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dimanche, 08 mai 2016

Les aviatrices

    Toutes ces aviatrices que nous avons oubliées, toutes ces exploratrices, montant de la mer, en quelque sorte, même quand elles faisaient la guerre, même sous la mitraille. Elles nous tendent la main. C'est la saison où les branches et les feuilles s'échappent des grillages. Je crois que je n'articule pas bien, ou que je confonds un peu dans ma voix les dentales et les vélaires.

La petite souris ne passe plus jamais. Il y a un temps pour tout. La carlingue de l'avion se déglingue. Le parking souterrain a l'air abandonné, mais il finit par donner sur la ferme de la Milletière. On ne récolte pas assez le pognon. En fait, on ne récolte rien du tout, pas même le souvenir d'un poème de Norge. Le cancanement qu'on entend souligne encore plus, encore davantage, le fait que l'on se trouve au cœur de la ville la plus embrouillée. Des kilomètres de bureaux vides.

Comme dans les allées du parc zoologique, les avions ont fini de dessiner dans le ciel des brumes, ces sortes de zézaiements qui nous faisaient rêver quand nous étions enfants. Ce n'est pas le brouillard, c'est le dessin sur le flanc de l'animal. Ce n'est pas la vapeur d'eau échappée au contact de l'air chaud, c'est le dessin, la rayure sur le flanc de l'animal semblable au cheval. Tout un musée de cire.

En se promenant le dimanche dans la zone industrielle, en longeant les ateliers municipaux désertés, on se permet de parler à haute voix dans un dictaphone. Les avions dans le ciel inlassablement dessinent des mirages, comme quand j'étais gosse.

La ville, malgré tout, est plus poubelle que verdure, plus bitume défoncé que brume d'avion dans le ciel. Ce qui s'échappe des grillages, ce qui crève l'asphalte, ce ne sont pas les zébrures dont nous rêvions quand vous étiez enfants.

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