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jeudi, 26 janvier 2012

. . Antonio :: Tabucchi : La :: tête ::: perdue :::: de ::: Damascio :: Moreno . .

    Dans ce roman, écrit en 1997 et traduit la même année par Bernard Comment, Tabucchi semble étonnamment joueur, même un brin lourdaud. Cela m’a rendu plus chère son œuvre, et ce texte-là avec les autres dans la valise. Faux polar, faux récit politique, nouvel hommage à la fascination des villes portugaises sur son auteur, La tête perdue de Damascio Moreno est un roman déroutant. Il est difficile de déterminer de quel côté penche la balance – comme il y a plus de deux pôles, sans doute vaudrait-il mieux parler de kaléidoscope (l’image est frelatée, je le sais).

L’un des angles d’attaque les plus redoutables, c’est le personnage de l’avocat, et surtout, dans sa figure, l’admiration équivoque pour Hans Kelsen et « ses théories sur la Grundnorm » (Bourgois, p. 118). Depuis que je sais que l’éditeur Einaudi avait sollicité Primo Levi, peu avant son suicide, pour une traduction du Procès, les rapports entre l’univers du jugement littéraire et le domaine juridique me fascinent.

C’est une hypothèse métaphysique, dit l’avocat, parfaitement métaphysique. Et ça, voyez-vous, c’est vraiment une chose kafkaïenne, c’est la Norme qui englue tout un chacun et dont pourrait descendre l’abus de pouvoir d’un petit seigneur qui se croit autorisé à fouetter une putain. Les voies de la Grundnorm sont infinies. (p. 119)

 

Sinon, le passage – assez explicite – au cours duquel on voit, par le biais d’une émission de télévision, une Norvégienne parler d’un caméléon nommé Fernando Pessoa dans une baraque de bord de mer (p. 189) m’a donné envie de déterminer si le rapprochement entre Pessoa et les caméléons était lui-même une citation, ou une allusion quelconque, mais les pages Web, surtout italiennes, auxquelles j’ai abouti se sont avérées, certes passionnantes, mais non déterminantes.

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