Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2026-01-07 | Page d'accueil | 2026-01-09 »

jeudi, 08 janvier 2026

« You lose »

Hier, il y a eu deux ou trois parties jouées pour lesquelles j’ai envisagé de m’interrompre quelques instants, le temps de griffonner au crayon sur un bout de papier une sorte de résumé dramaturgique et chiffré : les parties qui présentent un véritable intérêt sont celles qui font l’objet soit d’un lent et improbable creusement, soit – plus classiquement – d’un retournement de situation aussi rare que déroutant, comme hier, où, mené 56 à 4, j’ai réussi à marquer un triple 9 sans lumières et à l’emporter donc de justesse, 31 à 29. (De mémoire.)

Que cela soit dit : ces textes, j’en suis pleinement conscient, sont aberrants.

Il n’empêche que me voici, après 1 h 30 de travail, à m’offrir une première pause. Il est 6 h 25 ; je vais voir s’allumer le lampadaire du néflier (qu’il vaudrait mieux nommer réverbère à l’érable), dans cinq minutes donc, pendant la partie.

 

Screenshot_20260108-063314_Hanafuda Koi-koi Dojo.jpg

 

Cliquant sur « find opponent » (j’ai basculé l’application en anglais, juste pour voir), je vois que je suis censé attendre 59 secondes. Au bout de 27 secondes, la partie débute, avec moi à la manœuvre (je suis l’oya, donc). Je prends la lune et deux fleurs ; mon adversaire prend les papillons et le sanglier, de sorte que je saisis la plaine d’érable qui se trouve dans la rivière pour empêcher un éventuel Ino-Shika-Cho : peine perdue, car il avait les deux érables restants et fait yame au quatrième coup.

La deuxième manche est également une course, car l’adversaire est d’emblée en tête : je prends un paulownia pour empêcher le saké à la lune, puis un érable pour empêcher le triple ruban bleu. C’est mal embarqué, tout ça. Au bout de quatre coups, mon adversaire a deux lumières et 5 fleurs (ou plaines / plains dans la version anglaise). Au cinquième coup, il prend la lune et marque 11 points sans relancer.

Situation presque désespérée avant la troisième manche. Je suis contraint de faire koï-koï au cinquième coup après avoir associé les 3 lumières (phénix, cerisier, lune), ce dans l’espoir de poser la coupe de saké (et/ou plusieurs fleurs supplémentaires — j'en ai 9 déjà*) ; dès le coup suivant l’adversaire empoche un cinquième ruban, douchant définitivement mes maigres espoirs.

 

(Note de traductologie : la version anglaise de l’application propose de recatégoriser les noms victoire et défaite en verbes, avec renvoi à la personne et sujet exprimé : you win /you lose. Écrivant ceci, je feins que la langue originale soit le français, mais il faudrait réfléchir à partir des formules de la version japonaise ; c’est au-delà de mes compétences.)

 

 

 

* Histoire de montrer en quoi la prévoyance et la tactique ne peuvent rien face au hasard : si au lieu d’offrir un ruban à mon adversaire, la pioche avait posé une plaine de chrysanthème, j'aurais ensuite posé la coupe de saké et marqué 11 fleurs (2 points), les deux sakés (10 points) et les 3 lumières (6 points), le tout doublé car j’avais déjà fait koï-koï, donc 36 points et victoire par 49 à 11 pour moi.

 

06:35 Publié dans Koï-Koï | Lien permanent | Commentaires (0)

2026 ֍ Effigies, 2

OUM (Oiseaux Urbains Malchanceux). Exposition Sacha Ketoff. Château de Tours, 14.11.2008.    En novembre 2008, nous vîmes une exposition de Sacha Ketoff au château de Tours. En octobre 2011, je ne me rappelle plus pourquoi, j’avais repris ma photographie des Oiseaux Urbains Malchanceux pour écrire un texte de la série Entre Baule et Courbouzon (un des derniers, d’ailleurs). Je constate que dans ce texte où se déploie entre autres l’anagramme Icare/carie, je citais le vers de Claire Diterzi, Envoie un pigeon ou un SMS. Ça irait bien dans les ritournelles, mais je le sais depuis février 2006, tout est dans tout.

Ce matin, fort matinalement, il faudrait dire en mode nocturne même, je reprends cette image de mauvaise qualité : cadrage imparfait, reflets, contrastes approximatifs, et j’en passe. Le reflet, justement, de ma tronche – ah, j’avais dix-sept ans de moins, un tiers de ma vie a passé depuis – au-dessus de l’aile du pigeon de gauche m’inciterait à chercher d’autres reproductions de cette œuvre, sauf que voici, justement, une effigie. Spectrale, effacée, certes, mais apparition toutefois d’un visage humain. Le peintre a donc symétriquement composé son diptyque, le pigeon de droite aux plumes plus blanches que l’autre, tous deux malchanceux : oh, que mourt, aqueste. Qui est capable de dire combien de pigeons morts (écrasés ou bouffés par un chat) iel a vus dans sa vie ?

(Tout est dans tout, surtout les adverbes.)

 

05:02 Publié dans 2026 ֍ Effigies | Lien permanent | Commentaires (0)