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lundi, 20 février 2017

... le mythe que tu écornes ...

17.02.2016.

    confondre les salicornes

avec les algues téméraires

verser des larmes funéraires

sur les clamsés en bicornes

 

le mythe que tu écornes

par des saillies salutaires

c'est au chaud du fond de voltaires

tapissés de sphinx et licornes

 

ça te va bien sous les ors

de la République cet œil

qui s'afflige de toute offense

 

le vert noircit au dehors

de ta peau et sur le seuil

du palais fond cette provende

15:44 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 19 février 2017

[que le café percole]

12.02.2016.

    tandis que le café percole

& que s'écoule un continent

j'écris un vers hallucinant

mais pour moi seul comme à l'école

 

mort à la bataille d'Arcole

sang lentement dégoulinant

un chien est là & opinant

du chef mon cadavre picole

 

ces poèmes que l'on bricole

fétus en lames concentriques

fabriquent-ils un univers

 

nous naviguons ô mes divers

& je vous fous des coups de triques

tandis que le café percole

09:27 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 16 février 2017

Les faits sont têtus

23 janvier 2017, 18 h

    Ami, toi que j'ai repris au

Rebond de ta discutaille,

Ton argument bidon me daille.

Pourquoi dire "choriseau" ?

 

En face de moi lire Izzo

Ou — les faits ont des tenailles —

Un long dimanche de fiançailles

De Sébastien Japrisot ?

 

Les faits sont têtus ! Au Con-

Servatoire de Tours, j'écris

En affûtant mon roseau

 

Pour graffiter "mort aux cons"

Avec des airs jipébacris

Et la fumée au naseau...

14:10 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 13 février 2017

Appel à quelques routiers inattentifs, composé fictivement à Marcilly

23 janvier 2017

    Au lieu de flairer l’anémone

Dans ce Rendez-vous des routiers

J’aimerais que vous écoutiez

Un peu mon poème à Pomone.

 

À quoi sert que je m’époumone

Et sois du Verbe bijoutier

Pour que jamais dans le moutier

C’est le Paraclet qu’on ramone ?

 

Rien ne sert, pauvre flibustier

Lyrique, ici de balbutier.

On ne te fera pas l’aumône

 

D’une oreille attentive. C’est

Qu’à l’estaminet sur la Maulne

Le papier ne sert qu’aux vécés.

09:13 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 07 février 2017

ce tablier en calicot...

    ce tablier en calicot

espalasé sur le gazon

rappelle Luynes Montbazon

à qui n'a pas pris son fricot

 

pose ta bosse de bison

au noyau comme l'abricot

dans l'herbe - la veuve-clicquot

ranime ton espoir frison

 

étais-tu (si oui : comment ?) seul

face aux Radziwill de Varel

la mer gelée pour pique-nique

 

comme allongés nous dégoisons

en nous taquinant la tunique

nos espoirs coquilles d'oisons

22:37 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 06 février 2017

sur un texte de Modiano...

    sur un texte de Modiano

avant de s'allonger dessus

ma chatte se lèche le cul

vous imaginez le tableau

 

dans ma maison pas de piano

ni assez de coussins mœlleux

il faut le croire puisque le

fin du fin est sur un rouleau

 

de très anciens textes de thèm

(récupérés dans le bureau

38 parmi la poussière)

 

de se pourlécher le fourneau

après dix minutes pas plus

d'y étendre son félin joufflu

08:39 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 26 janvier 2017

fleurs de givre...

    fleurs de givre sur le Velux

fil de fer tendu sur la nuque

vos gonzesses du Benelux

jamais au monde on les reluque

 

attendre le cadeau Bonux

de la neige sur la perruque

bien ramoné au savon Lux

ni forban ni bouc ni eunuque

 

de l'écorce extraire le suc

de la neige en capilotade

extraire en cotonneux le luxe

 

pour rêver du skaï et du stuc

du chapon et de la pintade

du sauna Finn's ou du spa Nuxe

08:02 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 24 janvier 2017

Revente, on s'en fout (

    Ensuite, quoi ? L’épouvante

Avec son masque de gésine

Figé dans la résine,

Sa volubilité éprouvante.

 

Qu’il pleuve, qu’il vente,

Autant bosser tout le jour à l’usine

Où il n’y a pas que le chef qui lésine

Sur la revente.

 

Tentative pour être veule

Tentative pour être fou :

Faire le fou dans la basse-cour,

 

Avec le spectre de Jacques Decour

Et les rochers de Carquefou

Et nos baisers contre la meule.

07:54 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 26 décembre 2016

bleus catacombes musiciens...

13.12.2015

    carlingue flottant l'océan

à peine perdu ton amer

de vue entendre un dulcimer

perdrix perfide qu'au néant

 

on jette pour ne pas ramer

en vain Est-ce ruser céans

savant stratagème fait en

deux tocs Pourrait-on estimer

 

la valeur des coups et blessures

estafilades d'années sures

bleus catacombes musiciens

 

dont le rafiot grise carlingue

défie le rythme phénicien

bois pourri dimanche salingue

11:42 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 23 décembre 2016

à l'heure où la fleur s'inverse...

13.12.2015

    & donc je m'évade vers ce

territoire évasé par

l'aveuglement le chambard

la grêle en déluge à verse

 

à l'heure où la fleur s'inverse

dans l'aboiement des clébards

poème aux verbes épars

hiver grillé Une herse

 

s'abat sur cette espérance

avec la toise & l'étau

le regard par le tamis

 

passe le clébard pataud

au pelage d'aramis

verbes gercés dans l'errance

11:39 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 20 décembre 2016

aurai-je su rester stoïque...

13.12.2015.

    de cette faïence laïque

à me soutacher de pinard

pour embarquer dans ton caïque

satan forme de vicelard

 

aurai-je su rester stoïque

avec mon vieux crâne d'anar

de n'être jamais héroïque

& rouge tête du pic mar

 

tu le sais bon dieu c'est le hic

la plume dans le fessier chic

trempée à l'encre de bitume

 

tu le sais son épouvantable

amour confetti de cartable

noya même mon amertume

11:37 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 12 décembre 2016

Sonnet décontraint

12.12.2012.

dans le petit salon

canapé vert drap bleu turquoise

dans le petit salon de l'étage près de

la chambre d'Oméga où il se recoucha

un mauvais thé à l'orange

accompagne mon pianotage

je suis H.S. appouriqué

dans ce canapé vert couvert d'un drap turquoise

 

et je pianote raide

bruit des avions doucha

le ciel de tout son long

ma chevelure de Riquet

reflets orangés recouvre mes pianotages

dans le petit salon

22:24 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 05 décembre 2016

Septante-deux

6.12.2015.

perdure aussi à la lisière

un certain sentiment d'effroi

livres posés sur le bois froid

évoquent l'encre nourricière

 

ce n'est pas vrai ce que l'on croit

qui a mis sa main en visière

sans se défaire de l'œillère

poursuit un sillon trop étroit

 

assez rapetassé le vide

& l'aube son effet bifide

souvent sous le masque de nuit

 

assez parti d'une rature

à torturer le temps qui fuit

pour l'encre qu'idiot j'endure

 

18:31 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 17 novembre 2016

j'ai la vieille Clio...

17.XI.2013.

j'ai la vieille Clio

et les doigts fripés de froid

dans le panier des poireaux

(la vieillesse au bout des doigts)

 

dans le panier une citrouille

deux jolis filets mignon

(la vieillesse au bout de la trouille)

et la gueule à prendre un gnon

 

un rêve volant je pèle

épluche légumes pour

la soupe (la mort m'appelle)

prépare des pommes au four

 

(la vieillesse m'anonyme)

dans mon tacot cacochyme

07:55 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 08 octobre 2016

Pas sérieux ; sérieux

Untung-untung

    8 octobre 2014

Je ne m'étais pas encore remis des baricanelles, quand soudain... le nouveau sport estudiantin du vendredi soir : le beer pong.

 

8 octobre 2010

Après avoir subi 1 h d'atelier gamelan (encore les 40 ans de l'Université) pendant mon cours de L3 — je déclare la guerre à l'Indonésie et à Loïc Vaillant.

 

8 octobre 2016

Chant de la bière par Bali, l'âme est mauvaise conseillère : il faut lui préférer le cri, avec le dos de la cuillère. Ai-je ajouté un e, saisi par cette nouvelle frontière ? Pas la peine, sale nazi de décoiffer mieux ta rombière ! Il faut, pour ton Indonésie, que tu ailles dans les outrances & prennes le mors aux quenottes. Monde parti en pleurésie, exhibition de muscles rances, toujours partout le bruit des bottes.

08:18 Publié dans Pong-ping, Sonnets de juin et d'après, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

▓ passer outre ░

8.10.2015.

    il faut paraît-il passer outre

en prendre aussi plein les mirettes

la poésie prise en levrette

la paille vue mais pas la poutre

 

on n'a pas inventé la poudre

à glisser sur la corde raide

à Carennac comme à La Brède

ou à donner du grain à moudre

 

je vous nargue du fond du trou

à enfanter un tour d'écrou

six pieds sous le sable et sous terre

 

entendez ces chants de la troupe

miteux gueux fats et mousquetaires

la poésie montre sa croupe

07:18 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 13 septembre 2016

la vase tant que

sonnet d'il y a un an pile

 

    tant que le désespoir clabote)

je lis Ivan Vladislavic

sa prose en haut de l'affiche

en sirotant mon bergamote

 

un bugle échappé de Blue Note

trouve en moi the accurate pitch

écrire un sonnet c'est si kitsch

la Dolce Vita, pas la Notte

 

: pour la postérité noter

qu'il ne faut pas dire ‘no-té’

(tandis le palais en extase

 

que je sirote ardent mon thé

pour amorcer cette anabase

& des phrases filtrer la vase

 

09:30 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 10 septembre 2016

... un pécari nage...

10 septembre 2015

    s'égarer dans le béguinage

serait à vous foutre la fièvre

& à la manière d'un lièvre

vif se livrer au bouquinage

 

le cloître est proche du zoo

voyez comme un pécari nage

après quinze mois d'affinage

piètre maroilles qu'il faut au

 

moins déguster sous la virgule

& dans la Dombes harles bièvres

près la marouette et le mergule

 

honteux loin de la coupe aux lèvres,

tout ce défilé de béguines

vous les voyez tu les bouquines

09:41 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 28 août 2016

à la lune d'os blanc, en plein milieu d'après-midi

Pour Michel Butor *

    les reflets des vertèbres

dans les vitres —

fait le pitre

cette lune en os (funèbres

 

chants à claquer au chapitre)

sur tes lèvres

autres sèves

pour coiffer sur moi d'autres mitres

 

la lune fait des flaques

d'ombre et de feu

comment dire cette ossature

 

du poème que tu claques

pour quel enjeu

& pour coffrer quelle rature

 

 IMG_20160828_214318.jpg

 

 

* Les deux premiers vers sont “partis” d'une réécriture (un seul mot changé) d'une phrase lue dans Mobile.

21:51 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 15 janvier 2016

Que faire ?

    de ta nuit je n'en ai cure

beauté charnelle en dedans

le doberman sur les dents

faites monter le mercure

 

tout toujours de bon augure

la croix sur le ramadan

kippah et pomme d'Adam

pour faire bonne figure

 

Télémaque déshabille

un souffle d'air frais dans la

cambuse Argus dégobille

ses sourcils dans l'entrelacs

 

à moins qu'un prophète accoure

nul risque que je me goure

 

05:40 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 janvier 2016

Lisa n'a plus les cheveux rouges

   Lisa n'a plus les cheveux rouges

mais Doriane a les cheveux verts

toujours verts en ce nouvel an

green unlike red is forever

    Lisa n'a plus les cheveux rouges

mais un anneau à la narine

oui, un anneau au nez lui pend

    Lisa n'a plus les cheveux rouges

mais porte un sweat-shirt avec des

Garfields bectant des hamburgers

& mon regard s'y enfarine

    Lisa n'a plus les cheveux rouges

mais Doriane a les cheveux verts

unlike red green is forever

15:15 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 10 décembre 2015

(à peine un saut)

    sur cette crête ennemie

la fusillade brasille

on voit le lac qui grésille

de brochets en boulimie

 

de tes cheveux la résille

j’arrachais l’épidémie

du soleil façon trémie

un rayon qui s’égosille

 

à peine un saut de criquet

bat le blé et le briquet

cette chanson soupçonneuse

 

avec toi faire l’amour

pour ta voix hameçonneuse

dans les serres de l’autour

09:49 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 10 février 2015

État gris sale

    La tension comme d'ongles coupants sous les paupières,

Crâne qui se déchire à la trame des frimas,

Et en tout rampant sur le versant où tu rimas

D'autres gorgées brûlantes de vieux pousse-rapières,

 

Tout cela n'est rien. Racines chauffées sous la braise

Morte, aucun poème encore n'est sur le départ

Pour fendre le nuage ou taillader un rempart :

J'ai demandé au soleil son nombre. Il a dit : « Treize ! »

 

Chuchotis, dénigrements, la rate du vulgaire ——

Supplices, foyers, les aveuglements de naguère :

Tout est donc ralenti par mille frissons grippaux.

 

Le nuage a tourné le soleil comme une crêpe

Et a vendu nos belles phrases, leurs oripeaux,

En plein hiver à un zinzinulement de guêpe.

 

12:12 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 01 décembre 2014

Fureurs

    Je suis comme ces chiens

au pelage mité que mine la pelade

à peine une engueulade

et je ne sais plus qui je suis ni d'où je viens

 

à peine une incartade

on me dit reste cool tu sais c'est pour ton bien

reste calme et serein

affiche partout un sourire de pintade

 

Que n'avons-nous amis

cinq vies pour qu'une soit tranquille

et tout trier minutieusement au tamis

 

d'un esprit relâché — cinq vies simultanées

au fond des bois, au cœur des villes

sans ces fureurs damnées ?

04:49 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 20 novembre 2014

À perte de vue, le vert ▬

    Tout en haut de la canopée

parmi mes amis sapajous

je fronçais mes yeux acajou

et entonnais la mélopée

 

un hamster dans ses abajoues

n'a plus de pleurs pour l'éclopée

dont voici la prosopopée

par ton pelage kinkajou

 

la mangrove de l'imparfait

— tandis qu'un vil salaud bouffait

les fruits de l'arbre à déconnade —

 

s'est immiscée dans mes narines

et d'un grand coup de canonnade

capucin blanc tu m'enfarines

 

10:04 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 19 octobre 2014

S•o•••n•n•••e•t I

    mais imaginez cinq secondes • imaginez le point aveugle ••• le point d'aiguille au fond de l'œil

• une éternité à penser •••• le trajet du siècle au seuil •• rayons de soleil et les ondes •

• ici beugle • un bœuf qui a baissé •••• le cou •• sous le joug

imaginez à l'unisson • d'autres épreuves ••• autres remugles • le point d'aiguille au fond du son

11:04 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 13 octobre 2014

Octobre est une croix *

12.X.2014, rue Christian Huygens, vers 17 h.

    Plus tôt que tu ne crois

tu feras tes délices

d'avironner le Styx

en harponnant tes proies.

 

Le futur que tu broies

pauvre accouchée sous X

la nèfle a son calice :

octobre est une croix.

 

Enjoliveur perdu,

implacable miroir.

 

Flaque dans le bitume,

pouliche avec tiroir

à quoi ne se résume

un calice mordu. °

 

.

* Vers venu en premier, pendant la marche. Placé par commodité en point d'orgue plutôt qu'en incipit.

° Trois autres “derniers vers” ont été composés chemin faisant :

ton soleil morfondu

nèfle fruit défendu

un poème tordu

13:14 Publié dans Aujourd'hier, Sautnets | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 12 octobre 2014

Poème à danser

Pour Marie-Aude.

 

    dans le noir de la cave

dans le ventre du temps

sous le flot glougloutant

les mots debout les braves

 

la passerelle un crâne

son langage s'apprend

quatre pies sont à cran

et le vent à leur traîne

 

un chat siamois guette

yeux d'azur myosotis

l'ombre d'ombellifères

 

et dans le clapotis

de ce calorifère

(mon crâne) s'enchevêtre

.

20:10 Publié dans Sautnets | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 07 octobre 2014

Que disent les arbres

    et donc que disent les arbres

sous la pluie qui revigore

même le sable

le vent essore

 

un froissement

étouffe à peine

un bâillement

la pluie ravive à perdre haleine

 

ce flot de paroles

arbres vous chuchotez

rien ne se donne aisément

 

chaque jour je retourne à l'école

chanter d'autres motets

avec pour tout feuillage un idiot zézaiement

.

18:16 Publié dans Sautnets | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 06 octobre 2014

La Mémoire et l'automne

    Aux noces de l'autre octobre,

De saisonniers jamais sobres,

La mémoire tend les bras

Par analogies impropres.

 

Pour tirer tout ce fatras

– La parade du tétras

Sous d'austères candélabres –

Elle grime avec du gras

 

Le passé qui se délabre,

Le futur d'un hiver âpre.

Ni à l'amble ni au trot

 

La mémoire, palefroi

Pitbull, saisit dans ses crocs

Le futur d'un hiver froid.

.

 

Pour le précédent sautnet, j'avais improvisé en cours de route un sonnet. Pour celui-ci, composé sur le chemin du retour (dimanche vers onze heures), l'idée des rimes avec assonances et inversions est venue dès le premier vers, ainsi que d'un sonnet plus classique de structure. Le premier vers du précédent est venu au moment où je tapai du pied contre un coing pourri, jaune pectiné de brun. Celui-ci est plus abstrait, mais les “noces” ont mis quelque temps à s'imposer.

12:17 Publié dans Aujourd'hier, Sautnets | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 05 octobre 2014

Sic transit

Nouvelle forme inventée, le poème écrit en marchant (celui-ci, et le suivant, sur le chemin de la boulangerie aujourd'hui), et plus précisément, comme l'ordonnancement a fini par y aboutir, le sonnet écrit en marchant, que je nomme donc sautnet. [Par sauts et à gambades.] Composition complexe malgré la marche (le trot sur le trottoir), avec notamment recherche maximale d'hétérométrie. Entre autres. Et ajout de liens après recopiage.

    coings pourris

durs comme des rocs

 

le groin des porcs

dans l'habitacle de la terre

 

rien n'arrête la mort

tout frotte

sous la sève

 

la mâchoire qui te serre

fort

de ses crocs

tes mots = des scories

 

la voix est morte

rien n'arrête

 

la pourriture dure

.

12:10 Publié dans Sautnets | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 08 mai 2014

Moins que bien

    Vous n'ignorez plus rien

quand la vie passe à l'offensive.

Une posture lascive

à décourager les vauriens ?

 

Votre désespoir terrien

planqué au fin fond du Soubestre

sur la croûte terrestre... --

Le moins que rien est moins que bien.

 

La soirée a fait flic,

Il fallait faire bref.

Il n'y a pas eu de déclic,

 

ou pour rien, non, pour pas grand chose.

Passé le gué, franchi le bief,

vous m'avez envoyé sur la rose.

 

06:56 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 31 décembre 2013

·▬··▬

24.11.2013.

je ne compte plus les mots ·▬ tu ne comptes plus les mômes ▬· elle règle un compte perso ▬▬ nous sommes ce que nous sommes ·

je ne compte plus les sots ·▬ il crante l'aluminium ▬· vous savez il pleut à seaux ▬▬ les sonnets sont le summum

elle noie dans un grand verre ▬·▬ les journées les plus sévères ·▬· ça fait un sacré morceau

je ne pèse plus ma peine ▬·▬ nous divaguons du cerceau ·▬· tu ris comme une baleine

 

╦ sonnets alignés, I ╚

22:56 Publié dans Sonnets alignés | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 24 décembre 2013

╬ vodkas ═

23.11.2013.

C'est la vodka des virevoltes 
Bien engoncé dans ma parka 
Je mets en rimes désinvoltes
La virevolte des vodkas

Déjà autrefois dans Kojak 
Vous trouviez ça manquait de love 
Vous saisissiez votre Kodak 
Avec son petit oeillet torve 

Le crâne chauffé comme un bol
Je mets en rimailles sadiques 
La virevolte des cognacs 

Si ce poème était un vol
Au-dessus des feux atlantiques
Sonnant la langue sous le gnac


₩ ¡ sonnets sonnés ¡ ₩

22:42 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 19 novembre 2013

¹ sa ceinture nouée ¹

ma robe de chambre

pelucheuse ▬ trouée

à l'aisselle droite ╩ depuis déjà

longtemps ╩ 24

ans (qu'elle a), m'accompagne

sur le canapé ³ tendre

ment neutre ³ Rien à battre

¹ sa ceinture nouée ¹

 

je revois dans la chambre

d'hôpital mes grands-parents

■ mon arrière-grand-mère ■

je les revois je les entends

╩ par le trou à l'aisselle

la mémoire ruisselle ╩

 

sonnets martiaux imparfaits, 2

16:57 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 12 novembre 2013

Tomasz Stanko

    Tomasz Stanko avant d'aller au carreau

Gabor Gado avant l'hosto

Jean-Pierre Como avant le coma

Tomasz Stanko avant d'aller au carreau

 

Antoine Illouz avant Naplouse

Jaromir Honzak 1000 prises Kodak 

Roman Pokorny avant d'être racorni

Tomasz Stanko 1000 prises judo

 

Braxton Parker pour les rancœurs

Eu dans l'eau et la douceur

 

Tomasz Stanko envols traîneaux

Padovani avant la pluie

Sidsel Endresen après larsen

Tomasz Tomasz Stanko avant d'être au carreau

·

13:50 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

petit cercle bleu ▬

petit cercle bleu petit cercle rose 

▬ se tournent autour ▬

pour quoi pour rien 

╩ ça rame on dit ╩

on dit ça rame 

¹ petit cercle bleu à droite ¹

³ petit cercle rose à gauche ³

et vice-versa in-


-lassablement 

■ jusqu'au message ■

d'erreur 

`volent oiseaux` 

de nos tombeaux 

ı bleuroses rosebleutés ı



(sonnets martiaux imparfaits, 1)

07:22 Publié dans Formes singulières, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 14 juillet 2013

danse dans

danse dans les terrains vagues

bagues au fond des faïences

désert aride vide immense

un monde aux entournures craque


à peine on retourne sa veste

à peine on massacre un printemps

à grand peine on hume le vent

à lourde peine on prend la peste


et ce n'est pas pour rien

le souverain bien

cueillir des prunes dans le chêne


allez péteux faire du quad

nous assourdir la prétentaine

ma nostalgie forme une escouade

10 juillet


18:38 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 08 juin 2013

◙ ♣ B • ◙

◙ ♣ B • ◙
? Ë — ► ↨
╚ ♀ Ã ╔ ↨
ø r × É ◙

Ì ▀ ¦ ­¾ ◙
¾ j J Ì ↨
`® ë ¾ ↨
○ ┼ ã ─ ◙

┐¿ ‼ [ .
* { ½ $ .
/ 0 ò û ¢

æ ‘ Æ ’ ±
ƒ ¡ µ ¿ ¢
¾ ┼ ♠ ¿ ±

23:08 Publié dans Sonnets sémiotiques | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 02 avril 2013

“Langage tangage”

    Hier, au zoo, le tenrec

— Je n'en avais jamais vu,

Ni d'aucun regard griffu

Directement, indirec-

 

Tement, ni dans la confu-

Sion d'un épisode grec

Mal reproduit (touche REC,

Tant commis-tu de bévues!) —

 

Se blottissait contre la

Vitre, pacha ou prélat

De quelque culte trompeur.

 

Spay n'est pas Madagascar,

Et, pas quitte pour la peur,

La vitre masque le lascar.

.

15:34 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 23 mars 2013

Springfield

    Mal rasé, rougeaud, bien hideux,

Cadré par le cintre en moumoute —

Ce pull en lambswool me les broute :

Je l'achèterai si je veux.

 

Dans la cabine, je filoute

À tenter le pantalon bleu

Ou le jean's jaune, hasardeux

Pour draguer à Knokke-le-Zoute.

 

Tirant le rideau, non sans lutte,

Je remarque une anacoluthe

Dans le premier quatrain ; je sue,

 

Chaussures vertes et jean's tomate, 

À ravauder fil et tissu

De ce poème en carapate.

 

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08:23 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 22 mars 2013

La Valse des carabosses

    Je ne suis pas « pété de tunes » ;

Je te défends de dire ça,

Ou alors, pareil au fossa,

Je hurlerai tant à la lune

 

Et au soleil qu’une bossa

Nova que l’on danse à Béthune

Ou dans un lieu gai (tiens : la Hune)

Te poursuivra. Carabosse a

 

Plus d’un tour dans son sac, de l’or

À foison. Toi, dans le décor,

Mon pauvre ami, tu fais la pieuvre,

 

Et nous valsons — de nos Rolex

L’éclat éclaire les chefs-d’œuvre.

Va-t-en sur ton vélo-solex !

.

09:11 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 21 mars 2013

La Ninoxe bariolée

— We were hugging the coast of New Ireland when, rather to our surprise, a group of low islands, one of them conspicuous from a solitary tree standing out in bold relief on it, hove in sight. — W.D. PITCAIRN

   

    D'une syntaxe affriolée,

Toujours féru d'octosyllabe,

Je veux, stercoraire ni labbe,

Que la Ninoxe bariolée

 

Ici nous ouvre la cabale,

Avant son plumage moiré

Qu'il nous enivre de poiré

Servi à même la timbale :

 

La Strige de Nouvelle-Irlande

N'est, au poème, une guirlande,

Mais un alcool des plus puissants.

 

Au lendemain de l'équinoxe,

Ma lyre prendra les accents

Jaunes pentus de la Ninoxe.

23:23 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 20 mars 2013

2025 - Lys orangés

    Tu assouvis les térébinthes

Mon pauvre tricholome équestre

Tu te cognes contre les plinthes

Et empoisonnes les bourgmestres

 

Et sur tous les sentiers pédestres

Foulés par les buveurs d'absinthe

Des spores que tu ne séquestres

On entrevoit les labyrinthes

 

Un monde étouffe entre tes rails

On en admire les camails

Avec le temps qui s'enchevêtre

 

Autour des troncs sur les sentiers

Pédestres, les nombres entiers

Égaient le spectre de l'ancêtre

08:09 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 20 octobre 2012

Sonnet CVI

Sonnet composé entre 16 h 30 et 16 h 50, pendant le premier quart-temps d'un match de rugby de Coupe d'Europe, et en mode élégiaque latin.

Quand le Racing Métro contre les Saracens

En Belgique joue, c'est l'âne Trotro :

Vingt secondes jouées, ils mènent 3-0

Sur un terrain parfait pour Uncle Ben's.

Serait-ce une rizière ? Endroit où on se rince

Sans friture, trop fertile terreau

Aux glissades, ballons échappés – les héros

Aiment la pluie, même quand cela coince.

 

3 partout après la vraie domination

Sur ce vert waterzooï des perfides d'Albion,

De sorte que, du haut des gradins vides,

 

De spectrales clameurs se haussent. Les bandas

Jouent, pour l'oreille des Wallons avides

Et les maillots rayés, d'âpres Encantadas.

18:51 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 29 janvier 2012

Sur la photographie d'un berger de Beauce (à moi envoyée par une amie)

    Fier et noble, le Beauceron,

Chien à faire pâlir Rodrigue

(Janois, qui du pseudo Rod brigue

L’amour de qui le hausseront

 

À la gloire), s’il pue du rond,

Au moins ne connaît pas l’intrigue

Et, aboyant dans la garrigue,

Mord ceux qui le nonosseront.

 

Noir d’ébène et feu de chimère,

N’est pas chienchien à sa mémère

Ce canin qu’on dit arlequin.

 

Et, même en Beauce, le bellâtre

Ne peut, avec son saint-frusquin,

Lutter, même à gent androlâtre.

12:15 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 05 novembre 2011

Aux yeux de Frumence

    Ta moustache nous ensemence

Frêle maréchal des logis,

Quoique tu aies pour nom Frumence

Et si depuis longtemps tu gis

 

Hors du vaste décor lunaire

Où Henri Rousseau te dressa

Pour séduire celle qu'une aire

Aux bêtes fauves ne pressa.

 

C'en est ainsi, pauvre Frumence

Au prénom tantôt oublié

Inactif à toute romance,

 

Et sans rendre mon tablier

Que ma plumine trubliée

Ton souvenir réensemence !

16:16 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, MAS, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 04 novembre 2011

Au départ de Tavers

    Détestant autant l'alizé

Que  vague et sombre le soleil,

Abhorrant le reflet vermeil

Sur l'abbatiale de Luzé

 

D'un rayon à peine en éveil,

Nous avons gagné Trélazé

– Tout en maudissant l'alizé –

En pélerinesque appareil :

 

Makila à la main, pour les

Brigands de bord de Loire ; ourlets

Bien nets au bas du pantalon ;

 

Gourdes, carnets, tout ce qu'il faut

Pour s'escagasser les talons

Sous de fictifs vols de gerfauts.

 

08:45 Publié dans Sonnets de juin et d'après, Tropographies | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 23 octobre 2011

Sonnet portninwak

    Vous parlez si François Hollande

Va se défoncer au pinard !

Si c’est son assistant qui glande,

Lui ne lambine au lupanar.

 

Nanan, mon Dieu, un vrai panard !

Ce n’est pas à Lille, où un flan de

DSK (la peña Pounard

L’atteste) a volé sur la lande,

 

Mais en quelque vil Sofitel

Où, dans l’ère post-minitel,

Les poules (qu’on nomme call-girls)

 

Palpent le pouls du FMI.

Et François, pas trop éffémi-

Né, grignote des Bahlsen Curls.

18:53 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 22 octobre 2011

Variété (d’après Paul Valéry)

    Tout de même, René la taupe

Avec son gros corps peu griffu

Est une marmotte (que fu-

Me-t-on, oui, c'est sûr, on se dope

 

Dans le milieu des concepteurs

Et infographistes ?) : confu-

Sion plus vile que le tofu

Au bouquet de mille saveurs.

 

Ainsi, si de ce gras René

Le postérieur enfariné

Nous nargue de ses flatulences,

 

Au moins (vive la vidéo !)

Du cul fictif les pestilences

Ne nous gênent – dam dam déo.

20:15 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lesyeuxd'émilie ®

De l’Harmonie pomarézienne

La version des Yeux d’Emilie

L’affirmera-t-on, humilie

De Joe Dassin l’infâme antienne.

 

En dessinant, pointes jolies

Des becs de saxo tout comme hyènes,

Dans l’air des arabesques siennes,

Du chant naît la mélancolie.

 

Et si moi j’avais le soleil

Dans les yeux, quel yvesduteil

Ou adamo de pacotille

 

Me tendrait des verres fumés

Pour qu’en une humble apostille

Je n’ai les sourcils enrhumés ?

19:16 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 22 août 2007

Saltimbocca

    Contre ton front vengeur, le soleil

Trouve d’autres amertumes.

J’écris un livre ; tu t’en bats l’œil,

Aigre comme mille agrumes.

 

Au cirque ça fouette la friture

Tout autant que le vieux lion :

Dépenaillée crinière, l’armure

Du clown est l’autre bastion.

 

Je me suis perdu dans les feuilles !

Les numéros qui nous endeuillent !

 

Tu n’as pas dit le fin mot

Et je m’abreuverai à la cruche,

Tant que ces vils animaux

Auront leur drôle parade brusque.

 

[14 juillet. (Ces plusieurs textes écrits le 14 juillet repointent timidement en orientation invoulue vers le billet Quatorze.]

14:25 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie

lundi, 04 juin 2007

Ri/en

3 juin 2007.

 

    Vingt ans déjà : dans un hôtel de Delphes,

            avoir souri de rien, ri de si peu,

            être passé près d’un nuage.

Alors, les récits noirs de Jeremias Gotthelf

            je n’en savais pas même le nom.

Pourtant, la tendre araignée blanche de l’espoir

            m’accompagnait déjà.

Stridences, mélodies : Even The Sounds Shine :

            tout un projet baudelairien

            qui se dissout dans la fumée

            avec Hölderlin (Brot und Wein)

oh, et tant d’années au bagne.

            Au port où l’âme s’est arrimée,

dans un hôtel, avoir souri de rien.

04:00 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : Poésie

lundi, 27 novembre 2006

Comme un mégot

    comme un mégot sur le trottoir

maréchal juin 

la ronde des efflorescences

 chopin

- avec ma cervelle en sautoir

et mon coeur lourd dans la balance -

 iut

voltiger il ferait beau voir

(à ton) entre (tour) dans la danse

 passerelle

comme, d'un violacé intense,

un vieux crachat sur le bavoir

 mirabeau

tu rampes comme un escargot

dans le jardin comme un mégot

 château de tours

fumé écrasé solitaire

 voltaire

noirci par la fuite du temps

et vert d'azurs compromettants

lubrique comme un ver de terre

anatole france

 

10:00 Publié dans Diableries manuelles, Fil bleu : Tridents & autres textes brefs, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Ligérienne

mardi, 24 octobre 2006

Solitude, op. 713

La conspiration des squelettes #

- feuilles tombées au sol - trouble notre destin #

La bourrasque comme un festin #

dans le ciel affamé éclate en vaguelettes

 

Je vois un recoin de cuisine

au haut d'une maison au toit pointu

À ce dernier étage étroit vois-tu

vivoter la nuit qui décline ?

 

Aigrettes cormorans rides d'eau sur la Loire

goélands assoupis colverts

là-bas, près du tronc abattu, sur l'écran vert #

Reflets du fleuve comme moire #

 

Nous vivons seuls sous les pierres d'azur #

Le soleil voile un pan du mur #

 

 

Quelques mots d'explication (que l'on peut se passer de lire) : les dièses indiquent les arrêts de bus qui ponctuent l'écriture de tout poème-transport (voir la rubrique Fil bleu : Tridents...) ; la majeure partie du sonnet (vers 4 à 11) a été écrite entre l'arrêt Passerelle et l'arrêt Mirabeau (sur le pont, traditionnellement embouteillé) ; enfin, ce texte mérite son inscription dans les Diableries manuelles, puisque, comme tout poème-transport, il a été composé sur une feuille de format A6, à la plume noire ; évidemment, les liens ont été ajoutés lors de la retranscription du poème, ici, dans mon bureau, à l'université.

09:27 Publié dans Diableries manuelles, Fil bleu : Tridents & autres textes brefs, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie

vendredi, 08 septembre 2006

Carême

3 septembre, 15 h 30.



    À peine as-tu nommé cette cruche fiolet

Qu’un univers entier tremble sous tes paupières

Et, le gosier brûlé par le pousse-râpière,

Te voici à même de manier le piolet.

 

Dans le jardin, un merle esquisse un triolet

Tandis que ton ennui trouve enfin sa lumière

À boire, délicieux, les flots de brune bière

Où s’extasie aussi un bref reflet violet.

 

Désastre ! Vilénie ! Brisé à coups de pioche,

Le cerveau envahi par la mer s’effiloche

Et, enivré, vampirisé, se terre, et l’œil

Aux vapeurs de l’oubli lentement substitue

Le plaisir de goûter l’image du cercueil

En miaulant, à l’âme une chienne battue.

17:50 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 04 juillet 2006

Un peu n'importe quoi (mais à peine)

    Dis, tu n’as pas fini de faire ton cinoche ?

Elle verse à pleins seaux des pleurs d’alligator

Sommes-nous à Pékin ou à Oulan-Bator

Les souvenirs sont plus piquants qu’une épinoche

Tu aimais Goldorak j’adorais Albator

Moi déjà je lisais René Char (quel cador !)

Impatiemment nous attendons le medianoche !

 

Je la vois verser des larmes de crocodile

Dans le bolide fou et le discours futile

Et faux du député devant le cinéma

 

L’agace follement, l’ulcère, l’horripile

À en avoir soudain des plaques d’eczéma

Et elle envoie valser les fiches de l’édile

Bon, c’est fini, ce bin’s ? Tiens, il est midi pile !

 

19:10 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (7)

mercredi, 28 juin 2006

Envoûtement

Dans le seau du sommeil vos larmes tourbillonnent

Une boue asséchée entrave vos ardeurs

Le fard délavé sonne un réveil sans valeur

À travers les volets blancs le soleil rayonne

Vous ne vous lèverez pas pour cet emmerdeur !

 

Du regard toutefois nous vous déshabillons

Drapée dans la douleur qui vous sert de demeure —

Si à vous reluquer je passais ce quart d’heure

Au lieu de composer ces vers d’écrivaillon ?

 

Vous pleurez doucement et moi je vous regarde

Dehors il pleut des chiens et quelques hallebardes

Votre fard délavé noircit les volets blancs,

 

Et je me sens pressé de sentiments troublants

Venez me voir que je vous rhabille et vous farde.

 

09:20 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 27 juin 2006

Tranquillo Barnetta se mange un carton jaune

Lundi 26 juin, 22 h 15.

 

    Tranquillo Barnetta se mange un carton jaune

La pelouse est lucide aux yeux des aspirants

Vos cris et vos clameurs sont des cuirs délirants

Où l'âme voletant se cherche une avifaune

Et délaisse les cieux

                          Tranquillo Barnetta

N'a que vingt-et-un ans et la froideur des cygnes

Le regard âpre et sec comme un vieux cep de vigne

Le ballon est un sceptre où toute vendetta

Se résume, royale, et défie les insignes

 

Comme sur la pelouse où vole Tranquillo

Les pieds ailés, pour que naissent les dieux du stade

Dans ce monde dément,

                             Mes membres ankylo-

Sés j'ose gager mes mots d'une humeur maussade

Au fil de vains sonnets comme une tranquille eau.

07:55 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)