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dimanche, 12 mars 2017

Rebattues

13-16 mars 2017

 

Les vieilles chaussures, on les balance à Labenne, alors qu'on pourrait très bien ne pas les balancer à la benne, et ce n'est pas dans l'océan qu'on les balance, ce n'est pas à la figure des balances, on balance les chaussures, comme on balance les jambes au bord du ravin, au bord de la dune, à Labenne, ce n'est pas les chaussures qu'on balance mais c'est l'espoir et la mémoire, on balance ce qu'on veut à la poubelle, on est chez nous, on se balance de ce qu'on veut au bord de ce qu'on veut, et c'est ça le don de courte vue.

 

* * * * * * * * * * * * * * * * 

 

---------------------J’ai vu languir, au fond de la vallée,
---------------------Un arbrisseau qu’oubliait le bonheur.

Paul, en se levant, apperçut un pavillon blanc arboré sur la montagne de la Découverte. À la place de mon arbalète, l’albatros était suspendu à mon cou.

Le carrosse se couvre et se remplit d’hommes, se hérisse d’arquebuses, se transforme en redoute... et vous, habitants de la montagne, qui picorez l'olive sauvage ou l'arbouse, accourez vite à mon appel ; trioto, trioto, totobrix. — Mon âme veuve les jalouse.

 

Dans la salle d'attente où je lis Nimrod une mère avait besoin d'aller chercher un cartable dans la voiture garée non loin, et j'ai donc proposé de garder un œil sur Mélodie, qui n'avait pas l'air enthousiaste mais qui, en deux minutes, m'a confié qu'elle était en grande section avec Mme Tonka (?) qui est 《 aussi gentille qu'une Maman et mieux gentille que le papa Noël 》. Plus tard, la mère revenue, je prête à Mélodie mon ballpoint noir pour qu'elle puisse dessiner, en une intéressante synesthésie.

 

* * * * * * * * * * * * * * * * 

 

Their Clergy rouz'd from Laziness
Laid not their Charge on Journey-Bees.

__________________________

Dans le premier mouvement du Concerto pour cor anglais de Josef Fiala, après la façon dont les mesures de cor solo ouvrent délicatement la voie à l'entrée du véritable soliste, tout est plat, rebattu.

 

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 14 mars. Première fois de l'année que je profite du soleil sur la terrasse, et, dans un essai d'exagération de mon côté Rilke, ce n'est pas un poète que j'ai, mais trois poètes : l'excellent Nimrod, le dernier recueil de proses brèves de Maulpoix, et, last not least, les poèmes de Warsan Shire dans la traduction toute chaude sortie des presses de Sika Fakambi.

 

 * * * * * * * * * * * * * * * * 

 

Toi, Thymber, le glaive de Pallas a fait rouler ta tête sur la poussière, beau débrideur de messes, beau décrotteur de vigiles. Il se mit à vagir et à hurler, et les commères accoururent, croyant qu’elle avait voulu le tuer.

Sur la table de marbre ou sur un bloc de glaise
························Donc honorons Hermès.

Les glaives, les couteaux, sont déjà préparés.En ces sortes de feinte il faut instruire & plaire. Les cochons renversèrent sa bière pendant qu’on chantait les vigiles, et l’enfant roula sur le lit, entre ses cuisses, au milieu d’une mare d’excréments et de glaires sanguinolentes.

Le Ciel est rose et bleu pour plaire à la Marquise.

16:07 Publié dans Les Murmures de Morminal, MAS, MUS, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 16 octobre 2016

Bashō par Buson, temps lointain immobile

Untung-untung

    16 octobre 2015

an amazing find

lightens up my evening

cold though the moon is

 

bashobybuson.jpg16 octobre 2016

J'avais écrit ce (mauvais) haïku en anglais afin de signaler la découverte de nombreux inédits de Yosa Buson (dont je me rappelle la découverte, dans la collection “Orphée” des éditions La Différence, à Bordeaux, encore adolescent (traduction de Joan Titus-Carmel)). Or, ce même 16 octobre, un an plus tard, François Bon consacre une vidéo à la question — déjà périmée — des rapports entre littérature et ordinateur en partant/parlant de Bashō.

Ainsi, bonne raison d'illustrer, une fois n'est pas coutume, cette rubrique à la manière du temps immobile avec un portrait de Bashō par Buson. Oui !..............

........... où je découvre aussi que Bashō signifie “le Bananier”.

10:00 Publié dans Unissons, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 27 septembre 2016

Désunisson

Untung-untung

    27 septembre 2012

Découvrir, tout en écoutant Vinicio Capossela puis le dernier album de Jacques Schwarz-Bart, et en cherchant sur le Web des extraits de la traduction française de The Ground Beneath Her Feet, le site de Quasar. C'était un peu, naguère et même jadis, le sens de la rubrique “Unissons” sur mon blog gris.

 

27 septembre 2016

Levé à pas d'heure, à cause encore d'un moustique, et tourmenté par la pensée du travail en retard — levé pour m'affairer encore à ces histoires de Corée, de Malaisie, de responsables des universités australiennes qui ne m'ont pas envoyé les données dont j'ai besoin. Et pas le temps d'écrire, de prendre le temps.

 

 

06:32 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué, Unissons, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 11 avril 2016

Hovhaness zébré

Untung-untung

    11 avril 2014

Vendredi, c'est matinée Hovhaness, et l'imprimante du bureau 45 se met en mode zèbre.

 

11 avril 2016

Alan Hovhaness a, très entre autres, composé une musique de ballet pour une adaptation de la nouvelle de Faulkner que j'enseigne au premier semestre en L1, soixante-sept symphonies, un poème symphonique pour orchestre et chants de baleines, un concerto pour harmonica dans lequel on peut remplacer l'instrument soliste par un hautbois (opus 114).

« Le zèbre, dans la crevasse, creuse un pavé de ses dents, les amours jaunes. » (2 juin 2006)

Ce matin, j'ai lancé un nettoyage de disque sur l'ordinateur de bureau qu'utilise surtout mon épouse : 2,96 gigaoctets.

08:06 Publié dans MUS, Unissons, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 25 février 2016

Des crapauds aux fers

Untung-untung

 

    25 février 2015

Comme pendant mon enfance, ces semaines de pluie sans discontinuer sur le pays d'Orthe, ici et désormais toujours des journées à voir les barthes s'étendre, les mares se gonfler, et à entendre - la nuit - la polyphonie des crapauds accoucheurs.

 

25 février 2016

Grand soleil toute la matinée à Tours. Là, ça se gâte un peu.

Le meilleur symbole, pour cette nouvelle série de textes (alors que j'ai déjà trop de fers au feu), c'est cette interprétation des neuf variations sur un thème de Paganini de Frank Proto par Marek Romanowski et Natalia Tomecka que j'écoute en ce moment même.

 

14:05 Publié dans Aujourd'automne, MUS, Unissons, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 29 novembre 2015

III:a——{anamor}

Première huitaine, 29 novembre - 6 décembre 2015

 

    D'une oreille peut-être distraite par la bruine revenue, ou par les pages que tourne mon fils cadet dans la chambre voisine, j'écoute ces préludes pour violoncelle et piano de Zoltán Kodály, et pourtant je ne peux m'empêcher de repenser à ce jour bizarre où je me suis lancé dans cette bizarre entreprise, narrer ce tour d'Australie de deux loufoques flanqués d'un plus loufoque encore multimillionnaire. Mais enfin, ça ne ressemble à rien !

Parmi les natifs de Kecskemét — que de footballeurs, de nageuses, d'athlètes et de handballeurs ! — seul un peintre paraît surnager, un dont Galago vit une exposition, à Silkeborg, un jour lointain, il s'était rendu là-bas pour Asger Jorn, bien entendu, et pour l'homme de Tollund, pour Seamus Heaney, bref, pour la frime et la forme, pour l'étroit trait de pinceau qui relie certains êtres aux villes et aux demeures.

(On n'a pas idée, de s'appeler Zsuzsa !)

skull-illusions5-550x542.jpgIstván Orosz pratique habituellement des anamorphoses plus ludiques qu'inquiétantes. Oui, je me rappelle ça...! Tout ira dans le bouquin, un vaste dépotoir, et tout prendra au fin fond, à la toute fin, dans ce tas d'ordures, la forme d'un gigantesque crâne décharné. Un archet, un plasticien, et quoi encore. 

Le 4x4 roule à vive allure.

10:13 Publié dans La 42e Clandestine, MUS, Pong-ping, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 05 décembre 2014

face aux yeux noirs du hibou

    ce soir

 

n'en ai-je pas ma claque

d'écrire ce soir

(je veux dire "d'écrire "ce soir"")

et donc dans un fruste

document .txt avec un tout aussi fruste

netbook pas de guillemets appropriés

 

ce soir

j'écoute

face aux yeux noirs du hibou

qui me fixent de côté

face à la brûlure du mélèze

dont le cerne s'étend

à mes tempes

face au lampadaire de bois

dont les étoiles brunes figent 

la mouvante constellation

face à ce que j'hallucine

sans me retourner (derrière

moi d'autres lattes

dessinent d'autres figures

comme dans un carnet de croquis)

j'écoute

 

la quatrième symphonie

de ce compositeur romantique allemand

dont je découvre l'existence

(il a eu pour disciples

rien moins que Grieg Fibich ou Albéniz

pour ne rien dire de

mon cher Čiurlionis

avec son caron décisoire)

et dont je pourrai peut-être

un autre soir

 

n'en ai-je pas assez

balayant les moutons sous un sommier taché

d'écrire un autre soir

 

découvrir les quintettes

le sextuor les quatuors

(n'en ai-je pas assez de noter

que beaucoup n'ont

composé qu'un seul sextuor

souvent des flopées de trios

de pleines brassées de quatuors

mais un seul sextuor)

son beau nom imprimé au fronton des portées

balayant l'amertume en de robustes songes

 

ce soir

fruste moi-même et si robuste

qu'un croquis

un seul trait de plume

me coucherait

 

d'un rien je fais

ma provende

artères et mélèzes comme dans Volodine

immortalité maladive aussi dans Volodine

prétextes cryptes et ténèbres

ta volonté de fer comme dans Volodine

tu fais d'un vaurien ton récit

provende à narrer

la folie

 

l'allemand qui n'a pas creusé

cette racine

en haut du mât 

sur un vaisseau

où craille sur cinq hectares

onze siècles

un corbeau

où croasse où craillait

un corbeau comme dans

Volodine Salomon

 

le navire va d'avant d'artimon de galère

plaines à tous vents nucléaires

taïgas qu'on prend dans la figure

longs interminables rails

longues immortelles nucléaires vies comme

dans Volodine un long

cauchemar déployé en craillements

noirs

froids

de brûler à tout crin

 

j'écoute ce soir la quatrième symphonie

avec les chapitres 36 37 et quoi encore

à tout crin

nucléaire brûlé

 

en invoquant dans l'incantation

furieuse comme dans

V.

les noms

Anton Bon & John Chilembwe

Karl Domizlaff & Nora Exner

Jean-Henri Fabre & Rémy de Gourmont

Thomas Herbst & Clara Immerwahr

Miško Jovanović & Knud Knudsen

Francesco Lojacono & Albert Malherbe

Franz Xaver Neruda & Ramalho Ortigão 

Haxhi Qamili & Felix Poppenberg

Upendrakishore Raychaudhuri & Scipio Slataper

Marius Thé & Ernst Ule

Salvador Viniegra & Samuel Witherspoon

Alois Alzheimer & Orestes Araújo

Oreste Zamor & bien sûr Þorgils Gjallandi

 

Ce sont de beaux noms,

mais ce ne sont pas les bons

comme

dans

Volodine

 

aussi ce soir j'écoute

après la symphonie

le quatuor avec piano

ni dans les steppes ni dans les

mélèzes balayés de vent

ni face aux yeux du hibou qui

ne craille pas ni de l'autre

côté des artères ni nucléaire

j'écoute

 

22:05 Publié dans Les Murmures de Morminal, MUS, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 27 novembre 2014

Machine avant

    Au moment où je lisais hier, dans le tramway, presque au hasard, diverses entrées de l’abécédaire de François Bon, Fragments du dedans, et notamment MACHINE, qui m’a rappelé Mécanique (comme l’article BOIS, avec son allusion curieuse à Bergounioux (Bergounioux ne sculpte-t-il pas seulement le métal ?), m’a remis en mémoire les pages du Carnet de notes 2001-2010 retrouvées avant la Toussaint), le déclic s’est fait, et j’ai mieux compris – ou, en tout cas, un peu compris – ce qui se joue dans le petit livre de Suzanne Doppelt, Amusements de mécanique : pratiques du regard, techniques d’écriture, travail de listes objectales subjectives

il fait jour et nuit, on peut voir en même temps des choses claires et obscures, c’est un jeu composé qui découpe des bandes, le relief change plusieurs fois et les coins s’enfoncent dans une grande variété de noir, de jais, d’ivoire ou de fumée d’où il songe à tirer quelques lumières

(Amusements de mécanique, P.O.L., 2014, s.p.)

 

Plus que la pratique de l’écriture, c’est la démultiplication du regard (aussi dans la photographie numérique, mille fois par jour si cela se tente) qu’aura libéré la possibilité de publier en direct, de partager, d’échanger, d’étoiler à contre-courant, à l’envers. Et ce fragment du dernier Doppelt (elle avec son nom de cage de résonance, on n’est pas loin des effets Doppler, de l’échographie qui fait pendant à la photographie (j’ai appris, en le lisant là, que François Bon avait un homonyme champion de kite-surfing)), en le lisant, en le recopiant ici, j’entends la voix de François, plutôt, récitant ou déclamant, le violon de Pifarély et le sax baryton de Corneloup dans les interstices — et sous les mots.

 

一路平安 

— Et pas un trajet, j'espère —

09:37 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 01 novembre 2014

Gravity, sans l'arc-en-ciel

    On m'annonce imminemment un film avec Clooney et tourné par un mec qui a fait Harry Potter. L'horreur, quoi. À regretter les Landes, ses Hitchcock Keaton Scorsese, Molière et Beaumarchais. Oui, je suis un vieux con moderne.

20:20 Publié dans Afauxrismes, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 11 juin 2013

entends............

entends toujours 

dans le vent de tes songeries 

le coassement 

glaireux des grenouilles


le raffût des merles 

le labrador 

angoissé

11:17 Publié dans Les Murmures de Morminal, MAS, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 09 avril 2013

Serpent-lune

Détail, Francesco Marmitta. "La Vierge et l'Enfant entourés de saint Benoît et de saint Quentin, et de deux anges", circa 1500-1505. Musée du Louvre, Paris, 18 octobre 2009.

 

    dans ce purin d'idéaux

beauté des formes Caducées Un songe de terrible ardeur

terreur aux brisants de la mode

un détail au fond des paupières

nous oublie

au revoir

pour jamais

21:33 Publié dans Brille de mille yeux, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 03 avril 2013

Schmidt/Schmitt

    Le jour même où Valérie me recommandait la lecture d'Arno Schmidt – autour de qui je tourne depuis plusieurs années, comme ça, de loin –, j'avais emprunté, à la médiathèque, un enregistrement du quintette avec piano de Florent Schmitt, que j'écoute en ce moment pour la troisième fois : de magnifiques moments, une tonalité globalement languissante. Après tout, pourquoi faudrait-il que languissant soit nécessairement péjoratif ? N'aime-t-on pas Verlaine ?

À mon étonnement, la bibliothèque universitaire possède plusieurs ouvrages d'Arno Schmidt en traduction, aucun en allemand. Au moment où la Présidence décide de couper un peu plus le robinet, en tranchant le cou des études d'allemand, cela me semble être un symbole frappant, y compris de l'absence totale d'engagement des collègues germanistes depuis plusieurs années. Comme par hasard, ceux qui n'ont jamais fait acheter de livres d'Arno Schmidt en allemand (ce qui témoigne, je suis bien placé pour le savoir, d'une absence de travail avec les conservateurs) sont ceux qui ne passent à Tours que quelques heures par semaine, ne viennent jamais informer les lycéens sur leurs Licences dans les Salons et Journées Portes Ouvertes... et dont les effectifs sont tombés si bas que leur Licence n'ouvrira plus. Faut-il s'en étonner ?

08:58 Publié dans MUS, Narines enfarinées, Unissons | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 05 mars 2013

Note tenue

    « Sometimes Lewis himself turned cook, and made a suet dumpling for every man. More frequently he was off to the hills with Clark, taking a look at the country. Nor was Sacajawea idle. With her baby on her back, she opened the nests of prairie mice, and brought home artichokes. Sometimes she brought sprouts of wild onion for the broth, or the pommie blanche, the peppery Indian turnip. » (Eva Emery Dye - The Conquest, p. 209)

 

Tout de même, c'est au moment précis où je cherchais à saisir les moindres nuances de l'accent traînant et emprunté du vice-roi qu'un émigré, un pâtre grec, un métèque, allez savoir, me tendit son regard farouche, pas du tout implorant, et lança vers le ciel des imprécations, ainsi qu'un brouet de paroles qui recouvrit intégralement les chantonnements monocordes (le vice-roi poursuivait ses molles incartades) et dessina devant moi, assez brusquement, la figure d'une jeune fille en bottes, un fouet noir à la main.

21:07 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 17 janvier 2013

Le Fouzy-Yama vu des roseaux

    Approchez-vous, il ne se passe plus rien. Ni écriture, ni émotion, nous avons lâché les rênes. C’est comme en haut d’une impériale, ou dans une calèche. Je pose un doigt sur vos lèvres – vos joues sales, vous êtes belle. À chaque fois qu’un nuage traverse le ciel, je revois les rides sur le bon visage de mon arrière-grand-mère. Approchez.

Bernard van den Sigtenhorst-Meyer, Daniel Gardiole

08:55 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II, MUS, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 10 janvier 2013

Salamandre, camarade !

9 janvier, 9 h 30

D’un coup d’œil expressif il désigna à son camarade

la carte de France par Vidal-Lablache appendue au mur.

 

    Fendillement dans le mur, près du vieux radiateur. Je regarde cette lézarde. — Combien de pages noircies déjà depuis l'enfance, frayeur vertige. Ici, j'écris à la main, et après je ne recopie pas. Flemme, inappétence, ou quelles stupides craintes ? Pendant la séance d'éveil musical d'Oméga, petit intervalle de ¾ d'heure dans la matinée, et qui m'a servi souvent, à l'automne, à ébaucher quelques traductions, je veux tracer les grandes lignes de mon emploi du temps hebdomadaire pour ce premier semestre de 2013.

De la lézarde ne sort aucune flamme. Ce n'est pas une salamandre.

 

19:00 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 09 janvier 2013

Liqueur d'ON

    Les Sonates de Bach par Gould et Laredo. Hésiter plus de dix secondes avant de ranger Robin Eubanks entre E.S.T. et le coffret Bill Evans. La 30ème de Beethoven par Brendel. On n'est pas original en ce début d'année. Consulter pour sénilité, il est sans doute trop tôt, même si j'ai dû me faire un pense-bête “poisson oseille et riz” hier soir, et malgré la confection complexe de mon propre emploi du temps d'écriture pour ce semestre (mercredi). Emil Orlik n'ouvrira pas la voie, name-dropping or not.

11:42 Publié dans MOTS, Onagre 87, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 12 mai 2012

Cabourg

powell_1605542c.jpgCobb was making notes in a little book.  Marinko gazed out of the window, overcome with Slav melancholy, or, more specifically — being of the party that supported the Resistance groups of Mihcilovic — dejection at the course British policy appeared to be taking in that connexion.

"Just spell out the name of that place we stopped over last night, Major Jenkins," said Cobb.

"C-A-B-O-U-R-G, Sir."

As I uttered the last letter, scales fell from my eyes. Everything was transformed. It all came back-like the tea-soaked madeleine itself — in a torrent of memory ... Cabourg ... We had just driven out of Cabourg ... out of Proust's Balbec.  Only a few minutes before, I had been standing on the esplanade along which, wearing her polo cap and accompanied by the little band of girls he had supposed the mistresses of professional bicyclists, Albertine had strolled into Marcel's life. Through the high windows of the Grand Hotel's dining room — conveying for those without the sensation of staring into an aquarium — was to be seen Saint-Loup, at the same table Bloch, mendaciously claiming acquaintance with the Swanns. A little further along the promenade was the Casino, its walls still displaying tattered play-bills, just like the one Charlus, wearing his black straw hat, had pretended to examine, after an attempt at long range to assess the Narrator's physical attractions and possibilities. Here Elstir had painted; Prince Odoacer played golf. Where was the little railway line that had carried them all to the Verdurins' villa? Perhaps it ran in another direction to that we were taking; more probably it was no more.

(The Military Philosophers, p. 167)

15:40 Publié dans Brille de mille yeux, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 10 mai 2012

Gored / go red / ergo

 

gored.jpg


    ‘Go red?’

 

I had not the least idea what he meant. It seemed possible he might have returned to the subject of sexual habits, planning something in that line embarrassing even to himself.

 

‘Become a full colonel.’

 

He snapped the words out. Failure to recognize a colloquialism had irritated him. The phrase was peculiar to himself.

(The Military Philosophers, p. 116)

 

15:20 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 09 mai 2012

Toute une cuisine

 

teniers2.jpg


    “On the whole, a march-past of Belgian troops summoned up the Middle Ages or the Renaissance, emaciated, Memling-like men-at-arms on their way to supervise the Crucifixion or some lesser martyrdom, while beside them tramped the clowns of Teniers or Brouwer, round rubicond countenances, haled away from carousing to be mustered in the ranks. These latter types were even more to be associated with the Netherlands contingent — obviously a hard and fast line was not to be drawn between these Low Country peoples—Colonel Van der Voort himself an almost perfect example. Van der Voort's features seemed to have parted company completely from Walloon admixtures— if, indeed, it was Walloon blood that produced those mediaeval faces.”

(In The Military Philosophers, 88-9)

 

15:00 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 29 mars 2012

« Moite sous la chaleur »

    « Les enfants donnent la main à leurs pères. Quelques femmes voilées frôlent des adolescentes qui préfèrent le jean à la robe. Des hommes accroupis bavardent à l’ombre d’une porte. Si j’osais, je m’assiérais à côté d’eux, moite sous la chaleur, les yeux mi-clos, pour m’intégrer à ce fragment de monde tranquille. Pas si tranquille que ça… » (Christian Giudicelli. Tunisie, saison nouvelle. Gallimard, 2012, p. 51)

 

Recopiant ces quelques phrases, toujours dans le désir de ne pas ranger un livre lu sans en avoir extrait quelque pépite m’ayant frappé à la lecture, et découvrant l’album du quintette d’Albert Mangelsdorff enregistré en 1963, réédité en 1993 et découvert par moi au hasard du butinage webmatique, je veux noter à la hâte les premières impressions à l’écoute de « Club Trois », la composition de (l’immense – j’ai plusieurs disques de lui) Heinz Sauer :

* cela n’a pas pris une ride, c’est du très grand jazz

* est-ce parce que je suis plongé dans Tunisie, saison nouvelle que j’entends des échos d’A Night in Tunisia puis de Caravan ?

* le solo de trombone de Mangelsdorff est à se pâmer (se damner ? è se dâmer, se pamner)

 

Dans les notes de pochette qu’il avait greffées à l’album en 1963, le tromboniste et leader écrivait ceci :

“What most American jazz men object to Europeans is their lack of originality. If you play as many festivals as I do, and if for two successive evenings you listen to twenty musicians trying to play like John Coltrane, you begin to understand this criticism.”

 

Or, Mangelsdorff, ici comme sur d’autres morceaux plus tardifs que je connais de lui, swingue comme un malade, et sans jamais, de fait, imiter (ni sonner comme) Kai Winding ou J.J. Johnson, qui pourraient passer pour ses plus évidents modèles américains. (Il fut question de mimicry et des Mimic Men de Naipaul lors du dernier séminaire de master, lundi, ce qui peut relancer vers la mômerie, le modelé sans émulation, l’imitation sans émancipation – toutes choses au cœur, stylistiquement, d’une phrase de Joyce.)

Il me plaît aussi (pour en revenir au sujet précédent et ne pas toujours tirer à hue) que le patronyme du tromboniste puisse se traduire, à condition de faire, comme sur la photographie de couverture de l’album du quintette, sauter le deuxième f final, par « village de la lacune » (« le hameau du manque » ?). En effet, l’art si beau, si difficile, du trombone, me semble toujours lié à un travail adverse, à tirer un swing magnifique d’un instrument qui ne se donne pas, qui regimbe. Coulisser et le coulé du phrasé, rien d’évident. Il faut écouter « Set ‘em up », le troisième titre, pour entendre de près, avec joie et terreur, ce combat avec l’ange.

09:41 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué, Knobs & thorns, MUS, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 28 mars 2012

Switch Blade

L'étude de la neige humaine doit révéler à la fois la force d'entraînement de l'avalanche et la délicatesse irréductible du flocon.

(Ivan Jablonka. Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus. Seuil, 2012, p. 95)



Je ne dénie pas le rôle des historiens ni l'importance de l'analyse des documents, je dis que sans regard, sans connivence, ils ne sont rien.

(Jean Frémon. Rue du Regard. P.O.L., 2012, p. 210.)

14:14 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 20 mars 2012

Schade(n)freude

    Winter song d’Alban Darche, avec le RTQ String Quartet. ╬ C’est compliqué puisque je lis l’églogue hivernale le 1er jour du printemps avec, en tête, « Même en hiver » d’Annegarn. Hier, j’ai simplifié en traduisant spring chicken par poulet. Et aujourd’hui aussi, plein de chansons de Bo Diddley me reviennent. ↔ Hasard ou pas, je retombe, en remontant un fil imprévu, ce texte, dans lequel le nom de Bo Diddley m’avait servi de sortie de secours. Tout de même, ces sites sont une durable dinguerie. Et je me doute que, dans ¾ des navigateurs, les signes (flèches et autres ╕) dont je ponctue les nouveaux textes passent par pertes et profits, se muent en autre chose, sibyllines mochetés. ←Tant pis→. La Suite hongroise m’entraîne, alors, cette fois-ci, tant pis pour la dinguerie, et la guitare bricolée, et nos gueulades d’ivrognes sous le soleil printanier qui a des teintes d’automne. Ce n’est jamais, tant pis, ce n’est jamais simple, tant pis, ce n’est, tant pis, rien, l’hésitation, printemps et automne tant pis. └ Le terme teintes est factice, idiot, pure affèterie : le soleil printanier sent l’automne, fait penser aux arrière-saisons ┘ et tant pis si le prunier cherche à me contredire avec ses bourgeons, il y a bien des nèfles pourries plein le jardin, encore, tant pis ∙ tant pis.

13:56 Publié dans 1295, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 20 juin 2011

Hypochristmutreefuzz (version 468/553)

    Nada pour personne, qu’à aucun moment les badauds ne s’arrêtent pour me bader. C’est Kneebus, en fait, enfin. Pour la forme, et pour la bonne poire. Sans hésitation, mais sans histoires. Le pluriel ne vaut rien à l’homme. Toujours le non t’emporte. Toujours on t’emporte. Toujours le nON lance des semONces. Négatif. Pas une Once.

Alors, juste un soupçon de comédie musicale (westsidestory pourlesnuls), la langue d’ONly RevolutiONs et sa structure, des échanges accordés qui rendraient muettes même les Parques. (C’est encore la rue Colbert qui frappe.)

11:50 Publié dans Onagre 87, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 14 juin 2011

Herdentrieb und Hospitalismus

 

    D’aucune manière la danse

À peine lancée à la face du monde

n’a peur

Et nous, sinueux, sommes d’autres fantômes.

(S'en vont nuages faims regards.) Nous allons en zigzag

chaloupant nos envies nos aventures nos

cauchemars pour rien d’étonnant. Mais la route

est longue, avec ses

glissières, embardées, pertes de sang

Dans les virgules. Pertes d’accent dans le

déhanchement.

11:44 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II, J'Aurai Zig-Zagué, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 19 mars 2008

Rams/es/ey

    En cherchant dans la Britannica de 1975 de plus amples renseignements sur les différents pharaons du nom de Ramsès (et notamment les II et III), je me suis perdu dans la contemplation (abstraite) des nombres de Ramsey, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Par ailleurs, que le calcul des probabilités puisse reposer sur une subjectivité axomiatisable, cela m’estomaque et m’émerveille. Dans son passionnant livre de vulgarisation arithmétique, David Wells se garde bien d’aborder cette question aussi épineuse que palpitante (ou palpitante because épineuse).

----- Talking of which, je n’ai pas le moindre argument à avancer afin d’expliquer pourquoi je préfère la Musique pour Cordes, Percussion et Célesta de Bartok (Sz. 106) dans la version de Levine, alors que celle de Boulez me laisse de marbre (ou de glace). Ça ne se calcule pas, qui sait.

Le (jeune) chef italien Carlo Tenan, dont on trouve l’interprétation intégrale (mais en quatre vidéos distinctes) sur youTube, a le mérite de proposer une lecture vraiment tranquille, apaisée, de l’Andante tranquillo, un peu inquiet encore dans la version Levine.

Il paraît que Rafael Kubelik mérite le détour, aussi.

 

Cela nous a quelque peu éloigné du théorème de Ramsey, auquel, est-il besoin de le préciser, je ne comprenais à peu près rien…

10:40 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, ramsey, bartok, mathématiques

lundi, 25 février 2008

Pique, trèfle, ardoise

    La maison du couvreur-zingueur au nom si commun – Martin, le patronyme le plus courant en France, me suis-je laissé dire (encore que les diverses variantes orthographiques Gautier, Gauthier, Gaultier, Gautié etc. cumulent, paraît-il, plus de citoyens que le simple et uniforme Martin) – est assez belle, et amusante, avec les couleurs des jeux de carte qui ornent la toiture (cœur, carreau, pique, trèfle).

 

"Maison du zingueur", 50, rue du Pas Notre-Dame (détail de la toiture) « Un joueur de congas – le pire de tous, c’est Sam – s’est subrepticement glissé dans le quartette de Coltrane. »

 

Ce qui surtout gâche cette maison sise au 50, rue du Pas Notre-Dame, c’est sa situation, justement : la rue est laide, ordinaire, a plain street, avec panneaux d’affichage publicitaire, résidences hideuses, passages pour piétons. Ses alentours sont au-delà du quelconque : avec un grand jardin, quelques arbres pour la séparer de la rue, elle aurait plus d’allure.

 

« Quand j’étais malade, je passais des heures à faire des mosaïques Ministeck, mais au lit, ça n’est guère commode. »

 

03:30 Publié dans Brille de mille yeux, Pêle-mêle, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ligérienne, art, photographie, écriture, fiction

mardi, 05 février 2008

L’Airone Unità nera

    Au premier feu rouge, sur la rue Nationale, j’ai lu les trois premières phrases du Héron. Au feu suivant, juste avant le pont Wilson, quatre phrases entières, et même le début du paragraphe suivant. Sur la table où j’écris sont posés les deux livres achetés aux Amours jaunes sur le coup de midi, deux cartes longilignes « Le Poste Livre » (je n’utilise jamais ces mochetés conventionnelles quand j’expédie des livres à des amis), et une petite assiette ave un kiwi, deux clémentines et une orange.

Le temps de garer la voiture dans la rue, en face de la maison, j’étais parvenu à la « silhouette voûtée et emmitouflée » du concierge, Romeo Manzoli. Avant de déjeuner de fruits, j’ai recommencé à écouter Black Unity, par l’octette de Pharoah Sanders, monument entre les merveilles de l’ère free. Déjà deux écoutes, hier soir et ce matin, et je ne cesse – par delà les riches harmoniques du trio cuivré – d’être stupéfait en suivant la ligne des deux contrebasses.

Ce qui m’a donné envie de réentendre cet album mythique, c’est une conversation que j’ai eue samedi soir avec Jean-Pierre Saint-Lau.

Nous avons évoqué Braxton, dont son fils venait d’acheter For Alto (le classique du Maître), puis Ayler et Sanders, avant que je ne lui fasse – brièvement – écouter l’ouverture de Black Vomit, album cosigné par Braxton et Wolf Eyes. Il se trouve que le titre, Black Vomit, aurait été inspiré, à en croire certaines sources, par un critique qui avait dézingué Black Unity en ces termes : « Mr Sanders may well be fighting for unity, yet his efforts so far have only produced black vomit ».

Voilà ce qui fait que votre fille est muette !

(Et le héron aussi.)

13:57 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué, Unissons | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Jazz, Littérature, Musique

mercredi, 09 janvier 2008

La mort à la noce

[ 29.12.2007.

    Vers six heures du soir, j’ai lu, dans un recueil d’archives du magazine Paris Match que je feuilletais car il se trouve dans la chambre de mon fils cadet, une rubrique nécrologique consacrée au décès de Boris Vian, dont j’ai appris à cette occasion qu’il était mort pendant la première projection d’une adaptation cinématographique d’un de ses romans. L’une des illustrations était une photographie en noir et blanc représentant Vian et d’autres germanopratins – dont Juliette Greco – « dans le style du Douanier Rousseau ». Je n’avais pas le tableau du Douanier en tête, mais quelques minutes plus tard, mon fils cadet couché pour sa troisième sieste, je feuilletais au salon un volume un peu didactique consacré aux « chefs-d’œuvre de l’histoire de la peinture » (or some such title) afin d’y trouver quelques informations sur Maurice Utrillo. Que le volume s’ouvrît à la page où figure la seule reproduction du Douanier Rousseau du volume, cette Noce justement mimée dans la photographie, c’était inévitable – de même que l’ajout du circonflexe au-dessus du i d’ouvrit quand je me suis aperçu qu’aucune apodose ne pourrait me venir après une telle protase à l’indicatif.

Dans ce même recueil d’archives de Paris Match, j’ai appris qu’Albert Camus était mort le 4 janvier 1960, date qui ne m’avait pas autrement frappée auparavant, et qu’on avait trouvé, dans la poche de son pardessus, un billet de train inutilisé. L’auteur (anonyme) de la notice nécrologique évoque un « détail stupide pour ce maître de l’absurde », alors que c’est là, au contraire – à supposer que ce détail ne soit pas un « effet de légende », comme l'écrivit un autre A. – , une illustration excellente de l’absurde selon Albert Camus lui-même.

Bref, ces feuilletages, pour ineptes qu’ils soient, donnent à réfléchir, et matière à la rubrique Unissons (sans circonflexe).

11:12 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Art

lundi, 07 janvier 2008

Cages d’ambre

[ 3 janvier 2008 ]

    En lisant les poèmes de Vincent O’ Sullivan, je bute sur les mots cadging et camber, que je me promets de vérifier une fois rentré à la maison. « C’est aux mots de vous chercher, à eux de vous trouver. On doit pouvoir dire de n’importe laquelle de vos phrases : „C’est son père tout craché.“ Un écrivain doit avoir sa propre longueur d’onde. » (Venises)

J’aime bien mettre des guillemets allemands à l’intérieur d’une citation de Paul Morand. En outre, il m’agace, avec son style sec coupé, ses cascades de points-virgules et sa mythomanie à la Cendrars (« Brancusi nous y cuisait des beefsteaks », p. 31). Ces pages me rappellent aussi qu’il faudra vérifier l’authenticité de la prétendue dernière phrase de Wilde, dans son galetas miteux : either this wallpaper goes or I do.

Paris est meublé de cimetières, et pourtant c’est à Caen que tout le monde semble s’ennuyer à mourir, de nos amis archéologues à Morand lui-même (au service, il faut dire). « J’étais un très vieux monsieur, un peu madérisé, ravi de l’être. » (p. 51)         /       Pour ma fête, ma mère m’offre Imafa – les fripes folles d’Europe centrale.

« ... les mères occupées par l’interminable / métier de materner... » (O’ Sullivan. ‘Travel bug’ [La bougeotte])

16:32 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, écriture, Ligérienne

lundi, 29 octobre 2007

Des maquiladoras aux caqueteuses

    C'est tout moi... j'écoute Maquiladora par le Dave Douglas Tiny Bell Trio, alors je vais du côté de l'Oxford English Dictionary (d'habitude, je dis ou écris OED mais je ne voudrais pas paraître trop snob ou étroitement "professionnel" donc je fais un effort extrême, admirez !) consulter l'entrée maquiladora, qui, de proche en proche, m'amène à butiner jusqu'à ces citations inattendues où se trouve, en français dans le texte, le mot maquereau, dans son seul sens métaphorique une fois emprunté à notre langue piscivore. Alors, je découvre un roman dont je n'avais pas entendu parler, Hemingway's Suitcase, et glane, sur le site américain de la fière Amazone, un jugement (très) critique où se trouve la phrase suivante

The second tier of status in any pecking-order will be snobbier than the top tier.

  

 qui correspond aussi à mes observations, et que je suis bien embarrassé pour traduire. Première approximation : "les seconds couteaux sont toujours plus élitistes que les génies". (Mais on en perd, du sens, ici...)

17:55 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1)

lundi, 08 octobre 2007

Envers du sac mat (ivres 1279/1547)

    Sneaky. J’ai beau regarder les ballets de Gallotta et relire inlassablement toujours le même article sur Fatos Kongoli alors que je n’ai jamais lu ni même ouvert le moindre livre de Fatos Kongoli mais parce que le journal est ouvert à cette page dans les toilettes, je sais que je m’effile, complote dans les coulisses. Dude. Mon pote t’es trop taré, dit-on à Lebowski (mais ça sonne faux). Oatmeal. Elle s’étouffa à ouïr cette nouvelle effarante, le menton collé contre l’avoine et les mèches pleines de lait éclaboussé. Three Day Sucker. Dans ce jeu de dupes, si je tire les ficelles, on m’enverra bon pour le service, à faire crisser la gratte dans ces sous-sols fusionnels où s’étire l’âme charnelle, prise entre les bas-fonds de Tirana – que je ne connais pas même de Fatos Kongoli –, les chorégraphies tentaculaires de Gallotta – que je matai quelque temps dans la lucarne – et mon pote le gitan qui me tenait la jambe avec sa clarinette déglinguée. Greasy spoon. Ce n’est qu’après avoir déplacé le cadavre de la mère que l’inspecteur remarqua la cuillère grasse de beurre. Whose bag is it. La question allait de soi, pensa l’inspecteur. First kiss. Je me faufile en rasant les murs, je guette et jette de tous côtés le regard, jusqu’à voir ces deux enfants de dix ans, pas plus, qui se roulent, très plaisamment, une pelle. Pick up. À l’arrière, je reprends pile là où je m’étais arrêté : je me faufile en rasant les murs, je manigance dans les coulisses où deux vieillards, expertement, avec l’ardeur des nouveau-nés, se roulent une pelle.

15:15 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Fiction, écriture, Littérature

samedi, 29 septembre 2007

Dès qu'Adam...

    Dès qu'Adam attaque le scherzo de la Sonate n° 2 opus 35 de Chopin, Marius Tincu aplatit dans l'en-but des Blacks. Joie sauvage, et ferveur sous le clavier. Plus tard encore, ça se gâte. Tout de noir vêtus, quelques gentlemen portent un cercueil.

13:39 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Musique, Rugby, écriture

mercredi, 29 août 2007

Point d’ironie

    La puissance qui émane de l’Étude sur les masques n’est pas si différente du vibrato langoureux de Roland Kirk, dans l’album Now Please Don’t You Cry Beautiful Edith. On ne peut s’aveugler, sur la seule foi d’une coïncidence chronologique ou temporelle, mais il faut, au contraire, entendre, sous les quatre instruments joués simultanément, la déprise vocale dont est victime Svortsov, ventriloque malgré lui, polyphone par aliénation, et voir, sous les lunettes noires du grand Rahsaan, les mille et cent masques de César « le masquier ». Qui a dit qu’il faudrait inventer une notation, un signe de ponctuation nouveau afin de signaler toute formulation ironique à l’attention des lecteurs ? Un imbécile. Point d’ironie s’il y a un point d’ironie. Plus d’ironie du tout. Quoi. César fragmente ses phrases, les coupe au mauvais endroit, ou marque trop de pauses. (La question de l’intonation n’a aucun sens : les vrais ironistes ne laissent aucunement deviner le sens de leurs propos par un ton ironique. Le « ton ironique » n’est pas un non-sens, mais un oxymore. Où l’on en revient à la polytonie de Rahsaan, dans “Blue Rol”, par exemple.) Et je ne veux pas t’entendre. Rouscailler.

 

[21 juillet.]

 

14:25 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, Littérature

mercredi, 15 août 2007

Fables de feu

    Fire Waltz, par le quintette de Dolphy. (16 juillet 1961). Il s’agit d’une de mes compositions favorites de Mal Waldron, et, comme je suis persuadé d’en détenir un enregistrement de Waldron en duo avec Steve Lacy, je cherche frénétiquement dans ma discothèque. Rien, évidemment, même de proche en proche, de clarinettiste en clarinettiste. Ai-je aussi été induit en erreur par les nombreux vinyls écoutés, fin juillet, dans la maison de Chalosse ?

Resterait à clore par un détour côté Mingus, dont j’ai fait mon miel (Fables of Faubus, plus que jamais), au point de rapporter, de Chalosse toujours, six CD de Mingus, qu’il serait temps que je connaisse mieux, avec ce bail qu’on se fréquente, lui et moi.

L’autre jour, baigné d’une lumière pluvieuse, nageant en plein bonheur, je me disais qu’Archie Shepp ni Jimmy Giuffre n’ont joué la valse du feu ou ces fables-là, mais que j’aurais, moi, donné beaucoup pour avoir composé l’un et l’autre de ces hauts morceaux (et savoir les bricoler différemment).

[14 août.]

01:30 Publié dans Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué, MUS, Pêle-mêle, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, Musique

mardi, 03 juillet 2007

Finasseries

    Je sais parfaitement que, dès que j’aurai pu m’extirper de mon travail et aussi de cet ordinateur, je pourrai, le soleil enfin venu, me consacrer à des questions de la plus extrême importance – comme : « Comment se fait-il que, dans un roman anglais que je lis, il y ait une Eustacia, et que, dans l’autre roman que je lis, il y ait un Euclides et une Anastacia ? »

Éléments de réponse : 1. unissons 2. coïncidences 3. paréchèmes 4. une lettre seule sépare l’angolais de l’anglais.

 

(Il y a, depuis toujours mais plus encore depuis peu, trop de chantiers en cours.)

18:30 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

Tout ce qui me tombait sous la main

    1er juillet toujours. J’ai laissé mûrir en moi ces moments. Dans la chambre jaune, au hasard des bercements, je lus tantôt les vingt premières pages d’Acide, Arc-en-ciel, tantôt quelques chapitres de Till Eulenspiegel, tantôt encore des lettres de Thomas Gray ou des poèmes de Dana Gioia. Dans la chambre jaune, une frise de verdure me tenait compagnie. J’ai repensé aujourd’hui au premier texte que j’ai connu de Monénembo, Pelourinho, car le dernier Agualusa s’en rapproche, pour la collusion mi-mythique mi-historique entre Afrique et Brésil. Pourquoi le Brésil ? n’est-ce pas un titre de la meuf à Doc Gynéco ? Tout ça est loin déjà : Pelourinho, en 1995 je crois. De l’eau a coulé sous les ponts, et bien des pèlerins se sont usé les semelles près des chapelles et des calvaires, moqués par le Christ en croix. Oui, tout ce qui me tombait sous la main.

14:10 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature, Journal, écriture

dimanche, 29 avril 2007

Magnificat (Hommage au kazoo)

    Le mois bientôt sera clos, qu’on s’y fasse. Mais enfin les deux coexistent ! Le soir même du jour où j’ai lu la page de L’Amour l’Automne où il est question de l’affirmation de Pesson selon laquelle « septuor est l’anagramme de Proust au subjonctif » (p. 408), je regardai Le Temps retrouvé de Raul Ruiz, que je n’avais pas vu, en son temps. Ici Marcel enfant filme Marcel adulte (tout est inversé). Dans J.R.G. il y a l’initiale de Gabriel, prénom caché de Renaud Camus , signe de l’archange, arc bandé, statuaire sans fin, mais aussi le clin d’œil à Le Clézio et à Godard. Marcel est Marcel Proust (tout est aplati) ; du grand n’importe quoi. Dans cet Antoine-là, il y a le jardin aux carpes mais surtout l’amour avec Auguste (au printemps estival de la vie). Je ne mange pas de ce pain-là. Puisqu’on vous dit que Fall in Love c’est l’automne en amour et non pas tomber amoureux ! Pesson, vous le savez, est sans espoir (anglais latin de la Princesse Palatine). Quel dommage qu’il n’y ait pas de page 804 pour greffer encore l’un de ces 173 textes de 937 signes (émois : noirs morts à Rüggen). Gros pré danse, grand-père S.O.S. ! grand os perse, gardon pressé, perd sans ogre, grès rond sapé, gré nord passé, Sponde regras. Mais cela ferait un 174ème texte qui ficherait tout par terre, enfin !

10:20 Publié dans 1295, Fall in Love, Unissons | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, écriture, Musique, Polices

vendredi, 20 avril 2007

Silexpectatives / Progrès en pensée assez lents

Vendredi 13, onze heures du soir (puis par bribes de ci de là)

 

    La nage entre deux univers, et même entre de multiples. Après lecture des trois premiers chapitres de L’expectative de Damian Tabarovsky, jeudi 12 avril, s’être retrouvé avec L’Amour l’Automne (Travers III), acheté au Livre, vers une heure et demie vendredi 13. En avoir lu quelque 70 pages dans la foulée, bien sûr. Le soir, au concert, dans le sixième chapitre de L’expectative, être tombé sur ça :

Il prend une brochure, la lit : Ushuaïa, la ville du cul du monde. (L’expectative, p. 73)

 

qui rappelle ça, quelques heures plus tôt :

Moi, dit Carlos, je viens d’une ville du sud du pays : quand on est là on a l’impression que c’est le cul du monde. Eh bien en effet, quand je suis arrivé à Paris, on me demandait d’où j’étais, je disais Lanus, tout le monde était plié en deux. (L’Amour l’Automne, p. 72)

 

J’ai noté plusieurs autres collusions entre les deux textes, mais il me semble que, dans l’extrait de Renaud Camus on pourrait aussi observer d’autres significations à l’œuvre : ainsi, la phrase citée date de 1976 mais, recomposée pour figurer dans l’églogue publiée cette année, pourrait tout aussi bien s’appliquer à Plieux, où Renaud Camus s’est installé en 1992 et qui est, d’un certain point de vue, et comme il le suggère notamment dans les premières pages du Département du Gers, une forme de « trou du cul du monde ». Or, en réduisant l’expression plié en deux à ses trois premières et ses trois dernières lettres (comme au jeu des papiers pliés), qu’obtient-on ? Plieux, justement.

Ce sont éclats de silex, exils entre les pages, propos taclés de main de maître. Un clavecin même nous amuse. (La main d’un maître anime etc. ?)

 

Sinon/ d’ailleurs/ entre autres choses, je ne suis pas sûr de saisir ce que l’on trouve de si fort ou de si déroutant à ce texte de Damian Tabarovsky. Le chapitre sur l’absence de morts visibles, de sang, lors des attentats du 11 septembre est franchement plat ; la manière même de plaquer l’effondrement des Tours jumelles dans le monologue intérieur de Jonathan est complaisante.

Le reste du récit exploite le filon des textes où l’on suit les méandres d’une pensée qui se cherche : Jonathan, pensant beaucoup, puis de moins en moins, ne sait finalement que penser. Tout se chamboule, du coup, non pas le chaos des souvenirs remouvants au gré d’une stream of consciousness, mais bien la pensée – ou les pensées. Jonathan doit beaucoup aux figures d’intellectuels désemparés ou revenus de beaucoup, singulièrement à la Marelle de Cortazar.

Comme je déteste ces stylos plume de gamine qui ne donnent comme choix que :

1) d’écrire en posant le bouchon sur la table dans ce cas, le stylo est trop frêle, ne tient pas en main

2) d’écrire en fixant le bouchon au-dessus de l’abdomen du stylo, à la place prévue dans ce cas, le bouchon tombe

3) de pousser le bouchon afin d’éviter le cas n° 2 dans ce cas, il se coince, et on risque de tout casser en le retirant

 

Damian Tabarovsky dresse le portrait d’un personnage traversé par un tumulte intérieur plutôt gentillet, un trentenaire dans l’indécision. Rien de bien neuf à cela. Pas pour le style, si la traduction est fidèle. Ni pour la froideur sèche avec laquelle l’idylle à peine née, traduite en effets ménagers, s’émiette dans l’indécision perpétuelle et le penchant de Jonathan pour une existence velléitaire. Ni encore pour la façon dont Jonathan s’enfuit, part en vrille vers Berlin, sur la seule suggestion d’un article de journal sur les chambres à gaz. Le récit s’achève sur l’intervention d’une voix à l’origine énigmatique et qui prononce des avis complexes sur l’ironie absolue des conditions de pensée (dans ce que l’on imagine le monde post-m od erne).

 

Le trajet de Jonathan l’amène à ne plus vouloir penser – et presque à y parvenir : « simplement, il ne va pas » (p. 119). Il se retrouve à laver de petits avions en Allemagne, coupé alors des autres par le barrage de la langue, et progresse encore dans l’abandon de toute pensée : « Tout se passait comme si le seau et le chiffon occupaient à présent la dimension absolue de son être, de l’être ouvert pour le seau. » (p. 125). Nouvel épis od e convenu, plaqué ou complaisant, il y côtoie Mathias Rust avant son périple en Cessna et son atterrissage inattendu sur la Place Rouge. (À l’époque, j’avais appris le mot Cessna ; aussi ai-je tout de suite compris que le jeune Allemand dont J. fait la connaissance était cet énigmatique pilote amateur dont on n’a jamais bien compris les motivations pour avoir pris tant de risques.) C’est convenu, parce que Tabarovsky n’en fait rien, ne prend pas de parti esthétique, s’en tient à l’écume de l’événement. Si son objectif était d’écrire un roman sur l’importance grandissante de pensées superficielles, pourquoi ne pas l’avoir situé tout de go dans un salon de coiffure ?

(Je sais : on exagère.)

00:55 Publié dans Diableries manuelles, Fall in Love, MOTS, Unissons | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature

lundi, 05 mars 2007

Traductions : Edmund Mach & Pessoa

    Je lis – d’un œil curieux – l’édition bilingue du recueil d’Edmund Mach, Triumph des Schockens (Triomphe d’un choqué), dans la traduction de Hugo Hengl (Harpo&, 2005). Impasse de la traduction : le patronyme du poète, Mach, est l’un des motifs les plus puissants de la texture poétique du recueil. Or, ce patronyme est aussi le verbe faire (machen) à l’impératif singulier. (Oui, oui, amis heideggeriens, le poiein est un faire.) Autre impasse de traduction : le recours – dans certains poèmes – aux quatre lettes du patronyme, non comme acrostiche, mais comme pulsation (un peu comme dans les jeux littéraux de Bach, ou les Trois strophes sur le nom de Paul Sacher de Dutilleux).

& ma déception, il y a trois semaines, quand on m’a offert le fort volume des Poésies de Pessoa en Pléiade et que j’ai découvert que l’édition, scandaleusement, n’était pas bilingue. Comment aimer ce livre ? Le lire, oui, encore en faisant abstraction – mais l’aimer ? (Heureusement, j’avais acheté en 1993 l’édition bilingue des poèmes anglais du même Pessoa, ici repris dans une traduction révisée (pas forcément pour le meilleur, d’ailleurs).)

11:20 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie, Traduction

dimanche, 14 janvier 2007

En lisant les deux premiers chapitres de « The Demon »

    His ministrations : détournement du langage puritain (pasteur de l’adultère)

Le regard de Wyatt Earp, l’hypnose du prédateur.

Le refus des apostrophes, une marque de fabrique… mais enfin, c’est aussi l’attachement dans le cas possessif (possession : histoire du diable au corps), le rejet de la norme consistant à scinder la marque du génitif du substantif (génitalité, coupure, sexion, voir Maertens et Ferenczi).

The spectators ooood and aaahhhhd : les spectateurs lancèrent des oh et des ah! (Ce n’est pas pareil du tout.)

Le mythe du rire (faire rire les femmes, p. 24). Don Juan pourtant n’est pas drôle. Alors, Chaplin ou Keaton ? (Comme dans ce film de Bertolucci qui se passe en mai 68, avec Louis Garrel. (Titre ?))

Refus des apostrophes, bis. Si fusion des génitifs, alors pourquoi ces slashes entre sujets et auxiliaires contractés ?

Danser ensemble & avec leurs souvenirs, le bel âge.

Life is just a bowl of berries, p. 38.

Right up the old gazoo, p. 43 (et gazookus). The old zortch, p. 45 (la baise). To make some semblance of sense out of the events. A sigh inside of Harry went kerflop (p. 49).

Midway through chapter 2, I’m suddenly wondering whether the person who offered me the novel had some kind of (potentially unkind) intention. Folie furieuse de l’identification, non tout de même pas.

Moving : sur le deuxième disque du trio allemand [em], une mélodie entraînante appuyée par un crescendo de batterie qui sur l’échelle sismique de Roach prend le niveau 9. Personne dans la voiture 11. Je place le marque-pages au début du chapitre 3. Another Mr. Lizard : ce Wollny est génial, mais il faudra parler de ce disque dans un autre billet (autre rubrique, autres temps, autres fureurs), peut-être demain (le 14).

21:25 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature, Jazz, Anglais

mercredi, 20 décembre 2006

Thomas et Tomasz... j'ai des doutes

    Tout de même, là, en écoutant Soul of Things du Tomasz Stanko Quartet (la deuxième variation, avec éclats de trompette et pépites de contrebasse), je me dis que c'est bizarre de ne pas avoir trouvé une minute pour laisser une petite trace dans ce carnet, ne serait-ce qu'un signe de vie, pour qu'au moins mes lecteurs ne s'imaginent pas que je me suis fait écraser en prenant une photo, n'est-ce pas Aurélie ? (Hier encore, sorti de l'université à huit heures passées, et toujours aussi surpris du contraste entre les locaux universitaires déserts et la ville encore bien vive.) Toute la journée du long sur la brèche, et la nuit à tousser, souffler dans le trombone à torpeur du camarade Thomas Pynchon. C'est une vie.

18:15 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

mardi, 05 décembre 2006

De fiel en anguille

    De rapides recherches au sujet du prénom gallois Myfanwy me poussent à m'intéresser à Myfanwy Piper (de son nom de jeune fille Mary Myfanwy Evans), qui fut la librettiste de trois des opéras de Britten, dont Owen Wingrave, l'un des rares que je ne connaisse pas et qui fera d'ailleurs l'objet d'une nouvelle mise en scène au printemps prochain au Linbury Theatre Studio. Du coup, je me surprends aussi à lire la nouvelle de Henry James.

And all that for Daffyd ! Eh, eh, eeeeh !

12:55 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature

lundi, 04 décembre 2006

Place Charles VII, Universal Indians

medium_Loches_11_novembre_2006_040.2.jpg

    Tout de même, ce n'était pas si terrible de pousser la grille et de déposer, sur le front nu et froid du bronze qui s'ennuie, un baiser solitaire. Si on vous jette, d'une fenêtre haut placée, l'eau savonneuse de quelle vaisselle, vérifiez que vous n'avez rien oublié à votre place. Le néon cligne bruyamment, et j'aspire au repos. Bribes de mots... rire comme un veau. Le texte s'est désuni, fausse manipulation. Au train où vont les choses, les peaux rouges ont dû parcourir l'univers, d'une poudre tourbeuse.

10:45 Publié dans Onagre 87, Rues, plaques, places, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne, Poésie, Jazz

mercredi, 22 novembre 2006

Auréolés

    Ce sont toujours des matinées belles et mitigées, quand je me trouve à feuilletter le tome I de Henri Michaux dans la Pléiade, le Voyage en Grande Garabagne (en collection NRF "Poésie") et mon tome des poèmes de Wordsworth. (Ce pourraient être d'autres livres ; ceux-ci, ce matin, pèsent de toute leur légèreté.)

Mon intérêt va croissant, non pour les coïncidences, mais pour le démon de l'analogie, tel qu'il s'exprime dans les rencontres de la vie quotidienne mais aussi dans l'écriture de ces carnets. Ainsi, des deux commentaires écrits un peu à la va-vite sur le blog de Simon, l'un portait sur sa question quant aux titres que je lui avais suggérés (facétieusement) pour sa composition et l'autre répondait à son billet Hic inconsidéré. Dans le premier, j'évoque la guitare acoustique de Pat Metheny, en solo dans l'album One Quiet Night. Dans l'autre, je cite (de mémoire) un dialogue du Goût des autres (relatif aux gaffes et aux "pédés"). Or, je me rappelle à présent que l'une des musiques employées par Bacri et Jaoui dans leur film n'est autre qu'une composition du Pat Metheny Group, "Au Lait" (album Offramp, que je possède).

(Il se trouve aussi que je préfère, sur ce même album, "Are You Going with Me?" mais c'est une autre affaire.) D'après iTunes, la dernière fois que j'ai écouté One Quiet Night était le 2 juin dernier.

10:50 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, Ligérienne, Littérature, écriture

samedi, 18 novembre 2006

Frauenliebe & Pink pulp, op. 2575/42

    Bien sûr que, techniquement, tu n'y peux rien, si l'hébergeur du site, depuis quelques jours, provoque des conflits de programme avec la plupart des navigateurs. Mieux vaut songer aux longues galopades gaies, aux franches chevauchées dans les vergers lourds de kakis encore jaunes.

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Well, you haven't written to me, not one word, not one post card, so perhaps Sissigt. is blotted out - the Tower fell, crushing the daughter of the Sackvilles to pink pulp - a very fitting end for a woman who forgets old but humble, humble but old, friends.

(V. Woolf à Vita Sackville-West.

Lettre n° 2575. In The Sickle Side of the Moon)

 

 

En effet, même si des notes continuent d'être publiées chaque jour, nombreux sont ceux qui, me disent-ils, ne voient apparaître, en haut de page, que des notes déjà anciennes. Qu'y puis-je ? Bien sûr que tu n'y peux rien.

Il y aurait aussi, somewhere around here, le récit de cette violente épiphanie, vers dix heures du matin, hier, pendant un cours particulièrement inspiré (ce n'est pas si fréquent), puisque j'ai trouvé, soudain (mais après des années de mûrissement, car le poème étudié à cet instant précis est un texte dont j'ai déjà proposé l'étude à trois reprises au cours de ma carrière universitaire), une optique de recherche qui me permet de croiser des questions très diverses et qui me tiennent à coeur : le sujet lyrique, la signification visuelle de la typographie, la réappropriation des mythes. Tout cela se subsumera (devrait se subsumer) dans la notion de mutation.

(Tandis que je jette ces quelques phrases brouillonnes dans ces carnets, j'écoute Catherine Dubosc chanter Frauenliebe und Leben, de Schumann, le cycle de lieder emprunté à des poèmes d'Adalbert von Chamisso. J. Clare est-il le double anamorphique de W. Blake ?)

14:49 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Ecriture, Photographie

dimanche, 12 novembre 2006

Prône animal

Vendredi, vers six heures. 

    Pendant que tu dormais un peu, avant de repartir pour une énième réunion, et avant que je ne me rende, pour ma part, à l'école maternelle, je lisais quelques poèmes brefs de W.S. Merwyn.

*****

 

Au retour, pendant que tu lisais ton livre sur les chevaliers, je lisais, en attendant son retour, plusieurs poèmes - dont certains très beaux - de mon collègue Stephen Romer, un peu honteux de n'avoir encore jamais eu la curiosité de découvrir cette oeuvre dont je connaissais l'existence, et peu convaincu que les pièces pour piano et orgue d'Emmanuel Bex (Conversing with Melody) soient réellement appropriées à cette lecture.

*****

 

Enfin, tu refermas ton livre.

Cependant, tu n'étais pas rentrée.

10:15 Publié dans Diableries manuelles, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie

mardi, 07 novembre 2006

Kakis soleils coupés

    Je ne suis pas au bout de mes peines. Il y a quelques heures encore, j'ignorais que Mexmine fût un prénom féminin. Il y a quelques minutes, j'ignorais encore qu'il y eût une mine à Cananea, dans la province de Sonora, au Mexique (ce qui m'a remis en mémoire les Détectives sauvages). Hier matin, je ne m'étais jamais aperçu que kakis & plaqueminiers étaient des motifs récurrents de l'esthétique des haïku. (Basho en a écrit un fabuleux, que je relis en écoutant la Composition n° 141 d'Anthony Braxton, dans la version enregistrée avec son ensemble en public à Victoriaville, en 1988.)

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Que l'adjectif hindi kaki, qui signifie "couleur de poussière", ait pu donner son nom au fruit orangé tirant sur le rouge signifie-t-il que le fruit a reçu son nom à un stade plus précoce de maturation, ou est-ce par référence à la poussière plus ocre des pays asiatiques ? Il faudrait cesser de tourner en rond, autour du pot, et écrire quelques poèmes en l'honneur des kakis et des plaqueminiers. Je ne suis pas au bout de mes peines.

18:25 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature

vendredi, 03 novembre 2006

Amaryllis granité

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    Huit jours, soit le temps d'une glaciation. Je ne prends pas d'anisette avec mon amaryllis. Les murs ont des oreilles.

... 25 octobre ...

 

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... 2 novembre ...

Cette nuit, il a peut-être pris un méchant coup de gel. Les kakis, dans le garage, mûrissent gentiment, lentement, et je songe que Madame de Véhesse, la reine des amaryllis en quelque sorte, a peut-être laissé passer (ce qui ne lui est aucunement reproché) une note à l'unisson qui lui était principalement destinée.

 

(Cela dit, de mon côté, je ne réponds pas aux commentaires, en l'espèce parce que je n'ai pas de réponse.)

 

Ah, la voix de son maître (en double stéréo) !

10:53 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

jeudi, 26 octobre 2006

V/B

    À l'aller, dans l'Aqualys, près la brume :

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" Je fermai précipitamment mes cahiers et détournai la conversation sur autre chose. C'est-à-dire que je lui demandai s'il jouait au diabolo. Nous étions en pleine mode de ce jeu-là en 1908. J'y étais assez adroit, et quand le "nouveau" m'eut avoué qu'il n'arrivait pas à être bien brillant à cet exercice, et tu parles ! il était d'une maladresse... je sortis mes baguettes et ma bobine et lui fis une telle démonstration qu'il me demanda de lui donner des leçons de ce nouveau sport. Du coup, les rapports entre nous changèrent de nature, je devenais le professeur de ce Monsieur, en cachette bien entendu, je l'éblouissais à rattraper la bobine cent, cent cinquante fois à la volée, c'est-à-dire sur le fil tendu, d'un coup de bras, sans retricoter... mais plus personne ne sait de quoi je parle. Et ce n'est qu'au bout de deux ou trois jours que je découvris à qui j'avais affaire : mon élève s'appelait Miguel Zamacoïs."

(Louis Aragon. Je n'ai jamais appris à écrire ou Les Incipit (1969). Repris en "Champs-Flammarion", 1981, p. 29)

 

Au retour, dans le TGV, à la brune :

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" En cet Eden laborieux serpentent les routes étroites, montant sans cesse et descendant, et jouant avec l'horizon comme si c'était un diavolo, que l'on sait bien qu'on rattrapera toujours." (Renaud Camus. Le Département du Gers. § 186. P.O.L., 1997, pp. 93-4)

 

09:05 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

mercredi, 25 octobre 2006

Kehr um, kehr um !

    Est-ce un hasard ? L'un des motifs de la Courante (troisième partie) de la Sonate pour luth n° 36 de Sylvius Leopold Weiss est très proche d'un passage de la Belle Meunière, de Schubert. Il s'agit du "refrain" (avec maints guillemets) de Eifersucht und Stolz :

Kehr um, kehr um, und schilt erst deine Müllerin

für ihren leichten, losen, kleinen Flattersinn,

kehr um, kehr um, kehr um !

 

Est-ce vraiment un hasard ? Cet air, le quinzième de la Belle Meunière, suit de très près un autre, qui s'intitule Mit dem grünen Lautenbande (littéralement : "avec le ruban vert du luth"). De surcroît, l'amoureux, dans Eifersucht und Stolz, demande au ruisseau d'inverser son cours (kehr um), et l'air de la sonate pour luth n'est autre que la... courante.

11:05 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1)

Samedires

    Dans la foulée d'un répertoire précédemment livré, ici même, et qui concernait mes achats parisiens de disques, j'inscris ci-dessous, sans autre forme de procès, la liste des livres que j'ai achetés samedi, toujours à Paris (et toujours chez Gibert Joseph (toujours en inversant l'ordre habituel du prénom et du nom)) :

  • Coplas. Poèmes de l'amour andalou. Traduction de Guy Lévis Mano. (Allia)
  • Claude Ollier. Eté indien. (Hachette/Flammarion)
  • Hermann Melville. Moby Dick. (Wordsworth Classics) *
  • Leonardo Sinisgalli. Poèmes d'hier. Traduction d'Odette Kaan. (Orphée/La Différence)
  • Danielle Mémoire. Prunus spinosa. (P.O.L.)
  • Piero Bigongiari. Ni terre ni mer. Traduction d'Antoine Fongaro. (Orphée/La Différence)
  • Maurice Rheims. Abracadabrantesque ! Dictionnaire des mots inventés par les écrivains. (Larousse)
  • Anghélos Sikélianos. Une voix orphique. Traduction de Renée Jacquin. (Orphée/La Différence)
  • Renaud Camus. Le Département du Gers. (P.O.L.) **

 

* Me croirez-vous si je vous dis que je ne possédais pas d'exemplaire de ce roman, et même que je ne l'ai encore jamais lu ? Shame on me... Reste à le lire ! (Il me tarde.)

** C'est tout de même autre chose de mettre la main sur le livre que de lire cet ouvrage en ligne.

09:21 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

mardi, 24 octobre 2006

Alain : Ghertman ::: Portrait de G.J. ::: François : Bon

    Avant de lire l’ouvrage que cet artiste a cosigné avec François Bon, je ne connaissais pas l’œuvre d’Alain Ghertman. Ensemble, les deux lurons larrons ont livré 73 variations autour d’un personnage, Guy Joussemet. Ce noble collectionneur, commanditaire d’un portrait, s’est retrouvé avec pas moins de 73 versions de sa gueule arrangée par Ghertman. Bon, lui, a surtout écrit ce qu’il avait à dire du travail de l’artiste. Portrait du portraitiste, autant dire (et tout cela rien moins que vertigineux). Les 73 portraits sont rassemblés sous le titre Portrait de G.J., et le texte de Bon (en 73 fragments) se nomme Peint sur le cul du diable (voir d’ailleurs fragment 70).

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Ghertman a sans doute été très fortement marqué/inspiré par Bacon, mais pas seulement. Bon, à n’en pas douter, a été marqué par Ghertman ! Il y a des passerelles entre les images et les paragraphes. Un jeu de passe-passe, bonneteau du diable. Prenons par exemple le 28ème portrait, profil de suie qui fait une forme de globe. Dans le §28, Bon évoque « une minuscule tête de mort olmèque en obsidienne » que Ghertman a dans la poche, et que l’écrivain compare au « mediator de guitare » que lui triture sans cesse (« c’est la même chose »). Dans le §52, pas trace de la longue coulée de larme en tracé vigoureux de gomme (voir 52ème portrait). Et ainsi pas de suite. De la suie quand même, oui.

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Dans le §61, Bon rapporte les visites de Joussemet à Jean-Joseph Sanfourche, peintre qui vit à Saint-Léonard de Noblat. J’y étais le 8 juillet. (No big deal, I know.) Comme j’écoute les sonates pour luth de Sylvius Leopold Weiss en écrivant ces quelques mots, et comme l’illustration du disque est un tableau de François Puget, voilà mes deux fétiches, hic et nunc : une vue de Saint-Léonard et un joueur de luth.

18:41 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 23 octobre 2006

Samedisques

    En écoutant la IVème des Sonates à Pisendel de Vivaldi ( dans l'interprétation du Boston Museum Trio, HMA 1901088), après avoir expédié quelques courriers électroniques de nature professionnelle, je prends quelques minutes pour grattouiller ici quelques touches de mon précieux clavicorde, et, à défaut de vous entretenir, ces temps-ci, de mes lectures ou de mes enthousiasmes musicaux ou esthétiques divers, dresser la liste des disques que j'ai achetés lors de mon bref passage dans la capitale samedi, au cours de fourragements frénétiques dans les caisses d'occasion de ce temple de la perdition qu'est le grand magasin Gibert Joseph (avec interversion du nom et du prénom, s'il vous plaît) :

  • Olivier Messiaen. Turangalila Symphony. (Toronto Symphony, Seiji Ozawa, J. et Y. Loriod)
  • Albert Roussel. Symphonies n°s 3 et 4. Bacchus et Ariane. (Orchestre Philharmonique de Radio-France, Marek Janowski)
  • Johannes* Brahms. Oeuvres complètes pour piano solo et Concertos pour piano. (Idil Biret)
  • Henri Dutilleux. Symphonie n°2, Métaboles, "Ainsi la Nuit". (interprètes variés, Erato Classics)
  • Wilhelm Kempff**. Trio et Quatuor op. 15. (interprètes variés, Arte Nova 1995)
  • Sylvus Leopold Weiss. Sonates pour luth. (Robert Barto, Naxos 1997)

 

Il y a aussi du jazz :

  • Coulon Cerisier invite Padovani. Bleu comme le ciel. (Zimpro, 2004)
  • Brad Mehldau. Live in Tokyo. (Nonesuch, 2004)
  • Vienna Art Orchestra***. 20th Anniversary. (Coffret de 3 CD, Amadeo 1997)

 

* Du côté des livres, autre lieu de perdition où une nouvelle fois je me suis perdu****, j'ai feuilletté le dernier ouvrage de Jean-Loup Chiflet, qui a cherché à faire ses Miscellanées de Mr Schott à lui. Tout cela est totalement vain, superficiel, sans âme même. Je me rappelle avoir parcouru du regard une page où Chiflet a dressé la liste des prénoms d'artistes célèbres dont on ne connaît généralement que le patronyme. Brahms doit en faire partie, je pense.

** J'ignorais qu'il fût aussi compositeur. J'ai acheté le disque, d'abord parce qu'il coûtait trois fois rien, et ensuite parce que Wilhelm Kempff est mon interprète favori des Variations Godlberg (oui, même devant Glenn Gould).

*** J'étais très heureux de trouver ce coffret, car les disques du VAO sont introuvables en France, en général. F.B.-S., ami de Beauvais perdu de vue, hélas, et grand amateur de jazz, m'avait fait découvrir leur disque d'hommage à Dolphy*****, qui figure dans ce coffret !

**** Je me suis perdu pour de bon, car je cherchais les livres en anglais au 4ème étage, où ils étaient encore la dernière fois que où je suis allé chez Gibert Joseph (l'interversion, j'y tiens!), mais qui****** ont maintenant (et depuis très longtemps, sans doute) déménagé dans un recoin du premier étage.

***** L'autre soir (jeudi), au concert de jazz, à la pause, j'ai discuté avec une jeune femme, qui m'a confié aimer beaucoup ce concert du sestet Mingus Dynasty mais n'avoir jamais entendu parler de Charles Mingus auparavant. Cela m'emplit de joie de penser qu'il n'y a pas, dans les salles de concert, que des professionnels ou de froids habitués. Cela dit, écoutez Mingus et Dolphy ! (Ils ont même joué ensemble...)

****** Syntaxe audacieuse / hasardeuse / désastreuse ?

 

09:59 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (3)

mardi, 17 octobre 2006

Raymond van der Uys

Comme Une famille parfaite est un film réalisé par les auteurs de Dancing, dont j'avais d'ailleurs (brièvement) dit du bien dans ces carnets, je m'apprête à le regarder en direct sur Arte. Or, je m'aperçois qu'une nouvelle fois, mais tout à fait inexplicablement, Arte est en allemand. Je ne veux pas dire que je suis tombé sur un programme en allemand et que les sous-titres n'apparaissent pas : il s'agit de la version doublée ou surdoublée en allemand. Ainsi, à l'instant, l'annonceuse française parlait distinctement en français, mais une voix allemande la recouvrait !

Cela ne me gêne pas, en soi, de regarder un téléfilm français en allemand, quoique je préfère la V.O., y compris quand il s'agit de ma langue maternelle (!), mais ce qui me turlupine, c'est que ce problème, qui s'était déjà posé (et avait duré une bonne quinzaine de jours) est resté inexpliqué par les techniciens de SFR et de Ma Ligne TV. Nous n'avons la télévision que depuis un an (onze mois, en fait), et nous ne la regardons presque jamais, ce qui explique notre manque de pugnacité auprès du service clients... mais tout de même...!

 

Une petite fille noire se lève la nuit, et voit un énorme ours blanc monter l'escalier. Un ours brun la saisit dans ses griffes. Elle rit aux éclats. Les volets ne sont toujours pas fermés. Par le hublot de sa chambre, elle voit s'éloigner les deux ours, sous la neige. Amour d'une musique pleine de menaces et de promesses. (Déjà dans Dancing.) Un avion s'éloigne, lui aussi, dans un ciel nuageux.

 

(Quel est le titre de ce roman de Richard Powers, déjà ? Ce film m'y fait penser.) ....................... Le thème du double père vous obsède, Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic ! ......................... Plowing the Dark : voilà ! (Mon préféré avec Prisoner's Dilemma.)

23:13 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma, Film, Littérature

lundi, 16 octobre 2006

La vie comme aux lendits

En recopiant cette phrase de François Bon, comme aux lendits, je suis passé de Dialecte (Marc Ducret Trio) 

Des lois sans mots qui se tissaient entre eux pour établir et faire respecter comme aux lendits les distances imposées, comme une place à soi-même nécessaire, croire à un territoire comme à une chasse gardée inviolable sur le lieu de chacun son corps. (Sortie d'usine, p. 57)

 

à Are You Going With Me? (Pat Metheny Group), dansant un peu comme aux lendits, vagabond ou saltimbanque.

Frén&sie et m&lancolie, jamais je n'y échappe. (Je me braque un peu aussi, autant dire : je me dévalise ; je me lorgne ; je me scrute ; je suis jumeau.)

09:19 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature, Jazz

dimanche, 08 octobre 2006

Double menace avant la traction

    Il ne dit jamais où il va, le chat noir aux yeux d'or jaune.

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Double menace de l'inhalateur et de la betterave racineuse, et, dès Nazelles, à l'orée du pont d'Amboise, un bois d'asphalte au-dessus de la Loire, l'esprit invoque un spectre curieux, et c'est sans doute, par delà la facilité même du geste (déclic inopiné, pas même apprêté, du côté sûr du pare-brise), la 404 qui étonne, davantage que la Traction Avant, et il était curieux de voir aussi les conducteurs laisser passer ce train de véhicules de collection. (Au retour plus encore, et encore plus lentement.)

 

L'Aquarium du Val de Loire a changé de nom, vous m'offrez du brouet quand j'espérais des crèmes. (Redémarre, donc ! Avanti ! )

18:55 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Ligérienne, Photographie, Poésie

mercredi, 04 octobre 2006

Sortie de véhicules

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12:10 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Photographie

dimanche, 17 septembre 2006

Au plafond

    Vu qu'il n'y avait plus de place sur les gradins pour le spectacle de fauconnerie et des otaries, à la buvette juste derrière, sur le coup de trois heures, je me suis envoyé un, puis deux expressos, au point d'être bien, en pleine forme ce soir en écrivant ces lignes, alors que je devrais être rétamé. Trop courte nuit d'ébullition en perspective.
 
Hier soir, dans son bain, mon fils construisait, avec les flacons de shampooing, une sorte de donjon où il a placé ses araignées en plastique pour finir par exulter : c'est le château des araignées... Kurosawa ou Calvino ?
Non, je veux dormir cette nuit, un petit calva près du dojo, et hop ! dans mon kimono ! (Tant qu'on ne me propose pas, d'une voix atroce et rauque "un long concombre" ou encore "une tranche de pastèque avec du miel dans une cuillère d'argent", tout ira bien.)
 
 
Avec le Renard de Feu je suis très maladroit... 

22:55 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature

A Turn in the South, 4 : toute une vie

    Je ne comptais pas reprendre le clavier, ainsi. Veux lire moi. Mais.............

............. hier soir j'ai lu les trois-quarts de C'était toute une vie de François Bon : belles pages sur le monument aux morts de la guerre de 14 (Lodève) et les quatre figures féminines............

::: ce soir, m'asseyant à la bibliothèque, je reprends A Turn in the South de V.S. Naipaul où je l'avais laissé il y a une semaine à peu près ::: page 99 ::: monument vu à Charleston ::: hommage aux victimes de la guerre de Sécession :::

There was rhetoric in that reference to women; monuments of grief and revenge, of grief and piety, are most unsettling when they depict women bowed in grief.

 

Vous ratez tout, qui lisez un livre à la fois. 

21:04 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

vendredi, 08 septembre 2006

Quelle idée, vraiment...

    Quand je passe au Livre, je n'en ressors jamais les mains vides.

Certains esprits chagrins se plaignent de la pléthore de titres publiés. Abondance ne nuit pas. Ce dont il faut se plaindre, c'est que Nothomb, Houellebecq ou Marc Lévy soient les auteurs les plus vendus. Mais sinon, l'avalanche, elle, ne me gêne pas. Si on publiait moins de titres, ce seraient les livres les plus audacieux, les textes difficiles, les traductions du polonais ou du serbo-croate qui passeraient à la trappe.

Bref : quand je passe au Livre, je ne sors jamais les mains vides.

Aujourd'hui, ma moisson : Anthropologie d'Eric Chauvier, Lichen, lichen d'Antoine Emaz, Mémoire du mal d'Emmanuel Laugier, L'Aphonie de Hegel de Mathieu Bénézet et Quelques animaux de transport et de compagnie de Jacques Rebotier.

22:55 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne

lundi, 04 septembre 2006

Notules ***

    *** (De même de la Fantaisie KV 396, huit minutes de roulis, d’envolées de feuilles, d’aspirations déçues, de violentes mélancolies.)

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Another afterthought :

Tangentenflügel : cet instrument est une forme élaborée du pianoforte avec différents registres, et un son riche, typique du clavicorde, mais pas très éloigné du clavecin.

 

Sinon, pour ceux qui suivent, la mante ci-dessus est la même que celle-là.

19:30 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 31 août 2006

Three or Eleven Ghosts

    Au courrier aujourd'hui, Tokyo infra-ordinaire de Jacques Roubaud, qui n'a pas l'air piqué des hannetons (et, à le feuilleter, point le regret que Gallimard n'ait toujours pas réédité Boomerang, le troisième et mon préféré des Génie du lieu de Michel Butor, car ce petit livre de Roubaud publié par les éditions Inventaire/Invention prouve qu'il est possible de vendre un texte écrit en plusieurs couleurs à moins de dix euros), et A Turn in the South de V.S. Naipaul, dans un autre ordre d'idées. J'ai passé une partie de mon été en compagnie de ce V.S.-là, et surtout The Enigma of Arrival, un livre dont je mettrai bien du temps à me remettre !

Mon fils me remet un bon point des Ateliers de Maisons Calette. C'est une "lettre d'invitation chinoise". D'où sort-il ça ?

Vendredi en huit (et donc vendredi 8...!), j'aimerais aller écouter, à Montlouis, le trio de Jean-Philippe Viret, membre fondateur de l'Orchestre de ContreBasses. Il y aura aussi, samedi 9, au "village gourmand" (quelle ineptie), le quintette de Fabien Mary.

13:30 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : JAZZ

lundi, 28 août 2006

Démon des coïncidences

    Preuve que, dans mon existence, le démon de l'analogie est soutenu, dans ses efforts pour me conduire au vertige*, par le démon des coïncidences, j'ai, après avoir acheté, avant-hier soir, le dernier livre de Jacques Roubaud (dont je parlerai bientôt (heum...)), lu, sur le Forum Renaud Camus, un échange passionnant au sujet d'Augustus de Morgan, ce qui m'a poussé à faire des recherches, et, de proche en proche, à m'intéresser à William Rowan Hamilton, tant par le biais de la Wikipedia anglophone que du tome 8 de ma précieuse Encyclopaedia Britannica. Ces recherches eurent lieu hier dans la matinée. Hier soir, dans mon lit, j'achevais la lecture du plus récent Roubaud, dont le chapitre antépénultième a pour figure principale... William Rowan Hamilton... dont je n'avais jamais entendu parler avant hier matin... J'ajoute que l'un des paragraphes du texte de Roubaud est directement traduit... de l'Encyclopaedia Britannica...  J'ajoute encore que le "multiroman" de Roubaud, publié chez Fayard (comme les tomes du journal de Renaud Camus depuis 1994, et comme son génial roman L'Inauguration de la Salle des Vents), a plusieurs points communs avec les obsessions du Maître de Plieux.

Alors, n'y a-t-il pas de quoi devenir dingue ?

 

* J'avais écrit "vertiage". Vertige du verbiage ?

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dimanche, 27 août 2006

Pont des arts, Ravignan

    De quoi reprendre à neuf la rubrique Unissons...

Hier soir, Le Pont des Arts, film intelligent mais pas excellent, parfois beau mais aussi outré en certains aspects, exigeant mais pas si profond que cela. Un ami m'avait raconté, il y a plusieurs années, être allé voir la première de Toutes mes nuits, premier film de ce réalisateur. À l'entendre, cela m'avait eu l'air dangeureusement khâgneux. Eugène Green est un cinéaste qui se cherche, à mi-chemin entre Rivette et Rohmer, ce qui ne fait pas nécessairement des étincelles. Enfin, globalement, c'est un bon film. Natacha Régnier joue excellemment, alors que le parti pris de diction semble plus gêner d'autres acteurs, comme la jeune fille qui interprète l'amie de Pascal (Adrien Michaux, très bon, lui).

Il semble qu'Eugène Green, traumatisé par ses expériences dans le monde de la musique baroque, ait voulu régler ses comptes, et en particulier à travers le personnage de l'Innommable (Denis Podalydès), qui m'a tout l'air d'être une caricature de William Christie. (Toutefois, je n'ai trouvé aucune confirmation de cette hypothèse pourtant assez franche.)

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Ce n'est pas précisément du film que je veux parler, mais de ses à-côtés. Un film parisianiste, se dit-on... Un film "d'intellos", redoute-t-on... Un film de normalien, ou de sorbonnard, frissonne-t-on... Heureusement, Le Pont des Arts n'est rien de tout cela. Et ce n'est pas du Pont des Arts que je voulais parler.

De quoi alors ? De quoi reprendre à neuf la rubrique Unissons...

Voici : cherchant, dans le générique de fin, le nom de la soprano qui interprète le Lamento de la nimfa de Monteverdi (c'est Claire Lefilliâtre), j'ai vu apparaître la mention suivante : "Remerciements au château de Ravignan pour ses armagnacs". Or, nous nous sommes arrêtés, il y a dix jours, au cours d'une virée dans l'est des Landes, entre Laberdolive et Ognoas, devant ce château de Ravignan, que je ne connaissais pas, et qui est très à l'écart des grands axes (et pas du tout indiqué, de surcroît).

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Dans la scène où Manuel (Alexis Loret), nouvellement veuf, rend visite à ses beaux-parents, il boit un armagnac dont on voit clairement (couleur, lumière, rictus de l'acteur à la déglutition des minces gorgées) que ce n'est pas du jus de pomme.

Autre singularité, plus marquante encore de mon point de vue : une ancienne camarade de Normale Sup', qui enseigne de surcroît dans la même université que moi, au Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance, joue le rôle de la "professoresse de surréalisme". Elle s'appelle Julia Gros de Gasquet, et, en cherchant des renseignements sur elle par l'intermédiaire de la grande Toile mondiale, je tombe sur une page du journal d'un acteur, Manuel Weber, datée de décembre 2003, dans laquelle il raconte avoir confronté, en compagnie de Julia, la diction baroque, découverte sous la houlette d'Eugène Green, avec le théâtre nô. Or, le théâtre nô, s'il n'est pas représenté dans Le Pont des Arts, y est en représentation (avec Mathieu Amalric caché dans les spectateurs, m'a-t-il semblé). Vous trouverez ici les détails d'une lecture consacrée à la correspondance de François Truffaut, avec bios et photos de Julia Gros de Gasquet et de Manuel Weber.

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J'apprends aussi que ma collègue vient de faire paraître un essai intitulé En disant l'alexandrin, l'acteur tragique et son art, XVIIe-XXe siècles (Honoré Champion, 2006, 396 pages). Mais nous nous sommes, dans ces discordantes unissons, éloignés du château de Ravignan et de Perquie, n'est-ce pas ?

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vendredi, 25 août 2006

Dans le royaume des araignées

    Dans le royaume des araignées, les chevaliers gardent leur calme, et des cartons de livres s'épanchent doucement sur les étagères qui, de tout temps, leur tendaient les bras. Dans le royaume des araignées, la musique (Wheels et Biggus D.) a repris ses droits. Pianotements, heurts, dans le royaume des araignées. Retrouver le goût du sel, dans le royaume des araignées, où les animaux de la mer apparaissent au moindre clic d'interrupteur. Trois nouvelles planètes habitent notre imaginaire, ce dont les araignées n'ont cure.

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mercredi, 05 juillet 2006

Dans l'atelier, suite

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    C'était hier.  Aujourd'hui, je n'y arrive pas. (L'orage de la nuit ?) Suffit-il de s'y mettre ? Pas sûr. Bruit, fatigue, jambes lourdes, inutile de s'y mettre si c'est pour écrire n'importe quoi (ou presque) .

 

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Ces quelques images illustrent plutôt la note écrite hier. La photographie ci-contre montre mon ordinateur, avec le fichier Word en 200% (ça doit être la page 188 ou quelque chose comme ça, car je travaille sans interligne), et la couverture de l'édition sud-africaine de Links, que je préfère pour plusieurs raisons.

 

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Bon, si je vous dis qu'en ce moment nous écoutons, en fait, You Are the Quarry de Morrissey, vous allez vous dire que cette troisième image est vraiment maniérée, ou mensongère. Pourtant, quand je traduisais, hier, c'était bien Apollo et Hyacinthus, que j'écoutais. J'ai parlé d'opéra l'autre jour, mais ça n'est pas vraiment un opéra ; évidemment, je simplifie toujours.

 

 

Sinon, parmi mes facilités du moment (je sombre dans la facilité), la rubrique Unissons accueille les notes pour lesquelles je n'ai pas le courage de procéder à un décompte statistique.  

(Incidentally, this is the 700th post...)

 

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mardi, 04 juillet 2006

Unissons nos efforts

    Dans la dernière des variations d’après “La belle Françoise” (KV 353, interprétation de Bart van Oort), le clavecin a presque une sonorité de guitare. Or, c’est un piano-forte.

Quel est le point commun entre Pas de nom de Gérard Manset et Les Gueux de Dick Annegarn ?

 

Cendrars comme Le Clézio s’intéresse à l’or. J’écris mes textes avec les conseils avisés d’un poisson d’argent. (Fair Portia, je sais que votre portrait est dans la cassette de plomb.)

Y a-t-il des enregistrements de la Julie de Nicolas Dezède ? Et des Mariages Samnites d’André-Ernest-Modeste Grétry ? J’en doute. (D’ailleurs, qu’est-ce donc qu’un Samnite, ou qu’un mariage ainsi épithétisé ?)

 

Vous voyez ce pilote ? Il flambe son essence, et ça fait des plombes qu’on attend ses photos. Harpagon peut aller se rhabiller.

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lundi, 03 juillet 2006

Le Tout-Paris, à vélo

    Elle est revenue du lycée à bicyclette en prétendant qu'avec le vent léger, la chaleur n'était guère perceptible, ou qu'en tout cas ce n'était pas la franche canicule. Puis une demi-heure après, s'apercevant qu'elle s'était beaucoup échauffée, elle a concédé qu'il faisait déjà très chaud.

 

Vais-je vous proposer encore une réflexion sur mes apories de traducteur ? Oui, puisque je fais ce que je veux et puisque Madame de Véhesse a commis l'imprudence de me réclamer d'autres notations dans ce genre. Eh bien, dans Links (tandis que j'écoute les douze variations KV 264 à partir de l'arietta "Lison dormait"), il y a, au milieu du chapitre 27 (j'en suis encore là car je n'ai rien traduit ce week-end), la phrase suivante :

The barber-shop had been the rendezvous for the city's cosmopolitans in the days before the civil war.

 

Ce n'est pas seulement la traduction de rendezvous qui me chiffonne, car il eût été préférable, avec une autre syntaxe, de le traduire différemment (mais finalement, je le garde tel quel, ou plutôt avec le seul ajout du tiret obligatoire), mais aussi (surtout) le substantif cosmopolitans, qui n'a, comme équivalent strict, en français, que le très ambigu "cosmopolites".

En l'occurrence, dans le contexte somalien, cela signifie que les Somaliens qui avaient passé quelques années à l'étranger et qui avaient des goûts moins traditionnels (plus modernes, plus dégrossis, plus occidentaux, que sais-je) se pressaient dans ce salon de coiffure. Cette idée n'est en rien traduisible par cosmopolites. Pour l'instant, j'ai choisi, temporairement, d'écrire, en français, "le rendez-vous de la clientèle huppée de Mogadiscio". Mais je suis frustré. J'aurais aimé qu'il existât, pour les autres cités du monde, une expression équivalente au Tout-Paris (même si la connotation de goûts occidentaux en serait également absente), d'autant que j'aurais évité la traduction littérale de rendezvous : "le salon où se pressait le Tout-Mogadiscio", "le salon où se pressait tout ce que Mogadiscio comptait de gens à la pointe / modernes / ..."

Peut-on aller jusqu'à user de l'adjectif occidentalisé, ici ? Comme ni l'adjectif Westernized ni la racine West ne sont présents dans le texte original, je m'y refuse.

 

Bart van Oort, au pianoforte, semble se gausser délicatement de mes atermoiements.

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vendredi, 30 juin 2006

Obscène / Indécent

    Le "moteur" de mon ordinateur portable fait de plus en plus de bruit. Il n'a que dix mois, pourtant. Avec ou sans batterie, lui qui était si silencieux, il me souffle sa chaleur tonitruante. Bien sûr, je n'ai pas la moindre idée de l'inquiétude réelle que cette évolution technique doit faire naître en moi.

*******

J'ai manqué, en début d'après-midi, m'arracher les cheveux, sur un fragment de phrase pourtant simple : "I covered my indecency". J'ai perçu la difficulté qu'il y avait à traduire ce fragment, notamment dans le contexte. L'un des problèmes essentiels est, évidemment, qu'on ne peut employer, en français, le substantif indécence pour désigner le fait concret d'être nu, le corps nu. Comme je craignais de me laisser embarquer dans une réflexion presque nostalgique au sujet du traité ou de l'essai que j'aurais aimé écrire, il y a déjà fort longtemps, sur l'obscénité et l'indécence, je me suis contenté de traduire approximativement puis de mettre ce fragment de traduction en gras, pour y revenir ultérieurement.

Obscénité et indécence sont deux concepts qui m'intéressent depuis très longtemps. Je viens d'évoquer un essai que j'avais projeté d'écrire, il y a très longtemps (peut-être douze ans, une éternité en tout cas). Si j'avais fait des études d'histoire de l'art, je crois que j'aurais eu l'occasion de creuser cet aspect. Tout, dans ce débat (ce dilemme ? ce dialogue ? cette dialectique ? cette antithèse ?), est passionnant. D'un point de vue linguistique, philologique et étymologique, les deux termes offrent un vaste spectre, mais ils posent surtout des questions essentielles sur les liens entre l'éthique et l'esthétique.

Si je profitais de ces carnets pour coucher enfin, sur le papier, quelques-unes des pistes que j'ai tournées jusqu'ici, à des moments perdus ou dérobés, dans ma tête ?

19:45 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (8)

vendredi, 23 juin 2006

En lisant Bardadrac : Rue de la Jussienne

    Gérard Genette – éminent critique et théoricien dont les concepts servent beaucoup à cacher, chez tel ou tel, l’absence de connaissance et de réflexion (mais mes réserves au sujet de l’usage que l’on fait souvent de la narratologie ne visent pas son auteur et ne sont même pas mon propos de ce jour) – a publié tout récemment un ouvrage intitulé Bardadrac, sorte d’abécédaire, de fourre-tout, affleurements et réflexions diverses d’un niveau très inégal.

 

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Ces différentes entrées ont été écrites, je crois, au fil du temps, et depuis de longues années, ce qui me fait dire que, comme M. Jourdain pour la prose, Gérard Genette a longtemps tenu un blog sans le savoir. (Montaigne aussi, mais lui savait écrire.)

 

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L’entrée Jussienne (pages 174 à 177) est, comme souvent, une réflexion décousue (je me comprends) à partir de souvenirs d’enfance. Il y est question de l’atelier où travaillait le père de Genette, rue de la Jussienne. Genette explique l’étymologie de ce toponyme, dérivé par déformation de "Sainte Marie l’Egyptienne". Ce qu’il semble ignorer – à moins qu’il ne veuille faire montre de son savoir, ce qui serait bien inhabituel – c’est que c’est Alexandre Dumas qui a révélé cette étymologie, peut-être apocryphe ou douteuse, dans La Dame de Montsoreau.

21:30 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Dumas, Paris, Genette, Narratologie, Ricci, Montsoreau

Vous rêviez de symétries...

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    Vous rêviez de symétries, de quatuors, de quatrains de sonnets, croisés ou embrassés, libres ou en prose, vous rêviez de l'église Saint-Etienne de Beauvais ou de l'abbatiale de Sorde (dans les Landes), vous vous laissiez aller à votre goût sordide des symétries, des palindromes, votre plaisir des plaques, votre fièvre de nombres, quand l'évidence vous tomba dessus : il faut sans cesse dynamiter la symétrie, trouver le continu sous les aspérités de la discontinuité, crever l'abcès pour trouver l'abscisse, tout cela à belles dents, à coups de ciseaux, à six heures du soir ou du matin, jamais sans simagrées, mais en évitant les grimaces. Vous rêviez de symétries, et le cauchemar se referma sur vos cheveux. Vous voilà bien barré.

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00:45 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2)

jeudi, 22 juin 2006

Dieu reconnaîtra les siens

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Me promenant dans les rues de Tours, je saisis ce moineau, sur lequel j'avais failli marcher la minute d'avant, et qui s'était confortablement installé sur l'essuie-glaces arrière d'une Citroën (ou d'une Renault : est-ce le haut d'un losange ou le pointu d'un chevron ?).
Quelques instants après, n'y pensant plus, me laissant aller à mon amour des plaques et des noms connus ou inconnus qu'elles révèlent ou donnent à lire, j'appuie, une fois encore et comme si souvent, sur le déclencheur de mon appareil.
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15:50 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1)

Leck mir den Arsch / Leck mich im Arsch

    Subtil distinguo sémantique que n’auront pas manqué de souligner, déjà, philosophes, philologues et musicologues, le Canon KV 233 s’intitule Leck mir den Arsch (littéralement : lèche-moi le cul) et le Canon KV 231 Leck mich im Arsch (littéralement : lèche-moi dans le cul).

La nuance, comme la pratique le prône, est de taille.

 

Que n’apprend-on pas, dans les projets interdisciplinaires des collèges de France, ces beaux airs éthérés qui permettraient d’éjouir germanistes et professeurs de musique ?

Voilà une expérience pédagogique et linguistique à tenter : voici, chers parents, pour clore notre spectacle de fin d’année Lèche (à) moi (dans) le cul, par le Chœur des 4ème C.

 

(Ce qui nous changerait du Papa Pingouin, de la grande section de maternelle, convenez-en. Maître Capello en mange son chapeau, a capella.)

11:47 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 21 juin 2006

Mon grand-père maternel

9 juin, 11 h 45.


    Figue n’est pas une figure. Il manque le bout filtre à la gauloise que tient mon grand-père entre ses doigts. (Il a arrêté de fumer il y a déjà plus de dix ans.)

Mots croisés et jardinage, d’une part.

Nous faisions, ensemble, des feux d’herbes. Nous ramassions les figues. Pour beaucoup de gens – dont je suis – devenir adulte est synonyme de cet abandon progressif de la proximité avec les grands-parents.

Nous ramassions des figues, faisions du feu.

Il m’a appris à moudre du grain pour les poules, mais aussi à nouer seul mes lacets. (J’avais sept ans et demi et on me faisait constamment honte de ne pas savoir le faire.)

Sans doute est-ce pour cela que les grands-parents sont plus attachés à leurs petits-enfants : crainte de ne les voir grandir, mais aussi et surtout certitude de les voir s’éloigner d’eux en grandissant.

Il n’aime pas la littérature, mais il m’a inculqué (inoculé) l’amour des mots.

Pourquoi mes pensées vont-elles vers lui aujourd’hui ?

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mardi, 20 juin 2006

Fatrasie

    Elles auront pleuré les larmes de leur corps.

Du sable, du sel.

Le temps du coucher, quelques mots jetés.

Une chenille d'Australie qui porte, sur sa tête, une couronne, ou plutôt un cimier fait de ses différentes mues passées. Son nom...? Je ne m'en souviens pas.

Il y eut des contrées sauvages, sous leurs yeux.

Elles ont pleuré pour rien.

Du sel, du sable la nuit pour s'endormir.

Quelques phrases s'envolèrent le long des paupières, avec les pierres du chemin.

Il est prudent, cet homme.

Vrombissent les mouches.

Sable sous les racines du saule.

On pleure toujours pour rien.

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lundi, 19 juin 2006

Petits arrangements

    Le récent changement de mise en forme dans les pages Haut&Fort a fait disparaître l'outil de statistique qui ornait discrètement le bas de la page d'accueil. Je viens aussi de découvrir qu'il n'est plus possible de lire toutes les notes d'une même catégorie : seules les dix notes les plus récentes s'affichent. Sinon, on peut toujours afficher la totalité des titres, mais le texte n'apparaît pas.

(Tu ferais mieux, dit Henry Jekyll, de publier enfin ces fonds de tiroir d'il y a dix jours déjà.)

12:00 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2)

Sons si nus

    Quelle est cette parenté sonore  - qu'un musicologue dénicherait illico, tandis que je m'enfonce dans des abîmes d'intuition aveugle et d'amateurisme -  entre l'allegro du Concerto n° 9 KV 571 et le premier mouvement, allegro idem, de la Symphonie n° 6 KV 43 ?

Tu vois, j'ai commencé par ce disque enveloppé dans du papier orangé, et où figure le Concerto dit "du Jeune homme" (ou Jeunehomme, en un seul mot), car j'avais voulu, m'en inspirant, écrire un bref roman épistolaire, en 1991, avant de faire ta rencontre.

La musique souvent me prend comme une mer.

11:11 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 13 juin 2006

Itinéraire dans l'errance

13 juin. 

    J'ai découvert récemment le petit livre que Bertrand Agostini et Christiane Pajotin ont consacré aux haïkaï de Jack Kerouac, et qui s'intitule Itinéraire dans l'errance, Jack Kerouac et le haïku (Grigny : Paroles d'Aube, 1998). Il est fort intéressant, bien écrit, parfois poseur (mais c'est un reproche que je suis bien malhonnête de formuler à l'encontre de qui que ce soit), et il donne, après la partie essai, un choix de "108 haïku" (les auteurs emploient le pluriel invariable), en version bilingue. Certaines des traductions, déjà publiées aux éditions Seghers, sont signalées par des astérisques et sont l'oeuvre de Philippe Mikriammos. Le lecteur doit supputer que tous les haïku/haïkaï qui ne sont pas accompagnés d'astérisques sont traduits par les auteurs de l'essai.

Les lecteurs habitués à mes récriminations pour des vétilles, jérémiades pour du lait renversé et autres complaintes pour des fariboles, ne s'étonneront pas de ce qui va suivre, et que le début de la phrase précédente ("Le lecteur doit supputer") laisse présager, sans doute.

Voici.

Je suis agacé par la très grande imprécision et le caractère franchement foutraque de l'appareil critique et bibliographique.

Les auteurs des traductions sont signalés de manière vague, soit. Mais la bibliographie est au-dessous de tout : ainsi, elle n'est classée ni par ordre chronologique, ni par ordre alphabétique de nom d'auteur, ni d'une autre manière un tant soit peu rationnelle, ce qui fait qu'on n'y comprend rien. Un seul exemple : il est fait état, fort succinctement, d'un ouvrage qui s'intitule Haïku, publié chez Fayard en 1978. Pas de nom d'auteur : on suppose qu'il s'agit d'une anthologie ou d'un florilège (pourtant, les anthologies ont un ou plusieurs auteurs, mais enfin...). Toutefois, cette entrée est précédée d'un ouvrage de Kerouac et de la biographie de Kerouac par Gifford et Lee ; elle est suivie d'un autre livre de Kerouac. Le doute s'installe : ce volume intitulé Haïku, intercalé entre des textes d'auteurs dont le nom commence par K ou G, ne serait-il pas une édition française des haïkaï de Kerouac ?

Le lecteur se tourne alors vers les notes relatives aux différents chapitres. L'ouvrage publié chez Fayard figure dans plusieurs notes du chapitre 1. Ô joie ! En se reportant au texte du chapitre 1, on peut s'apercevoir que les diverses citations de cet ouvrage dans le chapitre 1 sont 1) de Gary Snyder 2) de Paul Claudel 3) non identifiées.

Il doit bien s'agir d'une anthologie, accompagnée pourtant, semble-t-il, d'analyses critiques. Jamais l'auteur ni la nature de cette anthologie ne sont mentionnés. Pas moyen de savoir ce qu'est ce mystérieux livre édité par Fayard en 1978, à moins de faire soi-même les recherches bibliographiques... Pour le lecteur ordinaire, agacement. Pour le chercheur, inutilité fondamentale de ce travail qui s'appuie sur des sources secondaires vagues, peut-être inventées (hypothèse pessimiste ou vila-matasienne). Alors, à quoi bon ?

On me répliquera que je pinaille. (C'est vrai.) Que l'essentiel est dans le texte même, dans les informations données ou les analyses. (Oui, assurément.) Que l'ouvrage donne à lire une centaine de haïkaï de l'écrivain américain, ce qui n'est pas négligeable. (Entendu.) Mais il n'en demeure pas moins que je ne comprends pas ce zèle inexplicable à encombrer un ouvrage de notes et de bibliographies si mal faites qu'elles n'ont aucune espèce d'utilité. Quelles sont les raisons d'un tel zèle ? Pour donner le change ? Pour "faire scientifique" ? Par absence absolue de sens de la perfection ? Et que dire de l'éditeur qui laisse passer un manuscrit aussi mal ficelé ?

J'en termine, avec une remarque sur les traductions, qui ne sont pas mauvaises, loin de là. (Cela dit, pour en avoir tâté, le haïku est sans doute le genre poétique le plus facile à traduire, surtout quand on ne respecte pas le décompte syllabique. (Dans ce cas précis, c'est le poète lui-même, Kerouac, qui écrivait des haïkaï libres.)) Je remarque toutefois de nombreuses fautes de sens ou de rythme.

Ainsi, à la page 152, le haïku

Fish submit,

Fisherman sit

And cast the line

 

est traduit comme suit par les auteurs de l'essai

Le poisson se soumet,

le pêcheur s'assoit

Et lance sa ligne

 

Le rythme (3-4-4) est perdu. La rime (submit/sit) est perdue.

Et le sens ? Petit détail : sit n'est pas sit down...

Plus gênant, maintenant... Le pluriel (fish submit) est traduit par un singulier que seul pourrait motiver le parallèle avec le deuxième vers, si ce n'est que "Fisherman sit" ne doit pas forcément être interprété comme une licence poétique. En effet, à lire cette traduction, Agostini et/ou Pajotin ont certainement pensé que la disparition du déterminant <the> dans "Fisherman sit" était une version poétique (et fautive grammaticalement, pour permettre la rime) de la phrase ordinaire "The fisherman sits". Cela me semble faux. Il est nettement plus plausible de parier sur une moindre distance avec la langue ordinaire, en interprétant les trois verbes submit, sit et cast comme des bases verbales à valeur impérative ou optative. (Un peu comme God save the Queen, mais avec des poissons...)

Une première version de la traduction serait alors :

Poissons soyez soumis,

et toi pêcheur assis

lance la ligne

 

Cette traduction "nouvelle" n'est pas sans défauts, mais elle garde la rime, respecte mieux le sens littéral, propose une alternative rythmique (gradation descendante 6-6-4 en lieu et place de la gradation ascendante 3-4-4) et un réel choix quant au sens. Si les auteurs de la traduction que je critique ici ont pensé que le deuxième vers était une licence poétique au prix d'une double violation des normes grammaticales, il fallait alors traduire par une double faute de grammaire... quelque chose comme "pêcheur s'assoye"... mais tout sauf ce plat et faux "le pêcheur s'assoit", qui ne tranche sur rien.

(Je vais encore me faire des amis...)

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mercredi, 31 mai 2006

Questions que je n’ai pas posées à Nathalie Léger

    L’auteur des très émouvantes Vies silencieuses de Samuel Beckett a donné hier soir une belle lecture d’extraits de son livre, et répondu avec douceur et maestria aux questions, pour une séance joliment ouverte par Laurent, le libraire du Livre, qui avait écrit un texte d'ouverture très réussi et qui semblait pétrifié par le trac, alors que, m’a-t-il semblé, il n’y avait là qu’une trentaine d’habitués – je ne vais, pour ma part, presque jamais à ce genre de rencontres, non par manque d’intérêt mais parce que je n’y pense pas (hier soir, j’y ai pensé), mais les personnes présentes se connaissaient toutes, se faisaient la bise, sont restées pour le verre de clôture, vous bousculaient aimablement car c’était de ne même pas s’apercevoir de votre existence – qui ne pouvaient en aucun cas le mettre dans cet état (on dira que c’était la présence, étrangement envoûtante, il est vrai, de Nathalie Léger à ses côtés).

N’ayant pas pris de notes, je ne saurais que mentir ou approximer dans mes rafistolages de souvenirs, mais je vais poursuivre le dialogue, au moins dans cet espace neutre et public, en couchant par écrit quelques questions que je n’ai pas posées à Nathalie Léger. Je peux dire que j’ai posé une question sur la méthode (mais j’aurais voulu aussi la lier à sa remarque antérieure sur le jeu de Glenn Gould et suggérer la notion d’improvisation à la Michel Butor) et une question sur l’épigraphe des “Précisions” sur lesquelles s’achève l’ouvrage. Pour le compte rendu, il faudra une meilleure mémoire ou une plume plus alerte que la mienne.

***

Son ouvrage – ni essai, ni témoignage, ni autobiographie, ni rêverie, mais tout cela à la fois – est d’une lecture très agréable, que je vous recommande.

***

 

J’ai dû mal poser ma question sur le rôle joué par les photographies, car Nathalie Léger a surtout répondu à la question des archives et du rôle de déclencheur d’écriture. En fait, ce qui me paraissait intéressant, c’était sa fascination pour certaines photographies plutôt que pour d’autres, d’autant que, dans sa réponse à la première question de Laurent, elle a longuement parlé – mais sans référence aux portraits de Beckett – du punctum et du studium barthésiens. Donc, mieux formulée, la question serait : « quelle est la part agissante de l’imagination dans votre écriture à partir de photographies, notamment dans la mesure où vous vous mettez à la place (dans la peau) du photographe, plutôt que de Beckett lui-même ? » (Je pense notamment aux pages 85 à 87, à propos de Jerry Bauer.)

Autre question, comme vous parlez à propos du couple improbable formé par Beckett et Suzanne, chère Nathalie Léger, de « l’immanquable numéro de clown de la conjugalité » (p. 90), diriez-vous qu’il y a quelque chose de clownesque dans l’œuvre – même non théâtrale – de Beckett ?

Autre question encore, comme vous évoquiez, tant dans le texte (p. 24) que dans l’une de vos réponses, le grabat, que pensez-vous de l’analogie possible entre le mot birth, dont vous rappelez l’impossible traduction selon Beckett lui-même (p. 12), et le substantif berth, qui désigne la couchette étroite des marins, espace clos, espace de navigation, worstward ho !?

(On comprend que je n’aie pu poser cette question de cette façon-là ou dans cette syntaxe là, au risque de paraître définitivement fou. (D’autant que, pour être complet, il faudrait ajouter, sur cette question de la naissance, une remarque à propos du statut d’enfant sans enfants de Beckett, mais aussi sur sa demeure d’Ussy, que le livre de Nathalie Léger évoque souvent, et dont le nom se prête à l’inversion significative : Ussy est l’inverse de l’issue, le sans issue, ou la possibilité d’avoir une issue… ? (D’autant que, pour être complet, il faudrait faire remarquer que Pinget commence à employer le verbe “issir” après sa rencontre avec Beckett, etc.)))

Autre question encore, Deirdre Bair rappelant la formule récurrente de Beckett au sujet du travail biographique qu’elle entreprenait, “I will neither help nor hinder you”, vous semblez n’avoir retenu, de l’influence de Beckett sur vous, que le caractère suggestif, fertile, secourable (helping), et nullement un quelconque obstacle (hindrance) à la parole ou à la prise de parole.

Autre remarque, votre essai témoigne d’une véritable écriture, d’une voix d’auteur. Ce qui m’a le plus frappé, ce sont les phrases courtes, qui sont très rares. Il y a aussi, s’agissant de la rencontre entre Beckett et Carl Einstein, votre belle métaphore, qui décrit « la pensée de Beckett marchant dans les traces de celle d’Einstein » (p. 37). Elle rejoint, en la contredisant partiellement, la question d’une personne de l’assistance, relative aux lieux et à la claustration dans l’œuvre de Beckett. L’œuvre de Beckett me semble se prêter, au contraire, à l’écho, fait de pérégrinations et de déambulations, que vous en donnez.

Autre question encore, comme votre livre retrace, de manière fictionnelle, la rencontre entre Beckett et Bram van Velde, quel est votre avis sur les deux ouvrages que Charles Juliet a consacrés à ses rencontres respectives avec l’un et l’autre ? (Nathalie Léger a aussi évoqué Cézanne, à propos de la citation de Rilke qui lui paraît emblématique de son projet d’écriture ; or, Juliet vient de publier une lettre à Cézanne intitulée Cézanne un grand vivant…)

(L’intertextualité est un passionnant jeu de fous, où s’invente la quadrature du cercle.)

J’en finis là de mes questions, chère Nathalie Léger, en sachant que d’autres, en grand nombre, restent en suspens.

09:49 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne

lundi, 08 mai 2006

Vertigal

    Chose inhabituelle, le sachet de thé Rembeng que j'attrapais dans le placard est tombé à la verticale, sans nullement s'ouvrir ni, par conséquent, répandre à terre son contenu. Hier soir, j'ai commencé de relire Le Voyage vertical, mon roman préféré de Vila-Matas.

Ce n'est pas souvent que je relis, même un livre aimé. Mon thé infuse.

 

(Il avait le vertige à l'idée d'être publié aux éditions Verticales. Pourtant, à la première occasion, il s'est enfui vers la rue Bottin.)

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