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lundi, 19 janvier 2026

2026 ֍ Affiquets, 3

    Cet objet-là ne traîne pas sur mon bureau ; il serait aussi erroné de dire qu’il y trône, car il arrive que des livres ou des piles de copies me le cachent. Il n’y traîne pas car il fait partie des petits objets qui ont été délibérément placés là, et dont je m’assure régulièrement qu’ils sont visibles, accessibles, qu’ils n’ont pas été égarés. Cet objet doit avoir vingt ans, peut-être quelques mois de plus : il s’agit d’un galet, peint en jaune ocre, de 6 centimètres de largeur sur 3 ou 4 de hauteur (maximum), et dont l’avers présente une empreinte de coquillage et une photo collée représentant mon fils aîné, A*, un peu plus jeune qu’à l’âge où il tenait les propos de garçonnet dont j’avais commencé le répertoire avec la création de mon autre blog, Touraine sereine. Il me semble que cette photo a été prise au début de son année de petite section, car il ne porte pas encore de lunettes, de sorte qu’il doit s’agir d’un cadeau de fête des pères confectionné cette même année ; l’objet m’a donc été offert en juin 2005. Au revers a été collé un texte très bref, « Avec Papa », signé d’un certain « L. Roth », et dont les cinq vers, assez mièvres – c’est la loi du genre, dira-t-on – sont en partie effacés ou salis par ces vingt années passées sur mes différents bureaux. En le regardant pour écrire ce texte, je m’avise, peut-être pour la première fois, que le revers du galet n’a pas été peint, ce qui s’explique par le fait que le poème en occupe toute la surface. Ayant écrit ces phrases, je le repose, non à sa place habituelle, mais vraiment sous mes yeux, calé sur un stylo quatre couleurs, entre le clavier mobile dont la barre d’espace donne, depuis quelques semaines, des signes de fatigue, et l’écran de l’ordinateur où s’affichent, l’un après l’autre, ces mots.

Capture.PNG

 

Il n’y a pas de hasard, vu que c’est bien moi qui ai choisi ce galet pour le texte de ce lundi, mais hier soir, sur le WhatsApp familial, j’ai ironisé sur les questions de paternité et de filiation, en postant deux fois le même gif That’s my son !, tout d’abord pour commenter le fait qu’en raccompagnant mon fils cadet, O*, et sa compagne à leur appartement après leur virée de deux jours à Rouen et Évreux, O* m’a dit, en réponse à ma remarque sur la température agréable : « oui, j’avais programmé le thermostat ». (Nous avons découvert les nombreuses plaisanteries en anglais au sujet des pères de famille et des thermostats longtemps après que ma manie fut devenue un sujet de moquerie entre nous.) J’ai reposté ce même gif quelques minutes plus tard, quand A* a écrit que, dans leur appartement à Rochefort, il « attend les heures creuses pour faire [s]es lave-vaisselle et [s]es lessives ».

———— Je me suis un peu éloigné du galet, mais je l’ai sous les yeux.

 

Commentaires

Rien de leur mère sur ce coup là :-) !

Écrit par : cété | lundi, 19 janvier 2026

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