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mercredi, 17 octobre 2012

M = Mug

    Après la mug parme, pour le café, mug blanche: thé. Dans le fragment 401, fairy est au-dessus de mes forces (moyens). L'après-midi déploie ses fastes pour qu'on s'échine sur un poème.

15:15 Publié dans Aujourd'hier, En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 26 septembre 2012

Au bal

2012-09-25 18.10.34.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Squamate aglyphe, il se glisse dans une nouvelle journée à pas feutrés, craintif - craignant de se faire remarquer. Et à chaque nouveau bond perçu dans le mirage, le fouette-queue réinvente la roue. Ainsi vont les âmes, sans mal. Sur une banquette, assoupi, squamate aglyphe, il subit une existence qui a achevé de le recouvrir à la façon d'un habit collant, gluant, d'une coulée de miel, ou d'un masque dont le rétrécissement fit qu'il se substitua au visage. Au prochain tour de vis, au prochain arrêt, cet inoffensif squamate aglyphe passera sa langue sur ses lèves, se lèvera, cherchera sur l'écran de son portable le reflet de cette mèche étrange - le seul signe à échapper au masque, le seul croc effilé qui puisse le bercer, momentanément, de l'illusion qu'il est autre chose qu'un squamate aglyphe.

08:00 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 05 septembre 2012

Inclure dia critique

    L'encre, c'est la vie même.

Il suffit de gratter, d'avancer, de nettoyer les combes.

Tout dématérialisé, pourtant --- c'est ce qu'interroge François Bon dans sa très belle Autobiographie des objets (que l'on pourrait imaginer comme companion book du Dépaysement de Bailly).

 

Il faut gratter.

 

C'est le comble, un singulier lavis. La trace des pneus d'Agnès Dargent sur les yeux du lecteur, et ces imaginations morbides.

 

Tout ce qui entre fait vendre. (On n'est pas loin

des kyrielles

.)

05:05 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 30 mars 2012

Patrik Ourednik : Classé sans suite

    Quoique cet adjectif soit employé à tort et à travers, de cape et d’estoc, j’aime beaucoup l’adjectif déjanté, surtout pour ce qu’il connote de difficulté à circuler, à tourner rond, son côté grain-de-sable plutôt que poudre-aux-yeux. (Aussi ne suis-je pas exempt de perlimpinpinerie, je l’assume, ça s’appelle la polygraphie carnétoilée. Même si ça ne vaut pas Yacine ou Racine, avec ça je vous bassine. Suffit.) Donc, retrouvant, dans la pile de livres dont j’attends, pour les ranger, d’en avoir écrit quelque chose, ou extrait un peu de suc, le roman du Tchèque Patrik Ourednik, c’est cet adjectif qui me vient à l’esprit. Oui, mais. Déjanté, et après ? Qu’en dire d’autre, puisque je n’ai pas eu la bonne idée de le chroniquer en simultané ?

Je pourrais écrire un sonnet acrostiche avec le nom de l’auteur, ou un sizain acrostiche avec le titre original (Ad acta). Ce n’est pas exclu. Je pourrais écrire un sonnet constitué de rimes en- rik et –nik (pas évident) ou en –dyk et –eda (d’après Dyk et Lebeda).

Autre hypothèse, que j’actualise maintenant, recopier trois phrases qui iront nourrir le fourre-tout étrange intitulé Aujourd’hier. (Aujourd’hui jeudi se muant insta(m/ntané)ment en vendredi.)

 

« Ainsi s’écoule le temps, impitoyablement et irrésistiblement, pansant les blessures, dies adimit aegritudinem hominibus. De temps à autre une guerre éclatait et une autre finissait, de temps à autre une mode advenait et une autre la supplantait. Dyk Jr était rentré de détention provisoire, avait emballé une fille et déménagé avec elle en banlieue. »

(Classé sans suite, traduction de Marianne Canavaggio – Allia, 2012, p. 40)

 

═╗ Et citer, par rebond, la traduction (sans nom d’auteur) des vers 420 à 425 de L’Héautontimorouménos de Térence, un aparté de Ménédème :

Ou vraiment, par le caractère que m'a donné la nature, je suis spécialement voué au malheur, ou l'on se trompe, quand on dit, comme je l'entends répéter sans cesse, que le temps emporte les chagrins ; car pour moi, je sens chaque jour augmenter le chagrin que me cause l'absence de mon fils ; et plus elle se prolonge, plus je le désire et plus je le regrette.

12:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 10 décembre 2011

Six Variations sur le nom d'Iris Clert

    Les barbillons pèsent. Cirri lest.

Remuez les reliques. Stir relic.

Le crieur des rues la gorge tranchée. Crier slit.

Presse-purée éclairés. Ricers lit.

Monsieur, enregistrez votre littérature. Rec Lit Sir.

Erreurs autorisées. Licit errs.

 

16:04 Publié dans Aujourd'hier, Ex abrupto, Minimalistes, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 05 novembre 2011

Aux yeux de Frumence

    Ta moustache nous ensemence

Frêle maréchal des logis,

Quoique tu aies pour nom Frumence

Et si depuis longtemps tu gis

 

Hors du vaste décor lunaire

Où Henri Rousseau te dressa

Pour séduire celle qu'une aire

Aux bêtes fauves ne pressa.

 

C'en est ainsi, pauvre Frumence

Au prénom tantôt oublié

Inactif à toute romance,

 

Et sans rendre mon tablier

Que ma plumine trubliée

Ton souvenir réensemence !

16:16 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, MAS, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 14 octobre 2011

« Ton clignotant, tête de mort ! »

    ― Ton clignotant, tête de mort !

Celui des deux qui avait dit cela avait la jambe, non pas plâtrée, mais prise dans une sorte de harnais ou de fourreau rembourré – l’équivalent moderne et sportif, doit-on supposer quand on ne s’est jamais rien fracturé, pour sa part, des plâtres de jadis, sur lesquels les camarades écrivaient de facétieuses idioties, ou déposaient leur signature. En conduisant à très faible allure, j’avais remarqué ces deux adolescents, tous les deux blonds et en tenue de rugby, ils marchaient sans hâte. C’est au moment où les deux adolescents en scooter ou en vélomoteur m’ont doublé que cette apostrophe insolite et énigmatique a fusé :

― Ton clignotant, tête de mort !

Au cours du bref échange, autant scopique que verbal, qui a suivi entre les deux couples, il ne m’a pas été possible de comprendre s’ils se connaissaient déjà et se chambraient gentiment, ni de deviner la signification, ici, de l’expression « tête de mort » : insulte insolite, surnom énigmatique, remarque sur un détail de la tenue d’un des deux motocyclistes ?

07:55 Publié dans 721, Aujourd'hier, Diableries manuelles | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 12 octobre 2011

G = Gris

    Le ciel uniformément gris, aujourd’hui, n’a cessé de me peser. Il n’a eu de cesse qu’il n’ait déteint sur mon moral. C’est un échec, toutefois, et le vilain fait grise mine.

21:10 Publié dans Aujourd'hier, En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0)

Sandales à néant, version avec des blancs stratégiques

    La chatte dort encore sur mes sandales. Elle ne sait pas que je suis protégé par Leduc. Elle me voit boire comme un trou, ça l’afflige. Madame, ne vous réveillez pas, miaulez contre ma jambe, ne plantez pas vos griffes dans le papier peint. Qu’on leur donne de la brioche ! J’enfile mes sandales, sans avoir eu besoin de déloger la chatte – qui se faisait, entre-temps, les griffes sur l’écorce du néflier –, et je trimbale mon gros ventre jusqu’à la boîte à lettres.

Une fois encore, c’est le néant.

11:21 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 23 septembre 2011

Petites nèfles encore

Tout ce qui n'est pas en gris est manuscrit. 22 septembre, 15 h 10.

 

    Les lieux, le papier, le cerveau qui tourne sans arrêt. (Comme la grande grue orange, que j'entends tourner manoeuvrer, fenêtres ouvertes.) Une guêpe indolente tourne autour de l'ordinateur, je n'écris plus à la main (15 h 50).

Le matin dans le bureau la bibliothèque, le début de l'après-midi au bureau de la chambre, maintenant dans le séjour. Guêpe, bruits du chantier, grue encore en rotation. Trois brefs poèmes de Guillevic traduits, ça aussi c'est un chantier.

La somme des textes que j'écris doit comporter un nombre statistiquement élevé d'occurrences des mots grue et néflier.

L'idée de la semaine serait d'écrire des textes dont une partie serait publiée en blanc : sans copier-coller, aucun moyen de les lire en entier. (Idiote, ton idée.)

04:00 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 28 mai 2011

Six Keys for Each City (version 590/701)

    Pas tanné le cuir de la bourgeoise. (Je n’ai.) En musique l’auparavant ne ressemble en rien à ces volutes au-dessus des réacteurs japonais en fusion. Il m’aura fallu deux mois pour en parler. Picking. La basse grave gratte l’asphalte (des cymbales). Qu’une parenthèse s’ouvre, on voudrait déjà la clore. Ces drapeaux sont identiques, sauf qu’il y a du bleu dans le carré inférieur gauche de celui de droite. Picking. Maintenant tu exposes le drapeau finlandais. Picking, picking. Rayures vertes et jaunes, comme dans une chambre d’enfance imaginaire. (Qu’une parenthèse s’ouvre, on voudrait déjà la clore. Les lèvres de la violoniste, les entends-tu flétrir les cordes ? Il y aura toujours ce vertige.

13:32 Publié dans Aujourd'hier, YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 08 avril 2011

Jardins de rien

    Pissenlits : sept dans une petite verrine, au salon – des centaines dans le gazon.

Tulipes : rouges, jaunes, et toujours un pied de tulipes violettes – le même chaque année au même endroit.

Primevères et jonquilles sont passées, cuites depuis un bon moment.

C’est peu après le zénith, une chaleur d’été au début du printemps. Pourvu que nous ayons ce temps en Dordogne !

Travaux partout : la petite résidence du côté de la rue Neper, la grosse résidence après l’impasse, les voisins du 2 qui refont faire des volets (ou des fenêtres), et silencieusement le voisin du 7, en face, qui repeint portail et portillons d’un bleu pâle et métallique.

J’écris très vite et très mal. L’écriture manuscrite est le lieu locus siège refuge de l’intime.

 

09:04 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 février 2008

Les Yeux de l’âme

    Soul Eyes est un album enregistré en 1997 par le pianiste Mal Waldron. Comme j’aime beaucoup Waldron – mais aussi son batteur Andrew Cyrille et son bassiste Reggie Workman – cet album devrait me plaire. Or, non. Pas vraiment. Il ne me déplaît pas, mais peut-être est-il trop bricolé, trop hétérogène. Cinq des dix morceaux sont chantés, Steve Coleman fait une apparition (fantôme (car rerecording)) sur deux titres et Joe Henderson sur un. L’ensemble manque vraiment trop d’unité ; pourtant, je ne suis pas un puriste, de ce côté-là.

L'album offre aussi un contraste saisissant entre les deux voix, Jeanne Lee, qui chante trois chansons, et Abbey Lincoln, qui en chante deux. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire, plusieurs fois, quel culte je vouais à la voix d’Abbey Lincoln. Or, tout sépare Lee de Lincoln. Jeanne Lee est tout ce que je n’aime pas : maniérée, bluesy d’une façon convenue, limite grue tant elle se croit distinguée. Abbey Lincoln, elle, est une immense chanteuse : sa voix est tour à tour lourde et aérienne, fragile, profonde, bouillonnante, maniériste.

06:20 Publié dans 721, Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Jazz

lundi, 21 janvier 2008

Lourdement, déchu

    Lourdement, pesamment

tombant tombant lourdement

comme en un rêve dans l'étang

 

La porte sombre ;

aux noyades étouffades

préférer les sourdines

lourdes d'avoir déchu.

 

10:22 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie

dimanche, 18 novembre 2007

Lew Welch, quite a rare bit

    Plongé une bonne partie dans l’après-midi dans les poèmes et les textes théoriques – hilarants – du poète américain Lew Welch, je continue de déplorer, sottement, sans aucune robustesse d’âme, la mollesse de mon indolence, l’étendue vasouillarde de ma paresse, et en cela la friche de mes traductions. Depuis septembre 2006, j’aurais dû, même sans contrat, traduire au moins un roman et un recueil de poèmes, ne serait-ce que pour moi. C’est lamentable de ne travailler qu’à la trique, ou, du moins, à l’éperon. Au moins, la grande fraîcheur des poèmes a-t-elle contribué à contrecarrer la noirceur de mes atermoiements. Il y a là des sauvageries de rythme, des pépites, une vraie pâte linguistique longuement travaillée, qui redonne vigueur au lecteur. De là – pour mon gouvernail – à me redonner du tonus créatif, c’est une autre affaire. (C’est ridicule, ce billet : on dirait que je cherche à pasticher Landolfi. Pas du tout.)

J’ai tout de même noté, dans les essais, quelques collusions intéressantes avec mes travaux actuels.

Et aussi – en amont, lire Welch m’a incité à ouvrir de nouveau Spicer, ce que je n’avais pas fait depuis ma traduction – inédite et même perdue, je crois – de son Graal. En aval, il me pousse à découvrir enfin Snyder et Corso, et aussi Whalen, dont je n’avais jamais entendu parler.

20:23 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Littérature

samedi, 08 septembre 2007

« un petit nu masculin de De Pisis »

    « Ainsi, par la porte de communication, il me fut permis de voir déjà alors quelque chose de cette pièce : une partie du lit, sur lequel il y avait une couverture de laine à carreaux rouges et bleus, du type sportif, au pied du lit un pouf en cuir, c0674378215b415fe0b9962495e94c27.jpget, accroché au mur à côté de la porte qui y était encastrée et qui donnait dans la salle de bains, porte elle aussi entrouverte, un petit nu masculin de De Pisis encadré par une simple baguette claire. » (Le Jardin des Finzi-Contini, traduction de Michel Arnaud. Gallimard, p. 152)

 

C’est le seul nu masculin de Filippo de Pisis que j’aie pu dénicher sur la Toile, mais cela, évidemment, ne signifie rien, d’autant que ce nu du récit peut être tout à fait imaginaire, chimérique. Seul De Pisis (né Filippo Tibertelli) n’est pas inventé, à coup sûr. Il est mort en 1956, année qui voit Bassani devenir célèbre grâce aux Cinq histoires de Ferrare (si j’en crois le rabat de 2e de couverture de l’édition Gallimard).

Surtout, il a tout de même peint cet émouvant Portrait d’Allegro ; l’ami du narrateur, dans la chambre duquel se trouve le nu du récit, se prénomme Alberto. Rien n’aura de fond que le nom.

17:20 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Peinture, Littérature, Bassani, De Pisis, Ferrare

mercredi, 15 août 2007

Fables de feu

    Fire Waltz, par le quintette de Dolphy. (16 juillet 1961). Il s’agit d’une de mes compositions favorites de Mal Waldron, et, comme je suis persuadé d’en détenir un enregistrement de Waldron en duo avec Steve Lacy, je cherche frénétiquement dans ma discothèque. Rien, évidemment, même de proche en proche, de clarinettiste en clarinettiste. Ai-je aussi été induit en erreur par les nombreux vinyls écoutés, fin juillet, dans la maison de Chalosse ?

Resterait à clore par un détour côté Mingus, dont j’ai fait mon miel (Fables of Faubus, plus que jamais), au point de rapporter, de Chalosse toujours, six CD de Mingus, qu’il serait temps que je connaisse mieux, avec ce bail qu’on se fréquente, lui et moi.

L’autre jour, baigné d’une lumière pluvieuse, nageant en plein bonheur, je me disais qu’Archie Shepp ni Jimmy Giuffre n’ont joué la valse du feu ou ces fables-là, mais que j’aurais, moi, donné beaucoup pour avoir composé l’un et l’autre de ces hauts morceaux (et savoir les bricoler différemment).

[14 août.]

01:30 Publié dans Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué, MUS, Pêle-mêle, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, Musique

vendredi, 27 avril 2007

Novionates (303/20)

    D'exergues tardifs en complaintes, nous voici parvenus au bord de ce ruisseau qu'ombragent des vergnes. Je te raconte ma vie sentimentale par le menu, en allemand puis en italien. Tu reviens à l'anglais, plus sûr pour toi, surtout pour ces sujets délicats. Quand je te propose de goûter les fruits du sureau tu as peur de t'empoisonner. Que j'aime écrire à l'encre d'herbe au bord des rivières neigeuses, l'été.

10:30 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, Novionates | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Poésie, Musique

mercredi, 07 mars 2007

Autobiographie neuve

    Répondant aux ultimata de l’olibrius Cingal (en lien ci-contre, avec cinq autres privilégiés (il faudrait que je refasse ma liste de liens)), je livre ici dix phrases me concernant, dont une seule est fausse. J’ai un peu copié certaines idées de l’original, mais les faits n’appartiennent qu’à moi.

1. En 1982, j’ai trouvé, dans un camping près de Crystal Palace, une cuillère à café finement décorée, que je possède toujours.

2. En 1985, à la foire de Hambourg, j’ai mangé la dernière barbe-à-papa de mon existence.

3. Fin juin 1987, j’ai passé plusieurs jours à pleurer après avoir dit adieu à mon meilleur ami, qui repartait en Suisse avec sa mère.

4. En 1988 (vers le 1er août), nous avons atteint, en Renault 30 et caravane, un point plus septentrional que le Cap Nord : c’était un village de pêcheurs qui s’appelait Berlevåg (et que ma mère avait persisté, quelque temps, à rebaptiser Røndeslåv).

5. En 1991, j’ai passé une semaine à Madrid à ne rien faire, tout cela aux frais du Conseil Régional d’Aquitaine.

6. Une nuit de l’hiver 1995, en Irlande, j’ai fait sept fois l’amour, avec trois femmes différentes.

7. En 1997, j’ai joué le rôle du jeune homme dans Lorsque cinq ans seront passés de Federico Garcia Lorca.

8. En 2000, en Tunisie, j’ai failli mourir dans un accident de la route.

9. Au printemps 2002, j’ai repris brièvement contact avec mon ami d’adolescence (suisse).

10. En 2006, j’ai vu, pour la première fois, Les fraises sauvages.

08:30 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : Littérature, Ligérienne

samedi, 03 mars 2007

Appuyer sur le champignon

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Pourtant, je crois savoir que François Bayrou préfère les giraulles.

10:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Photographie, Ligérienne, Bayrou

mardi, 30 janvier 2007

Rooty potatoes

    Il y a neuf mois, j'avais (sans soulever de commentaire intrigué) employé, pour décrire ces micro-tubercules qui percent la peau de pommes de terre trop vieilles (ou "passées"), l'expression faire des filles, que je n'ai entendu dire qu'à la grand-mère paternelle de c'était, et à c'était elle-même, quoique d'une façon plus parodique, ou, du moins, citationnelle. Eh bien, ne voilà-t-il pas que je trouve, au tout début de Shalimar the Clown, une phrase que, si je ne la comprends pas de travers, l'on pourrait traduire au moyen de cette expression.

All of which was spoken while turning a rooty potato in her hand. (Salman Rushdie. Shalimar the Clown. QPD, 2005, p. 9)

 

Le hic, bien entendu, c'est que l'expression faire des filles est tout à fait locale (landaise?), peut-être archaïquement même, et ne correspond en rien à rooty potato, formule plus courante, ou, à tout le moins, compréhensible à qui ne la connaîtrait pas. Cela dit, la question reste entière : comment dit-on, en français courant, "rooty potato" ?

 

(Au demeurant, j'étais farci de doutes et tenaillé d'appréhensions en me décidant enfin à lire, suivant en cela les objurgations de ma soeur, Shalimar the Clown, car, admiratif de Shame, un peu moins de Midnight's Children, mais infiniment du Moor's Last Sigh, j'avais été affreusement déçu par The Ground Beneath Her Feet, balancé avec colère & hurlements au bout de 300 pages (circa 1999).)

11:21 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Littérature, Anglais, Traduction

dimanche, 14 janvier 2007

Dans son bec un fromage

    Jardin du Ranelagh, deux heures moins le quart.

Flot ininterrompu de voitures, et pourtant enfants qui jouent au ballon, jusque sur la rue. Sur une rue où ne passe aucun véhicule, un bambin tape dans un ballon orange fluorescent que lui renvoie son père (grand-père), qui doit, sous son imperméable beige, avoir le bras en écharpe (forme protubérante et manche droite vide).

J’écris ceci sur l’une des places de l’hémicycle de pierre qui borde la statue de La Fontaine par Correia (1983). Il faudrait avoir un appareil photo avec soi, et puis non puisque je trouverai des reproductions de cette statue – pas très réussie d’ailleurs mais émouvante – sur la Toile. De la place où je suis installé, je vois le profil du renard qui se pourlèche et, si le corbeau penché vers lui m’est nettement visible, seul le quart supérieur du camembert (car c’est un camembert !) n’est pas caché par le socle. La statue a été fondue en Italie (références au dos du socle en italien, pour ceux que cela intéresse).

Une vieille gitane trimbale ses trois poneys délabrés dans la partie nord du parc, sans qu’aucun enfant ne se préoccupe d’eux ni d’elle. De l’autre côté, une cabane fermée, rayée de blanc et de vert, aux couleurs des marionnettes du Ranelagh, annonce qu’il s’agit de la fermeture saisonnière d’hiver.

19:20 Publié dans 1295, Aujourd'hier, MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Photographie, écriture

Porteur d’autres

Samedi, huit heures et demie du soir.

    Comment, dans une journée aussi mouvementée, ai-je trouvé le temps – outre 150 pages lues et tout le boulot abattu – d’écrire neuf (maintenant dix) de ces petits textes insignifiants qui, dès demain, peupleront le vide de mes carnets de leurs flèches dominicales (ô églises !) ?

09:31 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne

mardi, 09 janvier 2007

« mange un citron »

Ce n’est rien

                 Tout cela n’est rien

                                            Du cinéma trois fois rien

                                            Trois fois rire de leurs larmes

                 Rien qui ne te lasse

Rien, assez.

07:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Poésie

dimanche, 31 décembre 2006

Instantané, 30 décembre vers midi

    Le gros pavé était posé sur la Kangoo de Marie-Josèphe. Six pages du pavé lues, une bergeronnette grise aux aguets. Elle sautille avec nervosité, sans se prendre aux lignes de l’échiquier. Mon manteau tenait le haut de la plage.

14:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écriture

lundi, 25 décembre 2006

Amour vénal et name-dropping

24 décembre. 11 h.

    J’ai placé, sur la platine multi-disques, le CD du trio de Pierre-Alain Goualch, que je n’avais pas écouté depuis le printemps. Tant que j’y suis, la proximité alphabétique m’ayant remis le coffret de Fred Hersch en mémoire, je décide d’écouter, dans la foulée, le disque que le pianiste a consacré à Cole Porter ; fort logiquement, colportant mes goûts dans le salon de musique, je programme ensuite le CD du Patrice Caratini Jazz Ensemble, Anything Goes, car je veux, notamment, comparer les deux versions de « Get Out of Town » (Hersch et Caratini). Entre-temps, le second morceau du disque de Pierre-Alain Goualch a débuté… il s’agit de « Not for sale », réécriture de Love for Sale, de… Cole Porter.

Il faudrait maintenant aller pêcher, dans le coffret idoine, la version que Miles Davis et Coltrane ont enregistrée de Love for Sale. Cela ne manquerait pas d’ouvrir la voie à de nouveaux rapprochements (Oscar Peterson ? Coleman Hawkins ? Ornette Coleman ? Bix Beiderbecke ?). Unissons nos efforts, encore affermis par la douceur du temps qui pèse.

00:10 Publié dans Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz

dimanche, 24 décembre 2006

Op. 76

23 décembre. 11 h 40.

    Coincé dans le gel, j’écoute les Pièces pour piano op. 76 de Brahms (dans l’intégrale enregistrée par Idil Biret entre 1990 et 1997). Peu à peu reprendre pied dans l’écriture, abandonnée presque une quinzaine, et peut-être dans les traductions de poèmes, délaissées plus de huit jours. Un soleil pâle perce à travers la brume, puis les glissandi s’apaisent. Vais-je m’endimancher d’inquiétude, en ce premier samedi où je peux, enfin, glaner quelque repos ? (Nous devions être sur la route, ou, à cette heure, dans le salon de la maison de mes grands-parents paternels, à Saintes. Si je songe aux familles, aux destinées familiales, il y aurait aussi à signaler les 51 ans de ma tante, la sœur de ma mère, que je ne vois plus qu’une fois l’an.)

23:50 Publié dans 721, Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, Ligérienne

Surlendeveille

    Ce simple mot, aujourd'hui, n'a guère de sens ici. Souvent, dans mes carnets, j'écris une note que je publie plus tard, un autre jour, dans le futur incertain. Il m'arrive même de jouer de la discrépance entre les deux dates. Aujourd'hui, comme le savent les vains érudits, est un pléonasme (hui tirant son origine du latin hodie : heute !). Pour fêter la discrépance, mais aussi la veille de Noël, avec son cortège de doutes, je fonde en ce jour une nouvelle rubrique, Aujourd'hier (histoire de fuir un peu plus mes responsabilités : que sont devenues les Vertes voltes et les Tropographies, hein ? en standby, today of all days !).

 

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Aujourd'hui, donc, soit cette nuit (mais depuis hier soir), j'ai eu dans la tête l'une des chansons du Soldat rose (cette resucée sans saveur d'Emilie Jolie (merci, une fois encore, à l'illustre M. pour son manque d'audace et sa mollesse conformiste)), Chien et chat. Que ce titre soit chanté (casserolesquement) par Shirley et Dino n'enlève rien à l'agacement qui naît d'en avoir la mémoire saisie.

 

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En ce moment, je n'écris guère, mais je vous livre quelques liens pour vous rafraîchir la mémoire.

12:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature