jeudi, 28 février 2008

Gare de Facture (version 317/378)

    Ornette brandit les oriflammes, et l’orage tombe en miettes. Le jour soupèse Arcachon. Les promoteurs ont tout salopé ; l’anarchie règne ; seul un quartier a gardé une part de splendeur harmolodique. Les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pluvieux pétrole – à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune aux paupières lourdes, le seigle s’envole en feuilles d’écume.

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mardi, 15 janvier 2008

Enferme

    Des peurs ancestrales – démons chevillés au ventre, noués d’étoffes délicieuses – courir à perdre souffle, dans un désert sans fin – tu l’as bien mérité ! Jamais Immanuel ne se serait ainsi ridiculisé – trouver des spectres sous les graviers, le penne de la serrure fermement tenu du bout de la canne. Le signe = te donne du fil à retordre – pas immérité.

12:00 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

dimanche, 06 janvier 2008

Devises en négatif

    Un morime surgi de nulle part ne suscitera pas de romans, pas de virgules, et pas même d’embonpoint traduit le vide du ciel en nuages. S’échiner l’écorce du temps durant n’est pas se fatiguer s’épuiser pour rien. Tant pis pour la sève. On ne pourra même pas se promener entre les vieilles pierres à Vaison-la-Romaine : en m’échinant je trime.

05:50 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mercredi, 19 décembre 2007

Erbarme dich

    Heures passées dans la contemplation muette de l’aurore glacée (et des cormorans déjà hâtifs). Heures dénouées sur le fil du rasoir, sans cri ni sursaut. Heures brisées contre les récifs. Heures déjà mortes, à se frotter aux sueurs d’autres. Heures dont l’envol soudain fut sans saveur, mais qui restent froides, si infiniment froides. J’envie aux nostalgiques leur candeur délicieuse.

11:10 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, écriture

mardi, 23 octobre 2007

Halète (le nouveau)

    Josiane Laignaud me vend un lave-linge. C’est son droit. Ce n’est pas son droit, c’est son métier. Enfin, mieux vaut ça que Grégory Solsana et son radar palindromique de mes deux, à me flasher à 54 km/h en zone 50. Josiane me dit « au revoir » après conclusion du marché pour Vedette. Solsana a la tête dans les étoiles. Ratés !

18:44 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fiction, Ligérienne

lundi, 08 octobre 2007

Crevassa dûment (divers 294/352)

    Je me faufile en rasant les murs, combine dans les coulisses. Elle s’étouffa dans ce bol. Ce n’est qu’après avoir fait enlever le cadavre que l’inspecteur remarqua la cuillère grasse. J’ai oublié ce que j’ai aboli. Je regarde ces deux enfants qui font l’amour. À l’arrière, je reprends où je m’étais arrêté : on complote dans les coulisses expertement.

07:00 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, écriture

dimanche, 02 septembre 2007

Septième neuvaine

    Il y a, sur le pare-brises de la Clio garée dans la cour, une buée froide de septembre. Dans l’air de la nuit, la fraîcheur se dit septembre. Chaque cliquetis de talon qui passe dans la rue est maquillé en septembre. Le bleu sombre des soirées, dès le repas fini, a coulé lentement de la palette de septembre. Insistant.

07:50 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, écriture

mercredi, 16 mai 2007

Rue des masques

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    Il y avait si longtemps que rues, plaques, places, gouttières, bribes de murs avaient échappé à leurs regards que soudain ils se dirent que ça n'en valait plus la peine, la coupe était pleine, et du coup  à quoi bon chercher encore la pierre philosophale sous les noms, les signes, les affiches, aux balcons, sous les mots qu'embrase le vent ?

16:40 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II, MAS, Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, écriture

mardi, 06 mars 2007

Mardi gras

    Le fleuve coule sous les arches rouges. Un monde de lumière en rêvant s’élève au ciel. Ce sont, ultimes semonces dans la ronde des ténèbres, ces fureurs terribles que je redoute, sous l’orage. Vos griffes qui lacèrent cette chair – et l’écorce des peupliers – frémissent encore du sang versé, près des fontaines anciennes. Sous les arches rouges le fleuve coule.

08:30 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Littérature

mercredi, 31 janvier 2007

Ode to Liberty

    Ode to Liberty de Shelley : une forme extraordinaire. Nostalgie & éblouissement, en la lisant, avant-hier et de nouveau ce matin. Savoir qu'on ne peut pas écrire ça, car l'époque est au-delà, l'ode est toujours-déjà écrite, et pour tout arranger bien sûr j'en suis incapable. (Mention particulière pour les strophes IV et V, et aussi XI. Pour tout. Pour ça.)

11:00 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Poésie

dimanche, 31 décembre 2006

Knowledge Box

    À délicieusement écouter vos envols, à voir les hirondelles sous les cieux africains déployer leurs mensonges, à la rame terne se tenant, le poète que de vains critiques ont estampillé romantique se remémore d’autres roucoulades, et finit, enivré, par confondre la besace grouillante de Pandore avec le tonneau des Danaïdes (tout cela qui dut s’écrire en cent quatre-vingt-neuf secondes).

16:30 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Poésie

jeudi, 28 décembre 2006

« Images plus en dentelle »

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    Il se fait des cheveux. Il épile les secondes, égrène les minutes, et rien, dans le sablier, ne donne la moindre épaisseur à sa peau, qui desquame, part en flocons ténébreux. Mieux vaut – quitte à devoir apprendre à s’endormir – le drap du désespoir. Des requins, des orques gisent, curieusement, dans le fond de la barque. Images plus en dentelle.

14:55 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, écriture

dimanche, 24 décembre 2006

Même un poème...

    Même un poème peine à poindre. C’est la pointe au cœur, souffle court, comme glisse dans l’herbe un serpent, comme grimpe à la rampe d’escalier la mante religieuse. Pointer le bout du nez, oui, mais aussi sentir cette pointe vous déchirer le thorax – autant se laisser emporter par une secte. C’est trop de douleur, vraiment, même pour un poème.

12:45 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture

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