dimanche, 08 juin 2025
SecEM, 46 -°- les crimes de Léopold II
24 février 2026, 16 h 15
Le chapitre 32, le plus long du livre, est long de 17 pages : 43.781 signes, ce qui signifie qu’avec le foisonnement on peut imaginer qu’il atteigne 32 feuillets classiques. Or, ces 32 feuillets classiques, j’aimerais les avoir écrits d’ici demain soir, d’ici jeudi matin au plus tard.
25 février, 8 h 30
Grasse matinée : j’ai repris il y a une demi-heure. Or, je n’ai traduit que trois pages hier. Je m’arrête dans la traduction pour noter ici mon incapacité à traduire le jeu de mots par lequel French décrit la verve de Lumumba comme incendiaire ou mordante (j’hésite entre les deux adjectifs) : « quicksilver tongue ». L’expression silver tongue sert à désigner habituellement les beaux parleurs, les bons orateurs. Avec quicksilver (le mercure, ou vif-argent), French suggère que Lumumba est un bon orateur, mais du genre à semer la zizanie.
9 h 25
Je viens de perdre un quart d’heure, en vain, pour essayer de trouver le texte complet du Plan de 30 ans de Jef van Bilsen. Pour le moment je me contente de retraduire en français la traduction anglaise de la citation, mais ça me mécontente, évidemment.
26 février, 11 h
48.683 signes, toujours autour de 11-12% je pense.
Je viens de terminer les 7 pages qui restaient, avec un peu d’aide car French cite, fort heureusement, de larges extraits des discours prononcés par le roi Baudouin et Lumumba lors des cérémonies d’indépendance. Le texte original (en français) de ces discours est facile à trouver, et j’ai pu le restituer par un simple copier-coller. Ces 7 pages n’en représentaient donc que 6, je pense. Par contre, j’ai cité le refrain d’Indépendance Cha Cha en conservant deux des termes en lingala que French avait choisi de traduire à chaque fois par independence.
En réécoutant quelques titres du Grand Kallé (dont Table Ronde, titre idéal pour accompagner la traduction ou la lecture de ce chapitre 32), je me suis dit que les musiques plurilingues au moment des indépendances feraient un bon sujet d’émission. Je pourrais d’ailleurs lire des extraits du livre d’Elara, quand elle parle des dix langues dans lesquelles chanta Miriam Makeba au cours de ses tournées dans des villages guinéens.
Moins enjouée, cette citation quasiment insupportable d’une ignoble lettre écrite par Léopold II aux missionnaires belges dans le premier tiers du vingtième siècle :
Convertissez toujours les noirs au moyen de la chicote. Gardez leurs femmes pendant neuf mois à la soumission afin qu’elles travaillent gratuitement pour nous. Exigez ensuite qu’ils vous offrent en signe de reconnaissance des chèvres, poules, œufs, chaque fois que vous visitez leurs villages. Et faites tout pour que le nègre ne devienne jamais riche. Chantez chaque jour qu’il est impossible aux riches d’entrer au ciel. Faites leur payer une taxe chaque semaine à la messe de dimanche, utilisez cet argent prétendument destiné aux pauvres à transformer vos missions en des centres commerciaux florissants. Instituez pour eux un système de confession qui fera de vous de bons détectives pour dénoncer tout noir qui a une prise de conscience contraire aux autorités investies de pouvoir de décision. Enseignez aux Nègres d’oublier leurs héros afin qu’ils n'adorent que les nôtres. Ne présentez jamais une chaise à un Noir qui vient vous voir. Donnez-lui au plus une tige de cigarette. Ne l’invitez jamais au dîner même s’il vous donne une poule chaque fois que vous arrivez chez lui.
Cela, avec bien sûr les famines forcées et les milliers d’amputations de travailleurs congolais traités comme des esclaves sous le règne du criminel Léopold II, doit être jeté à la face de tous les connards qui continuent de minimiser les crimes odieux de la colonisation.
11:08 Publié dans The Second Emancipation | Lien permanent | Commentaires (0)


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