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dimanche, 17 juin 2007
# 1401
On l'a dit : dimanche pleurera. Il s'est trouvé quelques plaideurs pour plaindre les coupables et dire que les chiens avaient pissé partout. Tu as dû te faire mal, en trébuchant sur cette racine. Autrefois, je vivais dans le creux d'une catapulte, où je m'étais installé avec oreiller, matelas, transistor et tout le tralala. La chauve-souris passa si près du réverbère que la jeune fille poussa un cri de compassion. Vous avez passé des mois à écrire ce livre sur les verbiers et autres glossaires façon Leiris. Dans ses serres l'aigle tenait fermement le jeune coucou, que sa mère promettait pourtant à un meilleur avenir. Bonjour, tout le monde, lança-t-il avant de s'entendre répondre "Bonjour tout seul". La pluie tombait ce samedi, et laissait présager un dimanche pourri, encore et toujours, sternutatoire et tussif. Pour y aller en vélo, c'est drôlement coton ! Tu t'es endormi pendant la représentation du Vent dans les branches de sassafras. Aller en Andorre juste pour acheter une montre et du tabac, je les trouve prompts à se divertir. Notre pièce a fait un carton. Dans nos contrées près du fleuve, la pluie sera toujours le revers de la médaille. On l'a dit : dimanche pleurera.
09:45 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Fiction, écriture
jeudi, 14 juin 2007
Ces temps-ci
Au mépris des moustiques – dont je doute qu’ils fassent cohorte, entre les flots de kérosène et la ténacité des giboulées pugnaces de ce mi-juin – et au péril de mon labeur – peu passionnant ces temps-ci – j’ai ouvert en grand la fenêtre sur la rue et ses bruits étouffés, le cliquetis des gouttes déjà mortes qui frétillent le long des thuyas et des lampadaires, et je regarde le ciel pétrole entre les pavillons, strié de fils électriques et téléphoniques, à peine entaché par le halo du réverbère de la rue Francis-Jammes. Il y a vingt photographies magnifiques à inventer ici et maintenant, mais je préfère laisser mon œil les convoquer puis les défaire, en un battement de cils tout d’évanescence, et regimber plutôt en moi le mouvement de l’écriture, très ramassé ou refoulé ces temps-ci, comme on invente un passant mystérieux sur un trottoir désert, comme on laisse monter d’immenses vagues aux rouleaux terribles sur un lac de montagne dont le bleu malsain pourtant à lui seul nous enchante.
23:15 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 11 juin 2007
Un Simon sans île
Le 11 juin 1331 fut signée la paix de Lahnstein, qui donna à Simon Ier d'Isenburg tout pouvoir sur le territoire de Kempenich. Par là même, il n'était plus excommunié.
17:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (4)
Crépuscule / qui brûle
Voir son corps voué au vestibule. Déjà le soleil dardait, de ses rayons saumâtres, les épouvantails dans les champs, et leurs manches dépenaillées, laissant échapper la paille. Vous avez été ruiné par votre beau-fils, c'est du propre... Avec Ajax ammoniaqué, votre cuisine toujours plus resplendit. Sous les arcades de ce grand hôtel à magnats et riches curistes, il avait acheté, dans une petite bijouterie tenue par une vieille folle, un triple rubis pour sa soeur aînée. Je me suis donné un coup de marteau sur l'ongle. Vous avez été ruiné par votre neveu, c'est du propre... Le rire du riche paysan fusa dans les ténèbres, près du dolmen. Après le jour, c'est le crépuscule qui brûle...
13:31 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : Fiction, écriture

