lundi, 07 juillet 2025
SecEM, 17 _°_ tilth ne fit pas tilt
14 septembre 2025
8 h 20
Vu que je vais, comme à mon habitude, préparer mes cours de mardi à la dernière minute, autant tenter de mettre à profit ce dimanche pluvieux, quasi novembrien, pour poursuivre la traduction. Et puis, tant qu’à avoir fini par prendre un doliprane en sus de mes deux mugs de café, on peut espérer que je ne traînerai pas trop du clavier. J’ai programmé la fin du chapitre 4 pour le 24 septembre, de sorte que je suis bien dans les temps, pour l’instant.
Je viens de relire la première section du chapitre, ma ration du jour : cinq pages, 13.000 signes. Il y a au moins un mot que je pense n’avoir jamais rencontré, tilth (dérivé du verbe till) : « This was a mere foretaste, though, of what would come out of Lincoln’s verdant and rolling patch of Pennsylvania tilth and homesteads. » Vérification faite, on le trouve dans des traductions anglaises d’Euripide ou des Géorgiques, sous la plume de Hazlitt (que je n’ai pas lu), dans O Pioneers! de Willa Cather (pas lu non plus) et dans le livre X du Prélude de Wordsworth (je confesse ne pas être allé aussi loin dans ma lecture du grand poème autobiographique). J’ai lu autrefois, en 1997, Paradise Lost, extraordinaire souvenir de lecture d’ailleurs, mais je n’avais pas dû m’arrêter outre mesure sur ces vers (XI, 429-433) :
His eyes he opened, and beheld a field,
Part arable and tilth, whereon were sheaves
New reaped, the other part sheep-walks and folds
In the midst an altar as the landmark stood,
Rustic, of grassy sord.
Sans savoir si cela me servira, voici comment Chateaubriand traduit ce passage : « Adam ouvrit les yeux, et vit un champ : dans une partie de ce champ, arable et labourée, étaient des javelles nouvellement moissonnées ; dans l’autre partie, des parcs et des pâturages de brebis : au milieu, comme une borne d’héritage, s’élevait un autel rustique de gazon. » Remarquons que Chateaubriand ne s'est pas embarrassé pour tenter de traduire sord (variante archaïque de sward) ; pourtant, traduisant en prose, il n'avait guère de raison de pratiquer l'effacement.
Revenons à nos moutons... —— Plus loin, French s’amuse à forger un adjectif composé comme la langue anglaise les autorise : « the older, conservative, stay-out-of-politics-keep-your-nose-to-the-grindstone tradition of Booker T. Washington ». Mon réflexe serait de traduire ça par un truc du genre : la bonne vieille tradition conservatrice du « pas de vagues, le nez sur le guidon » héritée de Booker T. Washington.
On verra…
08:37 Publié dans The Second Emancipation | Lien permanent | Commentaires (0)


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