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dimanche, 02 juillet 2006

Le mystère Astolphe Sijouvray

    Il fallait bien commencer par noter que la somme de son prénom et de son nom reposait sur un équilibre subtil, entre le cube de 2 et le carré de 3, débouchant sur le nombre premier qui fait partie de mes préférés, 17. Toute personne dont le prénom compte huit lettres et le nom, neun Buchstaben, fait aussitôt l'objet de ma curiosité bienveillante, sinon de mon admiration.

Lui, Astolphe Sijouvray, muni d'une canne à pommeau d'or et vêtu d'un habit à queue-de-pie, se présenta un jour à mon domicile. J'étais encore en peignoir (car je dors nu et, quand je n'ai pas d'affaire urgente pour me pousser sur les routes, l'été, je me vêts, au lever, d'un simple peignoir de bain qui me donne l'allure lascive d'une star de grande classe, une version masculine d'Ava Garner, dirons-nous pour faire simple). Astolphe Sijouvray me tendit sa carte, d'une élégance infinie.

Quand je fus rassuré sur ses motivations (il n'était ni témoin de Jehovah, ni mormon, ni, pire encore, conseiller financier d'un institut spécialisé dans les nouvelles mesures de défiscalisation), je l'invitai à venir prendre avec moi une tasse de Rembeng. Il déclina mon offre, préférant "boire une tasse de thé vert Gunpowder dans votre ravissante courette". Bien sûr, pour l'accueillir dans l'infâme cour de gravier qui sépare la maison de la rue, il fallut déplacer la Clio et sortir les cabriolets Régence. Déjà, la scène n'était pas du tout décalée. (La Clio, elle, cala. Merde alors, elle sort du contrôle technique, cette putain de caisse ! (Car je parle ainsi dans la vie de tous les jours, et hors de mes précieux carnets.))

Astolphe Sijouvray ne voulait pas me demander quoi que ce soit, et, en dépit de son allure surannée, il n'était même pas venu me proposer un pacte avec le diable, or a new lease of life, que sais-je... Il voulait absolument que je lui donne un conseil de lecture, car il hésitait, m'expliqua-t-il avec force ronds de jambes et circonlocutions, qui, pour être savamment tournées et charmantes de rhétorique, ne m'en donnaient pas moins l'impression qu'il cherchait, in vulgar parlance, à noyer le poisson (car l'hyperhypotaxe sert aussi, dear students and fellow scholars et n'en déplaise à Henry James, à cela). Bien entendu, il lui était impossible de battre la campagne autour des buissons, puisque nous étions en ville, dans ma courette, qui est, de surcroît, en fait de buissons, protégée par une épaisse haie de thuyas (l'arbre le plus affreux qui soit, cela n'a aucune espèce d'importance ici, mais autant le noter). Mais les digressions n'en tombaient pas moins de sa lèvre digne et subtile.

Un conseil de lecture, donc. (Il faut toujours se méfier des personnes qui préfèrent une tasse de Gunpowder à une mug de Rembeng, alors que je serais plus mesuré dans mon jugement à l'encontre des amateurs de Gainsborough qui ne goûtent pas trop Rembrandt : voyez comme l'alphabet est retors...)

Il voulait savoir si je lui conseillais plutôt de lire Les Détectives sauvages de Roberto Bolaño ou Lapinot et les carottes de Patagonie, de Lewis Trondheim.

 

... À suivre...

Commentaires

Dis-moi MuMM, il faut que je fasse un lien à partir de mon blog, sinon le sieur Cheuvriou ne lira jamais cette note ! Ce serait dommage car cela devient du délire cette histoire. J'attends la suite avec impatience !! Dans ses lectures favorites, les livres de Cavanna, et c'est un mordu de citations. Mais ote-moi d'un doute, ce n'est pas toi qui te caches derrière cet étrange personnage sorti dont ne sait où ? J'attends ta réponse pour donner suite sur mon blog.

Écrit par : tinou | dimanche, 02 juillet 2006

Je voulais dire " CHIEUVROU " et non CHEUVRIOU, quant au prénom, je suis obligée à chaque fois de consulter le papier à côté de moi

Écrit par : tinou | dimanche, 02 juillet 2006

J'aime beaucoup, non j'adore ce texte. Plein d'humour, rafraîchissant en cette caniculaire (30°c ici= journées de chien) journée galloise.

Écrit par : Livy | dimanche, 02 juillet 2006

Tinou > évidemment, ce n'est pas moi. Je me dédouble seulement pour le virtuel, et, de plus, je trouve que sa lettre vise en grande partie à côté. Maintenant, il est devenu personnage de fiction ici aussi. Tu peux faire tous les liens que tu veux...

Livy > merci beaucoup. J'ai aussi écrit une série de textes en pensant à tes regrets de m'avoir vu abandonner (temporairement va-t-on dire) *Pauvres Pyrénées*, et qui seront publiés entre le 8 et le 15 juillet, à raison d'un par jour. (Voilà de quoi te faire saliver...)

Écrit par : MuMM | dimanche, 02 juillet 2006

Alors j'attends la suite de cette fiction avec le plus grand intérêt et beaucoup d'impatience !

Écrit par : tinou | lundi, 03 juillet 2006

Sans me départir de la sérénité qu'imposent aux discutants les hautes matières littéraires, je souhaiterais dénoncer l'injustice flagrante à laquelle se livre insidieusement, au détour d'une parenthèse, d'une manière d'autant plus scandaleuse qu'elle est emprunte de perfidie, le scripteur du "Mystère Astolphe Sijouvray".

Voyez donc, chers compagnons de plume - mes petits poulets! - tout l'objet de son ressentiment venimeux; jugez vous-même l'inélégance du procédé consistant à livrer aux gémonies quel être de la création? quelle parcelle de l'univers - à supposer que sa complexité intrinsèque accepte une définition que les adeptes de Russel et autres Strawson s'entêtent à appeler "en extension"? Hein?

Eh bien rien de moins que la créature la plus inoffensive et la plus accomodante que cette terre ait jamais portée, une créature sauvagement instrumentalisée, transformée en symbole priapique par les classes dites moyennes, phagocytée par certains services municipaux en mal d'imagination:
le thuya.

Proclamons-le avec courage: n'en déplaise à cet adepte du chèvrefeuille qui n'a pas su cacher sa faiblesse coupable dans son pseudonyme accumulant les consonnes spirantes et autres sonantes du plus disgracieux effet:

Le thuya sent bon.

Écrit par : Remu Cami | dimanche, 03 décembre 2006

ERRATUM. Seul le paroxysme de mon indignation peut expliquer - à défaut de le pouvoir justifier pleinement - l'usage de la graphie fautive "emprunte de perfidie" là où tout véritable amateur de thuya se doit d'écrire "empreinte de perfidie".

Écrit par : Remu Cami | dimanche, 03 décembre 2006

Tout cela me paraît un peu emprunté.

Écrit par : MuMM | dimanche, 03 décembre 2006

Je vous le concède. Souffrez, en échange, que l'on puisse adopter la cause mellifère des thuyas.

Écrit par : Remu Cami | dimanche, 03 décembre 2006

Qu'allait mellifère dans cette galère ?

Écrit par : MuMM | dimanche, 03 décembre 2006

Astolphe Chieuvrou, te voilà à nouveau démasqué, malgré la ruse champagnesque de ce second "nickname": seul Astolphe Chieuvrou lui-même et en personne - ce qui n'est pas rien - pouvait ignorer "la teneur en suc ou en nectar" (dixit le "Trésor de la Langue Française") des bosquets de thuyas ornant nos banlieues pavillonnaires comme les épithètes ornaient les péridodes homériques. La substance odoriférante et poisseuse qu'ils sécrètent est réservée aux polissons qui s'y blotissent.

Écrit par : Remu Cami | dimanche, 03 décembre 2006

>MuMM

Veuillez ne point prendre ombrage de ce texte d'un ami mien avec qui, après un silence mutuel de plus de vingt ans, je viens de reprendre contact samedi dernier, par la grâce de ce drôle d'engin à clavier qui me permet, depuis l'an passé, de m'adresser au vaste monde, de Lerné à Thésée et de Villechauve à Preuilly – et même au-delà, jusqu'à la mer, ou quasiment, si j'en juge par le succès de la liaison que j'ai pu ainsi établir il y a quatre jours avec le susnommé Rému Cami. Près d'un quart de siècle que nous nous étions entretenus pour la dernière fois, lui et moi, au sortir d'un bus qui, comme de coutume, nous avait déposés à mi-chemin des demeures parentales respectives. Soit, pour l'un, un pavillon dont le luxe tapageur en faisait l'une des plus emblématiques habitations de cette portion de zone blanche fort justement appelée par les miens « Les pavillons », dont la localisation aux confins orientaux du Morier jocondien lui conférait le rôle ingrat d'ultime sentinelle de l'inique municipalité giscardienne de l'époque et dont la haie de thuyas qui la ceignait semblait n'offrir qu'une protection illusoire contre les agressions toujours possibles du monde extérieur ; et, pour l'autre, un(e) hachélème que Renaud (le chanteur, autrement dit ni Camus, ni Donnedieu) eût sans doute qualifié(e) de blême et dont la michelinesque population laborieuse au regard fier et digne malgré les contrecoups du deuxième choc pétrolier se teintait parfois, au hasard des appartements au sol en terre battue ouverts aux quatre vents et aux murs lézardés et jaunâtres, d'une nette coloration luso-maghrébine (je vous renvoie, pour plus de détails à « Pieds nus dans la neige », la poignante autobiographie que j'ai fait paraître il y a quelques années à compte d'auteur et dont la critique unanime – à commencer par Sophocle Thuivreau, talentueux chroniqueur littéraire au « Réveil de Sublaines », dans son éblouissant « Astoph' sans Pathos » – a, de fait, souligné l'extrême pudeur qui s'en dégage).

Près d'un quart de siècle, disais-je, à propos de cette dernière entrevue à l'arrêt de bus « Morier », qu'avait rendue possible, me semble-t-il, la défaillance de la mobylette de mon camarade alors lycéen à Descartes (tandis que j'étais naturellement quant à moi scolarisé à Grandmont et adepte des seuls transports en commun). Un bail, autrement dit (oui, je sais, pas terrible-terrible, cette dernière réflexion mais, que voulez-vous, il me fallait un élément de transition). Or le temps ne semble pas avoir eu de prise sur le tempérament de jeune chien fou de mon copain du collège La Rabière, encore que je croie deviner, à la lecture du message de retrouvailles qu'il m'a envoyé ce ouiquende, qu'il préfère la gent féline à la gent canine, ce qu'un caninophobe comme moi ne peut d'ailleurs qu'approuver (comme quoi il n'était pas mon copain pour rien). Toujours est-il que celui que j'avais quitté fougueux adolescent ne semble pas avoir perdu son fameux revers au tennis – sport que, comme vous, MuMM, avec qui je ne vous cacherai pas qu'il a plus d'un point commun, il pratiquait assidument quand je me contentais, plus modestement, de mon côté, de me livrer dans ma chambrette au plus confidentiel balai sur moquette (ne cherchez pas, il n'y a aucune contrepèterie là-dessous ni, du reste, aucun sous-entendu égrillard), activité qui, cela dit, me prodiguait les mêmes viriles ampoules que mon camarade au niveau de la première phalange du pouce, et sur les deux mains encore – puisqu'il a su en un rien de temps (oui, je sais, pas facile de se raccrocher au premier wagon de ma phrase) me retourner la balle que, dissimulé sous un pseudonyme passablement ridicule, je lui avais inopinément envoyée samedi, et, me prenant au dépourvu, est parvenu par un coup bien ajusté à mettre bas mon masque pour faire apparaître le visage quelque peu hébété de son vieux camarade Astolphe Chieuvrou, qu'il avait sans doute été l'un des seuls de sa classe à ne jamais appeler « Adolf ! » (encore une fois, je tiens à mon point d'exclamation), et ce de façon d'autant plus méritoire que celui-ci (autrement dit moi-ci, ou je-ci, comme on voudra) l'eût constamment battu, durant leurs deux années de scolarité commune, en cours d'allemand, chose qui eût été toutefois impensable en cours d'anglais mais il est vrai, cela dit, que l'apostrophe « Winston ! » eût sans doute résonné de manière moins infamante à mes oreilles, tout impérialiste qu'ait été l'homme au cigare et à la tête de bouledogue (j'ajoute, pour rétablir ma réputation, sans doute usurpée, de gars modeste – si, si, je vous assure, proclamé-je à ceux qui, il y a quelque temps, me jugeaient horriblement prétentieux sur un blog voisin – que ma constante première place en allemand seconde langue en classes de quatrième et de troisième durant les années 1978-1979 et 1979-1980 fut sans doute mon seul titre de gloire au cours de ma scolarité passablement médiocre, si j'y inclus mes années de lycée incertaines et mes piètres années de fac ; je conserve, du reste, encore aujourd'hui, affichées au-dessus de mon lit et dans des cadres dorés à l'or fin, mes interros écrites aux notes faramineuses de ces années fastes et, hélas, sans lendemain, de mon apprentissage de la langue du docteur Mabuse et de Winnetou).

À cet instant, MuMM, sans doute me faut-il demander quelque indulgence de votre part pour ce fait que, sous couvert de mettre en perspective le texte de cet ami retrouvé, je me laisse aller malgré moi, dans mon enthousiasme, à vous narrer mon adolescence échevelée dans cette belle banlieue tourangelle dont Raymond Lory, notre ancien député-maire-épicier (1956-1995) qui-n'était-pas-de-droite-mais-du-centre, avait d'ailleurs obtenu de La Nouvelle République qu'elle la rebaptisât « région tourangelle » en en-tête des pages qui étaient alors consacrées à ladite banlieue, laquelle, il est vrai, n'avait que peu à voir avec la banlieue parisienne, qui elle-même ne saurait, aujourd'hui pas plus qu'hier, être raisonnablement comparée, comme j'ai parfois l'impression de l'entendre, au ghetto de Varsovie du début des années quarante. Mais bon, une fois de plus, je m'égare.

Recadrons donc un peu les choses et exposons le problème sans plus longtemps tenter de l'évacuer en cherchant à fuir ce que j'imagine être votre légitime courroux : vraisemblablement pris dans son élan d'éternel jeune homme, Rému Cami, qui, après m'avoir donc sans peine identifié une première fois derrière l'identité factice sous laquelle je me suis présenté à lui samedi dernier, semble vouloir me débusquer là où je ne saurais être et m'a ainsi sans vergogne attribué, si je le lis bien, rien moins que la paternité de votre blog (après y avoir accédé en ayant, j'imagine, tapé mon nom sur un moteur de recherche ; le fait est que le premier lien qui apparaît sur Gougueul est celui vers le désormais fameux « Mystère Astolphe Chieuvrou/Sijouvray »). Or je n'ignore pas la souffrance qu'il peut y avoir à se voir déposséder de la paternité d'une œuvre, ayant moi-même eu à faire face à cette douloureuse expérience en classe de maternelle, lorsque le résultat de la commande officielle que j'avais honorée auprès de mon institutrice amatrice de bonne peinture (un dauphin bondissant des flots, tout droit inspiré du sémillant Flipper et reproduit quasiment en taille réelle, tout au moins dans mon souvenir) fut communément attribué par la suite à je ne sais quel usurpateur en culottes courtes. En l'occurrence, Rému Cami ignore manifestement que, loin d'avoir suivi une route analogue à la sienne, je suis la plupart du temps aussi peu à mon aise face aux fulgurances intellectuelles qui nimbent ordinairement vos pages que doit l'être un Mandchou dans les ruelles de Bab-el-Oued (encore que le Manchou fasse traditionnellement preuve, contrairement à moi, d'une remarquable faculté d'adaptation). En résumé, MuMM, je vous demanderai d'excuser la méprise de mon camarade, en même temps que la longueur sans doute excessive de la présente mise au point.

>Remu Cami

Veuille me pardonner, camarade – si toutefois tu acceptes ce substantif dont je crois me souvenir qu'il était banni de ce que les miens appelaient « Les Pavillons » (cf la réponse à MuMM) mais bon, il n'en reste pas moins que tu étais bel et bien un camarade de classe ; je pourrais certes t'appeler « tovaritch » mais ce serait, me semble-t-il, pousser la private joke un peu loin, laquelle serait au demeurant plus private que joke – veuille me pardonner, disais-je, si je n'ai pas répondu dimanche à tes courriels successifs. J'ai eu beaucoup à faire, dirai-je simplement.

Une fidèle lectrice du présent blog au style enlevé et, je dois l'avouer, souvent par trop érudit pour un esprit aussi simple que le mien, avait autrefois émis l'hypothèse, à l'époque de mes premiers écrits sur la blogosphère tourangelle, que ces derniers pouvaient émaner de l'auteur dudit blog. Or voilà que tu te mets à présent à affirmer que je pourrais être ni plus ni moins que cet auteur, autrement dit le flamboyant MuMM... Ah, non, tu n'y es pas.

Oserai-je d'ailleurs te dire que tu as peut-être bien failli me brouiller avec MuMM alors que nous avons, lui et moi, enterré il y a peu une hache de guerre que j'avais crue à tort déterrée. J'ai craint en effet, lorsque j'ai découvert ta note, que cette dernière ne soit considérée par lui comme une tentative de ma part de vampiriser son œuvre bloguesque comme il avait pu me sembler il y a quelques mois s'emparer de mon identité.

Mais bon, je t'en dirai plus dans les jours qui viennent sur ta boîte aux lettres.

Écrit par : Chieuvrou | samedi, 09 décembre 2006

Bonsoir MuMM, vous admirez aussi les gens dont le prénom a huit lettres et le nom suelement sept? Par contre, il y a un double prénom, ça va aussi? Merci.

Écrit par : patricia | vendredi, 02 mars 2007

Maintenant c'est à vous: combien de lettres pour votre/s prénom/s et pour votre nom? Voilà. Merci beaucoup.

Écrit par : patricia | vendredi, 02 mars 2007

Mon nom manque cruellement d'équilibre : 11 + 4 (même pas de quoi écrire un sonnet acrostiche).

... vous insistez, mais je resterai dans l'anonymat ;-)

Écrit par : MuMM | vendredi, 02 mars 2007

"Mon nom manque cruellement d'équilibre : 11 + 4"

Cela soit dit en passant - sinon en piéton: voilà qui achève de me détromper. Il n'en demeure pas moins que l'épistole promise par le doux Chieuvrou ci-dessus, à mon grand dam, ne me parvint jamais. Grand merci à lui, en tout cas, de m'avoir fait découvrir les présentes pénates.

Écrit par : Rému Cami | vendredi, 02 mars 2007

>MuMM

« Mon nom manque cruellement d'équilibre : 11 + 4 »

J'avoue quant à moi ne plus tout comprendre à cette histoire...


>Rému Cami

Tu me vois confus à l'idée d'avoir pu te causer un quelconque dépit par mon quasi-silence épistolaire depuis mon message inaugural de décembre dernier (avec le risque, sait-on jamais, que cette soudaine réserve soit par toi interprétée comme la conséquence d'une admiration ombrageuse de ma part pour l'œuvre de Vlad le Tchétchènicide, que, ai-je cru comprendre, tu as effectivement quelque peu malmené dans le texte en langue tudesque joint à ton dernier message).

Je ne voudrais pas abuser de l'hospitalité du blogue mummien mais, en trois mots, sache quand même que j'avais commencé il y a quelque temps une réponse à tes aimables courriels, que j'ai certes dû interrompre mais à laquelle je tâcherai de me remettre au plus vite, sitôt passés de menus tracas heureusement passagers (encore, autrement dit, quatre cent quatre-vingt-dix-sept signatures à rassembler avant vendredi et ce sera bon). Je pourrais certes invoquer, à l'appui de ce retard, le fait que tu n'as qu'imparfaitement répondu, il y a trois mois, à mon petit jeu passablement narcissique des cinquante propositions me concernant, puisque tu n'en as avancé qu'une alors que je t'avais indiqué que ma liste en comprenait cinq vraies (j'ignorais alors, soit dit en passant, qu'un tel type de questionnaire, sous une forme toutefois inverse et plus resserrée que le mien, ferait bientôt fureur sur la blogosphère, au point que l'hôte de ces lieux y a lui-même cédé mercredi dernier ; si tu veux d'ailleurs un tuyau, je te conseille de jouer la 3 [Ami suisse] ou la 10 [Fraises sauvages] dans la prochaine épreuve). La vérité est cependant moins avouable que ce manquement (bénin) de ta part à la règle que je t'avais proposé de suivre : je viens en fait seulement de remettre la main sur mon Langenscheidts Universal-Wörterbuch Französisch-Deutsch/Deutsch-Französisch édition de poche 1976, disons même de pochette, dont je fis naguère l'achat avec toi et quelques autres comparses boutonneux dans une librairie de Stuttgart, façon diplomatique pour te dire que je ne peux décemment te répondre avant d'avoir lu, à l'aide, donc, du précieux petit livre jaune, l'article que tu as eu la bonne idée de m'envoyer et que, du reste, j'imagine par avance on ne peut plus brillant.

Je m'y mets donc dès demain et t'enverrai mon jugement inspiré directement dans ta boîte.


[Note de MuMM : § déplacés "ailleurs" pour cause d'incompatibilité identitaire.]


>Evaristo H

Désolé mon vieux, y'a rien pour toi.

Écrit par : Chieuvrou | samedi, 10 mars 2007

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