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jeudi, 14 avril 2016

Pluie

15 h 50

    Quand la pluie dévoile les vitres, elle les illustre. Quand la pluie dévale la pente, ce n'est pas nécessairement un torrent. Quand la pluie dévide l'écheveau, les fileuses de laine ont du souci à se faire.

Les palissades d'acier blanc composent une toile de fond artificielle à nos souvenirs. Le ballet des essuie-glace, monotone, monocorde, monochrome, ennuie même les piétons sur les trottoirs. La passacaille des marteaux-piqueurs, quand le soir est venu, on l'entend moins que les débroussailleuses et les tondeuses des voisins. On roule sur des rails, on file sur des fleuves, la crête de l'eau n'a jamais été aussi souveraine qu'avec cette pluie qui dévale.

Les parapluies ont des couleurs de plasma, l'évidence règne partout en maîtresse.

Ces tartines de pluie tarabustent la danse des tramways, aussi monotone et monocorde que celle des essuie-glaces, de sorte que l'on se prend à espérer l'été, à attendre la chaleur, quand la pluie même sera à l'orage.

Peut-on dire des tramways qu'ils sont monochromes puisqu'ils sont noirs, gris et blancs ? Les chicanes de l'avenue de la Tranchée sont moins perverses que celles d'un lecteur en embuscade. Le lierre n'en finit pas de dégouliner des pierres, et la pluie dévisage les passants. La pluie devise gaiement dans sa tristesse coutumière. La pluie défigure la ville en lui donnant l'allure, la silhouette d'un nouveau paysage.

La pluie n'est pas le lierre, elle qui dévoile de nouvelles facettes comme autant de nouvelles façades.

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