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jeudi, 16 mars 2017

Au ciel : Nimrod : In the sky

AU CIEL

IN THE SKY

Je tiens en haute estime ce fils de chien

I hold in high esteem that son of a dog

qui me fait aboyer dans la cité solaire

who makes me bark in Sun City

 

malheur à cette bouche mienne

woe to this mouth of mine

qui aboie

that barks

 

malheur à cette bouche mienne

woe to this mouth of mine

qui fait honneur aux aboyeurs

that honours those who bark

 

je me suis découvert grandiloquent

I have found myself to be bombastic

sous des ponts grands foutraques

under bridges big & shambolic

 

je cherchais à dire

I was trying to voice

la course vers l'avenir

the rush towards the future

 

lorsque le banian s'élève

when the banyan rises up

à la verticale de l'azur

along the vertical lines of heavens

 

______________________________________________________

Ce poème en six distiques, qui ouvre l'anthologie personnelle de Nimrod que publie Gallimard ce mois-ci, a donné lieu à une traduction improvisée avant la version (un peu) peaufinée ci-dessus.

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16:05 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 04 février 2017

Planted Ground :: Red Shuttleworth

    Ce poème, j'en ai improvisé une première ébauche à une heure de l'après-midi, sur un échafaudage. En voici une version plus travaillée, bien que plusieurs éléments restent frustrants (notamment le titre).

 

Planted Ground

Plantations

Grotesque turn of tractor

Grotesque tour de roues, un tracteur...

and a leg is gone:

et voilà une jambe d'embarquée :

someone else's fact.

réalité de quelqu'un d'autre.

Wood cloud... a radio song

Nuages en bois... à la radio, une chanson

featuring high platform heels,

où il est question de talons hauts à plateforme *

love gone to muscatel-sobs.

et d'un chagrin d'amour avec des larmes moscatel.

For you it's morning...

Pour toi, c'est le matin...

dryland wheat fields

champs de blé sur des

at every blacktop

terres non irriguées

curve-’n-swerve...

à chaque virage d'asphalte...

graveyard rows

les sillons d'un cimetière.

 

(Red Shuttleworth)

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 * Vers changé suite aux remarques de VS ci-dessous. J'avoue ne pas avoir vérifié cela, et avoir ignoré jusqu'à aujourd'hui qu'on pouvait dire “chaussures à plateforme”. Plutôt que chaussures à plateforme, qui semble désigner des chaussures plus ordinaires, j'ai donc préféré talons hauts à plateforme, qui me semble correspondre. (Mais bordel que c'est laid !)

14:54 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 30 janvier 2017

I Am A Road (Mark Baumer) ▓ Je suis une route (chapitre 5)

[traduction en cours du chapitre 5 de I Am A Road de Mark Baumer]

[sur Mark Baumer : ici et ]

 

    Je me suis éveillé au pied d'une colline et j'ai passé vingt minutes à observer un oiseau. Je pense que j'attendais de voir si je pouvais apprendre à me faire pousser des plumes. Tous les matins, j'avais besoin que mon corps réapprenne à marcher. Je me sentais plus fragile qu'un bébé né depuis huit heures. Au sommet de la colline j'ai cru voir quelqu'un qui me tenait un cadeau, mais en m'approchant je me suis aperçu que cette personne n'était qu'une haute plante adossée au mur d'une bâtisse grise. Une bonne partie de la bâtisse avait fondu. Mon corps a avalé le paysage, et le paysage a avalé mon corps. Des pensées s'échappaient des pores de ma peau et s'écoulaient dans la terre. Un panneau m'a signalé que la ville la plus proche était à huit miles. Un autre panneau m'a signalé que rien n'existe sauf dieu. Toutes les voitures ont déferlé comme si je n'étais pas là. Il y avait plus meules de foin dans les champs que d'habitants sur terre.

 

I woke up at the bottom of a hill and watched a bird for twenty minutes. I think I was waiting to see if I could learn to grow feathers. Every morning was a process of teaching my body how to walk again. I felt more fragile than a eight-hour-old baby. At the top of the hill I thought I saw someone holding out a present for me but when I got near this person I realized they were a piece of tall grass leaning against the side of a gray building. A significant portion of the building had melted. My body absorbed the landscape and the landscape absorbed my body. Thoughts dripped through the pores in my skin and leaked back into the soil. One sign told me I was eight miles from the next town. Another sign said nothing existed except god. Every passing car ignored me. The bales of hay in the fields outnumbered the number of people on earth.

 

[Pour acheter I Am A Road]

15:42 Publié dans Darts on a slate, Pong-ping | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 29 janvier 2017

Tentative de traduction de “GOD IS A SHOCK-JOCK” (Cynthia Atkins)

Cynthia Atkins a écrit le poème qui suit dans le cadre d'un concours de poésie organisé par le New York Times autour du thème de Donald Trump (Donald Trump Poetry Contest).

En dépit de quelques difficultés, liées notamment à la structure métrique, j'en propose un premier essai de traduction, en expliquant d'emblée le choix du titre : shock-jock (littéralement, un amortisseur) est un jeu de mots à partir de la tactique militaire développée lors de la guerre de 2003 en Irak — shock and awe, ce qui se traduit généralement de manière plutôt calquée par “choc & effroi”, et que j'ai préféré étoffer, au vers 8, en « tactique de la peur panique ».

Il va de soi que je suis preneur de toutes remarques, éclaircissements, signalements de faux-sens etc.

 

GOD IS A SHOCK-JOCK

À DIEU D'AMORTIR LES MORTELS

 

You shroud us in fur-lined collars,

Tu nous enlinceules de cols en fourrure,

disco heels and pistons to swag down

de talons aiguille pour descendre en pavanant

long runways, as if belted-up to tease out

de longues pistes, comme caparaçonnées pour

our fears. Have you let us scroll from

calmer nos angoisses. Nous laisses-tu défiler

the weeds to this fabric of faux grass,

sur ce tapis cousu d’herbes factices

now cast green with a President’s face?—

dont le vert revêt à présent le visage d’un Président ?

Mother nature’s ink can melt a snowball

Dame Nature, de son encre, peut faire fondre la neige

In Hell! Awe n’ shock are the wave of

en Enfer ! la tactique de la peur panique

the furniture. You’re feeding this fire,

gagne jusqu’aux meubles. Ce feu, tu le nourris

with televisions, flags draping coffins,

de téléviseurs, de drapeaux couvrant les cercueils,

even our delirium. Patriotic, like a kid with

et même de notre hystérie. Patriote, comme un gamin,

a pocketful of tomatoes, beaten to a pulp,

des tomates dans la poche, battu comme plâtre

by a bully that is the whole town.

par un petit tyran – ce tyran, c’est la ville entière.

Your shoelaces pull us closer into

Tes lacets nous tirent chaque jour davantage

the earth. We are sardonic with dust

vers la terre. La poussière et la honte nous ont

and shame. We are only disposable

rendu sardoniques. Que sommes-nous sinon de l’argent

income. Turn the dial and we’re all Ego,

disponible. Compose le numéro, tout n’est qu’Égo,

dead-ringer of vertebrae in the shape

contrefaçon de vertèbres épousant la forme

of a lonely room. Stout clocks are raffling

d’une chambre solitaire. Nos noms résonnent à la

off our names—Hands caught in rush hour

loterie des carillons, les aiguilles prises dans le

of clouds. Meanwhile, the stars

trafic des nuages, pendant que les étoiles

offer the take-away, ”Love is a drug“—

nous offrent la bectance (“l’amour est une drogue”)

for which we were startled

qui nous a fait sursauter, d’un bréchet,

by a wish-bone, a brink, a bullet, a blink

d’une margelle, d’une bastos, d’un regard jeté

at a canvas of Brueghel rooftops—

sur cette toile de toitures breughéliennes—

A table set with a conspiracy of flowers.

Une table avec, en son centre, des fleurs en plein complot.

 

.

19:08 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 28 janvier 2017

Notre langue sent l'ail

Untung-untung

    28 janvier 2016

Je m'apprête, pour le cours d'introduction aux opérations de traductologie à partir des traductions à imaginer/inventer de 20 titres de chansons françaises, à ressusciter, par le biais de l'intertextualité et en raison de la présence au sein du corpus de Notre amour boit la tasse de Louane, le tube de 1986, Notre amour sent l'ail de Zahia. Tiens, vais même proposer le refrain de celle-là en traduction improvisée.

 

28 janvier 2017

Cette année, je n'ai pas eu à enseigner de cours de traduction, sinon j'aurais remis à l'honneur l'idée d'improviser dix à quinze minutes par cours sur des supports que je n'ai pas non plus préparés. (C'est d'ailleurs, indirectement, cette petite idée nouvelle des cours de thème de L3 qui m'a conduit à me lancer dans la série des traductions sans filet.)

Pour ce qui est du refrain de Notre amour sent l'ail, je me rappelle en effet que les étudiants et moi avions réussi à bricoler quelque chose. Le plus compliqué avait été en fait de leur expliquer les injures françaises : lajoie, péquenot ou banane leur étaient incompréhensibles.

Sur ce même point (la langue française comme source de difficultés pour les étudiants français), encore un bel exemple dans un cours de première année (à partir du § 77 de Common Sense) : dans les deux groupes de T.D., la question a fini par surgir — Sir, what does sycophant mean ? — Ma réponse, facétieuse : “well, it's the same word in French, sycophante, but if I give you the English equivalent flatterer you'll be happier...” (Un des étudiants m'a dit avoir trouvé “flagorneur”, qui ne l'aidait pas non plus. Preuve des limites du dictionnaire bilingue à qui ne maîtrise guère sa langue.)

Pour bien montrer qu'on en revient toujours aux chansons dites “populaires” afin de poser des mines en matière de syntaxe et de lexique, ce mot de sycophante a appelé la diffusion, en fin de cours, de Ride 'em, cowboy,  chanson de Sparks que je n'ai toujours pas traduite. Pourtant, si je veux continuer à affirmer que rien n'est intraduisible, voici un test de taille.

09:26 Publié dans Aujourd'hier, Darts on a slate, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 21 janvier 2017

Neige ▓ Snow (Ludovic Janvier)

( Ludovic Janvier est mort le 20 janvier 2016. Le 23 janvier, je publiais une brève traduction en hommage. En voici une deuxième. )

 

    Neige dehors neige dedans

    Snow outside snow inside

neige lente sur les frissons

snow flowing slow on shivers

neige noire à crever les yeux

snow so black it could pluck out your eyes

pas un humain qui vous réponde

not a single human being answering

il doit leur neiger sur la voix

snow falling on their voices

est-ce que tout le monde est mort

has everybody died

est-ce que je suis le dernier vivant

am I the last one alive

enfoui sous quelques flocons de rien

buried under flakes of nothingness

(posant le rien tout autour je veux dire)

(spreading nothingness all around I mean)

corrompu jusqu’à l’os par le deuil et le froid

corrupted to the bone by mourning and cold

car il neige à n’en plus finir

because it is snowing endlessly

de plein fouet sur le chagrin

headlong against the grief

comme autrefois doucement sans pardon

gently like before but without forgiveness

neige légère à serrer le cœur

snow so light yet making your heart miss a beat

neige lourde à tuer le temps

snow so heavy it could kill time

c’est bien l’éternité comme prévu

this is eternity indeed as expected

qui précipite exactement sur moi

falling down precisely on my head

c’est tout simple il ne fallait pas naître

it’s so plain you shouldn’t have been born

14:09 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 18 janvier 2017

“avale le texte”

    avale le texte *

    swallow the text

mâche la nomination

chew the naming process

retire-toi derrière le chiffre de la fatigue

pull back and hide behind the figure of weariness

et si tu reviens à Istanbul : ôte l'anneau noir que tu perdis

and should you come back to Istanbul — take out the ring that you lost

par aucune force aimer s'est attaché à mes mains

very softly loving got tied up to my hands

 

* Rodrigue Marques de Souza. Istanbul, embrasements. Fissile, 2015, p. 84

08:19 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 17 décembre 2016

Igel und Agel (C. Morgenstern)

    À la demande de l'excellente traductrice Sika Fakambi, je propose une traduction d'un poème de Christian Morgenstern. Je suis persuadé que l'œuvre de Morgenstern est l'une des grands oubliées de la poésie européenne du vingtième siècle, hors Allemagne en tout cas. Mais également persuadé de mon incompétence — je ne suis décidément pas germaniste.

J'ai privilégié la francisation des onomatopées et des jeux de langue. C'est un parti pris, qui vaut ce qu'il vaut...

 

                 Igel und Agel                                             Erickson & le hérisson

Ein Igel saß auf einem Stein

                                                                   Un hérisson sur un rocher
und blies auf einem Stachel sein.

                                                                   Dans un de ses piquants se mit à souffler.
          Schalmeiala, schalmeialü!

                                                                              Lalalmaïlou lalalmaïli !
    Da kam sein Feinslieb Agel

                                                                   Là, son chérinou, Erickson 
   und tat ihm schnigel schnagel

                                                                   Lui fait de gentils papouillons
zu seinen Melodein.

                                                                   En suivant le son.
     Schnigula schnagula

                                                                              Chatoulaïli, chatoulaîla
          schnaguleia lü!

                                                                               chatoulalaïtou !

 

Das Tier verblies sein Flötenhemd...

                                                                     L'animal souffla sur son veston clarinette
„Wie siehst Du aus so furchtbar fremd!?“

                                                             « Pourquoi cet air si dur, étrange, chérinette ? »
Schalmeiala, schalmeialü –.

                                                                           Lalalmaïlou lalalmaïli !
     Feins Agel ging zum Nachbar, ach!

                                                                   Son Erickson chéri alla voir le voisin !
     Den Igel aber hat der Bach

                                                                   Mais hélas la rivière a emporté au loin
zum Weiher fortgeschwemmt.

                                                                   Le hérisson jusqu'à l'étang.
          Wigula wagula

                                                                          Gligloulaïli glougloulaïla
           waguleia wü

                                                                          glougloulaïlitou glou
               tü tü ..

                                                                                   laï lou ...

09:51 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (3)

vendredi, 09 décembre 2016

Sonnet 44 (Edmund Spenser)

    Ce matin, ma cinquante-huitième traduction improvisée a enfin touché à quelque chose que j'évitais soigneusement depuis mars : la traduction de formes contraintes. C'est l'achat hier, pour trois euros, du minuscule volume VIII des œuvres d'Edmund Spenser paru à Édinbourg en 1778 qui, me faisant découvrir les 88 sonnets de ce poète que j'admire (mais n'avais guère pratiqué récemment), m'a poussé à sauter le pas.

J'ai donc jeté mon dévolu sur le sonnet XLIV.

 

En effet, l'exercice est rude : c'est à peine si, en dix minutes, j'ai pu défricher le sens de ce poème et en proposer un premier brouillon. Trouvant l'exercice particulièrement frustrant, j'ai tout de même voulu ensuite tenter une traduction en vers et en alexandrins. Je ne suis que très partiellement satisfait, car la structure du sonnet spensérien (j'en parle dans la vidéo : abab/bcbc/cdcd/ee) n'est conservée chez moi qu'à condition d'accepter que les rimes en -able et -arpe assonent entre elles.

 

Quand en Grèce jadis les grands nobles illustres

Entêtés et fiers entre eux se disputaient

Oublieux de la Toison d'Or et de ses lustres,

Orphée, de sa harpe, mit fin à leurs forfaits.

Cependant, la guerre sans fin, impitoyable,

Qui de moi contre moi en moi-même se fait

— Tandis que ma puissance y faiblit, lamentable —

Rien ne peut l'apaiser, nul sens ne la soumet.

Mais que je prenne en main, désaccordée, ma harpe,

Je ne fais qu'aggraver le fiel des ennemis,

Raviver les douleurs, faire qu'enfin s'écharpe

En feux nouveaux mon moi contre moi insoumis.

Et plus je cherche entre eux à instaurer la paix,

Plus leur méchanceté de mordre se repaît.

 

(Traduction Guillaume Cingal)

 

Mise à jour de 18 h. Décidément peu satisfait de la traduction des rimes liant entre elles le deuxième et le troisième quatrains (et qui repose déjà sur une adaptation hasardeuse du schéma abab/bcbc/cdcd/ee en abab/cbcb/cdcd/ee), j'ai repris la traduction et viens de constater, du même coup, que le dernier mot du vers 7 que, dans l'édition de 1778, j'avais lu — en raison de mon manque de familiarité des caractères d'imprimerie anciens — waried (et interprété comme wearied, cf vidéo supra), est en fait warréd, donc le participe passé du verbe war avec diérèse (indiquée par l'accent aigu).

Je propose donc la nouvelle version ci-après :

 

Quand en Grèce jadis les grands nobles illustres

Entêtés et fiers entre eux se disputaient

Oublieux de la Toison d'Or et de ses lustres,

Orphée, de sa harpe, mit fin à leurs forfaits.

Là, la guerre sans fin, intestine et cruelle,

Qui de moi contre moi en moi-même se fait

— Tandis que mes passions faiblissent en querelle —

Rien ne peut l'apaiser, nul sens ne la soumet.

Mais que je prenne, désaccordée, ma harpe, elle

Ne sait rien qu'aggraver le fiel des ennemis,

Raviver les douleurs et remettre sur selle

En âpre lutte moi contre moi insoumis.

Et plus je cherche entre eux à instaurer la paix,

Plus leur méchanceté redoublant se repaît.

 

(Traduction Guillaume Cingal)

11:23 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 27 novembre 2016

Chanson douce —

Les voisins se sont réunis en bas de l’immeuble. Il y a surtout des femmes. C’est bientôt l’heure d’aller chercher les enfants à l’école. Elles regardent l’ambulance, les yeux gonflés de larmes. Elles pleurent et elles veulent savoir. Elles se mettent sur la pointe des pieds. Essaient de distinguer ce qui se passe derrière le cordon de police, à l’intérieur de l’ambulance qui démarre toutes sirènes hurlantes. Elles se murmurent des informations à l’oreille. Déjà, la rumeur court. Il est arrivé malheur aux enfants.

C’est un bel immeuble de la rue d’Hauteville, dans le dixième arrondissement. Un immeuble où les voisins s’adressent, sans se connaître, des bonjours chaleureux. L’appartement des Massé se trouve au cinquième étage. C’est le plus petit appartement de la résidence. Paul et Myriam ont fait monter une cloison au milieu du salon à la naissance de leur second enfant. Ils dorment dans une pièce exiguë, entre la cuisine et la fenêtre qui donne sur la rue. Myriam aime les meubles chinés et les tapis berbères. Au mur, elle a accroché des estampes japonaises.

Leïla Slimani. Chanson douce (2016).

 

The neighbours have gathered at the bottom of the building. Mostly women. It'll soon be time to pick up the children from school. They watch the ambulance with tear-laden eyes. They are crying and they want to know. They stand on tiptoe. Trying to make out what is going on the other side of the police lines, in the ambulance which pulls away with its sirens blaring. They whisper shards of information into each other's ears. Already, rumour has it that something bad has happened to the kids.

It's a nice building on the rue d'Hauteville, in the 10th arrondissement in Paris. A building where all neighbours exchange hearty greetings without knowing each other. The flat where the Massé live is on the fifth floor. It's the smallest flat in the block. When their second child was born, Paul and Myriam put up a partition in [across] the living-room. They sleep in a narrow room stuck between the kitchen and the window that looks out onto the street. Myriam likes furniture gleaned from antique markets and Berber rugs. She has hung Japanese prints on the wall.

Translation © Guillaume Cingal

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mardi, 08 novembre 2016

Zelda est entre quatre murs blancs... (Marie Cosnay)

    Avant de se lancer dans la traduction, on trouve que ce texte fait penser à Michaux, et en le traduisant ça devient du Beckett. Ou pas.

 

 

Zelda is confined within four white walls. An unknown place, to remain unknown. Tea in a bowl, and a few biscuits. Zelda’s eyes cannot get used to dimensions again. No matter (or memory). Such a void has no name, no plunge, no end. The frail light only begs to fade, I am mistaken about the light (Zelda), there are flat areas outside (the desert plains), blows from the inside, bumps pushing and wanting out, wanting to meet something, possibly that voice from a while ago, I am removing the blindfold, note the tea and biscuits. Wanting to throw up, the body can’t find the spot where to stop. Nothing stops but the matter drifts away in greyish plains where combat boots and horses’ hooves lift clouds of dust, no image, brown dust, all of it in your throat and in your pores and in the sky, no image.

 

Zelda est entre quatre murs blancs. Les lieux sont inconnus, le resteront. Un bol de thé et quelques biscuits secs. Les yeux de Zelda ne se réhabituent pas aux volumes. Pas de matière (ni de mémoire). Un vide pareil n’a ni nom ni chute ni fin. La lumière fragile ne demande qu’à s’éteindre, je fais une erreur de lumière (Zelda), il y a les aplats dehors (plaines désertiques), les coups de dedans, chocs, qui poussent pour sortir, rencontrer quelque chose, la voix de tout à l’heure, je vous enlève le bandeau, mention du thé et des biscuits. Cette envie de vomir, le corps ne trouve pas où s’arrêter. Rien ne cesse mais la matière dérive dans des plaines grisâtres où rangers et sabots soulèvent la poussière, sans image, poussière brune, le tout dans la gorge et les pores et le ciel, sans image.

Marie Cosnay. Cordelia la Guerre. Éditions de l’Ogre, 2015, p. 181

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vendredi, 07 octobre 2016

Enfance de l'art

Untung-untung

    7 octobre 2014

The air was so pleasant, our nest so cozy, and our parents provided us such a plentiful diet of nice worms and bugs, that like other thoughtless babies who have nothing to do but eat, sleep, and grow, we had no interest in things outside and did not dream there was such a thing as vexation or sorrow or crime in this beautiful world.

 

7 octobre 2016

Et si je traduisais aussi ce curieux livre de 1899, découvert il y a deux ans, Dickey Downy. The Autobiography of a Bird de Virginia Sharpe Patterson ? Dans le domaine public, il ne pose déjà pas de problèmes de droits...

L'air était doux, notre nid douillet, et nos parents nous régalaient d'une telle quantité de vers et d'insectes délicieux que, semblables aux autres bébés insouciants qui n'ont rien d'autre à faire que de manger, dormir et grandir, ce qui se passait dehors ne nous intéressait pas, et nous n'avions pas même idée qu'il pût y avoir, en ce monde si beau, des choses comme la douleur, le crime ou la méchanceté.

09:17 Publié dans Darts on a slate, Droit de cité, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 23 janvier 2016

Détour ░ Bypath

 

Moi né faux nègre et vécu sosie           I at birth a false nigger with a life looking like

de quelqu'un toujours à venir              someone always in the making

si j'ai ma chance de mourir vrai           if I stand a chance of dying in truth

elle passe par le détour                     it's with the bypath

de ces phrases restées fidèles              of these sentences still faithful

à leur histoire d'enfant tout seul           to their history that of a lonesome child

guettant l'écho pour savoir s'il existe      looking out for the echo to know if there is one

 

 

Ludovic Janvier est mort il y a trois jours, le 20 janvier 2016.

Le poème ci-dessus se trouve dans son recueil Entre jour et sommeil (Seghers, 1992, p. 101). Traduction inédite © Guillaume Cingal

 

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mardi, 26 mai 2015

Ben Okri ··· The Forgotten Odysseus

THE FORGOTTEN ODYSSEUS

Ulysse retrouvé

 

Odysseus never finds the same woman

Ulysse — la femme qu’il trouve n’est pas celle

He left behind. He lost her in the songs

Qu’il avait quittée. Il l’a perdue dans les chants

Of the bird-like sirens, under the belly

Des sirènes oiseaux, sous le ventre

Of the sheep, in the one-eyed sleep

Des brebis, dans le sommeil borgne

Of Polyphemus, and the dreams of Calypso.

De Polyphème, et dans les rêves de Calypso.

 

When he finds her again, woven into

Quand il la retrouve, tissée, inséparable

The hallucinations of his dangerous

Des périlleuses hallucinations ponctuant

Homecoming, the old dog, as much travelled

Son retour, le vieux chien, qui autant que son maître

In dreams as its master, remembers when

A arpenté les rêves, se rappelle

Time was new, without the war love started.

Le temps neuf, avant la guerre d’amour.

 

Penelope, veiled and hiding from lusting

Pénélope, voilée, cherchant à échapper

Suitors, remembers a man less old, less

Aux prétendants ardents, se rappelle un homme

Wily, less haunted by the endless seas,

Moins vieux, moins roué, moins hanté par les mers infinies

The alien suns and pullulating wars:

Par les soleils d’ailleurs et les guerres sans nombre.

 

A man unknown for whom Ithaca is not

Un inconnu, pour qui Ithaque n’est pas

Homecoming, but the first broken journey

Retour chez soi, mais le premier voyage

Towards a forgotten way of dying.

En pointillés vers un mourir oublié.

 

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vendredi, 20 février 2015

À la cyprine, 21

à Marie

for Marie

 

Dans quelle fange étions-nous

In what muck were we

dans quelle tourbe où la nuit

in what turf where the night

était blanche comme l’argile

was white like the raw

la plus crue ? la lucarne était

est clay?  the skylight was

notre lune

our moon

 

 

Texte français : Eugène Savitzkaya. À la cyprine. Minuit, 2015, p. 21

Texte anglais : G. Cingal, 2015.

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mardi, 17 février 2015

À la cyprine, 15

Quand le gynécée

When the gynaeceum

devient une maison

becomes a house

les figues tombent des arbres

the figs fall from the trees

dans le gosier du bouc

into the throat of the billy goat

et les mâchoires perdent leurs dents

and the jaws lose their teeth

au mortier est le pilon

the pestle is in the mortar

axe de la roue triangulaire

an axle to to the triangle wheel

trois feuilles, trois doigts

three leaves, three fingers

trois nuits

three nights

trépas à passer comme

throttled you die like you’d cross

un col

a pass

 

 

Texte français : Eugène Savitzkaya. À la cyprine. Minuit, 2015, p. 15

Texte anglais : G. Cingal, 2015.

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dimanche, 15 février 2015

À la cyprine, 25

Poème des trois petits cochons

A poem on the three little pigs

l'un n'avait qu'une bite, l'autre

one had only one dick, the other

n'avait qu'un téton et le troisième

had only one nipple and the third one

une magnifique fente, les trois étaient

a splendid slit, and those three

mal heureux comme les pierres

were as miserable as stones

pourtant seules jouisseuses en ce monde

and yet stones are the only revelers in this world

était-ce un verrat était-ce une truie

was it a boar was it a sow

était-ce un ange porcin ?

was it a hoggish angel?

firent en sorte que tout s'aboucha, s'imbriqua

they ensured that everything interlocked, fitted together,

s'emboîta, s'en donna, s'adonna, sabota, samedi

slotted and slutted together, sat in and turned away, oh Saturday

quand tout apparut.

which is when everything appeared.

 

 

Texte français : Eugène Savitzkaya. À la cyprine. Minuit, 2015, p. 25

Texte anglais : G. Cingal, 2015.

 

Note sur la traduction : La contrainte principale que j'ai retenue pour la traduction de la série de verbes des vers 9 et 10 est d'aboutir à une allitération qui rende “logique”, au moins dans la structure énumérative, l'apparition de samedi/Saturday. D'où “sat in and turned away”, qu n'a pas de lien sémantique fort avec « s'adonna, sabota ». Le plus grand regret est d'avoir dû laisser de côté une traduction idiomatique possible de saboter qui eût merveilleusement convenu ici : make a pig's ear of something.

11:17 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (1)

jeudi, 12 février 2015

À la cyprine, 93

De profundis

a De profundis

pour les tyrans et les ogresses

for tyrants and ogresses

les rois et les reines

for kings and queens

car malignité

as spite

tous deux partagent

is shared by both

ivres de vie

in their thirst for life

ainsi que de beauté

and for beauty

Frédégonde voulut trancher

Fredegund would indeed slice

la gorge de sa fille

her daughter's throat

et faire tomber sa tête

and have her head fall down

dans le coffre à joyaux

into the jewel casket

 

 

Texte français : Eugène Savitzkaya. À la cyprine. Minuit, 2015, p. 93

Texte anglais : G. Cingal, 2015.

10:17 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 11 février 2015

À la cyprine, 40

    Il manque un doigt

    There’s a finger missing

à ton alliance, ma mère

where your wedding ring is, my mother

mais derrière la haie

but behind the hedge

les mains s’unirent dans la mort

the hands were wed in death

comme s’unit la nuit au jour

like night is wed to day

le sang au cœur, courez !

like blood is wed to the heart — oh run!

vous n’avez plus de poids

you are now weightless

soyez dans le prunier assis

make your seat in the plum tree

aux meilleures branches

choose the best branches

petite mère et petit père

little mother little father

qui ensemble ramèrent

ye who paddled together

 

 

Texte français : Eugène Savitzkaya. À la cyprine. Minuit, 2015, p. 40

Texte anglais : G. Cingal, 2015.

08:44 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 10 février 2015

À la cyprine, 79

 

Onze mille vierges

Eleven thousand virgins

déferlent

swarm

sur mon front

against my forehead

onze mile mains

eleven thousand hands

battent le lait

whip the milk

à  la lumière

in the light

de la lune croissante

of the moon waxing

aux vignes de la vierge

with the vines of the virgin

vive vierge sur le pré

creepy Virgin on the field

ovule olive

the ovum a crushed

écrasée

olive

 

 

 

Texte français : Eugène Savitzkaya. À la cyprine. Minuit, 2015, p. 79

Texte anglais : G. Cingal, 2015.

18:37 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 04 avril 2013

a season in hell (version française)

 

une saison en enfer un printemps paradisiaque – le cerveau éclaté par des foutaises

aucune raison (seul dans ta coquille) de désirer la belle Gervaise.

Rien de pire qu’un poème d’amour (comment peut-on écrire un truc

pareil ? La seule pensée suffit à ce qu’on) se transforme en

statue de sel... « Oprah, les opéras, fini pour moi » — c’est le bel canto qui te guide

si tu n’y prends garde (au compte-gouttes), si tu joues les blasés (une pour la route !),

ou si tu es poète. Laisse donc Gervaise se limer la fraise !

 

Un nouvel essai d'autotraduction. Le poème anglais original, écrit et publié hier, se trouve ICI.

Cherchant des synonymes de se masturber, j'ai constaté qu'il en existait fort peu pour la masturbation féminine — je vous suggère toutefois le Wiktionnaire ou le forum Yahoo, assez savoureux.

10:21 Publié dans Darts on a slate, Self-Be/Portrayal | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 25 mars 2013

Brief an den alten Dichter (version française)

n'écris pas de sonnets – méfie-toi

des sestines – ne va pas

je t'en prie succomber au plaisir

puéril de pondre une série de haïku –

évite surtout de mettre au

goût du jour les ballades lyriques

(bordel de bleu, on est en 2013) –

laisse tomber ton amour des limericks –

et arrête de te complaire

dans ces contrepets que tu oses

nommer poèmes en prose – jette

au panier rondeaux et odes –

et surtout – je te jure

ce n'est pas un conseil facile –

écris pour un vrai lecteur pas

pour ces bribes guillemetées


    Ce poème est une vraie première. Hier, dimanche, à sept heures du matin, j'ai composé un poème en anglais pour le nouveau recueil en cours, et, le relisant, recomptant, révisant, j'ai aussitôt eu envie de le traduire en français, ce que j'ai fait en quelques minutes. Les 16 vers ci-dessus sont donc ma première auto-traduction. Comme j'ai envie, depuis quelque temps, de traduire en plusieurs langues mes Douzains d'aise, voire d'autres textes plus anciens de ce carnétoile, ce n'est probablement pas la première.

09:25 Publié dans Aujourd'hier, Darts on a slate, MAS, Self-Be/Portrayal | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 17 mars 2013

Zébu (J.-J. Rabearivelo), traduction anglaise

Traduction Guillaume Cingal


ZEBU

 

Stooping like the cities of Imerina

in full view on the hills

or carved directly on the rocks –

hunchbacked like the gables

which the moon sculpts on the ground,

here comes the vigorous bull

purple like the colour of his blood.

 

He has drunk at the edge of rivers,

grazed on cacti and lilacs –

here he kneels in front of cassava

still heavy with earth's perfume,

and in front of balls of rice

that stink of sun and shade.

 

Evening has dug everywhere with its spade,

and there is no more horizon.

The bull sees a desert spreading

to the borders of the night.

His horns are like a crescent

rising upwards.

 

Desert, o desert,

desert in front of the vigorous bull

who, wandering, got lost with nightfall

into the realm of silence,

what is it you're conjuring up in your half-sleep ?

Is it the likes of his that have no hump

and are red like the dirt

which flies up under their hooves,

they who are the masters of uninhabited lands ?

Or is it his forefathers, fattened by peasants

who walked them to town, adorned with ripe oranges,

to have them slaughtered in honour of the King ?

 

He leaps and lows,

he who shall die without glory,

then, meanwhile, he gets back to sleep

and looks like a hump of the ground.

 

 

 

 

« Zébu », le poème original de l'immense poète Jean-Joseph Rabearivelo, mort à 36 ans, Malgache mäiakovskien, se trouve aux pages 96-97 de la belle anthologie publiée dans la collection “Orphée-La Différence” (Traduit de la nuit, 1990, choix et présentation par Gonzague Raynaud).

Petite webliographie :

 

23:32 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 14 mars 2013

2013 — Neige vierge

Faudet 1.jpg

 

 

    Ton cri a

effrayé les oiseaux,

S'envolant des

arbres dépouillés,

Que l'haleine de

l'hiver a mis à nu.

 

 

Des petits nuages

de buée parlée,

S'échappent des lèvres

d'amoureux perdus,

S'évanouissent entièrement.

 

Genoux gracieux

de froid deviennent bleus,

Dans des draps glacés

d'un blanc étincelant,

Dans un lit

où tombe la neige

tachée de sang.

21:12 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 11 novembre 2012

Tulips – Orientale, I [32]

ORIENTALE

I

 

je t'ai parlé

d'un sourire et tu n'as pas

répondu

ta bouche est pareille à

un accord de musique pourpre

Viens par ici

Ô toi,la vie n'est-elle un sourire?

 

je t'ai parlé avec

un chant et tu

n'as pas écouté

tes yeux sont comme un vase

de silence divin

Viens par ici

Ô toi, la vie n'est-elle un chant?

 

je t'ai

parlé du fond de l'âme et

tu ne t'es pas étonnée

ton âme est pareille à un songe enfermé

dans de blancs parfums

   Viens par ici

Ô toi,la vie n'est-elle amour?

 

Je te parle

avec une épée

et tu te tais

ton sein est comme un tombeau

plus tendre que les fleurs

Viens par ici

Ô toi,l'amour n'est-il la mort?

 

**************

Texte original ici et .

22:02 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 10 novembre 2012

New Poems, 6 [468]

Question:te

souvient-il de quoi que ce

soit d'aussi ennuyeux qu'un anglais

Réponse:de

 

::::::/::::::

09:20 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 09 novembre 2012

73 Poems, 48 [820]

l,e;s:g;r,i;v:e;s

 

se

taisent main-

tenant

 

.dans cette

 

nonintégra

-li-

té argentée

 

rê(est)ve

 

u

ne la

d

 

e lune

09:29 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 08 novembre 2012

1x1 [One Times One], X [550]

 

un homme politique est un trou du cul sur

tous se sont assis oui sauf un homme bien sûr

 

04:40 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 07 novembre 2012

New Poems, 16 [478]

In memoriam André B. (1925-2012)

 

gaffe gaffe gaffe

car car car

est égal à(transparence ou

 

science doit

appâter les lois avec des

étoiles pour attraper des télescopes

 

)pourquoi.

Être c'est

la patience est patiente est(patiemment

 

tous les yeux de ceux dont les

mains écoutent seuls les pêcheurs sont

empêchés par les cathédrales

 

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

! Texte or. : here or there * !

 

(* -> le dernier)

01:10 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 06 novembre 2012

New Poems, 15 [477]

la sécu-

rité économique" est une excu-

se bien cu-

 

rieuse

(furieuse

 

ment en vogue chez les me

rcenaires me

ndiants)pour me

 

ttre le char à cul

devant les noeuds

 

!!!!!!!!!!!!!!!!

Texte original ici ou .

22:25 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 05 novembre 2012

Dial Papers, XVI [982]

devant ta maison je

 

me suis arrêté un instant sous la

pluie,sous le Printemps.

À la fenêtre

rien d'autre que tes mains

 

magnifiquement,

il n'y avait

 

(et l'oiseau vert perché prudemment en haut

d'un geste

me connaissait.)

 

®®®®®®®®®®®®®®®®®®

Texte original ici ®.

Là aussi --- et l'écocritique.


Note pour plus tard : la difficulté qu'il y a à traduire l'adverbe beautifully en anglais. Cela pourrait faire l'objet d'une étude assez complexe, sur corpus.

Note sur ceci : failli traduire le dernier vers « m'a reconnu », c'était plus fort. Mais le texte de Cummings est beaucoup plus ambigu que cela, donc l'imparfait, moins « beau », paraît plus juste. I dearly hope someone will prove me wrong.

15:55 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 04 novembre 2012

Tulips – Amores, I [41]

 

ta frêle voix

Me parvint bondissante sur la ligne

et soudain je me sentis

chanceler

Sous les cris les cahots de fleurs joyeuses

menues sautillantes des flammes à talons hauts

faisaient des courtoisies devant mes yeux

ou scintillant se penchant vers moi

Levèrent les yeux

leur visage adorable et impertinent

je sentis partout sur moi leurs mains ondoyantes

entourbillonné je me retrouvai projeté dans une danse délicieuse

là-haut

Là-haut

en compagnie des majestueuses

pâles étoiles et de la Facétieuse

lune

ma douce

Quelle folie me saisit combien je pleurai en entendant

par-dessus le bruit du temps

par-dessus les marées et la mort

doucement

Bondissante

ta voix

 

//////````↓↓↓↓↓↓

Texte original ::: ici. Et aussi yonder encore. (pas vrai-ment)

22:33 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 03 novembre 2012

is 5, IV, vii [291]

 

le sentiment vient en premier

donc qui prend garde

à la syntaxe des choses

ne t'embrassera jamais vraiment;

 

se comporter vraiment comme un idiot

tandis que le Printemps s'impose au monde

 

mon sang approuve cela,

et les baisers font une destinée meilleure

que la sagesse

ma dame je le jure sur toutes les fleurs.               Ne pleure pas

—le geste le plus fort de mon cerveau est moins

qu'un seul battement de tes paupières,qui dit

 

que nous sommes faits l'un pour l'autre:alors

ris,en te reposant dans mes bras

car la vie n'est pas un paragraphe

 

Et la mort me semble-t-il n'est pas une parenthèse

 

~║~║~║~║~║~║

Texte original ici ~║ ici ~║ici ~║~║lààà ~║~

21:25 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 02 novembre 2012

is 5, XXIV [251]

mon oncle

Daniel a combattu lors de la

guerre civile dans la fanfare et il sait jouer

diaboliquement du triangle)mon

 

oncle Frank n'a très longtemps rien fait d'autre

que de faire voler des cerfs-volants et

lorsque le

fil(ou autre chose)se rompt mon oncle Frank fond

en larmes. Mon oncle Tom

 

tricote a un crâne de poupon celluloïd(mais

 

mon oncle Ed

dont tout

du cou aux pieds est mort

 

sur Brattle Street un chiot

castré le traîne en laisse

 

ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ ƕ 

 

13:47 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 01 novembre 2012

95 Poems, 8 [680]

dominic a

 

une poupée attachée

au radiateur de son

ZOOM DOOM

 

camionàglaceboischarbon un

 

triste petit

pantin

qui avait été enterré

 

la tête en bas dans un tonneau de cendres

 

alors bien sûr dominic

l'a ramené chez

lui

 

& mme dominic lui a lavé sa douce

 

et sale

figure & a réparé

son pantalon déchiré criard(tout comme

 

si lui c'était vraiment elle et qu'

 

elle

en revanche)& donc

c'est comme

 

ça que dominic a une poupée

 

& de temps à autre mon

génial

ami dominic depaola

 

me serre vigoureusement dans ses bras

 

il sait

que je sens

combien

 

nous & mondes

 

sommes

moins vivants

que les poupées & le

 

rêve

 

~~~~~~~~~~~~~~~~~

Texte original ici et pas forcément ailleurs.

07:30 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 31 octobre 2012

New Poems, III [465]

For Corinne B., on this her birthday.

 

un ballon de foot aux sourcils blancs le

3

ème chef ou je sais plus quoi ne doit pas être

 

de service incoerrant crache côté proue

dan

s l'immensité(sur jadis celui qui

 

sauvagement par un m. rose une verte

mme

attrapé ouvrant lança-t-il horriblement smith

 

cornucopieusement des quoi non identifiables

d

e ce qu'absorbé trop vertigineusement à la

 

========================

05:55 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 30 octobre 2012

1x1 One Times One, XXVIII [568]

 

qu'il vente pleuve

sam a fait

de son meilleur

jusqu'à finir sous terre

 

:sam était un homme

 

aussi solide qu'un pont

aussi coriace qu'un ours

plus preste qu'une belette

comment qu'on peut

 

(soleil ou qu'il neige)

 

finir comme ça

pareils les rois

dont on cause livres

c'est un engoulevent

 

qui chante sur lui

 

cœur gros comme ça

le monde pas carré

où le diable a sa place

comme ses anges

 

parfaitement

 

ce qui est préférable

ce qu'il vaut mieux pas

ce qui est dégordi

dégordi dégordi

 

(personne ne le saura)

 

sam était un homme

qui a souri à plein sourire

fait son boulot

fini son trou.

 

Repose-toi

 

*************************

Texte original ici et .

12:51 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 29 octobre 2012

73 Poems, 9 [781]

 

le présent est un navire

 

dont le capitaine suis-je

sort du sommeil vire

 

vogue vers les songes

 

¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨

Le quatrain original ici ou .

09:28 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 28 octobre 2012

73 Poems, 3 [775]

chercheur de vérité

 

ne suis aucun sentier

tous les sentiers mènent là

 

où se trouve la

 

vérité

 

/: ######## :/

Texte original ici, , ailleurs et puis .

09:24 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 27 octobre 2012

73 Poems, 59 [831]

qui est cette

grac

ieuse

mademoiselle

 

le d

e son

être lu

min

      eux

une très(un

 

si un

  murm

ure un où

une cach

ette)timide

 

métap

ho

   re

?la lune

 

 ◄◄◄↕►►►

Les vers 4 et 19 sont en français dans le texte. 

11:27 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 26 octobre 2012

95 Poems, 6 [678]

 

esprit colossal

(& à qui ne fait jamais

rien peur)toi que j'adore

lilliputienne créature

 

à l'allègre ego(&

à l'alter malicieux

tendrement moucherollant)

ange de bouffonnerie

 

bienvenu en tous lieux

(mais surtout bien chez soi

en de neigeux nulle part

dont l'hiver son silence)

 

donne-moi un trillionième

de ta curiosité

de ton humble gaieté

ton courage vivantissime

 

 

¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡

Le texte original se trouve ici, - ou encore ailleurs.

Voici un poème que l'on ne comprend pas du tout de la même manière, selon que, lisant phoebeing au vers 7, l'on considère (sait?) que phoebe est le nom d'un oiseau américain (la moucherolle phébi), ou selon que l'on pense qu'il s'agit du prénom. J'ai pris le parti d'en faire un poème plus clairement ornithologique que l'original. (Encore que... plus clairement ? moucherollant est-il ornithologiquement transparent ? j'en doute...)

Toujours est-il que cela fait désormais bientôt 4 semaines que je traduis (au moins) 1 poème d'e.e.cummings par jour, et le chantier commence à avoir de l'allure.

 

Je dédie, très respectueusement, la traduction de ce poème à Mme Fabienne Raphoz, éminente poètesse d'oiseaux & directrice de la collection Biophilia aux éditions Corti.

 

04:00 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 25 octobre 2012

New Poems, I [463]

 

de

la brume

la

car

 

trè

 

es

se le

doig

 

s len

 

changent

les quoi

en

qui

 

tes

 

rendent

les

gens

de

 

 ::::::::······:::::::

Texte original ici.

12:28 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 24 octobre 2012

Tulips – Portraits, XXI [90]

Buffalo Bill

a trépassé

  lui qui galopait

  sur un étalon argenté doux comme

  l'écume

et qui cassait undeuxtroisquatrecinq pigeonsd'argilecommesiderienn'était

    Seigneur

 

c'était un bel homme

     et je veux savoir si

ce beau gars aux yeux bleus est à votre goût

Monsieur la Mort

 

::::::::::::::::::::::::::::::::

Texte original ici, & yonder.

08:44 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 23 octobre 2012

Tulips & Chimneys – Sonnets Actualities, XXIII [176]

vois ce iota de lune orange et convulsif

juché sur ce fragment de soirée argenté

 

Nous prendrons le chemin de la forêt – nul désaveu

de toi,blanche cité aux flèches doucement défiantes.

Prendrons par la rune déserte tremblotante

d'une route gravée dans l'atmosphère vif.

 

Silence violent,des champs miraculeux

 

s'enflent d'infinitésimale orientité

...(ce sont les Noirs,ma chérie et cetera,

qui vivent sous les pierres.) N'aie crainte

 

nous dépasserons la laideur banale

d'un cimetière minutieux que traverse une route phénoménale

et où tous sont morts sans doute ni feinte.

 

Alors très lentement tu m'embrasseras

 

sharksharksharksharksharksharksharksharksharkshark

Texte original ICI, ici, ici et ici.

21:11 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 22 octobre 2012

Tulips & Chimneys – Portraits, XVII [86]

 

tenez l'autre

jour je franchissais certain

portail,          la pluie

tombait(selon son habitude

 

printanière)

des cordes

d'argent glissant du tonnerre

ensoleillé dans la fraîcheur

 

comme si les fleurs de dieu

sonnaient des cloches

d'or              j'ai levé les

yeux

 

et

je me suis dit             Mort

et toucheras-Tu de tes

doigts ouvragés peut-être

 

l'existence couleur trémière dont

les yeux de violette observent du matin

au soir la rue

invariablement             la toujours

 

vieille dame toujours assise à sa

mignonne fenêtre comme

un souvenir

partagé

 

en douceur     à son portail sourient

toujours les fleurs

élues du souvenir

 

}}}{}}}}{{{{{}{{{

Texte anglais ici, et ici aussi.

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dimanche, 21 octobre 2012

Tulips & Chimneys – Portraits, XIX [88]

la rose

meurt les

lèvres d'un vieillard assassinent

 

les pétales

se taisent

énigmatiquement

un cortège funèbre invisible avance

visages prosaïques et habits,en pleurs

Le symbole de la rose

 

immobile

les ailes et les pieds en

deuil

s'élève

 

contre les marges abruptes du chant

une douceur d'étalon              ,les

 

lèvres d'un vieillard assassinent

 

les pétales

 

)))))))))))))))((((((((((

Texte original ici et  et là aussi.

Par ailleurs, c'est la première fois, en trois semaines de traduction effrénée et quotidienne, que je tombe, sans l'avoir jamais cherché, sur une traduction du poème en cours de publication. Voici donc la traduction du très respecté Thierry Gillyboeuf, qui est mauvaise (rythme non respecté, plusieurs contresens, non-respect des enchaînements syntaxiques). Le traducteur n'a même pas compris le poème... Confirmation qu'il y a un vrai travail à faire.

16:10 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 20 octobre 2012

is 5, IV, xiii [297]

Personne n’arbore une fleur

 

jaune à sa boutonnière

c’est le genre plein de manières

un type aussi jeune que vieux

 

lorsque l’automne arrive en douce,

le genre à se tourner les pouces

à descendre fissa les boulevards

 

sans manteau sans chapeau

 

—(et je ne sais pas ce que ce damoiseau

y trouve de plaisant je ne sais pas ce qu’il fabrique)

 

et pourquoi(au fond de sa malle,

sous des cols crasseux)il y a

quelques

(ou

étaient-ce des années)minutes j’ai trouvé,qui me

 

fixait,une petite rose jaune,morte

 

---------------------------------

Texte original ici, , ou chanté.

14:52 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 19 octobre 2012

95 Poems, 5 [677]

insensé bleu geai)

démon riantcri

ant sur mon passage

ton mépris des facilement

 

ta haine des timides

et aversion pour les(bien fades

réguliers bienséants

& commodes)non-mondes

 

voleur escroc cynique

(fragment de paradis

nageflottantàladérive)

lousticanaille

 

rustaud rugissant &

voltaire vivace

ô toi anarchiste splendide

(je te salue

 

-------------////--------------

Texte original ici, ici ou .

16:49 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 18 octobre 2012

95 Poems, 38 [710]

s.er:elève;cerés,idud'ho,mm:e

 

e

ffondr

é

 

.e:nple;inso,le;il:

 

«ah

onmlafépaah

moi»

 

murmur.etilàsoimême

 

 

xxxxxxxx----xxxxxxxx

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mercredi, 17 octobre 2012

95 Poems, 34 [706]

ADHUC SUB JUDICE LIS

 

lorsque mack a frappé phyllis sur son gros groin

 

frank se l'est dégommé d'un bon gros coup de poing

mais tous les autres (semble-t-il)

 

pensaient que linda ressemblait à bill

 

 

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Texte original ici ou ici.

10:00 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 16 octobre 2012

No Thanks, 18 [401]

ces deux petits

michetons ont eu un petit peu les jetons

pile au milieu d'un lit lit

lit)lorsque chacun d'eux se courtisèrent

ça vraiment les contrarièrent)et

lorsque donc ce dont ils avortèrent

ce qui était mort mort mort)

 

sur quoi marie

pas mal marrie n'est pas

morte

(on peut dire qu'elle inexactement a trépassé et vaguement

est repassée pile où

la chair    harripile où montparnasse

déboule    sur raspail).

 

Mais il se changea en bonne

fée!une bonne

fée!une

bonne

fée!!!

mais elle se changea en bon-nefée(et

ça a l'air de faire de l'effet

 

 

¿¿¿????¿¿¿¿¿¿????¿¿¿

434-946560b664.jpgNotule : pour la troisième strophe, je n'ai pas trouvé de traduction convenable de fair-y. En effet, E.E. Cummings joue ici sur plusieurs tableaux, de sorte que la contrainte est multiple :

1) il faut un nom commun qui puisse rendre compte du sens littéral (magie) et du sens figuré (homosexualité)

2) un nom qui puisse se découper en une première partie autonome (fair=beau) et en une deuxième partie (y, le suffixe)

3) un mot qui rime avec les mots de la strophe précédente (mary/contrary/heiry)

Pour le sens figuré, je m'en suis très approximativement sorti en traduisant par « michetons » le little pair des vers 1-2. Pour le découpage, j'ai traduit fairy par bonne fée, ce qui autorise une lecture polysémique du vers 15 (« il se changea en bonne »). Pour la rime, échec complet.

Pour les autres difficultés du poème (incohérence syntaxique de la première strophe, jeu de mots sur gooseflesh aux vers 13-14, rimes et rimes internes), je ne suis pas trop mécontent de mes choix. Je serai (futur de l'indicatif) curieux de voir comment s'en sont sortis mes prédécesseurs.

 

15:56 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

“A world ploughed...” (Nicolas Pesquès, Juliau J10)

A world ploughed with every beast, then patched back up again

opening out onto blatancy

as with words

 

at the same time yellow and absent

 

 

the negative turns around without going through the eyes

thus vanishes the colour when it's said and done

 

it's as if what is going on nearby

could never be heard

but, deeply linked, so visible

it brought about confusion, and drilling

 

 

 

 

Un monde creusé à chaque bête, puis rapiécé

débouchant sur du visible

comme avec des mots


c'est jaune et absent ensemble

 

 

la négation rebrousse chemin sans passer par les yeux

ainsi disparaît la couleur quand c'est dit

 

c'est comme si ce qui se passait à côté

ne pouvait jamais être entendu

mais, profondément lié, tellement apparent

causait égarement, et forages

 

Nicolas Pesquès. La face nord de Juliau huit, neuf, dix. André Dimanche, 2011, p. 87

14:51 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 15 octobre 2012

95 Poems, 58 [730]

un sombre jour un parfait inconnu

m'a battu comme à plâtre mort —

 

j'ai eu du mal à pardonner :

lui moi-(il s'avéra)-même

 

—désormais ce rival et moi sommes

d'éternels amis chacun de l'autre

 

 

>>>>>>>>>><<<<<<<<<<>>>>>>>>>><<<<<<<<<<

Texte original ici, ici (with others) --- ou encore .

22:05 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 14 octobre 2012

WW (ViVa), XLVI [356]

j'ai rencontré un homme sous la lune

ce dimanche.

à sa façon pour ne

rien dire il

a souri(mais

près du col crasseux de sa

 

veste j'ai vu collées maladroitement deux oreilles

sur

ce visage de la peau en

boîte des yeux pareils

à des outils neufs)

 

d'où j'ai supputé que lui aussi était monté en haut du pincio

pour goûter rome au crépuscule;mais aussi appuyées à la

paroi ses blanches franches étroi

tes mains aux doigts pleins de supputations

 

adorablement restaient-sans-bouger

,tels des enfants morts

(s'il avait joué du violon j'aurais

 

dansé:c'est pour cela

que quelque chose en moi le faisait penser à nous deux)

 

pendant que s'étendait lentement sur la ville Personne

 

 

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Texte anglais ici. Pas ailleurs ? Dame.

 

21:55 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

Chimneys – Sonnets, XI [125]

dieu de moi qui (oui dieu a pris de) prends pitié

par la plume légère et sexuelle élancée

de ton dirai-je ton corps?suis persécuté

oui dans un crachin jazzeux geignant à moitié

 

dont la parfois jeunesse arquée raide engloutit

en se lovant à lui tout l’aigu de ma hanche;

ou,spasme ta chair de garçon craquante étanche

ma cime en des climats fermes frêles glacés,

 

(souffle court lèvres effilées avalanche)môme

 

femme-larron de l’habile marlou-voyou

corps esclaffé à la poitrine sage à demi-esquissée

chair zézayante prompte à enfiler la complainte engraissée

:Je Veux Une Poupée,

                                        pieds agiles menus dont les pas comme

furtifs fendent la toison du saxophoneux biniou.

 

 

···...···...···...···......···...···...···...······

Texte original ici, ici ou . Ou ailleurs.

Aujourd'hui, deux semaines après le lancement du projet tout eec ?, je tente une première traduction de sonnet. Il y a de nombreux sonnets dans l'oeuvre de Cummings, souvent avec des variations très complexes autour de la forme. Ici, il était impératif de conserver le schéma aba'a a'ccb deffde. Outre quelques libertés lexicales (brogue est difficile à rendre), j'ai choisi, pour ne devoir renoncer à aucun des mots (tous pondérables), de passer, entre le vers 9 et le vers 10, de l'alexandrin au vers de 16 syllabes, puis de clore sur un vers de 14 syllabes (mètre aimé de Jaccottet ou Réda, ce qui, je l'admets, ne suffit pas à justifier sa résurgence ici).

15:15 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué, Knobs & thorns, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 13 octobre 2012

Etcetera – Love Poems, VIII [921]

 

 

Lune-dans-les-Arbres,

Le vieux canoë t’attend.

Tu le sais, il n’a pas peur du noir

Et il a attrapé tout seul bien des étoiles.

 

Cette même tente attend ton retour,

Lune-dans-les-Arbres.

T’en souvient-il, l’odeur douce d’épicéa

À l’aurore que peuplaient tant de passereaux ?

 

Dans les oreilles de mes jours

Résonne le tonnerre de fleuves aboutis ;

Dans les narines de mes nuits

Un parfum de cimes à tout jamais perdues.

 

 

 

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

Texte original disponible ici, ou encore yonder paraît-il.

Pas la moindre idée sur le contexte, ou l'intertexte, de ce poème.

13:10 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 12 octobre 2012

One Times One, XXX [570]

 

Bonjour ainsi parle un miroir

chambrière qui dit Qui est-ce

et(sans ouïr un quoi)se presse

de dire Au plaisir de me voir

 

un rayon de soleil jamais ça ne se fixe

 

Bang voilà tout le sens d’un flingue

un homme qui veut dire Non

et(voyant quelque oui)se confond

en souriant Monsieur Machin

 

une vraie guerre non jamais ça ne se gagne




 ****************

Texte original ici, ici ou encore ici (lu par eec himself).

 

 

 

15:20 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 11 octobre 2012

Impressions VII (Tulips and Chimneys) [65]

 

 

j’observais la façon dont

dans la besace informe

de la nuit le grignotement

d’une étoile in-

 

fin

-i-

tés

-i

-mal-

ement dévore

 

l’obscurité l’é

-toile affamée

qui

f

 

-in

ir-

a p

ar gober

l’appât de l’

aube et par sombrer d’un

 

hoquet

 

dans l’éternité.  quand au-dessus de ma tête

soudain une étoile

filante

Expl    os

                (e

                    en un terne vagissement

comme celui d’un réveil)

 

—/–––— —/–––— —/–––—

V.O. ici, ou ici (avec traduction portugaise), ou encore ici.

—/–––—

21:22 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 10 octobre 2012

50 Poems, 22 [508]

nom de nom

 

pro

pro

 

non d'un non

 

rome

rome

 

nonnes deux nonnes

 

pr  o  me

nons

 

-nous avec le diable

 

m

ent inconnuageux pri

 

ntemps

 

 

 

 

Texte original visible (avec de Drowning by colours (Cummings XII)bons yeux) ici.

J'avais, dans la salle d'attente de l'école de musique de Tours-Nord, mon exemplaire des Complete Poems, des fiches bristol et un stylo tricolore.

10:10 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 09 octobre 2012

Dial Papers, XV [980-1]

 

comme un homme qui(après avoir écrit

tard dans la nuit)voit sa lumière

réduite au silence.

 

                                  il va à sa fenêtre

                                  un moment il

                                                           contemple

                                  de la grande ville fatale

 

l’énorme ressuscité taciturne

                                                  Corps

                                                  (et

 

voit

      au-dessus des entre les toits

 

                                                           les rues soulevées

                                                           qui non-

 

                                                           parlent.

                                                           -elles

 

                                                                       et il ne

parle pas.)Peut-être toutefois

en tirant sur une éventuelle.cigarette

il est désolé

éploré.et il se répète calme

-ment

            des mots singuliers brefs & morts

 

Et il s’endort malheureux longiligne.

 

                                                                 —tel,ma

                                                                  dame est

                                                                                  votre amant

 

lorsqu’un peu il ferme les yeux

en pensant « cette nuit je n’étais dans son lit ».et la Lumière

 

L’im-

mense

extraordinaire          Lumière        ,Elle

 

survole prestement le peut-être monde(survole

le peut-être Aujourd'hui & les belles de jour.survole

 

Tout un chacun — & moi?)

 

des noms

 

                 & des violettes    !

 

                                                 des navires,                        des pays

 

 

—/—/—/—/—/—/—/—/—/

Eléments de laboratoire.

Tout d'abord, sacrifier à la tradition === texte original ici seulement (il s'agit d'un poème non publié enr ecueil, peu connu, peu repris par les internautes).

Ensuite : je me surprends à traduire assez rapidement, avec ces petites cartes bristol, directement sur les genoux, en lisant dans le cabriolet ou sur le canapé. Autre point : le plus fastidieux est de respecter la typographie, et surtout les espaces retraits et alinéas. Or, ayant de prime abord mis cette traduction-ci en forme dans un document Word, je crois constater que Haut&Fort a conservé les espaces et interlignes, ainsi qu'alinéas etc. (Les éventuels lecteurs peuvent-ils vérifier cela ? ça doit être plutôt instable, en fonction des navigateurs.)

Dix jours pour un premier bilan. 10ème poème traduit. À ce rythme-là, trois années de travail suffiraient. Mais ne rêvons pas, rythme impossible à tenir, enthousiasme des débuts (butant déjà sur le désintérêt du l'inexistence d'un lectorat). Lors de la saisie dans Word des griffonnages bristoliens, je pensais qu'une mise en forme colorée insisterait sur l'aspect re-créatif de ces traductions, dispenserait de commentaires, de justifications, notes de bas de page. Les couleurs traceraient les lignes d'interprétation de la rendition. Pour ce poème-ci, il y aurait beaucoup à dire, et dans l'immédiat seulement ceci : pour la première fois, j'ai modifié un peu la typographie, faisant basculer l'esperluette du dernier vers de chaque partie (vers 24 et 39) à l'avant-dernier vers de chacune (rythme => changement => symétrie).

Mes majeures préoccupations : littéralité lexicale & conservation scrupuleuse des rythmes.

22:22 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (2)

is 5, I, vi [233]

Raoul a une môme

                                   môme

                                                môme,

                                                             Raoul

a une môme et poussur

elle sait bien remuyer son boule

 

quand tu la vois bouger

                                          bouger

                                                        bouger,

                                                                       quand

tu la vois guincher

un coup t’aimrais bien être à la place de Raoul.

 

Oh si ce genre de môme

                                            môme

                                                           môme,

                                                                        oh

si ce genre de môme ve-

nait tous les jours vous tripoter l’guillôme

 

parle toujours de tes Sal-

                                            Sal-

                                                   Sal-,

                                                           parle

toujours de tes Salo-

més mais aboule la poule de Raoul.

 

 

————————————————

Texte original ici, ici, ici, ou encore ici (lied de Vincent Persichetti, très mal chanté malheureusement).

————

cummings.jpg

e.e. cummings en 1926

09:17 Publié dans Brille de mille yeux, Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 08 octobre 2012

95 Poems, 56 [728]

chez-soi cela signifie que

quand le toit

certainement fuit c'

est notre(chez-soi

 

cela signifie si une lune

ou un peut-être

soleil resplendit ce sont

nos aussi mon

 

trésor)mais qu'un im-

probablement

nonmonde s'écrase

en 1

 

nonillion(& donc)depetitsriens

chacun(embras-

sons nous)c'est cela

chez-soi

 

 

 

Texte original ici.

Epuisé, ce soir, vraiment fourbu, je pensais renoncer. Puis j'ai choisi à la va-vite ce poème que je ne comprends pas, et que j'ai traduit à la va-vite. Voici peut-être le premier véritable échec (ce qui, sur 8 essais de traduction, n'est pas un mauvais ratio — à condition que les 7 autres soient au moins des demi-réussites).

21:25 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 07 octobre 2012

& - AND (Portraits, VII) — [202]

qui sait si la lune

est un ballon,lâché d'une cité fringante

dans le ciel—rempli d'êtres ravissants?

(et si toi et moi nous

 

y montions,s'ils

me prenaient te prenaient à bord de ce ballon,

eh bien

nous irions toujours plus haut avec ces êtres ravissants

 

plus haut que les maisons les clochers les nuages:

voguerions

de plus en plus loin jusqu'à une

cité fringante où personne n'est jamais allé,où

 

c'est

         toujours le

                            Printemps)et tout le monde

est amoureux les fleurs cueillent les fleurs

 

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--------------------------

----------------

Version griffonnée vendredi. Puis beaucoup de cogitations (keen city, pretty people, parenthèses, surtout l'énoncé final flowers pick themselves)...

D'où cet encore-brouillon.

Mais le texte original : ici ou ici ou encore ici (chanté).

22:03 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 05 octobre 2012

50 Poems, 41 [529]

en t'élevant vers le silence le

silence vert et sa terre blanche

 

tu par (embrasse-moi) tiras

 

dehors dans le matin le

frais matin et son monde douillet

 

(embrasse-moi) tu partiras

 

vers le soleil radieux le beau

soleil radieux et sa clarté robuste

 

tu partiras (embrasse-moi

 

au fond de ta mémoire de ton

souvenir et bien dans ta mémoire

 

je) embrasse-moi (partirai)

 

 

 Texte original du poème d'e.e. cummings ici, ici ou encore ici.

Rappel : j'essaie, outre tout le reste, de traduire un poème de cummings par jour.

23:05 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 04 octobre 2012

FINIS (Uncollected, 28) [878]

FINIS

 

Par-dessus les eaux paisibles

                                                 le jour tombe

                                                                         la nuit monte

inonde le soleil couchant à la douce magnificence

En un salut doré

                             lancé fièrement à l'ouest

pendant que le crépuscule blême

                                                        vacil-

                                                                  lant vi-

                                                                               re aux

                                                                                          Ténèbres

advient l'appel gracieux des dernières lueurs

                                                                           Appel à la quiétude

ainsi quand la vie viendra à manquer

                                                               Puissé-je debout sur les

rivages

du dieu

              éternel voir mon soleil couchant

Inonder le ciel

                         par-dessus les eaux paisibles

 

 

 

Suite, pas fin   texte or. ici ou ici /

21:56 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 03 octobre 2012

Tulips and Chimneys - POST IMPRESSIONS, XI [114]

je vais proférer un arbre,Personne

ne m’en empêchera

 

mais pour commencer

la terre                 ,l’impitoyable obscurité orale

qui bouillonne de tout son instinct ténu

 

je veux faire

 

un

     rêve

     je

     pense rêver de roses et

le printemps lui apportera

des lombrics grouillant dans la glaise.

 

(puis à force

de grimper

sur des muscles hauts et précautionneux

 

je me fondrai dans un silence nerveux et précis….Mais pour commencer

 

toi)

 

appuie un peu pour

commencer,ce seront des feuilles

et appuie un peu plus fort

des roses

juste un peu plus fort

 

pour finir                  nous

sur cette flamme ce râle d’immense net

pesant baiser humide grimpant hideux de nos

larges

hanches

menues,O

 

                  .appuie

 

des lombrics grouillant dans la glaise

 

 

Texte original ici.

14:44 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 02 octobre 2012

ITEM (is 5) [241]



ô cet homme est si

Serveur

cette;femme est

 

veuillez fermer cette

la moue Et sourire narquois affectueux

pyramides interminables,de serviettes

(cet homme est oh si las de cette

une porte s’ouvre seule

femme.)ils pour ainsi dire ont

 

été Amoureux?

maintenant

                   elle ouvre trop grand la bouche

et:s’attaque à son Homard sans

pattes mêlées sous la

pitié.

         (fin des hors d’œuvre)

 

#####################

Texte original ici et ici.

Frustration de ne pas avoir rendu avec force la chaîne WaiterAndLoveLobster. (ServeurEtAmoureuxHomard, ce n'est pas folichon.) Pour l'"exit" du dernier vers, hésité à mettre carrément "tchao les hors d'oeuvre". Et le o/oh est un sème au transfert insoluble.

17:55 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 01 octobre 2012

Tulips & Chimneys - Portraits, VII [75]

d’évidents invisibles

exquis le vol planant

 

près des sombres portails

 

des yeux peinés d’une fille

 

 

sincèrement étonnés

 

une pose une blessure

sublime retenue

 

la bouche précise d’un garçon

 

 

désormais penche la tête de faune

 

désormais la fleur intime rêve

 

de lèvres qui s’écartent

sans bruit sur la syrinx

 

 

 

Texte original ici ou ici.

Crevé, j'étais à deux doigts de renoncer, dès le deuxième jour, à traduire régulièrement. Donc j'ai préféré choisir un poème "facile", et le traduire vite fait, quitte - j'espère - à le reprendre quand je m'apercevrai que, vraiment, ce premier jet est inqualifiable. Mais l'érotique (Mallarmé) n'en est pas rien.

 Now off to bed...

21:57 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 30 septembre 2012

Xaipe 57 [655]

 

 

(im)c-h-a-t(mo)

b;i;l;e

 

TombesA

ute!flo

TtebasCUL

 

e?dé

RiveballottéC

(Omplè)t(emenT)

&&&

 

s'éloigne:absolu

ment;comme si

ri

en ne s'était, du tout p

ass

É.

 

--------------------------

Plus de quinze ans après avoir commencé à griffonner quelques traductions de poèmes d'e.e. cummings, et quinze ans au moins après avoir arrêté ces griffonnages, je vais tenter d'en traduire, sinon un par jour, du moins plusieurs chaque semaine. Le texte original du poème de ce jour se trouve ici ou ici, et, de toute manière, à la page 655 de l'édition Firmage/Liveright, ma bible en l'espèce.

Contraintes : ne rien lire d'exégétique pour traduire, ne consulter aucune traduction existante avant d'avoir publié la version princeps de ma traduction. (Je ne suis pas trop sûr de le faire après non plus, car je risquerais, m'abîmant dans des considérations sémiotiques et traductologiques infinies, de ne plus traduire de nouveaux poèmes.)

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vendredi, 23 mars 2012

Clapot ╬ Wave Ripples

Le poème est de Patrick Wateau, in Ingrès (Corti, 2006, pp. 61-3).

La traduction anglaise est de Guillaume Cingal.

 

Clapot                                                     Wave Ripples

 

On se ronge ongle                                 Gnawing one’s nail

la jachère                                                the fallow land

de l’ongle                                                 beneath

au-dessous                                                the nail

vers litière                                               by litter

et suaire                                                   and shroud

 

On arrache le sol                                     You dig up the soil

le trou                                                      the hole

dans lequel la tête                                   where the head

penche                                                     bends down

 

On voit l’insecte                                       Can see the insect

lier                                                             bind

son signe                                                   its mark

à quelque chose                                         with some place

d’où des morts sortent                             from where the dead arise

en plus clair                                               more neatly

 

Puis on                                                      And then you

je                                                               I

me                                                             turn my

bleuis les doigts                                         own fingers blue

 

 

 

Abattoir à baraquement                             Slaughterhouse of barracks

 

C’est ignare                                              An ignorant thing it is

un pilon pour                                            a drumstick serving

poteau                                                      as post

électrise du nerf                                        electrifies those nerves

 

Longuement use                                       Wears it down endlessly

l’écorche                                                  skins the beast

 

Immolé bœuf                                           An ox immolated

avec mouton                                           with a sheep

os                                                           bone

de hauteur                                              how high

aux cornes                                           to the horns

et pattes quatre                                     and legs four

et dents quatre                                       and teeth four

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lundi, 19 mars 2012

Ministers to the Toothless ╩ Prêche pour les édentés

    Voici une nouvelle traduction de poème. Il y a longtemps que je tourne autour de Taban lo Liyong. Pour inaugurer un travail de traduction de ce poète et essayiste que j'ai découvert il y a bientôt quinze ans, j'ai choisi un poème très ironique, très ambigu, et qui s'intitule Ministers to the Toothless. On en trouvera ci-après, comme toujours, la version originale puis mon essai de traduction (dans lequel j'ai privilégié la prosodie, sacrifiant parfois le sens étroit).


Ministers to the Toothless


When I am old and my teeth are gone or rotted

Let me age away near KFC or MacDonald’s hotel: 

Potatoes have no fibres and just disintegrate in the mouth 

When they are squared and fried hot you don’t need teeth; 

Finger-licking good spring chicken eaten hot is swallowed whole 

The coleslaw in hamburgers is for additional salivation 

It softens the bread and your gums can pound the meat 

And you turn everything over in the mouth and swallow: 

Nobody knows if you chewed or just washed it down 

Especially as the salt on the potatoes, and drugs in the Coke 

Contribute a lot to the salivation and gunning down. 

The workers of the East with their poor dental care 

The poor of the world who buy silence with sweets and ice-cream 

Will keep MacDonalds and the General in business 

Regardless of ideology, change of regime, whims of the boss: 

When I have no teeth apples are out, as are steak and ribs. 

Fried chickens, eggs, minced meat, coleslaw and bread 

These I can eat with my gums, with my baby.

 

 

Prêche pour les édentés

 

Lorsque je serai vieux, mes dents tombées, pourries, 

Qu’on me laisse finir mes jours près d’un fastfood.

La patate, dénuée de fils, fond dans la bouche :

Coupée en carrés, frite – hein, à quoi bon des dents ?

Du poulet frit à s’en pourlécher, ça s’avale

Sans mâcher, et dans les hamburgers, la salade

Active la salive, amollit le pain, et les gencives

Pilent la viande avant que vous la ruminiez.

Peu importe qu’on mâche ou qu’on fasse descendre

A grands coups de Coca : le sel, la caféine

Aident à saliver et à faire passer.

Les ouvriers venus d’Orient, sans accès aux soins dentaires,

Pauvres de tous les pays qui se paient du silence à coups de sucreries

Engraisseront toujours McDo et KFC

Sans penser politique, alternance ou lubies du patron :

Sans dents, fini les pommes, les steaks, les côtelettes.

Œufs, viande hachée, poulet rôti, pain et salade :

Parfait pour mes gencives, et pour mon bébé.

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jeudi, 19 janvier 2012

Galbuliformes (poème de Fabienne Raphoz)

Texte original ici (en fin de billet).

 

Galbuliformes

 

(Galbulidae)

Jacamars prey almost exclusively on flying insects

All jacamars have a sharp beak

All jacamars wear the tinny emerald found in a forest of clouds after rain barring the White-eared Jacamar which mimics the ground after rain the Pale-headed Jacamar the Three-toed Jacamar the White-throated Jacamar which all mimic the sky before rain the Brown Jacamar the Long-tailed Jacamar which mimic the night in a forest of clouds

The Coppery-chested Jacamar has a solar eye

The White-eared Jacamar and the Purus Jacamar shed red tears

The female Rufous-tailed Jacamar has an emerald tail

The Coppery-chested Jacamar is a vulnerable species

The Three-toed Jacamar is an endangered species

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jeudi, 03 novembre 2011

Eux et nous, mystérieuse angoisse (Ben Okri, 2009)

    Nous nous trouvions dans la propriété sublime de notre hôte mystérieux. Un festin avait été dressé, en plein air. Nous étions nombreux. Certains étaient déjà assis, certains debout derrière les invités attablés. On peut dire que nous étions trop nombreux pour la quantité de nourriture, en tout cas c'est l'impression que nous avions.

Soudain, on eut le sentiment que tout le monde allait se précipiter sur la nourriture et qu'il nous faudrait agir comme des barbares et manger à pleines mains, qu'il nous faudrait nous battre à même les tables de ce somptueux festin. La tension dura longtemps.

Notre hôte ne faisait rien, ne disait rien. Personne ne savait ce qu'il fallait faire. Il soufflait un vent de rébellion. C'est alors que survint un événement étrange. Ceux qui étaient attablés se servirent et commencèrent à manger. Nous mangeâmes sans nous hâter. Mon épouse était assise à côté de moi. Les plats étaient prodigieux.

Nous mangions sans oublier les invités debout derrière nous : ils ne mangeaient pas, ne bougeaient pas. Ils se contentaient de nous regarder manger.

Est-ce que nous nous sentions coupables de manger ? C'était un sentiment complexe. Il n'est pas possible de le résumer ainsi. Ceux qui étaient attablés mangeaient. Voilà. Voilà tout.

Nous mangeâmes pendant un certain temps. Puis les gens derrière nous se mirent à murmurer. L'un d'eux lança à voix basse : "Le premier qui nous donnera à manger aura..."

J'étais tenté de leur donner à manger, mais comment faire ? Par qui commencer ? C'était une situation inextricable. En nous retournant, nous les verrions tous, nous serions pris dans une situation binaire. Ce serait vous et eux. Pourtant, cela n'avait pas commencé comme ça. Nous étions tous réunis pour le festin. Vous étiez à table, vous commenciez à manger : ce n'était pas plus compliqué que cela. Eux, ils n'étaient pas à table ; ils ne mangeaient pas. Ils ne faisaient rien. Ils ne s'étaient même pas avancés pour prendre une assiette et se servir. Personne ne leur avait dit de rester debout à nous regarder manger. Ils étaient seuls responsables de la situation.

Alors, se retourner et leur donner à manger reviendrait automatiquement à les voir, à les traiter en inférieurs. Mais en fait c'étaient eux qui, par leur comportement, avaient provoqué cette situation.

Par conséquent, nous continuâmes de manger sans prêter attention aux murmures. Nous eûmes bientôt fini notre repas. Repus, nous décidâmes d'explorer d'autres recoins de la propriété. En l'occurrence, il restait encore beaucoup de nourriture.

Ma femme et moi fûmes parmi les derniers à quitter la table. En me levant, je regardai derrière nous. A mon étonnement, il n'y avait là que trois personnes. Comment cela, pas plus ? On aurait cru qu'il y avait une foule. Peut-être étaient-ils plus nombreux, peut-être les autres avaient-ils renoncé, peut-être étaient-ils partis, ou morts.

Tandis que nous mangions, j'avais plusieurs fois pensé que rien ne les empêchait de nous planter un couteau entre les côtes.

Ma femme et moi nous éloignâmes avec les autres, pour aller dans les jardins sublimes de cette somptueuse propriété.

La journée avait passé comme un rêve baigné de soleil.

 

 

Traduction d'un "stoku" de Ben Okri, in Tales of Freedom (2009).

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jeudi, 13 octobre 2011

Performance (Les Murray) / En représentation

 

    Performance                                                                     En représentation

 

I starred that night, I shone:                                          Ce soir-là, j'étais au sommet, je brillais :

I was footwork and firework in one,                             tout à la fois feu au plancher et feu de joie,

 

a rocket that wriggled up and shot                                 fusée je montais en vrille et crevais

darkness with a parasol of brilliants                             l'obscurité d'un grand faisceau de brillants

and a peewee descant on a flung bit;                             et trilles de petit passereau sur orbite —

I was busters of glitter-bombs expanding                     j'étais rafales de scintillations en tous points,

to mantle and aurora from a crown,                              la tête, les rémiges, les rectrices 

I was fouéttes, falls of blazing paint,                            je n'étais que pirouettes, couleurs en cascades

para-flares spot-welding cloudy heaven,                      et fusées ressoudant les cieux enténébrés,

loose gold off fierce toeholds of white,                   filaments d'or soustrait aux fauves lames blanches,

a finale red-tongued as a haka leap:                            la langue sabre au clair en point d'orgue haka :

that too was a butt of all right!                                    j'étais une bombasse on me lançait bravo !

 

As usual after any triumph, I was                               Comme à chaque fois que je triomphe, bien

of course, inconsolable.                                             entendu, après j'étais inconsolable.

 

In Les MurraySubhuman Redneck Poems, 1996.

 

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Une double ouverture intertextuelle : Je faux & tant d'astres divers.

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mardi, 11 octobre 2011

La corrida la conscience sauve

    Voici une nouvelle traduction :

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jeudi, 29 septembre 2011

Cris / Cries

Guillevic. “Cris”, I, 1-6. In Trouées, pp. 25-6.

 

 

L’été,                                                    Summertime  

Tu as pour toi                                      — You have the cries

Les cris de l’hirondelle.                      Of swallows accompanying you.

 

*

 

La source                                            The spring

Crie son besoin de vent.                     Cries out loud it needs a breeze.

 

*

 

Un cri louvoyant                                  One cry veering

Au-devant des fleurs.                           Ahead of the flowers.

 

*

 

Le nuage s’en va,                                Disappears the cloud,

Crie le bleu.                                        The blue cries out loud.

 

*

 

L’abeille ira crier                               The bee shall cry

Dans le nef de la fleur.                In the flower’s vessel.

 

*

 

La fleur                                                 The flower

S’ouvre sous les cris                            Opens up with the cries

 

Des couleurs qu’elle cachait.               Of colours hidden inside.

 

 

    Je viens de reprendre le brouillon manuscrit de cette traduction. Une fois encore, ni la syntaxe de Guillevic ni sa métrique ne posent de problèmes particuliers. En ce sens, ce n’est pas un poète difficile à traduire. Pourtant, un traducteur qui tente de donner une version de l’ensemble du poème « Cris » aura pour mission de traduire chaque occurrence du mot cri, motif et antienne, par un seul et même mot. J’ai choisi le verbe et le nom cry, parfois en étoffant (crying out loud), mais cela n’est pas absolument satisfaisant ; il me semble qu’il n’y a pas mieux.

    Au brouillon, j’avais traduit le premier vers « In the summer ». En reprenant à l’ordinateur, je me suis rendu compte qu’il y avait une ambiguïté énonciative dans le poème de Guillevic : en effet, on peut lire « L’été » comme complément de temps ou comme apostrophe familière. Dans cette seconde hypothèse, le poète s’adresse à la saison, et c’est l’été qui a pour lui les cris de l’hirondelle. Ma première mouture restreignait le choix sémantique. Grâce au tiret semi-cadratin (Gosh, what would translators do without the dash ??), j'ai pu donner une version tout aussi ambigüe de ce tercet.

   Le choix du nom spring pour traduire source s’est imposé immédiatement, et je le conserve, faute d’alternative, et ce en dépit de l’ambiguïté éventuelle qui peut naître dans le contexte du premier fragment : il n’y a aucune ambiguïté été/source, mais le double sens de spring (source/printemps) est susceptible d’entraîner des confusions. Ni fountain ni well ne conviennent ici.

    Dans la traduction du quatrième fragment, l’effet de rime et la syntaxe plus archaïsante sont délibérés. Discutable, mais au moins j’ai tranché. (Alternative, très plate : « The cloud goes away / Cries the blue. »)

    Dans la traduction du sixième fragment, c’est pour le rythme et les sonorités (assonance cries / inside) que j’ai choisi de moduler le troisième vers au passif. La poétique de Guillevic ne repose pas sur un système rimé, mais il me semble que l’essentiel est de respecter surtout la volonté de Guillevic de faire image sans céder à la métaphorisation.

    Enfin, en vérifiant sur Google, par acquit de conscience, si la collocation « cries of swallows » était attestée, j’ai découvert cinq poèmes en prose de Rosmarie Waldrop. Il n’est pas impossible que je donne prochainement, de l’un d’eux, une traduction.

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lundi, 26 septembre 2011

Appel, 1 (Trouées, p. 95)

    Rien de plus facile, en apparence, que de traduire ce poème en respectant sa structure anaphorique, son côté incantatoire lancinant, son lexique précis. Pourtant je ne suis pas tout à fait certain d'avoir fait le bon choix pour le dernier tercet. En effet, j'ai été tenté, pour plus d'idiomatisme, de traduire les trois singuliers par des pluriels (Also with lightnings / Also with waves / Also with laments). J'ai renoncé à cette solution, qui brisait l'effet voulu de monotonie (répétition du déterminant le en français) en donnant à penser que Guillevic variait / ouvrait dans le dernier tercet.

 

   Par la force des pins,                               With the strength of the pine-trees,

   Par la sève des chênes,                             With the sap of oaks,

   Par celle des fraisiers,                             With the sap of strawberry bushes,

 

   Par le suint des moutons,                          With the sweat of sheep

   Par celui de la pierre                               With the stone's sweat

   Que le chemin rejette,                             As the path pushes it,

 

   Même par le brouillard,                             Even with the fog,

   Même par la limace,                                 Even with the slug,

   Même par l'eau des flaques,                        Even with the water in puddles,

 

   Aussi bien par l'éclair,                               Also with the lightning,

   Aussi bien par la vague,                             Also with the wave,

   Aussi bien par la plainte,                            Also with the lament.

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Vitrail, 174-5 (Stained Glass) - Guillevic

    Voici une tentative de traduction des quatre dernières sections du poème "Vitrail" (Guillevic. Trouées, 1981, pp. 174-5).

 

Vitrail                                                                         Stained Glass

 

 

Il n'ira pas                                                                   He shan't go as far

Jusqu'à se dire                                                              As saying

 

Que sourire                                                                That smiling

Fait toujours                                                               Still belongs

Partie du masque                                                          To the mask.

 

*

 

Non !                                                                        No !

S'écrie-t-il.                                                                  He shouts.

 

Pas de masque                                                             No mask

Sur la feuille                                                               On the sheet.

 

Question d'honneur !                                                    It's a matter of honour !

 

*

 

Il a vu parfois                                                            Sometimes he has foreseen

Dans un éclair                                                            In a flash

 

Que s'il y a des masques                                              That if there are masks

Et qu'ils tombent                                                        And if they're taken out

 

Rien ne sera changé.                                                   Nothing will change.

 

*

 

Il.                                                                                He.

 

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dimanche, 18 septembre 2011

Soldat au retour d'Irak (Tabish Khair, traduction)

6158935545_746ae33e24_z.jpgSoldat au retour d’Irak

(Allumettes [1] )

 

Que pouvais-je faire, moi,

Moi qui sauvais les petites vieilles et qui les tuais.

Il y avait un gros chien assis sur ma poitrine

Dressé pour qu'on lui réponde, bougez-vous, allez allez on saute !

J’ai pris mon M16A2, je l’ai descendue.

Elle gisait là. Ils gisaient là.

 

De retour chez moi j’étais aussi riche que les autres,

Des princesses agrippaient mes poils de chien

Pour en jouir, dans leurs rêveries [2] .

Puis nous dormions.

 

J’avais ce que je voulais [3]

Mais après

 

L’ombre d’une prison s’est refermée sur moi —

Je me suis rappelé que j’avais oublié

Un objet.

Qui m’échappe à jamais [4] .

Bougie, mèche ou boîte d’allumettes ?

Un objet, oui, c’est ça, un objet lumineux [5] .

Un objet qui m’aurait libéré de ce lieu.



[1] Les différents poèmes qui composent cette section du recueil Man of Glass sont en lien intertextuel étroit et explicite avec les Contes d’Andersen. Problème de référence culturelle, car le conte, dont le titre danois est Fyrtøiet, est connu en anglais sous le titre The Tinder-Box (‘La Boîte d’allumettes’) et en français comme La Petite marchande d’allumettes. Avoir recours au titre français paraît peu souhaitable, car le personnage de la marchande d’allumettes n’est pas du tout thématisé dans l’allusion poétique de Tabish Khair.

[2] Première grosse frustration. Difficile de rendre l’anaphore et les deux substantifs abstraits. J’ai tenté de préserver le rythme.

[3] Pas (encore ?) trouvé d’équivalent satisfaisant, et surtout léger, pour rendre le jeu de mots sur volonté et testament.

[4] Modulation du sens, pour essayer de transférer le schéma des rimes will/until/still.

[5] Même remarque (semi-rime surely / free).

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lundi, 04 juillet 2011

Titre absent

    La cinquante-quatrième des inventions fracassantes de Dino Egger est (eût été) "une traduction fidèle et désopilante de la Bible" (Chevillard, Dino Egger, p. 45).

Il serait temps, pour moi, à défaut d'être désopilant et fidèle, de remettre Darts on a slate sur le métier, en y recopiant déjà quelques citations extraites de livres que j'ai lus relativement à la traduction (ou à la traductologie). Ce serait un départ.

Mais l'été approche.

21:23 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)