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jeudi, 15 janvier 2026

Trop de coups sans pioche

Riddles commence par se saisir du ruban calligraphié de prunier.

Je réplique en posant le ruban de pivoine.

Il prend le ruban de lespédèze, et la plaine de paulownia associée au poète.

Je ne prends rien, ni à la pose ni à la pioche.

Il prend la lune et deux plaines d’iris.

Je prends l’oiseau de prunier.

Il prend le ruban calligraphié de cerisier.

Je prends le pont (animal d’iris).

Il prend les papillons : 7 fleurs, 4 rubans, 3 animaux dont 2 forts.

Avec l’érable j’ai hésité entre le cerf et le ruban bleu. J’ai pris le cerf, j’ai bien fait.

Il ne prend que 2 plaines, ne peut rien marquer.

Au coup ultime, je pose la coupe de saké, marque 1 point avec 5 animaux. Cette avance très faible est également inespérée.

 

Je commence donc la deuxième manche. Je pose le ruban de chrysanthème, ne pioche rien.

Riddles prend le poète et la lune.

Je prends les fleurs de cerisier et le ruban d’iris.

Il prend le ruban d’érable.

Je prends deux fleurs de glycine, ne pioche rien.

Il prend le ruban de lespédèze, ne pioche rien.

Je pose la plaine d’érable (ayant le cerf en main également), ne pioche rien.

Il prend le coucou (glycine).

Je prends les papillons avec le ruban bleu, ne pioche rien.

Il prend le pont de huit planches.

Je prends le cerf, ne pioche rien.

Il prend la grue, ne pioche rien.

Je prends les deux pivoines et le phénix, marque 2 points en faisant yame.

 

Screenshot_20260115-140333_Hanafuda Koi-koi Dojo.jpg

 

À l’entame de la dernière manche je prends le ruban calligraphié de paulownia avec la grue, ne pioche rien.

Riddles prend les papillons avec le ruban, ne pioche rien.

Je prends le sanglier, ne pioche rien.

Il prend le phénix et deux plaines d’érable.

Je pose le poète, ne pioche rien.

[...]

Je prends le ruban de glycine, prends les oiseaux en vol (miscanthe).

Il prend le rideau de cerisier, ne pioche rien.

Je pose la plaine de glycine restante, ne pioche rien non plus.

Il prend les deux plaines simples d’iris.

Je prends la lune (miscanthe). Trois lumières, mais avec le poète donc nul yaku, aucun point. Je ne pioche rien.

Il marque dix plaines à l’avant-dernier coup, doit faire koï-koï.

Je prends le pont de huit planches.

Il prend 2 plaines supplémentaires et double ses points in extremis, pour une victoire sur le fil 33 à 27. Je n’avais pas assez d’avance, et trop de coups sans pioche.

 

14:13 Publié dans Koï-Koï | Lien permanent | Commentaires (0)

2026 ֍ Effigies, 3

    Cette fois-ci, c’est bien une effigie, et de profil, prête à être estampillée à l’avers d’une médaille : la mienne.

(J’écris des livres ; au fond, ça fait vingt ans que j’écris ces livres.)

Cet autoportrait – ou selfie – me rappelle que j’ai découvert Rivers Solomon – dont les deux derniers livres m’ont déçu – il y a sept ans, par son premier roman. On pourrait certes s’attarder sur l’étagère, qui s’est encore chargée depuis, ou sur le gilet sans manches de l’université, proprement suspendu, mais ici, outre ma tronche plus jeune et un pull irlandais bleu-gris que je n’ai plus, c’est la couverture et le titre qui m’intriguent.

20181205_112156    En regardant l’image je me suis immédiatement avisé que Rivers Solomon avait sans doute utilisé la structure a(n) + nom singulier + of + nom de catégorie au pluriel sur le modèle des substantifs collectifs si bizarres en anglais : a murder of crows, a bevy of partridges, a murmuration of starlings (ce dernier ayant d’ailleurs fini par acquérir un peu droit de cité dans la langue française – depuis quelques années je lis des textes dans lesquels il est question de murmurations, et c’est même le nom d’une maison d’édition). Bref, je me suis avisé simultanément que Rivers Solomon avait sans doute utilisé unkindness aussi dans ce sens-là et que peut-être je n’y avais jamais pensé avant. Il faudrait réécouter la vidéo que j’avais consacrée à ce roman (dont j’ai dit récemment, en chroniquant ma déception face aux deux derniers, que j’aimerais avoir le temps de le relire), mais selon toute probabilité je n’y avais jamais pensé avant aujourd’hui : unkindness, c’est à la fois une congrégation de fantômes et la méchanceté propre aux fantômes (traduite par Francis Guèvremont et la maison d’édition Aux Forges de Vulcain par incivilité : L’incivilité des fantômes).

Ce titre est excellent, rien à redire. Si on tentait de restituer la polysémie structurelle du titre anglais – et en un sens bien sûr on ne le peut pas – il faudrait oser : Un fiel de spectres. La véritable effigie, ici, c'est le titre, et le visage dessiné sous le titre. Les spectres sont-ils fielleux ou les fantômes incivils ? Le spectre ici aussi fait bien de ne pas me dévisager, figé dans le passé et fiché dans ce fauteuil où je pourrais vouloir – et en un sens bien sûr c’est impossible – le rejoindre.

 

08:13 Publié dans 2026 ֍ Effigies | Lien permanent | Commentaires (0)