Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 08 novembre 2016

Zelda est entre quatre murs blancs... (Marie Cosnay)

    Avant de se lancer dans la traduction, on trouve que ce texte fait penser à Michaux, et en le traduisant ça devient du Beckett. Ou pas.

 

 

Zelda is confined within four white walls. An unknown place, to remain unknown. Tea in a bowl, and a few biscuits. Zelda’s eyes cannot get used to dimensions again. No matter (or memory). Such a void has no name, no plunge, no end. The frail light only begs to fade, I am mistaken about the light (Zelda), there are flat areas outside (the desert plains), blows from the inside, bumps pushing and wanting out, wanting to meet something, possibly that voice from a while ago, I am removing the blindfold, note the tea and biscuits. Wanting to throw up, the body can’t find the spot where to stop. Nothing stops but the matter drifts away in greyish plains where combat boots and horses’ hooves lift clouds of dust, no image, brown dust, all of it in your throat and in your pores and in the sky, no image.

 

Zelda est entre quatre murs blancs. Les lieux sont inconnus, le resteront. Un bol de thé et quelques biscuits secs. Les yeux de Zelda ne se réhabituent pas aux volumes. Pas de matière (ni de mémoire). Un vide pareil n’a ni nom ni chute ni fin. La lumière fragile ne demande qu’à s’éteindre, je fais une erreur de lumière (Zelda), il y a les aplats dehors (plaines désertiques), les coups de dedans, chocs, qui poussent pour sortir, rencontrer quelque chose, la voix de tout à l’heure, je vous enlève le bandeau, mention du thé et des biscuits. Cette envie de vomir, le corps ne trouve pas où s’arrêter. Rien ne cesse mais la matière dérive dans des plaines grisâtres où rangers et sabots soulèvent la poussière, sans image, poussière brune, le tout dans la gorge et les pores et le ciel, sans image.

Marie Cosnay. Cordelia la Guerre. Éditions de l’Ogre, 2015, p. 181

Écrire un commentaire