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lundi, 01 octobre 2007

Récurrence

Et puis, il y a cette autre ritournelle. La tienne, la mienne, qui ne sera jamais la nôtre. Celle qui est éternelle, qui nous accompagne toute notre vie, que nous aimerions entendre à nos obsèques. Le Muzak de notre ADN, la chanson qui nous choisit en nous faisant croire que c'est le contraire. Cette chanson est si littéralement collante que nous la portons comme un tatouage dans l'oreille interne de notre mémoire. Elle y est arrivée, elle y reste et y demeurera toujours.

 

(Rodrigo Fresan. Mantra. Traduction d'Isabelle Gugnon.

Albi : Passage du Nord-Ouest, 2006, p. 401.)

 

The hitch is that some ten or possibly twenty songs foot the bill, through different eras of my life. (Ritournelles était le titre d'un des douze romans de la série projetée en 1995.) Kumpanen, dann, dann fällt Euch ein...

samedi, 29 septembre 2007

En vain et sans histoires

    Écoutant pour la dixième fois Buvant seul de Dick Annegarn, Araïna a décidé d’écrire enfin le chapitre de sa thèse qu’elle veut consacrer à ce texte, et principalement – d’ailleurs – à sa mise en musique, solo de guitare surtout. Sa thèse porte sur les rémanences contemporaines du poème de Li Po sur la compagnie de l’ombre de la lune, mais, comme elle s’est heurtée à quelques difficultés en traitant de la métamorphose de la lune en chien dans trois œuvres de langue espagnole, il lui semble utile de rebondir, comme on dit si vilainement. L’exilée du ciel, en un sens, c’est elle. Auprès d’elle, sous les draps, Irina se pochtronne, comme d’habitude, au whisky et au bartissol comme d’habitude.

Je repense, en évoquant ce couple d’ombres – Irina et Araïna –, à cette phrase énigmatique : « Ma coupe est vide (je suis abstème) et la lumière du chien est sombre. » (Les Larmes, trad. de Michel Lafon, éditions André Dimanche, 2000, p. 53). Le mot abstème existe-t-il ? je ne l’ai compris que par analogie avec l’anglais abstemious. S’il existe, pourquoi ne l’ai-je jamais rencontré ? Ce semble être une version savante de l’anglais “being a tea-totaller”. S’il n’existe pas, d’où vient le néologisme ? Du texte d’origine (César Aira) ? Du traducteur ? Pourquoi ? Ma voisine de lit m’a suggéré sobre, mais on peut boire de l’alcool et être sobre : abstème signifie, sans équivoque possible, que le narrateur ne boit jamais d’alcool.

Entre-temps, la nuit a envahi la pièce de vie, et, ici, au gîte de Kergaer, c’est le plein matin, même sous un timide rayon de soleil. Nous irons dans d’autres vies, d’autres eaux. (Au fait, l’artiste québécoise se nomme Marie-Josée Laframboise.)