vendredi, 08 février 2008
Vendredimmolés
* All the Pretty Horses
* Carpenter’s Gothic
* Child of God
* Dr. Sax
* Outer Dark
* The Madonna of Excelsior
* White Teeth
* Wittgenstein’s Mistress
Huit groupes nominaux, dont un titre honorifique, deux cas possessifs et deux compléments du nom. Trois de ces livres j’ai lu (il y a longtemps, pour certains). Je ne les ai pas empruntés pour moi. La roue tourne.
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mercredi, 24 octobre 2007
Un franc succès
Quand la terreur trouve son rythme de croisière, que les emportements du rouquin prennent le dessus, la barque dévie de sa juste route, et vous voici ainsi englouti, comme si de rien n'était, à l'automne du corail, pour ne pas déflorer encore le peu de mystère qui reste.
Alors, dans le miroir, que voir ?
Parfois je suis face au miroir et ce type me hurle à la face You stand in my way / With nothing to say
En plus il est teint en brune .......... ........ ...... .... ..
Alors, que voir dans le miroir ?
11:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Fiction, écriture
mardi, 09 octobre 2007
Outrages
Est-ce le signe d’une mentalité torturée, ou encline, du moins, aux aspects les plus douloureux de la foi ?
Les Bretons nourrissent une vraie passion – sans jeu de mots – pour les figures de Christ aux outrages et de Saint Sébastien transpercé de flèches. Comme tout ne saurait être simple, Saint Jean-Baptiste est, lui aussi, très représenté, mais presque toujours en gai triomphateur portant l’enfant Jésus dans ses bras ; les statues de décollation, qui feraient pourtant écho au Christ ligoté, n’abondent pas.

Ainsi, même dans une basilique dédiée à la Vierge, comme Notre-Dame du Folgoët, et où foisonnent les statues de la Vierge, on ne manque pas de distinguer, à quelques pas l’un de l’autre, deux Christ aux outrages, l’un robuste et serein, l’autre contrit et fruste. Les Piéta sont également plus nombreuses que les Vierge à l’enfant.
[21.08.2007.]
18:46 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bretagne, Photographie, écriture
mercredi, 03 octobre 2007
Sabbat des sorciers
Shelley hors de sa coquille
Gulliver chassé par les mouettes
& Joyce au comble de l'extase
Dickens guetté par l'épaisseur
Beckett sourd aux injonctions
Roderick dur comme une trique
& moi perdu dans mes pensées
(29 septembre)
10:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Littérature, Ligérienne
samedi, 08 septembre 2007
Le Prédateur des blogs
Quand il a coupé le contact de sa Clio, Matthieu Mesplède-Morandini a entendu que la Nouvelle-Zélande menait 14 à 0 contre l'Italie au bout de huit minutes de jeu. Le temps qu'il achète diverses fournitures scolaires pour son fils aîné au supermercado et de reprendre le volant, les All Blacks avaient ajouté vingt-neuf points à l'addition. Pourtant, les courses n'avaient duré qu'à peine un quart d'heure.
À la caisse, Matthieu Mesplède-Morandini suivait un couple qui, songeant sans doute que la foule compacte du samedi après-midi autorise ce genre de fantaisie, avait eu la très bonne idée de vouloir payer ses achats en trois blocs distincts ; la jeune femme laissa tomber un cahier dont la première page était une sorte de C.V.. Matthieu Mesplède-Morandini vit alors qu'elle se nommait Marianne Martin et habitait à Monnaie. Il eut même le temps de mémoriser l'adresse électronique de l'imprudente.
Imprudente ? Oui, assurément, d'ignorer que Matthieu Mesplède-Morandini sert de modèle au psychopathe violeur du Prédateur des blogs...
(Un double Ricard, et vite !)
15:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Fiction, Ligérienne
mercredi, 05 septembre 2007
Histoire d’un livre à couverture rose
Le petit livre à couverture rose – comme tant d’autres du même auteur – aura été lu par trois personnes au cours de ce seul mois de juillet : tout d’abord la mère, qui l’aura choisi par désoeuvrement, par défaut en quelque sorte, avant que le type ne le lise, lui, car il l’avait acheté en mars, avec toute une pile, et aime bien, de temps à autre, lire un texte d’Inoué Yasushi, cette prose plutôt classique, académique même, avec ses tons retenus, ses éclats soudains mais jamais plus vifs que le soleil ou le miroitement de l’eau après le plongeon d’un grèbe, et la grand-mère elle-même avait fini par se rabattre sur cette Histoire de ma mère (en fait, le récit de la sénilité gâteuse de la mère d’Inoué), car l’exemplaire, lu depuis trois jours déjà par le type (le pauvre type), avait été laissé là, sur les briques près de l’âtre, comme abandonné par une main nonchalante au bord d’être en proie au désordre, et donc, en moins de trois semaines, la couverture rose était passée de main en main, et le petit livre avait été lu par l’épouse, le mari et la grand-mère, successivement, ce qui avait pu alimenter quelques conversations, et d’autant mieux que le sujet en est universel. J’écris cela, et l’ordinateur repose sur la table basse en verre, où figurent seulement un livre (plus épais que l’Histoire de ma mère) et un ticket rose Zoo d’Asson Parc aux kangourous qui pourrait servir, un autre jour, une autre fois, de marque-pages à un autre exemplaire de la « Bibliothèque cosmopolite ».
[29.07.07.]
08:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, écriture
mercredi, 16 mai 2007
Rue des masques

Il y avait si longtemps que rues, plaques, places, gouttières, bribes de murs avaient échappé à leurs regards que soudain ils se dirent que ça n'en valait plus la peine, la coupe était pleine, et du coup à quoi bon chercher encore la pierre philosophale sous les noms, les signes, les affiches, aux balcons, sous les mots qu'embrase le vent ?
16:40 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II, MAS, Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, écriture
mardi, 03 avril 2007
23 autoportraits au bord du gouffre
Il nous défie.
Il s’efface, son manteau d’encre fait écran.
Deux visages spectraux hantent le fond de cette fière stature.
L’œil noir, les traits se diluent.
Orbites enfoncés font lunettes.
Placé debout dans une salle il épie.
La fine moustache de celui qui dessine sculpte un visage harassé.
De sa silhouette à contre-jour, toujours il guette notre regard.
C’est à regret qu’il se détache outremer.
Les manteaux accrochés, le fauteuil pour chevalet, la canne dans la ligne de l’aquarelle au mur, tout converge vers ces yeux profonds.
Épiant, il peint.
L’air mauvais, pianiste phtisique aux doigts endoloris, crache le sang de sa palette.
Un spectre en soutane tenant un chapeau rouge.
La lune rouge voue ce balcon à la folie.
――― Les rectangles glissent du ciel. ―――
――― C’est un linceul recouvrant les rêves. ―――
Un crâne agité succombe au succube hallucination.
Cadavre furieux toujours il nous défie.
Le voici revenu ; il reprend des couleurs.
De la casquette comme un masque.
Avec le sépia qui dégouline la tête semble arrachée au col et au manteau toujours noir d’encre.
Flottent couleurs lumière noyée les veines vibrent.
Respectable, en onze ans il a comme rajeuni, mais son regard foudroyé plus que jamais emprisonne le nôtre.
04:40 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Art, Autoportraits, Peinture, écriture, Poésie, Musées
lundi, 02 avril 2007
Samedîles lointaines
- Marc Cholodenko. Thierry. *
- Denis Duparc. Echange.
- Gaston-Paul Effa. Mâ. **
- Inoué Yasushi. Histoire de ma mère.
- Manifeste électrique aux paupières de jupe. ***
- Kaji Motojirô. Le Citron.
- Robert Pinget et Jean Deyrolle. Cette chose. ****
- Nicolas Valtimbella. disaient les 2 fils.
- Catherine Weinpflaezen. La Farnésine, jardins. *****
* Le vrai titre n'est pas reproductible avec les maigres moyens typographiques dont disposent ces carnets.
** Exemplaire dédicacé par l'auteur à Didier Daeninckx (photographie en macro à suivre).
*** Exemplaire original (si tant est qu'il y ait eu des retirages), dégotté 5 euros dans le bac d'un bouquiniste inculte du boulevard Saint-Germain.
**** Failli acheter Fable, un des rares Pinget que je n'ai pas.
03:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
dimanche, 14 janvier 2007
Dans son bec un fromage
Jardin du Ranelagh, deux heures moins le quart.
Flot ininterrompu de voitures, et pourtant enfants qui jouent au ballon, jusque sur la rue. Sur une rue où ne passe aucun véhicule, un bambin tape dans un ballon orange fluorescent que lui renvoie son père (grand-père), qui doit, sous son imperméable beige, avoir le bras en écharpe (forme protubérante et manche droite vide).
J’écris ceci sur l’une des places de l’hémicycle de pierre qui borde la statue de La Fontaine par Correia (1983). Il faudrait avoir un appareil photo avec soi, et puis non puisque je trouverai des reproductions de cette statue – pas très réussie d’ailleurs mais émouvante – sur la Toile. De la place où je suis installé, je vois le profil du renard qui se pourlèche et, si le corbeau penché vers lui m’est nettement visible, seul le quart supérieur du camembert (car c’est un camembert !) n’est pas caché par le socle. La statue a été fondue en Italie (références au dos du socle en italien, pour ceux que cela intéresse).
Une vieille gitane trimbale ses trois poneys délabrés dans la partie nord du parc, sans qu’aucun enfant ne se préoccupe d’eux ni d’elle. De l’autre côté, une cabane fermée, rayée de blanc et de vert, aux couleurs des marionnettes du Ranelagh, annonce qu’il s’agit de la fermeture saisonnière d’hiver.
19:20 Publié dans 1295, Aujourd'hier, MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, écriture
mardi, 02 janvier 2007
« avec une grande componction dans les gestes »
Des cheveux noirs calamistrés, ramassés avec componction, tels
des louis d’or empochés puis
renfermés au fond d’une besace.
Ici je fracasse
la foi, selon les lignes serpentines, de
l’oiseau secrétaire.
06:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
samedi, 30 décembre 2006
Images pieuses

Suzanne Fromont-Godefroy, dont la boutique est sise 19, rue du Collège, à La Flèche, est-elle apparentée au Fromont qui donne son nom à l’une des petites rues du quartier Victor-Hugo, à Tours ? Ou ce Fromont-là serait-il la commune de Seine-et-Marne ?
14:55 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne
mercredi, 06 décembre 2006
Journées parisiennes, 1
29 novembre. 18 h 15.
Rue des Tanneries. Cela me change un peu de la rue des Tanneurs. Je suis arrivé par le bus 91, quasi bondé et escargot. Des visages fermés, des sirènes de SAMU et de police à tous les carrefours. Paris la ville bruit. Paris bruit de millions de fourmillements. C’é comme ça.
Dans le TGV, mon ordinateur m’indiquait un réseau qui, en fait, ne m’a jamais connecté à rien. Ici, au moins, c’est plus honnête : aucun réseau repéré. Tous voisins méfiants ont des accès protégés. C’est bien.
Je vais ressortir, de toute façon ; faire un tour, manger un morceau, peut-être aller au Musée Dapper (ouverture en nocturne, ai-je lu, les derniers mercredi du mois).
18:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 12 novembre 2006
Dadatologue
Fatalement, j'ai raté, hier, la publication d'une note à onze heures onze (11/11 à 11:11), mais, quoique je me sois un peu rattrapé ce dimanche matin, c'est pour constater ensuite (au grand dam de mes Hystéries historiées) qu'il ne s'est rien passé, apparemment, le 12 novembre 1111. Comme je ne saurais inventer d'événements fictifs (l'ayant fait, pourtant, une ou deux fois), je me retrouve à déballer ici ma fièvre de nombres, ce qui retarde d'autant la très légère note que m'inspirent les concertos pour clarinette de Franz Krommer.
À quelque chose malheur est bon, comme aurait dit Hugo, puisque, me livrant à de très rapides recherches, j'ai découvert l'emploi, un peu hérétique, du substantif datologue. Il me plaît bien, quand même.
(Il toujours impersonnel, à présent : il, sans illoiement, faudrait reprendre sérieusement l'écriture des sonnets et des tankas, pour ne rien dire du très long texte, abandonné et ridiculement bref.)
12:20 Publié dans Fièvre de nombres, MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
vendredi, 10 novembre 2006
Talés mais pas mûrs (les kakis)
Là, comme de bien entendu, je n'ai pas les textes sous la main, donc ce n'est pas encore ce soir que je vous entretiendrai des plaqueminiers & plaquemines dans les haïku de Shiki et de Basho.
Ces alignements de kakis ont tout de ce jeu de mes années gamines, le Puissance 4, que mon fils a découvert cet été dans une version en bois, beaucoup plus solide. À cinq ans, il est difficile, apparemment, de fomenter une stratégie (surtout avec les terribles verticales), et plus encore de déjouer celle de l'adversaire. (En jouant contre un enfant, le plus difficile est de savoir tricher suffisamment subtilement pour qu'il ne gagne ni ne perde trop souvent. À la bataille, quand on s'ennuie, par exemple, regarder par en-dessous les quelques cartes qui restent, si on est en train de perdre, afin de bien donner sa dernière dame quand l'enfant vous sort, triomphalement, un roi ou un as. Vous voyez d'ici, si vous lui piquez un valet, avec votre dame : reparti comme en quarante !)
Bref, je ne sais plus trop pourquoi je dégoise ici en vous entretenant de Puissance 4 et de jeu de bataille, alors que j'aurais pu, tout aussi bien choisir le jeu de bonneteau, que ces quatre kakis, alignés sur fond de mur blanc que traverse un rai de soleil vertical, évoquent aussi, quoique, comme je crois le savoir, le jeu de bonneteau ne compte que trois gobelets et trois cartes. (Et d'ailleurs, j'ai appris tout récemment, pour l'oublier aussitôt, le nom anglais du jeu de bonneteau. Je me rappelle l'avoir découvert dans l'un des chapitres de Gallimaufry, le très distrayant (mais visiblement très oubliable) ouvrage du grand lexicographe britannique Michael Quinion.)
Enfin, les gallimâfrées de kakis, se bâfrer de ces fruits, ça ne lui réussit pas terrible, à notre masque musicien. S'il se laisse trop convaincre par Fire, il va finir à la rubrique Cuisinier casque de kakis.
07:25 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
mardi, 07 novembre 2006
O Ultimo Mergulho
Que choisir - des deux danses de Salomé, de l'échappée dans les tournesols, du très surprenant début "réaliste", du couple allégorique formé par Eloi et Samuel, des flamants de Hölderlin, du visage bouleversant de Fabienne Babe - pour évoquer le film de Joao César Monteiro, O Ultimo Mergulho ?
Le Dernier plongeon : rien n'est dernier, rien n'est donné, puisqu'on ne saute jamais deux fois dans la même eau saumâtre. (Port de Lisbonne. (Tramways de Lisbonne au début des années 1990 : vieilles impériales en boîtes de sardines et publicités pour Carlsberg.))
C'est, évidemment, un film bouleversant, mais tous les films de Joao César Monteiro sont bouleversants.
Dans le glissement de la danse "musicale" de la Salomé brune à la danse muette de la Salomé blonde, se joue le dénudement liquide du silence, jusqu'au dénouement, stricto sensu. Répétition, mue, mutité. Les tournesols offrent autant de visages multiples, qui viennent sauver le spectateur de la confrontation au seul visage de la danseuse dédoublée. (Je charabie, mais c'est un film magnifique.)
On peut dire aussi : Joao César Monteiro est un obsédé de la chatte. Autre façon de dire Salomé féline.
Lors de la scène en extérieur, où le groupe des cinq se retrouve mêlé à la fête de Saint-Antoine, dans cet immense escalier rétif aux talons hauts et aux jupes serrées des prostituées, on aperçoit furtivement le cinéaste lui-même, dissimulé dans un coin de l'écran, à la manière d'Alfred H. (ou de Jean de Dieu!) : on le voit se saisir de quelques feuilles de papier hygiénique, à même un volumineux rouleau, puis se tourner vers le groupe des cinq, qu'il lorgne avant d'entrer dans les cabinets publics. Le cinéaste s'efface du plein air pour pénétrer au coeur de l'intimité la plus physique, du monde public vers l'univers privé (secret/scatologique).
- Fiche technique du film.
- Dossier de presse passionnant (en portugais).
- Article de la WP lusophone.
- Fiche documentaire (en français) sur Va-et-vient.
11:55 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
jeudi, 02 novembre 2006
Feuilles d'ocre
De retour après cinq jours d'absence (les notes publiées depuis samedi avaient été programmées à l'avance), je me rappelle avoir beaucoup lu, peu travaillé, médité (en les ramassant) sur la chute des feuilles, orangées plus que rousses, et jaunes souvent plus que brunes. L'enchanteur pourrissant passait parfois me dire bonjour, histoire de faire peser un peu de mélancolie dans ma joie légèrement trop douce, et le rêve qui m'a réveillé aux premières heures de novembre m'a laissé une mauvaise conscience atroce : trois époques de ma vie, théâtre des humeurs, vanité des prétentions littéraires, et trois générations d'amis aussi laissés sur le bord du chemin. Suis-je excusable ?
16:06 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 26 octobre 2006
Faculté de Frédéric Fauthous
Je crains fort que ça n'intéresse pas grand monde, mais je viens de réussir (ici, dans mon bureau, à l'université) deux fois de suite un "panier" : en lançant directement dans la poubelle 1) le papier d'emballage du sandwich 2) la canette vide de Coca.
Pour la serviette en papier et le gobelet en plastique, je vous tiendrai au courant.
(Oh, lâche-nous les baskets...)
13:23 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mercredi, 25 octobre 2006
Trois frousses de Sanfourche
Avant de faire de menues recherches pour écrire la note publiée hier au sujet d'Alain Ghertman et de François Bon, je ne connaissais pas Jean-Joseph Sanfourche, qui m'a tout l'air d'être une sorte de Gaston Chaissac bis.

Non ?
En moins bien...

Le mage se maquille, la rue se déshabille.

08:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 15 octobre 2006
M.S. MuMM
Dans Moon Palace, le narrateur, Marco Stanley Fogg (aussi appelé M.S.), se débarrasse progressivement, afin de subsister, de l'héritage de son oncle, soit 1492 livres répartis dans 76 caisses. (Je n'ai aucun mérite à me rappeler ces nombres, vu que, comme sur le versant onomastique, Paul Auster n'est pas très subtil dans la symbolique : 1776 est l'année de l'indépendance des Etats-Unis et 1492 marque la "découverte" du continent par les Européens).
Passant près d'un carton de vieux livres de poche que je compte vendre, et qui se trouve à la salle de jeux (ou deuxième chambre d'amis), au rez-de-chaussée, je m'imaginais qu'il serait possible de se défaire de tout livre après en avoir cité une phrase, ou exploré un mot, dans un billet publié dans ces carnets.
12:30 Publié dans 721, Fièvre de nombres, MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
mercredi, 04 octobre 2006
Demain
Demain et les jours suivants seront plus encore sans écrire, et vous ne pourrez pas dire que vous n'aviez pas été
prévenus.
Toutefois, les fantômes sans regard, les spectres rouges au lourd visage nuageux seront avec nous, ce qui n'est pas
rien tout de même.
16:00 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Poésie
vendredi, 08 septembre 2006
Lignes courbes
Après une nuit tourmentée, car mon fils s’est réveillé deux fois – il a le sommeil agité depuis quelques semaines, ce qui n’est pas dans ses habitudes –, je finis par me lever et par me rendre au bureau, allumer l’ordinateur de ma compagne, dont je m’aperçois qu’il refuse obstinément de se connecter au réseau : il faudrait vérifier la ‘Livebox’, mais elle est au rez-de-chaussée et, si je descends l’escalier, les craquements infernaux du bois vont suffire à écourter la nuit de sommeil des autres de la demi-heure qui leur reste.
Que se passe-t-il donc ? Hier soir, nous nous sommes aperçus que la ligne téléphonique qui est reliée à l’ADSL était en dérangement : j’avais essayé d’appeler mes parents autour d’une heure de l’après-midi, mais en vain car toujours cela sonnait occupé. En essayant d’utiliser le téléphone le soir, je me suis rendu compte que c’était notre ligne qui ne fonctionnait pas. Il était trop tard pour essayer de dénicher le numéro des services techniques, ou l’adresse du site Web. Tout cela, j’en ai conscience, n’est pas très intéressant, mais ces carnets portent nécessairement la trace de petits désagréments quotidiens. C’est dommage, bien sûr, en un sens, puisque je n’ai pas avec moi les notes griffonnées à la va-vite sur des feuilles volantes. J’avais notamment l’intention de consacrer un texte au petit livre de David Bessis, Ars grammatica, de dire quelques mots du dernier Chevillard, Démolir Nisard, dont j’ai achevé la lecture hier soir, tandis que traîne sur ma table de nuit The Captain & the Enemy de Graham Greene.
Le chauffagiste, avant-hier : Qu’est-ce que vous avez comme livres, dites donc ! (Il n’a vu que les rayonnages de la buanderie et du salon, soit moins du quart de notre bibliothèque.) Il me demande si je suis écrivain. Naturellement, je réponds non. Quand je lui dis qu’il n’en a pas vu le quart, il me dit, même pas sous forme de question : Mais vous ne les avez pas tous lus… Ah, ça ne m’était jamais arrivé. Que répond Renaud Camus, dans ces cas-là ? Quelque chose comme : « ce sont des faux livres, en fait ».
07:45 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 06 septembre 2006
19. Les Grands Ciseaux
Le soleil brûlant suffit à déclouer mon cercueil. Morbid kid. Laurent m’a tenu la jambe pour me parler des Bienveillantes, qu'il trouve médiocres et même douteuses, en me soufflant la fumée de sa clope au bec. À l’aller, dans le bus 11, il y avait une jeune fille blonde vêtue d’une robe rose très courte, sac à main rose et tongs assortis, que j’ai d’ailleurs revue une heure plus tard place de Châteauneuf, accompagnée d’un brun mal rasé et portant beau.
Cette propriété, pourtant, est plus délabrée, paraît plus petite que celle appelée Les Petits Ciseaux – son bois fané.
16:41 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
dimanche, 03 septembre 2006
112 images de Valmer (Sonnet)
faune nymphe scolopendre allée scorpion scorpion scorpion agerata
agerata angelot angelot clair fontaine pèlerin blason vitrail saint
madone autre madone pape rosace jumelles cléomé mante mante caressée
mante écriteau mante de dos bélier banc demeure enfilade angelot mangé
naïade en biscuit cheminée arcades arcades fontaine chèvre cochon course
cheval crinière crinière guêpe meganeura libellule duo mimêsis
grimace touché pelle vigne trio équin au loin solo sourire guingois
prunus portugais lion lézard fiacre écriteau lion tête de fiacre
cigogne pingouin cigogne rictus cigogne tête de cigogne hibou geste
vanorbeek grille scie sculpture poire autre poire coloquinte cucurbite
cucurbite fleur idem mante globe écriteau toboggan mante
coloquinte cigogneaux cucurbite ciel moi lui andouillers langue
rictus langue sérieux festival scolopendre duo enfilade écriteau
duo de dos cannes arcades bourdon gone to the pub clio bourdon clio
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samedi, 02 septembre 2006
A Turn in the South, 2
La deuxième de couverture de l’édition Picador de The Enigma of Arrival, lu cet été, reproduit une photographie ensorcelante, un portrait de V.S. Naipaul de face, dans un élégant costume gris, un chat noir et blanc, qui fixe le photographe, s’échappant de ses bras. À la barbe poivre et sel semblent répondre les deux triangles des oreilles du félin. L’auteur de la photographie n’est mentionné nulle part dans l’ouvrage.
Je retrouve ce même portrait sur la deuxième de couverture de l’édition Picador de A Turn in the South. Toujours pas la moindre référence. Quelle est cette énigme ?

Grâce au module de recherche d’images de l’inévitable Google, j’ai retrouvé, sur un site suédois consacré au Livre du Jour (Dagensbok), le nom du photographe (Jerry Bauer), et j’ai même pu enregistrer une version pas trop réduite de cette photographie.
Pourtant, le charme demeure entier.
14:40 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mains
En remontant la rue de la Source – après avoir fait le tour du marché Coty sans retrouver les stands des maraîchers où je me sers habituellement – il m’est revenu que Renaud – le chanteur – a – paraît-il – je ne l’ai pas entendue – « sorti » récemment une chanson dans laquelle il fustige les bobos – bourgeois bohêmes – expression qui m’a toujours semblé porter à faux – et je me disais qu’il préfère peut-être à présent ceux qui prennent le départ du Paris-Dakar – d’autant qu’il a toujours eu le chic de balancer des espèces de pavés dans la mare d’une incohérence et d’une mauvaise foi que lui-même reconnaîtrait – la pire étant, en son temps, Miss Maggie – et je me disais aussi – en remontant la rue de la Source, car tout cela ne dura qu’une demi-minute – bien moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire – surtout si je multiplie les incises – que l’une des phrases de cette chanson de 1984 – 1985 ? – était vraiment d’une consternante bêtise : « Aucune femme n’a sur les mains le sang des Indiens d’Amérique » – car, pensais-je, il s’agit là d’un effet d’image – puisque les femmes, dans l’histoire politique, ont souvent été proches de ce que Péguy disait du sujet kantien : « Il a les mains pures, mais il n’a pas de mains » – et tout cela parce que je n’avais pas retrouvé le stand de mon maraîcher habituel, un agriculteur biologique de Vernou-sur-Brenne.
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jeudi, 31 août 2006
Image diurne complexe pour insomniaques invertébrés
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lundi, 28 août 2006
Pour foutre la trouille
Le Conseil Supérieur des Publications MuMM tient à informer les lecteurs du fait (affolant pour certains mécréants ou paresseux) que déjà sept notes ont été écrites en vue d'une publication au cours de la journée du mardi 29 août 2006. Comme on dit en des lieux où l'amour de la belle langue n'est pas aussi prononcé qu'en ces territoires féconds, ça craint du boudin.
18:29 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, 19 août 2006
Phrase
Comme on reprend peu à peu le chemin de galets, en écartant les fougères, on se prend à penser que l'alpha et l'oméga du monde de sable et de sel laissé derrière soi sont le Laberdolive 1974 et l'Ognoas 1992, et ce quoique le labeur fût copieux.
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vendredi, 07 juillet 2006
Conversation universitaire, II
Oui, contre le Portugal, on s'est plutôt ennuyés, c'était un match pénible, alors que, contre l'Espagne et le Brésil, c'était l'érection permanente.
Dis donc, c'est toi qui reprends le cours sur Gay Studies ?
Il faudrait surtout que tu arrêtes le Vouvray...
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Conversation universitaire
Non, tu vois, Louis Saha est vraiment nul ; il a réussi à jouer dix minutes contre le Brésil et dix minutes contre le Portugal, et non seulement il n'a pas gagné un duel, perdu à peu près tous les ballons, mais en plus il s'est pris à chaque fois un carton jaune, ce gros mauvais.
Justement, tu devrais être content. Il ne pourra pas jouer contre l'Italie.
Oui.
Football ? Oh please, not here...
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lundi, 03 juillet 2006
Diamants d'ici
Faut beaucoup lire par ici.
Oh, quand même, cinq notes par jour en moyenne, ce n'est pas la mer à boire.
Hmmm... Changeons de sujet.
Oui ?
Tu mets toujours trois points de suspension ?
Oui. Pourquoi ? C'est une question de convention, non...?
Oui, mais...
?
Ma question n'est pas conventionnelle, tu peux au moins me reconnaître ça.
Pour le coup...
Ce que j'essaie de te dire, c'est que tu passes ton temps à peaufiner, à finasser, à creuser de toutes petites choses, et ça, ça ne t'a pas traversé l'esprit. Pourtant, les écrivains qui se sont interrogés sur les points de suspension ne manquent pas.
Justement.
Oui, je sais que tu n'étais pas très convaincu par l'étudiante qui avait toute une théorie sur les quatre points de suspension. Mais quand même...
Non, ce que je disais, c'est : justement.
?
Justement, il y en a assez qui se sont penchés là-dessus. Je peux vaquer à autre chose. En plus...
Quoi ?
Au début, je comptais me contenter de nos deux premières répliques. Pourquoi as-tu tout fait déraper ?
Par désir de suspension, peut-être.
Je vois le genre.
07:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 26 juin 2006
En traduisant Links...
Traduisant, je bute sur la phrase suivante :
Nor did he like Af-Laawe's lip.
Il s'agit ici, non de la lèvre, mais de l'expression figurée, qui signifie "culot". Have the lip to do something : avoir le culot, le front de faire quelque chose. Mais je suis gêné aux entournures, car j'aimerais garder la notation de physionomie. Alors je traduis, dans un premier temps :
Il n'aimait pas non plus la moue d'Af-Laawe.
Au début du chapitre suivant, l'expression revient, sous une forme légèrement différente. Soudain, je suis tenté de traduire cette lèvre métaphorique par le beau mot français de morgue (au sens de "suffisance"). Ce qui donne :
Il n’aimait pas non plus la morgue d’Af-Laawe.
Or, une fois le changement effectué dans les deux phrases, je réalise que la scène se passe dans un cimetière, et que ce personnage douteux, plein de duplicité (comme presque tous les personnages de Nuruddin Farah qui sont affectés d'un nom double), est à la tête... d'une entreprise de pompes funèbres ! Il est plein de morgue, assurément...
Mieux, encore. Au début du chapitre 23, qui se termine par la scène du cimetière, j'avais traduit, dans une comparaison difficile à rendre, l'anglais morgue par le français caveau :
Jeebleh thanked him and pushed away the omelette, which was cold as a morgue.
Jeebleh le remercia et repoussa son assiette, où la tortilla gisait, froide comme un caveau.
Je ne suis pas très sûr, d'ailleurs, d'être satisfait de cette traduction, pour un certain nombre de raisons. Mais ce qui est sûr, c'est que, maintenant que j'ai fait le choix d'un terme amphibologique en français pour traduire la métaphore lip, je ne reviendrai pas sur ce caveau.
(...)
16:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
jeudi, 22 juin 2006
Choses de la vie.
Se couper les ongles après la vaisselle du flan. Toujours.
18:10 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Phrase
Le bâtiment voguait sur la mer démontée que de fières chaloupes creusaient, comme des alouettes, sans prendre garde à la tempête qui toujours plus croissait, sous la lune.
10:25 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 18 juin 2006
Walking on the moon
Quatorze ans.
So they say...
Demain, pourtant, c'est lundi.
We'd be together...
Le 18, normalement, c'est jeudi.
11:21 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 14 juin 2006
Flemme
Et ces notes écrites la semaine dernière, tu les publies quand ?
22:18 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 06 juin 2006
Un : scorpion :: en : février
[Les 11 premiers accourcis]
1. Vladimiro essaie de convaincre son supérieur et son épouse de la légitimité des attentats islamistes.
2. Un père est rassuré, car sa fille n’a rien cassé au collège.
3. Le narrateur va aux putes à la mairie.
4. Un syndicaliste meurt dans un hold-up.
5. Le martinet flanque une volée sur l’estrade.
6. Dans le car, Valeria assiste, impuissante, au viol de Carmela, que déflore un soldat.
7. Un Madrilène serre les mâchoires pour se retenir de jouir et pose un lapin à l’Indienne.
8. Un paterfamilias réinvente l’in-nocence de bien curieuse façon.
9. C’est le récit le plus bref du recueil (qui en compte dix-neuf).
10. M. Fadanelli ne veut pas que son fils tricote un bonnet pour la fête des mères sans perdre les pédales.
11. Le goût du sucré convole avec le sens du sacré.
14:20 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fiction
mercredi, 31 mai 2006
Mummification
Fuligineuse m'a envoyé, il y a maintenant trois semaines (shame on me) un texte qu'elle a écrit fin avril à partir de phrases publiées dans ce carnet, sous la catégorie Onagre 87 (qui s'est enrichie, depuis, d'autres textes, évidemment). Réticent à vous livrer la contrainte qui préside à l'organisation, et certain aussi que les plus fins d'entre vous s'y retrouveront, je vous livre donc, brut de décoffrage, en quelque sorte, ce texte dont l'auteur est vraiment Fuligineuse (quoique, par ma faute ou ma paresse, il y manque italiques et liens hypertextuels), et qui s'intitule
MUMMIFICATION
(Quel faux jeton que moi !)
« Pourquoi apparaissons-nous ? »
À peine une conversation sur telle contrée, tel village, tel voyage possible – à peine la lecture de quelques pages où éclate un lieu, une région, les bords d’une rivière – à peine si je feuillette un atlas, une carte routière – et je suis pris d’une frénésie de bourlingue, de voyage – découvrir une petite abbaye méconnue, un panorama qui semble superbe, une église de village avec son café délabré en face, ce château qui justement n’ouvre pas le jour où vous passez aux alentours, ces routes et ces déroutes.
Après un séjour de dix-huit mois à Rome, Jacques Blanchard se rendit à Venise, où il resta deux ans.
Au lieu de vous entretenir oiseusement et sempiternellement de la fièvre des nombres, je pourrais bien insister sur mes folies alphabétiques, qui m’ont permis de découvrir, jeudi dernier, l’œuvre poétique de Pierre-Albert Jourdan, dont même le nom m’était inconnu, mais qui m’a happé tandis que je cherchais, sur le catalogue du Service Commun de Documentation, s’il y avait des ouvrages de Dieudonné Jourda (pas trace) ou de Pierre Jourde (si fait).
Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était absente, car elle ne se remet pas d’avoir couru le Marathon de Paris dimanche dernier.
Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était remplacée par une dame qui ne dit (aux petits ni à leurs parents) ni bonjour ni au revoir, ne surveille pas les enfants dans la cour, et se laisse totalement déborder dans la classe.
Aujourd'hui, mon fils a cinquante-sept mois.
Aujourd’hui, on va « faire aller ».
Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, il n’avait vraiment pas envie d’aller à l’école.
Bien plus chtonienne que celle de Messiaen, cette musique se développe dans la rugosité de piliers d’église marqués par le sang des sacrifices.
Ce n'est pas là une vision très piétiste de Madeleine, ni une "vanité" sombre ou lugubre...
Ce sera mieux ainsi.
Ce tableau représente une Madeleine pénitente au crâne, très caractéristique de l'époque maniériste, tant dans les formes de la jeune femme que dans sa quasi nonchalance et sa main surprise ; on remarque par ailleurs ce qui semble être un visage d'angelot caché dans le drapé de la robe, tout près du sexe
Cherchant des informations sur le mois de mars 1123, afin de composer l'une des Hystéries historiées, je découvre une page Web consacrée à l'Histoire de Lucelle, commune et abbaye dont j'ignorais totalement l'existence ; or, je lisais hier soir, avant de m'endormir, le quatrième chapitre de Suburban blues, dans lequel Yémy forge le néologisme lucelle, qui échappe à une jeune femme, en un moment d'extase sexuelle porteuse de métamorphoses lexicales.
Comment disparaissons-nous !
D’une trouble majesté, Affettuoso (première pièce du disque d’Œuvres d’orgue de Joris Verdin (dont il est lui-même l’interprète)) se situe dans le sillage d’un Messiaen, sans paraître en partager le goût des sphères éthérées.
Dans le square noir de monde, les feuillages applaudissent à tout rompre.
De leurs maigres gestes en forme de signatures émane une grande joie.
Dédier une semaine à saint Ouen, prendre les eaux à Eugénie et les orgues à Rouen.
Depuis, je lis, par à-coups, les proses brèves de L’Espace de la perte, qui sont éblouissantes.
Des guillemets à l’italique, il y a le fossé séparant le poème du roman, et qui n’existe pas. Ces épîtres seront cause de notre mort prochaine.
Elle joue de la "guitare" (théorbe, luth) à bord d'un "drakkar" richement peint.
Heureusement, d'autres chapitres me laissent tranquille, mais je m'aperçois, écrivant ceci, que j'ai oublié de poursuivre la série des faux dictons de ce mois.
Idéalement, la catégorie 1295 devrait compter 107 ou 83 textes.
Il y a de curieux hasards.
J’ai appris récemment que lycaon se prononçait vraiment [likaon] et non [likã], comme, par analogie avec Laon, paon, faon, taon, je me l’étais figuré.
Je crois me rappeler que le narrateur précise que "ça n'existe pas".
L’automne est une saison bien plus équivoque, à cet égard, sous nos latitudes.
L’hiver n’est jamais si soudain que le printemps.
L’œil capte ce que ne saisit aucun mort.
La feuille de format A4 annonce le Premier Printemps des Intellectuels, Poètes, Ecrivains et Artistes Noirs, à la Sorbonne, le 8 avril 2006 à 13 h 30 (amphithéâtre Richelieu), à l’initiative de Djibril Gningue, président de l’Association Internationale Cheikh Anta Diop.
La mer lie de vin, on s'enfonce dans l'eau avec vous, puis pleure en entendant le jeune homme chevelu appeler, éploré, Branca Flor.
La mésange charbonnière n'est pas revenue rôder près du nichoir, ni le chat noir et blanc dans la haie de thuyas.
La pente rude à l'ânière, avec ses bêtes au joug. La faîne est bien le fruit du hêtre.
Le bar du Musée, près de la place Anatole France, est l’un des établissements les plus hideux et les moins conviviaux de Tours, mais on s’y retrouve quand, à l’heure du déjeuner, on a raté le bus 8 et qu’on doit poireauter vingt-cinq minutes avant le suivant.
Le berger honni accompagne ses pas sans honte.
Le cerveau échauffé, on se gorge d'eau, comme la prairie nourrie de pluie, aux premiers vents du printemps. (Peut-on écrire que cet anglais n'est pas catholique ? Mais la langue entendue est gouleyante comme une pierre frottée qui grasseye.)
Le chapitre IV de l’essai classique de Piera Aulagnier, La violence de l’interprétation, s’intitule « L’espace où le je peut advenir ».
Le cheval au labour cerne un chant qui s'éteint dans les volutes roux des sillons.
Le délivre.
Le premier billet publié de la catégorie Onagre 87 était « Ode naïve », mais deux textes avaient été écrits plus tôt ce même jour, qui avaient signé l’acte de naissance de cette série. « Ode naïve » fut écrit en bus, entre les quais et l’arrêt Chopin, au dos d’un bulletin de bibliothèque (les Sonnets de Shakespeare, dans la traduction des époux Bournet, parue chez Nizet en 1995, ouvrage à rendre avant le 10/11/05, et qui fut rendu en temps et heure), avec un bic noir, m’appuyant sur ma serviette.
Le Robert des noms propres, que je consulte pour retrouver les dates du prince (Andrinople, 1459 – Naples, 1495), indique bien qu’il (Djem) fut vaincu par Bâyazîd II (Bajazet) puis retenu prisonnier en France, mais il ne parle pas du tout de Bourganeuf.
Le titre est-il ironique, ou suis-je sourd aux intentions du compositeur ?
Les marchands du temple sont bien en place.
Loi des carrés : les Soixante-dix-sept miniatures doivent être, in fine, 77 ; de même, il faudra cinquante-neuf textes dans la catégorie 59, et quatre vingt sept pour Onagre 87.
Mélopées qui défigurent les visages du Christ, mais on n’est pas à l’abri d’un sursaut de cabri, d’une ruade d’âne, d’une valse chevaline débridée qui viendra, par la faune, remettre nos préjugés à leur place.
On a beaucoup glosé, en ma présence, de ma fausseté, de ma surdité, de mon obtusion, de mes assonances.
On dit on.
On imagine la magie.................. aucun âne n'est saisi de faim-calle.
On tirera au sort l'ordre des chapitres, dans le Livre.
Or, une dame nous tendit un prospectus pauvrement ronéoté, après s’être assurée, nous scrutant un interminable instant, que nous écoutions Alain Mabanckou avec la déférence qui s’impose.
Pas par commodité, mais pour ne plus s’y retrouver, comme dans le labyrinthe de fer forgé.
Plus subtil : dois-je m'en tenir à trente-et-un tankas ?
Pourtant, tous les Bourganiauds, eux qui s’inquiétaient de ne jamais me voir sortir, et de me penser dépérir, ont gardé le souvenir du prince ottoman.
Premier midi ensoleillé a déjà goût d’été.
Rassurons les matérialistes qui craindraient que la majuscule ici imposée au nom commun livre ne signifie une quelconque sacralisation : fort heureusement, le Salon célèbre surtout les bouquins de stars du show business, les éditeurs soucieux de vendre de la soupe, le Lion’s Club ou France Télévisions, qui sont, comme chacun sait, les officines de la bibliophilie contemporaine.
Roubaud est déjà passé par là. (Au cube et plus bellement, soit.)
Samedi, il faisait un temps mouquirous (en gascon dans le texte), hier un printemps superbe, aujourd'hui entre les deux. Hegel météorologue (un titre pour Derrida).
Si l'espace advient, plus de je dit...?
Soyez donc rassurés : vous ne croiserez pas beaucoup d’éditeurs et de lecteurs aux paupières brûlées par les braises de l’Idéal.
Telle est la simple question posée, à l’un des coins du labyrinthe de mots qui constitue la dixième double page de l’édition française du curieux poème de Ryoko Sekiguchi, Cassiopée Peca.
Telle semble être l’exclamation que le narrateur du dernier roman d’Enrique Vila-Matas, Docteur Pasavento, inscrit, marque d’infamie et de facétie, au front de son lecteur.
Toutefois, je le feuillette avant d’en commencer la lecture, et je tombe d’abord sur les en-tête des pages 141, 157 ou 165, où le titre du chapitre est repris, mais où, par une légère incurie typographique, la petite majuscule est U au lieu de Ù : la formule devient une belle et sombre phrase déclarative « l’espace ou le je peut advenir ».
Un sandwich et un demi ; la première terrasse, en bras de chemise.
Un Sisyphe de somme s'épuise, sans jamais (pense-t-on) connaître l'insomnie.
Une haute pile de livres que lit régulièrement mon fils, et jusqu'alors épars, a été, par mes soins, assemblée et forme un tumulus au milieu du salon.
Vous ai-je déjà raconté comment je vécus enfermé, pendant trois pleines semaines, dans la tour de Zizim, à Bourganeuf ?
Vus d'en haut, les deux corps nus qui tâtonnent près du rivage comblent le vide à l'horizon.
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jeudi, 11 mai 2006
Arcanes des neurones
(La note évaporée, il se remit au clavier.)
Me croira-t-on si je jure ici que je n'avais pas encore eu vent, quand j'écrivais lundi dernier certaine anecdotique note relative à des bols malouins, de la publication, en mars dernier, dans la collection "Continents noirs" des éditions Gallimard, de l'autobiographie d'une écrivaine rwandaise, Scholastique Mukasonga, dont je découvre même, au fil du Net, qu'elle tient un blog ? Il m'est impossible de lui offrir un bol en hommage, puisque le H manquait.
Je dois avouer (car la honte m'étreint (mais il serait plus honteux encore, car plus malhonnête, de m'autocensurer en corrigeant la note vieille de seulement trois jours)) que, me moquant gentiment de ce prénom, je faisais preuve d'une ignorance crasse, en ne me rappelant pas que, dans de nombreux pays d'Afrique, comme le Rwanda, on trouve ce genre de prénoms français inusités et tombés en désuétude, comme Victurnien, Jean Damascène, Triphine ou Placide. Vieux relent d'ethnocentrisme, sans doute, de ma part...
Il se peut aussi que, me trouvant en Bretagne, j'aie surtout (par une simplification tout aussi stupide, d'ailleurs) lié, dans mon esprit, ce prénom de Scolastique (toujours sans son h, sur le bol) au catholicisme très conservateur dont les Bretons sont, selon certains clichés, les parangons. Je n'avais pas dû, dans mes lectures d'ouvrages (romanesques ou non) relatifs au Rwanda, rencontrer ce prénom. Ceci expliquerait cela... Peut-être aussi n'ai-je noté, on the spot, que les sonorités plutôt rêches de ce prénom... Je ne sais. Ah, les arcanes des neurones sont difficiles à pénétrer...
En tout cas, Scholastique Mukasonga, cela fait un sacré nom d'écrivain !
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mercredi, 10 mai 2006
Stances de l'époux
J'ai fait une découverte, qui est, à ma modeste échelle, rien moins que sensationnelle : la peau de poulet froide est un mets succulent. Froide, meilleure que chaude, et seule sans chair, meilleure qu'accrochée à son blanc. J'aimais la peau de poulet, mais croustillante, chaude et accrochée à sa chair. C'est un vrai renversement copernicien.
(Vous en déduirez que, préparant le repas de mon fils, j'ai perruqué (synonyme gascon ou patoisant de grignoter ou grappiller).)
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mardi, 09 mai 2006
Pont de Lussac

09:40 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mardi, 25 avril 2006
Hoquet toqué
Lundi, huit heures du soir.
Il y a plus de trois heures que je suis saisi d’un hoquet de plus en plus pénible, et qu’aucun procédé n’éloigne. Il y avait déjà eu deux accès, vers midi puis deux heures. Citron ou vin blanc avaient suffi ; ici, pas miette.
Cet après-midi, à Dax, je suis entré à la librairie Campus. Le garçon qui y travaille depuis trois ans est un ancien camarade de tennis, du temps où je jouais à Pouillon (circa 1986-87). Sans me reconnaître, il m’a annoncé qu’il y avait un dégât des eaux. Au même moment est entrée Luce, la bibliothécaire, venue l’aider et reprendre les cartons « pour le Salon » (il y a un Salon du Livre à Dax en fin de semaine !!!). J’avais avec elle, quand j’étais lycéen, de longues conversations. Elle est entrée puis ressortie, sans me reconnaître.
Pourquoi me serais-je fait connaître d’eux ? Nous connaissons-nous encore ?
Au moins ai-je acheté le dernier roman de José Eduardo Agualusa et le gros Quarto de Jouhandeau, Chaminadour. De quoi meubler mes heures hoquetantes ? Pas même. J’ai trop mal, maintenant, pour lire.
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