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dimanche, 12 mai 2013

Des journées (version 666)

    Ce matin, je me gelais au marché de l'Europe, mais allègre et guilleret d'avoir, tout simplement, écouté, chemin faisant, l'“Allegro assai” de la 39ème de Haydn. — 5 kilos de pommes, dont certaines sont déjà enfournées et défournées afin de nous régaler au déjeuner, deux douzaines d'œufs, des légumes, un pavé de brebis pour faire la transition. — Les draps chinois volent au vent, je manque de temps pour tout, mais j'ai soigneusement décollé toutes les affiches et les dessins d'enfant avant de lessiver longuement et minutieusement les carreaux de la salle de bains. — Haydn, je connais mal, mais suis, à chaque fois transporté. (We're not seeing eye to eye on this.)

11:48 Publié dans B x A, YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 11 mai 2013

Like a Whiplash (104608)

    J'ai, aujourd'hui, 38 ans 1/2.

Sans titre

Enfants, nous faisions tout un plat des demi-années. Mes fils, aussi, sont à un jour près, et me corrigent quand je leur attribue, pour aller vite, devant des tiers, l'âge qu'ils auront dans un mois ou deux semaines. Et, il y a huit jours, j'ai saisi le plus abstrait (si je ne m'abuse) de tous mes autoportraits tremblés (regroupés sous l'étiquette de bacons).

Le masque est devenu une traînée de lumière dans l'obscurité :

M E L A N ! C O L I E !

Ce que ne connaît pas la terreur, c'est la vérité de ce qu'elle redoute.

Si j'atteins le double de mes ans, je soufflerai 77 bougies.

......................................

15:03 Publié dans B x A, Brille de mille yeux, Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (2)

vendredi, 10 mai 2013

Huitains du diocèse, 1

    La lune biglait de guingois

Sur le sonotone du monde

Guingamp était trop monotone

Quand on hisse le grand pavois 

À Lorient Plymouth Trébizonde

Pour la Safrane qui s'étonne

Roulant dans la nuit cette fois 

De ne pas être de la ronde 

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14:58 Publié dans Formes singulières | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 09 mai 2013

Tristiques heuristiques, 1

16 avril

    La lune touilla lentement dans le mucus :

La voiture passa, maigre diplodocus

Écrasant de son gazole azalées, crocus.

... ...

14:56 Publié dans Formes singulières | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 mai 2013

Neuvains du 43, #1

16 avril

    Sol renardeux,

un jaune plat,

du vert peinturluré :

vivant près de Bléré,

on veut se pla-

cer deux par deux.

Cette autre verdure,

au teint cafardeux,

faites qu'elle dure.

()

14:55 Publié dans Formes singulières | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 07 mai 2013

Septains berlinois, 1

16 avril

   Lune dans un tapon jaune de nuages

Un peu fou je me photographie en flou

Mardi passé ce sera l'aveu sauvage

Après le bruit des tondeuses : l'écobuage 

sur une page bleue tapée de verrous

jaunes comme le ciel par-dessus Brouage 

(Vous m'offrez au débotté vos yeux filous)

...  ....

14:53 Publié dans Formes singulières | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 06 mai 2013

Le Chant du rossignol (1270/1500)

    Il m'a semblé découvrir (entendre pour la première fois) avant-hier la suite de Stravinsky intitulée Le Chant du rossignol, dans le coffret Silvestri que vient d'éditer EMI. Or, je m'aperçois que cette suite orchestrale figure déjà dans un autre coffret, pourtant abondamment écouté : se peut-il que je sois toujours allé directement à Apollon Musagète, en passant par-dessus celle-ci ? Ou que je sois à la ramasse...?

Toujours est-il que, sous la baguette de Silvestri, c'est très beau.   Sous la baguette de Jukka-Pekka Saraste, je n'en sais rien, puisque je ne l'ai pas encore remis (« remettre » au sens de “remettre sur la platine” et de “se remémorer”). Evidemment, cela serait très rassurant (pour mes facultés cérébrales), que la version finnoise soit terne ou inintéressante — ça expliquerait pourquoi cette pièce ne m'avait pas marqué jusqu'à présent.

Le quatrième mouvement de cette suite, le “Jeu du rossignol mécanique”, est très contrasté, avec des passages très mélancoliques, poignants (des adjectifs qu'on n'associe pas souvent à l'esthétique stravinskyenne), et les côtés plus grand-guignolesques, qui ont si péniblement influencé certains compositeurs de cinéma (et aussi, je le crains, Léo Ferré) mais sont ici d'une tenue, d'une gravité dans le délire tout à fait impressionnantes. Quoique je n'y connaisse rien, c'est sans doute dû au fait que Silvestri était un grand coloriste d'une maniaquerie pointilliste qui ne l'empêchait pas de toujours garder à l'esprit le son d'ensemble.

09:33 Publié dans 410/500, 721, MUS | Lien permanent | Commentaires (0)