dimanche, 04 janvier 2026
2026 ֍ Bobines, 1
En gros plan, la caméra filme un accouplement d’huîtriers pie.
La façon acrobatique dont le mâle se baisse après avoir voleté quelques secondes en se collant au dos de la femelle n’appelle pas de lecture allégorique.
Sur l’île d’Amrum, dans la semaine entre le suicide de Hitler la capitulation de l’Allemagne, il n’y a plus de couples, et ce depuis longtemps déjà : les enfants Hagener vivent, dans la maison de famille (dont le porche d’entrée est constitué de deux fanons de baleine), avec leur mère et leur tante, leur père – un haut dignitaire nazi – étant resté sur le continent (la terre ferme, Festland) ; ni Sam Gangsters, ni l’oncle Onno, ni le boulanger Tewe ne semblent avoir d’épouses ; l’oncle Théo a émigré à New York tandis que la femme qu’il aimait, juive, était déportée et tuée par les nazis. Sur l’île d’Amrum, entre le 30 avril et le 8 mai 1945, tout ce qui compte pour Nanning, le protagoniste de 12 ans, c’est de trouver de quoi faire, à force de trocs et d’ersatz, des tartines de pain blanc avec du beurre et du miel pour sa mère, qui refuse de s’alimenter depuis l’annonce du suicide de Hitler ; suicide qui a coïncidé avec la mise au monde de son quatrième enfant, une petite fille.
Amrum est un beau film, juste, émouvant, assez conventionnel dans la façon de conduire le récit. Mais en connaissez-vous beaucoup, des films mettant en scène la question de l’identité linguistique à travers le contraste entre ceux qui parlent le dialecte îlien et ceux qui, tout en se targuant d’être du coin depuis neuf générations, ne le parlent pas ? Et surtout, avec un limerick en allemand, un enfant mimant le phoque afin de le piéger, une scène de rêve filmée de façon pas du tout « onirique », et – last not least – un accouplement d’huîtriers pie ?
06:15 Publié dans 2026 ֍ Bobines | Lien permanent | Commentaires (0)



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