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dimanche, 03 juin 2007
Sept cents ans plus tard
Le 3 juin 1307, le pape Clément V reconnaît officiellement l'innocence de l'évêque Guichard de Troyes, sauf en ce qui concerne les malversations financières.
Tout de même, en a-t-on assez charcuté, de ces petits événements passés au crible, au tamis, à la loupe ? Avignon, oui, je n'attends que ça depuis des lustres, et pourtant je m'enlise, rien ne ferraille aussi bien qu'un vieux mollusque rouillé. Même Jeanne d'Arc (avec la cohorte, la ribambelle de ses doubles, et l'éventail si large de ses émanations syncrétiques) n'aura pu ou su étancher cette soif mineure. Tant pis, laissons la cruche aller.
17:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (2)
Un cri dans la nuit
Un cri dans la nuit.
Un cri dans la nuit qui
ne déchire rien, pas
même la page où j'écris
Il est midi, ou à peine plus :
ce n'est pas la nuit
ce gouffre à froussards entre
stupre et hurlements.
Un cri dans la nuit : dans mon antre
aux pierreries
et même aux pierres
on ne demande rien.
(Peut-être la main de la nixe,
qu'elle vous tend,
mine de rien. (À peine
un filet de voix.))
13:07 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Poésie
jeudi, 31 mai 2007
On dit que Jeanne est revenue...
Il aura fallu soixante-dix sept traces de canif dans la pierre, au hasard, à l'aveugle, pour tomber enfin, la paume en sang, le poignet presque brisé, sur une source belle d'évidence, comme dans les visions mystiques, comme dans la danse infiniment reprise, le tourbillon des derviches soufis, il aura fallu ces soixante-dix sept erreurs, tâtonnements, gravures, marques, entailles, pour qu'enfin, comme si de rien n'était, au gré d'un texte juste suscité par la lecture de quelques vers plus frappants encore de John Skelton, ou par une soudaine giboulée de bientôt juin, apparaisse une date évidente, un événement que tous connaissent, sans même qu'il fût besoin de passer par le truchement de recherches ingrates quoique cocasses :
31 mai 1430
Alors, autour des barques folles,
les flammes rouges montent du sol
Et, devant l'évêque de Meaux,
on la condamne à demi-mot.
Après quoi, il fallut renoncer. (Rivette et Quintane, c'en était trop.)
17:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Histoire, écriture
57/77
Lire les quelque 1400 vers brefs de Philip Sparrow, écouter les Douze variations sur un thème de Johann Caspar Fischer (KV 179). Menus plaisirs futiles que l’on ne peut conter. Soudain tombe une averse, une vraie giboulée de pas même une minute, mais violente en diable. Ce que vous chantez, là-haut dans les nuages joufflus, je ne l’entends pas, mais les giboulées de juin me tiennent compagnie. Soixante-dix sept fois sur le métier le batelier de l’aube…
14:30 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Musique, écriture
Été étrusque
Mon âme éraillée criaille. C’est l’été étrusque, criblé de nuages. Errance chrétienne parmi ces hères crevés : du bout du talon, je leur donne trente coups de pied. Pitié !
09:22 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Poésie, Sonnet
lundi, 28 mai 2007
Flotard d'Hébrard...
La prise de possession par Flotard d'Hébrard a lieu le 28 mai 1450 et donne lieu à une prestation de serment des habitants. (Source : Histoire de Lentillac-du-Causse)
20:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1)
Bal des ardents
Emmenez au bal des ardents
Cette fière amazone qui
Dansait le branle au trot requis
À en braver tous les croquis
Menez-la au bal des ardents
Dans cette folle sarabande
Au bal frivole dont le feu
Pousse au plus tendre des aveux
Moines hâves, seigneurs grincheux
Que les filets encor se tendent
Dans cette folle sarabande
Que du silex blanc de vos dents
Vous me souriez j’en suis aise
Et m’enfonçant dans la fournaise
Ça fond tels des barreaux de chaise
Oui j’emmène au bal des ardents
Le soleil silex de vos dents
Mômeries du bal des ardents
Les moines du péché se gardent
Les dames de leurs yeux me dardent
Et nos ribambelles se fardent
Du soleil violent de vos dents
Menez-moi au bal des ardents !
14:50 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Poésie
Longue queue de paon
Une longue rampe d’escalier, c’est l’idéal pour plier les draps, si on doit le faire seul.
Au Jardin botanique, le paon faisait la roue. Toi, quand même, t’as pas inventé la poudre ! It was love at first sight. Elle poussait des soupirs à fendre l’âme, mais lui s’en irritait, comme du bruit intempestif mais régulier d’un robinet qui fuit. En fait, je n’ai jamais lu L’Acacia de Claude Simon.
Il met la dernière main à sa thèse consacrée à la réception des pamphlets antisémites de Céline entre 1944 et 1991. Fleming ne sait toujours pas où crécher. Au Jardin botanique, nous avions admiré longtemps les longs volatiles graciles, aux pattes arquées, artificiellement rosis dans le soir lumineux.
Le serpent dans l’herbe rampe, attire le chant sur la harpe du barde.
Ouvrez la boîte de Pandore, où l’interdit trouve à s’épancher ! Je me rappelle avoir lu le deuxième album de la série des Astérix, à sept ans, dans ma chambre, en n’y comprenant pas grand-chose. Honoré d’Urfé cassa la mise en scène.
Ça, c’est un sacré rôti de porc, de Souvigny s’il vous plaît ! C’est lors d’un cours de français, en classe de troisième ou de première, que j’appris l’origine de l’expression « jouer la mouche du coche », n’ayant jamais lu la fable de La Fontaine qui lui donna naissance. Quand ils arrivèrent à Gimel-les-Cascades, leur premier réflexe fut de photographier le clocher quadruple.
10:12 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Fiction, écriture

