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vendredi, 27 mars 2020

252–Leonhardt–Clavecin

 

    C’est une idée, de ne pas ordonner les chapitres dans le livre par ordre chronologique d’écriture mais de rebrasser, à condition – il me semble – de laisser les numéros de chapitres tels quels. On peut faire flèche de tout bois, y compris des animaux sauvages qui vivent près de nous à ras de béton.

Synonymes de poseur, je pose ça là : affecté, esbroufeur, frimeur, pédant, snob, m’as-tu-vu, avantageux, plastronneur, fanfaron, bêcheur, pontife, minaudier, prétentieux, compassé.

Des titres de gloire. Embrayeurs. Les doigts sur le clavier ont besoin de déclics.

Ça pourrait avoir de la gueule, ce livre composé de façon rigoureuse à partir de chapitres (quadrilatères) coupés de leur chronologie, mais en gardant les n° d’opus. La question non résolue consiste à déterminer que faire des doublons (donc des quadrilatères à cinq ou six côtés).

 

19:02 Publié dans Fall in Love, Fièvre de nombres, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

251–Assad&Assad–Guitares

 

    Qu’il faille écrire tidbit plutôt que titbit, affaire de choix, pas même de géographie. Sortir de ces impératifs souvent discutables liés à des simplifications géographiques. Si j’étais écrivain de langue anglaise, je prendrais la liste de tous les termes écossais de l’OED, par exemple, et j’essaierais d’écrire un texte unique en les utilisant tous. Ce genre de connerie quoi. Et qu’en anglais nichon et mésange se disent pareil, ça vous évoque quoi. Toujours ces questions qui n’en sont pas. Tidbit et titbit sont au diapason.

 

18:54 Publié dans lactations : déSastre, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

250–Soyeon–Piano

 

    Un mec avec un maillot rayé de rugby passe en courant, à deux à l’heure. Le hérisson de l’an dernier le dépasserait sans mal.

Non, je trouve ça poseur, creux, ce truc de se la jouer, j’écoute Scarlatti et j’écris à partir de Scarlatti.

Ce n’est pas cela.

Juchée sur le lampadaire, une tourterelle se nettoie vigoureusement les ailes.

C’est curieux, chez les marins.

 

18:47 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

249–Hantaï–Clavecin

 

    Le portefeuille rose contient des millions en petites coupures, en signes cabalistiques gris foncé. Foncez. La guimbarde emporte le portefeuille rose avec son propriétaire un couteau dans la nuque (aïe). Pour cailler, ça caille. Franchement, Fanchon, tu crois que ça amuse qui ? Quiproquo.

 

18:42 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

248–Brodin–Clavecin

 

    Toutes les métaphores ont été usées, jusqu’à la corde, et ravalées, jusqu’à la gueule. Au point de les rembarrer, tout confondre. L’apocope a de quoi séduire. L’apo a de quoi séd. Les métaphores n’en peuvent mais : orée du texte, lisière d’un bois (j’en ramasse).

Les feuilles de néflier, par cinq, ont poussé de plusieurs centimètres, en à peine deux semaines. Je ne vois qu’un des deux néfliers, de la fenêtre où je travaille. Est-ce que ça change quelque chose, volets fermés ou fenêtre donnant sur le bleu du ciel, le lampadaire, le crépi du 9, la barrière en plastique vert renforcé, et surtout donc le néflier. À la façon d’écrire ou à l’écriture, veux-je dire : est-ce que ça change quelque chose ? Hier en fin d’après-midi une pie s’approchait en sautillant du cageot à godasses. Cinq.

Les services de réa sont d’ores et déjà saturés.

 

07:57 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

247–Gilels–Piano

 

    Le type qui n’a pas revu le renard la renarde, et qui n’a pas encore parlé de la portée de hérissons sous la dalle la terrasse, porte un gilet rayé et vous convie : à la revoyure ! Il n’a pas encore décidé s’il garderait l’ordre des chapitres ou s’il donnerait un coup de pied dans la fourmilière. Et puis quand ça serait un livre, vous n’en réchapperiez pas.

Il parle de son porte-clés en moins de 280 signes (ça laisse à désirer).

Le type qui n’a pas encore évoqué la portée de hérissons rêve en clé de sol (ça ne s’invente pas).

 

07:56 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

247–Gilels–Piano

 

    Le type qui n’a pas revu le renard la renarde, et qui n’a pas encore parlé de la portée de hérissons sous la dalle la terrasse, porte un gilet rayé et vous convie : à la revoyure ! Il n’a pas encore décidé s’il garderait l’ordre des chapitres ou s’il donnerait un coup de pied dans la fourmilière. Et puis quand ça serait un livre, vous n’en réchapperiez pas.

Il parle de son porte-clés en moins de 280 signes (ça laisse à désirer).

Le type qui n’a pas encore évoqué la portée de hérissons rêve en clé de sol (ça ne s’invente pas).

 

07:17 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

246–Andjaparidze–Piano

 

    Sur le carreau. Je voulais commencer par là, mes pieds glacés malgré les chaussettes et à cause de l’oubli, à la chambre, des pantoufles, une scène d’écriture vraiment minable. Mais il ne faut pas lésiner. Doigts froids aussi, et volets fermés, bref à peine brossé ce tableau tout de suite à jeter à la benne. La veine annonce le venin ; saturation des réseaux.

 

07:08 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

245–Rotarie–Accordéon

 

    Les postiers désormais passent trois fois par semaine, au plus. Les hôpitaux connaissent l’urgence inverse, services de réa saturés en Europe – partout bientôt ? Une moustique accélère (encore) la course du temps. Ne pas connaître le terme, cela demande un peu de patience face au clavier.

 

07:04 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

245–Malcolm–Clavecin

 

    La course contre le temps, les hôpitaux connaissent cela, services de réanimation saturés en Europe – partout bientôt ? Sous la moustiquaire on aurait pu composer des chants (d’éloge). Ne pas savoir où ça mène, ne pas connaître le terme. Les éboueurs passent moins souvent que la factrice.

 

07:00 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 26 mars 2020

244–Filipec–Piano

 

    Elle a rêvé du fennec, alors elle m’en a parlé, au téléphone évidemment.

Distanciation sociale.

Avoir traduit un poème sous ce titre aujourd’hui, et être toujours aussi bête.

Une amie qui rêve d’un fennec, du fennec, je ne sais plus.

Et moi je me rappelle soudain que le tournant du livre, désormais, le quinzième tournant du livre ou peu s’en faut, ce devait être le hérisson.

La portée de hérissons sous la terrasse.

L’an dernier, il paraît, j’aurais dit il y a deux ans.

La portée de hérissons, et qu’importe le flacon.

Qu’emporte la sonate ces pages arrachées à la nuit.

On est face à son clavier ainsi, et l’amie raconte ses escapades provençales, le rêve du fennec, tandis que les photos du tinamou huppé, du vanneau tréro et du tatou pichi.

Vagues rouges, ça ne s’invente pas.

Verre cassé.

Socialisation distante, comme l’étoile de mon luminaire.

 

22:32 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

243–Belder–Clavecin

 

    Moi aussi j’ai mes deadlines hein, je sais quel butoir toucher au 31 mars, ce n’est pas dans longtemps je vous ferai remarquer. Un verre casse, je ne vais pas rompre le couvre-feu pour si peu.

Imaginer le sous-sol d’un pavillon dans un coin de La Membrolle envahi par les caisses et les cageots de verre à recycler.

Le poivrot, quand passe-t-il nous siroter l’apéro. Clope au bec on se salue, bien franchouillards les mecs, surtout ne changez rien à vos menées, et pas marcher sur vos brisées.

Ça y est, ça me revient : le hérisson.

 

22:25 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

242–Debargue–Piano

 

    Du haut de l’hélicoptère on t’envoie par vingt brasses de fond, cabine téléphonique, on te largue, aspirateur lourd buté sur la madrague. Je revois bien les trois machines à écrire sur lesquelles j’ai écrit des paquets de textes, très enfant sur la petite Olivetti, adolescent à Talence sur une plus reluisante aux touches douces. Les éboueurs passeront, quand.

 

22:21 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

241–Afanasova–Piano  

 

    Quel est ton thème quel est ton texte à quelle espèce appartiens-tu ? Toi aussi essaie d’écrire en pantoufles clope au bec et sans jamais te recoiffer, fastoche même en temps de confinement avec toutes échoppes de coiffure closes. Ça y va ça y va ça y va ça y va. Le ruban casse pas grave.

 

22:17 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

240–Puyana–Clavecin

 

    Délaissés-pour-compte.

En solde les pas-bien-nés. Soldés, aux fraises ! Le corps virulent jeté au fond de la crevasse. Qu’on s’en fout de vos garriguettes, on préfère les maras des bois.

Aux pommes dans la baignoire, un couteau ousque je pense !...

Les pas-bien-nés, les crève-la-faim, ouste, au chantier sans masque et sans prime.

Ça n’en parle pas, coco, dans ta rhétorique de service après-vente.

Traits d’union partout, syndicats nulle part.

Traits d’union partout, individualisme & applaudissements aux fenêtres surtout.

Le justaucorps jusqu’au haut du corps. Quelle morgue ! Aux pivoines, je vous dis ! Aux petits oignons… la morgue que c’est… Mulhouse I lost lost.

Dès demain à l’heure où croupit la bronchiolite je ne comprendrai pas moi-même ce que j’ai écrit.

Normal, j’expectore.

Le duc d’Orléans richement vêtu, et moi en pyjous. Honoré !

 

09:30 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

239–Wellborn–Piano

 

    L’échange sans les corps – ou seulement avec leur fantôme, leur fantasme, leur projection caverneuse – est donc possible… ou illusoire ?

Possible, allons, pas de scepticisme.

La nation apprenante (autre formule débile que l’on pourra porter au débit de Blanquer et de son équipe de branquignols) le sait, en toute positivité du fantasme.

Ça galope sur le clavier.

L’échange sans la présence réelle des corps est donc possible. Et donc, vlan, continuité pédagogique. Ce n’est pas la bite de Benjamin Griveaux qui me dira le contraire.

 

09:23 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

238–Larson–Piano

 

    Échanger, qu’est-ce, au fond ? Comment échanger sans jamais que les corps ne s’approchent ? Les moyens techniques aident à ça, bien sûr, de sorte que la fameuse « continuité pédagogique » est grandement facilitée par le Web et ses divers biais.

Oubliés de la parade, les enfants, adolescents et adultes avec peu de matériel informatique sont laissés pour compte.

 

09:18 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

237–Grante–Piano

 

    Le moi est haïssable certes, mais si tel est notre seul accès au monde, ou presque (c’est-à-dire qu’on n’accède au monde qu’en échangeant soi-même avec autrui), en découle-t-il que c’est le monde qui est haïssable, ou l’accès au monde ?

Les éboueurs passeront selon un calendrier aléatoire.

 

09:07 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 22 mars 2020

236–Colombo–Piano

 

    L’océan qui outrepasse la Loire sans emprunter les ponts pointe en haut de la butte, s’immisce coule tranquillement, arrive au muret où il s’arrête, interrompant mes réflexions sur je ne sais quoi, peut-être sur le marc de café jonchant l’herbe, avec les plumes du ramier qui a heurté hier la vitre du bureau mais dont on n’a pas retrouvé le cadavre même en regardant aussitôt, il était reparti, n’y laissant que quelques plumes, et donc l’océan s’arrête là au muret, sans insister, sans refluer non plus, la voisine d’en face me salue en me répétant plusieurs fois « je suis vaccinée de toute façon » et « ils nous embêtent avec leurs histoires ».

Une palombe de sinople sur la toge, j’observe la marée.

Quand l’océan a englouti mon texte sans m’engloutir moi-même j’ai été drôlement content, j’ai sniffé le marc pour la peine, on se gondole.

 

18:07 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

235–Ares–Clavecin

 

    Tous ces béliers qui se sont enfuis, qui courent de par les rues de toutes les villes, ne rendront pas la renarde. Je tournais depuis plus d’une heure autour de ma maison, trop cassé, trop lassé pour remplir une énième attestation ou pour retrouver la gomme me permettant de réemployer la même pour la troisième fois en six jours et je marchais donc dans mon jardin, avec les murets, les escaliers, les petites pentes, en observant chaque plante et chaque objet, chaque débris minuscule, chaque recoin du ciel. De rudes béliers !

 

17:59 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

234–Fedeli–Piano

234.JPG

    Tandis que l’océan et les mers partout descendaient, que l’estran et le rivage devenaient invisibles, cinquante-et-une stations balnéaires, de par le monde, ont été englouties. Aucun expert ne comprend. Les papillons qui butinaient les mûriers errent, en peine. Mme Pénicaud s’affole : le cours de l’action de Pierre & Vacances a chuté de 31% en 1 seule séance.

 

17:51 Publié dans lactations : déSastre, Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)

233–Demeyere–Clavecin

 

    Cette nuit, les mers ont commencé de descendre. Brusquement. Puis se sont arrêtées.

Contre toute attente, à l’opposé des scénarios scientifiques récents.

Bien des gens, et même des experts, se demandent si ce phénomène est lié à la pandémie.

M. Emmanuel Macron s’inquiète : la Bourse dévisse.

 

17:45 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 21 mars 2020

232 –Mancilla–Guitare

 

    Cent signes pile. Quelle coïncidence est-ce là. Et surtout être arrivé à écrire presque mille signes en quatre minutes pour se retrouver à devoir retrancher. En quarante secondes. Il y parvint, mais non sans rendre étrange son texte, ce qui n’a rien pour le rebuter, d’ordinaire.

[S’ensuit phrase avec jeux de mots idiots sur le mot rebut. Caviardons-la !]

Sur le point de battre le record du quadrilatère le plus rapide, le fumet de la soupe de poireaux lui baignant les naseaux, le bourrin l’écrivain découvre que cette sonate existe aussi dans d’autres transcriptions et la tentation est trop grande.

L’araignée à six pattes ou la renarde près des parpaings deviennent ses figures tutélaires.

[Pourquoi tutélaires plutôt que titulaires ? Les dieux lares sont hilares.]

Il s’en passe, des belles, mais aucune « réinvention de la littérature ».

 

11:01 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

232 –De Preissac–Harpe

 

Au moment de clore son texte l’écrivain petit-bourgeois voyant qu’il restait quarante secondes avant la fin de la sonate découvrit que le texte était trop long de cent signes, de cent signes précisément. Et doit donc retrancher. En quarante secondes. Il y parvient mais non sans rendre étrange son texte, ce qui ne le rebute pas.

Phrases rebutées, virgules retranchées, et l’écrivain petit-bourgeois lui-même mis au rebut. Sur le point de battre le record du quadrilatère le plus rapide sa soupe faite le type découvre que cette sonate existe aussi dans des transcriptions pour guitare ou pour harpe et la tentation est trop grande. Le mouton à cinq pattes ou la renarde sous le merisier sont des figures.

L’écrivain petit-bourgeois réinvente petitement la géométrie. Et la biologie aussi. 

On attendait de toi que tu réinventes la littérature.

 

10:53 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

232 –Carrieri–Clavecin

 

    En train de battre le record du quadrilatère le plus rapide l’écrivain petit-bourgeois sa soupe faite & son texte écrit à propos de la soupe qu’il fit (et qui cuit en faisant elle aussi déborder le couvercle) découvre que la sonate existe aussi dans des transcriptions pour guitare ou pour harpe et la tentation est trop grande pour qu’il y résiste : on va encore se retrouver avec sur les bras ou devant nos yeux qui n’en peuvent mais un quadrilatère à six côtés.

L’écrivain petit-bourgeois réinvente petitement la géométrie. Comme il est nul en mathématiques il ignore si la question des nombres premiers relève aussi de la géométrie ou s’y applique. Même le vocabulaire pour se faire comprendre manque. Y a-t-il une application géométrique du fait que le nombre 2020 soit un des rares à être la somme de quatre carrés premiers consécutifs.

 

10:47 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

231–Dupouy–Clavecin

 

    On veut un texte qui déborde de partout, pas un texte économe.

Cette phrase m’a été dictée par une première phrase, qui n’est donc pas la première (phrase zéro ?), et pas même une phrase, plutôt une bribe : la soupe se prépare avec un économe.

Un épluche-légumes, si vous voulez.

Qu’en anglais souvent avec hyponyme on nomme potato-peeler.

Toujours la métaphore vaseuse se faufile : économe > économe.

Toujours.

Toujours est-il que ce qui importe c’est l’idée du texte qui déborde, de partout ; plus de couvercle à confiner.

Onze clore.

 

10:41 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

230–Jordan–Piano

 

    L’écrivain petit-bourgeois fait sa soupe de petit-bourgeois tandis que remontent les saveurs de l’enfance et les souvenirs encore frais, voir mon père jardiner. L’asyndète n’est pas gênante ; l’écrivain petit-bourgeois se goberge de ce genre de vétille sans péril. Surtout éplucher et couper l’oignon sans pleurer. La soupe cuit dans le faitout fenêtre ouverte.

 

10:34 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

229–Mažuran–Clavecin

 

    J’ai coupé et épluché des carottes, nettoyé et émincé des poireaux, pelé et coupé un navet, déposé un bouquet garni, épluché et coupé des pommes de terre (me suis trompé dans l’ordre des verbes pour les carottes), épluché et coupé un oignon (sans pleurer). Voilà ma soupe aux cinq légumes.

 

10:30 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 20 mars 2020

228–Speranto–Clavecin

 

    J’écrirai bientôt un dernier texte au sujet des écrivains qui publient leur journal du confinement et j’en serai débarrassé, de cette gangrène, de ce cancer, de cette peste. Le truc qui est venu briser mon bouquin, faire bifurquer ma trajectoire, je devrais le saluer, l’admettre, l’accueillir. Non. Je ne le fais pas.

Non. Je ne le fais. Au lieu de cela je râle et vitupère. Pourtant un truc qui bifurque depuis le début je ne cherche que ça, et puis le grave virus était déjà là fin 2019, j’eusse dû être plus clairvoyant. Mais un renard qui fait dérailler mon train, ça je le veux.

Choisir enfermé en soi-même ce qui sied comme dérangement, ce n’est guère stoïcien. Quelle surprise.

Au moins je garde la voie tracée par le clavier.

Tant que le clavier (désinfecté ou pas, qu’importe à ce stade) me guide, je ne suis pas égaré, éperdu à crier.

 

17:48 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

227–Beloica–Accordéon

 

Les tombeaux sont placés aux frontières des deux mondes, dans la Bartonie, à la limite de la Sudavie, près d'un lac d'où sort la rivière d'Angerap. Dans un suprême effort les régiments éloignés pourraient donc mettre sur pied une armée de 100000 hommes, à la lisière de la Picardie et de l'Île-de-France, contrée bâtarde où le langage est sans accentuation. Aux bords de l'humaine nature demeurant j'étais mûr pour le trépas, et, par une route de dangers, ma faiblesse me menait aux frontières du monde et de la Cimmérie. Accord.

 

17:42 Publié dans Droit de cité, lactations : déSastre, Xénides | Lien permanent | Commentaires (0)

227–Papadakis–Piano

 

    Les tombeaux sont placés aux confins des deux mondes. Elle est dans la Bartonie, aux confins de la Sudavie, près d'un lac d'où sort la rivière d'Angerap. Dans un suprême effort les confins pourraient donc mettre sur pied une armée de 100,000 hommes. On est ici sur les confins  de la Picardie et de l'Île-de-France, contréebâtardeoùlelangageestsansaccentuation. Sur les confins de l'humaine nature demeurant. J'étais mûr pour le trépas, et, par une route de dangers, ma faiblesse me menait aux confins du monde et de la Cimmérie.

 

17:37 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

226–Martinoli–Clavecin  

 

    La clé des confins. Du Sénégal au Cameroun par les confins libyens. Aux confins de la science. La Trilogie des confins. Le fer aux confins de la vie. Aux confins des ténèbres : les fous littéraires. Les confins albanais administrés par la France. Les confins du jour. Le Forez pittoresque et monumental: description du département de la Loire et de ses confins.

 

17:29 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

225–Rubinsky–Piano  

 

   Je veux mettre confin au singulier. Ce sont les confins, c’est le confinement. Ce mot partout qui a déjà envahi comme un cancer mon livre. Il faudrait savoir déraison gagner et s’y soustraire ; je vais donc épuiser ce mot, le démultiplier, et puis j’en serai débarrassé de cette gangrène !

 

17:19 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 19 mars 2020

224–Haas–Clavecin

 

ainsi irait la quête du graal

avec des sourcils, des gaffes

pour pousser cette pirogue et

avancer sur le canal jouer du

chaabi ou quelque raag, usant

de sourcils là sur les signes

Charon mène pépouze sa barque

le vieux pépère maastrichtien

titube et s’étale de son long

ce n’est rien dit-il je me re

lève, il reste affalé & caron

sourcil inversé oublié dessus

la pétoire du poulet baasiste

(var. : le flingue du flic ir

akien) mène idem le canot qui

s’avère être une gondole (ai-

je une tête à mener l’enquête

) les boys bandent dit Solaar

& ça remonte à loin ça va che

rcher dans les quoi la vache,

alors que lisant Aïgui, l’œil

aiguisé à l’affût tchouvache,

comme l’oreille à l’afrikaans

en lisant Breyten jadis oh ça

ne rime à rien joseph d’arima

thie je t’implore, c’est bête

ne pas savoir quel terme rima

pour qu’un vers intraatomique

s’immisce au poème quantique.

 

11:35 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

223–Colombo–Piano

 

à Françoise Guichard

 

choisir le premier vers

est parfois rude tâche,

et avoir plusieurs fers

au feu quel cache-cache

qu’Athéna aux yeux pers

ne juge pas qu’on gâche

l’eau glauque des mers,

oh d’algues façon bâche

plastique trouée dévers

ées sur nos étés, lâche

ment tel le vil pervers

bouclé à ce qu’on sache

avance, & de jeux amers

qu’on reprenne ou lâche

tu fabules tes univers,

ne fais pas le bravache

à croire que tu te sers

1 bonne part du potache

(l’alsacienne se fâche,

son accent pas du Gers)

marchant dans les abers

trouver ça un peu vache

choisir le dernier vers

 

10:57 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

222–Ross–Clavecin

 

les coronilles sent

ent bon les jonquil

les sentent bon les

néfliers verdissent

de frais de tendre,

dans le parfum doux

des jonquilles, qui

embaument, fleurent

bon le petit mousin

a dit de fleurir et

nous avons dansé la

danse du limousin l

es coronilles de le

ur jaune de leur ve

rt sentent bon & le

s jonquilles senten

t bon & zéro kérosè

ne largué par avion

ainsi ça fleure bon

 

10:25 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

221–Grante–Piano

 

commencer par les

bourgeons des néf

liers dont le ver

t apparaît, cette

semaine d’avant-p

rintemps, vert oh

si tendre, ne par

ler que de cela &

oublier le reste,

allons, tu parles

de rien autre déf

initivement hiver

nant, une recette

facile, l’avant-p

ropos (d’Atropos)

vert doux à l’est

uaire si funeste.

 

09:47 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 18 mars 2020

220–Aldini–Épinette

 

    Je griffonne des idées de textes au dos de feuilles récupérées à la fac, et sur lesquelles se trouve un exercice de compréhension anglaise de première année que je parviens à faire, mais sans comprendre deux des quatre dessins de Gary Larson qui le constituent.

4 dessins pour un quadrilatère.

Il manque les légendes (c’est le sens de l’exercice).

À la fourche d’un arbre, un nid sur lequel est posé une jeannette avec un fer à repasser fumant.

Dans une cour de prison un sergent qui allume la cigarette d’un condamné à mort lorgne d’un air affolé vers ses trois acolytes, fusil en joue, tandis qu’à l’arrière-plan, à la fenêtre d’une maison en flammes une femme crie au feu.

Un vieillard (Dieu ?) sort du four un plat contenant une planète fumante ; un paquet de EarthQuik est posé sur la table de la cuisine.

Trois dinosaures fument en cachette.

 

07:34 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, lactations : déSastre, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

219–Haas–Clavecin

 

Se passer les mains sur le visage, la main droite plus froide, afin de soulager sa migraine. Hier, le thé détox. C’est plus pour boire quelque chose de chaud et vider les placards. Bizarre cette manière de considérer que tout doit disparaître, inquiétant présage aussi tandis que monte le rhume.

Deux grandes mugs de thé détox auront éloigné le rhume qui montait. Dans le roman la narratrice trouve des aliments périmés depuis des années, qu’elle consomme, et ici, le poivre périmé en 2007 arrache encore la gueule, dans la soupe.

 

07:16 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

218–Kuzmina–Piano

 

    La poubelle jaune sur le trottoir que je prends presque à chaque fois – depuis la cuisine – pour la silhouette de la voisine en robe de chambre a été laissée là depuis lundi par la voisine d’en face, et il va bien falloir lui dire que les éboueurs ne passeront plus que pour les ordures ménagères (donc pas la poubelle jaune), et encore pas aux jours habituels.

 

07:09 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

217–Daito–Clavecin

 

    Il paraît que dès cette après-midi on entend beaucoup moins de voitures. Premières heures du confinement (mardi 17).

Mais les hélicoptères.

Mais le kärcher.

Peu de chiens en laisse ou autrement depuis dimanche.

Raser : apprendre à composer des phrases d’un seul tenant, dans la coulée de lave.

 

07:04 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

216–Bae–Clavecin

 

    Devant lui, sur le plateau du bureau, les griffonnages de la veille, qui serviront aux compositions futures. Ne pas oublier, bientôt, de rester sur son pré carré.

Ces types jouaient comme des peintres, on leur a mis une de ces pâtées…

L’autre qui se pointe en chien parce qu’il a vu ma pote pleurer, je te dis pas.

Revenir aux poteaux carrés de 1976, la kyrielle a fait long feu.

Ou pas, à pas feutrés.

Le défenseur s’emmêla les crayons : but contre son camp.

J’ai un œil à Paris et l’autre à Pontoise.

Le vieillard attablé voulait qu’on le serve gratis.

Quelques lecteurs m’écrivent pour me dire que je suis un raseur, mais déjà je m’étonne d’avoir des lecteurs.

Impression de parler à un mur.

Cette fois-ci plus d’idée de rebond et tant mieux car sinon c’est lui qui finirait toutes proportions gardées par marquer contre son camp.

Contre son quand ?

 

06:54 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

215–McCabe–Piano

 

    Où. Quoi. Comment.

Édouard Philippe dit que les ouvriers peuvent travailler sur les chantiers, mais qu’on ne peut pas se rendre à l’enterrement de son meilleur ami.

Dans quel. Monde. Pourquoi.

Ce gouvernement peut tenter de se peinturlurer, de se repeindre en rouge, de maquiller ses forfaitures de ces trois dernières années sous un rimmel puant de fausseté, la vérité en demeure de tels discours démontrant l’absence d’humanité.

D’où.

Oui, interdire d’assister aux obsèques, mais aussi tout travail non essentiel.

Par quelle vilenie.

 

06:43 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

214–Andreeva–Piano

 

    Mélismes, douceurs, rubatos. Je parle ici de l’interprétation d’Eduard Kunz dans la 213, propos déplacé. L’irruption du renard sera nettement plus convaincante. Difficile toujours de faire concorder, et puis si on cherche le point de rupture autant avec Isidore Isou se déterminer à la discrépance. Battre la campagne, en demeurant en ville (tours de “jardin”).

 

06:33 Publié dans lactations : déSastre, MUS, Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (0)

213–Kunz–Piano

 

    Reverrons-nous le renard, maintenant que nous sommes confinés ? Lui (ou elle) ne l’est pas. Cette image — ce moment — qui demeure malgré tout, et pourquoi. Est-ce son pouvoir d’irruption. La bête brisant la mise en scène, l’ordonnancement. D’ailleurs ce texte toujours cherche à se rompre.

 

06:25 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 17 mars 2020

212–Aubin–Clavecin

 

    Clavier où je cherche un horizon, où je me triture. On n’a pas vu la fin de ce long chemin, à moins que je ne clabote à m’en époumoner en ce printemps singulier. Naïf. Faudrait que je finisse ces 555 textes sans trop tarder, pour en faire mon opus posthume. Il paraît que parler des malheurs ne les fait pas advenir. N’empêche que la superstition a de beaux jours devant elle, d’autant que les mêmes abrutis qui gueulent après toute la misère du monde et n’auraient pas un regard pour les réfugiés ni une pensée pour ces gens qui fuient guerres et atrocités se ruent pour dévaliser les rayonnages et provoquer une pénurie de papier toilette. Sans commentaire.

Connards. Ordures. N’y a-t-il pas d’autre mot, moins ordurier justement ? Faquins, vous plaisantez : fumiers. Intempérance du verbe quand le réel n’est pas tiède. Nuisibles. Salauds.

 

17:32 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

211–Zahharenkova–Piano

 

    Les mesures de confinement varient en fonction des gens : la taille de ton salon, la taille de ton jardin. Non, pas ce à quoi vous pensiez. Et le taille-haie : comme aux beaux jours le bordel des chignoles remplace le tohu-bohu des autos. Odeur des crèmes au chocolat, dans la cuisine en ébullition. Soleil tiède sur les neurones froids. Et comme ça bataille. L’appétit aiguisé appliquer le taille-crayon au logiciel de traitement de texte. Enlève-moi cette phrase. Tohu-bohu panpan cucul. Tailler un costard à la manie de citer.

 

17:12 Publié dans Droit de cité, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

210–Ross–Clavecin

 

    Ça ne confine pas, ne se confine pas, on ne se confine pas, donc ça confine à l’absurde.

Confiner à l’absurde n’est pas se confire dans l’absurdité.

Ou l’aberration.

Vous aberrez, ignorez-vous les mesures de confinement ?

Les mesures de confinement varient en fonction des gens : la taille de ton salon, la taille de ton jardin.

Ne pas se confier à son meilleur ami.

 

17:07 Publié dans lactations : déSastre, MOTS, MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

209–Vlahek–Piano

 

    Quelques heures après l’entrée en vigueur des mesures de confinement, je suis allé me promener et n’ayant pas de raison valable, j’ai ramassé plusieurs crottes de chien que j’ai ensuite trimbalées dans un seau, prenant au mot le ministre : « accompagnement des besoins naturels du chien ».

 

16:54 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

208–Mesirca–Guitare

 

    Pendant que mon chien tenu en laisse accomplit ses besoins naturels j’exhibe l’attestation me donnant le droit à cette sortie quotidienne, quoique personne ne l’ait demandée et même s’il n’y a pas un chat aux alentours.

Ma gabardine est rembourrée.

J’ai bien des attestations dans les poches de ma gabardine.

J’ai une attestation qui m’autorise à aller à la jardinerie, qui est fermée.

J’ai une attestation qui m’autorise à aller pousser de la fonte sur les bords de Loire.

J’ai une attestation pour aller porter un petit pot de tapenade à ma vieille bisaïeule de l’autre côté du périphérique.

J’ai une attestation qui m’autorise à faire les courses ainsi qu’à faire faire son tour quotidien au chien.

Il y a même une circulaire qui m’autorise à aérer le bocal du poisson rouge.

J’ai une attestation qui m’autorise à arroser mon anthurium.

J’atteste.

 

07:41 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

208–Rondeau–Clavecin  

 

    Pendant que mon chien accomplit ses besoins naturels je déplie mon attestation pour la montrer au policier qui la réclame et qui, satisfait de voir que je n’enfreins pas le décret sur l’accompagnement des besoins naturels de l’animal domestique de genre canidé (c’est le nom officiel du décret), commence à vitupérer les gilets jaunes, et comme je lui demande si là est vraiment encore le problème, lui, non sans me menacer de me coller 1 insulte à agent (qu’eût-ce été si j’avais dit qu’il avait mieux à faire que débiter des opinions rudimentaires à un pékin tenant une laisse), il m’explique doctement que le Covid19 est un gilet jaune, et même une manipulation des gilets jaunes, que les courbes de cas et de décès sont toujours en jaune, et que les représentations du virus sont toujours de forme de rond-point, n’est-ce pas une preuve.

 

07:31 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

208–Schiff–Piano

 

    Pendant que mon chien chie je déplie mon attestation pour le policier qui me la réclame. 

Pendant que mon chien s’ébroue je demande au policier de m’expliquer ce que signifie « accompagnement des besoins naturels du chien ».

Pendant que mon chien piaffe, j’explique au policier que son ministre n’a pas bien agencé les mots.

Pendant que mon chien s’excite sur la botte du policier en la prenant pour quelque femelle – dieu seul sait où se cachent les phéromones et où se tapit l’infernal virus – le policier me lance : Le moindre solécisme en parlant vous irrite / Mais vous en faites, vous, d’étranges en conduite.

Pendant que mon chien s’éclate je déclame du Rimbaud avec le flic.

Pendant que mon chien s’essuie la rondelle avec un des 712 rouleaux de P.Q. que le policier prévoyant garde dans sa voiture, je m’enfuis en lui laissant la laisse.

 

07:14 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

207–Belder–Clavecin

 

    L’homme esseulé désormais confiné se rédige une attestation pour aller chez le psychiatre.

L’homme esseulé confiné se rédige une attestation pour aller acheter le pain.

L’homme désormais confiné se rédige une attestation pour travailler.

L’homme esseulé désormais se rédige une attestation, pour se promener (son activité physique).

L’homme seul désormais confiné se rédige une attestation pour faire chier son chien (une fois par jour seulement).

L’homme esseulé aussi confiné se rédige une attestation pour ne pas prendre une prune.

 

07:06 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

206–Perahia–Piano

 

     Nous qui portions chemises à jabot…

De liserons, de lierre.

volte.PNGSisyphe pousse un lourd rocher, pas une pierre.

Ici se situe un tournant. Mais tout le texte n’est fait que de tournants. Volte-face. À ne pas savoir quel est le pluriel de volte-face : des volte-faces ? des voltes-faces ? des volte-face ? Je penchais pour la dernière (invariable).

Le renard de s’enfuir.

 

06:57 Publié dans lactations : déSastre, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

205–Puyana–Clavecin

 

    Volets fermés, insomniaque, fatigué déjà du travail accompli, j’arrête pendant une minute pour ne rien faire d’autre ça : écouter Rafael Puyana.

Au casque.

Ni gel ni masque.

Ça y est, ça recommence.

Une minute sans penser au tumulte du monde ? Et même cinq ?

Est-ce trop demander, foutu crâne ?

 

06:51 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 16 mars 2020

204–Passos–Clavecin

 

    Pourquoi donc serais-je coupable ?

C’est simple.

J’ai décidé de commencer le 1er janvier 2020 ce texte, composé de quadrilatères de 2.020 signes, et donc de 555 textes composés en écoutant de manière linéaire les sonates de Scarlatti selon l’ordre du catalogue Kirkpatrick.

En choisissant le titre à l’aide d’anagrammes j’ai jeté mon dévolu sur le titre provisoire qui reste celui de la rubrique rassemblant tous les textes (y compris les doublons ou côtés doubles formant des quadrilatères à cinq côtés (je me comprends)). Or ce titre contient le mot désastre, avec un S majuscule rappelant la majuscule du nom de Scarlatti, donc : déSastre.

On peut aussi imaginer, me direz-vous (mais tu sais que tu parles tout seul), que ce soit l’année 2020 qui était vouée au cataclysme avec la structure arithmétique singulière qui caractérise son nombre.

 

15:39 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

203–Furlan–Piano  

 

    Il va y avoir matière à reparler de ce confinement mais au moment de reprendre le clavier (pour ce texte, car les ordinateurs n’ont cessé de chauffer pour le travail (le texte est un travail, mais enfin là n’est pas le sujet, je me comprends (me comprend-on ? je ne sais))), il m’apparaît (est-ce une anacoluthe ?) que je suis peut-être le seul coupable de tout ce qui se produit.

Le seul coupable, diantre ! Et pourquoi diable ?

Eh bien, c’est ce qui sera expliqué dans le §204 de ce texte, dans quelques instants… soyez patients…

 

15:18 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

202–Kozlova–Piano

 

    En quatre jours passer du déni à la plus grande détermination.

Je résume : jeudi dernier les écoles étaient encore ouvertes, et les gens qui comme moi réclamaient des mesures fortes (fermetures et confinement) passaient pour des agités, des agitateurs. Quatre jours plus tard on se prépare à un confinement long de toute la population.

Mieux vaut tard que jamais.

 

15:10 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

201–Jando–Piano

 

    Gardons, savourons ce moment de gaieté.

J’aime entendre ce doux roulis, le clapotis de cette mélodie aux confins du rêve.

Oh, il a écrit le mot confins !

L’harmonie, rompue ?

Newton cassa la mise en scène.

Non, pas Newton : Covid19.

Revoici le ruisseau roulant fraîchement : savourons le moment.

 

15:07 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 11 mars 2020

200–Ceysson–Harpe

 

    Deux claviers, et deux villes homonymes. Dans le ciel comme six pieds sous terre trouver une parenthèse. Ouvrir des parenthèses qu’on ne referme pas, des parenthèses sensibles.

Lire onces au lieu d’ongles.

Au lieu des onces éviter d’aller s’abreuver.

Les narcisses jaunes étaient gorgés d’eau ; je vous en ai apporté un bouquet. C’est le bouquet ! Sur le perron !

Et ce mot, perron, c’est quoi ?

Peut-on s’écailler l’ongle pour expliquer le mot perron ? Peut-on ouvrir une once, c’est périlleux.

Au péril de sa vie dans les ronces aller s’abreuver au lieu des onces.

Ça ne tient pas debout. Tant mieux car sur ces degrés où trônent, décaties, de vieilles pantoufles, mieux vaut ne pas tenir à grand-chose, et pas tenir debout.

Oui on fera taxi pour vous emmener voter, même si après le bouquet on ne tient pas trop à Bouchet et sa bouque de poisson.

 

19:47 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

200–Duanduan–Piano

 

    Deux claviers, et puis tous les autres. Dans le ciel comme sous le terreau trouver une parenthèse. Ouvrir des parenthèses qui ne se referment pas, qu’on ne referme pas, des parenthèses sourcilleuses.

Lire panthères au lieu de parenthèses.

Au lieu des panthères éviter d’aller s’abreuver.

Les jonquilles étaient gorgées d’eau ; je vous en ai apporté un bouquet. Mais le bouquet laissé des heures sur le perron s’est abîmé, tiges repliées.

Et ce mot, perron, c’est quoi ?

Peut-on ouvrir une parenthèse pour explorer le mot perron ? Peut-on ouvrir une panthère, c’est périlleux.

Au péril de sa vie aller s’abreuver au lieu des panthères.

Ça ne tient pas debout. Tant mieux, sur ce perron où trônent, défraîchis défoncés détrempés de vieux chaussons, mieux vaut ne pas tenir à grand-chose, et pas tenir debout.

Oui, on fera taxi pour vous emmener voter.

 

19:41 Publié dans lactations : déSastre, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

199–Rondeau–Clavecin

 

    Comme la poule qui grappille dans la boue à la recherche de petits vers & trouve un forficule, titubant des doigts gourds sur le clavier amovible l’auteur de ces lignes ajoute ou retranche des virgules, pour finir par donner raison à Gertrude Stein, & comme drogué, sur un nuage, mais attention à la redescente, l’auteur de ces lignes se dit qu’un texte imbitable c’est encore une concession répétée réitérée à l’hétéropatriarcat, de sorte qu’il vaut mieux pour soi-même se le désigner autrement, autrement aussi pour les autres.

 

19:29 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

198–Szalucka–Piano

 

    Retrancher une virgule. Ajouter une virgule. Retrancher deux, même trois virgules. Ajouter là et là encore une virgule. Enlever un mot. Une phrase. 198.PNGPondre quelques mots pour que ça coule mieux, du coulis, le petit jésus en culotte de velours (comme les kakis trop mûrs, paix à votre âme). C’est ça écrire, ben non bah oui. Et conclure d’une phrase aussi pondue.

 

19:21 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

197–Vidovic–Piano

 

    Et après ça quoi ? Si on finit par crever toutes et tous du Covid19 ou par crever toutes et tous des canicules et du réchauffement climatique devenu inéluctable, grand emballement de la machine, pourquoi écrire, et pourquoi avoir écrit ?

Comme la poule qui grappille dans la boue, pourquoi.

 

19:16 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

196–Van Reenen–Orgue

 

    C’était pas encore assez le bazar, il a fallu que tu ailles pêcher un forficule…

Oh, j’aimerais t’y voir… pêcher un forficule… faut être sacrément outillé.

Ça va !

De la chirurgie de précision, presque.

Ça suffit, je l’ai dit, tes rodomontades.

Euh, pardon, mais tu vas me reprocher le forficule, juste suggéré par les perles rouges hein, en un sens je n’y suis pour rien, et toi tu me sors des mots comme rodomontade

Ah mais ça, normal pour moi.

Pourquoi ?

Je suis de Romorantin.

Condoléances.

Rigole, tiens.

J’y compte bien. Et ruisseau aussi, et gouttière.

On ne peut pas parler sérieusement avec toi.

J’y compte bien.

Et ça, si c’est agaçant, bordel…

Comme cette manie d’écrire avec tout un protocole, sinon j’y arrive pas gna gna, et on se doute que ça va s’arranger en vieillissant, clac la sonate, clac le word count… Quelle barbe.

J’y compte bien.

 

19:12 Publié dans Fièvre de nombres, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

195–Belder–Clavecin

 

    J’écoute, et j’entends toutes ces perles rouges. Ces perles rouges me percent presque les oreilles. Je suis un forficule, je navigue à vue, je m’échappe sous une pierre. Ouf planqué.

Quoi, ignorez-vous ce qu’est un forficule ?

Les perles rouges me montent aux joues, comme la moutarde au nez, et alors baste. Toutes ces perles rouges qui s’inscrivent devant moi sur la portée du ciel. Sur la portée du mur gris fissuré. Sur la portée de l’écran d’ordinateur.

Et baste.

En tout cas toi je t’ai à l’œil, je te vêtirai de perles rouges.

 

19:02 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

194–Grante–Piano[1]

 

    Temps dont nos souvenirs vont savourant les vêpres,

De feuillages mourants et d’étoiles perdues

Offrant le pallium d’une jaune lambrusque,

Il semble un clair-de-lune errant sur des ruines

Sous l’ombre le zébrant d’un dessin de Kaschmir,

Sous les jours dévorants comme un alligator.

Et le soleil mourant, qui fuse sur les stucs,

Envoie en expirant un baiser de lumière.

 

 

[1] Centon à partir de 8 vers de Robert de Montesquiou (Les perles rouges) contenant chacun une fois la syllabe « rant ».

18:30 Publié dans Centons du jeu de dés, Droit de cité, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

193–Haskil–Piano

 

J’écoute.

193.PNGÉcoute et j’écris, j’écris en essayant surtout d’écouter.

Ce n’est pas souvent.

Ce soir le prétexte doit envahir l’espace du texte. Marre de me battre, de m’échiner, la lutte avec une structure cohérente. Ça part à vau-l’eau, eh bien tant mieux.

structure cohérente ruptures errantes

 

18:23 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 08 mars 2020

192–Debargue–Piano

 

La renarde n’avait pas craint de froisser la coronille, qui n’avait pas encore fleuri. Près du parpaing elle est demeurée immobile, un moment. Puis elle a bondi.

Le texte aussi peut rebondir.

Une tourterelle ou une palombe pigeon ramier ne font pas le printemps. On en voit tout le temps, quoique la voisine, agacée du ramdam sur son antenne de télévision, ait fini par arrêter de les nourrir.

Pas dommage, coucouroucoucou.

Il va de soi qu’on n’a pas revu la renarde. Depuis lors la coronille a fleuri. « On nomme ainsi l’arbuste parce que ses fleurs ont la forme d’une petite couronne. » (À ne pas confondre avec certains types de virus qui doivent leur nom au fait qu’ils « se présentent sous forme de couronnes quand on les observe au microscope ».)

Une fois encore l’ennemi c’est le signe métonymique du mal qui se trouve rappeler la royauté.

 

10:30 Publié dans lactations : déSastre, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

191–Ross–Clavecin

 

    Voici donc venue la scène du scorpion. Déjà que tu as découvert hier qu’il y avait des oiseaux qui vrombissent colibris dans tout le sud des États-Unis, et même en Caroline du nord, je t’ai bien attrapée avec ça hein. On n’est pas du genre toi et moi à se passer rhubarbe et séné. Donc le séné (pas le séneçon) du scorpion, ou scorpioïde, c’est pour aujourd’hui ou c’est pour demain ? Déjà qu’un texte pris entre chat·te et renard·e s’écrit généralement au matin, donc pas entre chien et loup, ça fait un paquet de (dé)négations.

 

10:13 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

190–Granados–Piano

 

‘Oh, that?’ said the gardener. ‘That'll be scorpion's senna. That's what that be. Something to do with the shape of the stars in the sky. Old women sells it for a charm for shy sweethearts.’

Ainsi la forme des étoiles se retrouve tout le jour aux trois points cardinaux du jardin. On pourrait cueillir et vendre la fleur aux amoureux, mais pas de Saint-Valentin.

 

10:07 Publié dans Droit de cité, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

189–Ross–Clavecin

 

     Dans la campagne, loin des routes, qui sont empestées par les ruisseaux noirs et gras des moulins à huile d’olive, les collines étaient embaumées par les siméthides délicates, par les buissons de cythise épineux et de coronille-jonc, et par les tapis de coris rose

(G. Sand, Tamaris, III.)

 

09:59 Publié dans Droit de cité, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

188–D’Oria Nicolas–Piano

 

Dances with the daffodils…

La veille de la Journée internationale des Droits des femmes, le 7 mars 2020, à Paris notamment, les milices du gouvernement français ont poursuivi sans relâche, harcelé, violenté, tabassé, traîné par terre, gazé, donné des coups de pieds, et tiré au LBD sur des manifestantes qui protestaient contre la trop grande lenteur mise par les pouvoirs publics à mettre fin à l’inégalité salariale, et plus généralement contre le système patriarcal dominant. Des flics et des CRS, presque tous hommes, aux ordres d’un préfet de police sinistre, d’un ministre épouvantable et d’un « duo » exécutif (quel adjectif idoine) bien testostéroné (Macron le pseudo-lisse et Philippe le barbu) tabassent des citoyennes ordinaires.

Il paraît que la France est encore une démocratie au plein sens du terme.

the aim of waking is to dream

 

09:49 Publié dans Droit de cité, lactations : déSastre, Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (0)

187–Wilson–Clavecin

 

    Il n’y aura pas, dans ce livre, de longue digression sur l’éclosion printanière, le renouveau politique etc. Les révolutions ont lieu de tout temps, dans le gel comme sous le soleil. Les fleurs des jonquilles s’ouvrent tandis que les frontières se ferment ; ici et là, c’est l’état d’urgence, des mesures de plus en plus strictes en raison de ce qui ne s’écrit plus que Covid-19 mais qui se dit Coronavirus. On blogue, on blague, on mèmise à tour de clavier. Dans les décombres encore nous éclatons de rire. Le propre de l’homme.

 

09:44 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

186–Quenel–Piano

 

    La suite des saisons, jusqu’à quand poursuivie.

La file des saisons, quand donc interrompue.

L’œuvre d’art en façon d’almanach, sur le tour du potier, ou dans les boutures du jardinier.

D’elles-mêmes chaque année refleurissent les jonquilles.

Chaque année pendant de longs mois les trois coronilles affichent leurs jaunes.

Points cardinaux en façon d’almanach.

Cauda.

 

09:28 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

185–Leonhardt–Clavecin

 

    Le jaune des jonquilles, depuis une semaine, répond au jaune des coronilles. C’est l’avant-printemps. Sous la boîte à lettres le chat des voisins occupe son poste de guet. À l’automne notre chatte, de dix ans sa cadette, est morte subitement. Ma mélancolie, poignante, est d’après-automne.

 

09:18 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 05 mars 2020

184–Andjaparidze–Piano

 

    Ce soir, jeudi 5 mars 2020, un grand vent balaie les rues de Tours. De grandes bourrasques renversent les poubelles. Ce jeudi vers 5 heures j’ai vu et regardé ce grand vent à décorner les bœufs.

Et les godillots ? Pensais-je naïvement qu’une grande bourrasque suffirait à les renverser, à les emporter dans une sacrée tornade façon Wizard of Oz ? Non, car les godillots ne sont pas seulement lourds et cloutés : ils sont cloués au sol, plancher des vaches d’où l’on n’emporte pas les bœufs, et surtout, les godillots sont ficelés, liés les uns aux autres. Si Aurore Bergé parle vous entendez aussi Gilles Le Gendre, et si MC Verdier-Jouclas ouvre sa boîte à camembert dans un même mouvement quelque autre godillot l’ouvre pour le dessert.

C’est infernal, autant dire. Aucun vent, si violent soit-il, ne peut nous débarrasser de ces godillots.

 

17:44 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

183–Van den Bercken–Piano

 

    Quand j’ai lu Chaussure de Quintane, presque à sa sortie, ce fut un choc : on peut composer ainsi un texte, faire un livre de cette manière. Le godillot est une chaussure, ou plutôt : un brodequin. Depuis 2017, le pays voit les godillots faire de la politique, tout à rebours de Quintane : aucune liberté, aucun jeu — mensonges permanents et coups de force au lieu de la manière et de l’élaboration. On ne cloue pas le bec comme on cloute une semelle.

Chaussure : grand texte démocratique.

Les godillots : je vous laisse compléter.

 

16:47 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

182–Shteinberg–Piano

 

    Les godillots ont le doigt sur la couture du pantalon.

Les godillots sont droit(s) dans leurs bottes, mais l’ennuyeux est que leurs bottes sont celles du Premier Ministre, qui sont les brodequins du Président — lequel préfère, de toute manière, broder.

Ainsi, les godillots ont les doigts du voisin d’Assemblée sur la couture de leur pantalon, emprunté à Édouard.

 

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181–Hae-won Chang–Piano

 

    Reparlons des godillots. Les godillots par métonymie gouvernent la France ou plutôt laissent des non-godillots gouverner la France selon des principes opaques et un programme qui n’ est pas celui qui a permis aux godillots d’être élus. Ce doit être bien confortable de ne jamais réfléchir.

 

16:36 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)