mercredi, 22 août 2007
Saltimbocca
Contre ton front vengeur, le soleil
Trouve d’autres amertumes.
J’écris un livre ; tu t’en bats l’œil,
Aigre comme mille agrumes.
Au cirque ça fouette la friture
Tout autant que le vieux lion :
Dépenaillée crinière, l’armure
Du clown est l’autre bastion.
Je me suis perdu dans les feuilles !
Les numéros qui nous endeuillent !
Tu n’as pas dit le fin mot
Et je m’abreuverai à la cruche,
Tant que ces vils animaux
Auront leur drôle parade brusque.
[14 juillet. (Ces plusieurs textes écrits le 14 juillet repointent timidement en orientation invoulue vers le billet Quatorze.]
14:25 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
lundi, 04 juin 2007
Ri/en
3 juin 2007.
Vingt ans déjà : dans un hôtel de Delphes,
avoir souri de rien, ri de si peu,
être passé près d’un nuage.
Alors, les récits noirs de Jeremias Gotthelf
je n’en savais pas même le nom.
Pourtant, la tendre araignée blanche de l’espoir
m’accompagnait déjà.
Stridences, mélodies : Even The Sounds Shine :
tout un projet baudelairien
qui se dissout dans la fumée
avec Hölderlin (Brot und Wein)
oh, et tant d’années au bagne.
Au port où l’âme s’est arrimée,
dans un hôtel, avoir souri de rien.
04:00 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
lundi, 27 novembre 2006
Comme un mégot
comme un mégot sur le trottoir
maréchal juin
la ronde des efflorescences
chopin
- avec ma cervelle en sautoir
et mon coeur lourd dans la balance -
iut
voltiger il ferait beau voir
(à ton) entre (tour) dans la danse
passerelle
comme, d'un violacé intense,
un vieux crachat sur le bavoir
mirabeau
tu rampes comme un escargot
dans le jardin comme un mégot
château de tours
fumé écrasé solitaire
voltaire
noirci par la fuite du temps
et vert d'azurs compromettants
lubrique comme un ver de terre
anatole france
10:00 Publié dans Diableries manuelles, Fil bleu : Tridents & autres textes brefs, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Ligérienne
mardi, 24 octobre 2006
Solitude, op. 713
La conspiration des squelettes #
- feuilles tombées au sol - trouble notre destin #
La bourrasque comme un festin #
dans le ciel affamé éclate en vaguelettes
Je vois un recoin de cuisine
au haut d'une maison au toit pointu
À ce dernier étage étroit vois-tu
vivoter la nuit qui décline ?
Aigrettes cormorans rides d'eau sur la Loire
goélands assoupis colverts
là-bas, près du tronc abattu, sur l'écran vert #
Reflets du fleuve comme moire #
Nous vivons seuls sous les pierres d'azur #
Le soleil voile un pan du mur #
Quelques mots d'explication (que l'on peut se passer de lire) : les dièses indiquent les arrêts de bus qui ponctuent l'écriture de tout poème-transport (voir la rubrique Fil bleu : Tridents...) ; la majeure partie du sonnet (vers 4 à 11) a été écrite entre l'arrêt Passerelle et l'arrêt Mirabeau (sur le pont, traditionnellement embouteillé) ; enfin, ce texte mérite son inscription dans les Diableries manuelles, puisque, comme tout poème-transport, il a été composé sur une feuille de format A6, à la plume noire ; évidemment, les liens ont été ajoutés lors de la retranscription du poème, ici, dans mon bureau, à l'université.
09:27 Publié dans Diableries manuelles, Fil bleu : Tridents & autres textes brefs, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
vendredi, 08 septembre 2006
Carême
3 septembre, 15 h 30.
À peine as-tu nommé cette cruche fioletQu’un univers entier tremble sous tes paupières
Et, le gosier brûlé par le pousse-râpière,
Te voici à même de manier le piolet.
Dans le jardin, un merle esquisse un triolet
Tandis que ton ennui trouve enfin sa lumière
À boire, délicieux, les flots de brune bière
Où s’extasie aussi un bref reflet violet.
Désastre ! Vilénie ! Brisé à coups de pioche,
Le cerveau envahi par la mer s’effiloche
Et, enivré, vampirisé, se terre, et l’œil
Aux vapeurs de l’oubli lentement substitue
Le plaisir de goûter l’image du cercueil
En miaulant, à l’âme une chienne battue.
17:50 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 04 juillet 2006
Un peu n'importe quoi (mais à peine)
Dis, tu n’as pas fini de faire ton cinoche ?
Elle verse à pleins seaux des pleurs d’alligator
Sommes-nous à Pékin ou à Oulan-Bator
Les souvenirs sont plus piquants qu’une épinoche
Tu aimais Goldorak j’adorais Albator
Moi déjà je lisais René Char (quel cador !)
Impatiemment nous attendons le medianoche !
Je la vois verser des larmes de crocodile
Dans le bolide fou et le discours futile
Et faux du député devant le cinéma
L’agace follement, l’ulcère, l’horripile
À en avoir soudain des plaques d’eczéma
Et elle envoie valser les fiches de l’édile
Bon, c’est fini, ce bin’s ? Tiens, il est midi pile !
19:10 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 28 juin 2006
Envoûtement
Dans le seau du sommeil vos larmes tourbillonnent
Une boue asséchée entrave vos ardeurs
Le fard délavé sonne un réveil sans valeur
À travers les volets blancs le soleil rayonne
Vous ne vous lèverez pas pour cet emmerdeur !
Du regard toutefois nous vous déshabillons
Drapée dans la douleur qui vous sert de demeure —
Si à vous reluquer je passais ce quart d’heure
Au lieu de composer ces vers d’écrivaillon ?
Vous pleurez doucement et moi je vous regarde
Dehors il pleut des chiens et quelques hallebardes
Votre fard délavé noircit les volets blancs,
Et je me sens pressé de sentiments troublants
Venez me voir que je vous rhabille et vous farde.
09:20 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 27 juin 2006
Tranquillo Barnetta se mange un carton jaune
Lundi 26 juin, 22 h 15.
Tranquillo Barnetta se mange un carton jaune
La pelouse est lucide aux yeux des aspirants
Vos cris et vos clameurs sont des cuirs délirants
Où l'âme voletant se cherche une avifaune
Et délaisse les cieux
Tranquillo Barnetta
N'a que vingt-et-un ans et la froideur des cygnes
Le regard âpre et sec comme un vieux cep de vigne
Le ballon est un sceptre où toute vendetta
Se résume, royale, et défie les insignes
Comme sur la pelouse où vole Tranquillo
Les pieds ailés, pour que naissent les dieux du stade
Dans ce monde dément,
Mes membres ankylo-
Sés j'ose gager mes mots d'une humeur maussade
Au fil de vains sonnets comme une tranquille eau.
07:55 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


