Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2026-08-12 | Page d'accueil

jeudi, 13 août 2026

Billet de Claire (Vogueenlettres)

Toujours zéro volonté pour reprendre mes annotations pour les quatrième et cinquième parties. En attendant, je copie-colle le billet que Claire a publié sur Instagram :

 

Il m'aura fallu deux semaines et demie pour achever le projet que j'ai appelé Les Misérables en maillot de bain.

En effet, j'ai alterné la lecture intensive des mille trois cents pages avec des moments de baignade fréquents et pluriquotidiens. Mine de rien, cette activité n'est pas si anodine qu’il y paraît. La natation a ceci de particulier qu’elle est souvent, me concernant, une activité solitaire qui me permet de réfléchir. J’ai donc en quelque sorte dissous ma lecture dans l’eau  dans le sens où j’ai pu me mettre à distance  de la narration pour la penser. 

Dans la piscine, j’ai dissous la larme versée sur Cosette l’enfant maltraitée, j’ai affronté les tourbillons de la conscience de Jean Valjean, j’ai rincé le sang des barricades, je me suis lavée de la saleté des égouts où j'ai suivi Marius et Jean Valjean, j’ai batifolé comme M. Gillenormand, j'ai joyeusement barboté en eaux troubles comme Gavroche, j’ai plongé dans la Seine avec Javert (mais je nage mieux).

Ce projet a eu ceci de particulier qu’il a été également l'objet d'un bookclub puisque j’ai lu Les Misérables en simultané avec des proches et cela a nourri nos conversations.

Enfin, c’est aussi un projet de retrouvailles avec moi-même puisque j’avais lu cette œuvre lorsque j'étais lycéenne, un été, déjà en partie au bord de la piscine, municipale cette fois. 

Évidemment, je n'ai pas lu l'œuvre de la même manière, évidemment je l’ai mieux comprise parce que j'ai appris, étudié, je suis devenue une professionnelle de l'analyse littéraire – en un mot : j’ai vieilli.

Je regrette un peu de ne pas avoir tenu un journal de lecture car c’est indiscutablement le grand roman de la littérature française.  Il y a tout : il y a le avant et le après de la littérature. Il y a aussi toute la pensée politique et sociale  de Victor Hugo, il y a le rapport à Dieu et à la religion, il y a la réflexion sur la langue, il y a une incroyable réflexion sur l’enfance, Hugo le romantique est plus réaliste que les réalistes, plus drôle que les dramaturges de vaudeville, plus persuasif que les grands orateurs. Les Misérables, ce n’est pas qu’un roman, c’est une somme.

 

10:50 Publié dans « En relisant Les Misérables » | Lien permanent | Commentaires (0)