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mardi, 07 mars 2006

Sursature

    Un sursaut d'orgueil, ou d'hypocrisie. Les vautours n'ont pas la pareille, pour décrire dans le ciel des orbes splendides - mon oiseau préféré, et de loin.

 

"Mon cher Proust,

Depuis quelques jours, je ne quitte plus votre livre ; je m'en sursature avec délices, je m'y vautre. Hélas ! pourquoi faut-il qu'il me soit si douloureux de tant l'aimer ?..."

 

Que l'on déroule la satire, et ce méli-mélo de mots. Comme mon livre, mon squelette a son ossature.

09:43 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 28 février 2006

Russes, Arabes, Amérindiens

    C’est l’autre nom de l’autre, et c’est le Bourguignon. Une lèvre carmin chante de toutes ses dents.

“Il étudiait cette rigidité particulière au tissu des gens qui vivent en plein air, habitués aux intempéries de l'atmosphère, à supporter les excès du froid et du chaud, à tout souffrir enfin, qui font de leur peau des cuirs presque tannés, et de leurs nerfs un appareil contre la douleur physique, aussi puissant que celui des Arabes ou des Russes.
« Voilà les Peaux-Rouges de Cooper, se dit-il, il n'y a pas besoin d'aller en Amérique pour observer des Sauvages. » ” (Les Paysans, I, II)



Dans ce roman, d’ailleurs, le terme péjoratif dont les paysans affublent les Parisiens n’est autre qu’Arminac (souvenir des guerres médiévales opposant les Bourguignons aux Armagnacs !).

11:25 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 27 février 2006

Widerstehe doch der Sünde

    « Je battais les taillis et les prés gorgés d’eau. »

La superbe cantate BWV 54 exsude l’inquiétude sereine d’une voix en proie au pêché, d’un corps tenté, d’une tintinnabulation fébrile, de fibrilles qui vont s’élargissant, dans la dignité et l’ampleur d’un appel à se maîtriser, à se respecter, à se fortifier, quasiment à se barricader contre le Mal ; la seconde aria, qui clôt cette brève cantate, témoigne d’une joie grandissante, car les semis prennent forme, le Diable (nommé) s’enfuit déjà – le ciel et ses taillis nous appartiennent en propre.

« Une éparse joie baigne la terre, et que la terre exsude à l’appel du soleil. »

13:10 Publié dans Droit de cité, MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

Arpions du jeu d’échecs

    Ford Madox Ford : to render, not to tell.

« De toutes ces figures, la plus originale, vous le pressentez, était Mme Soudry, dont le personnage, pour être bien rendu, exige toutes les minuties du pinceau. » (Les Paysans, II, I)

Je ne peins pas l’être.
Même au pied de la lettre.
Autant dire que ces histoires de plume, de pinceau, occupent pas mal de place sur l’écran.

11:15 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 26 février 2006

Quelque chose de louche

    Quelque chose de louche envahit le paysage, vue du jardin où je me repose les yeux, en attendant mieux.

« Malgré sa figure ronde, plate, assez gracieuse au premier aspect, ce drôle offrait je ne sais quoi de sinistre. Il était bigle, c'est-à-dire qu'un de ses yeux ne suivait pas les mouvements de l'autre ; il ne louchait pas, mais ses yeux n'étaient pas toujours ensemble, pour emprunter à la peinture un de ses termes. » (Les Paysans. I, XI)

Que bigleux, binoclard, pourvu de verres, je sois devenu à vingt-trois ans ne change rien au présent calcul (I’m dressed up to the nines).

15:10 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 25 février 2006

Bizarre barbagrisca

    Votre âme est un paysage grisé.

« Je me souviens d’un bizarre barbagrisca, dont il ne restait plus qu’une bouteille, de sorte que je ne pus savoir si le goût saugrenu qu’il avait se serait retrouvé dans les autres. » (A.G. Im., p. 161)

J’y promène mes pas, de senteur en voltige.

11:30 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)

jeudi, 23 février 2006

Fausse couche

    Route barrée, avec feux alternés.

« Le terrain cédait brusquement sous mon pas ; devant moi n’était plus qu’un trou vide où je trébuchais tout entier. » (A.G. Im., p. 129)

La taupe est un marteau hydraulique qui fait pénétrer une tringle sous terre.

11:25 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 22 février 2006

Ménalque

    Ce que la vie inédite réfute, je croirais pouvoir m’en passer.

« Je ne veux pas me souvenir, répondit-il. Je croirais, ce faisant, empêcher d’arriver l’avenir et faire empiéter le passé. C’est du parfait oubli d’hier que je crée la nouvelleté de chaque heure. » (A.G. Im., pp. 125-6)

Ce que le tourbillon des heures fait s’envoler, c’est ma vie pierreuse (où s’entend l’hier heureux).

17:45 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 21 février 2006

Palimpseste de soi

    Voyez-moi ce visage où virent les ridules !

« Et je me comparais aux palimpsestes ; je goûtais la joie du savant, qui, sous les écritures plus récentes, découvre, sur un même papier, un texte très ancien infiniment plus précieux. Quel était-il, ce texte occulté ? Pour le lire, ne fallait-il pas tout d’abord effacer les textes récents ? » (A.G. Im., p. 61)

Ouvrez-moi cette peau qui pleure de sueur !

18:35 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (6)

Bocage

    Je commence la lecture des Paysans de Balzac.

« Sa sentencieuse prud’homie, ses continuels discours, l’évidente satisfaction de lui-même, la montre qu’il faisait de son honnêteté, au bout de peu de temps m’exaspérèrent. » (A.G. Im., p. 85)

Quel début étonnant : la lettre et la loutre. Quel début étonnant !

14:40 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

El Jem

    Un bref roman qui donne à lire et à voir tant de lieux, de sites que l’on connaît, et surtout le paysage de son âme propre, si différent sous les coups singuliers donnés par l’écrivain :

« L’amphithéâtre, en quelques instants parcouru, me déçut ; même, il me parut laid, sous ce ciel terne. Peut-être ma fatigue aidait-elle, augmentait-elle mon ennui. » (A.G. Im., p. 24)

Un jour d’août 2000, accablés par la chaleur, nous fûmes aussi déçus par l’amphithéâtre, et surtout par le morne assemblage de cahutes alentour, qui voulait faire bourgade. Malgré la fièvre qui me tenaillait quelques jours plus tard, et malgré le long trajet à pied sous un cagnard d’anthologie, le site de Tuburbo Magnus, lui, m’enchanta.

10:34 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)