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jeudi, 09 février 2017

Loving by Will

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    At last I got my copy of Sir Timothy's outstanding LOVING BY WILL. What a work ! Fabulous ! Hurry up, all of you, and buy this smashing book with its 154 "sunbursts".

 

(ystrday, 5 p.m.)

10:40 Publié dans Aujourd'hier, Brille de mille yeux, MAS, Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 28 janvier 2017

Notre langue sent l'ail

Untung-untung

    28 janvier 2016

Je m'apprête, pour le cours d'introduction aux opérations de traductologie à partir des traductions à imaginer/inventer de 20 titres de chansons françaises, à ressusciter, par le biais de l'intertextualité et en raison de la présence au sein du corpus de Notre amour boit la tasse de Louane, le tube de 1986, Notre amour sent l'ail de Zahia. Tiens, vais même proposer le refrain de celle-là en traduction improvisée.

 

28 janvier 2017

Cette année, je n'ai pas eu à enseigner de cours de traduction, sinon j'aurais remis à l'honneur l'idée d'improviser dix à quinze minutes par cours sur des supports que je n'ai pas non plus préparés. (C'est d'ailleurs, indirectement, cette petite idée nouvelle des cours de thème de L3 qui m'a conduit à me lancer dans la série des traductions sans filet.)

Pour ce qui est du refrain de Notre amour sent l'ail, je me rappelle en effet que les étudiants et moi avions réussi à bricoler quelque chose. Le plus compliqué avait été en fait de leur expliquer les injures françaises : lajoie, péquenot ou banane leur étaient incompréhensibles.

Sur ce même point (la langue française comme source de difficultés pour les étudiants français), encore un bel exemple dans un cours de première année (à partir du § 77 de Common Sense) : dans les deux groupes de T.D., la question a fini par surgir — Sir, what does sycophant mean ? — Ma réponse, facétieuse : “well, it's the same word in French, sycophante, but if I give you the English equivalent flatterer you'll be happier...” (Un des étudiants m'a dit avoir trouvé “flagorneur”, qui ne l'aidait pas non plus. Preuve des limites du dictionnaire bilingue à qui ne maîtrise guère sa langue.)

Pour bien montrer qu'on en revient toujours aux chansons dites “populaires” afin de poser des mines en matière de syntaxe et de lexique, ce mot de sycophante a appelé la diffusion, en fin de cours, de Ride 'em, cowboy,  chanson de Sparks que je n'ai toujours pas traduite. Pourtant, si je veux continuer à affirmer que rien n'est intraduisible, voici un test de taille.

09:26 Publié dans Aujourd'hier, Darts on a slate, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 10 janvier 2017

Pas commode

9 janvier, 14 h, bld Béranger

 

    Pour ne pas vagabonder, j'ai dormi dans le creux des arbres. La nuit, plus jaunâtre que le jour, je me forçais à m'endormir en me collant des beignes. La nuit, moins noire qu'on ne le croit habituellement, je me forçais à entrevoir comme des étincelles bleues dans les feuillages.

Tout ça, je ne sais plus si je l'ai dit, c'était pour ne pas vagabonder. Mon principe absolu était d'être, autant que possible, sédentaire, ce qui était difficile étant donné que demeurer dans une maison m'avait été interdit. L'heure tourne toujours trop vite au zénith, ce moment glauque de l'automne, quand on croit discerner le long du ruisseau le vacarme d'un boulevard surpeuplé. Ainsi, et je dois le préciser car sans cela vous ne comprendriez pas ma situation, tout ça pour éviter de vagabonder.

Prendre l'odeur de l'écorce, attraper des rhumatismes, s'ennuyer comme un rat mort, se vêtir d'un manteau de taupe, tout ça était préférable au vagabondage. Pourtant, je n'ai jamais rien tant aimé que marcher au vent, et si je sais encore écrire, c'est parce que j'ai beaucoup aimé marcher. Ne pouvoir ni demeurer en place, avoir une situation stable, ni vagabonder, ce n'est pas commode, c'est moi qui vous le dis.

Au point où j'en suis, je peux vous faire une confidence importante, quelque chose que je n'ai jamais dit à personne, et compter sur vous pour que vous ne répétiez pas cela. Je vois dans votre regard que je peux vous faire confiance. Ma situation était tout à fait singulière, car il m'était interdit avant tout de vagabonder. Je sais que cela doit vous choquer, a-t-on jamais entendu parler d'une pareille interdiction ?

Pas ici, en tout cas. Pas ici où je demeure. On achève bien les taupes, on chasse bien les vagabonds.

Dans le creux des arbres, quoique j'aie eu le temps de méditer et d'observer la marche du ciel — plutôt que celle du monde —, j'ai beaucoup dormi, et j'ai pensé à rien, de sorte que, me retrouvant dans la position du vagabond occupé à marcher sans trop souffrir, j'étais comme un vagabond dans le creux de mon arbre, et dans le creux des arbres, totalement immobile, j'avais fini par vagabonder, alors que je ne devais pas vagabonder.

17:59 Publié dans Aujourd'hier, Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 12 octobre 2016

Peinturlurage

11 octobre, circa 23 h.

    La noirceur est parfois éclairée de brumes anodines. On remonte une rue comme le cours du temps, sauf que le sens jamais le même. Les grilles les grilles ont des beautés de jeune fille. Ce n'est pas grand-chose, et pourtant la noirceur se satisfait de cela, peut-être parce qu'un lampadaire éteint n'aura jamais le charme d'une grille où s'exprime quelque idéal oublié.

On frôle une rambarde dans la nuit, mais ce n'est pas ça, la noirceur. La noirceur n'est pas dans la main, elle est dans les pensées. Il se peut qu'elle soit dans un geste farceur.

Quel temps fait résonner la noirceur à 50 %. Si tu ne fais pas les choses à moitié, alors ce sera ta main qui prendra la contagion. La chaîne du vélo semble tintinnabuler, mais pas du tout, rien de tel, la ville est déjà endormie alors que le soleil est à peine couché. C'est le long du cours du temps, comme on bat le pavé en remontant la rue, que s'agite éternellement cette petite clochette gracile et douloureuse, l'âme en émoi, la noirceur, à remonter, comme on remonte les ponts, comme on remonte les pendules.

Que vois-je avant le pont ? Même la noirceur est peinturlurée en rose et en bleu, en sommeil en souffrance, en rien du tout.

Mieux vaut faire un film, s'en tenir à faire un film, ne pas lever les yeux vers la collégiale, oublier la marche du temps, la noirceur incompréhensible et absente.

10:44 Publié dans Aujourd'hier, Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 10 octobre 2016

l'esprit qui turbine...

    l'esprit qui turbine

court à la fois 14 lièvres

par la grâce de la venaison

hôpital hostile à la charité

(sur Loire) un pont pour le plaisir

de l'esprit lave en fusion

ne cesse jamais de trouver qu'on se traîne

 

l'esprit bat la Brenne

et la campagne est-ce une solution

baguenauder à loisir

à débusquer les lièvres (c'est la rareté

du gibier en cette saison)

après de nouveaux vers nouvelles fièvres

à trouver toujours qu'on lambine

09102016

22:52 Publié dans Aujourd'hier, Quatorzains concentriques | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 02 octobre 2016

→54←

5 mai 2016, en fait 1er octobre

 

    statues qui pleurent

presque quand le dos tourné on

rajuste sa chemise :

idée seule de l'humeur

noire qui trouble l'onde —

gamins vos péchés sont remis

 

(Explication du projet ici.)

02:22 Publié dans Aujourd'hier, Le terne XXIe | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 08 septembre 2016

Exercice de staïle

    La marquise sortit à minuit de sa douche froide, pas du tout endormie. === Un type en chemise blanche reste seul dans le bus qui va si vite qu'on en raterait son arrêt.

Je suis fâché avec les pronoms personnels.

C'est bien ma veine : je choisis de prendre le bus de nuit qui passait treize minutes avant le tramway et me dépose plus près de chez moi. Bilan, le moteur coupe net après trois arrêts, boulevard Heurteloup, et le chauffeur sans autre explication : « Je repars dans vingt minutes ». Pas le courage de changer mes plans mais franchement il faut vouloir laisser sa voiture au garage...

Le plus sidérant : la jeune fille qui reste coincée vingt minutes dans le bus, attend stoïquement comme nous autres (je suis le vieillard de la bande) puis, le bus reparti, descend 500 mètres plus loin ! Ça me rappelle ce pote quasi géant qui préférait marcher 300 m pour aller à Alésia chercher le métro plutôt que d'aller directement à pied Porte d'Orléans.

Sur le pont un peu d'air frais.

Je sais je soliloque

Ça fera un billet de prose

Quand dans la rue tu admires la Grande Ourse vous vous dites qu'il vaudrait mieux reprendre les quatramways.

 

13:41 Publié dans Aujourd'hier, Les Murmures de Morminal, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 05 septembre 2016

Toile des races

    Il faut d'abord franchir la bouillabaisse de godasses.

Puis, lisant avec passion quelque vieux livre neuf dont les pages légères au moindre souffle de vent — or il n'est pas moindre ce soir — s'envolent, de l'autre côté du muret et de la haie de troènes à demi crevés, après avoir chassé le chat tigré des voisins qui s'était approprié le fauteuil de toile, entendre sans rien y comprendre des fragments de la discussion pas si lointaine pourtant d'un passant promenant son chien, une sorte de dogue nain, avec un couple que je ne pus distinguer. Ai-je assez clamé que, parmi les milliers de domaines dans lesquels s'encrasse absolument mon ignorance, celui des races de chiens est criant ?

 

17:33 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 31 mai 2016

Quelque part à Argentan

Hier, 11 h 50.

    Quel abri reste-t-il contre les chevauchées fantastiques ? De quel monde héritons-nous quand nous tombons dans des débats tarabiscotés ?

La petite fille avait traversé l'enclos des fièvres sans un regard pour le bouc et sans cesser de chantonner la rengaine qui passait ce matin-là sur W9. Il lui arrivait de changer de disque, mais ce n'était jamais par hasard, c'était toujours parce qu'un coup de vent ou un coup de sang lui avait dicté une nouvelle mélodie, parce qu'elle s'était levée d'humeur joyeuse ou parce qu'elle avait perdu le nord en répétant ces exercices de violence. D'habitude, le bouc venait lui renifler le pantalon et elle lui parlait d'un air distrait tout en improvisant une musique qui permettrait à l'animal de se rappeler plus tard son passage et de savoir qui elle était.

Elle ne connaissait pas le nom du bouc, mais comme il ne connaissait pas son nom à elle, cela lui semblait normal. Les nombreuses fois où il était venu vers elle, matois et précautionneux, elle lui avait trouvé quelque chose d'italien, ce qui ne signifiait nullement qu'elle eût un quelconque don d'identification de nationalité, fondé peut-être sur la lecture de magazines de mode ou le visionnage de films, mais c'était là encore les exercices de violon qui lui avaient permis de répertorier toutes ses expériences dans de nombreuses catégories, tant et si bien que le bouc lui semblait plutôt italien par la vertu de quelque madrigal ou de quelque partita qu'elle avait eu l'occasion de jouer.

Avec le bouc, ce matin, ce qui se passait était un mystère. La fillette poursuivit son chemin sans semblers'en préoccuper. Elle chantonnait, toute la vérité du monde dans un chantonnement.

 

12:47 Publié dans Aujourd'hier, Élugubrations, Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 23 mai 2016

Un chien dans un jeu de quilles

Dimanche 22, 9 h.

    Plutôt que me fier au rythme de mes pas, ou à l'odeur, de loin en loin, des lilas, j'aurais sans doute dû, oui, tenter de dénombrer les escargots des trottoirs.

Ils sont innombrables.

Innombrables, façon de parler. Je sais par exemple que, sur une portion très restreinte, entre la poste et le supermarché, j'en ai vu environ une douzaine. Les escargots ne sont donc pas innombrables, et encore moins indénombrables. Il y en a des jaunes crème, des marron rayés, certains, les plus beaux, dont la coquille est rayée de jaune et d'orangé, et on ne cesse de les éviter en marchant.

L'homme tête en l'air, le piéton, écrase forcément des escargots sous ses chaussures. L'homme tête en l'air, de toutes les façons, manque immanquablement la poésie du bitume. L'escargot qui glisse sur le gravier, cornes dressées vers le ciel, ne manque rien de cette poésie, Mais on ne peut rien lui arracher non plus.

La grande chèvre de la ferme peut, de temps à autre, boulotter un escargot avec sa coquille, l'escargot n'en demeure pas moins le plus fort et le plus savant. C'est ce que je me dis en marchant, en oubliant de dénombrer les escargots qui glissent sur le bitume. Je plisse les yeux et je n'en vois plus un seul.

Je deviens à mon tour le piéton enfermé dans sa coquille.

20:33 Publié dans Aujourd'hier, Élugubrations, Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 13 avril 2016

Poème des rives

Hier, vers midi moins le quart.

    Ils sont rares, ceux qui marchent sur l'herbe. Ceux qui se promènent en foulant le gazon. Il y a, dans cette pelouse qui longe le tramway, des traces de vélos, peut-être de motocyclettes, va savoir même si des rodéos de voitures n'y ont pas été improvisés.

Mais moi, au mépris des trottoirs, je foule le gazon, avec les pâquerettes et les boutons d'or, les brindilles tombées à terre, les branches des conifères, le long des rails. Il fait un grand soleil, et pourquoi ne pas fouler le gazon ? Le promeneur observe nécessairement les façades, les pigeons, les vieux champignons qu'a épargnés la tondeuse. Le promeneur pense à de nombreuses choses. Sa démarche ne peut pas être vide, c'est-à-dire qu'on ne sait jamais quelles pensées il roule.

On voit bien quel gazon il foule, mais sa pensée est inaccessible.

C'est un grand soleil d'avril, le soleil des trottoirs, des gazons, le soleil des conifères, le grand soleil des longues marches au soleil. Demain, tu prendras peut-être ton appareil photo, mais tes pas ne connaîtront pas le même balancement. Demain, ton pas connaîtra peut-être un même balancement — mais les boutons d'or, les plumes échappées aux pigeons ne seront pas les mêmes. Les brindilles auront changé de place. Les branches seront moins blanches.

Il est impossible que tu croises la même camionnette de la poste, ou les mêmes scooters, ce vigile grisonnant avec son dogue au même endroit. Ta marche se fera peut-être sous un soleil égal, mais des corbeaux se seront approchés, par un jour de plus, de l'été.

Et toi, le gazon, le verras-tu comme une étoile ?

09:47 Publié dans Aujourd'hier, Élugubrations, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 26 mai 2015

D = Débotté

    Envahie, dans un coin, par le lierre, la terrasse vaque. Ce qui ronge son gris, son blanc sale, lui donne vie. Au débotté, un merisier sauvage donne d'étranges leçons de maquillage.

09:07 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 14 mai 2015

▬63▬

    pluie battante, après quoi

rapiècement dans les nuages

il restait la queue d'un orage

ni ou loire de vent

tibre tage ou adour de soleil

en fin de compte c'est le fleuve (ascendant

méritoire de

pluies torrentielles, chats et chiens)

salpêtre depuis plus de vingt ans déjà le soleil

16:23 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, Prison des tempos | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 23 janvier 2015

Marge dans la voix

    Sur l'œuvre d'Ananda Devi, il faudrait écrire transversalement — je veux dire, reprendre les romans que je connais, lire ceux que je ne connais pas, tracer un itinéraire. En l'espèce, son dernier, Les Jours vivants, que j'ai lu à sa sortie, il y a plus d'un an, est sur l'énorme pile des livres que je n'ose pas encore ranger des fois que au cas où. J'en avais laissé passer facilement quatre ou cinq, et j'ai retrouvé son écriture mûrie, moins baroque, moins âpre, moins cruelle, plus classique peut-être.

L'histoire est très forte, par l'empathie du narrateur pour ce personnage de vieille dame murée dans sa mémoire, aveugle et sourde au monde extérieur, et qui se prend progressivement d'une amitié subreptice, qu'elle ne comprend pas elle-même, pour un jeune paumé des quartiers sensibles. Le basculement dans une sorte de fantastique très charnel, pas du tout “mystique” au sens où cet adjectif peut ressortir d'un kitsch rebattu, est savamment, lentement préparé par les premiers chapitres ; c'est aussi un très beau livre sur Londres. Au fil de son œuvre, Ananda Devi nous propose, mieux encore que Marie Ndiaye, un modèle paradoxal, car par force sans émules possibles, de récit marginal : récits sur des personnages rejetés, ou déjetés, écartés ou à l'écart, dont la voix narrative s'empare et se dépossède, dont le caractère insaisissable reste comme lancé.

Le sens de la marge est dans la voix même.

05:25 Publié dans Aujourd'hier, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 13 octobre 2014

Octobre est une croix *

12.X.2014, rue Christian Huygens, vers 17 h.

    Plus tôt que tu ne crois

tu feras tes délices

d'avironner le Styx

en harponnant tes proies.

 

Le futur que tu broies

pauvre accouchée sous X

la nèfle a son calice :

octobre est une croix.

 

Enjoliveur perdu,

implacable miroir.

 

Flaque dans le bitume,

pouliche avec tiroir

à quoi ne se résume

un calice mordu. °

 

.

* Vers venu en premier, pendant la marche. Placé par commodité en point d'orgue plutôt qu'en incipit.

° Trois autres “derniers vers” ont été composés chemin faisant :

ton soleil morfondu

nèfle fruit défendu

un poème tordu

13:14 Publié dans Aujourd'hier, Sautnets | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 06 octobre 2014

La Mémoire et l'automne

    Aux noces de l'autre octobre,

De saisonniers jamais sobres,

La mémoire tend les bras

Par analogies impropres.

 

Pour tirer tout ce fatras

– La parade du tétras

Sous d'austères candélabres –

Elle grime avec du gras

 

Le passé qui se délabre,

Le futur d'un hiver âpre.

Ni à l'amble ni au trot

 

La mémoire, palefroi

Pitbull, saisit dans ses crocs

Le futur d'un hiver froid.

.

 

Pour le précédent sautnet, j'avais improvisé en cours de route un sonnet. Pour celui-ci, composé sur le chemin du retour (dimanche vers onze heures), l'idée des rimes avec assonances et inversions est venue dès le premier vers, ainsi que d'un sonnet plus classique de structure. Le premier vers du précédent est venu au moment où je tapai du pied contre un coing pourri, jaune pectiné de brun. Celui-ci est plus abstrait, mais les “noces” ont mis quelque temps à s'imposer.

12:17 Publié dans Aujourd'hier, Sautnets | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 03 juin 2014

Elephant Trees (5’52”)

 

Trzaska/Brice/Sanders, 2012

    Les murmures guettent la parole.

Avec des intonations censément inoffensives, ils figent la vérité dans leur ciment.

C'est difficile, chaque mot pèse, on voudrait ne pas ajouter au tohu-bohu tous ces cris aussi féroces qu'insignifiants. L'eau brune du Thérain offre ici la meilleure image : dans sa façon de refléter le ciel, il y avait étouffement, glu, clap de fin longuement étiré. Il a donc fallu vagabonder, se garder des murmures, qu'ils fussent bienveillants ou sournois. Les regards en coin étaient autant de flèches.

C'est difficile, on finit par s'épancher, laisser aller le flot de ses propres paroles, et, certes, chaque mot devrait peser, ça finit salades, piteuses lessives, couronnes d'or posées sur des têtes informes d'ectoplasmes.

Mais on a tout de même vaincu les murmures, par le chuchotement.

10:39 Publié dans 721, Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 27 novembre 2013

Raves

    Le monde se partage entre ceux qui disent “betteraves” et ceux qui disent “betteraves rouges”. Des premiers, on peut considérer qu'ils appréhendent la réalité avec plus d'évidence, quoique non sans une bonne dose de sardonicité.

Ce qui disparaît.

05:36 Publié dans Afauxrismes, Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 24 novembre 2013

► je connaissais le dugong ◄

dizains thespiens, ii

je connaissais le dugong

avatar ancien des sirènes

aux feulements pitoyables

(poème = sable d'arènes

pour aventures incroyables)

mais j'ignorais le binturong

et sa démarche sereine

ainsi au dernier coup de gong

la figue aux héritiers noyables

s'offre dans ma tasse d'oolong

23.11.2013.

22:27 Publié dans Aujourd'hier, Formes singulières | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 13 juillet 2013

Antisomnie 2

    Faire tout à l'envers. Nu face à la fenêtre ouverte, a presque froid. Tout le dimanche nous fûmes rencognés au chaud sans air, dûment vêtus. Vous y croyez ??!? Tu sais, ils me demandent d'écrire des poèmes à carons. Je m'y tiendrai, l'antisomnie veille.

08:25 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 25 mars 2013

Brief an den alten Dichter (version française)

n'écris pas de sonnets – méfie-toi

des sestines – ne va pas

je t'en prie succomber au plaisir

puéril de pondre une série de haïku –

évite surtout de mettre au

goût du jour les ballades lyriques

(bordel de bleu, on est en 2013) –

laisse tomber ton amour des limericks –

et arrête de te complaire

dans ces contrepets que tu oses

nommer poèmes en prose – jette

au panier rondeaux et odes –

et surtout – je te jure

ce n'est pas un conseil facile –

écris pour un vrai lecteur pas

pour ces bribes guillemetées


    Ce poème est une vraie première. Hier, dimanche, à sept heures du matin, j'ai composé un poème en anglais pour le nouveau recueil en cours, et, le relisant, recomptant, révisant, j'ai aussitôt eu envie de le traduire en français, ce que j'ai fait en quelques minutes. Les 16 vers ci-dessus sont donc ma première auto-traduction. Comme j'ai envie, depuis quelque temps, de traduire en plusieurs langues mes Douzains d'aise, voire d'autres textes plus anciens de ce carnétoile, ce n'est probablement pas la première.

09:25 Publié dans Aujourd'hier, Darts on a slate, MAS, Self-Be/Portrayal | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 17 mars 2013

dit de la bisque

# 2020

tarasque presque texte 

barrique offre bourrasque 

bisque de fresque masque

coffre d'un bloc de presque 

matelot sec mollusque

étonné d'une bisque 

texte barrique risque 

coffre la fresque offusque 

truc textuel les frasques

offrent traquent l'attaque

barrique ou bien baraque

offusquent les bourrasques

10:56 Publié dans Aujourd'hier, Douzains d'aise | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 15 mars 2013

15/20

   Muré. Festif. Tonnerre.

Navrant ; naze ; navet.

De légumes sous terre

Un orbite. Un ave.

21:21 Publié dans Aujourd'hier, Quatrains d'Aoustrille | Lien permanent | Commentaires (0)

La Mangeuse d'opium

1909 Caucasian female opium smoker, from the Illustrated London News, Mar 13, 1909..jpg

    – Tu joues du hautbois ?

– Nan.

– Tu aspires des fourmis avec une paille ?

– Nan.

– Tu sais que les Amerloques seront assez débiles pour donner un sens absurde à Caucasian ?

– Nan.

– Tu me prêtes ta robe de chambre ? elle est belle...

– Nan.

– Tu sais, le bâton de majorette, ça ne se tient pas comme ça.

– Eh non.

– Tant pis, je renance.

18:18 Publié dans Aujourd'hier, J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0)

dit de glace

barbote clapotis tiare 

destinées glaciales passées

wassingue neigeuse barbote 

fomec fomenter la wassingue 

clapote garage cambouis

tambours ailleurs avalés phares

neige avale passé garage 

forme la neige la fomente 

cambiste lampe amour glacial

billets doux fomec sous le masque

wassingue de cambouis cambiste 

à tiare la lampe barbote 

08:11 Publié dans Aujourd'hier, Douzains d'aise | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 12 mars 2013

Schweppes aux agrumes (555/672)

    Brouhaha, et obscurité dans les couloirs, alors que dehors il fait si beau, un ciel si lumineux. Je choisis une canette de Schweppes aux agrumes, et aussi un cacao corsé – le boire tandis que la boisson gazeuse tiédit un peu, ce n’est pas la saison des glaçures. Fenêtre ouverte, étouffe en 44, le soleil donne à plein sur les grandes baies vitrées. Bonheur du brouhaha, joie d’avoir chaud. Humeur et saison d’écriture tous azimuts, donc le clavier affecte parataxe et même abuserait presque d’anacoluthes.     Il paraît que le gel, la neige vont revenir nous casser les pattes, rafraîchir nos ardeurs, en attendant c’est le printemps, ou presque, on ne boude pas sa joie.

 

05:55 Publié dans Aujourd'hier, B x A | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 19 janvier 2013

33

    saxophone alto

Michael Row the Boat Ashore

notes résonnant


chaud dans la chaleur neigeuse

mélodie sur Bételgeuse


18 janvier, 18 h.

01:51 Publié dans Aujourd'hier, MUS, Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 17 janvier 2013

32

    mercredi à tours

puanteur de kérosène

cons de militaires

 

vent de mort sale grisaille

fendu l'air terrorisé

 

06:30 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 10 janvier 2013

Salamandre, camarade !

9 janvier, 9 h 30

D’un coup d’œil expressif il désigna à son camarade

la carte de France par Vidal-Lablache appendue au mur.

 

    Fendillement dans le mur, près du vieux radiateur. Je regarde cette lézarde. — Combien de pages noircies déjà depuis l'enfance, frayeur vertige. Ici, j'écris à la main, et après je ne recopie pas. Flemme, inappétence, ou quelles stupides craintes ? Pendant la séance d'éveil musical d'Oméga, petit intervalle de ¾ d'heure dans la matinée, et qui m'a servi souvent, à l'automne, à ébaucher quelques traductions, je veux tracer les grandes lignes de mon emploi du temps hebdomadaire pour ce premier semestre de 2013.

De la lézarde ne sort aucune flamme. Ce n'est pas une salamandre.

 

19:00 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 17 octobre 2012

M = Mug

    Après la mug parme, pour le café, mug blanche: thé. Dans le fragment 401, fairy est au-dessus de mes forces (moyens). L'après-midi déploie ses fastes pour qu'on s'échine sur un poème.

15:15 Publié dans Aujourd'hier, En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 26 septembre 2012

Au bal

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    Squamate aglyphe, il se glisse dans une nouvelle journée à pas feutrés, craintif - craignant de se faire remarquer. Et à chaque nouveau bond perçu dans le mirage, le fouette-queue réinvente la roue. Ainsi vont les âmes, sans mal. Sur une banquette, assoupi, squamate aglyphe, il subit une existence qui a achevé de le recouvrir à la façon d'un habit collant, gluant, d'une coulée de miel, ou d'un masque dont le rétrécissement fit qu'il se substitua au visage. Au prochain tour de vis, au prochain arrêt, cet inoffensif squamate aglyphe passera sa langue sur ses lèves, se lèvera, cherchera sur l'écran de son portable le reflet de cette mèche étrange - le seul signe à échapper au masque, le seul croc effilé qui puisse le bercer, momentanément, de l'illusion qu'il est autre chose qu'un squamate aglyphe.

08:00 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 05 septembre 2012

Inclure dia critique

    L'encre, c'est la vie même.

Il suffit de gratter, d'avancer, de nettoyer les combes.

Tout dématérialisé, pourtant --- c'est ce qu'interroge François Bon dans sa très belle Autobiographie des objets (que l'on pourrait imaginer comme companion book du Dépaysement de Bailly).

 

Il faut gratter.

 

C'est le comble, un singulier lavis. La trace des pneus d'Agnès Dargent sur les yeux du lecteur, et ces imaginations morbides.

 

Tout ce qui entre fait vendre. (On n'est pas loin

des kyrielles

.)

05:05 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 30 mars 2012

Patrik Ourednik : Classé sans suite

    Quoique cet adjectif soit employé à tort et à travers, de cape et d’estoc, j’aime beaucoup l’adjectif déjanté, surtout pour ce qu’il connote de difficulté à circuler, à tourner rond, son côté grain-de-sable plutôt que poudre-aux-yeux. (Aussi ne suis-je pas exempt de perlimpinpinerie, je l’assume, ça s’appelle la polygraphie carnétoilée. Même si ça ne vaut pas Yacine ou Racine, avec ça je vous bassine. Suffit.) Donc, retrouvant, dans la pile de livres dont j’attends, pour les ranger, d’en avoir écrit quelque chose, ou extrait un peu de suc, le roman du Tchèque Patrik Ourednik, c’est cet adjectif qui me vient à l’esprit. Oui, mais. Déjanté, et après ? Qu’en dire d’autre, puisque je n’ai pas eu la bonne idée de le chroniquer en simultané ?

Je pourrais écrire un sonnet acrostiche avec le nom de l’auteur, ou un sizain acrostiche avec le titre original (Ad acta). Ce n’est pas exclu. Je pourrais écrire un sonnet constitué de rimes en- rik et –nik (pas évident) ou en –dyk et –eda (d’après Dyk et Lebeda).

Autre hypothèse, que j’actualise maintenant, recopier trois phrases qui iront nourrir le fourre-tout étrange intitulé Aujourd’hier. (Aujourd’hui jeudi se muant insta(m/ntané)ment en vendredi.)

 

« Ainsi s’écoule le temps, impitoyablement et irrésistiblement, pansant les blessures, dies adimit aegritudinem hominibus. De temps à autre une guerre éclatait et une autre finissait, de temps à autre une mode advenait et une autre la supplantait. Dyk Jr était rentré de détention provisoire, avait emballé une fille et déménagé avec elle en banlieue. »

(Classé sans suite, traduction de Marianne Canavaggio – Allia, 2012, p. 40)

 

═╗ Et citer, par rebond, la traduction (sans nom d’auteur) des vers 420 à 425 de L’Héautontimorouménos de Térence, un aparté de Ménédème :

Ou vraiment, par le caractère que m'a donné la nature, je suis spécialement voué au malheur, ou l'on se trompe, quand on dit, comme je l'entends répéter sans cesse, que le temps emporte les chagrins ; car pour moi, je sens chaque jour augmenter le chagrin que me cause l'absence de mon fils ; et plus elle se prolonge, plus je le désire et plus je le regrette.

12:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 10 décembre 2011

Six Variations sur le nom d'Iris Clert

    Les barbillons pèsent. Cirri lest.

Remuez les reliques. Stir relic.

Le crieur des rues la gorge tranchée. Crier slit.

Presse-purée éclairés. Ricers lit.

Monsieur, enregistrez votre littérature. Rec Lit Sir.

Erreurs autorisées. Licit errs.

 

16:04 Publié dans Aujourd'hier, Ex abrupto, Minimalistes, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 05 novembre 2011

Aux yeux de Frumence

    Ta moustache nous ensemence

Frêle maréchal des logis,

Quoique tu aies pour nom Frumence

Et si depuis longtemps tu gis

 

Hors du vaste décor lunaire

Où Henri Rousseau te dressa

Pour séduire celle qu'une aire

Aux bêtes fauves ne pressa.

 

C'en est ainsi, pauvre Frumence

Au prénom tantôt oublié

Inactif à toute romance,

 

Et sans rendre mon tablier

Que ma plumine trubliée

Ton souvenir réensemence !

16:16 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, MAS, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 14 octobre 2011

« Ton clignotant, tête de mort ! »

    ― Ton clignotant, tête de mort !

Celui des deux qui avait dit cela avait la jambe, non pas plâtrée, mais prise dans une sorte de harnais ou de fourreau rembourré – l’équivalent moderne et sportif, doit-on supposer quand on ne s’est jamais rien fracturé, pour sa part, des plâtres de jadis, sur lesquels les camarades écrivaient de facétieuses idioties, ou déposaient leur signature. En conduisant à très faible allure, j’avais remarqué ces deux adolescents, tous les deux blonds et en tenue de rugby, ils marchaient sans hâte. C’est au moment où les deux adolescents en scooter ou en vélomoteur m’ont doublé que cette apostrophe insolite et énigmatique a fusé :

― Ton clignotant, tête de mort !

Au cours du bref échange, autant scopique que verbal, qui a suivi entre les deux couples, il ne m’a pas été possible de comprendre s’ils se connaissaient déjà et se chambraient gentiment, ni de deviner la signification, ici, de l’expression « tête de mort » : insulte insolite, surnom énigmatique, remarque sur un détail de la tenue d’un des deux motocyclistes ?

07:55 Publié dans 721, Aujourd'hier, Diableries manuelles | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 12 octobre 2011

G = Gris

    Le ciel uniformément gris, aujourd’hui, n’a cessé de me peser. Il n’a eu de cesse qu’il n’ait déteint sur mon moral. C’est un échec, toutefois, et le vilain fait grise mine.

21:10 Publié dans Aujourd'hier, En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0)

Sandales à néant, version avec des blancs stratégiques

    La chatte dort encore sur mes sandales. Elle ne sait pas que je suis protégé par Leduc. Elle me voit boire comme un trou, ça l’afflige. Madame, ne vous réveillez pas, miaulez contre ma jambe, ne plantez pas vos griffes dans le papier peint. Qu’on leur donne de la brioche ! J’enfile mes sandales, sans avoir eu besoin de déloger la chatte – qui se faisait, entre-temps, les griffes sur l’écorce du néflier –, et je trimbale mon gros ventre jusqu’à la boîte à lettres.

Une fois encore, c’est le néant.

11:21 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 23 septembre 2011

Petites nèfles encore

Tout ce qui n'est pas en gris est manuscrit. 22 septembre, 15 h 10.

 

    Les lieux, le papier, le cerveau qui tourne sans arrêt. (Comme la grande grue orange, que j'entends tourner manoeuvrer, fenêtres ouvertes.) Une guêpe indolente tourne autour de l'ordinateur, je n'écris plus à la main (15 h 50).

Le matin dans le bureau la bibliothèque, le début de l'après-midi au bureau de la chambre, maintenant dans le séjour. Guêpe, bruits du chantier, grue encore en rotation. Trois brefs poèmes de Guillevic traduits, ça aussi c'est un chantier.

La somme des textes que j'écris doit comporter un nombre statistiquement élevé d'occurrences des mots grue et néflier.

L'idée de la semaine serait d'écrire des textes dont une partie serait publiée en blanc : sans copier-coller, aucun moyen de les lire en entier. (Idiote, ton idée.)

04:00 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 28 mai 2011

Six Keys for Each City (version 590/701)

    Pas tanné le cuir de la bourgeoise. (Je n’ai.) En musique l’auparavant ne ressemble en rien à ces volutes au-dessus des réacteurs japonais en fusion. Il m’aura fallu deux mois pour en parler. Picking. La basse grave gratte l’asphalte (des cymbales). Qu’une parenthèse s’ouvre, on voudrait déjà la clore. Ces drapeaux sont identiques, sauf qu’il y a du bleu dans le carré inférieur gauche de celui de droite. Picking. Maintenant tu exposes le drapeau finlandais. Picking, picking. Rayures vertes et jaunes, comme dans une chambre d’enfance imaginaire. (Qu’une parenthèse s’ouvre, on voudrait déjà la clore. Les lèvres de la violoniste, les entends-tu flétrir les cordes ? Il y aura toujours ce vertige.

13:32 Publié dans Aujourd'hier, YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 08 avril 2011

Jardins de rien

    Pissenlits : sept dans une petite verrine, au salon – des centaines dans le gazon.

Tulipes : rouges, jaunes, et toujours un pied de tulipes violettes – le même chaque année au même endroit.

Primevères et jonquilles sont passées, cuites depuis un bon moment.

C’est peu après le zénith, une chaleur d’été au début du printemps. Pourvu que nous ayons ce temps en Dordogne !

Travaux partout : la petite résidence du côté de la rue Neper, la grosse résidence après l’impasse, les voisins du 2 qui refont faire des volets (ou des fenêtres), et silencieusement le voisin du 7, en face, qui repeint portail et portillons d’un bleu pâle et métallique.

J’écris très vite et très mal. L’écriture manuscrite est le lieu locus siège refuge de l’intime.

 

09:04 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 février 2008

Les Yeux de l’âme

    Soul Eyes est un album enregistré en 1997 par le pianiste Mal Waldron. Comme j’aime beaucoup Waldron – mais aussi son batteur Andrew Cyrille et son bassiste Reggie Workman – cet album devrait me plaire. Or, non. Pas vraiment. Il ne me déplaît pas, mais peut-être est-il trop bricolé, trop hétérogène. Cinq des dix morceaux sont chantés, Steve Coleman fait une apparition (fantôme (car rerecording)) sur deux titres et Joe Henderson sur un. L’ensemble manque vraiment trop d’unité ; pourtant, je ne suis pas un puriste, de ce côté-là.

L'album offre aussi un contraste saisissant entre les deux voix, Jeanne Lee, qui chante trois chansons, et Abbey Lincoln, qui en chante deux. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire, plusieurs fois, quel culte je vouais à la voix d’Abbey Lincoln. Or, tout sépare Lee de Lincoln. Jeanne Lee est tout ce que je n’aime pas : maniérée, bluesy d’une façon convenue, limite grue tant elle se croit distinguée. Abbey Lincoln, elle, est une immense chanteuse : sa voix est tour à tour lourde et aérienne, fragile, profonde, bouillonnante, maniériste.

06:20 Publié dans 721, Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Jazz

lundi, 21 janvier 2008

Lourdement, déchu

    Lourdement, pesamment

tombant tombant lourdement

comme en un rêve dans l'étang

 

La porte sombre ;

aux noyades étouffades

préférer les sourdines

lourdes d'avoir déchu.

 

10:22 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie

dimanche, 18 novembre 2007

Lew Welch, quite a rare bit

    Plongé une bonne partie dans l’après-midi dans les poèmes et les textes théoriques – hilarants – du poète américain Lew Welch, je continue de déplorer, sottement, sans aucune robustesse d’âme, la mollesse de mon indolence, l’étendue vasouillarde de ma paresse, et en cela la friche de mes traductions. Depuis septembre 2006, j’aurais dû, même sans contrat, traduire au moins un roman et un recueil de poèmes, ne serait-ce que pour moi. C’est lamentable de ne travailler qu’à la trique, ou, du moins, à l’éperon. Au moins, la grande fraîcheur des poèmes a-t-elle contribué à contrecarrer la noirceur de mes atermoiements. Il y a là des sauvageries de rythme, des pépites, une vraie pâte linguistique longuement travaillée, qui redonne vigueur au lecteur. De là – pour mon gouvernail – à me redonner du tonus créatif, c’est une autre affaire. (C’est ridicule, ce billet : on dirait que je cherche à pasticher Landolfi. Pas du tout.)

J’ai tout de même noté, dans les essais, quelques collusions intéressantes avec mes travaux actuels.

Et aussi – en amont, lire Welch m’a incité à ouvrir de nouveau Spicer, ce que je n’avais pas fait depuis ma traduction – inédite et même perdue, je crois – de son Graal. En aval, il me pousse à découvrir enfin Snyder et Corso, et aussi Whalen, dont je n’avais jamais entendu parler.

20:23 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Littérature

samedi, 08 septembre 2007

« un petit nu masculin de De Pisis »

    « Ainsi, par la porte de communication, il me fut permis de voir déjà alors quelque chose de cette pièce : une partie du lit, sur lequel il y avait une couverture de laine à carreaux rouges et bleus, du type sportif, au pied du lit un pouf en cuir, c0674378215b415fe0b9962495e94c27.jpget, accroché au mur à côté de la porte qui y était encastrée et qui donnait dans la salle de bains, porte elle aussi entrouverte, un petit nu masculin de De Pisis encadré par une simple baguette claire. » (Le Jardin des Finzi-Contini, traduction de Michel Arnaud. Gallimard, p. 152)

 

C’est le seul nu masculin de Filippo de Pisis que j’aie pu dénicher sur la Toile, mais cela, évidemment, ne signifie rien, d’autant que ce nu du récit peut être tout à fait imaginaire, chimérique. Seul De Pisis (né Filippo Tibertelli) n’est pas inventé, à coup sûr. Il est mort en 1956, année qui voit Bassani devenir célèbre grâce aux Cinq histoires de Ferrare (si j’en crois le rabat de 2e de couverture de l’édition Gallimard).

Surtout, il a tout de même peint cet émouvant Portrait d’Allegro ; l’ami du narrateur, dans la chambre duquel se trouve le nu du récit, se prénomme Alberto. Rien n’aura de fond que le nom.

17:20 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Peinture, Littérature, Bassani, De Pisis, Ferrare

mercredi, 15 août 2007

Fables de feu

    Fire Waltz, par le quintette de Dolphy. (16 juillet 1961). Il s’agit d’une de mes compositions favorites de Mal Waldron, et, comme je suis persuadé d’en détenir un enregistrement de Waldron en duo avec Steve Lacy, je cherche frénétiquement dans ma discothèque. Rien, évidemment, même de proche en proche, de clarinettiste en clarinettiste. Ai-je aussi été induit en erreur par les nombreux vinyls écoutés, fin juillet, dans la maison de Chalosse ?

Resterait à clore par un détour côté Mingus, dont j’ai fait mon miel (Fables of Faubus, plus que jamais), au point de rapporter, de Chalosse toujours, six CD de Mingus, qu’il serait temps que je connaisse mieux, avec ce bail qu’on se fréquente, lui et moi.

L’autre jour, baigné d’une lumière pluvieuse, nageant en plein bonheur, je me disais qu’Archie Shepp ni Jimmy Giuffre n’ont joué la valse du feu ou ces fables-là, mais que j’aurais, moi, donné beaucoup pour avoir composé l’un et l’autre de ces hauts morceaux (et savoir les bricoler différemment).

[14 août.]

01:30 Publié dans Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué, MUS, Pêle-mêle, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, Musique

vendredi, 27 avril 2007

Novionates (303/20)

    D'exergues tardifs en complaintes, nous voici parvenus au bord de ce ruisseau qu'ombragent des vergnes. Je te raconte ma vie sentimentale par le menu, en allemand puis en italien. Tu reviens à l'anglais, plus sûr pour toi, surtout pour ces sujets délicats. Quand je te propose de goûter les fruits du sureau tu as peur de t'empoisonner. Que j'aime écrire à l'encre d'herbe au bord des rivières neigeuses, l'été.

10:30 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, Novionates | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Poésie, Musique

mercredi, 07 mars 2007

Autobiographie neuve

    Répondant aux ultimata de l’olibrius Cingal (en lien ci-contre, avec cinq autres privilégiés (il faudrait que je refasse ma liste de liens)), je livre ici dix phrases me concernant, dont une seule est fausse. J’ai un peu copié certaines idées de l’original, mais les faits n’appartiennent qu’à moi.

1. En 1982, j’ai trouvé, dans un camping près de Crystal Palace, une cuillère à café finement décorée, que je possède toujours.

2. En 1985, à la foire de Hambourg, j’ai mangé la dernière barbe-à-papa de mon existence.

3. Fin juin 1987, j’ai passé plusieurs jours à pleurer après avoir dit adieu à mon meilleur ami, qui repartait en Suisse avec sa mère.

4. En 1988 (vers le 1er août), nous avons atteint, en Renault 30 et caravane, un point plus septentrional que le Cap Nord : c’était un village de pêcheurs qui s’appelait Berlevåg (et que ma mère avait persisté, quelque temps, à rebaptiser Røndeslåv).

5. En 1991, j’ai passé une semaine à Madrid à ne rien faire, tout cela aux frais du Conseil Régional d’Aquitaine.

6. Une nuit de l’hiver 1995, en Irlande, j’ai fait sept fois l’amour, avec trois femmes différentes.

7. En 1997, j’ai joué le rôle du jeune homme dans Lorsque cinq ans seront passés de Federico Garcia Lorca.

8. En 2000, en Tunisie, j’ai failli mourir dans un accident de la route.

9. Au printemps 2002, j’ai repris brièvement contact avec mon ami d’adolescence (suisse).

10. En 2006, j’ai vu, pour la première fois, Les fraises sauvages.

08:30 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : Littérature, Ligérienne

samedi, 03 mars 2007

Appuyer sur le champignon

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Pourtant, je crois savoir que François Bayrou préfère les giraulles.

10:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Photographie, Ligérienne, Bayrou

mardi, 30 janvier 2007

Rooty potatoes

    Il y a neuf mois, j'avais (sans soulever de commentaire intrigué) employé, pour décrire ces micro-tubercules qui percent la peau de pommes de terre trop vieilles (ou "passées"), l'expression faire des filles, que je n'ai entendu dire qu'à la grand-mère paternelle de c'était, et à c'était elle-même, quoique d'une façon plus parodique, ou, du moins, citationnelle. Eh bien, ne voilà-t-il pas que je trouve, au tout début de Shalimar the Clown, une phrase que, si je ne la comprends pas de travers, l'on pourrait traduire au moyen de cette expression.

All of which was spoken while turning a rooty potato in her hand. (Salman Rushdie. Shalimar the Clown. QPD, 2005, p. 9)

 

Le hic, bien entendu, c'est que l'expression faire des filles est tout à fait locale (landaise?), peut-être archaïquement même, et ne correspond en rien à rooty potato, formule plus courante, ou, à tout le moins, compréhensible à qui ne la connaîtrait pas. Cela dit, la question reste entière : comment dit-on, en français courant, "rooty potato" ?

 

(Au demeurant, j'étais farci de doutes et tenaillé d'appréhensions en me décidant enfin à lire, suivant en cela les objurgations de ma soeur, Shalimar the Clown, car, admiratif de Shame, un peu moins de Midnight's Children, mais infiniment du Moor's Last Sigh, j'avais été affreusement déçu par The Ground Beneath Her Feet, balancé avec colère & hurlements au bout de 300 pages (circa 1999).)

11:21 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Littérature, Anglais, Traduction

dimanche, 14 janvier 2007

Dans son bec un fromage

    Jardin du Ranelagh, deux heures moins le quart.

Flot ininterrompu de voitures, et pourtant enfants qui jouent au ballon, jusque sur la rue. Sur une rue où ne passe aucun véhicule, un bambin tape dans un ballon orange fluorescent que lui renvoie son père (grand-père), qui doit, sous son imperméable beige, avoir le bras en écharpe (forme protubérante et manche droite vide).

J’écris ceci sur l’une des places de l’hémicycle de pierre qui borde la statue de La Fontaine par Correia (1983). Il faudrait avoir un appareil photo avec soi, et puis non puisque je trouverai des reproductions de cette statue – pas très réussie d’ailleurs mais émouvante – sur la Toile. De la place où je suis installé, je vois le profil du renard qui se pourlèche et, si le corbeau penché vers lui m’est nettement visible, seul le quart supérieur du camembert (car c’est un camembert !) n’est pas caché par le socle. La statue a été fondue en Italie (références au dos du socle en italien, pour ceux que cela intéresse).

Une vieille gitane trimbale ses trois poneys délabrés dans la partie nord du parc, sans qu’aucun enfant ne se préoccupe d’eux ni d’elle. De l’autre côté, une cabane fermée, rayée de blanc et de vert, aux couleurs des marionnettes du Ranelagh, annonce qu’il s’agit de la fermeture saisonnière d’hiver.

19:20 Publié dans 1295, Aujourd'hier, MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Photographie, écriture

Porteur d’autres

Samedi, huit heures et demie du soir.

    Comment, dans une journée aussi mouvementée, ai-je trouvé le temps – outre 150 pages lues et tout le boulot abattu – d’écrire neuf (maintenant dix) de ces petits textes insignifiants qui, dès demain, peupleront le vide de mes carnets de leurs flèches dominicales (ô églises !) ?

09:31 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne

mardi, 09 janvier 2007

« mange un citron »

Ce n’est rien

                 Tout cela n’est rien

                                            Du cinéma trois fois rien

                                            Trois fois rire de leurs larmes

                 Rien qui ne te lasse

Rien, assez.

07:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Poésie

dimanche, 31 décembre 2006

Instantané, 30 décembre vers midi

    Le gros pavé était posé sur la Kangoo de Marie-Josèphe. Six pages du pavé lues, une bergeronnette grise aux aguets. Elle sautille avec nervosité, sans se prendre aux lignes de l’échiquier. Mon manteau tenait le haut de la plage.

14:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écriture

lundi, 25 décembre 2006

Amour vénal et name-dropping

24 décembre. 11 h.

    J’ai placé, sur la platine multi-disques, le CD du trio de Pierre-Alain Goualch, que je n’avais pas écouté depuis le printemps. Tant que j’y suis, la proximité alphabétique m’ayant remis le coffret de Fred Hersch en mémoire, je décide d’écouter, dans la foulée, le disque que le pianiste a consacré à Cole Porter ; fort logiquement, colportant mes goûts dans le salon de musique, je programme ensuite le CD du Patrice Caratini Jazz Ensemble, Anything Goes, car je veux, notamment, comparer les deux versions de « Get Out of Town » (Hersch et Caratini). Entre-temps, le second morceau du disque de Pierre-Alain Goualch a débuté… il s’agit de « Not for sale », réécriture de Love for Sale, de… Cole Porter.

Il faudrait maintenant aller pêcher, dans le coffret idoine, la version que Miles Davis et Coltrane ont enregistrée de Love for Sale. Cela ne manquerait pas d’ouvrir la voie à de nouveaux rapprochements (Oscar Peterson ? Coleman Hawkins ? Ornette Coleman ? Bix Beiderbecke ?). Unissons nos efforts, encore affermis par la douceur du temps qui pèse.

00:10 Publié dans Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz

dimanche, 24 décembre 2006

Op. 76

23 décembre. 11 h 40.

    Coincé dans le gel, j’écoute les Pièces pour piano op. 76 de Brahms (dans l’intégrale enregistrée par Idil Biret entre 1990 et 1997). Peu à peu reprendre pied dans l’écriture, abandonnée presque une quinzaine, et peut-être dans les traductions de poèmes, délaissées plus de huit jours. Un soleil pâle perce à travers la brume, puis les glissandi s’apaisent. Vais-je m’endimancher d’inquiétude, en ce premier samedi où je peux, enfin, glaner quelque repos ? (Nous devions être sur la route, ou, à cette heure, dans le salon de la maison de mes grands-parents paternels, à Saintes. Si je songe aux familles, aux destinées familiales, il y aurait aussi à signaler les 51 ans de ma tante, la sœur de ma mère, que je ne vois plus qu’une fois l’an.)

23:50 Publié dans 721, Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, Ligérienne

Surlendeveille

    Ce simple mot, aujourd'hui, n'a guère de sens ici. Souvent, dans mes carnets, j'écris une note que je publie plus tard, un autre jour, dans le futur incertain. Il m'arrive même de jouer de la discrépance entre les deux dates. Aujourd'hui, comme le savent les vains érudits, est un pléonasme (hui tirant son origine du latin hodie : heute !). Pour fêter la discrépance, mais aussi la veille de Noël, avec son cortège de doutes, je fonde en ce jour une nouvelle rubrique, Aujourd'hier (histoire de fuir un peu plus mes responsabilités : que sont devenues les Vertes voltes et les Tropographies, hein ? en standby, today of all days !).

 

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Aujourd'hui, donc, soit cette nuit (mais depuis hier soir), j'ai eu dans la tête l'une des chansons du Soldat rose (cette resucée sans saveur d'Emilie Jolie (merci, une fois encore, à l'illustre M. pour son manque d'audace et sa mollesse conformiste)), Chien et chat. Que ce titre soit chanté (casserolesquement) par Shirley et Dino n'enlève rien à l'agacement qui naît d'en avoir la mémoire saisie.

 

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En ce moment, je n'écris guère, mais je vous livre quelques liens pour vous rafraîchir la mémoire.

12:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature