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dimanche, 14 octobre 2012
WW (ViVa), XLVI [356]
j'ai rencontré un homme sous la lune
ce dimanche.
à sa façon pour ne
rien dire il
a souri(mais
près du col crasseux de sa
veste j'ai vu collées maladroitement deux oreilles
sur
ce visage de la peau en
boîte des yeux pareils
à des outils neufs)
d'où j'ai supputé que lui aussi était monté en haut du pincio
pour goûter rome au crépuscule;mais aussi appuyées à la
paroi ses blanches franches étroi
tes mains aux doigts pleins de supputations
adorablement restaient-sans-bouger
,tels des enfants morts
(s'il avait joué du violon j'aurais
dansé:c'est pour cela
que quelque chose en moi le faisait penser à nous deux)
pendant que s'étendait lentement sur la ville Personne
¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
Texte anglais ici. Pas ailleurs ? Dame.

21:55 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)
Triolets dominicaux
rue noyée· fibres de poireaux· temps à soupe
la terrasse· toujours clapotis· ténébreux
taleNQuère· de chaisES cannées· c'est dIManche
el-malek· mais poupée psyché-· délique aphte
le gazon· au vif ressuscite· vert absinthe
point médian· pourquoi t'obstiner· tout là-haut
rayon de· soleil bereshit· baha chante
la traduc(fauteuil défoncé)tion avance
ciel enfin· bleu soleil bientôt· bas bordel
18:24 Publié dans Fil bleu : Tridents & autres textes brefs | Lien permanent | Commentaires (0)
Chimneys – Sonnets, XI [125]
dieu de moi qui (oui dieu a pris de) prends pitié
par la plume légère et sexuelle élancée
de ton dirai-je ton corps?suis persécuté
oui dans un crachin jazzeux geignant à moitié
dont la parfois jeunesse arquée raide engloutit
en se lovant à lui tout l’aigu de ma hanche;
ou,spasme ta chair de garçon craquante étanche
ma cime en des climats fermes frêles glacés,
(souffle court lèvres effilées avalanche)môme
femme-larron de l’habile marlou-voyou
corps esclaffé à la poitrine sage à demi-esquissée
chair zézayante prompte à enfiler la complainte engraissée
:Je Veux Une Poupée,
pieds agiles menus dont les pas comme
furtifs fendent la toison du saxophoneux biniou.
···...···...···...···......···...···...···...······
Texte original ici, ici ou là. Ou ailleurs.
Aujourd'hui, deux semaines après le lancement du projet tout eec ?, je tente une première traduction de sonnet. Il y a de nombreux sonnets dans l'oeuvre de Cummings, souvent avec des variations très complexes autour de la forme. Ici, il était impératif de conserver le schéma aba'a a'ccb deffde. Outre quelques libertés lexicales (brogue est difficile à rendre), j'ai choisi, pour ne devoir renoncer à aucun des mots (tous pondérables), de passer, entre le vers 9 et le vers 10, de l'alexandrin au vers de 16 syllabes, puis de clore sur un vers de 14 syllabes (mètre aimé de Jaccottet ou Réda, ce qui, je l'admets, ne suffit pas à justifier sa résurgence ici).
15:15 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué, Knobs & thorns, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 13 octobre 2012
Etcetera – Love Poems, VIII [921]
Lune-dans-les-Arbres,
Le vieux canoë t’attend.
Tu le sais, il n’a pas peur du noir
Et il a attrapé tout seul bien des étoiles.
Cette même tente attend ton retour,
Lune-dans-les-Arbres.
T’en souvient-il, l’odeur douce d’épicéa
À l’aurore que peuplaient tant de passereaux ?
Dans les oreilles de mes jours
Résonne le tonnerre de fleuves aboutis ;
Dans les narines de mes nuits
Un parfum de cimes à tout jamais perdues.
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
Texte original disponible ici, là ou encore yonder paraît-il.
Pas la moindre idée sur le contexte, ou l'intertexte, de ce poème.
13:10 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 12 octobre 2012
One Times One, XXX [570]
Bonjour ainsi parle un miroir
chambrière qui dit Qui est-ce
et(sans ouïr un quoi)se presse
de dire Au plaisir de me voir
un rayon de soleil jamais ça ne se fixe
Bang voilà tout le sens d’un flingue
un homme qui veut dire Non
et(voyant quelque oui)se confond
en souriant Monsieur Machin
une vraie guerre non jamais ça ne se gagne
****************
Texte original ici, ici ou encore ici (lu par eec himself).
15:20 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 11 octobre 2012
Impressions VII (Tulips and Chimneys) [65]
j’observais la façon dont
dans la besace informe
de la nuit le grignotement
d’une étoile in-
fin
-i-
tés
-i
-mal-
ement dévore
l’obscurité l’é
-toile affamée
qui
f
-in
ir-
a p
ar gober
l’appât de l’
aube et par sombrer d’un
hoquet
dans l’éternité. quand au-dessus de ma tête
soudain une étoile
filante
Expl os
(e
en un terne vagissement
comme celui d’un réveil)
—/–––— —/–––— —/–––—
V.O. ici, ou ici (avec traduction portugaise), ou encore ici.
—/–––—
21:22 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)
Poste d'observation
Reste dans le champ de forces la trace d'un pigeon.
Vous garderez d'autres réactions, inopportunes, pour le jour du Jugement dernier.
L'haruspice observe encore l'arcature des jambes, la danse du diable.
08:48 Publié dans En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 10 octobre 2012
50 Poems, 22 [508]
nom de nom
pro
pro
non d'un non
rome
rome
nonnes deux nonnes
pr o me
nons
-nous avec le diable
m
ent inconnuageux pri
ntemps
Texte original visible (avec de
bons yeux) ici.
J'avais, dans la salle d'attente de l'école de musique de Tours-Nord, mon exemplaire des Complete Poems, des fiches bristol et un stylo tricolore.
10:10 Publié dans tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 09 octobre 2012
Dial Papers, XV [980-1]
comme un homme qui(après avoir écrit
tard dans la nuit)voit sa lumière
réduite au silence.
il va à sa fenêtre
un moment il
contemple
de la grande ville fatale
l’énorme ressuscité taciturne
Corps
(et
voit
au-dessus des entre les toits
les rues soulevées
qui non-
parlent.
-elles
et il ne
parle pas.)Peut-être toutefois
en tirant sur une éventuelle.cigarette
il est désolé
éploré.et il se répète calme
-ment
des mots singuliers brefs & morts
Et il s’endort malheureux longiligne.
—tel,ma
dame est
votre amant
lorsqu’un peu il ferme les yeux
en pensant « cette nuit je n’étais dans son lit ».et la Lumière
L’im-
mense
extraordinaire Lumière ,Elle
survole prestement le peut-être monde(survole
le peut-être Aujourd'hui & les belles de jour.survole
Tout un chacun — & moi?)
des noms
& des violettes !
des navires, des pays
—/—/—/—/—/—/—/—/—/
Eléments de laboratoire.
Tout d'abord, sacrifier à la tradition === texte original ici seulement (il s'agit d'un poème non publié enr ecueil, peu connu, peu repris par les internautes).
Ensuite : je me surprends à traduire assez rapidement, avec ces petites cartes bristol, directement sur les genoux, en lisant dans le cabriolet ou sur le canapé. Autre point : le plus fastidieux est de respecter la typographie, et surtout les espaces retraits et alinéas. Or, ayant de prime abord mis cette traduction-ci en forme dans un document Word, je crois constater que Haut&Fort a conservé les espaces et interlignes, ainsi qu'alinéas etc. (Les éventuels lecteurs peuvent-ils vérifier cela ? ça doit être plutôt instable, en fonction des navigateurs.)
Dix jours pour un premier bilan. 10ème poème traduit. À ce rythme-là, trois années de travail suffiraient. Mais ne rêvons pas, rythme impossible à tenir, enthousiasme des débuts (butant déjà sur le désintérêt du l'inexistence d'un lectorat). Lors de la saisie dans Word des griffonnages bristoliens, je pensais qu'une mise en forme colorée insisterait sur l'aspect re-créatif de ces traductions, dispenserait de commentaires, de justifications, notes de bas de page. Les couleurs traceraient les lignes d'interprétation de la rendition. Pour ce poème-ci, il y aurait beaucoup à dire, et dans l'immédiat seulement ceci : pour la première fois, j'ai modifié un peu la typographie, faisant basculer l'esperluette du dernier vers de chaque partie (vers 24 et 39) à l'avant-dernier vers de chacune (rythme => changement => symétrie).
Mes majeures préoccupations : littéralité lexicale & conservation scrupuleuse des rythmes.
22:22 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (2)
Multikulta
Biffe. Empiffre. Rature. Et vole dans un grand sursaut lent qui s’amoncelle en myriades de divagations prêtes à l’emploi dans la bouche volage de cette demoiselle assommée par l’air du large et par ces souffles de bouée, ces feutrines dont l’appui donne une sonorité fugace à tout ce qui les touche. De près ou de loin. —— Õ —— Marteaux telles des questions posées au paysage — paysages d’ombelles dans le vent, visages striés des obèles. Dans le long moutonnement foireux et approximatif de l’océan naît une abstraction qui n’aurait pas voulu être telle, nodule sur une crête, ondoiement au sommet d’un volcan tant et si bien que les verbes même et que la syntaxe justement la place à d’autrement mondes. Soulignements ondulés à la crête des montagnes course de mollets phrygiens au creux des puys l’adjectif devenu monade sa superbe en perte de vitesse. L’altiste se prénommait Oene, sans que l’on sût s’il dessinait des trémas des tildes sur son caisson verni ou si la barre nordique l’avait secouru traversé de part en part émincé rapiécé l’altiste rabougri dans un coin nous enchante. Ce n’était pas sucré, votre caramélopée. —— Ø —— Il n’y avait pas de cirque dans notre ville humide comme un crachapiteau. Pitoyablement refaire surface les verbes dents desserrées sur une crête d’étreinte sur un cratère éreinté. Raturant biffant surtout surtout accumulant. Suerte.
(485/222)
14:55 Publié dans MUS, YYY | Lien permanent | Commentaires (0)
is 5, I, vi [233]
Raoul a une môme
môme
môme,
Raoul
a une môme et poussur
elle sait bien remuyer son boule
quand tu la vois bouger
bouger
bouger,
quand
tu la vois guincher
un coup t’aimrais bien être à la place de Raoul.
Oh si ce genre de môme
môme
môme,
oh
si ce genre de môme ve-
nait tous les jours vous tripoter l’guillôme
parle toujours de tes Sal-
Sal-
Sal-,
parle
toujours de tes Salo-
més mais aboule la poule de Raoul.
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Texte original ici, ici, ici, ou encore ici (lied de Vincent Persichetti, très mal chanté malheureusement).
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e.e. cummings en 1926
09:17 Publié dans Brille de mille yeux, Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 08 octobre 2012
95 Poems, 56 [728]
chez-soi cela signifie que
quand le toit
certainement fuit c'
est notre(chez-soi
cela signifie si une lune
ou un peut-être
soleil resplendit ce sont
nos aussi mon
trésor)mais qu'un im-
probablement
nonmonde s'écrase
en 1
nonillion(& donc)depetitsriens
chacun(embras-
sons nous)c'est cela
chez-soi
Texte original ici.
Epuisé, ce soir, vraiment fourbu, je pensais renoncer. Puis j'ai choisi à la va-vite ce poème que je ne comprends pas, et que j'ai traduit à la va-vite. Voici peut-être le premier véritable échec (ce qui, sur 8 essais de traduction, n'est pas un mauvais ratio — à condition que les 7 autres soient au moins des demi-réussites).
21:25 Publié dans Darts on a slate, tout e.e.c ? | Lien permanent | Commentaires (0)

