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jeudi, 05 juin 2025

SecEM, 49 -°- lunaires effronteries

3 mars, 9 h 35

    Le chapitre 35 est long de 10 pages (25.042 signes). Malgré le séminaire de l’EHESS ce matin et la réunion de préparation de la Fête de la Science d’octobre prochain à 14 h, il faut que je le traduise aujourd’hui.

 

4 mars, 7 h 25

Il me reste une page et demie du chapitre 35. Tant pis.

Hier, au moment où je suais à grosses gouttes sur un passage difficile, moins d’une heure avant de devoir partir déposer du linge propre à O* et d’aller ensemble à l’entraînement de tennis de table, le téléphone, qui ne sonne jamais, a retenti – je l’avais mis à recharger en mode sonore pour ne pas rater la notification du BeReal – et c’était mon éditrice, toujours aussi gentille et serviable. Je lui ai confirmé que je pensais tenir les délais. Elle voulait savoir si j’avais une idée pour le titre (en fait, j’en ai quatre, et toutes mauvaises) et pour le sous-titre (ça, ça allait). Elle va discuter avec l’éditeur principal pour voir ce qui marcherait le mieux comme titre parmi mes propositions, t sinon on échangera directement avec l’auteur.

Je lui ai glissé au passage que, contrairement au précédent ouvrage, il y avait quelques petites erreurs factuelles de loin en loin : dans le chapitre 34, il se trompe une fois de nom en remplaçant Lewis par un énigmatique “Williams” ; dans le chapitre 35, il cite comme un fait historique avéré l’anecdote, douteuse, de la chaussure de Khrouchtchev. Pour le nom, j’ai corrigé. Pour l’anecdote, j’ai ajouté un conditionnel.

 

8 h 40

Content d’avoir traduit l’adjectif outlandish par lunaire dans la phrase suivante : « what the White House almost surely saw as the outlandish spectacle of Nkrumah, a Black man from Africa, presuming to issue solemn proposals about how the world should be run ». J’ai parlé de “vision lunaire pour la Maison blanche”. En effet, ça se passe en 1960, sur fond de rivalité entre les USA et l’URSS, de sorte que le contexte spatial, qui n’est pas suggéré dans la phrase de French, m’a paru un bon compromis pour restituer une partie du sens politique/géographique de outlandish. Que ce soit délibéré ou non de la part de French, il y a toute une lecture post-coloniale à faire de cet adjectif, dans ce contexte précis.

 

8 h 55

Le chapitre traduit fait 26.654 signes (foisonnement de 6,5%).

Racines latines communes des langues française et anglaise (merci Guillaume le Conquérant). — French cite Eisenhower qualifiant une suggestion de Nkrumah d’effrontery. J’ai traduit par effronterie, bien sûr, mais ce n’est pas satisfaisant. Les deux termes ne sont pas des faux-amis, de sorte qu’on peut traduire l’un par l’autre, mais la différence, qui ne me semble pas dérisoire, est que le terme latin est tout à fait rare et formel en anglais, alors qu’il ne sort pas particulièrement de l’ordinaire en français. En anglais courant, on aurait plutôt recours à des termes monosyllabiques, d’origine saxonne (cheek) ou latine (nerve), à moins de passer par des adjectifs (brash, brazen, impudent). En choisissant ce terme, Eisenhower s’exprime de façon très formelle, et beaucoup plus forte en un sens, puisque, sous l’effronterie on entend l’affront. Peut-être qu’impudence/impudent ou outrecuidance/outrecuidant permettraient de restituer cela… peu importe…

 

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