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lundi, 31 juillet 2017

Bjørnegård

    On avait amorcé le voyage en Norvège quelques semaines auparavant, par les guides et les livres bien entendu, mais aussi — hasard des lancements — par la peinture d'Olivier Debré et les innombrables belles toiles de Laerdal dont il est question également dans le livre d'Haaken Christensen. Le 22 juillet, nous avons traversé Laerdal, vu depuis la voiture ce cirque de montagnes sous une lumière très différente de celle, principalement neigeuse ou ocre, qu'a préféré Debré (l'automne, pas l'été).

monet bjornegaard.jpgD'ailleurs, c'est toujours la neige que l'on retient, ou qui retient l'attention (ainsi dans Pas facile de voler des chevaux, en cours de lecture). Et nous, bien entendu, à part de longs tapis aperçus d'en bas, ou hormis ces quelques coulées près desquelles nous nous sommes photographiés avant d'arriver à Geilo, la neige, on ne l'a pas trop vue. Quand on n'est pas allé à Bjørnegård, de toute manière, tout est permis, après, pour l'écriture.

Et tout ce retard, ces chalets rouge sang-de-bœuf ou arbouse, ce miroir des framboises partout présentes...

 

08:49 Publié dans Zéro raison, quinine | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 15 juillet 2017

Haugerud

    Dans la grande et belle maison — trop lisse, en un sens — que nous loue pour quatre nuits Ingrid (avec son époux qui est l'homonyme du seul joueur norvégien du Top 14), on a vu le soleil se coucher, puis, au petit matin, la brume mêlée de smog laisser progressivement la place aux collines boisées de conifères.

Coucher de soleil derrière une vitre à Haugerud  (2326) Beaucoup d'écriture en retard, mais il est difficile de s'éperonner.

2.300 kilomètres pour parvenir ici ; ça valait le coup.

Ici, c'est le quartier de Haugerud. Du jardin, avec son chalet miniature pour les enfants, on accède directement à la forêt, coupée de petits sentiers. De la fenêtre du bureau, comme on ne connaît pas du tout la ville, on ne sait pas ce qu'on voit.

 

09:01 Publié dans Zéro raison, quinine | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 06 juillet 2017

Bleikeplassen

    Fini de lire La blanchisserie. J'avais lu, il y a quelques semaines, trois des récits de La barque, le soir. Ce roman-ci (traduit du nynorsk par Élisabeth et Éric Eydoux) est plus ancien, et, quoiqu'il relève de la dernière manière — symboliste — de Vesaas, il a quelque chose d'âpre, de coupant, avec une forme d'évidence déconcertante dans la manière dont la situation est dite, ou donnée.

vesaas.PNGLes 32 chapitres ont quelque chose de théâtral, et, plus même, de cinématographique : le dénouement, notamment, implique des analepses et des scènes simultanées.

Fausse évidence, aussi, du châtiment : qui a péché en pensée ne peut s'en tirer.

Est-ce un raccourci erroné d'y voir la marque d'un luthéranisme abrupt ?

Krister, le vieux hère qui va mourir (qui, tout le roman, annonce qu'il va mourir et s'apprête à mourir) dans une chemise blanche qu'on doit lui donner sans mégoter (et personne ne la lui donne), est sans doute — quoique l'onomastique soit difficile pour une langue que je ne connais pas — une figure de Christ, ni rejeté ni accueilli, simplement toléré à la marge de ce huis-clos dramatique.

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mercredi, 05 juillet 2017

Lords, jouons hiatus

    On va peut-être, à un moment donné, s'interroger — m'interroger — sur le titre de cette nouvelle rubrique (ou sur le titre de ce billet).

S'illusionner davantage n'est pas envisageable.

 

radar.PNGFinalement, nous avons décidé de changer de logis pour les cinq jours à Oslo même : au lieu de la sorte d'appartement fruste dans un hôtel près du centre, C* a déniché une chouette bicoque assez pimpante à la lisière d'une forêt, à dix minutes à pied d'une station de métro qui est elle-même à 15 minutes du centre d'Oslo (on verra si on s'en mord les doigts — au moins, il y aura une chambre pour chacun).

 

Oslo dans huit jours,

donc.

18:03 Publié dans Zéro raison, quinine | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 04 juillet 2017

De Usynlige

    Fini de lire, ce matin, Les Invisibles de Roy Jacobsen.

Pas étonnant que le roman ait tapé dans l'œil du jury du Man Booker Prize (il figure dans la shortlist). Beau récit âpre, jamais lyrique, très bien écrit il semblerait, presque intemporel, sur un fragment d'humanité rude, des îliens quelque part, peut-être entre Bergen et les Lofoten.

Gjesoya.PNGLe plus étonnant, au fil des 53 chapitres, est la manière dont Jacobsen joue de la répétition apparente de tâches et d'événements toujours identiques pour atterrir en fait, in fine, à une situation radicalement différente de celle du début.

Énigmes persistantes : les enfants de Zezenie, l'intrus du chapitre 30, les oiseaux (eiders et cormorans surtout).

Topographie : pas de Barrøy en Norvège d'après Google Maps — mais Gjesøya (le minuscule îlet qu'Ingrid décide de cultiver à la fin du roman) existe bel et bien, au large d'Arendal, dans le Skagerrak (cette mer prise entre le côte sud-est de la Norvège, la Suède et la pointe nord du Jutland danois). Ce pourrait d'ailleurs être l'île fictionnelle de Barrøy, ce qui expliquerait aussi pourquoi le père part quatre mois chaque hiver en expédition aux îles Lofoten : l'archipel est très loin. (L'autre hypothèse onomastique ne fonctionne pas : il y a une île Gjesøya, et, non loin, une île de Barøya... mais c'est dans les îles Lofoten !)

10:32 Publié dans Zéro raison, quinine | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 03 juillet 2017

Våren

    Il y a quelques années, j'avais essayé de lire un roman de Sigrid Undset, je ne pourrais même pas dire lequel. Il m'était tombé des mains. En avais-je même lu vingt pages ?

Aujourd'hui, parmi d'autres titres commandés à la B.U. car ils se trouvaient en magasin : Printemps de Sigrid Undset.

undset.PNGLe volume, ancien pour ne pas dire décrépit, s'avère être le seul à ne pas être équipé d'un code-barres. Le bibliothécaire équipe donc l'ouvrage en rentrant le code-barres dans la base de données, etc. Ce n'est pas la première fois que cela arrive : j'ai le chic pour faire sortir des magasins des trucs imbitables.

Revenu chez moi, je jette un œil à ma moisson.

Printemps de Sigrid Undset, dans l'édition Stock de 1953 et la traduction d'Elna Cornet, n'a pas même les pages coupées. Absolument personne n'a ouvert le livre. (Même le premier lot de 12 pages n'a connu ni lame de rasoir ni couteau vif.)

14:44 Publié dans Zéro raison, quinine | Lien permanent | Commentaires (2)

dimanche, 02 juillet 2017

Imot kunsten

    Fini de lire Contre l'art (Les carnets) de Tomas Espedal.

Livre curieux, peut-être autofiction, divisé en deux grandes parties, ‘Avril’ et ‘Septembre’.

Le père, veuf, devient une sorte de mère pour sa fille, adolescente.

Les souvenirs de famille (générations précédentes) se mêlent à son histoire, ou à l'histoire de sa jeunesse telle qu'il la reprend.

askoy.PNG(Encore) un écrivain boxeur, en tout cas un narrateur qui se représente en train de se battre souvent comme un sauvage quand il était jeune. C'est la notice biographique en quatrième de couverture qui précise que “Tomas Espedal est un ancien boxeur”.

L'histoire, non, mais l'écriture se passe sur l'île d'Askøy.

Fixation sur l'écriture, sur la machine à écrire.

Un texte qui donne notamment envie de retrouver sa vieille machine à écrire et d'écrire à la machine à écrire. Déjà, n'avait-on pas le plaisir de répéter inlassablement le verbe écrire quand on écrivait à la machine à écrire ? (Le traitement de texte nous a rembobinés sur le texte, pas sur écrire.)

10:32 Publié dans Zéro raison, quinine | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 01 juillet 2017

Retour aval

    Finalement, c'est décidé : nous rentrerons par une route très approximativement semblable à celle de l'aller. J'avais songé, récemment, qu'il était possible de rentrer en passant par Kristiansand et le Jutland, ce en prenant le ferry pour un assez long trajet.

hirtshals.PNG(Il existe même — mais je n'ai jamais trouvé les horaires ni les tarifs précis — une liaison régulière entre Bergen et Hirtshals.)

Loin de tout délire topographique, nous allons privilégier des étapes classiques : Heddal, Göteborg, Elseneur.

Il faut que je redemande à ma mère si, en 1988, nous avions visité Elseneur. De nombreux lieux ou sites restent très vivement ancrés dans ma mémoire, mais les noms de lieux, ce que nous sommes censés avoir visiter, un brouillard total.

Elseneur, tout de même...

(Ça n'aide pas de n'avoir jamais retrouvé le carnet de voyage de l'été 1988, le cahier de 192 pages avec une couverture bleu marine.)

10:55 Publié dans Zéro raison, quinine | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 24 juin 2017

plapimseste

    au-delà de l'attente

au-delà de cette tente que tu plantes

dans mes rêves peut-être

sur l'île Simon

 

sinon d'être allongés

sous la tente

et dans l'attente d'une nuit partagée

 

au-delà de nos corps

& des vérités formidables, effroyables qui

pénètrent même le

silence de l'attente

07:35 Publié dans Brun socle déformation | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 23 juin 2017

pelempseste

    pour savoir sa leçon

pour connaître à jamais le frisson

de l'aube lorsqu'elle

évanouit les tertres

 

pour savoir

pour s'émouvoir

à l'aube ou dans le carillon lumineux du zénith

être à soi-même évanoui

 

comme un torrent

qui oublie tout

à mesure de galets

pour connaître à jamais le frisson

de l'aube rouleuse de pierres

07:36 Publié dans Brun socle déformation | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 22 juin 2017

sestalimpep

    pas une fioriture

n'échappe à l'œil acéré

de la vigie dans sa mâture

du néant déséquilibré

 

pas un sonnet ne s'écrit

à fleur de page

humeur désenchantée, aigrie

d'avoir abandonné, carnage

 

le texte de juin ——

quel est donc ce tintouin,

toi la voix passive agressive

 

est-ce qu'on entend dans ton refus

de parler la dent incisive

& ton soliloque confus

 

07:40 Publié dans Brun socle déformation, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 21 juin 2017

pulimpsaste

    détourné du désastre par

la phrase encastrée du marasme

tu castres dans le marécage

d'autres astres que ton soleil

 

plastronne autant que tu veux

baste et bastringue pour la figure

atteinte du cadavre

cadastré pour l'éternité

 

englué dans le marécage

détouré dans le marécage

égrenant sans pitié ses phrases

dans le marécage

08:58 Publié dans Brun socle déformation | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 20 juin 2017

palmpsieste

avec les déplacements

avec les emplacements

 

avec les empiètements

avec les dégagements

 

avec les foudres

avec les jean-foutres

 

avec les termites

avec les taupinières

 

avec le fer avec le feu

avoir le moral, c'est

hasardeux

08:56 Publié dans Brun socle déformation | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 19 juin 2017

palmempsiste

    comme par enchantement

comme étonnée de ces ravages

à la forme au souffle des vagues

à la cambuse à l'arquebuse

la jeune femme se pré-

-vaut d'amitiés passées

-lasse sur la plage au zénith

 

& passant du rire aux larmes

dérive vers son

propre anéantissement

théologique, puisqu'il n'y a 

plus de sens à ce qu'elle dégoise

 

08:52 Publié dans Brun socle déformation | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 18 juin 2017

polimpseste

    dans l'os

dans l'oscillation

dans cet os pointu qui me ronge au-dedans

courent les meutes

appellent en pleurant des cadavres d'étourneaux

 

étoilés

dans l'os & dans leur vol

singulier à milliers rassemblés de miroirs

en copeaux

 

vol qui ronge au-dedans le meurtrier de soi

l'héautonmachinchose

& ses os désempaquetés par la déflagration

dans l'oscillation

16:03 Publié dans Brun socle déformation | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 17 juin 2017

palampseste

    dans l'art

dans l'arbre

sous l'ardoise

oh dans l'arbre sous l'ardoise

le doigt noir me parle & me toise

 

c'est une triste affaire

mourir qui indiffère

à la clameur du vent l'air qui brûle un peu plus

 

chaque année

dans l'art

 

16:01 Publié dans Brun socle déformation | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 16 juin 2017

palimpseste

    dans le trou

dans le trouble

dans le trou où je fomente mes erreurs

forme les jugements de ceux qui deviendront

mes aînés

&

de ceux qui n'étant pas tout à fait les contemporains

seront aussi

mes orphelins

 

dans ce trou

dans ce trouble

ai-je perdu la vue pour quelque radicelle

ai-je perdu la                lucidité,

martinet découpant sur fond de crépuscule

la silhouette qui l'annule ?

16:01 Publié dans Brun socle déformation | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 05 avril 2017

Surcharge

Untung-untung

    5 avril 2014

Nettoyage de disque. 9.19 gigaoctets. Hmmmm, j'avais laissé passer une ou deux semaines, je crois.

 

5 avril 2017

Hier après-midi, au cours de mes déambulations, je n'ai pas même dicté le moindre texte, et si j'ai échafaudé un livre, pas une ligne n'en sera écrite. Là, pour le coup, ce n'est pas la surcharge.

Est-il possible, comme mes cauchemars tendraient à le prouver, que la situation politique mondiale et nationale soit à l'origine de cette profonde inquiétude paralysante ?

06:26 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 02 avril 2017

Le Squirrelocéros, et autres fumeuses bestioles

Untung-untung

    2 avril 2016

Bilan partiel du 1er avril dans les zoos :

- le zoo de Maubeuge a annoncé la naissance d'un petit Nasin (animal pas du tout photoshoppé, lièvre de Patagonie avec trompe d'éléphant)

- le zoo de la Haute Touche, idem : cérathon de Numidie

- le zoo d'Erfurt a publié une photo d'un zèbre à pelage carrelé

Voilà, voilà...

 

2 avril 2017

Pas la force de rassembler de semblables informations, mais ce fut pareil hier : toujours la vanne de l'animal fabuleux. Il y a eu, sur un site américain je crois, un squirreloceros (écureuil à corne de rhinocéros).

07:30 Publié dans Untung-untung, Zoozéro | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 25 mars 2017

À la rose, à l'encre

Untung-untung

    25 mars 2013

Facebook était aussi morne et endormi que la calotte d'un vieux moine tombée dans la culotte d'un novice quand soudain : la Quatrième de Rubbra par Hickox.

 

25 mars 2017

J'ai décidé, ne sachant pas jeter, d'utiliser deux par deux de vieux sachets de thé à la rose pas très bons, afin d'en débarrasser le placard (qui me remerciera). De reprendre peu à peu les chantiers d'écriture, bien que ce soit bien douloureux, au fond, mais peut-être comme cette image que j'expliquais hier en cours et qui est à l'origine de l'expression anglaise an inkling of (à cause de the first inkling of, dans H.G. Wells).

08:22 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 23 mars 2017

Le Fiston

Untung-untung

    23 mars 2016

Les ados bourges au look de minet (comme on disait) qui se saluent au conservatoire, basson et violoncelle en évidence, en se disant « ça va, gros ? » ....... on n'en peut mais.

 

23 mars 2017

On y repart — au Conservatoire — dans une demi-heure — toujours au moins une fois par semaine — souvent deux — parfois trois. On y repart — mais aujourd'hui — après avoir entendu Jean Topart lire Pinget — on passe aussi — encore — aux Tanneurs.

16:06 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 21 mars 2017

Sens plante parasite

Untung-untung

    21 mars 2015

« — Oh! répondit, d'un ton froid, M. Jean Richepin, le sens n'est qu'une plante parasite qui pousse, quand même, sur le trombone de la sonorité. »

 

21 mars 2017

C'est à cela qu'il faut se ratteler : faire pousser le sens parasite.

07:01 Publié dans Droit de cité, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 20 mars 2017

Bag face

Untung-untung

    20 mars 2012

Got my own bag of tricks. (And Belgian beer, whyonearth.)

 

20 mars 2017

C'est difficile, de faire face.

10:56 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 16 mars 2017

Au ciel : Nimrod : In the sky

AU CIEL

IN THE SKY

Je tiens en haute estime ce fils de chien

I hold in high esteem that son of a dog

qui me fait aboyer dans la cité solaire

who makes me bark in Sun City

 

malheur à cette bouche mienne

woe to this mouth of mine

qui aboie

that barks

 

malheur à cette bouche mienne

woe to this mouth of mine

qui fait honneur aux aboyeurs

that honours those who bark

 

je me suis découvert grandiloquent

I have found myself to be bombastic

sous des ponts grands foutraques

under bridges big & shambolic

 

je cherchais à dire

I was trying to voice

la course vers l'avenir

the rush towards the future

 

lorsque le banian s'élève

when the banyan rises up

à la verticale de l'azur

along the vertical lines of heavens

 

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Ce poème en six distiques, qui ouvre l'anthologie personnelle de Nimrod que publie Gallimard ce mois-ci, a donné lieu à une traduction improvisée avant la version (un peu) peaufinée ci-dessus.

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16:05 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 12 mars 2017

Rebattues

13-16 mars 2017

 

Les vieilles chaussures, on les balance à Labenne, alors qu'on pourrait très bien ne pas les balancer à la benne, et ce n'est pas dans l'océan qu'on les balance, ce n'est pas à la figure des balances, on balance les chaussures, comme on balance les jambes au bord du ravin, au bord de la dune, à Labenne, ce n'est pas les chaussures qu'on balance mais c'est l'espoir et la mémoire, on balance ce qu'on veut à la poubelle, on est chez nous, on se balance de ce qu'on veut au bord de ce qu'on veut, et c'est ça le don de courte vue.

 

* * * * * * * * * * * * * * * * 

 

---------------------J’ai vu languir, au fond de la vallée,
---------------------Un arbrisseau qu’oubliait le bonheur.

Paul, en se levant, apperçut un pavillon blanc arboré sur la montagne de la Découverte. À la place de mon arbalète, l’albatros était suspendu à mon cou.

Le carrosse se couvre et se remplit d’hommes, se hérisse d’arquebuses, se transforme en redoute... et vous, habitants de la montagne, qui picorez l'olive sauvage ou l'arbouse, accourez vite à mon appel ; trioto, trioto, totobrix. — Mon âme veuve les jalouse.

 

Dans la salle d'attente où je lis Nimrod une mère avait besoin d'aller chercher un cartable dans la voiture garée non loin, et j'ai donc proposé de garder un œil sur Mélodie, qui n'avait pas l'air enthousiaste mais qui, en deux minutes, m'a confié qu'elle était en grande section avec Mme Tonka (?) qui est 《 aussi gentille qu'une Maman et mieux gentille que le papa Noël 》. Plus tard, la mère revenue, je prête à Mélodie mon ballpoint noir pour qu'elle puisse dessiner, en une intéressante synesthésie.

 

* * * * * * * * * * * * * * * * 

 

Their Clergy rouz'd from Laziness
Laid not their Charge on Journey-Bees.

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Dans le premier mouvement du Concerto pour cor anglais de Josef Fiala, après la façon dont les mesures de cor solo ouvrent délicatement la voie à l'entrée du véritable soliste, tout est plat, rebattu.

 

* * * * * * * * * * * * * * * * 

 

 14 mars. Première fois de l'année que je profite du soleil sur la terrasse, et, dans un essai d'exagération de mon côté Rilke, ce n'est pas un poète que j'ai, mais trois poètes : l'excellent Nimrod, le dernier recueil de proses brèves de Maulpoix, et, last not least, les poèmes de Warsan Shire dans la traduction toute chaude sortie des presses de Sika Fakambi.

 

 * * * * * * * * * * * * * * * * 

 

Toi, Thymber, le glaive de Pallas a fait rouler ta tête sur la poussière, beau débrideur de messes, beau décrotteur de vigiles. Il se mit à vagir et à hurler, et les commères accoururent, croyant qu’elle avait voulu le tuer.

Sur la table de marbre ou sur un bloc de glaise
························Donc honorons Hermès.

Les glaives, les couteaux, sont déjà préparés.En ces sortes de feinte il faut instruire & plaire. Les cochons renversèrent sa bière pendant qu’on chantait les vigiles, et l’enfant roula sur le lit, entre ses cuisses, au milieu d’une mare d’excréments et de glaires sanguinolentes.

Le Ciel est rose et bleu pour plaire à la Marquise.

16:07 Publié dans Les Murmures de Morminal, MAS, MUS, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 07 mars 2017

Marche grise

    On a jeté la bouteille en plastique dans la poubelle jaune, les peaux de bananes dans la poubelle verte, fini de récurer le fond de la poubelle grise, puis on a pris la route, à pied, après avoir enfilé les souliers avec le chausse-pied, qui est, techniquement parlant, une corne à chaussures allongée. Une corne en métal, toutefois. Les travaux dans le terrain vague où quelques dames faisaient auparavant courir leur labrador ou leur berger allemand, semblent bien partis, avec les pelleteuses orange, pour ajouter une résidence affreuse dans le paysage urbain, de sorte qu'il n'y aura bientôt plus le moindre carré d'herbe, au mépris certainement de la législation. Mais tout le monde finit par penser que la législation n'existe plus. C'est comme ça que tout s'achève.

Il n'y a pas de lapin qui gambade, ce matin, derrière les clôtures de Touraine Habitat. En revanche, des employés municipaux en gilet orange s'affairent sur le vaste rond-point à nettoyer les nombreuses branches tombées suite à ce nouveau coup de vent d'hier et d'avant-hier. La route n'est jamais longue, et on a beau rêver qu'il suffirait de poursuivre la marche et d'aller de l'avant, jamais on ne ferait demi-tour, jamais on ne le fait.

Au début de la rue Arthur Rimbaud, l'espèce de bunker ensauvagé est, plus que jamais, recouvert de petits arbustes qui donnent à voir, plus que jamais, la sauvagerie grise du béton mangé par le temps, et pourtant immortel. On n'a jamais vu personne pique-niquer à l'une des trois tables en bois, dans le “parc” du Quick Palace.

La mémoire manque au promeneur, c'est le lot de tout marche grise.

12:02 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 21 février 2017

———— méprendre

Septain épiphanique zénithal 4, 17 février

    Pour se méprendre

de son sort,

un piège tendre.

La viande tendre

Pleut sur nous, sur la cendre

— Scolopendre —

À roc fendre.

10:33 Publié dans Septains épiphaniques | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 20 février 2017

... le mythe que tu écornes ...

17.02.2016.

    confondre les salicornes

avec les algues téméraires

verser des larmes funéraires

sur les clamsés en bicornes

 

le mythe que tu écornes

par des saillies salutaires

c'est au chaud du fond de voltaires

tapissés de sphinx et licornes

 

ça te va bien sous les ors

de la République cet œil

qui s'afflige de toute offense

 

le vert noircit au dehors

de ta peau et sur le seuil

du palais fond cette provende

15:44 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 19 février 2017

[que le café percole]

12.02.2016.

    tandis que le café percole

& que s'écoule un continent

j'écris un vers hallucinant

mais pour moi seul comme à l'école

 

mort à la bataille d'Arcole

sang lentement dégoulinant

un chien est là & opinant

du chef mon cadavre picole

 

ces poèmes que l'on bricole

fétus en lames concentriques

fabriquent-ils un univers

 

nous naviguons ô mes divers

& je vous fous des coups de triques

tandis que le café percole

09:27 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)