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samedi, 14 octobre 2006

La sodomie, sujet sensible #999

    Livré ici, un extrait de la lettre n° 2850 de Virginia Woolf (The Sickle Side of the Moon, tome 5 de la Correspondance, p. 272). Les ajouts entre crochets sont des précisions de l'éditeur, Nigel Nicolson. Il s'agit d'une lettre du 24 janvier 1934, adressée à Quentin Bell :

Helen [Anrep] has the flu, and that oaf her son has the congenital idiotcy. I wish Roger could scrape his neck of all Russian barnacles. I am writing about sodomy at the moment [The Pargiters] and wish I could discuss the matter with you; how far can one say openly what is the relation of a woman and a sod? In French, yes; but in Mr Galsworthys English, no.

Helen a la grippe; son benêt de fils est idiot, mais c'est congénital. Si Roger pouvait lui ôter ses maudites bernaches russes * de la tête. En ce moment, ce que j'écris a trait à la sodomie et j'aimerais pouvoir en parler avec toi : jusqu'où peut-on aller quand on évoque les rapports entre une femme et un sodomite? En français, c'est possible, mais, dans la langue anglaise de ce bon monsieur Galsworthy, non, vraiment pas.

 

* Je penche pour les oies, et non pour les coquillages... mais du diable si j'y comprends goutte. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai conservé ces deux premières phrases dans cet extrait, car je me demande dans quelle mesure il n'y a pas là, avec, notamment, ces mystérieux Russian barnacles, une allusion à la sodomie. (L'expression scrape his neck me paraît particulièrement suspecte...)

Comme je ne crains pas, moi non plus, les liens circulaires, je me permettrai d'appeler Madame de Véhesse à la rescousse. (Depuis qu'elle m'a expliqué ce qu'était un prince Albert, hein...)

19:05 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature, Anglais

The : Sickle :: Side ::: of :::: the ::::: Moon

    Ces derniers jours, j'ai manqué de temps pour écrire, et même pour lire. J'ai surtout, depuis mardi, fait mes délices du tome 5 de la correspondance de Virginia Woolf (dans l'édition dirigée par Nigel Nicolson et publiée à la fin des années 1970 par The Hogarth Press (évidemment)). Le style, c'est l'homme la femme, et mieux encore, on la rencontre à chaque détour, au coin de chaque phrase, avec ses promesses et ses mesquineries, sa franchise et ses obtusions. Le style porté au corps d'une vraie écrivaine (si à la féminisation je cède) donne une couleur incomparable à la moindre minute passée en sa compagnie. Loin d'être inconditionnel de Virginia Woolf (mais admirateur forcené d'Orlando et de To the Lighthouse), je retrouve dans ses lettres ce qui me plaît chez elle: ce mélange d'âpreté et de finesse qui est sa marque. Aurai-je, dans les jours qui viennent, le temps de citer certaines lettres, certains passages, certains forages particulièrement remarquables? Disons que je le prendrai.

17:22 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature