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vendredi, 15 septembre 2006

Jacobus Robaldus, encore : Barthélémy Aneau

    Il est temps, ne pensez-vous pas, d'achever la semaine promise. Semaine promise, semaine due : les quatre premiers extraits ayant été donnés entre lundi et jeudi de la semaine dernière, pourquoi ne pas reprendre le fil interrompu en choissisant un vendredi, histoire d'avoir une semaine en deux parties, comme les quatrains d'un côté et les tercets de l'autre (par exemple) ?

"Barthélémy Aneau s'enferma en lui-même, ne s'occupant plus que d'enseignement, de droit, de grammaire. Mais s'il put ainsi fuir pendant près de vingt ans la marée montante des violences, elle finit par l'atteindre lui aussi." (Nous, les Moins-que-Rien, fils aînés de Personne, p. 157)

 

Il y a deux ans, j'ai offert Alector de Barthélémy Aneau à ma compagne. Elle l'a lu, mais pas moi.

20:55 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature

Guerre terrienne, Pierre Bergounioux

medium_Lake_Assal.jpg

 

    Il manque peut-être les quelques douzaines de gaillardes (mais pas les bottes d'oignons). Pourtant, ce n'est pas pour citer Brassens que j'ai cherché en vain des vues du monument aux morts de la place Thiers, à Brive, mais pour illustrer le début du petit livre de Pierre Bergounioux, Le Bois du Chapitre, dans lequel ce monument est longuement décrit :

 

" Le lourd alliage verdi suggère assez bien la pesanteur de cette guerre terrienne, paysanne, encore, la dernière. Sa vertu gravifique exalet l'effort énorme des hommes s'arrachant à la boue, à l'épouvante, à l'épuisement pour s'élancer au commandement du chef de section – « En avant, à la baïonnette » – répété par tous. " (Le Bois du Chapitre. Orléans: Théodore Balmoral, 1996, p. 9)

18:39 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 10 septembre 2006

Songe de l’art

    Il va falloir faire du café, hein, boire un café, sinon tu t’effondres la tronche dans le guidon, & les cloportes mangent le clavier, ça fait désordre.

« Moi, quand je suis dans le trouble de l’art, rien d’autre ne me touche ni ne m’atteint. Il pourrait pleuvoir des panthères ou des enclumes. Quand je suis dans le songe de m’art, le réel est une petite chose dure et sèche reléguée dans un coin du décor, qui s’empoussière. » (E. Chevillard. Au spectacle.)

 

Eh, avec le café, pourquoi pas un croissant ? Si t’arrêtais de te prendre pour Balzac ?

09:49 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)

jeudi, 07 septembre 2006

Jacobus Robaldus : Mes noms se délitent

“Aujourd’hui, mes noms à moi au contraire se délitent, perdent leurs syllabes, leurs contours, leurs lettres même s’effacent. Sur un cahier, je note ceux que je retrouve. De plus en plus souvent, ils n’évoquent plus un être, un visage pour moi. Et je ne suis plus même sûr de savoir les écrire. Mais je n’ai pas oublié Abraham, tel que l’a peint Pierre-Paul Rubens. Il était grand et mince, ses cheveux et sa barbe blonds, ses yeux gris.” (Nous, les Moins-que-Rien, Fils aînés de Personne, p. 205)

 

10:57 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 septembre 2006

Orson Roubaud, opus 22 AUTOBUS 1

En 1998, Matthieu B., que je perds de vue, voulait écrire un roman, L'Insu portable.

 

“L’autobus est plein. Tous les voyageurs parlent sur leur téléphone portable. Sauf un. Silencieux. Une place vide à côté de lui. OR s’assied, lui parle. Il ne répond pas. Il est mort.” (Nous, les Moins-que-Rien, Fils aînés de Personne, p.226)

 

Parler sur : "j'ai du mal".

10:44 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

Sérénité glaçon

Sérénité, ne me fais pas faux bond

Dans le feu de l'action rends-moi froid comme un glaçon

 

Faouzi Tarkhani

03:40 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 05 septembre 2006

Trotzdem... als...

    S'il me vient le désir d'expliquer l'amour que j'ai des syntaxes contournées, à condition que l'océan connaisse aussi des moments de tranquillité, la belle plage des phrases sans récif, j'ai sous les yeux une phrase bouleversante de la Lettre au père de Kafka, très bien traduite par Marthe Robert :
 
Schrecklich war mir zum Beispiel dieses: »ich zerreiße Dich wie einen Fisch«, trotzdem ich ja wußte, daß dem nichts Schlimmeres nachfolgte (als kleines Kind wußte ich das allerdings nicht), aber es entsprach fast meinen Vorstellungen von Deiner Macht, daß Du auch das imstande gewesen wärest. (Franz Kafka. Brief an den Vater)
 
Terrible était, par exemple - bien que je ne fusse pas sans savoir que rien de grave ne s'ensuivrait (il est vrai qu'étant petit, je ne le savais pas) - ce «Je te déchirerai comme un poisson», mais que tu en fusses capable se serait presque accordé à l'image que j'avais de ton pouvoir. (Lettre au père, traduction de Marthe Robert, reprise en "Folio", p. 30)
 
Cette phrase dit une chose, puis son contraire, puis le contraire de ce contraire, qui ne correspond pourtant pas précisément au sens des premiers mots, avant de plonger (à partir de "aber") dans les conséquences de ce mystère, dans les eaux troubles d'un esprit tourmenté par les volte-faces.

21:27 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (7)

J.D. Rouboad, 4.41. : Œil oblique

 

“où disperser               les flèches

de l’éclair                    vers la masse sombre derrière

l’œil oblique”

 

(Nous, les Moins-que-Rien, Fils aînés de Personne, p. 244)

 

09:00 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 04 septembre 2006

Ru-Bô, @ 73 : Le style du gel et de l’infra-mince

    Faccia il nostro cavaliere ......................

 

“On compose des vers semblables à ceux d’un débutant, on mobilise les pouvoirs de la combinatoire, on sait être superficiel tantôt, tantôt profond ; on ne se dirige jamais dans une seule direction. À ce moment seulement, on comprend ce qu’est l’aura, ce qu’est le style suprême, le style du gel et de l’infra-mince.” (Nous, les Moins-que-Rien, Fils aînés de Personne, p. 273)

 

...................... cavaliera ancora te !

09:20 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

Zuckerman Unbound

    Testis unus, testis nullus. Première porte à droite.

On which side did he dress? asked Mr White. It took a moment to fathom the meaning, and then to realize that he didn’t know. If Carnovsky was any indication, he had for thirty-six years given more thought than most to the fate of his genitals, but whither they inclined while he went about the day’s uncarnal business, he had no idea. (Philip Roth. Zuckerman Unbound (1981). Penguin, 1983, p. 73)

 

Dernière porte à gauche. J’entends par là une allusion à une semblable anecdote advenue à mon beau-père avant son mariage; il fut incapable d’indiquer au tailleur de quel côté il portait.

00:05 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 03 septembre 2006

Z'avez pas vu l'écriteau ???

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« Des hordes d’écoliers et d’écolières. Ils avancent dans quelques allées autorisées. Ils notent à mesure sur des blocs-notes le nom des plantes qu’ils voient. Ils notent les noms, mais ils ne regardent pas les plantes, uniquement les écriteaux qui les signalent. »

Jacques Roubaud. Tokyo infra-ordinaire. 77, ii. Inventaire/Invention, 2005, p. 84.

 

 

 

Cléome, jardins du château de Valmer, 2 septembre 2006.

17:08 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 05 juillet 2006

Myrrhe bruloit jadis...

medium_HPIM4940.JPG     Il semble, à en croire cette image capturée dans un parterre des jardins du Prieuré Saint Cosme, que le poète Etienne Jodelle ait donné son nom à une plante.

C'est l'occasion de vous épargner mes rimailleries et de vous proposer un sonnet féroce de ce merveilleux oublié.

(Sur l'oubli, on évoquera Saint-Pol Roux, aussi, mais pas aujourd'hui.)

 

 

Myrrhe bruloit jadis d'une flamme enragée

Osant souiller au lict la place maternelle

Scylle jadis tondant la teste paternelle,

Avoit bien l'amour vraye en trahison changée.

Arachne ayant des Arts la Deesse outragée,

Enfloit bien son gros fiel d'une fierté rebelle :

Gorgon s'horrible bien quand sa teste tant belle

Se vit de noirs serpens en lieu de poil chargée :

 

Medée employa trop ses charmes, et ses herbes,

Quand brulant Creon, Creuse, et leurs palais superbes

Vengea sur eux la foy par Jason mal gardée

Mais tu es cent fois plus, sur ton point de vieillesse

Pute, traîtresse, fiere, horrible, et charmeresse

Que Myrrhe, Scylle, Arachne, et Meduse, et Medée.

 

Etienne Jodelle (1532-1573). Les Contr'amours.

15:15 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 04 juillet 2006

Samsara 696

    La chatte noire de la courette sautille et bondit pour attraper un bourdon (une grosse mouche, peut-être ?). Dans le jardin, à l’arrière, le chat noir et blanc a sa place attitrée, son lit de menthe au pied du prunier. Je choisis d’écrire chatte et chat, indifféremment, arbitrairement. Toutes les combinaisons imaginables sont possibles.

Si t’es foutu, morfondu

Comme une vieille violoncelle

(Dick Annegarn. “L’homme de l’aube”)

 

Bien entendu, le philosophe vagabonde, divague, sautille lui aussi à la recherche d’articulations conceptuelles inouïes, et l’écrivain se noie à force de plonger pour aller chercher, tel Robert Caillet sans domicile, des piécettes dans le Doubs. (Mais ces piécettes sont aussi, s’il y prend garde, des pépites.)

16:40 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 21 juin 2006

Rêver d'amours intemporelles

    Souvent je chante cette phrase de sept vers, suivie de son distique (et les deux strophes qui précèdent, comme celle qui suit). Moduler en variant. Imiter le rythme, ou alors accélérer. Parfois je ralentis ; dans ce cas, ça prend bien huit minutes. Bref, je suis très agaçant.

 

    Et là-dessus le Corydon,

Le promis de la pastourelle,

Laquelle allait au grand pardon

Rêver d'amours intemporelles,

- Au ciel de qui se moque-t-on ? -

Suivit la cuisse, plus légère

Et plus belle, d'une goton :

Dieu, s'il existe, il exagère,

Il exagère.

Georges Brassens. Dieu, s'il existe.

19:20 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

Tour de la Salamandre

    Il n’entrait pas – dans le choix de ce nom pour la promenade la plus fréquente autour de notre maison, à Cagnotte – une quelconque affection pour le géant souverain, mais la rencontre, au premier de ces milliers de tours, d’une salamandre lente et vivante, entre chien et loup.


« Quand on n’a qu’un endroit à défendre,
On le munit, de peur d’esclandre. »
[La Fontaine. Fables, X, viii.]


Toujours est-il qu’impavides il nous fallut constater que plus jamais on ne rencontrait de salamandres au cours de nos promenades. C’est être fait prisonnier à Pavie et en revenir vainqueur.

M. La Palisse est mort ;

Il est mort devant Pavie.

Un quart d'heure avant sa mort,

Il était encore en vie.

 

04:05 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 31 mai 2006

Un ::: scorpion :: en : février

Valeria, personnage de l’une des nouvelles de Guillermo Fadanelli, a un remède souverain contre l’insomnie.

C’était quelque chose de très simple : imaginer un prénom de femme et le comparer au sien, imaginer tous les prénoms possibles qu’elle aurait aimé porter plutôt que Valeria. (Un scorpion en février, traduit par N. Lhermillier, p. 43)

 

Certaines de mes lectrices, vraies professionnelles de l’insomnie, pourraient être tentées d’essayer cette méthode, mais je les aurais prévenues : cela se termine mal pour Valeria.

11:28 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 29 mai 2006

Prise de la Castille

    C'est une rumeur mensongère qui cherche à colporter - comme fausse nouvelle, fausse monnaie, faux-semblants dédoublés - l'idée que je pourrais désormais me passer d'écrire, sinon chaque jour, du moins chaque semaine. À chaque jour, sans doute, suffit sa peine.

Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard.

Ronan O'Gara enfonce la défense espagnole, et les éléphants du pack ne pipent mot. (Celle-là, je serai le premier à avoir du mal à la décortiquer, avant peu.)

14:55 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 11 mai 2006

Riante dessous

    La vérité vous rendra libres... (Elle est inodore, pourtant, cette fleur que je connus dans les bois de mon enfance...)

Autour de lui, avec son architecture capricante, s'étendait la nécropole d'où montait, quand il avait plu, une odeur de terre riche et, s'il faisait chaud, les fragrances entêtantes et capsicantes de ces fleurs vénéneuses qui croissent sur les tombes et que l'on nomme asphodèles. (J. Almira. "La concession", in Le Marchand d'oublies, p. 120)

 

Mais la littérature vous rendra chèvres. (Où poussent, partout, les fleurs de pierre sur les accents graves...)

22:43 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 10 mai 2006

Italianismes

    À force de frayer dans les eaux troubles, vous vous êtes effarouchée...

 

" J'ai profité d'une petite pause pour leur indiquer qu'en italien, langue que je connais bien, si frère se dit fratello, en revanche, pour soeur, on emploie sorella, et dire fratella et fratellita mia, c'est une grossière erreur, mais, pour toute réponse, ils m'ont ri au nez, aux éclats et à l'unisson. "  (Mater la divine garce. Traduction de Gabriel Iaculli. Gallimard, p. 58)

 

Ainsi vont les finesses et les jacasseries de l'inceste.

17:10 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 08 mai 2006

Sur fond de ciel de nacre (Quinton)

    Sous notre ciel de nacre les voiles d'or vont filant leur œuvre. Un ciel de nacre entre les passerelles. J'ai encore dans l'œil un Château Saint Ange croustillant et doré comme un pain blond, et le ton de jade de la terrasse de Saint-Germain-en-Laye sur un ciel de nacre que je savoure depuis ce jour-là. On voit pesamment approcher le char, tout noir sur le ciel de nacre. En effet, figurez-vous une pâleur d'ambre jaune, deux soleils noirs nageant sur un ciel de nacre, la bouche la mieux coupée, la plus amoureusement antique, une poitrine sans ombre, sans demi-teinte, d'un seul ton, et modelée cependant d'une manière admirable, des bras d'un tour divin, et des mains aux longs doigts effilés, comme Ingres seul peut en dessiner.

 

[Soient remerciés Paul Mathieu, Simone Auguste, Guillaume Gillet,

Paul-Jean Toulet et Théophile Gautier.]

17:35 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 05 mai 2006

Vignettes du vendredi, 7

    On marche de travers comme un crabe.

Pas de parapluie, mais pas non plus de nom ; seulement quelques fredons, quelques laridondaines, quelques vilénies qui vous traversent le cerveau (mais on n'y peut mais).

Adieu, les vases bleues.

C'est mieux ainsi, dit-il en se levant pour aller se chausser et chercher son véhicule fraîchement vidangé dans une officine au nom adjectival et anglo-saxon.

15:40 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 02 mai 2006

Une bande de jeunes à moi tout seul

    Par un hasard malencontreux, mes quelques très rares mais très fidèles lecteurs (Livy, Joye, Aurélie, Fuligineuse, Tinou, Jacques, Simon, Antoine, Philippe[s], Philippe, Denis et Paul) doivent être, en ce moment et pour diverses raisons, rangés des bécanes, ce qui fait que je me retrouve à pondre des textes, de nouveau frais et dispos dans l'éventualité de commentaires qui nécessiteraient des réponses, et que de commentaires il n'y a pas trace... Y'a plus d' jeunesse, tiens, ça m' déprime...

18:10 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (27)

lundi, 01 mai 2006

XIX

    Ixion n’avait pas dit son dernier mot. Ixion accroché à sa roue est un puits sans fond. It’s a wishing well with no will. La caravane passe dans le désert du Dodécanèse. All bark and no bite. Je suis cet Actéon dévoré par ses chiens.

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B., Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

jeudi, 27 avril 2006

Quenottes

    Par le hasard de l’alphabet et de la composition du dictionnaire, le Supplément ou septième tome du Robert (édition de 1983) donne, face à face, une citation de Queneau qui fait l’éloge des zazous et une citation de Paul Guth qui ridiculise les yé-yé.

……… On s’y cassera les dents………

 

De même, l’adjectif tabageur se trouve en regard de l’adjectif systématique, avec, respectivement, des citations du même Queneau et de Paul Ricœur.

« Des odeurs tabageuses, aniques et vinacées traînaient sur le bois meurtri des tables. » (Le dimanche de la vie, p.45)

 

Jeu d’rôle : écrivez une phrase (ou un poème bref) où se trouvent les noms zazou et yé-yé (invariable), ainsi que les adjectifs systématique et tabageur.

21:45 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (3)

mercredi, 26 avril 2006

XIV

    Entre Samadet et Bégaar, puis, entre Baudignan et Sanguinet, le long des routes vallonnées ou sablonneuses, je tentais d’inventer les vagabondages théâtraux auxquels se prêtaient mal les sièges de la Renault 25 de mes parents.

 

« Cette courte phrase m’occasionna, je le jure, plus d’effroi, plus de douleur, que si j’avais reçu, inopinément, à bout portant, une giclée de plomb en plein dans la raie. »

 

Enfant, adolescent, je rêvais d’écrire des milliers de pages landaises, topographies ou saynètes.

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B., Droit de cité, Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (2)

Le jeu de la folie est un sport de l’extrême

Mardi matin.

 

    Fermez, oubliez les images éteintes.

“If I had understood why I was doing that, doubtless I would not have been mad.

Had I not been mad, doubtless I would not have done it at all.” (Wittgenstein’s Mistress, p. 16)

 

« – Peut-être qu’il n’est pas vraiment fou. Peut-être qu’il joue au fou.

– Je ne vois pas la différence. Un individu qui a choisi de vivre dans la rue, dans une bouche d’égout, qui croit à la reconversion de la Russie au communisme, et qui par-dessus le marché veut qu’on le prenne pour un fou, pour moi, c’est un fou. » (Le Marchand de passés, p. 106)

Miroirs alanguis, disparaissez, n’allez éteindre sept soirées.

11:30 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 07 avril 2006

Palette des sillons

    propos de façades : entre les deux principaux systèmes de rides qui se partagent mon visage, celui des cernes sous les yeux et leurs prolongements, d'une part, celui des plis d'amertume de la bouche et leurs dépendances, d'autre part, il est apparu récemment, sur l'un et l'autre versants du nez, de hardis sillons de liaison, des sortes de canal des Deux-Mers, ou du Rhône au Rhin, très droits, très sobres, très efficaces, qui impressionnent par la rigide simplicité no nonsense de leur tracé. Les soucis, désormais, peuvent aller du menton jusqu'au front sans toucher chair ni mettre pied à peau." (Renaud Camus. Rannoch Moor, pp. 650-1)

 

09:39 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

mercredi, 29 mars 2006

Oisifs

    « Transplantez le Tourangeau, ses qualités se développent et produisent de grandes choses [...] Le Tourangeau, si remarquable au dehors, chez lui demeure comme l'Indien sur sa natte, comme le Turc sur son divan. » (L'Illustre Gaudissart)

10:30 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 28 mars 2006

Ironie au noir

    Gêné aux entournures.

 

"Canal Mozambique, 28 mars 1958.

Dans l'estuaire de Mombassa les Anglais entretiennent encore quelques jolies pelouses. Mais toute cette côte d'Afrique est envahie par des Indiennes à lunettes, darwinistes et marxistes, comme la future population du globe."

(Roger Vailland. Ecrits intimes. Paris : Gallimard, 1968, p. 540)

 

L'histoire prit d'autres atours. Fantasmes de la pureté ou amour des "bonnes invasions" ?

19:40 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (7)