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dimanche, 20 mai 2007

Qu'en biais

    À un point du récit, le narrateur rencontre, avec quelques réserves de principe, celui qui ne cesse ensuite de réapparaître dans ses journaux, sporadiquement mais de façon marquante, et dont le patronyme, transcrit par homophonie, s'écrit qu'en biais

Ossip Mandelstam périt épuisé dans un camp de transit après avoir donné avec une superbe effronterie le chant le plus pur et plus matinal d'un siècle épouvantable.

(Gérard Vincent. Sous le soleil noir du temps. L'Âge d'homme, 1991, p. 14)

 

C'est juste avant le printemps qu'il le rencontre, au temps de Cerisy.

14:40 Publié dans Fall in Love | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

Deirdre des douleurs

    La remise à outils est attenante au dortoir de l'abbesse qui est aussi le réfectoire.

Quel est le goût de l'épine ? Quand il vit l'éléphant foncer droit sur sa Porsche neuve, il eut un sursaut d'orgueil. Le mendiant devant l'église était blotti contre la pierre froide. Personne ne voulait lire A Novel of Thank You, et encore moins en publier la traduction.

Je suis à la merci du premier corniaud venu, et toi tu restes là, les bras ballants. Êtes-vous un triton ?   Quand j'écoutais Scritch, un petit sourire me montait immanquablement aux lèvres. Hier soir, le tromboniste était très en verve. Quand reverrai-je, ô mes aïeux, la douce page de verdure des dames en robe, mais aussi Knobs and thorns, ce livre juste ébauché ?

 

Tu me demandes quel genre de prénom est-ce, Deirdre ? et je suis embarrassé, car ce genre d'équivalent de Cunégonde a aussi ses lettres de noblesse (Deirdre of the Sorrows) et est encore donné, apparemment, aux Etats-Unis. Près du puits des saints, j'avais posé mon baluchon. Ce février-là, à Bagnères-de-Bigorre, on avait suivi les trottoirs froids, pour une promenade un peu mélancolique.

... de la queue et claquetant de la semelle... Tout, de Beckett à Quintane, est affaire de chaussures. Ah tiens, vous tombez bien, je reprendrais bien un peu de formage.

 

C'est la saison des cerises, et je délecte de leur jus rouge profond. I.B., l'homme des montagnes, d'une voix caverneuse, leur indiqua le chemin du gîte le plus proche. Ce sont frondes que vent agite. Imaginez-vous qu'il n'a toujours pas ouvert ce livre acheté il y a deux mois, dont le titre, inversé visuel, est impossible à reproduire au moyen d'un simple traitement de texte, mais dont on peut toutefois dire qu'il est de Marc Cholodenko ? Je fus sur ce calme / miré nuage.

10:40 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Fiction, écriture

samedi, 19 mai 2007

Au bagne

    De la surdité naît l'absurdité. Dans la brève encyclopédie, Aragon suit de près Adamov. Il vivotait, passait des heures à répéter son numéro. C'est non loin de Saumur, dans cette bourgade triste que traverse la route nationale, que je pris un café, photographiai les toilettes du bistrot, puis repartis en Clio sous la belle lumière grise de novembre. Il passa tant d'années au bagne. Quand je vivais à Beauvais, je passais rarement dans le quartier délabré de la soie Vauban. Le troupeau bêle, le berger vaque à ses occupations (sieste). Un pernod, et que ça saute. Connaissez-vous l'histoire du mange-pierres vert ? Ou, bien sûr ; je la tiens de Gertrude Stein.

12:22 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : Fiction, écriture

"Pratique du contage"

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11:55 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Langue française

vendredi, 18 mai 2007

Ici aussi là-bas

    Jean André tenta de s'opposer au mariage de Françoise Girard, mulâtresse libre, avec son esclave nègre François Xavier. Le curé passa outre le 18 mai 1751 en déclarant que le décret de M. COQUILLE autorisait cette union. (Source : Généalogie et Histoire de la Caraïbe, n° 7, juillet-août 1989, p. 50)

22:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Prennent ratures

    L'auteur de Samedi 12 mai (carnets dont je vous recommande la lecture) m'avait écrit ceci : "depuis quelques merveilleux milliards de siècles, rater occupe et divertit la matière". Or, j'y ai repensé en relisant "L'Eden sans rivage", le très beau texte que Claude-Michel Cluny a consacré à Malcolm Lowry : Un faisceau de ratages. Autrement dit, la démarche devient obsessionnelle, et d'une manière irréfragable.

Le monde tangue quand la langue s'empâte.

17:51 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Littérature, écriture

Mai 849

    En 845, Charles croit pouvoir soumettre lui-même la Bretagne : il est vaincu à son tour dans les marais de Ballon, près de Redon. Une paix précaire s'installe mais Nominoë affirme son autorité, sinon son autonomie, en tenant en mai 849 un synode à Coitlouh, au cours duquel il dépose cinq de ses évêques en prétextant de leur indignité et les remplace par des prélats de son choix ; décision fort importante à une époque où le temporel et le spirituel n'étaient pas dissociés. Charles le Chauve intervient encore en 850 mais sans résultat.

12:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Béats

    Ce fer est de la glaire

c'est comme la suie de la montre et l'air de la croix.

Il lave la tonte, les étoles taisent

une autre glèbe, l'air et le four de Dieu

qui moquent l'ennui :

nuire.

[Verdier 2002.23]

08:49 Publié dans Xénides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie, écriture

jeudi, 17 mai 2007

Maraude

    Dans le miroir où tout s'effondre

Où tu te regardes pleurer

Le fleuve est noir l'orage gronde

Et ton monde se perd dans l'onde

Yeux ô renards désemparés

Dans le miroir où tout s'effondre

 

Le fleuve est glauque l'heure tourne

À ces instants chatironnés

Recuits à l'encre qui n'entoure

Au grand jamais rose ni foudre

Même tes pleurs sont erronés

L'heure à l'horloge glauque tourne

 

23:55 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie

mercredi, 16 mai 2007

Plumez-les !

    Jean le Maignan, seigneur de Kerangat et de Kerbasco, rendit aveu au duc de Rohan pour sa terre de Kerangat, le 16 mai 1640.

21:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Rue des masques

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    Il y avait si longtemps que rues, plaques, places, gouttières, bribes de murs avaient échappé à leurs regards que soudain ils se dirent que ça n'en valait plus la peine, la coupe était pleine, et du coup  à quoi bon chercher encore la pierre philosophale sous les noms, les signes, les affiches, aux balcons, sous les mots qu'embrase le vent ?

16:40 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II, MAS, Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : Photographie, écriture

Prête-nom (Carbone 14)

    Quoi qu’il advienne, il se tient coi. Rien ne le rebute, de ce monde de tertres où même les plumes d’Indien sont allergéniques. Ni la fouine, ni le putois, ni la belette, ni l’hermine ni même le glouton ne sauront dénicher les œufs de l’écureuil. Ça coûte la peau du cul, oui ! Toi, avec tes sorties violentes, tu me coupes le sifflet. Le médecin tira du coffre de sa voiture une trousse de premiers secours. Cela fait une éternité, des lustres vraiment, que nous n’avons pas vu Vincent. Quoi qu’il advienne, il s’obstine à regarder le problème sous toutes ses facettes. Il pleut des orangeades. Au zoo de Beauval, nous les avons admirés sous toutes leurs coutures, et eux nous ont renvoyé des mimiques multiples, comme à travers un miroir. À bien y réfléchir, Thomas non plus n’est pas venu nous rendre visite depuis des mois. Quoi qu’il advienne, son père se montre très sévère avec lui : ceci explique peut-être cela.

10:20 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, écriture

mardi, 15 mai 2007

La monnaie de ta pièce

    En 1629 à Bordeaux, ce sont 703 doubles tournois (et deniers tournois) qui ont été mis en boîte, puis en circulation suite à sept délivrances, entre le 15 mai 1627 et le 31 décembre 1627.

20:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (2)

Mardi pleuvra

    Florine Pré a gribouillé plusieurs pages de Rimbaud le fils. À chaque fois qu'il regardait le P.M.U., c'était la même chose, il devenait comme fou. Vous lui avez tendu votre carte vitale, et alors la carte d'électeur est tombée au sol et s'est perdue dans l'épaisse moquette berbère. Tout de même, un chien à trois têtes, ça se remarque, et un berger sur échasses, avec une sorte de blouson américain et des yeux ouverts multicolores dessinés partout dans le dos, je te dis pas. Quand l'avocette s'envola, nous étions déjà endormis. J'en demande pardon par avance à Jésus... La part paisible de mon existence a cessé d'être, ce jour-là.

 

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Le texte ci-dessus est le treizième de la série Dimanche pleurera, qui, contrairement à la plupart des "rubriques" de ces carnets, n'est pas restreinte a priori dans le nombre de textes éventuels.

De plus en plus souvent, quand j'écris les textes qui composent Dimanche pleurera (dont je m'étonne d'ailleurs qu'il y en ait aussi peu), je me dis que chaque embranchement laisse de côté des dizaines d'embranchements parallèles et qu'il faudrait, idéalement, reprendre chacun de ces textes et les creuser, les enrichir, suivre d'autres pistes, plus intéressantes. Le principe structurant, qui est celui des kyrielles, a fini par déboucher sur une étonnante uniformité. Nécessité de faire "exploser" tout cela !

Ainsi, ici, en tirant sur l'un des bouts de ficelle de la première phrase, le texte a ouvert la voie P.M.U.. Mais il y avait sans doute d'autres pistes à défricher : Gribouille, Florine, Rimbaud, pages...

16:27 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Fiction, écriture, Poésie

Pour répondre à un double commentaire de ma chère & tendre

    Voici une explication de ce doublon (que je laisse en ligne, pour les éventuels comparatistes) : C'était travaille sous Macintosh, donc ça marche mal.

Voici à présent pour expliquer d'où viennent de telles questions :

  1. Les deux premiers vers de ce poème (un onzain, comme tous ceux de Zézayant au zénith) ont été trouvés dans un demi-sommeil, deep inside my bed, ce matin.
  2. Par ailleurs, j'ai demandé à C'était, ce matin également, s'il existait un terme pour décrire les strophes (ou les poèmes) de sept vers. Un sizain, un huitain... un septain ?

 

Réponse : en fait, je n'ai jamais eu l'intention d'écrire un septain à partir des deux premiers vers de L'Aigle blanc. (Frustrant, hein ?) Ce devait, d'emblée, être un onzain. Les neuf autres vers ont été composés entre deux portes, si je puis dire, sur mon lieu de travail (et avant d'aller assister à une représentation théâtrale qui... [STOP]).

15:53 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (2)

L'Aigle blanc

    L'Aigle écartelé sur l'écusson écarquille

 

Admirables ses yeux Sur tout

il pose le regard

généreux des ambassadeurs

libres de royauté ou tyrannie Qu'importe, il

entre en majesté dans le ciel comme une salle

 

baignée de lumière où

l'aigle écartelé sur l'écusson écarquille

admirables ses yeux Sur tout

ne plane-t-il, la proie de son regard,

comme un doute farouche à rougir les blasons ?

 

10:00 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Poésie, Héraldique, Intime

lundi, 14 mai 2007

Dieu seul me voit

    Le bleu de Prusse, comme le bleu roi, colle aux nuages et désempare le moujik. Ce sont de ces chats blancs que le Ciel nous envoie ! Nageant dans le pétrole, il vit un émir. Qui a dit que l'oxymore était devenu le pont-aux-ânes de la critique littéraire estudiantine ? (En même temps, comme dirait l'autre, c'est une redondance.) Le jour où valsait Odilon, c'était du caviar pour les moines. C'était sur les rives du Gange, où habite cette sorte de crocodile, seul de son espèce (et même de son genre). Pense à Fernande !

19:26 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : Poésie, écriture

Novionates (378/20)

    Quelle douceur n'est quelle fureur. Qu'elle est douce, qu'elle est furieuse, la main à charrue qui soudain se repose. Sur la rive, sur la berge, j'ai aperçu un cincle. Il a scintillé en plein soleil, comme la lame de silex quand elle fait des étincelles. De la douceur aussi peut naître une fureur passagère, quand le vent déplie ses vagues.

De la berge, de la rive, j'ai vu couler les années, et le cincle plonger, ressortir à tire-d'ailes, frais comme un gardon.

Tout de même, tu me tires des larmes.

Il n'y a rien, pas le moindre mouvement au crépuscule paisible, et plus de silence dans les allées mortes pour emmurer ta mémoire, qui ne soit à même de faire naître, dans ta caboche qu'adoucit le vent, de quelconques regrets.

17:40 Publié dans Novionates | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Musique, Mozart, écriture

Pleins et déliés

    C'était au matin de sa vie

De ce seul doigt que je désigne

Pleins et déliés de l'infamie

Un soubresaut d'aile de cygne

 

De ce seul souvenir diffus

Son avenir comme les algues

Englué empêtré confus

Le trot des chevaux de Camargue

 

C'était sans joie et sans envie

D'un soubresaut d'aile de cygne

Se vêtir de feuilles de vigne

C'était au mitan de sa vie

 

07:25 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie