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jeudi, 20 février 2020

140–Luoma–Accordéon

 

    Notre maison brûle et j’écris des livres. Notre maison brûle & passe l’épareuse, qui rase les fossés. Notre maison brûle et j’écoute des albums de Dolphy. Notre maison brûle & je fais du rangement dans la maison. Notre maison brûle et je compare les interprétations de la K140 au clavecin, au piano et à l’accordéon. Notre maison brûle & je voudrais aller en Finlande. Notre maison brûle et je corrige des copies. Notre maison brûle & je corrige les pages que m’a envoyées mon étudiant de M2. Notre maison brûle et que fais-je. Notre maison brûle & je regarde passer l’épareuse. Notre maison brûle et c’est à peine si j’entends l’accordéon, avec le bruit du moteur de l’épareuse, dehors à 2 à l’heure. Notre maison brûle & on laissera le nichoir aux nouveaux propriétaires. Notre maison brûle et j’écris des livres qui ne seront pas publiés.

 

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139–Ross–Clavecin

 

    Sous le soleil matinal le crépi de la maison en face, celle qui se tient au carrefour des routes de Lacrabe et de Monségur (elle n’est pas assez près de la route, avait dit facétieusement Dominique), serait presque beau. Boîte à lettres sale, de métal moussu. Cinq paires de volets, dont une à moitié arrachée à la peinture verte écaillée, et la porte d’entrée dont le montant pété à la masse par un des fils de la maison vers 2012 n’a jamais été réparé, plutôt rafistolé. Nous laisserons ce spectacle aux nouveaux propriétaires.

 

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138–Bambace–Piano

 

    Notre maison brûle et nous regardons la bite d’un ex-ministre. Notre maison brûle et nous regardons qui porte un foulard. Notre maison brûle & nous regardons la chorégraphie ratée de quelques courageuses opposantes à la réforme des retraites. Notre maison brûle et nous regardons si Cavani sera titulaire. Notre maison brûle et nous regardons le tirage du loto.

 

08:29 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

137–Ross–Clavecin

 

    Tout en treize. Une des dernières fois à regarder le ballet incessant des bagnoles sur la route de Monségur, celles qui tournent trop vite vers Lacrabe et celles qui ralentissent trop tard avant de bifurquer à gauche vers la bourgade. Nous laisserons le nichoir aux nouveaux propriétaires.

 

08:24 Publié dans Ex abrupto, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 19 février 2020

136–Haas–Clavecin

 

ainsi la trace du renard perd

ue dans la neige et son creux

d’herbe rappelle en pattes-de

-mouche (rappelez-vous ses él

ytres séchés l’insecte envolé

et tout aussitôt becté par le

pinson fureteur) la signature

en pas dans la neige de qui f

ut retrouvé étendu de tout so

n long (olibrius frêle esquif

promeneur et compositeur déso

lé de textes microscopiques),

après l’ultime promenade dans

ce coin propre à ne rien loup

er ni le glapissement du goup

il gueulant à la lune le loup

(coin propre qu’un tel olibri

us ne pouvait nommer autremen

t dans sa langue : Reinecke a

vec ou sans le c, d’autre men

tion pas trace), ou son stylo

sur la page, comme un colibri

furtif minuscule, courant vol

etant tant et tant que sa fol

ie déguisât ces gribouillages

en lignes abstraites comme la

renarde détalant des villages

on ne verra son cadavre (cela

seul) qu’en traces évanouies.

 

12:20 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

135–Walzer[1]–Piano

 

les pinsons vous entraî

nent dans leur danse un

e valse peut-être ou un

e barcarolle, quelque c

hose de léger, d’aérien

soudain claquerait un c

oup d’aile comme un bec

refermé vif sur l’insec

te à peine éveillé au p

rintemps, qui ici renaî

trait, juste, pour rien

comme ça et les élytres

bien au sec sur la taup

inière posé (l’insecte)

puis s’envolant, aussit

ôt becqueté (par la sit

telle, le pinson (becte

ça!) valsant) cependant

que dans son trou d’her

be encore enneigé le re

nard à la fin d’l’hiver

est étendu enfoncé dans

la neige, traces devant

 

 

[1] Aussi Choni, Pogorelich, Zarafiants.

11:57 Publié dans lactations : déSastre, MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

134–Zaychikova–Clavecin

 

la fuite du renard,

son allure vive par

les haies et forêts

les boqueteaux, les

creux d’herbe où sa

silhouette de guett

eur s’impose, les f

ourrés, où sa luett

e finit par fabriqu

er ce glapissement,

cri d’étranglement,

par la chaleur le f

rimas, & cet animal

cependant tout sauf

frimeur (tons briqu

e de sa robe) glace

le sang de quiconqu

e l’a entendu-e gla

pir (fin du blabla)

 

11:36 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

133–Fadini–Clavecin

 

le renard glapit,

on l’a dit, redit

& la bête guerpit

lorsqu’elle appar

aît : soudain par

quel enchantement

(vite subitement)

l’animal étonnant

apparaît : on dit

qu’il guerpit, et

lorsqu’il (elle ?

) s’enfuit que le

renard déguerpit,

aussi qu’elle dét

ale, décampe (dét

ail de vocabulair

e), tête à l’air.

 

11:22 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 18 février 2020

132–Minkin–Clavecin

 

    Entrée dansante des mannequins.

Dans le public une jeune femme tique. Elle seule s’est aperçue qu’il y avait, parmi les silhouettes des danseurs, son voleur.

Sac de billes, on s’en souvient, qu’elle avait disputé au renard de la fable.

C’était une renarde.

Et parmi les mannequins il y a des danseuses. Pas des pantins articulés : la costumière a drapé des imitations de mannequins sans tête autour des corps dansants.

La jeune femme, alors, était une renarde, championne du saut sur place et de l’écrasement de campagnol.

Pour éviscérer un campagnol, ce n’est pas compliqué. Pour disputer ses viscères à un congénère gourmand, c’est une autre affaire.

Au cinquantième coup de minuit le campagnol mort : un sac de billes.

Dans le public une lectrice tique : comment peut-on croire de pareilles fariboles, et pire encore, les écrire ?

Un air de crime.

 

10:05 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

131–Martinoli–Clavecin

 

    On entend plus d’aille que d’ille. En accompagnant les notes du clavecin, la la  laï la laï. Notamment. Notablement.

La poule cocaille, le poussin piaille.

Le rossignol trille.

Le paon braille.

La grive ou le moineau babille.

La caille carcaille.

Le merle, comme le canari, babille.

Le corbeau craille ou coraille.

Ainsi ad lib., n’est-ce pas.

Notablement, agir en notable. En notable des lettres plus qu’en forçat du texte, cf supra. Il y aurait quelques retouches à apporter.

Mon tailleur tique ; il ne veut pas suivre mes instructions.

 

09:56 Publié dans lactations : déSastre, Minimalistes, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

130–Speranto–Clavecin

 

    Des promeneurs flingués dans les bois, bêtes apeurées qui se réfugient acculées dans des jardins où les salopards viennent les achever en canardant entre balançoires et bagnoles, rejets de plomb des cartouches qui empoisonnent sols et rivières… voilà une partie du bilan.

Billevesées.

On ne creusait pas un trou, on ne choisissait pas une cavité.

Vise tique fonce.

 

09:17 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

129–Schrader–Pianoforte

 

    Das tönt wie Jagdgesang.

Toute l’erreur est là : il n’y a pas de chant de la chasse. Des chants de chasseurs, oui. Mais la chasse massacre ne chante pas.

Élever des sangliers et des faisans pour les lâcher, puis les mêmes hurlent au ravage des cultures, faisons une battue.

Mensonges absolus.

 

08:52 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

128–Hae-won Chang–Piano

 

    Une partie de billes durait une ou deux minutes, dans la cour de l’école. Je me rappelle surtout les folles parties de CM2 une fois la nouvelle école construite, et le préau autour duquel se déroulaient les parties.

Pas question de décaniller : c’était un autre jeu.

Le jeu consistait à tiquer (mot qu’emploie mon fils cadet (comment disions-nous ? pareil, peut-être, et j’ai oublié)) trois fois d’affilée. La difficulté consiste dans le fait que si on rate de peu la bille de l’adversaire, la sienne se retrouve proche, donc en posture délicate ; par ricochet, si j’ose user de cette métaphore, une bille très proche n’est pas si facile que ça à tiquer trois fois de suite, car il ne faut pas tirer trop fort (de crainte de l’éloigner) ni trop doucement (de crainte que les billes ne soient collées, ce qui signe la victoire de l’adversaire).

 

08:42 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (6)

127–Chaimovich–Piano

 

    Une voiture peut faire des embardées : dans ce cas on dit que c’est une guimbarde, ou, dans des films d’action, un bolide.

Un texte peut faire des embardées et alors on peut dire que c’est un texte illisible ou expérimental, ce qui revient au même. Les écrivains illisibles parlent sans expérience & les écrivaines expérimentales ne se font pas d’illusions.

Des embardées ? Des incursions, plutôt ? Des digressions comme autant de bouts de ficelle ?

Il faudra bien, vu la longueur de ce livre, raconter comment on jouait aux billes.

 

08:29 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

126–Ribic–Accordéon

 

Hagetmau, 28 février 2018     La chatte avance, patte prête à fuser, dans une immense étendue de neige. L’image est cadrée pour qu’on croie qu’il s’agit d’une vaste étendue, mais on sait qu’il y a, autour, des chênes, une haie de lauriers, un fil à linge. Saisie dans la neige, semble s’y être enfoncée. L’été suivant, filmée, jouera avec un mulot jusqu’à le faire monter en haut d’un chêne.

 

08:18 Publié dans Brille de mille yeux, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

126–Lorandin–Piano

 

La photographie représente la chatte, l’œil vif, dans une grande étendue de neige. L’image a été cadrée pour qu’on croie qu’il s’agit d’une très vaste étendue mais celui qui se rappelle l’avoir prise sait très bien qu’il y a, autour, des chênes, une haie de lauriers. La féline saisie dans cette nappe de blancheur, tel qu’en elle-même enfin l’éternité la fixe.

 

08:10 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

125–Gilels–Piano

 

    Qui pourrait encore hésiter entre gaieté et noirceur ? La question n’est pas d’hésiter : la noirceur peut vous investir, oui, vous envelopper comme une robe de chambre élimée mais confortable. Noirceur au sens le plus fort de mélancolie.

On n’a pas trouvé le moindre remède à cette hantise.

 

08:05 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 17 février 2020

124–Pinnock–Clavecin

 

    Le poème était bien d’Obaldia. Quatre voyelles et trois consonnes. Pour ironiser au mieux, ressusciter toujours, souffler sur les braises autant que sur les cendres. Quant au geai, il se repaît paraît-il de glands. En ferait ses repas.

Oui mais…

Soudain, le rythme change, et il faut se taire, remiser parapluie, saisir pantoufles, oui, voyager autour de sa chambre. Quoi, écrire encore ?

Que de bonnes raisons de penser que Benoist Pierre serait le maire idéal pour Tours : il dirige d’une main de fer, sans aucune forme de concertation, son centre de recherches à l’Université, et ne répond jamais aux questions s’il n’a pas décidé de se les poser à lui-même.

Trois consonnes et trois voyelles.

Non mais…

Les chevreuils ne cabriolent jamais, et certainement pas dans ce jardin. Toujours à guetter. Immobiles soudain fuient. Jamais ne cabriolent.

 

08:32 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

124–Carrieri–Clavecin

 

    Une consonne et trois voyelles.

Le geai se repaît, paraît-il, de glands. En ferait ses repas.

Oui, mais…

Soudain, le rythme change, et il faut accourir, attraper parapluie, et souliers de marche, oui, aller défiler encore. Quoi, manifester encore ?

Que de bonnes raisons de penser que Buzyn serait la maire idéale pour Paris : elle a semé le oaï dans les services d’urgence, été incapable d’empêcher la démission collective de milliers de responsables hospitaliers, eu l’intelligence de promouvoir la prévention contre le Coronavirus au moyen d’affichettes placées sur les vitres des aéroports français.

Trois consonnes, deux voyelles.

Non, mais…

Ne vous y trompez pas : les chevreuils ne gambadent jamais, et certainement pas dans votre jardin. Toujours aux aguets. Immobiles soudain s’échappent. Jamais ne gambadent.

Le poème était bien d’Obaldia.

 

08:25 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

123–Zarafiants–Piano

 

    La gaieté brusque, à la façon d’une bourrasque, du geai quand il s’enfuit. Adolescent, j’avais fini par m’habituer au geai, même à le trouver un peu pénible. Et puis quelqu’un, en passant la journée ici, s’est émerveillé d’en voir un, et je me suis rendu compte que le geai n’était pas le moineau omniprésent, tout de même. Il y a ce poème absurdiste (d’Obaldia, je crois) sur le plus beau vers de la langue française : le geai gélatineux geignait dans le jasmin. Obaldia règle son compte à la prétendue beauté de l’allitération.

 

08:13 Publié dans Droit de cité, lactations : déSastre, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

122–Ross–Clavecin

 

    Quant au geai, il cageole, cajacte, cajole, cocarde, frigulote, fringole, fringote, gajole, garrule, jacasse, jase. Quant aux geais – je viens d’en entendre un lancer son cri de fuite – on dit qu’ils cageolent, cajactent, cajolent, cocardent, frigulotent, fringolent, fringotent, gajolent, garrulent, jacassent, qu’ils jasent. Jacasser ou cocarder : c’est cela.

 

08:06 Publié dans lactations : déSastre, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

121–Dupouy–Clavecin

 

    On dit de la grue qu’elle trompette, ou qu’elle claquette, mais aussi qu’elle glapit. Ainsi, la grue ne serait pas si éloignée qu’il y paraît du renard, au moins pour le cri, pour ce que nous autres humains avons perçu de leurs cris, à l’une comme à l’autre. Le pic jacasse, ou pleupleute.

 

08:01 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 16 février 2020

120–Huidobro–Clavecin

 

    Le pivert est passé en trombe entre la maison et le mimosa. Il y a un couple de colverts, depuis plusieurs jours déjà, sur la mare. Sur un arbre brisé surplombant la route, j’ai vu une boule de gui à hauteur d’enfant.

Si vous êtes ornithologue, vous mettrez un point d’honneur à écrire et à dire pic-vert. Si vous cherchez à approcher au plus près d’une langue commune, ce sera plutôt pivert, il me semble. Le premier mot est si important.

Tambourine.

Légèrement.

Les vols de grues, en V, en W, puis tout mélangés, tournoyant à la poursuite d’un courant, se succédaient, en enfilade.

Au loin, les peupliers couverts de boules de gui font une toile de fond aux rêveries, tandis que la nuit on s’endort avec les chuintements des chevêches. Le monde s’offre avec plus de douceur et de sérénité, dans ces parages. Vole le pivert.

Tambourine.

Au virage.

 

16:09 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

119–Chiari–Clavecin

 

    14 est le nombre poétique par excellence, trop classique même : le vers de Réda, le nombre de vers du sonnet.

Il y a 14 ans commençait l’aventure du carnet anthracite.

14 ans avant cela, les premières vraies écritures dont je n’aie pas trop à rougir.

C’est la posture qui explique tout, la façon dont le corps, avec l’arthrose qui bouffe le bas du dos, essaie de se venger de ce qui se trame et s’imagine en dedans.

La brise balaie les branches frêles du mimosa ; les grues passent haut dans le ciel.

On écrit sa mémoire en lombalgie.

 

15:58 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

118–Torretta–Piano

 

    On n’imagine guère la scène d’écriture, à savoir la posture. Pile au point où j’ai noirci mes premières centaines de pages, enfant puis adolescent, mais il n’y a plus de bureau : accroupi le dos contre le sommier de la chambre verte (elle n’était pas verte, en ce temps-là), l’ordinateur portable posé sur une chaise en bois. Passent les grues. Printemps. Naïf.

 

15:51 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

117–Belder–Clavecin

 

    À la mi-février, entendre pendant plusieurs minutes, avant même de les voir, les premiers vols de grues, qui confirment que l’hiver est fini, d’autant mieux qu’il n’y a pas eu d’hiver. Et un couple de colverts s’installe sur la mare plein à ras bord des averses interminables de l’automne.

 

15:46 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 13 février 2020

116–Ullrich–Piano

 

    L’océan comme un sommet à gravir, on peut trouver des occurrences de cette image. Quand on compte au signe près ne pas faire de coquille. La montagne comme une mer c’est plus rare. Il faut bien sûr s’en tenir à un même logiciel, avec des critères de décompte identiques : les espaces insécables comptent pour 1, mais les points de suspension aussi (pas pour 3). Le navire gravit la crête des vagues emportées à la vitesse d’un renard qui déguerpit. Pour cela on évite les signes complexes dans les poèmes carrés. Le capitaine crie en décollant la caque de ses joues : nous n’en sommes pas là. La tempête tintinnabule. Ni coquille (d’œuf (à l’œuvre (Savitzkaya))) ni faute d’orthographe. Le seul maître à bord se refuse à employer des termes moralisants, qu’il récuse et dont il réprouve l’usage. L’armure se fendille, sort un poussin gluant.

 

16:21 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

115–Schiff–Piano

 

     Sauter du coq à l’âne et du renard au chéquier : du renard des livres, qui ne peut remplacer le vrai, le vu, à la valeur fiduciaire sur papier.

La question des valeurs, si essentielle dans ce livre que j’avais commencé à écrire en 2019 et dont je me dis que je peux le reprendre quand je veux.

Tu parles Charles.

Tu te mènes en bateau tout seul.

Des cordages et puis des kayaks. (Je lis De pierre et d’os. Là sont les renards arctiques.)

Sur un navire vogue l’esprit, pas l’esprit des eaux : le mien.

Une belle mélasse.

La nef des fous.

 

16:11 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

114–Blandford–Clavecin

 

    Un chèque est posé devant moi. Un chèque en blanc. On n’utilise plus souvent de chèques, et il y a longtemps que je ne trimbale plus de chéquier – de carnet de chèques – avec moi ; à peine si je m’assure d’avoir un chèque en blanc dans le portefeuille.

(En effet, on utilise toujours un portefeuille, mais pas de porte-monnaie, mot qu’on ne sait jamais accorder.)

 

16:05 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

113–Bogdanova–Piano

 

    Désormais, je rencontre des renards partout, dans ce que je lis : renards et renardes, renardeaux, renards arctiques, ou blancs, renards bleus. Mais, depuis le déjeuner de jeudi dernier, pas revu le renard. Pas faute de le guetter. Le béton, nos pelouses et bosquets, n’est pas sa demeure.

 

15:59 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 12 février 2020

112–Zarafiants–Piano

 

    La police française est inoffensive et n’intervient qu’afin d’arrêter les exactions des factieux. Indubitablement ce type qui vitupérait s’égosillait en mensonges. Il allait clamant : « J’ai été éborgné par la police de Castaner ! » Puis il hurlait : « J’ai été mutilé par la police de Macron ! » Il mentait ; sa tête posée au creux de ses deux mains avait un air faux ; son regard torve de factieux ne laissait aucun doute. D’ailleurs, la police française n’a d’autre mission que de protéger les citoyens, à telle enseigne que, si un de nos braves BRAV (baqueux, flics, CRS) doit faire usage de la force contre un factieux, celui-ci n’en souffre jamais : preuve en est ce manifestant (en était-ce bien un ?) qui continuait librement de vociférer contre nos dirigeants démocratiquement élus tout en gardant intacte, entre ses mains, sa tête.

 

11:33 Publié dans lactations : déSastre, Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)

111–Dupouy–Clavecin

 

     Cependant, le type qui m’a balancé ces deux affirmations n’était ni éclopé ni éborgné. On voyait bien qu’il bluffait, qu’il se déplaçait sans difficulté, la tête tantôt dans la main gauche tantôt sous le bras droit.

Oui, ai-je omis de préciser cela ?

Il avait la tête arrachée, probablement suite à quelque décapitation. Ses yeux étaient intacts, ses bras aussi, de sorte qu’il est impossible de critiquer d’aucune façon notre police, nos policiers si courageux qui font si bien leur travail.

Nos policiers qui protègent les citoyens.

Qui protègent les citoyen·nes.

 

11:11 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

110–Mancic–Accordéon

 

    Tant qu’à s’y remettre le délégué syndical envisagera une structure en 37 chapitres de 15 paragraphes chacun. Il proposera même de déposer un autre itinéraire en préfecture : de Chinon à Salers par exemple, en vélo qui sait, ou même à pied en battant le pavé à l’ancienne, mais sur plusieurs jours (semaines ?).

salers.PNGAllons, trois cent trente-six kilomètres à peine.

 

 

 

 

11:07 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

110–Haas–Clavecin

 

    Si c’était à refaire, les organisateurs de la manifestation envisageraient une structure en 15 chapitres de 37 paragraphes chacun. On pourrait même changer le parcours, déposer un autre itinéraire en préfecture : d’Aurillac à Tours, par exemple, en vélo, qui sait, ou même à pinces, en battant le pavé à l’ancienne. aurillac.PNGTrois cent cinquante-sept kilomètres à peine.

 

 

11:01 Publié dans 3333 pas, lactations : déSastre, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (0)

109–Weissenberg–Piano

 

    Le type marchait vers moi. Il m’a balancé : « j’ai été éborgné par la police de Castaner ». Puis il a craché par terre. Et m’a lancé : « j’ai été mutilé par la police de Macron ».

Par la milice, il faudrait dire.

(Ça, je ne sais plus qui l’a dit.)

Cependant, il n’était ni éclopé ni éborgné.

 

10:51 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

108–Zanzu–Clavecin

 

    Ce n’est pas moi qui force la langue. C’est mon texte qui me force.

Ne pas oublier : forcer comme euphémisme de violer. D’où le très contemporain forceur, qui ne se disait pas quand j’étais jeune (je suis vieux).

Un texte qui ne force pas, qui n’use pas d’une certaine violence, c’est l’eau tiède ça ne m’intéresse pas ; cependant prendre garde à l’usage de la violence, de quelle violence. Quand un préfet évoque des individus radicalisés qui forcent un barrage, c’est un usage orwellien de la langue, qui fait violence à la vérité.

En pleine insurrection de tout (c’est-à-dire que tout est en saillie, tout s’insurge, tout jaillit en geyser subit) il est difficile de savoir qui force quoi, et surtout qui s’y trouve motivé, qui assujettit et qui subit.

Pour le moment se contenter de noter que l’irruption du renard a fait bifurquer le texte.

 

09:38 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

107–Bozhanov–Piano

 

    Forcer le sens, c’est tout le problème.

(Non : le problème, c’est que l’irruption du renard, puis la trame complexe qui relie le goupil au gospel, a fait dériver le texte, et que c’est politique. Tout l’est.)

Dans la cité de béton tout est politique.

Dans la cité de merises et de nèfles, dans la cité de trottoirs et de cotonoeasters, on échappe à la lecture politique du paysage, puisque ce ne sera plus un paysage.

Du texte non comme force ou forçage, mais faiblesse, affaiblissement. Se faire pas grand-chose. Un forçat affaibli.

 

09:10 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

106–Sgrizzi–Clavecin

 

    On aura beau décider, d’un coup de dés (ou à pile ou face, plutôt (ce n’est pas non-binaire)), que le renard était une renarde, on n’en saura rien. En russe le mot désignant le renard est invariable. Pas en anglais : fox / vixen. On n’emploie plus guère ce dernier mot que dans le titre anglais de l’opéra de Janacek. Reste à voir s’il y a un féminin de goupil.

 

09:02 Publié dans lactations : déSastre, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

105–Perkins–Clavecin

 

    Après la nèfle et la prune, après avoir fait péter la poire, voici la contredanse. L’escargot apprend quelques termes d’un français un peu sauvage. La nèfle compte sur sa chance (proverbiale). C’est d’une vivacité toute espagnole, oh, le vilain cliché. La contredanse se fixe sur la vitre.

 

08:43 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 11 février 2020

104–Székely–Piano

 

    Comment échapper à ces questions de vie sauvage et de vie civilisée. On voudrait bien (re)vivre en sauvage(s), mais pas facile. À peine un graffiti suggère-t-il Vive le vandalisme qu’on s’offusque, forcément. Et déjà, n’est-on pas déjà assez occupé à penser resémantiser les adverbes (forcément).

Le vandalisme, ce n’est pas la vie sauvage. Ce renard n’avait rien d’une brute ou d’un vandale. Tant de grâce et de majesté. C’est tout notre béton la saloperie, le vandalisme.

(Le vrai, veux-je dire. Vous me suivez ? — Pas forcément. — Efforcez-vous, alors. Forcément, c’est en forçant.)

Ce serait donc un faux dualisme, vie sauvage vs vie civilisée.

C’en est fini et je n’ai pas eu le temps d’embrayer : le sujet, c’était comment échapper au piano. Clavecin, orgue, et même pianoforte, sont si discrets dans les parages.

On se croit dans une gare.

 

17:01 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

103–Queffélec–Piano

 

    Tout, donc, devient politique.

Tout est politique : questions de bétonnage, de biodiversité, de vie sauvage et de vie civilisée.

De vues de l’esprit.

Cette irruption du renard dans le champ de vision, à la fin du repas, donc dans mon existence – comme la disparition de la chatte Séhune, en novembre – est devenue l’interruption du récit par le goupil.

Le goupil interpelle, c’était souvent sa fonction.

La marque élocutoire du renard : Hé !

Oui mais ce renard-ci, fort discret, très furtif, non.

Sauf son glapissement.

Devenu politique.

 

16:52 Publié dans lactations : déSastre, Les Murmures de Morminal, Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (0)

102–Duanduan–Piano

 

    Le goupil glapit dans la haie, dans ce trou d’herbe que l’on reconnaît à la branche écrasée que je n’ai pas déplacée. Sous le prunus.

Le goupil apparut sous le merisier, à découvert, près des parpaings.

Que cherchait-il donc là ?

Le jeudi est le jour du ramassage des déchets mais tout désormais se trouve remisé dans des poubelles bien hermétiques.

Matin et midi.

 

16:45 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 10 février 2020

101–Dvarionaitė–Piano

 

    Ce qui se dissimule d’un texte à l’autre, ou de la transition entre le brouillon (traitement de texte) et la mise au net (hypertexte) : du goupil (phrases) au gospel (hyperliens).

Le renard n’était pas empaillé, sa queue n’était pas postiche.

De cela la mise en scène s’est trouvée malmenée.

 

09:28 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

100–Dallorto–Piano

 

    Geste épique, de se donner les gants d’y aller franchement, dans la queue de renard comme naguère dans la nèfle. Ouvrir tout grands les battants de l’imaginaire, que c’est difficile quand on ne sait rien d’autre que se payer de mots, encore et toujours ça. Une stratégie, non. Pas peur d’échapper aux mots, mais bien davantage : incapacité à peindre, impossibilité de tenir la distance avec les seules images, la suscitation – si ce mot existe – d’images pourtant mémorisées. Il y a un livre (un essai ?) à écrire sur ces écrivain·es inaptes à partir d’autre chose que des mots, de même que, pour moi, la scène de jeudi dernier figure fort dans ma vie quotidienne mais peine à se convertir en scène d’écriture, ou en tout cas à s’y apposer hors du recours au langage. Le clavier, après tout, est constitué de lettres, propres à l’acrostiche.

 

09:15 Publié dans Brille de mille yeux, Élugubrations, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

99–Sollazzo–Pianoforte

 

    L’allure, à la fois d’une délicatesse extraordinaire et quasi gauche, est – avec la face, le regard ardent, le larmier, cette clarté – ce qui me demeure le mieux en mémoire, quatre jours après. Même le mot renard, depuis, me fait rêver. On sait que le nom commun de l’animal était goupil, et que renard, comme poubelle, est une antonomase. Que la graphie la plus habituelle, pour le Roman de Renart, soit justement avec un t final, qu’importe. En français moderne, c’est renard avec un d final, paronyme de regard — et de retard.

 

08:57 Publié dans lactations : déSastre, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

98–Dimov–Marimba

 

    Grâce, élégance, allégresse. L’apparition du renard a provoqué tout cela : l’image de cet animal si fin et si majestueux, à tout jamais spectrale sous le merisier. Apparition irréelle, dans notre océan de béton et de tôle ondulée. Pas vu cet animal si bien en des années de vie à la campagne. Il n’avait rien à se mettre sous la dent. Rareté de tant d’élégance.

 

08:30 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

97–Ross–Clavecin

 

    Ce que j’ai entendu jeudi matin vers 7 h, si tant est que c’était déjà notre compagnon du déjeuner, ne peut se nommer trompeter. Japper, pas forcément non plus : cela m’a fait davantage penser à un matou surexcité, au comble de la colère. Glapir. Quelqu’un qu’on étrangle, oui, en un sens.

 

08:21 Publié dans lactations : déSastre, Minimalistes, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

96–Cziffra–Piano

 

    (Quelle ironie, ce n° d’opus correspond à la sonate aussi nommée “La Chasse”.)

Hier soir nous avons regardé Pokot, très beau film coécrit par Olga Tokarczuk d’après un de ses livres, que je n’ai pas lu.

La protagoniste y venge les animaux braconnés, dont les renards maltraités et retenus captifs par l’ignoble Wnetrzak.

Ce livre va-t-il dériver vers le manifeste antispéciste ?

Le renard (la renarde ?) n’a pas réapparu depuis jeudi.

C’est l’une des premières fois que je fais quelques recherches entre deux textes d’un quadrilatère. Pour quoi ? Pour vérifier comment se nomme le cri du renard. Figurez-vous qu’on dit du renard qu’il jappe ou qu’il glapit, verbes qui auraient bien dû me revenir en mémoire sans la béquille du Web, ou qu’il trompette (du verbe trompeter, sans accent sur le e médian, j’ai vérifié).

(Do foxes yelp yap or squeal?)

 

08:16 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

95–Binda–Piano

 

    Après ces quelques secondes de stupeur, à nous dévisager (quel animal magnifique), j’ai voulu le prendre en photo et voir s’il était affamé au point de ne pas fuir. Il a fui, bien sûr, dans la haie, dans la trouée d’où, le matin même, s’était échappé une sorte d’aboiement miaulé, que je n’ai pu identifier, mais qui était certainement le feulement de cette même bête. Depuis jeudi – et ces deux apparitions à vingt minutes d’intervalle – nous ne l’avons pas revu·e, plutôt rassurant pour l’animal : ici, pas de bois ni de parcs.

 

08:01 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

94–Ross–Clavecin

 

    Ce fut comme un saisissement. Tout d’un coup, devant mon assiette presque vide j’ai vu – face à moi, sous le merisier, près des deux parpaings empilés qui servent de table basse en été – cet animal d’une beauté sidérante, ce renard. « Pardon de t’interrompre, regarde, il y a un renard. »

En effet, là, un renard. Il nous a fixés en sentant notre regard sur lui.

 

07:55 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

93–Struhal–Piano

 

     Il y a quatre jours, donc, nous avons vu un renard. En pleine banlieue bétonnée, le pauvre. (Ou était-ce une renarde ?)

Il était presque une heure de l’après-midi. Nous l’avons vu repasser, affolé, vingt minutes plus tard.

Et depuis, rien, ce qui est normal.

Jeudi 6 vers 1 h de l’après-midi.

 

07:50 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 06 février 2020

92–Reniero[1]–Orgue

 

triomphalementmajestueusement

en 1 seul mot il en est ainsi

des poètes inventif·ves qui u

sent même d’ l’écriture inclu

sive dans leurs poèmes carrés

comment s’étonner que rien ne

tourne rond avec de pareilles

escogriffes, qu’iels (elles o

u ils) se mettent à féminiser

les mots masculins (de vos de

uils iels s’en battent l’œil)

seulement car ça finit par gr

iffes ! escogriffes cependant

est un substantif masculin co

mme violoncelle et comme esco

griffe (on tourne en rond par

le pré carré), donc elles+ils

ou iels n’en font à leur tête

aligner total wtf signes épar

s inventer des pluriels (œils

(de perdrix, c’est possible))

et fomentent cimentent des ad

verbes comme ça peut les adje

ctifs, les verbes (fais ton d

euil de telles catégories) et

que sortait-on, de ce ferment

où les phrases s’entreferment

ladverbe issu du fomentciment

triomphalementmajestueusement

 

[1] Vu la difficulté qu’il y a à composer ces poèmes carrés, ici de 29 vers de 29 signes, il a fallu plusieurs écoutes, évidemment, de la sonate K92. On doit à la vérité de dire que la version, aussi pour orgue, de José Carlos Araujo, proposée automatiquement par YouTube dans la foulée de celle de Nicola Reniero, a été écoutée autant de fois que celle qui donne son titre au poème. Le premier vers a été donné par les premières mesures d’orgue : l’orgue a toujours quelque chose de majestueux, voire de triomphal. Tout le poème a dérivé de là, comme on le voit.

09:57 Publié dans lactations : déSastre, MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

91–Huggett&Coin&Ross–ViolonVioloncelleClavecin

 

le soleil frappe la mou

sse, l’illumine, l’écla

ire : ainsi elle s’écla

bousse d’allégresse par

le soleil de février ça

résonne ! le soleil fra

ppe la mousse l’éclaire

la lumière fait tel fra

cas, qu’à ce texte chou

blanc l’échec (on échou

e) et gris ton bec chou

cas, blanchâtre le tien

freux dans la splendeur

du soleil éclatant quel

rayon frappe la mousse,

tout bec au vif étincel

le, et que le texte raf

le la mise quel jour af

freux pour les corbeaux

la mousse frappée beaux

envols quels éclabousse

ments & en zéro brousse

soleil frappera mousse.

 

09:30 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

90–Colleen Lee–Piano

 

la primevère violet

te a déjà fleuri je

l’ai vue hier au re

tour du marché le 5

février donc chaque

année plus précoce,

le réchauffement cl

imatique, bien ente

du, détails qui écl

airent nos lanterne

s et ce qu’il vente

qu’il pleuve & le t

emps déréglé disaie

nt les vieux, terne

discours et la haie

de viornes a fleuri

plus tôt, le troène

multiplié va enquil

ler tranquillement.

 

09:14 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 04 février 2020

89–Colombo–Piano

 

si le cœur tresse

de voltes la même

approximative nef

où nous te dresse

rons un autel tel

que rien du poème

ne rivalisera par

ticulièrement, al

ors il est vraime

nt temps, une Lef

fe au comptoir, C

ingal piaf de mal

heur, y boire enf

in, y tremper les

lèvres ark gnark,

cœur comme au bal

qu’en dit Cingal?

 

13:01 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

88–Zijderveld&Binnendijk–Harpe&Mandoline

 

    Zéro envie de faire du zèle.

Un goût amer. Bannir les adjectifs ça a déjà été tenté. Proscrire les virgules. Et si on tentait plutôt la profusion ? Que tout soit permis.

Tout est licite !

Ce que j’ai écrit plus haut des livres, qu’il y a 270 fois plus de livres nuls ou ignobles que de grands livres, c’est ce qu’on rappelle pour Mein Kampf bien sûr. Mais sans aller jusque-là, des livres lamentables il y en a à foison. Et des livres abjects. Des livres faux pour le ton ou pour la teneur. Et des livres nuls à chier.

Bien sûr qu’il y en a.

Alors, s’interdire. C’est quoi, de l’autocensure ? Pourquoi ?

L’éditrice avait indiqué souhaiter un texte constitué uniquement de noms en quatre lettres. Si c’est possible, vous ferez pareil pour les verbes, pour les formes verbales s’entend.

Tu parles d’un cirque.

Avec tout ça zéro envie de faire du zèle.

 

12:29 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

87–Becker–Clavecin

 

    Le long de la Loire un vélo file. Un vélo s’enfile ces couloirs de vent. S’y engouffre. Un vélo, ou un cycliste.

Reprenons.

Le long de la Loire, un vélo file.  Le long de la Loire, un cycliste, sur un vélo quelconque, s’éloigne. Un cycliste s’engouffre sous le pont, poursuit sa route le long de la Loire, à la limite des berges inondées.

On devine sans mal où la scène se passe.

Le cycliste qui va son chemin (presque en trombe (on dira qu’il file)) le long de la Loire s’engouffre sous le pont. Le vent, sous sa parka, s’engouffre.

 

12:19 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

86–Moya Bueno–Piano

 

    C’est le mot cataclysme qui s’imposa.

Mais ça n’allait pas avec la musique, comme si tout était sans cesse diffracté.

Comme discordant.

Comme disserte dans le vide un conférencier : les rangs vidés.

Tout ce qui avait un sens a fui, et c’est l’idée du cataclysme qui s’impose, par-delà le mot même. Plus fortement, plus tenace.

Vous savez pourquoi l’alphabet renonce.

 

11:17 Publié dans lactations : déSastre, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

85–Broggini–Orgue

 

    Midi, zénith de quoi, le soleil cognait, étincelait. Filaments de nuages blanchâtres, dans le ciel réapparu. L’éditrice avait banni l’usage des adjectifs. Midi tapant, cyclones et noirceurs, nadir de quoi, se sentir démuni. L’éditrice avait précisé vouloir proscrire l’usage des adjectifs.

 

11:11 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

84–Rondeau–Clavecin

 

    Les livres dansent sur les étagères. Les idées dansent où, quelque part en soi, en moi-même, est-ce dans ma tête, où s’agitent-elles, les idées ? Les livres bougent imperceptiblement : en accélérant par 275 la vitesse de défilement d’un film sûr et certain qu’on les verrait se filer des gnons.

Les livres traversent les fleuves.

Les volumes, qui n’ont aucune valeur de par eux-mêmes ni du fait d’être livres (il y a 275 fois plus de livres nuls ou ignobles que de grands livres), se bastonnent, ça y va, fissa, ou, ça tabasse.

Les livres s’échangent des coups d’œil furtifs sous la grande carotte éteinte, attendent en soufflant dans leurs doigts gourds qu’ouvre l’officine où ils iront acheter, qui ses feuilles à rouler, qui sa cartouche de cancer.

Les livres, vous le croirez, ça, beuglent en s’éraillant des chansons politiques.

 

10:46 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

83–Keshet–Piano

 

    Les mineurs qu'on balance en garde à vue pendant 24 heures sans que personne ne sache pourquoi sont les lycéens des quartiers « défavorisés », ceux qui ont l'habitude de la chasse au faciès. Les lycéens de Louis-le-Grand, quand ils bloquent leur bahut avec des poubelles, la police n'a pas d'instructions pour les tabasser... on ne sait jamais, des fois qu’un fils de député macroniste, ou la fille d’un directeur de cabinet…

… sauf qu’on se trouve à un point où les avocats qui manifestent entonnent les chants des gilets jaunes…

 

10:40 Publié dans lactations : déSastre, MAS, Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (0)

82–Szalai–Piano

 

    Soudain je disposais de huit minutes pour écrire trois lignes, quel luxe. La brusquerie, la soudaineté, la nécessité de faire le plus vite possible s’étaient effacées. Comme un coma bienvenu, un repos forcé.

Illusion : le repos forcé n’est jamais une parenthèse.

C’est comme les journées de 72 heures, une belle fable à remiser avec la loterie.

Il faut faire avec.

 

10:34 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

81–Stehlik–Piano

 

    Il faut, comme le faisait notre chatte, s’étirer, déployer son corps. Et les larmes aux yeux.

Puis presse le pas.

Cours.

Puis il tourne autour de la flaque d’eau noirâtre, où il ne lit rien d’autre que remous aveugles, adjectifs noyés.

Encore tant à souffrir, pense-t-il, avant le point final.

 

10:31 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 03 février 2020

80–Sejáková–Piano

 

    À pas comptés, un accent par-ci, un autre par-là, elle avance, s’avance. Elle décide d’ignorer le flot des passants en sens inverse. Elle n’a pas dit son dernier mot, mais elle a décidé que, pour autant qu’on lui en laissera le loisir, elle ne le dira pas aujourd’hui. Elle fera cours comme à l’ordinaire, ou presque. Il m’est loisible de vous raconter comment j’ai enjambé cette grande flaque avenue Grammont, ou pas. Tout est affaire d’alternatives. Elle décide d’ignorer ce groupe d’adolescentes turbulentes qui se traînent en parlant fort. Je ne suis pas au courant. Quand nous aurons traduit le mot herse, le plus dur restera à faire, vous le savez bien.

Mais qui sait quoi, hein ? Et quand elle dit « vous le savez », à qui parle-t-elle ?

pas comptés, un accent par-ci, un autre par-là, elle s’avance, comme à l’ordinaire. Ou, presque.

 

11:41 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

79–Valuntonis–Piano

 

    La capitaine m’a fait don, l’autre jour, il y a cinq jours, c’était même un mercredi, d’un parapluie noir compact griffé, et comme il est encore dans sa housse cinq jours plus tard alors que je vais peut-être me retrouver un petit moment à pied et sous la flotte, je me dis que ce serait le jour où ne pas oublier ce parapluie, et le prendre donc dans ma sacoche, ma serviette, mon cartable, je ne sais quel est le mot adéquat. Se démonter le bras vraiment comme on déplie un parapluie. Il n’est pas facile cet exercice, madame !

 

11:32 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

78–Kiss–Piano

 

     J’irai chercher mon manteau au pressing. Non, ce n’est pas une laverie, c’est un pressing. Ne pas s’empêcher d’avoir le sentiment qu’on écrit comme sur un ring, pas avec le trac. Aucune métaphore ne suffit à désosser le squelette, et c’est ainsi qu’on continue. En évitant, si possible, le bling-bling, car c’est ce clinquant qui nous offusque, et qui nous tue.

 

11:28 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

78–Colombo–Clavecin

 

    J’irai chercher mon manteau marron au pressing. Non, ce n’est pas une laverie, c’est un pressing. Ne pas s’empêcher d’avoir le sentiment, le dos voûté et douloureux, qu’on écrit comme sur un ring, plus que comme sur une scène avec le trac.

Aucune métaphore ne suffit à désosser le squelette, et c’est ainsi qu’on continue. En évitant si possible le bling-bling.

 

11:25 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

77–Nicolosi–Piano

 

    Aujourd’hui encore il faudra balayer devant sa porte, naviguer au-dessus de ses souliers. Le pantalon troué, le remiser. Si j’enfile le costume gris, pas possible les godillots. Si je me résous au pantalon blanc, quelles chaussures. Ça dépend aussi si j’ai la voiture. Et le costume bleu ?

 

11:20 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 02 février 2020

76–Cera–Clavecin

 

    On n’en finit pas d’épuiser les dictionnaires, mais là n’est pas ce que fait l’anthropocène.

L’humain épuise tout ce qui n’est pas humain, puis il réussit la prouesse de s’épuiser lui-même. La poésie a si longtemps été perçue comme puisement, action de puiser, de s’abreuver etc. Donc il fallait bien que les nappes phréatiques et les énergies fossiles s’épuisent. Le poète desséché, déshydraté. Mais ça encore, à la rigueur bien fait pour sa gueule !

Comme dans les tableaux champêtres, un mot fait naître un continent, de sorte que même les rochers, que l’on avait cru fabuleux, se déguisent, peut-être en raison des pluies qui alimentent les sources, auxquelles s’abreuvent les agneaux de la fable.

Biffer cela, si l’on n’y comprend goutte. Biffer. Les textes comme des billets qui épuisent nos ressources ne nous épargnent pas. Biffer cela.

 

15:12 Publié dans Droit de cité, Fièvre de nombres, La rature a horreur du vide, lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

75– Pečhočová–Piano

 

    La poésie est politique. Elle refuse de se payer de mots. La poésie est olitique. Elle se prive et montre le manque, à tous les coins de rue. La poésie est litique. On retrouve des pavés, des masques à gaz bricolés avec des soutifs. La poésie est itique. Manière de répéter ce que personne ne veut entendre. La poésie est tique. Elle vous sucera le sang, parlementaires véreux. La poésie est ique. Elle va baiser bruyamment sur vos discours verbeux. La poésie est que. Elle relaie, relie, dilue et délie. Elle est ue. Elle est e.

 

15:03 Publié dans lactations : déSastre, Part oétique, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

74–Aussel–Guitare

 

    Allons jusqu’à la balustrade, et puis de là embrassons du regard les prairies grises, les égouts à ciel ouvert, la misère toujours fleurissante. Tu voulais poser des circonflexes partout sur le paysage et je t’en ai empêchée. Tu es triste mon ami : elle voulait ponctuer notre conversation des voyelles absentes de La Disparition. Pas étonnant qu’elle ait filé.

 

14:53 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

73–Gunin–Piano

 

    Les endeuillées passent leur chemin. Chacune porte son voile noir, chacune son deuil. Quel est ce manque au fond, au fond de chacune de nous ? Nous avançons ; la pluie fait des clapotis dans les flaques où notre regard se perd, sombre lugubre. Le nœud aperçu dans la planche, comme un œil.

 

14:47 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 30 janvier 2020

72–Benjámin–Piano

 

    Revenons-en à la météo, après tout la base de tout.

L’état d’âme qu’il faut décliner sans adjectifs. Décliner, c’est le verbe.

La pluie continue de tomber ; le clavier apporte la joie et l’énergie. Pas celui de l’ordinateur, où on se noie. Non, c’est faux : contre ce clavier je bute, je rebondis, balle de pala, de main nue, tissée de corde par-dessus le cuir. Rebonds sans fin.

Contre ce clavier.

Contre les signes, contre les lettres. Se construire contre ce rempart, contre ce rectangle légèrement oblique. Bâtir là où le bât blesse. C’est toujours le corps qui aura le dernier mot.

Ce dernier mot, est-ce que ce sera un verbe ou un adjectif ? sera-t-il pensé seulement ? sera-t-il seulement pensé ?

Contre le clavier.

Des considérations philosophiques. On s’est permis quelques adjectifs. C’est dur, aussi. On fera mieux demain. Pour se bâtir.

 

09:02 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

71–Ross–Clavecin

 

    Il y aura quelque chose qui dépasse de cette belle structure géométrique, une échappée.

Pourfendre les dragons, ça en jetait, mais ça n’avait aucun sens.

Le type qui veut employer l’adjectif déjeté et qui sue deux minutes sans y parvenir : mec, c’est que ta phrase n’aurait rien donné, aurait rompu le rythme.

Bousiller le rythme, pas possible. Faire éclater l’ordonnancement, oui.

Si vous ne voyez pas la différence…

On se dirait revenu à l’époque ingénue des arts poétiques.

(Et oui j’ai écrit ça en deux minutes et treize secondes.)

 

08:54 Publié dans lactations : déSastre, MOTS, Part oétique | Lien permanent | Commentaires (0)

70–Stehlik–Piano

 

    Écrire sans adjectifs, s’y contraindre.

Et si on se contraint à écrire sans infinitifs ni participes présents, que reste-t-il ?

Parfois le quadrilatère explose, ou plutôt : se boursoufle.

Toute gonflée de son importance, telle branche décide de se dédoubler.

Ah on va voir ce qu’on va voir.

C’est au bastingage que ça se passe. Tenté autre chose, l’herbe plus verte.

 

08:45 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

69–Strokovskyi–Accordéon

 

    Temps passe en eau qui tombe. En trombe. Combien de phrases formées autour de la paronomase. Pourtant c’est la mélancolie qui triomphe en douceur dans l’étirement mélodieux et poignant, souffle coupé. En toile de fond, ce jeudi de pluie, à égrener bêtement des considérations sur la météo.

 

08:39 Publié dans lactations : déSastre, Xénides | Lien permanent | Commentaires (0)

69–Staier–Clavecin

 

     Les journées en eau qui tombe. Pourtant l’eau ne semble pas tomber. Comme on aime en français à former des phrases avec l’eau qui tombe, par analogie sonore avec le cercueil. L’eau dans l’hiver macabre tombe, au miroir de l’âme noire. Ces matinées commencées avec la pluie en lame de fond.

 

08:34 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 29 janvier 2020

68–Pečhočová–Piano

 

    Mercure, à la fin de ce mercredi bizarre, m’a traité de bélître. J’avais trop contemplé les néfliers, par la vitre. J’ai dû chercher le sens du mot bélître, et des citations.

Molière, bien sûr. Ou Rostand peut-être.

De vieux souvenirs de collège.

Tu te rappelais, au collège, et même en seconde, on avait classe le samedi matin, pas le mercredi.

Les filles qui (se) faisaient passer des petits mots, on ne savait jamais ce qu’elles s’écrivaient, de quoi se mêlaient-elles.

Mercure, figure de carnaval, a mis des giroflées à ses guêtres. J’entends s’écouler, languissant, un toucher de piano fêtard. Si le dieu était plus farceur, pris l’accent berrichon, il ne m’aurait pas traité de bélître mais il aurait pu me dire que j’avais l’air rinci comme eune orpèche eud’ guernouille.

Ça aurait mis un peu d’ambiance.

Que l’on s’ennuie dans cette église.

 

16:28 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

67–Sanggar Kemban Ceraki-Gamelan

 

    Imaginer le cheminement d’une huître, à quoi elle s’arracha, dut s’arracher. Tu l’imagines, cela non sans mal. Qu’il est difficile de fixer son esprit sur tel ballottement au gré des flots, d’imaginer vraiment la mer, la mer sans l’homme ou sans les navires, d’imaginer la dérive parmi les débris plastiques. Comment ne pas laisser de telles images terribles interférer, s’imposer ?

Ce que l’on entend par là. Le voyage de l’huître. Il faudrait lire des pages, des pages. Il faudrait en écouter, des pêcheurs et des océanographes.

 

16:07 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)

66–Sejáková–Piano

 

     J’évoque ces ornières creusées par les roues des tracteurs au bord du chemin vicinal près de chez mes parents : ces ornières, mon père y déverse régulièrement des coquilles d’huîtres ou, parfois, des moules. On en rit, imagine les archéologues de quelque siècle lointain échafaudant une théorie sur le niveau de l’océan dans le Pays d’Orthe autour de l’an 2000.

 

16:00 Publié dans lactations : déSastre | Lien permanent | Commentaires (0)