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lundi, 08 avril 2013

Enculer, pourlécher

    Dans ta main droite, dont le creux renfermait une poignée de graines de couleur ocre, grise ou jaune, ce furent bientôt neuf perruches qui s’activaient, te chatouillant : contrairement à tes fils, tu n’avais pas de gants — contrairement à ton épouse, ta posture perruches dans la main n’a pas été immortalisée par JPG. Il y avait notamment, dans la nuée de perruches vives et quasi-microscopiques peuplant cette grande volière, bon nombre de perruches ondulées, plumets bleus aux joues, zébrures noires sur le jaune de la nuque. Curieux, le temps qu’il m’aura fallu pour commencer à m’intéresser aux oiseaux dits « exotiques », justement parce que, connaissant mieux les oiseaux d’Europe, et voyant quels dangers ils couraient, je m’offusquais de voir que le commun des mortels s’intéressait surtout aux colibris, coryllis, colifichets. Neuf oiseaux dans la main, un test cognitif remonte à la surface.

 

Vint le temps du poème irrationnel (et non absurde, je tiens beaucoup à cette distinction) :

Nue de pourlécher

Rondeur épluchée.

Découpler un hère

Du pore herculéen.

Lourdeur penchée

Penduler, échouer.

Oh, enculer éperdu

Peu crédule héron.

 

09:14 Publié dans Répétitions | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 07 avril 2013

Urana

ara araurana.jpg

    Il est avéré qu'il fait tout à l'envers — écrire un premier texte sur un oiseau qu'il n'avait jamais vu, et, le jour où enfin il voit un spécimen de cet oiseau océanien, prendre plusieurs photographies d'un autre, beaucoup plus communément répandu dans les parcs zoologiques européens.

Et donc : répétition générale pour une reprise des travaux.

Et donc : dormir par terre, en lorgnant le bec et les zébrures autour des yeux de l'Ara araurana (la seule chose qui l'intéresse étant le peu de plumage totalement non coloré de ce superbe volatile).

11:39 Publié dans Brille de mille yeux, Répétitions | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 12 octobre 2011

Le Coryllis à gorge jaune

    N'en déplaise aux bégueules, et pour le dire franc, on ne sait pas grand-chose du Coryllis à gorge jaune. On le trouve à Java, on le trouve à Bali. Il est quasiment menacé, ce qui signifie qu’il n’est pas assez menacé pour qu’on s’occupe de lui, se préoccupe de son sort.

Son nom finnois est Jaavanriippukaija. Mince moisson.

Ce moineau sait dire Peabody, mais figurez-vous que certaines espèces de perroquets peuvent répéter des phrases entières de façon compréhensible.

Figurez-vous.

Triste figure.

Mince.

 

Mince figure. Triste, vous répétez des phrases entières de façon compréhensible, espèce de perroquet, figurez-vous que ce moineau sait dire Peabody.

Mince, son nom finnois.

Son sort n’intéresse personne, il n’est pas assez menacé, c’est une espèce quasi menacée. On le trouve à Bali, à Java on le trouve. Du Coryllis à gorge jaune on ne sait pas grand-chose, soyons francs, figurez-vous. N’en déplaise aux bégueules.

11:47 Publié dans Répétitions | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 11 octobre 2011

Le Touï des tépuis

    (Puise.)

 

Le nom commun donné aux oiseaux des genres Nannopsittaca, Touit, Brotogeris, Bolborhynchus et Forpus, en anglais, est Parrotlet (petit perroquet, perroquillon, perroquaillou, etc.) ; en français, s’impose, étrange, le mot touï, dont on ne sait si on doit le prononcer en une syllabe ou faire la diérèse – et si on fait la diérèse, comment diable ? to-hui ? tou-hi ?

Les cinq genres cités ci-dessus sont représentés respectivement par 2, 8, 8, 5 et 7 espèces. Le Touï des tépuis appartient au genre le plus restreint, Nannopsittaca. Si vous tenez à ce que je discoure de manière plus abstruse encore, je peux vous livrer, à propos du Touï des tépuis, un secret bien gardé : Des filoplumes jaunes constituent ses cercles oculaires.

Sur une planche de 1883, Johannes Gerardus Keulemans l’a représenté aux côtés d’un Troglodyte flûtiste. L’oiseau brun a l’air d’épouiller l’oiseau vert émeraude au niveau des rectrices. (Bien sûr, vous connaissez Keulemans. Il est l’auteur de la planche la plus célèbre représentant l’espèce éteinte du Grand pingouin. La dernière fois que je l’ai vue, c’était en préparant un cours sur The Good Soldier. Ford Madox Ford appelait ce roman son « œuf de grand pingouin », my great auk’s egg, afin d’en souligner la bizarrerie, ou peut-être l’exploit narratif.)

―― Il me semble écrire un des textes les plus pénibles de mon œuvre, mon œuvre de grand pingouin. Ce n’est pas peu dire.

Stupidités douteuses.

Duetto de députés.

Studieuse petiote.

Idiotes séduites.

Toupets désuets.

Suédois dépités.

Sieste oiseuse.

 

(Ce n’est pas peu dire. Epuise.)

22:52 Publié dans Répétitions | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 10 octobre 2011

La Conure magellanique

    La Conure magellanique (aussi nommée Perroquet austral, ou Conure émeraude) se distingue de la Conure à long bec par l'absence de rouge sur le front.

Dans un poème de Robert W. Service, 'The Younger Son', dont on ne sait trop s'il est censé se passer en Afrique australe, en Amérique du sud (où vit notre Conure), ou même en Océanie (sans doute les trois à la fois – c'est un poème sur l'éloignement, l'exil, la nostalgie), on trouve le huitain suivant :

When the wattle-blooms are drooping in the sombre she-oak glade,

      And the breathless land is lying in a swoon,

    He leaves his work a moment, leaning lightly on his spade,

      And he hears the bell-bird chime the Austral noon.

    The parakeets are silent in the gum-tree by the creek;

      The ferny grove is sunshine-steeped and still;

    But the dew will gem the myrtle in the twilight ere he seek

      His little lonely cabin on the hill.

 

Je le traduirai un jour si j'en trouve le temps, ou si l'envie m'en prend. En attendant, je préfère regarder quelques photos, quelques vidéos, où l'on voit, en action, la Conure magellanique. ― Tandis que je glandouille ainsi, un noceur me tend la cornue à laquelle il s'enivre. Je n'ai pas envie de picoler maintenant. Pauvre type.

09:29 Publié dans Répétitions | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 09 octobre 2011

La Perruche alexandrine

    Elle se nourrit de fruits, de baies, de nectars.

(C’est un alexandrin.)

 

C’est une alexandrine – la grande perruche – la perruche Grand-Alexandre. Elle est de noble patrie. Son bec recourbé ne se livre à aucune forfanterie. Bien née, vert vif avec des reflets violacés, elle vous mettra, par sa seule vue, en joie.

Alors, quoi ?

Qu’est-ce qui cloche ?

Et d’abord, est-ce que quelque chose cloche ? Ne fait-on pas des histoires pour pas grand-chose ? pour tirer à la ligne ? pour ne pas avoir à pointer à l’usine ? pour baguenauder, point barre… ?

On ne trouve la sous-espèce Magnirostris que dans les îles Andaman. Suis-je censé savoir où sont les îles Andaman ?  Adam déjà, c’est du nanan, alors Andaman… pfffff, n’importe quoi… je jase, dégoise… et pendant ce temps… pendant ce temps la perruche… pendant ce temps pas un mot sur la perruche…

Sale type.

 

William Pember Reeves me glisse les mots karaka, pukeko, kamara. Il manque un quatrième terme maori pour compléter la formule incantatoire.

Maori ? qu’est-ce à dire ?

Trop tard, bien trop tard je m’aperçois qu’il parle de la Nouvelle-Zélande, où jamais on ne trouva de perruche Grand-Alexandre – du pays d’Aotearoa, où l’alexandrine jamais ne s’égara. N’ai-je pas déjà amplement parlé de cette île bifide (ce n’est pas le bon mot, mais bifide sonne bien, donc c’est le bon mot), de cette île où justement se déroule la Coupe du monde de rugby (nous bassine-t-on assez avec ça ?), sans que l’inimitable Reeves (est-il bien prudent de parler d’inimitable dans un ouvrage consacré aux psittacidés ?) vienne me coloniser la page ? Pfff. Inimitable sale type. Ses italiques nous perdront.

Peut-être alors me suis-je condamné moi-même à clore ce texte comme je l’ai commencé, par de la prosodie pure, un vers, un alexandrin. Vous aurez remarqué que le premier était bancal (7/2/3, grinçant à souhait). On va tenter de faire pire pour celui qui vient. La perruche n’a qu’à bien se tenir : ――――

 

―――― L’iris est blanc jaunâtre, et autour, c’est gris pâle.

22:59 Publié dans Répétitions | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 07 octobre 2011

Le Gris du Gabon

    Sur la colline poivrée, au milieu des étangs royaux, se trouve le territoire idéal du Perroquet jaco.

Le gris du Gabon – comme on l'appelle aussi (avez-vous remarqué la propension des psittacidés à multiplier les dénominations, comme si tout, avec eux, toujours, était question de répétition ?) – y règne en seigneur. De temps à autre, on le voit picorer un escargot. Ainsi se déroule la vie exaltante du Perroquet cendré du Congo (je connais un Irlandais qui le nomme ainsi).

Idéal.

16:22 Publié dans Répétitions | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 06 octobre 2011

Le Nestor kéa

    Il vit dans la montagne. La neige épaisse ne le chasse pas.

Ces oiseaux (dont on dit, quand ils sont en bande, qu’ils forment un cirque – a circus of Keas) avaient jadis, et même naguère, la réputation d’attaquer les agneaux. Chassés avec ardeur, ils ont fini par se raréfier.

Charlotte Perkins Gilman, pourtant pourfendeuse de l’androcentrisme, n’a pas dédaigné de l’appeler « ferocious sheep-eating bird ». Fallait oser. ― Au singulier il reste curieux. On le trouve surtout dans les forêts de hêtres.

Malgré un équipement très sophistiqué, tous nos efforts pour capter ses cris ont été réduits à néant. C’est une autre histoire, que je pourrai raconter lors d’une autre étape de mon périple. La plus belle de toutes les journées fut celle où nous pûmes observer longuement une petite colonie (pardon, un cirque) de Nestors kéa (ou de Kéas), au-dessus de Te Anau, à814 mètres d’altitude. L’espace autour de nous était si dense et vaste, que nous en avons oublié la technique, l’enregistrement, le décompte.

12:59 Publié dans Répétitions | Lien permanent | Commentaires (0)