Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 26 mars 2026

2026 ֍ Effigies, 13

    Ce matin, tôt, en préparant le diaporama de mon cours très général de présentation de Maps / Territoires de Nuruddin Farah, je me suis avisé d’une erreur doublée d’un raccourci fâcheux dans un passage du chapitre 11, passage souvent cité par les critiques mais dont je ne me rappelle pas avoir vu quiconque en souligner les approximations. À dire vrai, c’est Hilaal, l’oncle d’Askar, qui, en voulant lui expliquer le caractère colonial des projections cartographiques, parle de Mercator (sans le nommer – il se nommait Gerhard Kremer) comme d’Eduard Kremer. L’erreur se trouve dans la V.O. comme dans la traduction française de Jacqueline Bardolph. Associée à la date de 1957, qui correspond à une carte de la Corne de l’Afrique utilisant censément la projection de Mercator, il n’y a pas de quoi faciliter la tâche.

Mercator 1595.PNG

 

Je n’avais absolument pas remarqué le caractère assez confus de ce passage quand j’ai écrit ma thèse de doctorat sur les deux trilogies de Farah. Par contre, un autre aspect encore plus étrange, et qu’il faudrait creuser, c’est que les « projections de Mercator » diminuent certes, de façon relative, la superficie réelle de l’Afrique par rapport à d’autres continents, et notamment l’Europe, mais qu’en fait la plupart des cartes de Gerhard Kremer “Mercator” (comme celle de 1595 que je mets ici en regard) sont nettement plus difficiles à situer dans le contexte eurocentré ou suprémaciste auquel on les associe généralement (et non seulement Nuruddin).

Les rares fois où je me replonge en profondeur dans les deux premières trilogies, je me dis que ma thèse était vraiment désastreusement superficielle. La main posée sur le globe, je sens que le géographe me juge (il a bien raison).

mercator.jpg

 

Écrire un commentaire