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mercredi, 21 janvier 2026

2026 ֍ Ritournelles, 3

    Franco Battiato est un chanteur que je ne connais que depuis un peu plus de trois ans. Je me rappelle avoir découvert son existence au début de l’automne 2022, suite à un sondage un peu débile que j’avais lancé sur Twitter (j’ai depuis supprimé mon compte), et qui proposait de choisir entre quatre chansons italiennes populaires emblématiques. Comme je ne connais rien à la chanson italienne, j’avais aussi reçu des conseils, dont celui d’écouter Battiato, ce que j’ai fait.

Je n’ai pas le temps d’évoquer en détail ce chanteur, auquel je pense consacrer une émission de radio un jour car son œuvre est extrêmement plurilingue, mais une des premières chansons que j’ai entendues de lui, en piochant presque au hasard sur YouTube, est Frammenti, une chanson relativement peu connue de lui, qui se trouve sur l’album Patriots (1980) et n’est reprise sur aucune des anthologies : elle ne figure pas, par exemple, sur le coffret 3 CD Le nostre anime. Or, même après des dizaines et des dizaines d’écoutes – je suis capable de la chanter avec ma voix de casserole –, elle reste une de mes préférées.

La musique, mêlant savamment une mélodie mélancolique à des orchestrations rock, permet à Battiato de chanter ces très longs versets qui demandent une certaine aisance pour les moduler correctement (il pleut régulièrement dans la cabine de douche où je la chante). Les versets eux-mêmes sont tous empruntés à des poèmes italiens très connus, ou à des phrases lues ou entendues par Battiato à la fin des années 1970 : il s’agit donc d’un collage ou d’un centon, ce qui rend la chanson singulière et fascinante. Par cette juxtaposition autant que par le choix (rare) d’unités très longues (versets), cette chanson contient, et j’en tombe d’accord avec Concetta Sorvillo, certaines des plus belles phrases de Battiato, dont le très mystérieux incipit :

Le vecchie con le scope rincorono i ragazzi cattivi per la strada

 

Il pleuvra encore longtemps dans ma cabine de douche…

 

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