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mercredi, 28 juin 2006
Envoûtement
Dans le seau du sommeil vos larmes tourbillonnent
Une boue asséchée entrave vos ardeurs
Le fard délavé sonne un réveil sans valeur
À travers les volets blancs le soleil rayonne
Vous ne vous lèverez pas pour cet emmerdeur !
Du regard toutefois nous vous déshabillons
Drapée dans la douleur qui vous sert de demeure —
Si à vous reluquer je passais ce quart d’heure
Au lieu de composer ces vers d’écrivaillon ?
Vous pleurez doucement et moi je vous regarde
Dehors il pleut des chiens et quelques hallebardes
Votre fard délavé noircit les volets blancs,
Et je me sens pressé de sentiments troublants
Venez me voir que je vous rhabille et vous farde.
09:20 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (1)
mardi, 27 juin 2006
Réactions en chaîne : les mots
Réactions en chaîne : les mots
Amassés sous la glotte
Iront sans grâce au pavillon,
Noirs d'avoir pleuré en silence,
Enfermés dans l'autre muraille,
Regrettant le froid de l'air mort.
Rapides, enjoués, les mots,
Immenses bouées de sauvetage,
Luttent dans l'air, une flamme en-
Kystée dans son souffle morbide,
Emportant les regrets sur leur passage.
21:20 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (2)
# 3
Comme Armand rugissait dans Alésia défaite, rien à battre.
17:25 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (0)
27 juin 1432
Maître Frédéric d'Amberg, Provincial et Gardien du couvent des Cordeliers de Fribourg, mourut le 27 juin 1432.
(Ô, le tétrarque sur la terrasse !)
16:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
Relais Buré
Les homards se regardaient en chiens de faïence.
Puis l'un d'eux s'activa, fit des tours d'aquarium, à toute banane, s'engagea dans une course folle, les pinces nouées par un élastique bleu.
14:32 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)
Luci care, luci belle
Si vos voix vibrent, que ne les entends-je ? Elles s’élèvent vers les nues, noient les flaques de ciel ; la clarinette mime encore la flûte, et vous vous mirez dans la mer entière.
Ombre sage, un navire danse sur les flots, où l’accompagnent les merveilleux stercoraires aux songes enfermés – mais le vent souffle, la houle fait enfler la voile. Ce soir, vous n’aurez pas flétri, roses de mes yeux, songes creux dissonants, vol morne de l’oedicnème criard, et lorsque je descendrai de la vergue, quatre à quatre, des pleurs me tomberont des cils comme des fleurs sous le vent des quolibets.
La houle toujours nous sauve de la cime.
11:11 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
Tranquillo Barnetta se mange un carton jaune
Lundi 26 juin, 22 h 15.
Tranquillo Barnetta se mange un carton jaune
La pelouse est lucide aux yeux des aspirants
Vos cris et vos clameurs sont des cuirs délirants
Où l'âme voletant se cherche une avifaune
Et délaisse les cieux
Tranquillo Barnetta
N'a que vingt-et-un ans et la froideur des cygnes
Le regard âpre et sec comme un vieux cep de vigne
Le ballon est un sceptre où toute vendetta
Se résume, royale, et défie les insignes
Comme sur la pelouse où vole Tranquillo
Les pieds ailés, pour que naissent les dieux du stade
Dans ce monde dément,
Mes membres ankylo-
Sés j'ose gager mes mots d'une humeur maussade
Au fil de vains sonnets comme une tranquille eau.
07:55 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 26 juin 2006
Tisane à la réglisse
Soucieux de vous éblouir de mettre à profit ces carnets pour coucher par écrit certaines réflexions qui me viennent en lisant, écrivant, je voulais, ce soir, parler du personnage de Vladimir Horowitz dans un roman de l'Argentin César Aira, de la poésie de Rilke, dans laquelle je m'absorbe chaque soir en regardant le foot (non, ça, il ne faut vraiment pas l'avouer), ou noter quelques points de traduction, et, trop fourbu, je me retrouve à écrire le distique suivant :
Tisane à la réglisse
au pays des merveilles
22:05 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1)
Rouges / anguilles de la nuit
Rouges
Anguilles de la nuit,
Irisées sous la lune grise,
Nommer vos glissandi
Est une tâche acide, ardente.
Rappelez-vous vos rêveries.
Rouges
Il me plaît de les nommer :
Les folles anguilles, les marteaux de
Kühn dans la nuit
Enténébrée.
21:20 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (0)
26 juin 1759
La flotte anglaise composée de 125 vaisseaux, 152 embarcations et portant 27000 soldats et marins remonta le Saint-Laurent et atteignit l'île d'Orléans le 26 juin 1759.
20:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (2)
# 2
Creuse amèrement rigoles, dunes abondantes, déserts, ravins asséchés - brûlures.
17:59 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (0)
En traduisant Links...
Traduisant, je bute sur la phrase suivante :
Nor did he like Af-Laawe's lip.
Il s'agit ici, non de la lèvre, mais de l'expression figurée, qui signifie "culot". Have the lip to do something : avoir le culot, le front de faire quelque chose. Mais je suis gêné aux entournures, car j'aimerais garder la notation de physionomie. Alors je traduis, dans un premier temps :
Il n'aimait pas non plus la moue d'Af-Laawe.
Au début du chapitre suivant, l'expression revient, sous une forme légèrement différente. Soudain, je suis tenté de traduire cette lèvre métaphorique par le beau mot français de morgue (au sens de "suffisance"). Ce qui donne :
Il n’aimait pas non plus la morgue d’Af-Laawe.
Or, une fois le changement effectué dans les deux phrases, je réalise que la scène se passe dans un cimetière, et que ce personnage douteux, plein de duplicité (comme presque tous les personnages de Nuruddin Farah qui sont affectés d'un nom double), est à la tête... d'une entreprise de pompes funèbres ! Il est plein de morgue, assurément...
Mieux, encore. Au début du chapitre 23, qui se termine par la scène du cimetière, j'avais traduit, dans une comparaison difficile à rendre, l'anglais morgue par le français caveau :
Jeebleh thanked him and pushed away the omelette, which was cold as a morgue.
Jeebleh le remercia et repoussa son assiette, où la tortilla gisait, froide comme un caveau.
Je ne suis pas très sûr, d'ailleurs, d'être satisfait de cette traduction, pour un certain nombre de raisons. Mais ce qui est sûr, c'est que, maintenant que j'ai fait le choix d'un terme amphibologique en français pour traduire la métaphore lip, je ne reviendrai pas sur ce caveau.
(...)
16:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (4)
Une minute
Seulement après avoir vaqué à diverses tâches administratives, universitaires ou même ménagères, puis-je m’atteler, ce matin, tard, à la traduction en cours, dont je voudrais avoir achevé le premier jet dans douze journées. Dans la cocotte-minute cuit le chou-fleur.
11:35 Publié dans ABC*ACB | Lien permanent | Commentaires (0)
2, place de l'Eperon (Dizain)
09:30 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (1)
# 1
Ces anges rêvèrent, des années, de rivières, artères blanches.
06:20 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (3)

