mercredi, 27 février 2008
Gare de Facture (version 458/547)
[ 20.02.2008., comme tous les textes de cette série ]
Ornette bande ses anches. The Ark : l’arche. On brandit des étendards, l’orage tombe en miettes.
Ailleurs. Le jour se lève sur le port d’Arcachon. Les promoteurs ont tout salopé, bien sûr ; l’anarchie règne dans la station balnéaire ; seuls quelques quartiers – quelques rues – ont gardé une part de leur harmonie.
Voici que les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pluvieux pétrole dorment encore d’un sommeil tardif, à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune fulgurante aux paupières. Le seigle s’envole en miettes de papier d’écume.
17:17 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arcachon, écriture, ornette
jeudi, 17 janvier 2008
Lire, un pavé (pour aider à la noyade)
# avec 7 liens hypertextuels impersonnels #
Certaine d’avoir conservé, dans son coffre-fort, le souvenir des jours anciens du collège de nonesses, elle avait traversé le très large boulevard sans songer que, sa bottine droite ayant buté contre un pavé descellé, ce simple incident donnerait le signal d’une longue série d’oublis. Elle en fut pour ses frais, la rombière. Ça lui apprend à tergiverser, du plomb dans la cervelle. On ne peut que constater l’envahissement du terrain vague par les marteau-piqueurs de l’amnésie, comme certainement d’autres coffres-forts, en d’autres contrées, en portent les stigmates.
14:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fiction, écriture
mardi, 04 décembre 2007
In your hammock

04:19 Publié dans Onagre 87, Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, écriture, Photographie, Ligérienne
jeudi, 22 novembre 2007
....... gubre gon .......
Je m’éloigne en pleurant dans la lugubre gondole. Non, je ne pleure pas ; je suis plus vautré qu’allongé. Le désespoir me serre, et je ne sais même pas si le ciel est noir. Une lueur de douleur perce la trame des ténèbres. Lentement, le corps emporté à la dérive, las, je contemple les clapotis sombres où mon reflet n’apparaît pas. On a frappé trois coups secs dans le désert des forêts, au point de chasser l’ombre de l’eau. Ma vie s’en va dans la lugubre gondole.
15:49 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Musique, écriture
mercredi, 17 octobre 2007
Après le déluge
Que de temps passé et que d’eau écoulée depuis que l’on foula ce sol hostile, après des journées de canoë, des heures de marche, des nuits passées à essayer de retrouver toutes les rimes du nom Joan – ce qui ne va pas sans dire –, et dans les ténèbres découvrit cette montagne sculptée, ce temple comme inca, dont jour après jour par familles ou faisceaux d’amis nous gravissons les degrés jusqu’à ne plus savoir le goût de la sueur sur nos mentons, comme à l’époque des canoës.
09:40 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, écriture
lundi, 08 octobre 2007
Versant muscade (versus 407/494)
Dire que tout est parti de mille mauvais caractères… Compote dans les coulisses. J’ai oublié ce que j’ai aboli. Elle s’étouffa. Dans ce jeu de dupes, si je tire les ficelles, on me dira bon pour le service. Ce n’est qu’après avoir fait enlever le cadavre que l’inspecteur remarqua la cuillère grasse. À qui ? Je regarde ces deux enfants qui se roulent des gamelles, avant de sortir un gros paquet de farine. À l’arrière, je reprends où je m’étais arrêté : on glisse dans la compote expertement.
03:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fiction, écriture
vendredi, 07 septembre 2007
Tout ça au décap’four
Ce sera la dernière fois qu’on boit du rembeng.
Il s’ensuit un dialogue un peu théâtral entre l’épidémie de coqueluche et l’épidémie de roséole, qui se tirent la bourre. (La couverture à soi.) Nettoyer la margelle de la fenêtre au décap’four, mais ça va pas, la tronche ? Enfin, ce qui est fait est fait…
On parle d’appui, pas de margelle.
Le beau temps se barre, ce sont des soliloques pour les mendiants, et au fond du puits même l’eau brune gèle. Tout comme Ophélie, on se couche.
16:05 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Fiction, écriture
mercredi, 04 juillet 2007
Dans le gris laiteux de l’été
Le jour est gris comme un matin sans café, où l’on a bu deux ou trois tasses de lait froid accompagnées de tartines sans parvenir à s’éveiller. On a préparé la poudre dans le filtre ; l’eau est dans le réservoir haut du percolateur ; mais on ne se résigne pas à enclencher le bouton On. Plusieurs livres sont en souffrance, à l’étage. La douleur donne des coups sous la carapace. Comme l’esprit, vif jusque là, s’est lentement défait de ses chimères, plusieurs textes sont en souffrance.
05:50 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Fiction, écriture
mardi, 03 juillet 2007
Relance
C’est compulsif. Oui, c’est surtout très con. Quand on imagine la pile de livres et aussi les fourmillements de textes qui ne demandent qu’à naître… Mais il faut aussi se fourvoyer, parfois, dit la voix de la paresse, ou du divertissement. La fable du fils prodigue, en ces temps de pleurs à ne savoir calmer, tient le choc, prend des coups pour son grade. On n’en finit pas de finir, on s’en fout pas mal de se fourvoyer aussi. Alors la distance est longue encore. Chantier relancé.
09:50 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
jeudi, 29 mars 2007
Train de nuit
Au sujet des gloses il ne tarit pas d'éloges. Du troisième balcon, avec ses jumelles de théâtre dorées, elle cherche à voir la couleur des sous-vêtements de la danseuse étoile. Près du foyer où luit, d'une incandescence pâle, une bûche presque consumée, tu bois de la tisane. Il travaillait dur, bachotait avant chaque examen, en quelque sorte au galop d'essai. La musique (Out of this World par le quartette de Coltrane) te trotte dans la tête. Voici quelques-unes, mais parmi tant d'autres, des choses que je préfère.
09:00 Publié dans Dimanche pleurera, J'Aurai Zig-Zagué, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Jazz
mercredi, 07 mars 2007
Souvenir de chez Labadie
Avec une bouteille de Gewürztraminer, le préambule (velouté de petits pois et œuf de caille sur toast) conduisit sans encombres à l’entrée (trois belles tranches de foie mi-cuit avec confit de roses et fraise en tranches, verre de graves blanc), au plat (rognons de veau au madère & légumes en pâte fine), avant le dessert (tulipe de sorbets). Le déca était excellent.
Dans la journée, la banquière avait dit « votre maman », et le notaire « votre papa ». Puis on a mis If not for you sur la platine.
18:40 Publié dans 410/500, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 26 janvier 2007
Grives litotes
Jamais je n’avais écouté attentivement la Turangalila, ou alors je m’étais fourvoyé, elle ne m’avait pas emporté dans sa danse. Aujourd’hui, tout en fixant les tulipes roses et blanches, après les jeux, dans la tiédeur du soir qui tombe et les lueurs farouches du jour qui de nouveau s’attarde au-delà de six heures, je ressens chaque note, chaque envolée de chaque pupitre, chaque passage doux et chaque flamboyant moment, avec une acuité décuplée, comme en proie moi aussi à l’une de ces drogues pavillonnaires. Turangalila de flammes.
18:15 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Musique, Messiaen
dimanche, 14 janvier 2007
Phlegma Phighter
Embourbé, enlisé. Horriblement toujours enlisé. Je voudrais me défaire, m’extraire de cette gangue de boue de mare où je suffoque, mais embourbé, enlisé, le moindre de mes mouvements, s’il fait craqueler la boue gercée ou sèche, ne me libère pas. On n’entend pas tellement la contrebasse. Zigzaguer comme les gerris, glisser sur l’eau de boue comme les gerris cet été, mais me voilà à tout jamais embourbé, enlisé. On prendra un couteau, même un long coutelas pour couper la boue sèche, mais mon corps restera ici embourbé.
13:05 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Jazz
dimanche, 31 décembre 2006
Ecaroh I et II
La couverture est rouge vif, mais en gros plan sans macro elle a l’air fade de la chair des crevettes. (Je mange toujours la tête, les pattes, tout.) Faute de grives, on mange des merles, me lança le directeur. Et d’huîtres, des bulots. Lui répondis-je. Il faut dire que la mer moutonnait, se démontait jusqu’à former plaies et bosses, au bord des saignées pelucheuses. Une longue pirogue verte se démenait, mais c’était déjà un récit tragique. Tout ça pour une photo, me tança, toisa, tourmenta le directeur.
21:30 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, écriture
Saint Sylvestre

Voici peut-être Saint Sylvestre. Il a connu des marchands d’or, et de viles carabistouilles.
Voici peut-être Saint Sylvestre. Dans les forêts, livré aux ruées des sangliers et des ruades des cerfs, il s’est nourri d’épreintes et, veule, s’est épris d’une vouivre.
Voici peut-être Saint Sylvestre. Des fleurs comme des anémones lui disent de voyager plus loin. Il s’est perdu dans les marécages. On a bu avec lui d’affreux breuvages.
Un jour, en pleurant des larmes de feu, il a dit, à l’année 2006, un long adieu lumineux.
14:55 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, écriture
lundi, 25 décembre 2006
On n'en revient pas

D'ordinaire, dans les prétendues "remastérisations" d'anciennes chansons de Gérard Manset, il n'y a absolument rien de nouveau. Une des exceptions notables est le gommage de plusieurs demi-vers, dans "Ils", sur le CD de La Mort d'Orion.
Il faudra désormais ajouter, pour mon répertoire, la version du "Masque sur le mur" qui se trouve dans le coffret Capitaine courageux (EMI, 2002).
Il grogne, il gronde, il rugit. Il pleut doucement dans les rues, et, le long des murs, ruissellent aussi des larmes. Cherché le choc, fendu le roc.
17:55 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Photographie
lundi, 04 décembre 2006
Place Charles VII, Universal Indians

Tout de même, ce n'était pas si terrible de pousser la grille et de déposer, sur le front nu et froid du bronze qui s'ennuie, un baiser solitaire. Si on vous jette, d'une fenêtre haut placée, l'eau savonneuse de quelle vaisselle, vérifiez que vous n'avez rien oublié à votre place. Le néon cligne bruyamment, et j'aspire au repos. Bribes de mots... rire comme un veau. Le texte s'est désuni, fausse manipulation. Au train où vont les choses, les peaux rouges ont dû parcourir l'univers, d'une poudre tourbeuse.
10:45 Publié dans Onagre 87, Rues, plaques, places, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Poésie, Jazz
samedi, 02 décembre 2006
Forza !
Sur les murs blanchis, reblanchis, à la chaux, le prince emprisonné (en des temps reculés où les Playmobil n’existaient pas) avait ponctué de signes répétitifs, décorés sa cellule, où ne manquait pourtant pas de trôner un âtre, histoire de se réchauffer le cœur. Certains de ces dessins demeurent farouchement énigmatiques, comme l’espèce de tube rouge à capuchon rond, où l'on perçoit un préservatif démesuré, ou, peut-être, un sexe de cheval dont la longe aurait été, trop lourdement, tirée. Neuf mots encore peuplent le silence de la cellule.
08:20 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne, Littérature, Art
lundi, 20 novembre 2006
Vitraux, version 417/502

Au cours de la semaine qui s’achève, je n’ai publié « que » vingt-deux billets, dont certains tout à fait futiles ou peu au faîte de ma prose.
Charles VII s’en bat l’œil, forcément.
(Que l’on tire au cordeau des mots qui auraient pu sortir au forceps, cela me surprendra toujours.)
Parlez donc aux freux, qu’ils avouent un peu ce qu’ils faisaient dans ce champ de ruines (mon rêve). Ils s’envolent en noires traînées, ces jolis plumis qui me ramènent tant d’années en arrière, quand j’étais encore le roi.
00:03 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Ligérienne
samedi, 18 novembre 2006
On est comme je suis
Il s'agit d'une réécriture du mythe du jardin d'Eden. On se rêve doucement, délicatement, paisiblement transporté dans un lieu sans souffrance, lieu d'absolue solitude. 
Pas de femme, nulle compagne. Ataraxie, être allongé. On trouve enfin le repos, avec Dieu. Jardin d'Eden sans Eve. On rêve absurdement.
Ce poète part à Dax, encore. Croit-il que le plaqueminier soit l'arbre de la Connaissance ?
(Au mur, lumineuse, la signature du geste lyrique vient désigner le seul fruit mûr, prêt à choir, lâché par ses amis comme un souvenir égaré.)
17:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Photographie
lundi, 13 novembre 2006
Chiens de Langeais (version 461/548)

Enregistré en direct dans les années 1970 et paru en version remasterisée pour la première fois en 1999, Four Winds est une composition pour quartette, avec Braxton himself toujours poly-instrumentiste (sax sopranino, clarinette et piccolo), Dave Holland à la contrebasse, Barry Altschul à la batterie et le stupéfiant George Lewis au trombone. (Ai-je déjà dit que le trombone était, en jazz, l’un de mes instruments préférés ? C’est sans doute pour cette raison que, pas du tout nerveux, j’en démantibule parfois un ou deux tout en faisant cours.)
10:10 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Ligérienne
lundi, 06 novembre 2006
Groupe & ombres, version 405/491
Comme la vie se nourrit d’avoine, dans les lieux attristés, votre regard se charge d'ombre, la mêlée du temps sur l'épaule, et la griffe de l'histoire sur le fond drapé du ciel. L'universelle araigne n'est peut-être pas passée par ici, mais son souvenir s'y perpétue, de ce balcon, belvédère où les derniers instants du jour virent au bleu.
Arbre, ce n'est pas la peine d'ouvrir ainsi la gueule. Lion, ce n'est pas la peine d'effacer la trace de tes pas. On n’oublie pas le fard des phrases.
12:50 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Poésie, Littérature, Photographie
mardi, 31 octobre 2006
Délicatesses du dialogisme

C'est toujours la même histoire. (C'est une phrase banale : c'est toujours la même histoire qui commence toujours par la même phrase banale : c'était toujours la même histoire.) On grimpe les escaliers, on dévale la pente.

Que des terreurs inopportunes, finalement. Le vieux bal infini des stations balnéaires. Il prit son flingue, Julien , ras-le-bol de ces courges, ces vieilles bourges. Ouais, je vais me la faire, sur son vélo. Tout de même, calme-toi, on n’a pas vu le bout du tunnel (ni la fin de tes conneries). Onaniste, va.
16:55 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Photographie
dimanche, 15 octobre 2006
Chant de bambous
Clair et net, l'enchevêtrement laisse filer ses musiques amères, comme du verre tinte dans la nuit, le fête bientôt finie, et des feutres posés sur les cymbales, des coups de marteau cotonneux lancés à l'assaut de l'espace, on joue des épaules à n'en plus finir, comme une pointe fine marque de sa lame un pleur tombé sur les pages d'encre verte, et, les épaules vibrant encore de ce chant sonore, on s'en retourne à l'abri des buissons, dans les haies dénuées de cette forêt verticale, vertige consommé.
Jardins de Chaumont, 7 octobre 2006.
13:45 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Ligérienne, Littérature
mardi, 10 octobre 2006
Nargue orange
C'est un jour d'images, où la vue se substitue aux choses lues ; le long de la Loire, sur les bancs nous nous affalons, vautrons, épanchons, de but en blanc lisons mais surtout matons. Docile, l'air se laisse humer. Docile aussi, la libellule que l'on voit passer près du cormoran impassible nous parle de mondes rêvés, de vies impossibles, dans des gabares, au bord de la Loire. Si on vivait au jardin, à dormir à la belle étoile, à se démener pour survivre, ce serait une autre affaire.
17:55 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Traduction
lundi, 18 septembre 2006
On bon
Dans C’était toute une vie, François Bon use de l’impersonnel d’une curieuse façon. On, c’est, semble-t-il, souvent, le narrateur, écrivain animant des ateliers d’écriture à Lodève, quoi qu’il dise aussi je, parfois. Y aurait-il un « moi » réel et un « moi » fictionnel, passé au tamis du récit et ainsi désigné par un on dépersonnalisant ? Peut-être… L’usage fréquent du pronom impersonnel contribue aussi à la tonalité volontiers populaire du style : outrance du neutre, recours aux élisions ou aux tournures familières, et ce de manière très appuyée, par recherche d’effet.
11:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
mercredi, 13 septembre 2006
Cahier à spirale
La princesse aux yeux de lune ? Très peu pour moi, je préfère les vieilles prunes ou les petits pois.
Et alors, ce n’est pas incompatible, si ?
Admettons. En tout cas, vous savez qu’il fait de nouveau très chaud sur le gravier, et que les ardeurs du traducteur reprennent.
Oui, il a les veines gonflées à bloc, les yeux rougis de fatigue, des cernes que c’est pas permis et le ventre noué.
C’est affreux. Que peut-on faire ?
Je ne sais pas… La princesse aux yeux de lune, peut-être…
11:53 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 10 septembre 2006
Sinfonia concertante KV 364, Andante
Bouleversante : a-t-on encore le droit d'employer cet adjectif galvaudé pour parler d'une musique ? Oui, si elle me bouleverse. Elle me point, me tourneboule. L'alto s'envole doucement, et nous, figés au sol ou au tronc de l'arbre, comme de tristes grimpereaux, sommes à la peine. La douleur de tant de douceurs passées finit par s'évanouir devant les répons de l'orchestre, qui offre au violon ses points de côté.
Des mémoires enfouies, des sensations terribles apportent leur pierre à ce chemin qui n'était, avant l'andante, que gravats. Sommeil écarquillé.
15:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 09 septembre 2006
La boucle est bâclée
Il en était question hier. Calligramme, phrase à recomposer, fragment de récit : la page 18 d'Ars grammatica est tout cela. (Un lasso, aussi, pourquoi pas.)
(Sur l'image de mauvaise qualité, on devine les dessins du verso par transparence. On y verra, pompeusement, pédantiquement, un symbole de la lecture en contexte.)
Robe, encore et toujours voilure, misaine : récit maritime, naufrage érotique.
Brusque, le chef des pirates se lance à l'abordage.
Envie, de poursuivre la lecture, encore et toujours.
Déchirée, est-ce la page, si je mets à la voile ?
12:40 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
vendredi, 08 septembre 2006
Écrit dans l’obscurité
7 septembre, neuf heures du soir.
Tout de même je veux écrire. Ces quatre chats criards me fatiguent. Je suis assis sur une chaise, au balcon : posture rare ici, si fréquente autrefois à Coppelia. (La résidence.)
Le peu de lumière que j’ai me vient d’un lointain lampadaire. Si j’étais gaucher, je ne cacherais pas le peu de lumière que j’ai. Tourne donc ta chaise, imbécile. Ta chaise rouge comme un chat. C’est vraiment s’abîmer les yeux, mais ces chats criards me fatiguent. M’usent le blanc. Quand passerai-je au verso ?
C’est fait.
J’y suis.
16:50 Publié dans Diableries manuelles, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 04 septembre 2006
34.
Nul ne le sait, mais en d'autres temps je me mourais d'amour pour une étoile. Elle sombra corps et biens dans l'eau de vaisselle sale, infecte, ou dans la Voie Lactée, ce qui revient au même. Les soupirs d'amour, comme un duettino, émurent la duègne, qui me rossa de belle façon. Qu'elle aille se faire voir, pensai-je
Devant son miroir, digne, la duègne rend son tablier, mais César n'en veut pas pour tout l'or du monde. Las, langoureux, il préfère voir s'égorger deux lions armés de glaives.
11:02 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 03 septembre 2006
Jardins de Valmer, 1 (version 427/527, et dernière)
À Valmer j’imagine que je mettrai en scène – un jour prochain hallucinant – une version des Liaisons dangereuses – avec Jean-François Balmer dans le rôle de Valmont – et Rufus dans celui de Merteuil – à condition de représenter ses scènes dans les salles de ce joli moulin près de la Charente – surtout qu’il y a – non loin des jardins splendides dont il est tout de même question – et de leur « pergola des cucurbitacées » – le château de Jallanges – où les cigognes pleurent Pascal – et les merveilles de la dormeuse du val.
00:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 31 août 2006
The First Mess
Comme l’on cherche à savoir si l’expression ataxie motrice existe bel et bien dans le jargon médical, les rythmes entrecoupés et bringuebalants du duo exceptionnel piano/batterie des comparses Myra Melford et Han Bennink donnent l’image d’un corps qui se déglingue mais qui, en cela même, se cherche, réinvente la démarche, au point d’en proposer une théorie toute neuve, à cent lieues des codes balzaciens, et dans l’affalement superbe, pareil au vol ascendant et frénétique de l’alouette, vautrement sur un canapé qui s’avère, en dernière instance, une piscine.
13:15 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 02 juillet 2006
Adagio KV 411
Si les silènes s'emboîtent comme des ronces dans la nuit, je ne verrai pas les silures qui chantent pourtant d'une voix si douce, à en attirer les marins sur les récifs et au pourtour précieux des ombres. On ne vit qu'une fois, et vous verrez de quel bois je me chauffe.
Chacun son métier, les flûtes seront bien boisées. Ou, si les lamentations s'élèvent jusqu'aux cieux, verrai-je les amants qui, tombés dans le fleuve à son estuaire, creusent leur amour à belles dents, comme un fruit talé ?
10:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 28 juin 2006
L'avant de votre véhicule ne doit pas dépasser cette limite
Les habitants de La Roche Posay sont obnubilés par le stationnement, et par les éventuels empiétements sur leur place de parking privative. On ne voit, partout, que panneaux de stationnement interdit et autres signes souvent faits maison. Sans doute ont-ils beaucoup à se plaindre du tourisme. Pourtant, on ne dirait pas.
Le plus tristement comique, c’est ce moulin délabré, rafistolé de bric et de broc, dont les habitants cherchent à préserver vaille que vaille les quatre emplacements, très proches – il est vrai – d’une aire de pique-nique publique.
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lundi, 26 juin 2006
Tisane à la réglisse
Soucieux de vous éblouir de mettre à profit ces carnets pour coucher par écrit certaines réflexions qui me viennent en lisant, écrivant, je voulais, ce soir, parler du personnage de Vladimir Horowitz dans un roman de l'Argentin César Aira, de la poésie de Rilke, dans laquelle je m'absorbe chaque soir en regardant le foot (non, ça, il ne faut vraiment pas l'avouer), ou noter quelques points de traduction, et, trop fourbu, je me retrouve à écrire le distique suivant :
Tisane à la réglisse
au pays des merveilles
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mardi, 20 juin 2006
Fantaisie KV 475
Funèbrement tu commences. Lugubrement tu poursuis. Mélancoliques, les adverbes se succèdent comme des notes. L’imagination ne peut voir. Ce que l’imagination ne peut voir. Ce que le monde – ou la Princesse Printemps – ne peut voir, c’est l’adverbe déplacé, la note presque fausse.
Hier soir, entre onze heures et minuit, je lisais dans la bibliothèque, pièce où l’on s’attarde rarement. Deux grosses mouches finirent leurs jours sous mon espadrille. Un moustique suivit. Puis ce fut le calme, seulement ponctué des craquements de la charpente.
On s’attarde rarement ici.
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mardi, 30 mai 2006
Rien à l'affaire
Non seulement il se consume à traduire, mais aussi à lire ou consulter ou même compulser des ouvrages théoriques ou plus expérimentaux sur le traduire, sur la traduction, ce que Meschonnic, récusant le terme trop scientiste et traître de traductologie, nomme la "poétique du traduire", sans omettre quelques chapitres d'autres livres, de ci de là, des tâches ingrates comme l'organisation des examens écrits et oraux de troisième année (ma roue d'Ixion), ni oublier un peu de sommeil en marche, les affaires courantes et la vie de famille.
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vendredi, 26 mai 2006
De l'eau sous les ponts
Parfois, d’avoir bu une tasse de café trop amer ou trop fort, vous vous retrouvez avec une soif inétanchable – peut-être due, surtout, aux deux tranches de poitrine fumée « à la gitane » qui composaient votre déjeuner une heure auparavant – et buvez, dans la foulée, des litres d’eau. Vous apprenez le même jour qu’une jeune femme vient de publier un ouvrage qui, dans l’esprit, est très proche de votre œuvrette en 31 brefs chapitres, et qu’elle rencontrera ses lecteurs à la librairie Le Livre, mardi soir. On croit rêver.
13:53 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mardi, 23 mai 2006
Luc
Vous misez gros sur mes miniatures. Ma vie file entre les ratures. Je suis mon scribe, et gribouille mon spectre. Ai-je oublié ma promesse d'écrire des gabay en français (si tant est que cela soit possible) ?
On voit se profiler, à l'horizon découpé par les fémurs, les ramages, les mirages, quelques miniatures qui prennent de l'embonpoint avant de regagner la berge. Plus proches, ce sont des cygnes qui, nonchalants, hautains, se refusent à vous lorgner.
Il ne vous reste qu'à remballer votre pognon, et aussi vos quignons.
12:40 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 11 mai 2006
"Le plaisir primitif de la cueillette"
Sur le chemin de l'école, au retour, mon fils a cueilli un bouquet composé de quatre marguerites, puis a ramassé quatre samares. S'en est suivie une conversation philologique de très haut vol sur le genre du mot samare. (Vérification faite, samare est bien féminin, comme je le soutenais. En revanche, le Robert culturel cite les samares "de l'orme et du frêne", alors que, dans mon esprit, ce fruit était associé à l'érable.)
On n'a pas fini d'entendre parler de l'herbier commencé en avril. Feuilles et fleurs sèchent.
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lundi, 08 mai 2006
Comment déblatère-t-on ?
De récents voyages, je ramène des brassées de photographies, dont je n’ai encore publié aucune, préférant toujours donner l’ascendant, en moi, à l’attrait de l’écriture pure, à tel point que ce bref romanceau, Le vin est tiré, que j’avais commencé de faire paraître dans la catégorie Pauvres Pyrénées, souffre d’un certain retard, ou même a subi d’un coup d’arrêt, car chaque chapitre (ou presque) est illustré d’une photographie, et que cela me prend, en fait, plus de temps de chercher puis choisir une image que de déblatérer.
08:50 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 05 mai 2006
Vignettes du vendredi, 4
Dans le Monde d'hier daté d'aujourd'hui (je ne m'y ferai jamais), et que je lus en un peu plus d'une heure hier soir dans le train qui me ramenait à Tours, il y avait un entretien très intéressant avec Gore Vidal, dont je n'ai jamais lu la moindre ligne *, et qui me donne envie de mieux connaître son style et son approche assez personnelle, apparemment, des questions du réalisme et de la forme narrative.
* Dictionnaire des idées reçues, suite.
MuMM - N'en a jamais lu un traître mot.
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mardi, 02 mai 2006
Sfar away from me
Joann Sfar vient de publier un nouvel album, le premier d'une nouvelle série. (Rien d'inouï à cela : il doit pondre dans les dix à douze albums par an.) Je m'apprêtais à l'acheter, pour c'était, qui est une "fan", quand mon regard tomba sur la quatrième de couverture, où figurent les témoignages élogieux de quatre personnalités ultra-branchées : Daniel Pennac, Cédric Klapisch, et j'ai préféré oublier les deux autres, peut-être pires. J'ai reposé l'album. (Et ne m'engueulez pas parce que c'est surtout dégueulasse pour ma compagne. Je le sais.)
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lundi, 01 mai 2006
La Voilure à Verteuil
Passe la Charente, à la douceur du flot. Ce sont des étreintes, si l'on se laisse dériver près de l'île. Au ponton, quelques piquets laissent deviner des barques absentes. Plus loin, c'est une autre nouvelle de Maupassant, plus champêtre encore, si possible. Les hôtes du moulin lèvent un regard sourcilleux, car il n'y a jamais plus de soixante voitures par jour, même en plein centre de ce village. Le bonheur est là, dans la soie intouchée des cieux qui se reflètent et des eaux qui se mêlent.
18:45 Publié dans 410/500, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 27 avril 2006
Zizim
Vous ai-je déjà raconté comment je vécus enfermé, pendant trois pleines semaines, dans la tour de Zizim, à Bourganeuf ? Le Robert des noms propres, que je consulte pour retrouver les dates du prince (Andrinople, 1459 – Naples, 1495), indique bien qu’il (Djem) fut vaincu par Bâyazîd II (Bajazet) puis retenu prisonnier en France, mais il ne parle pas du tout de Bourganeuf. Pourtant, tous les Bourganiauds, eux qui s’inquiétaient de ne jamais me voir sortir, et de me penser dépérir, ont gardé le souvenir du prince ottoman.
16:35 Publié dans Les Murmures de Morminal, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 25 avril 2006
Hit the road, MuMM
Samedi.
À peine une conversation sur telle contrée, tel village, tel voyage possible – à peine la lecture de quelques pages où éclate un lieu, une région, les bords d’une rivière – à peine si je feuillette un atlas, une carte routière – et je suis pris d’une frénésie de bourlingue, de voyage – découvrir une petite abbaye méconnue, un panorama qui semble superbe, une église de village avec son café délabré en face, ce château qui justement n’ouvre pas le jour où vous passez aux alentours, ces routes et ces déroutes.
11:25 Publié dans 410/500, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 17 avril 2006
Boulevard Jourdan
17 avril, 10 h 30.
Au lieu de vous entretenir oiseusement et sempiternellement de la fièvre des nombres, je pourrais bien insister sur mes folies alphabétiques, qui m’ont permis de découvrir, jeudi dernier, l’œuvre poétique de Pierre-Albert Jourdan, dont même le nom m’était inconnu, mais qui m’a happé tandis que je cherchais, sur le catalogue du Service Commun de Documentation, s’il y avait des ouvrages de Dieudonné Jourda (pas trace) ou de Pierre Jourde (si fait). Depuis, je lis, par à-coups, les proses brèves de L’Espace de la perte, qui sont éblouissantes.
19:05 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 14 avril 2006
Métalittéraire
Loi des carrés : les Soixante-dix-sept miniatures doivent être, in fine, 77 ; de même, il faudra cinquante-neuf textes dans la catégorie 59, et quatre vingt sept pour Onagre 87.
Plus subtil : dois-je m'en tenir à trente-et-un tankas ? Roubaud est déjà passé par là. (Au cube et plus bellement, soit.)
Idéalement, la catégorie 1295 devrait compter 107 ou 83 textes.
Heureusement, d'autres chapitres me laissent tranquille, mais je m'aperçois, écrivant ceci, que j'ai oublié de poursuivre la série des faux dictons de ce mois.
(Quel faux jeton que moi !)
16:05 Publié dans Fièvre de nombres, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 12 avril 2006
Codex un poco Faenza
Dédier une semaine à saint Ouen, prendre les eaux à Eugénie et les orgues à Rouen. J’ai appris récemment que lycaon se prononçait vraiment [likaon] et non [likã], comme, par analogie avec Laon, paon, faon, taon, je me l’étais figuré. Mélopées qui défigurent les visages du Christ, mais on n’est pas à l’abri d’un sursaut de cabri, d’une ruade d’âne, d’une valse chevaline débridée qui viendra, par la faune, remettre nos préjugés à leur place. Dans le square noir de monde, les feuillages applaudissent à tout rompre.
07:15 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE
mardi, 11 avril 2006
Hodie
Aujourd'hui, mon fils a cinquante-sept mois. Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, il n’avait vraiment pas envie d’aller à l’école. Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était remplacée par une dame qui ne dit (aux petits ni à leurs parents) ni bonjour ni au revoir, ne surveille pas les enfants dans la cour, et se laisse totalement déborder dans la classe. Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était absente, car elle ne se remet pas d’avoir couru le Marathon de Paris dimanche dernier. Aujourd’hui, on va « faire aller ».
08:45 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 10 avril 2006
Affetuoso
D’une trouble majesté, Affettuoso (première pièce du disque d’Œuvres d’orgue de Joris Verdin (dont il est lui-même l’interprète)) se situe dans le sillage d’un Messiaen, sans paraître en partager le goût des sphères éthérées. Bien plus chtonienne que celle de Messiaen, cette musique se développe dans la rugosité de piliers d’église marqués par le sang des sacrifices. Le titre est-il ironique, ou suis-je sourd aux intentions du compositeur ? On a beaucoup glosé, en ma présence, de ma fausseté, de ma surdité, de mon obtusion, de mes assonances.
07:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE
mercredi, 05 avril 2006
Avril 1626

Après un séjour de dix-huit mois à Rome, Jacques Blanchard se rendit à Venise, où il resta deux ans.
Ce tableau représente une Madeleine pénitente au crâne, très caractéristique de l'époque maniériste, tant dans les formes de la jeune femme que dans sa quasi nonchalance et sa main surprise ; on remarque par ailleurs ce qui semble être un visage d'angelot caché dans le drapé de la robe, tout près du sexe. Ce n'est pas là une vision très piétiste de Madeleine, ni une "vanité" sombre ou lugubre...
17:14 Publié dans Hystéries historiées, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 29 mars 2006
Alles in Ordnung
On tirera au sort l'ordre des chapitres, dans le Livre. Ce sera mieux ainsi. La mésange charbonnière n'est pas revenue rôder près du nichoir, ni le chat noir et blanc dans la haie de thuyas. Samedi, il faisait un temps mouquirous (en gascon dans le texte), hier un printemps superbe, aujourd'hui entre les deux. Hegel météorologue (un titre pour Derrida). Une haute pile de livres que lit régulièrement mon fils, et jusqu'alors épars, a été, par mes soins, assemblée et forme un tumulus au milieu du salon.
12:30 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
dimanche, 26 mars 2006
Visions de printemps, VI
Le cerveau échauffé, on se gorge d'eau, comme la prairie nourrie de pluie, aux premiers vents du printemps. (Peut-on écrire que cet anglais n'est pas catholique ? Mais la langue entendue est gouleyante comme une pierre frottée qui grasseye.) Vus d'en haut, les deux corps nus qui tâtonnent près du rivage comblent le vide à l'horizon. De leurs maigres gestes en forme de signatures émane une grande joie. Un Sisyphe de somme s'épuise, sans jamais (pense-t-on) connaître l'insomnie. Le berger honni accompagne ses pas sans honte. Le délivre.
22:06 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Visions de printemps, IV
La mer lie de vin, on s'enfonce dans l'eau avec vous, puis pleure en entendant le jeune homme chevelu appeler, éploré, Branca Flor. Elle joue de la "guitare" (théorbe, luth) à bord d'un "drakkar" richement peint. L’œil capte ce que ne saisit aucun mort.
Le cheval au labour cerne un chant qui s'éteint dans les volutes roux des sillons. La pente rude à l'ânière, avec ses bêtes au joug. La faîne est bien le fruit du hêtre. On imagine la magie.........
......... aucun âne n'est saisi de faim-calle.
21:38 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lucelle
Il y a de curieux hasards. Cherchant des informations sur le mois de mars 1123, afin de composer l'une des Hystéries historiées, je découvre une page Web consacrée à l'Histoire de Lucelle, commune et abbaye dont j'ignorais totalement l'existence ; or, je lisais hier soir, avant de m'endormir, le quatrième chapitre de Suburban blues, dans lequel Yémy forge le néologisme lucelle, qui échappe à une jeune femme, en un moment d'extase sexuelle porteuse de métamorphoses lexicales.
Je crois me rappeler que le narrateur précise que "ça n'existe pas".


