Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2006-05-05 | Page d'accueil | 2006-05-07 »

samedi, 06 mai 2006

La baignoire de Wittgenstein

    Passer une nuit à l'hôtel avec un enfant implique de se retrouver dans la salle de bains à lire ou écrire, plus ou moins confortablement (et plutôt moins que plus). La semaine dernière, à Saint-Savin, je finis de lire Wittgenstein's Mistress dans la grande baignoire vide. Reste une phrase de douze mots pour clore cet épisode (ou l'incident).

21:00 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (1)

Encore trois quarts d'heure avant...

[Jets du jeudi]

 

    Huit heures du soir.

Encore trois quarts d'heure avant Tours ! Ce train qui s'arrête dix minutes à Orléans, puis dans de nombreuses gares, est bien long, tout de même, après une si longue journée. Ecrire encore, les mains tachées d'encre. (Le titre du (décevant) recueil posthume de Robert Pinget est Taches d'encre.*) Les mains sales d'encre, écrire encore**. Depuis l'arrêt à Orléans, justement, et l'échange des locomotives, je suis assis dans le sens inverse de la marche. Ecrire et lire sont, du coup, des tâches plus éprouvantes [[[des occupations susceptibles de provoquer des maux de tête]]]. J'ai délacé mes chaussures. Je ne vous épargne rien***. Il est beaucoup question de chaussures et de lunettes, de pieds et d'yeux, dans les textes les plus populaires connus de Beckett.

 

* [[[Je recopie ces encres dans le carnet, ce soir, vendredi, en écoutant (c'est vraiment un hasard) Comme le buvard boit l'encre, de Gérard Manset.]]]

** [[[Note astérisquée écrite le jour même, au bas de la feuille et maintenant déjà publiée (Tu retrouves, avec la plume...).]]]

*** [[[Le plus bref des récits du Marchand d'oublies (et le plus faible, de très loin) narre la métamorphose d'Olympe en épargneul.]]]

15:25 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne

XXIV

    (Noir absolu. Deux voix qui pourraient être la même.)

 

Tu as oublié de remercier Madame de Récamier.

Enfin, elle gisait dans son salon.

S'appelait-elle Gisèle ?

Non : elle gisait. Du verbe gésir.

Ah, la salade aux gésiers... Combien de temps s'est écoulé depuis que je n'en ai mangé ?

Arrête t'es malade.

Sans point d'exclamation.

Une consonne pour une autre ?

Des paronymes.

Départ pour Nîmes.

N'empêche que tu n'as pas remercié Madame de Récamier.

 

(Bruit de pas s'éloignant.)

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (1)

Une mère et son fils...

[Jets du jeudi]

 

    18 h 45.

Une mère et son fils, endormis.

J'admire ces nombreux passagers qui peuvent dormir, à une heure pareille. Ce n'est pas seulement cette mère et son fils, dont l'attitude symétrique est d'une beauté bouleversante, mais des dizaines d'autres.

Dormir ainsi, j'aimerais.

La mère et son enfant, qui peut avoir trois ou quatre ans, sont endormis et inclinés dans la même attitude. Ils sont très beaux. Les autres passagers endormis ne sont pas beaux - juste la beauté du sommeil [[[endormis]]].

Ou suis-je heureux de ne pas avoir, justement, la faculté de m'endormir ainsi ?

Quand je suis revenu des toilettes, j'ai vu, regardant ma place dans cet Aqualys, les voies défiler au fond. Ma place est la dernière en queue de train.

Ecrire à l'encre me prend plus de temps, et je dois me corriger plus laborieusement, mais je suis heureux de savoir encore écrire à la main (à l'encre).

Beaucoup écrit aujourd'hui, et mal installé, au colloque, dans la salle de conférences du C.E.R.I.. Beaucoup écrit aussi en vue de ces carnets, et à l'encre. Levé à cinq heures du matin, et cinq heures de train dans la journée. Il faudrait tout de même que j'invente [[[sic???]]] cette faculté à m'endormir.

Lamentable, je trouve mon style.

 

11:15 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (2)

Les veines saillantes...

[Jets du jeudi]

 

    Les veines saillantes du dos de ma main droite, de la main qui trace ces lignes à l'encre, forment un Y rugueux, que je ne peux m'empêcher d'interpréter in petto comme le WHY anglais. [[[Sans cesse ma main me demande pourquoi j'écris, ou pourquoi nous allons, elle et moi, vers la mort.]]] Non, ce n'est pas peu dire.

 

08:05 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (1)