, vaille que vaille.

            On tressaille

De ce ciel qui s'abat sur nous.

 

Grise saison aux fiançailles

Des feuilles brunes et des failles,

      Le soleil sous un burnous.

Même aux assauts de la douceur,

Les yeux restent sourds, et les fous

En sont à nier la mitraille.

 

Mais c'est ainsi, que voulez-vous:

Malgré tintements et sonnailles,

           On se dévoue

      Pour guetter quelque âme sœur

Et attendre avec elle, sous

La neige, le chant des coucous.

 

           Bientôt, ça caille.

La grippe, le rhume – on rouscaille!

Noël se fête à la mouscaille :

Rome, Tunis, baie de Biscaye.

 

Seuls les flocons ont des froufrous,

Et hibernent les loups-garous

Lunatiques, vaille que vaille.

16:50 Publié dans Vénérales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Vénérales

    Dans la salle 302 du bâtiment Tanneurs, ce vendredi 9 décembre à deux heures de l’après-dînée, j’ai inventé une forme poétique à contrainte à partir de la disposition des étudiants dans la salle. Les cinq rangées forment cinq strophes, et le nombre d’étudiants par rangée le nombre de vers par strophe. Je choisis d’appeler Vénérales les poèmes qui seront écrits selon cette forme, et dont le schéma de rimes devra obligatoirement être le suivant :

 

AAAB

AABCBA

BABCBB

AAAA

BBA

 

La lettre A correspond à une étudiante en pantalon ; la lettre B à un étudiant ; la lettre C à une étudiante en jupe. (Il n’y avait pas d’étudiant en jupe.)

 

 

Devant le caractère particulièrement récurrent de la rime A (12 filles en pantalon sur 23 candidats), j’ai envisagé une alternative afin de distinguer deux sous-catégories. Toutes les filles en pantalon étant droitières – ce qui ne permettait pas de distinction – j’ai noté A’, dans le schéma de rimes ci-dessous, les filles en pantalon portant des boucles d’oreille. Cette forme poétique bis se nomme vénérale bouclée.

 

A A’ A’ B

A A’ B C B A

B A’ B C B B

A A’ A A’

B B A’

 

 

On peut évidemment envisager d’autres variantes. En effet, dans le modèle principal, la 1ère strophe correspond à la rangée proche du tableau, et le 1er vers de chaque strophe à l’étudiant qui se trouve côté porte. On peut inverser l’ordre des strophes, ou l’ordre des vers dans une strophe, le tout avec des combinaisons internes. Ainsi on peut écrire des vénérales fenêtrées, des vénérales inverses, voire des vénérales croisées.

14:24 Publié dans Fièvre de nombres, Vénérales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

samedi, 26 novembre 2011

Z = Zhu-Zhu

    Affreuses petites saloperies de camelote postmoderne, à faire hurler infiniment. Le grand bazar du monde menace de son pic à glace. L’homme sans paupières se penche au-dessus du parapet, pour mémoire.

20:22 Publié dans En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

jeudi, 24 novembre 2011

Chronique féline absolument passionnante, épisode 72.1. (version 410/500)

    Revenu d'en ville (L’Arôme), ayant garé la Clio – Mademoiselle miaulait, j'ai déplacé les croquettes intouchées depuis trois jours de la coupelle brune dans l'assiette blanche : mine écœurée –        alors que, ce matin, elle a bâfré ces mêmes croquettes, tout juste sorties du sac.     Il y a aussi, devant la chatière, un petit campagnol fauve tout raide, qu’elle a certainement ramené de sa virée nocturne.  Après ample toilette, elle dor(mai(j’écrivais cela cette après-midi))t sur « sa » chaise.

21:34 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Chronique féline absolument passionnante, épisode 72.1. (version 79/95)

    ——L’arôme de la terre cuite ne sied pas aux croquettes.

Toi, le campagnol, on ne t’a pas sonné.

16:55 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Chronique féline absolument passionnante, épisode 72.1. (version 400/479)

    Au retour d'en ville (L’Arôme), Mademoiselle miaulait, et j'ai transvasé les croquettes intouchées depuis trois jours de l'assiette en terre cuite dans l'assiette de la pâtée : mine dégoûtée – alors que, ce matin, elle a dévoré de ces mêmes croquettes placées dans une autre assiette. Dont acte. Sinon, il y a un petit campagnol roussâtre mort, par elle certainement ramené, devant la chatière. Quand elle ne dort pas sur sa chaise blanche, elle va chasser dans le terrain vague.

16:30 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Chronique féline absolument passionnante, épisode 72.1. (version 1295/1553)

    Tandis que le serveur précisait derechef qu’ « on était sur » des tanins fruités (c’était au restaurant L’Arôme) – bloody twats, has no one ever told them that they’re spoken by their atrocious idiom ? – il va sans dire que pas une seule fois la pensée ne m’a traversé des croquettes, de l’assiette en terre cuite, et même au moment, plus tard, c’était le dessert, où (alors, on était sur un riz au lait, « revisité » je suppose) les trois convives ont évoqué Schnittke et Stravinsky, même le titre Apollon Musagète n’a pas affleuré, de sorte que, rentrant chez moi après cet agréable déjeuner, voyant la chatte s’étirer près du couffin qui lui sert de panier, et l’entendant miauler, comprenant, à ses arabesques le long de mes mollets, qu’elle désirait se sustenter, je retentai l’expérience, mais différemment, transvasant les croquettes intouchées depuis trois jours de l'assiette en terre cuite dans l'assiette de la pâtée : refus absolu, dégoût. On peut dire qu’on était sur le goût de terre cuite, et que, contrairement à l’estourbissement d’un campagnol de terrain vague que le félin miniature ramène ensuite dans sa gueule pour le déposer devant la chatière, cela n’est guère plaisant – débectant est un adjectif qui paraît s’imposer (et que l’on peut écrire débecquetantRats would pick their bones) (mine dégoûtée de la chatte qui, ensuite, à l’étage, sa toilette amplement faite, s’endort sur « sa » chaise, la blanche). Il faut encore un petit effort pour qu’affleurent d’autres phrases, aux embranchements pas fourchettes, bloody twats !

16:12 Publié dans 1295 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Chronique féline absolument passionnante, épisode 72.1. (version 295/356)

    Il y a un petit campagnol roussâtre mort devant la porte de la chatière. Mademoiselle, très certainement, chasse, quand elle n’a pas mieux (Apollon Musagète) à faire : ample toilette, dormir, bouder croquettes. À ce propos, ce matin, dans l’assiette de la pâtée, elle a dévoré les croquettes dont elle ne veut pas – serait-ce le contact de la terre cuite ?

15:55 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Chronique féline absolument passionnante, épisode 72.1. (version 429/516)

    Si elle boudait, c'est à cause de la petite assiette en terre cuite. Je lui ai servi, ce matin, des croquettes que j'ai placées directement dans l'autre assiette – elle les a dévorées. Quand je suis revenu après le déjeuner, elle miaulait, et j'ai transvasé les croquettes intouchées depuis trois jours : refus absolu, dégoût. La terre cuite donne un goût débectant. Dont acte. Après ample toilette, dort.

Sinon, il y a un petit campagnol mort devant la porte de la chatière. On chasse, très certainement, de ce côté.

15:47 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note