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jeudi, 09 mars 2006

Prophétisant la critique génétique

    Est-ce de l’afféterie, ou un réel souci, complexe et bien fondé ? Les deux, mon commandant : je pencherais pour cette réponse hybride.

« Que si cela vous amuse – bien que mon œuvre n’en vaille guère la peine ! – de voir la figure de mon travail progressif, je ne demande pas mieux, une fois que vous connaîtrez le livre imprimé, de vous communiquer les épreuves. Mais après, je vous en prie, pas avant. » (M. Proust. Lettre à André Gide, 20 janvier 1918.)

Chemin faisant, j’ajouterai aussi ceci, à propos du parti pris assez outré et ridicule de Pierre Assouline, dans sa préface à la correspondance des deux écrivains : pourquoi ne note-t-il pas que, si l’on a conservé les lettres de Proust, c’est que ce dernier ne gardait pas celles de Gide ? Un peu curieux, si on confronte ce fait avec les témoignages de haute admiration et d’extase littéraire que Proust ne cesse d’aligner dans ses lettres. Ne doit-on pas reconnaître à Gide le mérite d’avoir reconnu son erreur initiale à l’égard de La Recherche et d’avoir, lui, gardé précieusement les lettres de Proust ? Ne peut-on aussi souligner les défauts de caractère de Proust, tels qu’ils transparaissent dans ces lettres ? Tous deux sont humains, voilà tout ; géniaux écrivains, et fantastiquement ordinaires dans leurs accrocs, défauts humains trop humains.

Tant qu’à diluer quelque peu l’intérêt de la fort belle citation proustienne ci-dessus dans la mélasse de mes phrases, poursuivons. Avouerai-je sans honte que la dernière, fort courte phrase nominale, me rappelle deux vers d’une chanson de Brel ? Je l’avoue, mais non sans honte : il faut aussi se confronter à sa propre bêtise, et à la honte qui en naît.

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