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jeudi, 09 février 2017

Loving by Will

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    At last I got my copy of Sir Timothy's outstanding LOVING BY WILL. What a work ! Fabulous ! Hurry up, all of you, and buy this smashing book with its 154 "sunbursts".

 

(ystrday, 5 p.m.)

10:40 Publié dans Aujourd'hier, Brille de mille yeux, MAS, Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 27 janvier 2017

uǝıɹ ǝp ǝɔɹoɟ ɐן ʇuǝɯnןosqɐ sɐ,ʇ ùo ɹıos un

    ce qui est bien

un soir où t'as absolument la force de rien

vidé par ces semaines ces journées

vidé

 

c'est que tu peux toujours écrire n'importe quoi

ligne après ligne sans rythme

ligne après ligne sans système

ligne après ligne et vers après

vers sans dessus dessous pour ne

rien dire de rien

 

comme un soir de tourmente sur ta caboche

la page boira l'encre

l'écran blanc se nourrira sottement

de ces signes de rien

ligne après ligne sans mesure

ligne après ligne sans futur

 

21:37 Publié dans MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 16 octobre 2016

Face à ce qui se dérobe

    Je n'avais jamais lu Face à ce qui se dérobe.

« Une fonction n'avait plus envie de fonctionner. »

Or, hier, hors de cour, j'ai enchaîné. Enchaîné, c'est difficile. Quel texte, quels textes. Comment Michaux donne, non l'envie d'avoir le bras cassé — ni les 27 os de la main ni rien d'autre, ce n'est pas là que ça se joue —, mais la perception de ce qui se trame dans un corps, ce qu'on ourdit, ce qu'un individu seul machine pour prendre corps, pour être aux prises avec sa propre machinerie.

On ne peut pas lire ça à la dérobée.

La musique si particulièrement échafaudée des pages sur la sanza (qu'il orthographie, même au singulier, avec un -s final) n'autorise aucune dérobade.

Peu importe que les microbes s'avancent en robe ; ce qui se joue n'est pas un jeu, mais telle musique, telle savante orchestration, exploration du trop-plein de sensations. Comment la langue de Michaux — comment quelque chose qu'il cherche à s'approprier et à nous jeter à la face, à regimber pour mieux nous balancer à la figure la cadence et la force des cinq sens — peut-elle encore nous surprendre ? (J'emploie ce nous comme lui, en majesté.)

« Musique, non comme langage, mais musique pour passer l'éponge sur les aspérités et les contrariétés de la vie quotidienne. »

Le sol se dérobe, bien sûr, mais le texte, qui se force, se fortifie, s'affermit, s'aplanit, s'agglutine, s'alunit, s'accroche et s'enroule, tout ça sur la langue, le texte qui se fortifie sur la langue avec la vigueur du corps en parole, ne peut se dérober. Le texte est là pour rempart. Le texte est là pour résistance.

Et toujours avec lui cette lumineuse impossibilité à croire qu'en tâtonnant, qu'en pariant sur le non délibéré, il ait pu tomber pile sur cette orchestration éblouissante (avec lui comme avec Dubuffet).

Et finir dans l'inachevé, sur « l'autre vie, la contre-vie ». Celle aussi que lui nous tend, comme un filet ou une corde.

 

09:19 Publié dans Les Murmures de Morminal, MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 02 octobre 2016

Le monde des hommes, selon Aslı Erdoğan

 

J'avais déjà compris ceci à Istanbul, à l'heure où le muezzin appelle à la prière du soir : c'est leur monde, le monde des hommes, qui est réel, mon univers à moi est incertain. Eux, ils respirent, ils changent, ils œuvrent, construisent, cherchent, s'accouplent, protestent, pleurent, rient aux éclats, survivent. Moi, je regarde.

Je n'étais, au cœur de la vie, rien d'autre qu'un vide, un commentaire, un point d'interrogation, un regard, rien.

Depuis cette nuit-là, toutes les nuits, sans faute, je parcours les rues de Genève, comme le spectre d'une femme morte au siècle dernier.

 

    Voici comment parle la narratrice — borgne, dont l'œil blessé suppure et lui fait mal — du bref roman d'Aslı Erdoğan Le mandarin miraculeux (traduction de Jean Descat, Actes Sud, 2006, pp. 52-3).

Tragique, de penser que, sans son arrestation par le pouvoir dictatorial turc, je n'aurais jamais lu, sans doute, de livres de cette écrivaine. — Tragique, de devoir sa renommée à cela, et triste de se savoir, soi, assez bête pour être dans cette charrette-là.

Ironique, au regard de cette actualité de 2016, toute lecture que l'on se retrouve à faire de ce récit âpre mélancolique.

Pour soutenir Aslı Erdoğan — et Necmiye Alpay, traductrice également emprisonnée —, on peut signer des pétitions, partager sur les réseaux sociaux, et aussi envoyer des cartes postales comme l'a fait Canan Marasligil. On peut tenter de dénicher leurs livres, et, si on le peut, modestement, peut-être sans espoir, les lire.

08:39 Publié dans Droit de cité, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 01 octobre 2016

Dürer Klee Dubuffet

Untung-untung

    1er octobre 2015

Frappé durablement par cet autoportrait de Dürer nu, plagiat par anticipation de Schiele — mais Schiele qui aurait eu infiniment de talent.

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Alpha a vu aujourd'hui, en cours d'allemand, le tableau de Klee, Senecio. Son manque total d'intérêt pour l'art m'échappe. À Aix, je lui ai montré un Klee bouleversant, lui ai dit deux trois trucs, sans pontifier, juste pour l'accrocher. Et puis je lui ai dit que Klee était un de mes peintres préférés, vraiment, de haut, de très loin. Là, deux mois plus tard, même le nom ne lui disait rien (or, il a une mémoire phénoménale). Bizarre.

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Les photographies de Teju Cole dans son livre Every Day is for the Thief ajoutent du mystère et une sorte de douceur trouble au récit (récit d'un retour, regard en miroir sur la corruption, the usual story et pourtant nullement usuelle ici).

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Dürer, on en revient toujours à ces portraits hallucinants de dames vénitiennes — hallucinants de justesse, de douceur là encore — qu'elles soient jolies ou pas n'a aucune importance.

 

1er octobre 2016

Parmi les projets de livre, il y a toujours l'envie (diffuse, toutefois) de reprendre la série de textes sur Dubuffet, bien que mon illégitimité en matière de critique d'art saute aux yeux autant qu'au cerveau. Surtout, il faudrait que je reprenne les Prospectus, car je n'ai jamais rien écrit sur Dubuffet écrivain ; or, je place Dubuffet aussi haut que Michaux, par exemple, comme écrivain — très haut, donc.

(En avril dernier, à Paris, Alpha s'est emmerdé comme rarement à la rétrospective Paul Klee.)

08:46 Publié dans MAS, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (3)

dimanche, 25 septembre 2016

Pierre : Barrault ::: Tardigrade

    Des tardigrades, dont une très récente étude scientifique a démontré la résistance au vide spatial et fait miroiter d'étonnantes adaptations à l'être humain en condition extrême *, septembre nous a prodigué un échantillon littéraire, en l'espèce le petit recueil d'aphorismes — de notations, de récits brefs ? — de Pierre Barrault. “Tardigrade” est un mot qui a déja reçu ses lettres de noblesse, plus comme adjectif d'ailleurs (sous la plume d'About, de Hugo, de Michelet) que comme substantif (ainsi, encore pour Hugo, Sand ou le traducteur de Nietzsche en 1888, Henri Albert), et presque toujours sans rapport avec les singuliers animaux aussi nommés oursons d'eau, ce dont Barrault fait ses choux gras. Par un retour dont il ne faut être surpris, Barrault feint d'ailleurs, dès la couverture avec son dessin d'un tardigrade à chapeau melon, de concentrer ses forces sur la bestiole pour mieux faire oublier que le recueil est un éloge de la lenteur, de la marche pesante, de l'avancée alourdie... bref, de la tardigradité (if I may).

Il revient à chacun de se procurer ce livre et d'y trouver son compte — ou pas. Tardigrade appartient sans conteste à la lignée des textes incongrus dont Pierre Jourde a esquissé une généalogie dans Empailler le toréador. Dans l'esprit, il est cousin de Chevillard ; stylistiquement, il n'est pas loin (mais toujours à bonne distance (vertu de la tardigradité, sans doute)) de Michaux comme de Kafka ; dans la recherche quasi systématique du contre-pied, d'une vision du monde qui prend à revers, il lorgne plutôt vers Gripari...

Autant donner la parole au texte lui-même :

Mes arbres sont volontairement sans feuille et sans écorce, si bien qu'ils n'ont rien à perdre ou pas grand-chose. Ainsi du moins va-t-on tout de suite à l'essentiel. Quelques fruits tout au plus qui ne font pas semblant de mûrir. Pourris d'emblée. On gagne un temps fou. Ni porte ni fenêtre à ma maison dont les murs jamais ne s'effondrent et ne s'érigent pas non plus. Pas de toit, mais je suis en sécurité chez moi : on a beau chercher, on y trouve rien à saccager. Il arrive parfois que ma compagne soit enceinte, cela pourrait être un véritable désastre sans doute. Par bonheur, elle ne met au monde que de petits vieillards séniles et rabougris. En fin de vie déjà, pour la plupart, on sait alors qu'il n'est pas question de s'y attacher. Ne nous en laissent pas le temps de toute façon, titubent en grommelant à peine arrivés, nous maudissent une bonne fois, s'étalent pour de bon.

Tardigrade, L'Arbre vengeur, 2016, p. 60

 

 

* À se plonger dans le dictionnaire de Littré, il semble que la recherche scientifique ait beaucoup avancé depuis, et c'est heureux.

09:57 Publié dans Les Murmures de Morminal, MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 08 septembre 2016

Exercice de staïle

    La marquise sortit à minuit de sa douche froide, pas du tout endormie. === Un type en chemise blanche reste seul dans le bus qui va si vite qu'on en raterait son arrêt.

Je suis fâché avec les pronoms personnels.

C'est bien ma veine : je choisis de prendre le bus de nuit qui passait treize minutes avant le tramway et me dépose plus près de chez moi. Bilan, le moteur coupe net après trois arrêts, boulevard Heurteloup, et le chauffeur sans autre explication : « Je repars dans vingt minutes ». Pas le courage de changer mes plans mais franchement il faut vouloir laisser sa voiture au garage...

Le plus sidérant : la jeune fille qui reste coincée vingt minutes dans le bus, attend stoïquement comme nous autres (je suis le vieillard de la bande) puis, le bus reparti, descend 500 mètres plus loin ! Ça me rappelle ce pote quasi géant qui préférait marcher 300 m pour aller à Alésia chercher le métro plutôt que d'aller directement à pied Porte d'Orléans.

Sur le pont un peu d'air frais.

Je sais je soliloque

Ça fera un billet de prose

Quand dans la rue tu admires la Grande Ourse vous vous dites qu'il vaudrait mieux reprendre les quatramways.

 

13:41 Publié dans Aujourd'hier, Les Murmures de Morminal, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 27 août 2016

[ sans titre ]

    bientôt

ou dans longtemps

 

on te verra

tu te verras

de haut comme pris par un drone

 

en train de quoi

de lire ou de jouer

 

de grelotter de froid ou crever en sueur

sous les tuiles béton

ton œil là dans la brise

à ne plus rien pouvoir écrire ni maudire

 

tous projets avortés

ébauches toutes laissées en chantier en perdition

 

de haut comme surpris

par le grand œil de rien

repère sans contrainte et visage sans forme

 

dans longtemps

ou bientôt

 

08:05 Publié dans La 42e Clandestine, Le terne XXIe, Les Murmures de Morminal, MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 04 mai 2016

04052016 / 1437

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    Pas atteint à 14 h 37, dans la file d'attente de la FNAC, où je ne vais jamais, ce qui est manière de dire, étant donné que là j'y étais, et j'y achetai un guide d'identification des oiseaux dont j'avais parlé auparavant dans un poème parlécrit. J'avais aussi pris un coffret des cinq premiers albums de Keith Jarrett, dont un très étrange et désuet album chanté, dans lequel le pianiste joue aussi de la guitare, de l'orgue, de la flûte à bec, du sax soprano.

(On dirait du Nick Drake, en moins bien.)

23:34 Publié dans 3333 pas, Brille de mille yeux, J'Aurai Zig-Zagué, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 02 mai 2016

Peut-être

Untung-untung

     2 mai 2015

Les deux découvertes de la soirée sont :

— la prose de Jaccottet me bouleverse à chaque phrase, alors que je ne pige rien à ses vers

Blue Jasmine est un gros nanard

 

2 mai 2016

Pas lu une ligne aujourd'hui. Pas vu un film depuis quand ?

(J'exagère. Pas si longtemps.)

Si. On m'a demandé ce que voulait dire Untung-untung. C'est du malais. Ça veut dire peut-être. Peut-être que je suis dingue.

23:58 Publié dans MAS, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (2)

jeudi, 25 février 2016

Ram Singh

    Je commence par la fin du quatrième jour, mais il faut dire que le monument britannique déclinant les noms de tous les soldats de l'Empire morts à Ypres est particulièrement mémorable, de sorte que, quitte à faire défaut, je noterai seulement que, sur le tableau dressant la liste, par grades, de tous les tués du 9e régiment d'infanterie de Bhopal, il y a trois Ram Singh, que ne distinguent, du coup, que leurs numéros de matricule, dûment notés à la suite de leur nom : 2609, 3105, 3376.

13:59 Publié dans Artois, à moi, Fièvre de nombres, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 10 février 2016

Palier, 1

Absolument pas liée

À vos voisins de palier

Mais m’entendant piailler

(B.L.)

 

    Tout l’étage s’organise, en quelque sorte, autour du palier.

On y reviendra — c’est toujours ce qu’on dit, ce même on qui photographia avant-hier l’onagre du Muséum —, mais qu’il soit déjà fait état que ce palier entoure, comme c’est l’usage, la cage de ce qui rime avec son nom, l’escalier.

Cette affaire de rimes n’est pas une mince affaire, qui convoque « l’arbre sans son espalier » de Manset et, sur un mode plus léger, l’ultime chanson du coffret Boby Lapointe de mon enfance (“Je suis né au Chili”).

 

Dans mon bureau, il doit faire 17°, peut-être moins — Les travaux du CRL remontent à mon passage furtif par le bureau 44, mais que j’eusse déjà cette chemisette orange brûlée, voilà qui me surprend.

 

je contemplais le masque béti aux yeux fermés aux longs yeux allongés, au front bombé yeux effilés — Le hasard fait que je tombe sur un billet écrit il y a huit ans, dans l’autre maison, après une craqûre, un abolissement. Le palier n'y est pour rien.

05:41 Publié dans 16 en 16, Droit de cité, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 08 février 2016

Semi-décennal

On est à Paris.

 

 

Depuis dix ans,

je ne suis nulle part.

 

 

(Nouveau départ ?)

14:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 17 novembre 2015

I:f ——{Fous}

Première neuvaine, 11-19 novembre 2015

 

    Quand les moines arrivèrent nous avions l'air de jouer à colin-maillard : ils durent nous prendre pour une bande de fous. 

Il observe les moines attablés, puis il sort, marche longtemps, prend sa voiture, et, se rappelant virages et lacets des routes corses, se réjouit de ces routes à peine sinueuses en bordure de mer, arrive à Tantallon, gare sa voiture, paie son écot à l'entrée. Le château, aujourd'hui, n'a aucun attrait pour lui ; ce qu'il veut, c'est observer, avec sa lunette de haute précision, le beige et le jaune tendre sur le manteau de ces dizaines de milliers de gannets, que Stevenson, dans le chapitre 14 de Catriona, nomme solans. Oui, se sentir seul, se concentrer sur l'observation minutieuse des comportements de tel ou tel sous-groupe sur le célèbre rocher, il n'a pas d'autre souci. De rien d'autre n'avoir cure.

18:29 Publié dans La 42e Clandestine, MAS, Tropographies | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 14 février 2015

14 février 2007

    Il y a huit ans, dans notre ancienne maison, nous fûmes réveillés, vers 6 h 30 je crois, par un appel téléphonique de l'hôpital Bergonié. Mon beau-père avait fini par mourir, à quatre heures du matin, après cinq semaines d'hospitalisation.

Ils avaient essayé de nous joindre plus tôt, que s'était-il passé...

Ainsi donc, en ce 14 février (un mercredi), nous décidâmes de prendre la route des Landes, pour trois ou quatre jours, le temps d'organiser l'enterrement. On a réveillé Alpha, qui avait cinq ans et demi, on a beaucoup pleuré, pendant que je faisais rapidement quelques préparatifs de départ. Je suppose que C*** a appelé son lycée, et j'ai dû envoyer un mail à mon directeur de l'époque ainsi qu'au secrétariat.

Un peu avant midi, nous étions à Bergonié, où C*** a pu s'entretenir avec l'infirmière en chef pendant que je restais avec Alpha. Il faisait beau et froid, un grand soleil sur les cours de Bordeaux. Plus tard, à Hagetmau, il faisait beau aussi.

Je me souviens que nous sommes restés à Hagetmau, avec le cercueil dans la chambre d'en bas, mais que mes parents ont gardé Alpha. Mon père est venu à l'enterrement (samedi, il me semble, mais c'est curieux, ça ne colle pas), tandis que ma mère restait avec Alpha. Curieux, comment quelques souvenirs précis émergent d'un amas diffus. Il n'en est pas de même pour les dernières semaines de Pierrot, ou pour les milliers de souvenirs que je conserve, qui me remontent souvent, de sa voix, de ses gestes, de ses rigolades ou de ses colères.

J'écris tout cela ici, dans ce blog que plus personne ne lit.

 

06:26 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2)

vendredi, 28 novembre 2014

Square Flandin

    Rentrant d’un tour minuscule dans le Vieux-Tours, se saisir d’un des trois livres dans le sac plastique, ce recueil de Ryoko Sekiguchi que tu ne connaissais pas – pourtant paru il y a neuf ans –, lire la première page (impaire, les pages paires sont blanches et les marges sont variables) qui s’achève sur ces mots : la même chose nous est advenue. Et c’est vrai, la même chose advient, l’advenir n’est pas l’avenir, mais son contraire. On philosophe pour rien en traçant sa route dans les rues – et non l’inverse – et brouille les pistes en beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup  beaucoup plus de quatre-vingt sept mots (non, écris-le en chiffres : 87, voilà, c’est beau), vu que ceci devrait se trouver dans l’autre carnétoile, mais on s’en fout, ta vie est un foutoir, je m’écrie silencieusement à toutes les voix et avec des lettres n’existant dans aucun alphabet, la même chose est advenue, la même aventure continue, l’autre avenir n’a pas son pareil. Vu que je ne vois rien, écrire par terre tracé.

12:37 Publié dans 721, Les Murmures de Morminal, MAS, Self-Be/Portrayal | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 08 novembre 2014

Dans les limbes, avec Landru

05.07.2014.

 

    Et je retrouvai mon souffle

Et je retrouvai mon foie

Et je retrouvai mon harmonie

 

Je trouvai mon équilibre

Et je retrouvai mon silence

Et je retrouvai mon chant

Et je retrouvai mon néant

 

« Pauvre petit salon ! Que de tristes et anxieuses journées passées entre ses murs, d'où l'ébranlement du canon faisait tomber les cadres, au milieu des livres ficelés en paquets, et près de ce feu de bois vert, le feu parisien des mois de décembre et de janvier 1870-1871 !

Ce salon était à la fois ma chambre à coucher, ma cuisine et tout, et j'y vivais en compagnie d'une poule, la dernière survivante de six volailles : toutes les provisions que j'avais faites, hélas ! — moi qui mange avec les yeux, et ne pouvais m'habituer au rose noirâtre de la viande des tire-fiacres. »

 

faudrait tout dire tout filmer

faudrait tout voir tout décrire

faudrait faudrait

faudrait tout sécher tout mouiller

faudrait tout aplatir faudrait tout punaiser

faudrait tout filmer tout capturer

faudrait captiver tout écrire

faudrait faudrait

faut dru faux drame

faudrait tout cramer tout stigmatiser

j'épingle un monde à mon veston

faudrait faudrait

faudrait un chant à fleur de peau

 

09:27 Publié dans Droit de cité, Formes singulières, Les Murmures de Morminal, Ma langue au chat, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 05 novembre 2014

An Act with the Cat

“So what, you had an act with the cat?

Whenever you played a G, he puked a hairball?”

 

    Cette phrase m'a fait rire, et rire encore en me la redisant, me la rejouant pour moi-même, longtemps après.

John Goodman est un excellent acteur, et Inside Llewyn Davis est un excellent film des frères Coen. La plupart du temps, je trouve les films vantés à droite et à gauche tout à fait lamentables. Là, j'avais eu l'impression, lors de sa sortie, que ce film était plutôt dénigré, donc bizarre effet d'inversion. Tout dans le film, le choix des chansons, la voix magnifique de l'acteur principal, Oscar Isaac, les dialogues superbes, les cadrages, la manière d'articuler sans excès le récit autour du double chat, tout est parfait.

09:35 Publié dans MAS, Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 28 décembre 2013

des¶mes§vos↑

d e s    d é s i r s 

mes mésanges 

vos Vosges 

ma marinière 

nos nostalgies 

on ondule 

t   o   n         t   o   n   i   c

 

24.11.2013

22:50 Publié dans MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 11 juin 2013

entends............

entends toujours 

dans le vent de tes songeries 

le coassement 

glaireux des grenouilles


le raffût des merles 

le labrador 

angoissé

11:17 Publié dans Les Murmures de Morminal, MAS, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 05 juin 2013

estoc pour le la

les pièges prennent le large
un coup d'estoc pour la marée

les poèmes sabordent à marge
tranche papier 

le biiiiip inutile du
lave-vaisselle

les bonnets ne sont pas honnêtes
jurez 
aurons-nous le choix 

les poèmes prennent le large
le biiiiip donnera le la


11:13 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 25 mars 2013

Brief an den alten Dichter (version française)

n'écris pas de sonnets – méfie-toi

des sestines – ne va pas

je t'en prie succomber au plaisir

puéril de pondre une série de haïku –

évite surtout de mettre au

goût du jour les ballades lyriques

(bordel de bleu, on est en 2013) –

laisse tomber ton amour des limericks –

et arrête de te complaire

dans ces contrepets que tu oses

nommer poèmes en prose – jette

au panier rondeaux et odes –

et surtout – je te jure

ce n'est pas un conseil facile –

écris pour un vrai lecteur pas

pour ces bribes guillemetées


    Ce poème est une vraie première. Hier, dimanche, à sept heures du matin, j'ai composé un poème en anglais pour le nouveau recueil en cours, et, le relisant, recomptant, révisant, j'ai aussitôt eu envie de le traduire en français, ce que j'ai fait en quelques minutes. Les 16 vers ci-dessus sont donc ma première auto-traduction. Comme j'ai envie, depuis quelque temps, de traduire en plusieurs langues mes Douzains d'aise, voire d'autres textes plus anciens de ce carnétoile, ce n'est probablement pas la première.

09:25 Publié dans Aujourd'hier, Darts on a slate, MAS, Self-Be/Portrayal | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 11 mars 2013

On a retrouvé le livre égaré

Biély.jpg

Et donc plaid jaune, cadre avec chimères, visage semi-caché,

un lecteur poilu comme un grizzly.

06:00 Publié dans Brille de mille yeux, Ex abrupto, MAS | Lien permanent | Commentaires (2)

dimanche, 03 février 2013

Masqué

    Mélancolie du mal.

Tristesse de la douceur.

Tangentes sur le vide.

Fariboles.

Désastre.

Mélancolie absolue, absolue noirceur.

08:24 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 07 janvier 2013

Résolutions d'écriture pour 2013

    Outre ce qu'il faudra(it) faire sur le plan professionnel (articles, traductions ?), je dois, en 2013, reprendre et surtout achever – au moins provisoirement – un certain nombre de chantiers d'écriture,     certains ouverts depuis plusieurs années. Au vu des incises, points d'interrogations et ajouts de conditionnel de la phrase précédente, c'est mal barré. (Bien barré, en fait, ha ha.)

Je fixe donc ici la nécessité absolue de poursuivre/reprendre

 

et de reprendre/achever

 

Les formes poétiques brèves (quatrains & quintils, vénérales, sextiles, juno-lunaires, déroutantes&azalées, triolets) et d'autres projets (Un sang d'encre ? Sonnets doucement internationaux ?) suivront leur cours, cahin-caha, on peut l'espérer [4]. Du nerf !

 

 

 

[1] Malgré la facilité de composition, ce chantier tend à prendre l'eau ou à s'enfricher sans qu'on n'y prenne garde.

[2] Ceux-là s'écrivent très rapidement, sur smartphone souvent. Peu de risque que la pile ne grossisse pas.

[3] Me souviendrai-je des règles de composition ? rechercher dans mes dossiers le fichier Projet Perroquets

[4] La version initialement rédigée de ce billet comptait 1295 signes, mais j'ai fait quelques menus ajouts qui le font disparaître de la rubrique correspondante, ce qui est préférable, en fin de compte. Je n'ai choisi de citer, dans les deux listes ci-dessus que les projets pour lesquels je me fixe une obligation de résultat, en quelque sorte. D'autres, tout aussi amusants, sont pareillement en gestation permanente/différée/interrompue. Questions d'atelier.

09:33 Publié dans Clés du sol, Fièvre de nombres, MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (3)

jeudi, 01 novembre 2012

Un micron, en classe de 4ème

Clément Rosset se trouva plongé dans un maelström d'hallucinations comme tombées de la plume d'un mauvais Lorca. Aussi se tenait-il à carreaux, face aux ballets spectraux dont l'art était consommé. Avoir manqué périr noyé ne lui avait toutefois pas fait fantasmer, sur le dos d'un vieux livre broché à couverture rouge, le nom affolant, grotesque, démoniaque : Robert Drowning.

 

ª¦¦¦ª

Petit salon, griffonnage, same old story.

Mais.

Mais, depuis, Aristotelis Valaoritis est entré dans ma vie, ever so slightly.

En tout cas, j'écris des Valaoritides sans jamais avoir lu une ligne de Valaoritis.

Dont acte : Santiago Amigorena dans les îles grecques — Clément Rosset aux Baléares.

ª¦¦¦ª

 

Il n'en demeure pas moins que, depuis mes premiers feuilletages du catalogue des éditions de Minuit, je me demandais si, avec un nom tel que le sien, on ne rêvait pas coups et blessures, plaies et bosses, Scapin tournant autour du sac, misères et galères, à moins qu'on ne préfère se ressouvenir de l'effet très curieux, de papier froissé, des emballages de bonbon de la marque Galéjade...

22:19 Publié dans 721, Diableries manuelles, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 01 octobre 2012

201-1000-1206

    Il avait du mal à soupeser ces premiers mots d’octobre, ces premières heures du mois signant, au moins théoriquement, la fin de l’été. La voix qu’il écoutait, là, pourtant, était printanière, et le soleil contre la vitre sale de son bureau – lui aussi : printanier. Avoir commencé ce mois dont il souhaitait qu’il infléchît le cours de son travail – et peut-être, de ses projets d’écriture – en apprenant trois mots aussi rares qu’utiles (obèle, cotice et contre-cotice) n’était pas même un signe. Fallait-il les écrire en italiques, ici ? La très jolie et très élégante jeune femme qui, au moment où il était entré dans le parking souterrain des bords de Loire, attachait son vélo en frôlant de la main sa très élégante et très jolie jupe pourpre ne lui avait pas évoqué sans raison ce nom d’oiseau quelque peu mystérieux et cocasse, le Cordon-bleu à joues rouges. On n’en trouvait plus, dans la péninsule. Avoir achevé, aux derniers feux de septembre (onze heures du soir, le feu était une lampe de chevet), La Première défaite de Santiago Amigorena ne l’empêcherait pas de n’en rien dire encore, et de placer plutôt son premier texte d’octobre sous le haut patronage d’une autre plume : Fabienne Raphoz.

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mercredi, 26 septembre 2012

Au bal

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    Squamate aglyphe, il se glisse dans une nouvelle journée à pas feutrés, craintif - craignant de se faire remarquer. Et à chaque nouveau bond perçu dans le mirage, le fouette-queue réinvente la roue. Ainsi vont les âmes, sans mal. Sur une banquette, assoupi, squamate aglyphe, il subit une existence qui a achevé de le recouvrir à la façon d'un habit collant, gluant, d'une coulée de miel, ou d'un masque dont le rétrécissement fit qu'il se substitua au visage. Au prochain tour de vis, au prochain arrêt, cet inoffensif squamate aglyphe passera sa langue sur ses lèves, se lèvera, cherchera sur l'écran de son portable le reflet de cette mèche étrange - le seul signe à échapper au masque, le seul croc effilé qui puisse le bercer, momentanément, de l'illusion qu'il est autre chose qu'un squamate aglyphe.

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samedi, 08 septembre 2012

À vélo

    Tandis que j'achevais, avant-hier, la lecture d'Echappée, livre dans lequel Agnès Dargent imagine, à plusieurs reprises, de manière assez cliniquement morbide, comment elle pourrait périr sur la route, décrochée de son guidon, l'assassin de Chevaline flinguait le malheureux cycliste qui s'était simplement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et ne s'appelle pas Fabrice.

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dimanche, 13 mai 2012

Mercredi après-midi

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jeudi, 29 mars 2012

Travail(ler) des images

« La marge d’image questionnée par Clément Chéroux n’est-elle pas emblématique de cette marge d’indétermination à laquelle toute recherche se confronte nécessairement dans son étude des vestiges de l’histoire ? On ne saurait clore la question en projetant toute l’histoire dans un absolu inimaginable. On ne saurait la clore en rejetant l’archive du côté de la « moindre image », ou de l’« image sans imagination ». Une image sans imagination, c’est tout simplement une image sur laquelle on ne s’est pas donné le temps de travailler. Car l’imagination est travail, ce temps de travail des images sans cesse agissant les unes sur les autres par collisions ou par fusions, par ruptures ou par métamorphoses… Tout cela agissant sur notre propre activité de savoir et de pensée. Pour savoir, il faut donc bien s’imaginer : la table de travail spéculative ne va pas sans une table de montage imaginative. »

 

Georges Didi-Huberman. Images malgré tout.

Minuit, 2003, p. 149

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lundi, 19 mars 2012

╚ Daddy gonna sing you a lullaby ╩

    Avant de sombrer dans la langue de Peter Reading (qui est mort, pas en taule – pas à l’ombre, enseveli), j’avais – quoi ? Dévalé la pente, trouvé dans la boîte à lettres un paquet en carton, gigantesque (disproportionné), dans lequel se trouvaient, enveloppés de semblable carton, deux livres. Avant de remonter et de commencer à couper, à la table du salon, et au canif portugais, les pages de ces deux livres, déposé le carton d’emballage dans le conteneur du recyclage – ce juste avant le passage des éboueurs (il était cinq heures, ils sont passés à cinq heures et demie). ╚ Puis j’ai coupé, au canif portugais, et en lisant les poèmes au fur et à mesure, les pages d’Ingrès (qui doit son titre à un nom de même formation que progrès), laissant, du coup, Aa, pour plus tard. (Mais, dimanche, c’était déjà ça, et autre chose : Æ – dont je ne sais où trouver les deux romans, The Interpreters et The Avatars.)

 

Ingrès de Wateau : le poète n’a pas pu ne pas faire exprès. (Inprès ?)

↑ Le conteneur du recyclage :   ۩    (mais jaune)

 

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mardi, 24 janvier 2012

Karel Čapek : L’année du jardinier

    Ce petit livre, que j’ai lu l’été dernier après l’avoir acheté – me semble-t-il – à Montolieu – sur la foi du nom de son auteur mais aussi des dessins très « anglais » qui l’illustraient, est un almanach parodique, un traité de jardinage à l’usage des bêcheurs amateurs, mais surtout des ironistes ou de leurs frères ennemis les nonsensicalistes (ainsi qu’on pourrait appeler la grande caste des limerickiens et autres pythonistes). Le lecteur risque de se lasser, car Karel Čapek abuse des mêmes formes rhétoriques (antiphrase, accumulation, prétérition) pour constituer ses répertoires saisonniers ; en l’occurrence, ce qui m’a le plus frappé, c’est que cet ouvrage donne l’impression d’avoir été publié sous forme de feuilleton, mais qu’à le lire d’un trait, le trait, justement, se renforce – au lieu de rester léger, à fleur de papier – et le charme s’évanouit quelque peu.

Comme j’étais à Cagnotte, chez mes parents, quand j’ai lu ce petit livre, je n’ai pas manqué d’y trouver de savoureux parallèles avec la folie potagère de mon père, ou avec la ferveur botaniste de mes deux géniteurs. Pour ma part, je n’ai hérité d’eux que le véritable amour des arbres fruitiers, donc des vergers. Même si c’est un hasard, je suis heureux d’avoir acheté il y a trois ans un pavillon de banlieue qu’entourent, tels de faméliques mais solides dieux tutélaires, deux néfliers, deux cognassiers et un prunier (d’ente). J’espère que, si creux soit ce billet (mais comment ne pas être creux, avec un texte de terreau ?), on me reconnaîtra le mérite d’avoir pris le temps de chercher, dans mon logiciel de traitement de texte, la majuscule Č, que je reproduis à l’envi maintenant que je l’ai dénichée (ČČČČ) et qui forme, outre la première lettre du patronyme de Karel Čapek, une sorte de silhouette rondouillarde évasée, jardinier dont le béret va jusqu’à s’involuer sous l’effet du soleil, du vent ou de la pluie, ces trois bienfaits calamiteux du jardinage.

 

Il sied de terminer cette brève notule par une phrase tout à fait séante, et qui forme, à l’ensemble, une temporaire conclusion :

« Il va de soi qu’au premier coup d’œil vous ne voyez du jardinier autre chose que son derrière : tout le reste, tête, mains et pieds, se trouve au-dessous. » (L’année du jardinier [1929], traduction de Joseph Gagnaire, 10/18, 2000, pp. 54-5)

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samedi, 05 novembre 2011

Aux yeux de Frumence

    Ta moustache nous ensemence

Frêle maréchal des logis,

Quoique tu aies pour nom Frumence

Et si depuis longtemps tu gis

 

Hors du vaste décor lunaire

Où Henri Rousseau te dressa

Pour séduire celle qu'une aire

Aux bêtes fauves ne pressa.

 

C'en est ainsi, pauvre Frumence

Au prénom tantôt oublié

Inactif à toute romance,

 

Et sans rendre mon tablier

Que ma plumine trubliée

Ton souvenir réensemence !

16:16 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, MAS, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 15 septembre 2011

Râg

    Chaque disque de Julien Jacob a, pour moi, de fortes connotations chronotopiques. Exaltante, la musique de Julien Jacob marque, frappe, dure.

Ainsi, la plupart des chansons du second album, Cotonou, sont associées, pour moi, au printemps 2006, lorsque je trimais avec bonheur sur ma traduction de Links tout en écrivant parfois jusqu’à quinze textes quotidiens pour/dans ces carnets. Râg, par exemple, évoque immédiatement le séjour de notre ancienne maison, rue Guillaume Apollinaire, pièce où je travaillais durant les journées où je me trouvais seul à la maison, mais aussi les textes que j’écrivais, le roman de Nuruddin que je traduisais, les trottoirs que j’arpentais pour aller chercher Alpha à l’école maternelle (il était, comme Oméga désormais, en moyenne section). À l’époque, j’ai écrit plusieurs textes directement inspirés de cet album (entre autres : un acrostiche).

 

Un album, la blancheur. Blancheur des jours passés, blanchis ou recolorés par le souvenir ? Toujours mon silence sera ponctué par l’exaltation (l’extase ?) bricolée (forcenée ?) que je ressens en écoutant, aujourd’hui encore, Râg. D'où l'hommage bancal, noir, heurté, fébrile. Encore une énième trace d'extase.

15:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

C'est une piste (version 1000/1219)

    Quartier de l’Europe, puis l’écran : Rien n’est sÛr, mais c’est une piste. Du simple mal de nuque, douleur ou friction comme un torticolis, on évolue vers la vraie migraine, et ce n’est pas le nouveau lit qui a empêché quoi que ce soit (pas non plus le réveil, avec lever à la clé, à 4 h 30). Un jeudi en demi-teinte, perdu pour le travail, mais on s’instruit quand même, ici et ailleurs — j’imagine simultanément une salle de classe, une scène de théâtre et une séance sur divan. Après avoir tenu le rythme quotidien, les pages grises ont subi interruption, journée lourde et de traviole. Rien n’est sûr, mais c’est une piste. (Ce texte, devenu toujours-déjà trop long, aurait dû figurer dans la rubrique Onagre 87. Du coup tout fout le camp ma brave dame.) De traviole, donc — comme il n’y a plus de limite, autant y aller franco —, la journée a permis d’assister à l’irruption, sur la scène, d’un espion qui n’était pas (encore ?) un dictateur. Il s’interroge. On lui répond : « rien n’est sûr ». Il s’agace. La migraine est impuissante à calmer sa paranoïa. Crossbones est arrivé, en trois exemplaires — c’est déjà ça. Sans le décompte de l’espace (murs gris éteints du quartier de l’Europe), on tape dans le mille.

12:00 Publié dans MAS, Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 10 mai 2011

La Vézère, jamais jaune

 

    Nous fûmes – extrêmement – déçus par la maison forte de Reignac. Pourtant, du haut des terrasses aménagées dans le roc, on voyait les lignes des peupliers que baigne la sèche Vézère.

« Il y avait là de grands prés, des noyers obscurs à la sortie du village, et plus loin des bois parcourus de multiples sentiers conduisant à des hameaux ; tout cela suivait la lèvre de la falaise, ça grimpait fort parfois, et il y avait des caches derrière des éboulis, des combes où rien ne se voyait que le ciel, des haltes secrètes sous des hêtres. »

En revanche, sur le petit chemin qui conduit à la double bouche de Font-de-Gaume, tout semblait en harmonie, dans la verdure escarpée, et nos âmes en apesanteur.

« C’était Lascaux au moment où les célibataires accroupis épousent leur pensée, conçoivent, brisent les bâtons d’ocre… »

Dans d’autres mondes, impossibles, on sentirait le vent souffler au fond du crâne.

« La blessure n’apparaissait pas ; le cou blanc pendait de ce côté-ci, le bec s’allongeait comme pour le vol, à col étendu. »

Et la craie épouse les contours d’un vol de grues, dans les nuages.

 

 

La Grande Beune, pp. 27, 70 et 36.

14:48 Publié dans MAS, Tropographies | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 01 mai 2011

Le Mât noir, dialogue

    – Tu as lu ça ? tu as vu ça ?

– Et toi ? tu as vu ta tête ? qu’est-ce qui t’arrive ?

– Des blagues. Du blafard. Violent.

– Quoi ?

– Une pièce. De théâtre. Dans le petit manoir de Stanislaw Witkiewicz.

– Ah oui…

– Figure-toi qu’on y apprend que « toutes les chiennes sont castorisées », puis que « nous allons nous gaver comme des castors », et enfin, à l’acte III, un cocu veuf pardonne à un complice du cocuage « parce qu’il n’y a que vous pour sauver mes chiennes de la castorisation ».

– Castoriser ? castorisé ? castorisation ?

– Non, je ne sais pas.

– Sinon ?

– Sinon, quoi ?

– Sinon, quoi ? quoi ?

– C’est un drame spectral.

– Hein ?

– Une histoire de fantômes, de mort. Une sorte de Lorca tchekhovien en plus burlesque, assez Crommelynck quoi.

– Ah, je vois. Du Witkiewicz, donc.

– Oui. Très fin.

– Sinon ?

– Sinon, à l’acte II, « on aperçoit le manoir entre les arbres », puis Kozdron, un brave type qui prétend ne pas avoir trompé le cocu veuf alors qu’en fait il était bel et bien l’amant du fantôme (de la fantômesse si tu veux), lance que « le soleil brille, il fait beau, et j’ai l’impression que tout est recouvert d’un duvet noir », avant de dire, de manière dédoublée, figurée mais redondante : « j’ai un torchon noir devant les yeux ».

– Ah. Curieux, pour une histoire de fantômes. Ça me rappelle le dernier album de Fersen, spectres et loups-garous partout.

– C’est la mode.

– Non, mais lui, justement, se détache totalement du côté citationnel, post-moderne etc. pour assumer totalement le côté littéraire, presque littéral, de ce fonds de commerce.

– Ah ?

– Oui – et toi, tu comptes jouer la pièce ?

– Moi ? non ! pourquoi dis-tu ça ?

– Tu en connais pas mal par cœur, déjà.

– Oh, j’ai pris des notes. Et tu sais, ce qui me frappe…

– Quoi ?

– Par delà ce que tu disais, qui fait qu’à l’époque contemporaine les histoires de fantômes sont toujours des motifs, une spectralité au cube…

– Oui ?

– Les passages que je t’ai cités tout à l’heure, les citations de Kozdron… Ces phrases ponctuées de noir, pour une pièce dont le titre et le lieu d’action sont un manoir…

– Oui, quoi ?

– Eh bien, c’est en polonais. C’est forcément un hasard de la traduction.

– Oui.

– Ou un fantôme polyglotte qui joue des tours.

– Oh, dis donc, ça, c’est du théâtre !

– Oui.

21:09 Publié dans Les Murmures de Morminal, MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 08 février 2008

Vendredimmolés

* All the Pretty Horses

* Carpenter’s Gothic

* Child of God

* Dr. Sax

* Outer Dark

* The Madonna of Excelsior

* White Teeth

* Wittgenstein’s Mistress

 

    Huit groupes nominaux, dont un titre honorifique, deux cas possessifs et deux compléments du nom. Trois de ces livres j’ai lu (il y a longtemps, pour certains). Je ne les ai pas empruntés pour moi. La roue tourne.

11:35 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Ligérienne, Littérature

mercredi, 24 octobre 2007

Un franc succès

    Quand la terreur trouve son rythme de croisière, que les emportements du rouquin prennent le dessus, la barque dévie de sa juste route, et vous voici ainsi englouti, comme si de rien n'était, à l'automne du corail, pour ne pas déflorer encore le peu de mystère qui reste.

Alors, dans le miroir, que voir ?

Parfois je suis face au miroir et ce type me hurle à la face You stand in my way / With nothing to say

En plus il est teint en brune .......... ........ ...... .... ..

Alors, que voir dans le miroir ?

11:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Poésie, Fiction, écriture

mardi, 09 octobre 2007

Outrages

    Est-ce le signe d’une mentalité torturée, ou encline, du moins, aux aspects les plus douloureux de la foi ? 61583ed3fd2ad4d7be8966ab04ae2624.jpgLes Bretons nourrissent une vraie passion – sans jeu de mots – pour les figures de Christ aux outrages et de Saint Sébastien transpercé de flèches. Comme tout ne saurait être simple, Saint Jean-Baptiste est, lui aussi, très représenté, mais presque toujours en gai triomphateur portant l’enfant Jésus dans ses bras ; les statues de décollation, qui feraient pourtant écho au Christ ligoté, n’abondent pas.

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Ainsi, même dans une basilique dédiée à la Vierge, comme Notre-Dame du Folgoët, et où foisonnent les statues de la Vierge, on ne manque pas de distinguer, à quelques pas l’un de l’autre, deux Christ aux outrages, l’un robuste et serein, l’autre contrit et fruste. Les Piéta sont également plus nombreuses que les Vierge à l’enfant.

 

[21.08.2007.]

18:46 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Bretagne, Photographie, écriture

mercredi, 03 octobre 2007

Sabbat des sorciers

    Shelley hors de sa coquille

Gulliver chassé par les mouettes

& Joyce au comble de l'extase


Dickens guetté par l'épaisseur

Beckett sourd aux injonctions

Roderick dur comme une trique

& moi perdu dans mes pensées

 

(29 septembre)

 

10:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Littérature, Ligérienne

samedi, 08 septembre 2007

Le Prédateur des blogs

    Quand il a coupé le contact de sa Clio, Matthieu Mesplède-Morandini a entendu que la Nouvelle-Zélande menait 14 à 0 contre l'Italie au bout de huit minutes de jeu. Le temps qu'il achète diverses fournitures scolaires pour son fils aîné au supermercado et de reprendre le volant, les All Blacks avaient ajouté vingt-neuf points à l'addition. Pourtant, les courses n'avaient duré qu'à peine un quart d'heure.

À la caisse, Matthieu Mesplède-Morandini suivait un couple qui, songeant sans doute que la foule compacte du samedi après-midi autorise ce genre de fantaisie, avait eu la très bonne idée de vouloir payer ses achats en trois blocs distincts ; la jeune femme laissa tomber un cahier dont la première page était une sorte de C.V.. Matthieu Mesplède-Morandini vit alors qu'elle se nommait Marianne Martin et habitait à Monnaie. Il eut même le temps de mémoriser l'adresse électronique de l'imprudente.

Imprudente ? Oui, assurément, d'ignorer que Matthieu Mesplède-Morandini sert de modèle au psychopathe violeur du Prédateur des blogs...

(Un double Ricard, et vite !)

15:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Fiction, Ligérienne

mercredi, 05 septembre 2007

Histoire d’un livre à couverture rose

    Le petit livre à couverture rose – comme tant d’autres du même auteur – aura été lu par trois personnes au cours de ce seul mois de juillet : tout d’abord la mère, qui l’aura choisi par désoeuvrement, par défaut en quelque sorte, avant que le type ne le lise, lui, car il l’avait acheté en mars, avec toute une pile, et aime bien, de temps à autre, lire un texte d’Inoué Yasushi, cette prose plutôt classique, académique même, avec ses tons retenus, ses éclats soudains mais jamais plus vifs que le soleil ou le miroitement de l’eau après le plongeon d’un grèbe, et la grand-mère elle-même avait fini par se rabattre sur cette Histoire de ma mère (en fait, le récit de la sénilité gâteuse de la mère d’Inoué), car l’exemplaire, lu depuis trois jours déjà par le type (le pauvre type), avait été laissé là, sur les briques près de l’âtre, comme abandonné par une main nonchalante au bord d’être en proie au désordre, et donc, en moins de trois semaines, la couverture rose était passée de main en main, et le petit livre avait été lu par l’épouse, le mari et la grand-mère, successivement, ce qui avait pu alimenter quelques conversations, et d’autant mieux que le sujet en est universel. J’écris cela, et l’ordinateur repose sur la table basse en verre, où figurent seulement un livre (plus épais que l’Histoire de ma mère) et un ticket rose Zoo d’Asson Parc aux kangourous qui pourrait servir, un autre jour, une autre fois, de marque-pages à un autre exemplaire de la « Bibliothèque cosmopolite ».

[29.07.07.]

08:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, écriture

mercredi, 16 mai 2007

Rue des masques

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    Il y avait si longtemps que rues, plaques, places, gouttières, bribes de murs avaient échappé à leurs regards que soudain ils se dirent que ça n'en valait plus la peine, la coupe était pleine, et du coup  à quoi bon chercher encore la pierre philosophale sous les noms, les signes, les affiches, aux balcons, sous les mots qu'embrase le vent ?

16:40 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II, MAS, Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : Photographie, écriture

mardi, 03 avril 2007

23 autoportraits au bord du gouffre

    Il nous défie.

Il s’efface, son manteau d’encre fait écran.

Deux visages spectraux hantent le fond de cette fière stature.

L’œil noir, les traits se diluent.

Orbites enfoncés font lunettes.

Placé debout dans une salle il épie.

La fine moustache de celui qui dessine sculpte un visage harassé.

De sa silhouette à contre-jour, toujours il guette notre regard.

C’est à regret qu’il se détache outremer.

Les manteaux accrochés, le fauteuil pour chevalet, la canne dans la ligne de l’aquarelle au mur, tout converge vers ces yeux profonds.

Épiant, il peint.

L’air mauvais, pianiste phtisique aux doigts endoloris, crache le sang de sa palette.

Un spectre en soutane tenant un chapeau rouge.

La lune rouge voue ce balcon à la folie.

――― Les rectangles glissent du ciel. ―――

――― C’est un linceul recouvrant les rêves. ―――

Un crâne agité succombe au succube hallucination.

Cadavre furieux toujours il nous défie.

Le voici revenu ; il reprend des couleurs.

De la casquette comme un masque.

Avec le sépia qui dégouline la tête semble arrachée au col et au manteau toujours noir d’encre.

Flottent couleurs lumière noyée les veines vibrent.

Respectable, en onze ans il a comme rajeuni, mais son regard foudroyé plus que jamais emprisonne le nôtre.

04:40 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : Art, Autoportraits, Peinture, écriture, Poésie, Musées

lundi, 02 avril 2007

Samedîles lointaines

  • Marc Cholodenko. Thierry. *
  • Denis Duparc. Echange.
  • Gaston-Paul Effa. . **
  • Inoué Yasushi. Histoire de ma mère.
  • Manifeste électrique aux paupières de jupe. ***
  • Kaji Motojirô. Le Citron.
  • Robert Pinget et Jean Deyrolle. Cette chose. ****
  • Nicolas Valtimbella. disaient les 2 fils.
  • Catherine Weinpflaezen. La Farnésine, jardins. *****

 

* Le vrai titre n'est pas reproductible avec les maigres moyens typographiques dont disposent ces carnets.

** Exemplaire dédicacé par l'auteur à Didier Daeninckx (photographie en macro à suivre).

*** Exemplaire original (si tant est qu'il y ait eu des retirages), dégotté 5 euros dans le bac d'un bouquiniste inculte du boulevard Saint-Germain.

**** Failli acheter Fable, un des rares Pinget que je n'ai pas.

03:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

dimanche, 14 janvier 2007

Dans son bec un fromage

    Jardin du Ranelagh, deux heures moins le quart.

Flot ininterrompu de voitures, et pourtant enfants qui jouent au ballon, jusque sur la rue. Sur une rue où ne passe aucun véhicule, un bambin tape dans un ballon orange fluorescent que lui renvoie son père (grand-père), qui doit, sous son imperméable beige, avoir le bras en écharpe (forme protubérante et manche droite vide).

J’écris ceci sur l’une des places de l’hémicycle de pierre qui borde la statue de La Fontaine par Correia (1983). Il faudrait avoir un appareil photo avec soi, et puis non puisque je trouverai des reproductions de cette statue – pas très réussie d’ailleurs mais émouvante – sur la Toile. De la place où je suis installé, je vois le profil du renard qui se pourlèche et, si le corbeau penché vers lui m’est nettement visible, seul le quart supérieur du camembert (car c’est un camembert !) n’est pas caché par le socle. La statue a été fondue en Italie (références au dos du socle en italien, pour ceux que cela intéresse).

Une vieille gitane trimbale ses trois poneys délabrés dans la partie nord du parc, sans qu’aucun enfant ne se préoccupe d’eux ni d’elle. De l’autre côté, une cabane fermée, rayée de blanc et de vert, aux couleurs des marionnettes du Ranelagh, annonce qu’il s’agit de la fermeture saisonnière d’hiver.

19:20 Publié dans 1295, Aujourd'hier, MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Photographie, écriture

mardi, 02 janvier 2007

« avec une grande componction dans les gestes »

Des cheveux noirs calamistrés, ramassés avec componction, tels

                                      des louis d’or empochés puis

renfermés au fond d’une besace.

Ici je fracasse

                 la foi, selon les lignes serpentines, de

l’oiseau secrétaire.

06:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie

samedi, 30 décembre 2006

Images pieuses

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    Suzanne Fromont-Godefroy, dont la boutique est sise 19, rue du Collège, à La Flèche, est-elle apparentée au Fromont qui donne son nom à l’une des petites rues du quartier Victor-Hugo, à Tours ? Ou ce Fromont-là serait-il la commune de Seine-et-Marne ?

14:55 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Photographie, Ligérienne

mercredi, 06 décembre 2006

Journées parisiennes, 1

    29 novembre. 18 h 15.

Rue des Tanneries. Cela me change un peu de la rue des Tanneurs. Je suis arrivé par le bus 91, quasi bondé et escargot. Des visages fermés, des sirènes de SAMU et de police à tous les carrefours. Paris la ville bruit. Paris bruit de millions de fourmillements. C’é comme ça.

Dans le TGV, mon ordinateur m’indiquait un réseau qui, en fait, ne m’a jamais connecté à rien. Ici, au moins, c’est plus honnête : aucun réseau repéré. Tous voisins méfiants ont des accès protégés. C’est bien.

Je vais ressortir, de toute façon ; faire un tour, manger un morceau, peut-être aller au Musée Dapper (ouverture en nocturne, ai-je lu, les derniers mercredi du mois).

 

18:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2)

dimanche, 12 novembre 2006

Dadatologue

    Fatalement, j'ai raté, hier, la publication d'une note à onze heures onze (11/11 à 11:11), mais, quoique je me sois un peu rattrapé ce dimanche matin, c'est pour constater ensuite (au grand dam de mes Hystéries historiées) qu'il ne s'est rien passé, apparemment, le 12 novembre 1111. Comme je ne saurais inventer d'événements fictifs (l'ayant fait, pourtant, une ou deux fois), je me retrouve à déballer ici ma fièvre de nombres, ce qui retarde d'autant la très légère note que m'inspirent les concertos pour clarinette de Franz Krommer.

À quelque chose malheur est bon, comme aurait dit Hugo, puisque, me livrant à de très rapides recherches, j'ai découvert l'emploi, un peu hérétique, du substantif datologue. Il me plaît bien, quand même.

(Il toujours impersonnel, à présent : il, sans illoiement, faudrait reprendre sérieusement l'écriture des sonnets et des tankas, pour ne rien dire du très long texte, abandonné et ridiculement bref.)

12:20 Publié dans Fièvre de nombres, MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (4)

vendredi, 10 novembre 2006

Talés mais pas mûrs (les kakis)

    Là, comme de bien entendu, je n'ai pas les textes sous la main, donc ce n'est pas encore ce soir que je vous entretiendrai des plaqueminiers & plaquemines dans les haïku de Shiki et de Basho.

medium_Kaki_9.jpgCes alignements de kakis ont tout de ce jeu de mes années gamines, le Puissance 4, que mon fils a découvert cet été dans une version en bois, beaucoup plus solide. À cinq ans, il est difficile, apparemment, de fomenter une stratégie (surtout avec les terribles verticales), et plus encore de déjouer celle de l'adversaire. (En jouant contre un enfant, le plus difficile est de savoir tricher suffisamment subtilement pour qu'il ne gagne ni ne perde trop souvent. À la bataille, quand on s'ennuie, par exemple, regarder par en-dessous les quelques cartes qui restent, si on est en train de perdre, afin de bien donner sa dernière dame quand l'enfant vous sort, triomphalement, un roi ou un as. Vous voyez d'ici, si vous lui piquez un valet, avec votre dame : reparti comme en quarante !)

Bref, je ne sais plus trop pourquoi je dégoise ici en vous entretenant de Puissance 4 et de jeu de bataille, alors que j'aurais pu, tout aussi bien choisir le jeu de bonneteau, que ces quatre kakis, alignés sur fond de mur blanc que traverse un rai de soleil vertical, évoquent aussi, quoique, comme je crois le savoir, le jeu de bonneteau ne compte que trois gobelets et trois cartes. (Et d'ailleurs, j'ai appris tout récemment, pour l'oublier aussitôt, le nom anglais du jeu de bonneteau. Je me rappelle l'avoir découvert dans l'un des chapitres de Gallimaufry, le très distrayant (mais visiblement très oubliable) ouvrage du grand lexicographe britannique Michael Quinion.)

Enfin, les gallimâfrées de kakis, se bâfrer de ces fruits, ça ne lui réussit pas terrible, à notre masque musicien. S'il se laisse trop convaincre par Fire, il va finir à la rubrique Cuisinier casque de kakis.

07:25 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature

mardi, 07 novembre 2006

O Ultimo Mergulho

    Que choisir - des deux danses de Salomé, de l'échappée dans les tournesols, du très surprenant début "réaliste", du couple allégorique formé par Eloi et Samuel, des flamants de Hölderlin, du visage bouleversant de Fabienne Babe - pour évoquer le film de Joao César Monteiro, O Ultimo Mergulho ?

Le Dernier plongeon : rien n'est dernier, rien n'est donné, puisqu'on ne saute jamais deux fois dans la même eau saumâtre. (Port de Lisbonne. (Tramways de Lisbonne au début des années 1990 : vieilles impériales en boîtes de sardines et publicités pour Carlsberg.))

C'est, évidemment, un film bouleversant, mais tous les films de Joao César Monteiro sont bouleversants.

Dans le glissement de la danse "musicale" de la Salomé brune à la danse muette de la Salomé blonde, se joue le dénudement liquide du silence, jusqu'au dénouement, stricto sensu. Répétition, mue, mutité. Les tournesols offrent autant de visages multiples, qui viennent sauver le spectateur de la confrontation au seul visage de la danseuse dédoublée. (Je charabie, mais c'est un film magnifique.)

On peut dire aussi : Joao César Monteiro est un obsédé de la chatte. Autre façon de dire Salomé féline.

Lors de la scène en extérieur, où le groupe des cinq se retrouve mêlé à la fête de Saint-Antoine, dans cet immense escalier rétif aux talons hauts et aux jupes serrées des prostituées, on aperçoit furtivement le cinéaste lui-même, dissimulé dans un coin de l'écran, à la manière d'Alfred H. (ou de Jean de Dieu!) : on le voit se saisir de quelques feuilles de papier hygiénique, à même un volumineux rouleau, puis se tourner vers le groupe des cinq, qu'il lorgne avant d'entrer dans les cabinets publics. Le cinéaste s'efface du plein air pour pénétrer au coeur de l'intimité la plus physique, du monde public vers l'univers privé (secret/scatologique).

 

11:55 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma

jeudi, 02 novembre 2006

Feuilles d'ocre

    De retour après cinq jours d'absence (les notes publiées depuis samedi avaient été programmées à l'avance), je me rappelle avoir beaucoup lu, peu travaillé, médité (en les ramassant) sur la chute des feuilles, orangées plus que rousses, et jaunes souvent plus que brunes. L'enchanteur pourrissant passait parfois me dire bonjour, histoire de faire peser un peu de mélancolie dans ma joie légèrement trop douce, et le rêve qui m'a réveillé aux premières heures de novembre m'a laissé une mauvaise conscience atroce : trois époques de ma vie, théâtre des humeurs, vanité des prétentions littéraires, et trois générations d'amis aussi laissés sur le bord du chemin. Suis-je excusable ?

16:06 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (3)

jeudi, 26 octobre 2006

Faculté de Frédéric Fauthous

    Je crains fort que ça n'intéresse pas grand monde, mais je viens de réussir (ici, dans mon bureau, à l'université) deux fois de suite un "panier" : en lançant directement dans la poubelle 1) le papier d'emballage du sandwich  2) la canette vide de Coca.

Pour la serviette en papier et le gobelet en plastique, je vous tiendrai au courant.

(Oh, lâche-nous les baskets...)

13:23 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ligérienne

mercredi, 25 octobre 2006

Trois frousses de Sanfourche

    Avant de faire de menues recherches pour écrire la note publiée hier au sujet d'Alain Ghertman et de François Bon, je ne connaissais pas Jean-Joseph Sanfourche, qui m'a tout l'air d'être une sorte de Gaston Chaissac bis.

medium_sanfourche1.jpg

 

 

Non ?

En moins bien...

medium_sanfourche3.jpg

 

 

Le mage se maquille, la rue se déshabille.

medium_sanfourche2.jpg
Et que dire ensuite, qu'ajouter, si ce n'est le virion échappé d'un cauchemar d'enfant ? Oui, encore et toujours le même cauchemar. Le bruit, la folie, le tintamarre dérapent toujours, dérivent en cauchemar. Froussard, va !

08:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 15 octobre 2006

M.S. MuMM

Dans Moon Palace, le narrateur, Marco Stanley Fogg (aussi appelé M.S.), se débarrasse progressivement, afin de subsister, de l'héritage de son oncle, soit 1492 livres répartis dans 76 caisses. (Je n'ai aucun mérite à me rappeler ces nombres, vu que, comme sur le versant onomastique, Paul Auster n'est pas très subtil dans la symbolique : 1776 est l'année de l'indépendance des Etats-Unis et 1492 marque la "découverte" du continent par les Européens).

Passant près d'un carton de vieux livres de poche que je compte vendre, et qui se trouve à la salle de jeux (ou deuxième chambre d'amis), au rez-de-chaussée, je m'imaginais qu'il serait possible de se défaire de tout livre après en avoir cité une phrase, ou exploré un mot, dans un billet publié dans ces carnets.

12:30 Publié dans 721, Fièvre de nombres, MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

mercredi, 04 octobre 2006

Demain

medium_Figures_rouges.JPG

 

 

 

    Demain et les jours suivants seront plus encore sans écrire, et vous ne pourrez pas dire que vous n'aviez pas été

prévenus.

Toutefois, les fantômes sans regard, les spectres rouges au lourd visage nuageux seront avec nous, ce qui n'est pas

rien tout de même.

16:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature, Poésie

vendredi, 08 septembre 2006

Lignes courbes

    Décidément, il sera dit que je n’écrirai pas. Mais non !

Après une nuit tourmentée, car mon fils s’est réveillé deux fois – il a le sommeil agité depuis quelques semaines, ce qui n’est pas dans ses habitudes –, je finis par me lever et par me rendre au bureau, allumer l’ordinateur de ma compagne, dont je m’aperçois qu’il refuse obstinément de se connecter au réseau : il faudrait vérifier la ‘Livebox’, mais elle est au rez-de-chaussée et, si je descends l’escalier, les craquements infernaux du bois vont suffire à écourter la nuit de sommeil des autres de la demi-heure qui leur reste.

Que se passe-t-il donc ? Hier soir, nous nous sommes aperçus que la ligne téléphonique qui est reliée à l’ADSL était en dérangement : j’avais essayé d’appeler mes parents autour d’une heure de l’après-midi, mais en vain car toujours cela sonnait occupé. En essayant d’utiliser le téléphone le soir, je me suis rendu compte que c’était notre ligne qui ne fonctionnait pas. Il était trop tard pour essayer de dénicher le numéro des services techniques, ou l’adresse du site Web. Tout cela, j’en ai conscience, n’est pas très intéressant, mais ces carnets portent nécessairement la trace de petits désagréments quotidiens. C’est dommage, bien sûr, en un sens, puisque je n’ai pas avec moi les notes griffonnées à la va-vite sur des feuilles volantes. J’avais notamment l’intention de consacrer un texte au petit livre de David Bessis, Ars grammatica, de dire quelques mots du dernier Chevillard, Démolir Nisard, dont j’ai achevé la lecture hier soir, tandis que traîne sur ma table de nuit The Captain & the Enemy de Graham Greene.
Tout à l’heure, avant de m’asseoir et de constater l’absence de réseau, j’ai ouvert les volets métalliques et ouvert les fenêtres, afin de faire entrer un peu d’air frais, qui n’a pas manqué cette nuit (nu sous le seul drap, au petit matin j’eus presque froid). Le murmure lointain de la voie rapide me parvient, troublé de temps à autre par l’accélération d’une moto, saloperie d’engin. Il a pu m’arriver d’envisager de consacrer, dans ces carnets, un billet à chacune des pièces de la maison, en essayant de décrire certains traits saillants, mais la force m’a manqué jusqu’ici ! Si cela ne me passionne même pas, moi… !


Le chauffagiste, avant-hier : Qu’est-ce que vous avez comme livres, dites donc ! (Il n’a vu que les rayonnages de la buanderie et du salon, soit moins du quart de notre bibliothèque.) Il me demande si je suis écrivain. Naturellement, je réponds non. Quand je lui dis qu’il n’en a pas vu le quart, il me dit, même pas sous forme de question : Mais vous ne les avez pas tous lus… Ah, ça ne m’était jamais arrivé. Que répond Renaud Camus, dans ces cas-là ? Quelque chose comme : « ce sont des faux livres, en fait ».

07:45 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (7)

mercredi, 06 septembre 2006

19. Les Grands Ciseaux

    Le soleil brûlant suffit à déclouer mon cercueil. Morbid kid. Laurent m’a tenu la jambe pour me parler des Bienveillantes, qu'il trouve médiocres et même douteuses, en me soufflant la fumée de sa clope au bec. À l’aller, dans le bus 11, il y avait une jeune fille blonde vêtue d’une robe rose très courte, sac à main rose et tongs assortis, que j’ai d’ailleurs revue une heure plus tard place de Châteauneuf, accompagnée d’un brun mal rasé et portant beau.

Cette propriété, pourtant, est plus délabrée, paraît plus petite que celle appelée Les Petits Ciseaux – son bois fané.

16:41 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne

dimanche, 03 septembre 2006

112 images de Valmer (Sonnet)

faune nymphe scolopendre allée scorpion scorpion scorpion agerata
agerata angelot angelot clair fontaine pèlerin blason vitrail saint
madone autre madone pape rosace jumelles cléomé mante mante caressée
mante écriteau mante de dos bélier banc demeure enfilade angelot mangé

 

naïade en biscuit cheminée arcades arcades fontaine chèvre cochon course
cheval crinière crinière guêpe meganeura libellule duo mimêsis
grimace touché pelle vigne trio équin au loin solo sourire guingois
prunus portugais lion lézard fiacre écriteau lion tête de fiacre

 

cigogne pingouin cigogne rictus cigogne tête de cigogne hibou geste
vanorbeek grille scie sculpture poire autre poire coloquinte cucurbite
cucurbite fleur idem mante globe écriteau toboggan mante

 

coloquinte cigogneaux cucurbite ciel moi lui andouillers langue
rictus langue sérieux festival scolopendre duo enfilade écriteau
duo de dos cannes arcades bourdon gone to the pub clio bourdon clio

11:35 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 02 septembre 2006

A Turn in the South, 2

    La deuxième de couverture de l’édition Picador de The Enigma of Arrival, lu cet été, reproduit une photographie ensorcelante, un portrait de V.S. Naipaul de face, dans un élégant costume gris, un chat noir et blanc, qui fixe le photographe, s’échappant de ses bras. À la barbe poivre et sel semblent répondre les deux triangles des oreilles du félin. L’auteur de la photographie n’est mentionné nulle part dans l’ouvrage.

 

Je retrouve ce même portrait sur la deuxième de couverture de l’édition Picador de A Turn in the South. Toujours pas la moindre référence. Quelle est cette énigme ?

 

medium_naipaul.2.jpg

Grâce au module de recherche d’images de l’inévitable Google, j’ai retrouvé, sur un site suédois consacré au Livre du Jour (Dagensbok), le nom du photographe (Jerry Bauer), et j’ai même pu enregistrer une version pas trop réduite de cette photographie.

Pourtant, le charme demeure entier.

14:40 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

Mains

    En remontant la rue de la Source – après avoir fait le tour du marché Coty sans retrouver les stands des maraîchers où je me sers habituellement – il m’est revenu que Renaud – le chanteur – a – paraît-il – je ne l’ai pas entendue – « sorti » récemment une chanson dans laquelle il fustige les bobos – bourgeois bohêmes – expression qui m’a toujours semblé porter à faux – et je me disais qu’il préfère peut-être à présent ceux qui prennent le départ du Paris-Dakar – d’autant qu’il a toujours eu le chic de balancer des espèces de pavés dans la mare d’une incohérence et d’une mauvaise foi que lui-même reconnaîtrait – la pire étant, en son temps, Miss Maggie – et je me disais aussi – en remontant la rue de la Source, car tout cela ne dura qu’une demi-minute – bien moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire – surtout si je multiplie les incises – que l’une des phrases de cette chanson de 1984 – 1985 ? – était vraiment d’une consternante bêtise : « Aucune femme n’a sur les mains le sang des Indiens d’Amérique » – car, pensais-je, il s’agit là d’un effet d’image – puisque les femmes, dans l’histoire politique, ont souvent été proches de ce que Péguy disait du sujet kantien : « Il a les mains pures, mais il n’a pas de mains » – et tout cela parce que je n’avais pas retrouvé le stand de mon maraîcher habituel, un agriculteur biologique de Vernou-sur-Brenne.

11:13 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (4)

jeudi, 31 août 2006

Image diurne complexe pour insomniaques invertébrés

medium_Tours_30.08.2006_005.JPG
Dans les bouchons je m'emmerde. Le blaireau derrière moi bigophone portablement, bigorneau de la pire espèce. Et pourquoi bigorneau d'ailleurs ? Pourquoi pas, s'il s'appelle Bernard ?? Ou Thierry, d'ailleurs ???
***
Bon, d'accord, j'arrête les frais.
*****
Dans les bouchons je m'emmerde. Le blaireau derrière moi bigophone, et moi je photographie. Pas mieux, mon cher Bertrand Renard. Vous saluerez Hectic et Jecktic pour moi. Tiens, eux ici !!! Tout de même, les travaux sur l'avenue Anatole-France, ça sera bon bientôt pour les cyclistes. En attendant les bagnoles piétinent. Gaffe de pas devenir beauf, mon bras
à la portière.

03:25 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 28 août 2006

Pour foutre la trouille

    Le Conseil Supérieur des Publications MuMM tient à informer les lecteurs du fait (affolant pour certains mécréants ou paresseux) que déjà sept notes ont été écrites en vue d'une publication au cours de la journée du mardi 29 août 2006. Comme on dit en des lieux où l'amour de la belle langue n'est pas aussi prononcé qu'en ces territoires féconds, ça craint du boudin.

18:29 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 19 août 2006

Phrase

    Comme on reprend peu à peu le chemin de galets, en écartant les fougères, on se prend à penser que l'alpha et l'oméga du monde de sable et de sel laissé derrière soi sont le Laberdolive 1974 et l'Ognoas 1992, et ce quoique le labeur fût copieux.

11:35 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 07 juillet 2006

Conversation universitaire, II

    Oui, contre le Portugal, on s'est plutôt ennuyés, c'était un match pénible, alors que, contre l'Espagne et le Brésil, c'était l'érection permanente.

Dis donc, c'est toi qui reprends le cours sur Gay Studies ?

Il faudrait surtout que tu arrêtes le Vouvray...

10:20 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (3)

Conversation universitaire

    Non, tu vois, Louis Saha est vraiment nul ; il a réussi à jouer dix minutes contre le Brésil et dix minutes contre le Portugal, et non seulement il n'a pas gagné un duel, perdu à peu près tous les ballons, mais en plus il s'est pris à chaque fois un carton jaune, ce gros mauvais.

Justement, tu devrais être content. Il ne pourra pas jouer contre l'Italie.

Oui.

Football ? Oh please, not here...

07:45 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

lundi, 03 juillet 2006

Diamants d'ici

    Faut beaucoup lire par ici.

Oh, quand même, cinq notes par jour en moyenne, ce n'est pas la mer à boire.

Hmmm... Changeons de sujet.

Oui ?

Tu mets toujours trois points de suspension ?

Oui. Pourquoi ? C'est une question de convention, non...?

Oui, mais...

?

Ma question n'est pas conventionnelle, tu peux au moins me reconnaître ça.

Pour le coup...

Ce que j'essaie de te dire, c'est que tu passes ton temps à peaufiner, à finasser, à creuser de toutes petites choses, et ça, ça ne t'a pas traversé l'esprit. Pourtant, les écrivains qui se sont interrogés sur les points de suspension ne manquent pas.

Justement.

Oui, je sais que tu n'étais pas très convaincu par l'étudiante qui avait toute une théorie sur les quatre points de suspension. Mais quand même...

Non, ce que je disais, c'est : justement.

?

Justement, il y en a assez qui se sont penchés là-dessus. Je peux vaquer à autre chose. En plus...

Quoi ?

Au début, je comptais me contenter de nos deux premières répliques. Pourquoi as-tu tout fait déraper ?

Par désir de suspension, peut-être.

Je vois le genre.

07:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 26 juin 2006

En traduisant Links...

    Traduisant, je bute sur la phrase suivante :

Nor did he like Af-Laawe's lip.

 

Il s'agit ici, non de la lèvre, mais de l'expression figurée, qui signifie "culot". Have the lip to do something : avoir le culot, le front de faire quelque chose. Mais je suis gêné aux entournures, car j'aimerais garder la notation de physionomie. Alors je traduis, dans un premier temps :

Il n'aimait pas non plus la moue d'Af-Laawe.

 

Au début du chapitre suivant, l'expression revient, sous une forme légèrement différente. Soudain, je suis tenté de traduire cette lèvre métaphorique par le beau mot français de morgue (au sens de "suffisance"). Ce qui donne :

Il n’aimait pas non plus la morgue d’Af-Laawe.

 

Or, une fois le changement effectué dans les deux phrases, je réalise que la scène se passe dans un cimetière, et que ce personnage douteux, plein de duplicité (comme presque tous les personnages de Nuruddin Farah qui sont affectés d'un nom double), est à la tête... d'une entreprise de pompes funèbres ! Il est plein de morgue, assurément...

 

Mieux, encore. Au début du chapitre 23, qui se termine par la scène du cimetière, j'avais traduit, dans une comparaison difficile à rendre, l'anglais morgue par le français caveau :

Jeebleh thanked him and pushed away the omelette, which was cold as a morgue.

Jeebleh le remercia et repoussa son assiette, où la tortilla gisait, froide comme un caveau.

 

Je ne suis pas très sûr, d'ailleurs, d'être satisfait de cette traduction, pour un certain nombre de raisons. Mais ce qui est sûr, c'est que, maintenant que j'ai fait le choix d'un terme amphibologique en français pour traduire la métaphore lip, je ne reviendrai pas sur ce caveau.

(...)

16:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (4)

jeudi, 22 juin 2006

Choses de la vie.

    Se couper les ongles après la vaisselle du flan. Toujours.

18:10 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

Phrase

    Le bâtiment voguait sur la mer démontée que de fières chaloupes creusaient, comme des alouettes, sans prendre garde à la tempête qui toujours plus croissait, sous la lune.

10:25 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 18 juin 2006

Walking on the moon

    Quatorze ans.

So they say...

Demain, pourtant, c'est lundi.

We'd be together...

Le 18, normalement, c'est jeudi.

11:21 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 14 juin 2006

Flemme

    Et ces notes écrites la semaine dernière, tu les publies quand ?

22:18 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (4)

mardi, 06 juin 2006

Un : scorpion :: en : février

                                                                   [Les 11 premiers accourcis]

 

    1. Vladimiro essaie de convaincre son supérieur et son épouse de la légitimité des attentats islamistes.

2. Un père est rassuré, car sa fille n’a rien cassé au collège.

3. Le narrateur va aux putes à la mairie.

4. Un syndicaliste meurt dans un hold-up.

5. Le martinet flanque une volée sur l’estrade.

6. Dans le car, Valeria assiste, impuissante, au viol de Carmela, que déflore un soldat.

7. Un Madrilène serre les mâchoires pour se retenir de jouir et pose un lapin à l’Indienne.

8. Un paterfamilias réinvente l’in-nocence de bien curieuse façon.

9. C’est le récit le plus bref du recueil (qui en compte dix-neuf).

10. M. Fadanelli ne veut pas que son fils tricote un bonnet pour la fête des mères sans perdre les pédales.

11. Le goût du sucré convole avec le sens du sacré.

14:20 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Fiction

mercredi, 31 mai 2006

Mummification

    Fuligineuse m'a envoyé, il y a maintenant trois semaines (shame on me) un texte qu'elle a écrit fin avril à partir de phrases publiées dans ce carnet, sous la catégorie Onagre 87 (qui s'est enrichie, depuis, d'autres textes, évidemment). Réticent à vous livrer la contrainte qui préside à l'organisation, et certain aussi que les plus fins d'entre vous s'y retrouveront, je vous livre donc, brut de décoffrage, en quelque sorte, ce texte dont l'auteur est vraiment Fuligineuse (quoique, par ma faute ou ma paresse, il y manque italiques et liens hypertextuels), et qui s'intitule

 

MUMMIFICATION

(Quel faux jeton que moi !)

« Pourquoi apparaissons-nous ? »

À peine une conversation sur telle contrée, tel village, tel voyage possible – à peine la lecture de quelques pages où éclate un lieu, une région, les bords d’une rivière – à peine si je feuillette un atlas, une carte routière – et je suis pris d’une frénésie de bourlingue, de voyage – découvrir une petite abbaye méconnue, un panorama qui semble superbe, une église de village avec son café délabré en face, ce château qui justement n’ouvre pas le jour où vous passez aux alentours, ces routes et ces déroutes.

Après un séjour de dix-huit mois à Rome, Jacques Blanchard se rendit à Venise, où il resta deux ans.

Au lieu de vous entretenir oiseusement et sempiternellement de la fièvre des nombres, je pourrais bien insister sur mes folies alphabétiques, qui m’ont permis de découvrir, jeudi dernier, l’œuvre poétique de Pierre-Albert Jourdan, dont même le nom m’était inconnu, mais qui m’a happé tandis que je cherchais, sur le catalogue du Service Commun de Documentation, s’il y avait des ouvrages de Dieudonné Jourda (pas trace) ou de Pierre Jourde (si fait).

Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était absente, car elle ne se remet pas d’avoir couru le Marathon de Paris dimanche dernier.

Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était remplacée par une dame qui ne dit (aux petits ni à leurs parents) ni bonjour ni au revoir, ne surveille pas les enfants dans la cour, et se laisse totalement déborder dans la classe.

Aujourd'hui, mon fils a cinquante-sept mois.

Aujourd’hui, on va « faire aller ».

Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, il n’avait vraiment pas envie d’aller à l’école.

Bien plus chtonienne que celle de Messiaen, cette musique se développe dans la rugosité de piliers d’église marqués par le sang des sacrifices.

Ce n'est pas là une vision très piétiste de Madeleine, ni une "vanité" sombre ou lugubre...

Ce sera mieux ainsi.

Ce tableau représente une Madeleine pénitente au crâne, très caractéristique de l'époque maniériste, tant dans les formes de la jeune femme que dans sa quasi nonchalance et sa main surprise ; on remarque par ailleurs ce qui semble être un visage d'angelot caché dans le drapé de la robe, tout près du sexe

Cherchant des informations sur le mois de mars 1123, afin de composer l'une des Hystéries historiées, je découvre une page Web consacrée à l'Histoire de Lucelle, commune et abbaye dont j'ignorais totalement l'existence ; or, je lisais hier soir, avant de m'endormir, le quatrième chapitre de Suburban blues, dans lequel Yémy forge le néologisme lucelle, qui échappe à une jeune femme, en un moment d'extase sexuelle porteuse de métamorphoses lexicales.

Comment disparaissons-nous !

D’une trouble majesté, Affettuoso (première pièce du disque d’Œuvres d’orgue de Joris Verdin (dont il est lui-même l’interprète)) se situe dans le sillage d’un Messiaen, sans paraître en partager le goût des sphères éthérées.

Dans le square noir de monde, les feuillages applaudissent à tout rompre.

De leurs maigres gestes en forme de signatures émane une grande joie.

Dédier une semaine à saint Ouen, prendre les eaux à Eugénie et les orgues à Rouen.

Depuis, je lis, par à-coups, les proses brèves de L’Espace de la perte, qui sont éblouissantes.

Des guillemets à l’italique, il y a le fossé séparant le poème du roman, et qui n’existe pas. Ces épîtres seront cause de notre mort prochaine.

Elle joue de la "guitare" (théorbe, luth) à bord d'un "drakkar" richement peint.

Heureusement, d'autres chapitres me laissent tranquille, mais je m'aperçois, écrivant ceci, que j'ai oublié de poursuivre la série des faux dictons de ce mois.

Idéalement, la catégorie 1295 devrait compter 107 ou 83 textes.

Il y a de curieux hasards.

J’ai appris récemment que lycaon se prononçait vraiment [likaon] et non [likã], comme, par analogie avec Laon, paon, faon, taon, je me l’étais figuré.

Je crois me rappeler que le narrateur précise que "ça n'existe pas".

L’automne est une saison bien plus équivoque, à cet égard, sous nos latitudes.

L’hiver n’est jamais si soudain que le printemps.

L’œil capte ce que ne saisit aucun mort.

La feuille de format A4 annonce le Premier Printemps des Intellectuels, Poètes, Ecrivains et Artistes Noirs, à la Sorbonne, le 8 avril 2006 à 13 h 30 (amphithéâtre Richelieu), à l’initiative de Djibril Gningue, président de l’Association Internationale Cheikh Anta Diop.

La mer lie de vin, on s'enfonce dans l'eau avec vous, puis pleure en entendant le jeune homme chevelu appeler, éploré, Branca Flor.

La mésange charbonnière n'est pas revenue rôder près du nichoir, ni le chat noir et blanc dans la haie de thuyas.

La pente rude à l'ânière, avec ses bêtes au joug. La faîne est bien le fruit du hêtre.

Le bar du Musée, près de la place Anatole France, est l’un des établissements les plus hideux et les moins conviviaux de Tours, mais on s’y retrouve quand, à l’heure du déjeuner, on a raté le bus 8 et qu’on doit poireauter vingt-cinq minutes avant le suivant.

Le berger honni accompagne ses pas sans honte.

Le cerveau échauffé, on se gorge d'eau, comme la prairie nourrie de pluie, aux premiers vents du printemps. (Peut-on écrire que cet anglais n'est pas catholique ? Mais la langue entendue est gouleyante comme une pierre frottée qui grasseye.)

Le chapitre IV de l’essai classique de Piera Aulagnier, La violence de l’interprétation, s’intitule « L’espace où le je peut advenir ».

Le cheval au labour cerne un chant qui s'éteint dans les volutes roux des sillons.

Le délivre.

Le premier billet publié de la catégorie Onagre 87 était « Ode naïve », mais deux textes avaient été écrits plus tôt ce même jour, qui avaient signé l’acte de naissance de cette série. « Ode naïve » fut écrit en bus, entre les quais et l’arrêt Chopin, au dos d’un bulletin de bibliothèque (les Sonnets de Shakespeare, dans la traduction des époux Bournet, parue chez Nizet en 1995, ouvrage à rendre avant le 10/11/05, et qui fut rendu en temps et heure), avec un bic noir, m’appuyant sur ma serviette.

Le Robert des noms propres, que je consulte pour retrouver les dates du prince (Andrinople, 1459 – Naples, 1495), indique bien qu’il (Djem) fut vaincu par Bâyazîd II (Bajazet) puis retenu prisonnier en France, mais il ne parle pas du tout de Bourganeuf.

Le titre est-il ironique, ou suis-je sourd aux intentions du compositeur ?

Les marchands du temple sont bien en place.

Loi des carrés : les Soixante-dix-sept miniatures doivent être, in fine, 77 ; de même, il faudra cinquante-neuf textes dans la catégorie 59, et quatre vingt sept pour Onagre 87.

Mélopées qui défigurent les visages du Christ, mais on n’est pas à l’abri d’un sursaut de cabri, d’une ruade d’âne, d’une valse chevaline débridée qui viendra, par la faune, remettre nos préjugés à leur place.

On a beaucoup glosé, en ma présence, de ma fausseté, de ma surdité, de mon obtusion, de mes assonances.

On dit on.

On imagine la magie.................. aucun âne n'est saisi de faim-calle.

On tirera au sort l'ordre des chapitres, dans le Livre.

Or, une dame nous tendit un prospectus pauvrement ronéoté, après s’être assurée, nous scrutant un interminable instant, que nous écoutions Alain Mabanckou avec la déférence qui s’impose.

Pas par commodité, mais pour ne plus s’y retrouver, comme dans le labyrinthe de fer forgé.

Plus subtil : dois-je m'en tenir à trente-et-un tankas ?

Pourtant, tous les Bourganiauds, eux qui s’inquiétaient de ne jamais me voir sortir, et de me penser dépérir, ont gardé le souvenir du prince ottoman.

Premier midi ensoleillé a déjà goût d’été.

Rassurons les matérialistes qui craindraient que la majuscule ici imposée au nom commun livre ne signifie une quelconque sacralisation : fort heureusement, le Salon célèbre surtout les bouquins de stars du show business, les éditeurs soucieux de vendre de la soupe, le Lion’s Club ou France Télévisions, qui sont, comme chacun sait, les officines de la bibliophilie contemporaine.

Roubaud est déjà passé par là. (Au cube et plus bellement, soit.)

Samedi, il faisait un temps mouquirous (en gascon dans le texte), hier un printemps superbe, aujourd'hui entre les deux. Hegel météorologue (un titre pour Derrida).

Si l'espace advient, plus de je dit...?

Soyez donc rassurés : vous ne croiserez pas beaucoup d’éditeurs et de lecteurs aux paupières brûlées par les braises de l’Idéal.

Telle est la simple question posée, à l’un des coins du labyrinthe de mots qui constitue la dixième double page de l’édition française du curieux poème de Ryoko Sekiguchi, Cassiopée Peca.

Telle semble être l’exclamation que le narrateur du dernier roman d’Enrique Vila-Matas, Docteur Pasavento, inscrit, marque d’infamie et de facétie, au front de son lecteur.

Toutefois, je le feuillette avant d’en commencer la lecture, et je tombe d’abord sur les en-tête des pages 141, 157 ou 165, où le titre du chapitre est repris, mais où, par une légère incurie typographique, la petite majuscule est U au lieu de Ù : la formule devient une belle et sombre phrase déclarative « l’espace ou le je peut advenir ».

Un sandwich et un demi ; la première terrasse, en bras de chemise.

Un Sisyphe de somme s'épuise, sans jamais (pense-t-on) connaître l'insomnie.

Une haute pile de livres que lit régulièrement mon fils, et jusqu'alors épars, a été, par mes soins, assemblée et forme un tumulus au milieu du salon.

Vous ai-je déjà raconté comment je vécus enfermé, pendant trois pleines semaines, dans la tour de Zizim, à Bourganeuf ?

Vus d'en haut, les deux corps nus qui tâtonnent près du rivage comblent le vide à l'horizon.

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jeudi, 11 mai 2006

Arcanes des neurones

    (La note évaporée, il se remit au clavier.)

    Me croira-t-on si je jure ici que je n'avais pas encore eu vent, quand j'écrivais lundi dernier certaine anecdotique note relative à des bols malouins, de la publication, en mars dernier, dans la collection "Continents noirs" des éditions Gallimard, de l'autobiographie d'une écrivaine rwandaise, Scholastique Mukasonga, dont je découvre même, au fil du Net, qu'elle tient un blog ? Il m'est impossible de lui offrir un bol en hommage, puisque le H manquait.

Je dois avouer (car la honte m'étreint (mais il serait plus honteux encore, car plus malhonnête, de m'autocensurer en corrigeant la note vieille de seulement trois jours)) que, me moquant gentiment de ce prénom, je faisais preuve d'une ignorance crasse, en ne me rappelant pas que, dans de nombreux pays d'Afrique, comme le Rwanda, on trouve ce genre de prénoms français inusités et tombés en désuétude, comme Victurnien, Jean Damascène, Triphine ou Placide. Vieux relent d'ethnocentrisme, sans doute, de ma part...

Il se peut aussi que, me trouvant en Bretagne, j'aie surtout (par une simplification tout aussi stupide, d'ailleurs) lié, dans mon esprit, ce prénom de Scolastique (toujours sans son h, sur le bol) au catholicisme très conservateur dont les Bretons sont, selon certains clichés, les parangons. Je n'avais pas dû, dans mes lectures d'ouvrages (romanesques ou non) relatifs au Rwanda, rencontrer ce prénom. Ceci expliquerait cela... Peut-être aussi n'ai-je noté, on the spot, que les sonorités plutôt rêches de ce prénom... Je ne sais. Ah, les arcanes des neurones sont difficiles à pénétrer...

En tout cas, Scholastique Mukasonga, cela fait un sacré nom d'écrivain !

 

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mercredi, 10 mai 2006

Stances de l'époux

    J'ai fait une découverte, qui est, à ma modeste échelle, rien moins que sensationnelle : la peau de poulet froide est un mets succulent. Froide, meilleure que chaude, et seule sans chair, meilleure qu'accrochée à son blanc. J'aimais la peau de poulet, mais croustillante, chaude et accrochée à sa chair. C'est un vrai renversement copernicien.

(Vous en déduirez que, préparant le repas de mon fils, j'ai perruqué (synonyme gascon ou patoisant de grignoter ou grappiller).)

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mardi, 09 mai 2006

Pont de Lussac

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    D'un pont médiéval du quinzième siècle qui permettait d'accéder au château ne restent que cinq piles, dont trois sont encore immergées. Cette vue est un assez joli symbole de l'expérience du voyageur curieux dans cette petite ville de Vienne, car qui cherche le Musée de la Préhistoire, censément situé dans un hôtel particulier du XVIème siècle, ne pourra nullement le trouver. Le "Musée" est fléché mais introuvable (même en s'aidant du plan de la commune proche de l'église), et ce sans qu'aucun habitant ne soit capable de vous dire s'il s'agit du musée que vous cherchez ni même où se trouve "le musée" (n'importe lequel).
Nous avons croisé un couple de quinquagénaires qui, nous prenant pour des Lussacois (?), nous ont demandé, pour leur part, où avait lieu la "Fête des Bisons". Est-ce que j'ai une gueule à aller à la fête des Bisons ? Je suppose que oui.

09:40 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne