Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 30 juin 2025

SecEM, 24 _°_ tablier, jupes, basques

17 janvier, 14 h

    J’enchaîne ce même jour avec le chapitre 11 (18.247 signes). Au moins le titre (Saltpond) ne va pas me donner la migraine. Dès le premier paragraphe, je dois effacer une formulation sans doute très élaborée, mais qui me semble tomber à plat : « In the 1740s, though, when it overtook Bristol, its commerce had been altogether more specialized and savage, centered on a trade in enslaved Africans. Now, what it was re-exporting was a man on a mission, albeit self-appointed and largely unheralded, to free his country, and all of Africa, from colonial rule. » L’analogie qui souligne qu’après avoir importé des millions d’esclavisés noirs Liverpool exportait ce jour-là un grand homme (Nkrumah) me paraît maladroite ; je ne vois pas comment la traduire sans que le texte ne soit malaisant. Je sabre.

 

18 janvier, 7 h

Je reprends ce chapitre, dont j’avais traduit 3 pages hier après-midi ; il m’en reste 4. Première chose que je vois en ouvrant le fichier Word, bien sûr : la première phrase du chapitre 11. Hier, face à la lourdeur des hypothèses, j’avais fini par effacer (omettre) la fin de la phrase anglaise (with products of all kinds) : « Les docks de Liverpool ont approvisionné le monde entier. » Et là, c’est terrible, en relisant la phrase, j’ai tout de suite trouvé la bonne formule qui m’échappait hier : « Les docks de Liverpool ont approvisionné le monde entier en marchandises diverses. » J’ai un peu honte de l’écrire, mais l’expression toute faite m’est sans doute venue à l’esprit à cause de la chanson de Nino Ferrer, Mamadou Mémé :

Mamadou Mémé faisait du commerce

Il vendait des marchandises diverses

Bref, reprenons le fil de cette traduction.

 

7 h 30

À la page 139, French écrit ceci, en se trompant légèrement dans le sens de la locution latine ipso facto : « With his political life now beginning in earnest, the gospels spilled over into the way he thought and spoke about himself, at least in his ipso facto storytelling. » J’ai donc traduit différemment : « Au moment où commençait pour de bon sa carrière politique, sa manière de parler et de penser était pétrie de références aux Évangiles, à tout le moins si l’on en croit sa version des faits. » Toutefois, j’ai procédé par compensation, en utilisant cette même locution latine à la dernière phrase du paragraphe précédent, et ce alors qu’il ne se trouve pas dans le texte anglais : « Pour citer une formule à la mode au Ghana, à l’époque comme aujourd'hui, Nkrumah était un « petit garçon » : ipso facto, un pantin dont les hauts dignitaires de l’UGCC tireraient les ficelles. » — On s’amuse, hein…

 

10 h 05

Chapitre terminé. 19.450 signes, soit 6,5% de foisonnement : très bien, ça me fait une moyenne inférieure à 10% avec le chapitre 10 traduit hier. J’ai sans doute surtraduit la phrase suivante, au milieu du chapitre : “But instead of immediately heading to meet with the group, he traveled to Tarkwa, the venerable western mining town, whose clustered workers’ bungalows, smokestacks, and rock crushing works clung to the apron of old pits.” En effet, comme dans le même paragraphe, deux lignes plus loin, le texte raconte les retrouvailles de Nkrumah avec sa « mère adorée », j’ai choisi de comprendre apron, non comme une métaphore figée au sens purement géologique (comme l’autre occurrence d’apron dans le livre), mais comme une sorte de prolepse avec personnification : les bâtiments miniers sont construits autour des fosses à ciel ouvert comme une nuée d’enfants traînant dans les jupes de leur mère. Voici donc mon premier jet : « Au lieu d’aller aussitôt rencontrer les responsables du parti, il se rendit dans la bonne vieille ville minière de Tarkwa, à l’ouest du pays ; là, les bicoques des ouvriers, les cheminées d’usines et les concasseurs de roches entouraient les fosses minières comme autant d’enfants accrochés au tablier de leur mère. ». Problème, l’image en français est plutôt celle des jupes ou des basques. C’est un premier jet, ce que j’ai d’ailleurs signalé avec un fluorotage rose du SP final. (Les fluorotages jaunes me servent à indiquer une citation dont je dois retrouver, soit la version originale quand French cite un auteur français en anglais, soit la traduction publiée, quand il cite par exemple un texte de Nkrumah qui a fait l’objet d’une publication en français.)

 

Écrire un commentaire