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mardi, 07 mars 2017

Marche grise

    On a jeté la bouteille en plastique dans la poubelle jaune, les peaux de bananes dans la poubelle verte, fini de récurer le fond de la poubelle grise, puis on a pris la route, à pied, après avoir enfilé les souliers avec le chausse-pied, qui est, techniquement parlant, une corne à chaussures allongée. Une corne en métal, toutefois. Les travaux dans le terrain vague où quelques dames faisaient auparavant courir leur labrador ou leur berger allemand, semblent bien partis, avec les pelleteuses orange, pour ajouter une résidence affreuse dans le paysage urbain, de sorte qu'il n'y aura bientôt plus le moindre carré d'herbe, au mépris certainement de la législation. Mais tout le monde finit par penser que la législation n'existe plus. C'est comme ça que tout s'achève.

Il n'y a pas de lapin qui gambade, ce matin, derrière les clôtures de Touraine Habitat. En revanche, des employés municipaux en gilet orange s'affairent sur le vaste rond-point à nettoyer les nombreuses branches tombées suite à ce nouveau coup de vent d'hier et d'avant-hier. La route n'est jamais longue, et on a beau rêver qu'il suffirait de poursuivre la marche et d'aller de l'avant, jamais on ne ferait demi-tour, jamais on ne le fait.

Au début de la rue Arthur Rimbaud, l'espèce de bunker ensauvagé est, plus que jamais, recouvert de petits arbustes qui donnent à voir, plus que jamais, la sauvagerie grise du béton mangé par le temps, et pourtant immortel. On n'a jamais vu personne pique-niquer à l'une des trois tables en bois, dans le “parc” du Quick Palace.

La mémoire manque au promeneur, c'est le lot de tout marche grise.

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