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dimanche, 27 mai 2007

Épistrophe

    J’écris trop souvent directement à la fenêtre, mais puisque vous lisez Hop Frog, je n’ai pas de raison de me gêner. Dans ce charivari, je n’aime guère la tournure des événements. C’est sûr, il a bien aimé le film, oui, il a bien aimé. Primadol, la solution imparable contre les pellicules. Ils voulaient que je saute d’un avion accroché à un champignon. Sur la pochette blanche le visage rouge du chanteur se détachait, carré de sang dans la lucarne. Ce soir, ma mie, j’ai le cafard. Les ombres pâles du soir descendaient sur le cottage de Harry, qui était venu s’y reposer après une quinzaine de fortes tempêtes londoniennes. Jacques Abouchar n’arrêtait pas de faire des blagues pleines de finesse. Dans ce charivari, excédé, je n’aime guère la tournure des événements.

17:33 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Fiction, écriture

mardi, 22 mai 2007

Le Printemps ment

    En attendant Travers IV, peut-être l'hiver est-il, avec toutes ses ambiguïtés, un avant-printemps. 

Georg Heym a écrit un poème qu'il a intitulé "Printemps", par le mot français, et qui est tout autre chose que printanier. C'est encore plus vrai de son "Frühjahr", où la dissonance est criante entre le titre et le sujet vraiment traité, qui est la montée, non de la sève, mais de la mort. Ce que Kurt Mautz résume dans la pertinente formule : "Der Frühling lügt". Et il cite à l'appui Kafka, mais non pas Trakl. (Robert Rovini. La fonction poétique de l'image dans l'oeuvre de Georg Trakl. Les Belles Lettres, 1971, p. 46)

 

Je reste coi, dans mon coin, tandis que le texte belliqueux me fait la nique. (Elle refuse de travailler plus longtemps au Printemps et s'envole pour San Francisco, enregistrer un album de belle daube.)

00:55 Publié dans Fall in Love | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

lundi, 21 mai 2007

De facto, perforce

    Cela peut se généraliser, assurément, autant dire que la poésie, l'acte d'écriture, s'entend ici/aussi au sens large. 

Poetic Influence - when it involves two strong, authentic poets, - always proceeds by a misreading  of the prior poet, an act of creative correction that is actually and necessarily a misinterpretation. The history of fruitful poetic influence, which is to say the main tradition of Western poetry since the Renaissance, is a history of anxiety and self-saving caricature, of distortion, of perverse, wilful revisionism without which modern poetry as such could not exist. (Harold Bloom. The Anxiety of Influence. O.U.P., 1973, p. 30, emphasis added)

 

C'est le cas (le hasard fait bien les choses) de Samuel Beckett relisant frénétiquement Johnson, et peut-être bien de Samuel Butler se passionnant pour le poème satirique de son homonyme déjà lointain dans le temps.

00:50 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature