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dimanche, 29 mars 2020

260–Horowitz–Piano

 

    Il sera bientôt sept heures, sept heures d’hier, donc huit heures d’aujourd’hui, et si le volet était ouvert je verrais le jour presque levé, et s’il fallait se lever en semaine pour aller au collège, au lycée et à l’université comme d’ordinaire les gens levés avant 7 h verraient comme chaque année l’idiotie de ce changement d’heure à H+2 et c’est désormais définitif, l’heure à H+2. En une heure j’ai composé mes 8 pièces, avec un doublon même. Il faudra décrire l’habit à boutons dorés du compositeur, ce portrait qui revient si souvent comme par défaut sur YouTube : le manque d’imagination – ou la flemme – des gens, c’est quelque chose tout de même. Et ma flemme, n’en parlons pas, avec cette absence de boutons dorés sur ma vieille robe de chambre dont je n’ai même pas fêté le trentenaire en novembre, accaparé que j’étais à Genève.

 

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259–Borisy–Piano

 

    Raconter la portée de hérissons sous la terrasse, l’an dernier, dans le trou protégé par le yucca. Ce sera plus tard, comme le renard c’était plus tôt, avant. Pour toujours auparavant, à moins que le confinement ne s’éternise et que les animaux sauvages ne recolonisent les villes.

Les salauds ne les laisseront pas.

Dans les Landes, m’a raconté ma mère au téléphone, les salauds profitent de la situation pour faire dix fois plus de saloperies, infractions à toutes les réglementations environnementales imaginables.

Quatorze tirs.

 

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258–Ross–Clavecin

 

    Il y en a eu, des prodromes et des prolégomènes, avant la décision. Il y en a eu, des galops d’essai, avant le livre. Tout le livre, cependant, était déjà dans les galops d’essai.

Il y en a eu, des préambules et des brouillons, pour finir par ne pas savoir si on dirait galop d’essai ou ballon d’essai.

Mon fauteuil qui n’en est pas un est une chaise confortable.

 

07:41 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

257–Struhal–Piano

 

    Vous ne pensez pas que j’en ai marre moi de traquer les adjectifs les virgules et qu’il faudra encore reficeler le bazar. Vous ne pensez pas qu’il me tarde la quille et oui d’en finir que je voudrais simplement me caler dans mon fauteuil qui n’en est pas un et écouter jouer Gerda Struhal.

 

07:35 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

256–Sempé–Clavecin

 

    Quand je demandais à la Présidence de l’Université, 8 jours avant que Macron n’annonce la fermeture de tous les établissements d’enseignement, le 4 mars donc, si l’interdiction des rassemblements de plus de 1.000 personnes s’appliquait au site Tanneurs où travaillent en moyenne de 4.000 à 7.000 personnes aux heures les plus chargées (disons, entre 9 h et 17 h), imaginais-je qu’il me faudrait entendre le Premier Ministre affirmer le 28 mars qu’il ne laisserait personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement ? Et quand, le 14 mars, j’écrivais que la décision de continuer à convoquer tous les employés de l’Université à venir assurer leur travail la semaine du 16 était irresponsable, et non conforme aux annonces du chef de l’État, étais-je l’irresponsable ? Du retard, et beaucoup, il y en a eu.

 

07:23 Publié dans 410/500, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

255–Della Torre–Orgue

 

    Zut, je crois avoir écrit plus haut (plus bas) qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement. Or Édouard Philippe a déclaré qu’il ne laisserait personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement. Je suis en train de frapper de nullité la promesse d’Édouard Philippe, vu que j’écris ici encore qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement.

255.JPGJe ne le dis pas ; je l’écris ; est-ce que ça change quelque chose ?

Faut-il que je m’enregistre ?

 

07:13 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

254–Aussel–Guitare

 

     C’était la veille du dernier changement d’heure ; si j’ai bien compris, après le 29 mars 2020 plus de changement d’heure, et qui pis est ces enfoirés ont choisi H+2 comme heure définitive et permanente. Même si personne ne doit dire que ce sont des enfoirés qui ont choisi H+2 comme heure définitive, j’écris que pour avoir choisi H+2 il faut être des enfoirés.

 

07:03 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

254–Bardon–Piano

 

     Le Premier Ministre l’a dit hier : il ne laissera personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement.

Pourtant, il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement.

Si j’arrive à m’approprier pareil charabia, je peux écrire sans mal qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement.

 

06:58 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

253–Tokarski–Clavecin

 

    Dans une immense chambre boisée et capitonnée, les micros rassurants et solides placés au-dessus des marteaux et penchés délicatement captent le son, le capturent pour nos oreilles futures, et ce sont mes oreilles de maintenant, durant le confinement qui, je l’écris, fut décidé trop tard.

 

06:54 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 27 mars 2020

252–Leonhardt–Clavecin

 

    C’est une idée, de ne pas ordonner les chapitres dans le livre par ordre chronologique d’écriture mais de rebrasser, à condition – il me semble – de laisser les numéros de chapitres tels quels. On peut faire flèche de tout bois, y compris des animaux sauvages qui vivent près de nous à ras de béton.

Synonymes de poseur, je pose ça là : affecté, esbroufeur, frimeur, pédant, snob, m’as-tu-vu, avantageux, plastronneur, fanfaron, bêcheur, pontife, minaudier, prétentieux, compassé.

Des titres de gloire. Embrayeurs. Les doigts sur le clavier ont besoin de déclics.

Ça pourrait avoir de la gueule, ce livre composé de façon rigoureuse à partir de chapitres (quadrilatères) coupés de leur chronologie, mais en gardant les n° d’opus. La question non résolue consiste à déterminer que faire des doublons (donc des quadrilatères à cinq ou six côtés).

 

19:02 Publié dans Fall in Love, Fièvre de nombres, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

251–Assad&Assad–Guitares

 

    Qu’il faille écrire tidbit plutôt que titbit, affaire de choix, pas même de géographie. Sortir de ces impératifs souvent discutables liés à des simplifications géographiques. Si j’étais écrivain de langue anglaise, je prendrais la liste de tous les termes écossais de l’OED, par exemple, et j’essaierais d’écrire un texte unique en les utilisant tous. Ce genre de connerie quoi. Et qu’en anglais nichon et mésange se disent pareil, ça vous évoque quoi. Toujours ces questions qui n’en sont pas. Tidbit et titbit sont au diapason.

 

18:54 Publié dans lactations : déSastre, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

250–Soyeon–Piano

 

    Un mec avec un maillot rayé de rugby passe en courant, à deux à l’heure. Le hérisson de l’an dernier le dépasserait sans mal.

Non, je trouve ça poseur, creux, ce truc de se la jouer, j’écoute Scarlatti et j’écris à partir de Scarlatti.

Ce n’est pas cela.

Juchée sur le lampadaire, une tourterelle se nettoie vigoureusement les ailes.

C’est curieux, chez les marins.

 

18:47 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

249–Hantaï–Clavecin

 

    Le portefeuille rose contient des millions en petites coupures, en signes cabalistiques gris foncé. Foncez. La guimbarde emporte le portefeuille rose avec son propriétaire un couteau dans la nuque (aïe). Pour cailler, ça caille. Franchement, Fanchon, tu crois que ça amuse qui ? Quiproquo.

 

18:42 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

248–Brodin–Clavecin

 

    Toutes les métaphores ont été usées, jusqu’à la corde, et ravalées, jusqu’à la gueule. Au point de les rembarrer, tout confondre. L’apocope a de quoi séduire. L’apo a de quoi séd. Les métaphores n’en peuvent mais : orée du texte, lisière d’un bois (j’en ramasse).

Les feuilles de néflier, par cinq, ont poussé de plusieurs centimètres, en à peine deux semaines. Je ne vois qu’un des deux néfliers, de la fenêtre où je travaille. Est-ce que ça change quelque chose, volets fermés ou fenêtre donnant sur le bleu du ciel, le lampadaire, le crépi du 9, la barrière en plastique vert renforcé, et surtout donc le néflier. À la façon d’écrire ou à l’écriture, veux-je dire : est-ce que ça change quelque chose ? Hier en fin d’après-midi une pie s’approchait en sautillant du cageot à godasses. Cinq.

Les services de réa sont d’ores et déjà saturés.

 

07:57 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

247–Gilels–Piano

 

    Le type qui n’a pas revu le renard la renarde, et qui n’a pas encore parlé de la portée de hérissons sous la dalle la terrasse, porte un gilet rayé et vous convie : à la revoyure ! Il n’a pas encore décidé s’il garderait l’ordre des chapitres ou s’il donnerait un coup de pied dans la fourmilière. Et puis quand ça serait un livre, vous n’en réchapperiez pas.

Il parle de son porte-clés en moins de 280 signes (ça laisse à désirer).

Le type qui n’a pas encore évoqué la portée de hérissons rêve en clé de sol (ça ne s’invente pas).

 

07:56 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

247–Gilels–Piano

 

    Le type qui n’a pas revu le renard la renarde, et qui n’a pas encore parlé de la portée de hérissons sous la dalle la terrasse, porte un gilet rayé et vous convie : à la revoyure ! Il n’a pas encore décidé s’il garderait l’ordre des chapitres ou s’il donnerait un coup de pied dans la fourmilière. Et puis quand ça serait un livre, vous n’en réchapperiez pas.

Il parle de son porte-clés en moins de 280 signes (ça laisse à désirer).

Le type qui n’a pas encore évoqué la portée de hérissons rêve en clé de sol (ça ne s’invente pas).

 

07:17 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

246–Andjaparidze–Piano

 

    Sur le carreau. Je voulais commencer par là, mes pieds glacés malgré les chaussettes et à cause de l’oubli, à la chambre, des pantoufles, une scène d’écriture vraiment minable. Mais il ne faut pas lésiner. Doigts froids aussi, et volets fermés, bref à peine brossé ce tableau tout de suite à jeter à la benne. La veine annonce le venin ; saturation des réseaux.

 

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245–Rotarie–Accordéon

 

    Les postiers désormais passent trois fois par semaine, au plus. Les hôpitaux connaissent l’urgence inverse, services de réa saturés en Europe – partout bientôt ? Une moustique accélère (encore) la course du temps. Ne pas connaître le terme, cela demande un peu de patience face au clavier.

 

07:04 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

245–Malcolm–Clavecin

 

    La course contre le temps, les hôpitaux connaissent cela, services de réanimation saturés en Europe – partout bientôt ? Sous la moustiquaire on aurait pu composer des chants (d’éloge). Ne pas savoir où ça mène, ne pas connaître le terme. Les éboueurs passent moins souvent que la factrice.

 

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jeudi, 26 mars 2020

244–Filipec–Piano

 

    Elle a rêvé du fennec, alors elle m’en a parlé, au téléphone évidemment.

Distanciation sociale.

Avoir traduit un poème sous ce titre aujourd’hui, et être toujours aussi bête.

Une amie qui rêve d’un fennec, du fennec, je ne sais plus.

Et moi je me rappelle soudain que le tournant du livre, désormais, le quinzième tournant du livre ou peu s’en faut, ce devait être le hérisson.

La portée de hérissons sous la terrasse.

L’an dernier, il paraît, j’aurais dit il y a deux ans.

La portée de hérissons, et qu’importe le flacon.

Qu’emporte la sonate ces pages arrachées à la nuit.

On est face à son clavier ainsi, et l’amie raconte ses escapades provençales, le rêve du fennec, tandis que les photos du tinamou huppé, du vanneau tréro et du tatou pichi.

Vagues rouges, ça ne s’invente pas.

Verre cassé.

Socialisation distante, comme l’étoile de mon luminaire.

 

22:32 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

243–Belder–Clavecin

 

    Moi aussi j’ai mes deadlines hein, je sais quel butoir toucher au 31 mars, ce n’est pas dans longtemps je vous ferai remarquer. Un verre casse, je ne vais pas rompre le couvre-feu pour si peu.

Imaginer le sous-sol d’un pavillon dans un coin de La Membrolle envahi par les caisses et les cageots de verre à recycler.

Le poivrot, quand passe-t-il nous siroter l’apéro. Clope au bec on se salue, bien franchouillards les mecs, surtout ne changez rien à vos menées, et pas marcher sur vos brisées.

Ça y est, ça me revient : le hérisson.

 

22:25 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

242–Debargue–Piano

 

    Du haut de l’hélicoptère on t’envoie par vingt brasses de fond, cabine téléphonique, on te largue, aspirateur lourd buté sur la madrague. Je revois bien les trois machines à écrire sur lesquelles j’ai écrit des paquets de textes, très enfant sur la petite Olivetti, adolescent à Talence sur une plus reluisante aux touches douces. Les éboueurs passeront, quand.

 

22:21 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

241–Afanasova–Piano  

 

    Quel est ton thème quel est ton texte à quelle espèce appartiens-tu ? Toi aussi essaie d’écrire en pantoufles clope au bec et sans jamais te recoiffer, fastoche même en temps de confinement avec toutes échoppes de coiffure closes. Ça y va ça y va ça y va ça y va. Le ruban casse pas grave.

 

22:17 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

Cynthia Atkins — Social Distancing ::: Distanciation sociale

Cynthia Atkins — Social Distancing

(anthologie publiée par Vox Populi, éd. Michael Simms)

Distanciation sociale

My ex-brother-in-law died this week

Mon ex-beau-frère est mort cette semaine

in the middle of a Tsunami pandemic, this illness

en plein cœur d’une pandémie tsunami, ce virus

of global might.  And at this moment, when

de force planétaire. Pile au moment où

the world is shutting down of each last concert

le monde clôt la porte aux concerts

and diner— I’m remembering that it was he

et aux restaus, je me rappelle que c’est lui

that taught me about Jazz. At 15, my friends

qui m’a initiée au jazz. J’avais quinze ans, mes potes

listening to Peter Frampton, as I inhaled

écoutaient Peter Frampton, et moi, dans mes poumons

Miles Davis, Stanley Turrentine, Coltrane’s

soufflaient les longues voyelles sonores de Coltrane,

long vowels of sound.  Today, the news is bleak, 

Miles Davis et Stanley Turrentine. Triste nouvelle,

and it’s not too far-fetched to imagine 

et il n’est pas exclu que nous respirerons

all of us breathing with masks on.  We will not be

bientôt un masque sur la figure. Nous ne porterons

getting dressed for weddings or funerals

plus de longtemps nos plus beaux habits pour

any time soon—all markers of life—be damned.

enterrements ou noces, ces jalons de nos vies—au diable !

Nocturnes in the moon light, where people

Des nocturnes au clair de lune : les gens

are singing Acappella out their windows.

chantent a cappella à leurs fenêtres.

Stitch by stitch, we pick up where

Petit à petit, nous reprenons le fil

we left off.  Now file this under

où nous l’avions laissé. Qu’importe si la veine

biblical or epic---Our daily rituals

est épique ou biblique : nos rituels quotidiens

parted like an ocean. Invisible venom 

se sont ouverts en deux comme la mer. Venin invisible

in the snake’s jaw--now, human laws keep us

sous les crochets du serpent : force de loi nous empêche

six inches apart, keep us from touch.

de nous toucher et nous tient à six pouces.

Awash in all our natures, this will be 

À nous baigner en nous-mêmes nous saurons

the portent of who we really are.  A new normal—

enfin qui nous sommes. Voici la norme à présent :

comedians without laughter, jazz without

des comédiens mais aucun rire, du jazz sans

smoky rooms, burying my ex-brother-in law 

salles enfumées—les obsèques de mon ex-beau-frère :

with a prayer and lethal hands.

une prière, et des mains qui portent la mort.

 

(traduction Guillaume Cingal)

17:32 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

240–Puyana–Clavecin

 

    Délaissés-pour-compte.

En solde les pas-bien-nés. Soldés, aux fraises ! Le corps virulent jeté au fond de la crevasse. Qu’on s’en fout de vos garriguettes, on préfère les maras des bois.

Aux pommes dans la baignoire, un couteau ousque je pense !...

Les pas-bien-nés, les crève-la-faim, ouste, au chantier sans masque et sans prime.

Ça n’en parle pas, coco, dans ta rhétorique de service après-vente.

Traits d’union partout, syndicats nulle part.

Traits d’union partout, individualisme & applaudissements aux fenêtres surtout.

Le justaucorps jusqu’au haut du corps. Quelle morgue ! Aux pivoines, je vous dis ! Aux petits oignons… la morgue que c’est… Mulhouse I lost lost.

Dès demain à l’heure où croupit la bronchiolite je ne comprendrai pas moi-même ce que j’ai écrit.

Normal, j’expectore.

Le duc d’Orléans richement vêtu, et moi en pyjous. Honoré !

 

09:30 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

239–Wellborn–Piano

 

    L’échange sans les corps – ou seulement avec leur fantôme, leur fantasme, leur projection caverneuse – est donc possible… ou illusoire ?

Possible, allons, pas de scepticisme.

La nation apprenante (autre formule débile que l’on pourra porter au débit de Blanquer et de son équipe de branquignols) le sait, en toute positivité du fantasme.

Ça galope sur le clavier.

L’échange sans la présence réelle des corps est donc possible. Et donc, vlan, continuité pédagogique. Ce n’est pas la bite de Benjamin Griveaux qui me dira le contraire.

 

09:23 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

238–Larson–Piano

 

    Échanger, qu’est-ce, au fond ? Comment échanger sans jamais que les corps ne s’approchent ? Les moyens techniques aident à ça, bien sûr, de sorte que la fameuse « continuité pédagogique » est grandement facilitée par le Web et ses divers biais.

Oubliés de la parade, les enfants, adolescents et adultes avec peu de matériel informatique sont laissés pour compte.

 

09:18 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

237–Grante–Piano

 

    Le moi est haïssable certes, mais si tel est notre seul accès au monde, ou presque (c’est-à-dire qu’on n’accède au monde qu’en échangeant soi-même avec autrui), en découle-t-il que c’est le monde qui est haïssable, ou l’accès au monde ?

Les éboueurs passeront selon un calendrier aléatoire.

 

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dimanche, 22 mars 2020

236–Colombo–Piano

 

    L’océan qui outrepasse la Loire sans emprunter les ponts pointe en haut de la butte, s’immisce coule tranquillement, arrive au muret où il s’arrête, interrompant mes réflexions sur je ne sais quoi, peut-être sur le marc de café jonchant l’herbe, avec les plumes du ramier qui a heurté hier la vitre du bureau mais dont on n’a pas retrouvé le cadavre même en regardant aussitôt, il était reparti, n’y laissant que quelques plumes, et donc l’océan s’arrête là au muret, sans insister, sans refluer non plus, la voisine d’en face me salue en me répétant plusieurs fois « je suis vaccinée de toute façon » et « ils nous embêtent avec leurs histoires ».

Une palombe de sinople sur la toge, j’observe la marée.

Quand l’océan a englouti mon texte sans m’engloutir moi-même j’ai été drôlement content, j’ai sniffé le marc pour la peine, on se gondole.

 

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