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lundi, 02 juin 2025

SecEM, 52 -°- marottes et baleines blanches

8 mars 2026, 8 h 40

    Le chapitre 38 est plus court que le précédent (26.600 signes), mais il se termine sur une allusion à la phrase de Napoléon au sujet de Toussaint Louverture, en version anglaise : “just who does this N-word think he is?” Je pense retranscrire l’effacement de l’injure avec des astérisques : « pour qui ce n*** se prend-il ? ». (Au passage, et par ailleurs, je continue de trouver très problématique le fait que des personnes qui prônent la mémoire de Toussaint continuent d’utiliser son surnom de « Napoléon noir », qui, par son effet de symétrie avec l’autocrate raciste français, est particulièrement injurieux.)

Il y a dans ce chapitre une phrase qui entremêle deux métaphores différentes, très américaines. Je la note sans avoir encore ce que je vais en faire : “Senator Albert Gore Sr. of Tennessee had rightly understood that Nkrumah’s white whale, the VRP, was no economic homerun for Ghana.” Relier, par un complément d’attribution, Moby Dick et la figure phare du baseball, c’était osé.

 

9 mars, 10 h 40

Hier après-midi, après la manifestation féministe et le déjeuner, il faisait si grand soleil que j’ai passé une bonne partie de l’après-midi sur la terrasse, à lire, au lieu de continuer mon travail. Mais ça m’a fait du bien. Ce matin j’ai terminé ce chapitre 38. Cherchant des synonymes pour ne pas toujours dire « marionnette » ou « pantin de Moscou », je me suis amusé à écrire « joujou de Moscou », juste avant une citation de l’ambassadeur des États-Unis au Ghana disant de Nkrumah qu’il « avait un côté juju, un côté catholique, un côté marxiste ».

On s’amuse comme on peut.

 

Pour la phrase sur la baleine blanche, j’hésite entre une version maximaliste et une version édulcorée (démétaphorisée).

Version maximaliste : « Le sénateur du Tennessee Albert Gore Senior avait bien compris que le projet de barrage, qui était l’objet de tous les fantasmes d’un Nkrumah reconverti en capitaine Achab, verrait l’économie ghanéenne donner des coups de harpon dans le vide. »

Version édulcorée : « Le sénateur du Tennessee Albert Gore Senior avait bien compris que le projet de barrage, la marotte de Nkrumah, n’aiderait aucunement l’économie ghanéenne. »

 

Est-ce que le titre du chapitre (“21 Guns”), qui fait explicitement allusion aux vingt-et-un coups de canon tirés en l’honneur de la reine Élisabeth II lors de sa visite officielle en 1961, est aussi, plus subtilement, une reprise du titre de film 21 grammes, et donc une manière pour H. F. de dire que toutes les tergiversations états-uniennes sur le dossier du barrage annonçaient la fin quasi programmée de Nkrumah ? Trop subtil, alors…

Plus superficiel : H. F. évoque le fox-trot dansé par Nkrumah et la reine, et dont on trouve plusieurs photographies, et même une captation vidéo. On trouve aussi beaucoup d’images tirées de la série The Crown, qui aurait donc repris cette scène.

 

Il me reste les deux longs chapitres 39 et 40, l’épilogue (intitulé Coda) et les remerciements : 42 pages, soit la dose hebdomadaire en janvier-février. Et trois semaines avant la remise du tapuscrit. Large, mais sans possibilité de mollir quand même.

 

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