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dimanche, 25 juin 2006

Rarement vous dormez

    Rarement vous dormez

 

Moulins passent les collines

aux frais du vent qui les entraîne,

rire

iodé par les embruns

aux confins de la falaise où se dessine, blanche, la

 

Rature de craie

iodée par les mouettes et les

labbes dont la sauvagerie            en

kyrielles       Vous vous

endormez

 

21:20 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (1)

Abstrusions

    À mon infinie surprise, c'est l'un des onzains de la rubrique Zézayant au zénith qui a attiré la bagatelle de quarante commentaires (en grande partie grâce à l'active collaboration de Jacques, il faut le dire (et en remercier Jacques)). Zézayant au zénith n'est pourtant pas, loin s'en faut, la partie la moins abstruse de ce blog déjà souvent abstrait.

19:30 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)

Cinco horas con Juan Francisco

    Nous ne t'avions pas vu depuis deux ans et demi. Même de façon impromptue et trop brièvement, retrouver un ami suffit à renouer, à laisser entrevoir les longues plages encore au-devant de nous.

Narrerai-je bientôt, ici même, les aventures de Huguette Forestier et de l'intendant ? Cela me sauvera-t-il de la panne feuilletonesque qui m'accable ?

Toujours est-il que, sous la pluie qui noie depuis deux jours l'auvent du balcon, les conversations lovées furent intenses comme la noix incraquable, incroquable dans son bocal.

17:40 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0)

Triple épaisseur

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La Roche Posay, 21 juin 2006.

15:25 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (3)

samedi, 24 juin 2006

Fragment de tragédie

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Le Roi - Ralliez-vous à ma blanche cabine !
Ravaillac - Devine d'où je t'appelle...
Le Roi - Aaaaargh...
Gérard Genette. Bardadrac (apocryphe).

15:20 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (2)

Hommage à J-L. G.

medium_Gd_Pr_Hommage_a_Godard.JPG

 

Montage, mon beau souci.

Miroir, ma douce préhistoire.

(Sous les flashs qui crépitent, l'indolence.)

 

Mon Tage en crue, un film à faire.

08:40 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 23 juin 2006

En lisant Bardadrac : Rue de la Jussienne

    Gérard Genette – éminent critique et théoricien dont les concepts servent beaucoup à cacher, chez tel ou tel, l’absence de connaissance et de réflexion (mais mes réserves au sujet de l’usage que l’on fait souvent de la narratologie ne visent pas son auteur et ne sont même pas mon propos de ce jour) – a publié tout récemment un ouvrage intitulé Bardadrac, sorte d’abécédaire, de fourre-tout, affleurements et réflexions diverses d’un niveau très inégal.

 

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Ces différentes entrées ont été écrites, je crois, au fil du temps, et depuis de longues années, ce qui me fait dire que, comme M. Jourdain pour la prose, Gérard Genette a longtemps tenu un blog sans le savoir. (Montaigne aussi, mais lui savait écrire.)

 

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L’entrée Jussienne (pages 174 à 177) est, comme souvent, une réflexion décousue (je me comprends) à partir de souvenirs d’enfance. Il y est question de l’atelier où travaillait le père de Genette, rue de la Jussienne. Genette explique l’étymologie de ce toponyme, dérivé par déformation de "Sainte Marie l’Egyptienne". Ce qu’il semble ignorer – à moins qu’il ne veuille faire montre de son savoir, ce qui serait bien inhabituel – c’est que c’est Alexandre Dumas qui a révélé cette étymologie, peut-être apocryphe ou douteuse, dans La Dame de Montsoreau.

21:30 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Dumas, Paris, Genette, Narratologie, Ricci, Montsoreau

Divertimento KV 136, Presto

    Revoilà le papillon ! Il a le vol

                                          assuré et gracieux du faucon pèlerin, et passe au ras du bec du merle, qu’il nargue. Son vaisseau, depuis longtemps, a largué les amarres. La lumière jaillira, sous la lune grise, au moment le plus

                                  inattendu.

20:00 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (0)

Divertimento KV 136, Andante

    Sur la terrasse ombragée du jardin public, un bambin, tendre avec sa sœur et cruel avec les plumes qu’il trouve au sol, avance, d’un pas sûr mais scabreux. Sa douleur, au moment de la chute, prend la figure d’une très vieille dame, aux os solides, qui se demande quand reviendra le printemps. Il faut dire que l’automne a duré.

18:30 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)

Divertimento KV 136, Allegro

    Un papillon file de la branche la plus basse du cerisier aux tubulures du portique, pour se poser sur l’un des arçons du panier de basket. Il se transforme en alouette et monte aux cieux. Il va se brûler les ailes. Il descend en piqué, du plus loin de l’azur. C’est un faucon pèlerin qui fend les nuages et qui, du sifflement feutré de ses ailes, dessine des hiéroglyphes près de la falaise.

17:00 Publié dans ABC*ACB | Lien permanent | Commentaires (1)

Noyers

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Vous respiriez à peine. Vous aviez la migraine.
Dans le ciel, les oiseaux migrateurs, devenus fous, dessinaient des orbes.

15:15 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (0)

Quintette pour cor, violon, alti et violoncelle KV 407

22 juin, le matin.

    C’est un peu ridicule d’égrener quelques notes au sujet de pièces de Mozart, surtout en cette année où nous avons les oreilles rebattues de Wolfgang Amadeus, mais, ayant reçu, en présent, l’intégrale Brillant – qui est meilleure encore qu’elle n’est dénigrée –, je multiplie, ces jours-ci, les découvertes, dont ce superbe quintette, ici interprété par le Quatuor Brandis et Gerd Seifert au cor. J’admire, je suis tout ébaubi, étourdi, trouve cela inouï, puis me mets à rêver d’une version plus baroque, avec une sonorité moins lustrale pour le cor.

Il n’est interdit à personne de jouer, de temps à autre – voire tout le temps – les Bouvard et Pécuchet. C’est hommage à Flaubert…

10:25 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

Un épisode méconnu de la Guerre de 1940

medium_La_Guerche_3.JPG    Comme aucune note n'a été publiée hier à 19 h 40, dans ces carnets, je brise les principes constitutifs de cette rubrique, pour évoquer, par deux images, sans guère plus d'informations

(mais Denis (qui a disparu de ces pages, à mon grand regret, comme j'ai déploré la terrible mésaventure de son amie, au début de ce mois) saurait sans doute m'éclairer),

un événement historique peu connu.

 

Ces deux photographies ont été prises à La Guerche (Touraine du Sud) le 21 juin 2006. Il est donc logique qu'elles trouvent leur place, par un savant décalage, à la date du 23 juin 2006.

 

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Elles représentent les deux faces du monument singulier qui trône, à hauteur de bambin, sur la place du village. Il s'agit d'une pile du pont détruit le 22 juin 1940 sur ordre de l'Etat Major, afin de ralentir l'avancée des troupes allemandes.

Ce pont, inauguré 54 ans plus tôt, survit dans cette étrange commémoration, près de la mairie déserte.

66 ans plus tard, il ne suffit plus de passer le pont (d'où l'on voit pourtant, fort bien, le château forteresse de La Guerche).

09:10 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (5)

Vous rêviez de symétries...

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    Vous rêviez de symétries, de quatuors, de quatrains de sonnets, croisés ou embrassés, libres ou en prose, vous rêviez de l'église Saint-Etienne de Beauvais ou de l'abbatiale de Sorde (dans les Landes), vous vous laissiez aller à votre goût sordide des symétries, des palindromes, votre plaisir des plaques, votre fièvre de nombres, quand l'évidence vous tomba dessus : il faut sans cesse dynamiter la symétrie, trouver le continu sous les aspérités de la discontinuité, crever l'abcès pour trouver l'abscisse, tout cela à belles dents, à coups de ciseaux, à six heures du soir ou du matin, jamais sans simagrées, mais en évitant les grimaces. Vous rêviez de symétries, et le cauchemar se referma sur vos cheveux. Vous voilà bien barré.

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00:45 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2)

jeudi, 22 juin 2006

Choses de la vie.

    Se couper les ongles après la vaisselle du flan. Toujours.

18:10 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

22 juin 1516

    L’origine de l'Eglise Mère de la Conception, à La Orotava, remonte à 1516 avec la construction d’une chapelle qui a été à plusieurs reprises agrandie et où fut célébrée la proclamation de Charles V le 22 juin 1516. Cependant, les terribles tremblements de terre de 1704 et de 1705, dus à l’éruption du volcan de Güímar, la laissèrent à l’état de ruines vers 1758.

(Source : La Orotava - PROMENADE HISTORIQUE ET MONUMENTALE.)

17:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (2)

Dieu reconnaîtra les siens

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Me promenant dans les rues de Tours, je saisis ce moineau, sur lequel j'avais failli marcher la minute d'avant, et qui s'était confortablement installé sur l'essuie-glaces arrière d'une Citroën (ou d'une Renault : est-ce le haut d'un losange ou le pointu d'un chevron ?).
Quelques instants après, n'y pensant plus, me laissant aller à mon amour des plaques et des noms connus ou inconnus qu'elles révèlent ou donnent à lire, j'appuie, une fois encore et comme si souvent, sur le déclencheur de mon appareil.
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15:50 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1)

Newton hausse le ton

    Tomber de haut. Se raser pendant le troisième mouvement de la Sonate n° 9 KV 311. Monter hardi la garde. Sur toutes les photos, maintenant, s’impose un double menton. Finir par se voir comme un personnage tiré d’un roman de Dickens. Avoir des arguments en béton. Mettons de côté nos querelles. Manquent les rouflaquettes, qui donnent son nom à une célèbre pâtée pour chats. Mettons à point nos kyrielles. Le chinchilla grignote ses raisins secs. De Kaprekar il n’est plus question. Je fais le tour du quartier, avec ses maisons toutes semblables. Ignoriez-vous que kyrielle rimait avec raisin sec ? Par quel détour, n’assone ni n’assomme. Qu’en dit Émile ? S’en fout la mort. L’horizon s’assombrit, car dans le bassin je tourne en rond, à chercher ce que signifient les mots branchie ou grignelle, depuis longtemps disparus de mon vocabulaire. Je ne suis pas de vos zoïles. Les animaux (seraient-ce des gazelles ?) courent, gambadent, en un singulier collectif. Menton et joues glabres, that’s nice.

15:16 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (1)

Ride judicieuse

    Ce roman, dont j’ai lu quarante pages jeudi et cinquante vendredi, est admirablement construit : la 1ère partie comporte vingt-trois chapitres, dont les premiers sont fort brefs ; la 2ème et la 3ème en comptent dix-neuf respectivement. Ce qui porte le tout à 61 chapitres, soit une grande harmonie dans la combinaison des nombres premiers, sans sacrifier pour autant à la symétrie. Cette légère dissymétrie – belle d’être justement si fine – correspond bien au balancement subtil entre les deux notions qui donnent son titre au roman, et à la structure narrative, torve juste ce qu’il faut.

Peut-on imaginer un roman composé de 53 chapitres selon un équilibre semblable (17, 17, 19, par exemple), ou de 43 chapitres (17, 13, 13), ou, pour étendre de tels principes structurels, de 61 chapitres distribués différemment (11, 13, 13, 11, 13) ?

12:35 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (0)

Leck mir den Arsch / Leck mich im Arsch

    Subtil distinguo sémantique que n’auront pas manqué de souligner, déjà, philosophes, philologues et musicologues, le Canon KV 233 s’intitule Leck mir den Arsch (littéralement : lèche-moi le cul) et le Canon KV 231 Leck mich im Arsch (littéralement : lèche-moi dans le cul).

La nuance, comme la pratique le prône, est de taille.

 

Que n’apprend-on pas, dans les projets interdisciplinaires des collèges de France, ces beaux airs éthérés qui permettraient d’éjouir germanistes et professeurs de musique ?

Voilà une expérience pédagogique et linguistique à tenter : voici, chers parents, pour clore notre spectacle de fin d’année Lèche (à) moi (dans) le cul, par le Chœur des 4ème C.

 

(Ce qui nous changerait du Papa Pingouin, de la grande section de maternelle, convenez-en. Maître Capello en mange son chapeau, a capella.)

11:47 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

Phrase

    Le bâtiment voguait sur la mer démontée que de fières chaloupes creusaient, comme des alouettes, sans prendre garde à la tempête qui toujours plus croissait, sous la lune.

10:25 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

Énigme

    Je ne sais ce que signifie, dans mon logiciel de traitement de texte, le très léger soulignement qui consiste en sept ou huit microscopiques points rouges et se place sous deux lettres d’un mot par ailleurs irréprochable ; d’ailleurs, ce soulignement extrêmement discret n’a rien de commun avec le soulignement plein qui signale soit une erreur typographique supposée (en rouge) soit une faute de grammaire le plus souvent imaginaire (en vert).

Pour en revenir à l’énigmatique soulignement minuscule et pointilliste, dans le mot épisode, les lettres o et d sont systématiquement affublées de ces micro-points.

04:15 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 21 juin 2006

La Religieuse de Rivette

    Un barreau lui cache la bouche. De l'autre côté, au premier plan, la nonne devenue novice, en butte aux passions folles de mondes clos, fuit son regard. Elle crache sa propre langue. Est-ce lire ainsi Diderot ?

23:00 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (2)

Hystériquement, historiquement (indeed)

    François-Gabriel de Salignac de la Motte-Fénelon, fils de feu Gabriel-Jacques de Salignac, lieutenant-général des armées du Roi et ambassadeur de Sa Majesté près les États-Généraux, et de dame Françoise Le Pelletier, est né à la Haye, en Hollande, le 21 juin 1737.

Nous avons traversé, aujourd'hui, la petite ville qui fut longtemps nommée La Haye Descartes, avant d'obtenir le droit d'adopter, pour seul toponyme, le nom du philosophe.

 

Le 21 juin 1838, était posée la première pierre de la synagogue Semper de Dresde (Allemagne), qui fut incendiée au cours de la Nuit de Cristal.

Je crains toujours de lire, dans la presse, le compte rendu de quelque acte antisémite, ou de toute autre barbarie.

 

Le 21 juin 1919, la mère de Guy Lux la flotte de guerre allemande se saborde pour ne pas connaître le déshonneur.

20:10 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (4)

Rêver d'amours intemporelles

    Souvent je chante cette phrase de sept vers, suivie de son distique (et les deux strophes qui précèdent, comme celle qui suit). Moduler en variant. Imiter le rythme, ou alors accélérer. Parfois je ralentis ; dans ce cas, ça prend bien huit minutes. Bref, je suis très agaçant.

 

    Et là-dessus le Corydon,

Le promis de la pastourelle,

Laquelle allait au grand pardon

Rêver d'amours intemporelles,

- Au ciel de qui se moque-t-on ? -

Suivit la cuisse, plus légère

Et plus belle, d'une goton :

Dieu, s'il existe, il exagère,

Il exagère.

Georges Brassens. Dieu, s'il existe.

19:20 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

Phrase

    Je nettoie (dans l'évier) le bac à légumes du réfrigérateur avec un bouquet d'algues, comme, sur le ponton de la péniche, chante le marinier qui veut que le parquet reluise, ou comme danse un gamin des rues, dans Paris dévastée - comme nage une libellule qui a enfin découvert le secret des tanches, des gardons et des brochets voraces.

18:28 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)

Flûtes de la mièque

    De retour d'une virée touristique, comme il était trois heures et demie (et nous croisâmes même, près de la place Jean-Jaurès (manquant la faire tomber (de surprise) de son vélo, qu'elle poussait en marchant) une mienne collègue, linguiste de son état), nous proposâmes à notre fils, qui aura bientôt cinq ans, de faire un tour dans le centre ville pour essayer de voir si la Fête de la Musique avait commencé. Rien de tel, pas le moindre podium, ni une once d'animation classique, jazzistique, reggaestique ni électronique (ni... ni...), d'où une légère déception, que mon fils a compensée sans aucune difficulté, en organisant sa Fête de la Musique dans le salon, avant le bain.

 

Programme

W.A. Mozart. Sonate n° 11 pour piano (1er mouvement)

J.-B. Lully. Marche pour la Cérémonie turque. Marche des Combattants.

Pierre-Stéphane Michel Trio. Lulu.

Léo Ferré. Âme te souvient-il (Verlaine). On n'est pas des saints.

Thomas Fersen. Mon iguanodon.

Mathieu Boogaerts. Je ne sais pas où t'es parti.

E. Elgar. Nursery Suite.

17:37 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (2)

Au bord de la Charente

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    Que faisiez-vous donc à Vindelle

À déchirer le salami

L'emmental ou la mortadelle

Picorant quelque surimi

- Que faisiez-vous donc à Vindelle ?

 

C'était il y a deux semaines

Un monde ensoleillé naissait

Que ce refrain ne vous remaine

Aux rives de l'eau délaissée

- Oui, c'était il y a deux semaines.

14:40 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (0)

Ridicules

    Une seule étable, avec sa centaine de vaches, suffit à infester la maison de mouches.

Je suis de plus en plus sensible au caractère comique des enchaînements de cause à effet. Il faut dire que l’épisode de ce midi, avec la saucisse et les chaussettes herbeuses (vous n’en saurez pas plus), avait de quoi attirer l’attention sur mon ridicule.

12:15 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)

Mon grand-père maternel

9 juin, 11 h 45.


    Figue n’est pas une figure. Il manque le bout filtre à la gauloise que tient mon grand-père entre ses doigts. (Il a arrêté de fumer il y a déjà plus de dix ans.)

Mots croisés et jardinage, d’une part.

Nous faisions, ensemble, des feux d’herbes. Nous ramassions les figues. Pour beaucoup de gens – dont je suis – devenir adulte est synonyme de cet abandon progressif de la proximité avec les grands-parents.

Nous ramassions des figues, faisions du feu.

Il m’a appris à moudre du grain pour les poules, mais aussi à nouer seul mes lacets. (J’avais sept ans et demi et on me faisait constamment honte de ne pas savoir le faire.)

Sans doute est-ce pour cela que les grands-parents sont plus attachés à leurs petits-enfants : crainte de ne les voir grandir, mais aussi et surtout certitude de les voir s’éloigner d’eux en grandissant.

Il n’aime pas la littérature, mais il m’a inculqué (inoculé) l’amour des mots.

Pourquoi mes pensées vont-elles vers lui aujourd’hui ?

10:10 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1)

Tour de la Salamandre

    Il n’entrait pas – dans le choix de ce nom pour la promenade la plus fréquente autour de notre maison, à Cagnotte – une quelconque affection pour le géant souverain, mais la rencontre, au premier de ces milliers de tours, d’une salamandre lente et vivante, entre chien et loup.


« Quand on n’a qu’un endroit à défendre,
On le munit, de peur d’esclandre. »
[La Fontaine. Fables, X, viii.]


Toujours est-il qu’impavides il nous fallut constater que plus jamais on ne rencontrait de salamandres au cours de nos promenades. C’est être fait prisonnier à Pavie et en revenir vainqueur.

M. La Palisse est mort ;

Il est mort devant Pavie.

Un quart d'heure avant sa mort,

Il était encore en vie.

 

04:05 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 20 juin 2006

Phrase

    Je mange l'entrecôte avec un lance-roquettes.

20:25 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)

Fatrasie

    Elles auront pleuré les larmes de leur corps.

Du sable, du sel.

Le temps du coucher, quelques mots jetés.

Une chenille d'Australie qui porte, sur sa tête, une couronne, ou plutôt un cimier fait de ses différentes mues passées. Son nom...? Je ne m'en souviens pas.

Il y eut des contrées sauvages, sous leurs yeux.

Elles ont pleuré pour rien.

Du sel, du sable la nuit pour s'endormir.

Quelques phrases s'envolèrent le long des paupières, avec les pierres du chemin.

Il est prudent, cet homme.

Vrombissent les mouches.

Sable sous les racines du saule.

On pleure toujours pour rien.

19:35 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2)

En trilles

     Ramures se perdent en murmures. Le merle vibre, de toutes ses plumes, au crépuscule. Vibre en trilles et part en merveilles. Les mésanges charbonnières reviennent pour une deuxième nichée, à la mi-juin sonnée, et nous bâillons dans la balancelle, la terreur remontée du fond de nos veines. Vibrons en trilles, frétillons. D'autres gardons diront le luisant, le poli de la pierre ruisselante. Tristes trilles aux vibrations polyphoniques, qui expriment, de toutes plumes, la joie, l'extase, la peur de la nuit qui gagne ses terroirs familiers. Balancement des feuilles. Murmures surgissent aux ramures.

18:45 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (3)

Fantaisie KV 475

    Funèbrement tu commences. Lugubrement tu poursuis. Mélancoliques, les adverbes se succèdent comme des notes. L’imagination ne peut voir. Ce que l’imagination ne peut voir. Ce que le monde – ou la Princesse Printemps – ne peut voir, c’est l’adverbe déplacé, la note presque fausse.

Hier soir, entre onze heures et minuit, je lisais dans la bibliothèque, pièce où l’on s’attarde rarement. Deux grosses mouches finirent leurs jours sous mon espadrille. Un moustique suivit. Puis ce fut le calme, seulement ponctué des craquements de la charpente.

On s’attarde rarement ici.

13:30 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (7)

Île sans tatamì

    À force d’alterner le grave et le circonflexe, votre âme est lasse. Elle aimerait se reposer dans une île idyllique – loin de son corps toujours disponible, mais qui, désormais, lui paraît toujours l’entraîner plus bas. Aucun trait n’est propice à la désaltérer. Aucune flamme ne la consumera. Son île restera idéale, sans plumard ni paillasse, sans futon ni canapé.

12:00 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (3)

Où bûches

    De rares fleurs de tilleul sont prises dans mes cheveux rares, et les souches gisent là, près du gouffre auquel les a arraché la main du voisin, armée d’une tronçonneuse puis d’une cognée. Avec mon fils, qui avait entrepris cela par jeu puis a fini par suggérer de ne faire qu’un seul tas immense, j’ai ramassé les réseaux de branches émondées – branches de prunus, d’érable, de tilleul. Ce faisant, j’ai hérité, dans les brins ligneux qui me tiennent lieu de cheveux, de fleurs de tilleul qui sont venues orner ma tignasse d’une façon qui n’est pas sans rappeler – à condition de faire un bel effort d’imagination – certaines représentations allégoriques du Quattrocento. Passant, au-dessus du clavier, ma main droite dans ma chevelure, j’ai fait pleuvoir deux fleurs rescapées, qui sont tombées, l’une près de la zone tactile de navigation, l’autre entre le F et le G. Les souches rêvassent au bord du gouffre, et j’entrevois des étendues de fougères, où je dormirai trois jours d’affilée, cet été.

08:00 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (1)

Là est l’âtre

    Vous ne savez pas trop ce qu’est une cheminée, comment ça marche ni quel genre de bois, de rondins, il faut choisir, mais vous fixez du regard cet espace béant, cette espèce de noirceur atone qui à tout jamais échappera à la chaleur, tant que vous vivrez seul, le sang glacé, à vous ronger les os au lieu de fendre le bois.

Vos folies vous reviennent, mais êtes-vous certain que le désespoir morne d’autrefois était plus confortable ?

04:00 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (1)

lundi, 19 juin 2006

Scène champêtre

    La fugue suit la passacaille, puis le silence s’en mêle.

Il n’y a plus moyen de découper les meules de foin au couteau des regards. La meule existe déjà, dans le souvenir, le passé, les toiles, la peinture, la photographie, tant et si bien qu’elle n’a plus d’existence présente face à moi, hic et nunc. Il lui faut se déplacer, bringuebaler au gré des tenailles rouillées d’un tracteur bleu vif, sur une route semée de bouses séchées et aplaties, pour qu’elle commence d’exister, qu’elle devienne une meule – chacun de ses brins singulier – et non la meule de foin.

Le chien ouvre les crocs, et je sens une faim atroce me tordre l’estomac, me cisailler le corps, ce qui n’est pas grand-chose encore. En ouvrant sa gueule, le chien en a laissé tomber une petite chose inerte, indéfinissable ou méconnaissable, et c’était une taupe morte.

De lointains échos du monde ont résonné à mes oreilles. Je n’étais pas là, dans le fossé, pour admirer de beaux draps voler au gré du vent, sur la corde à linge en fil plastifié vert, avec leur liséré fleuri rouge et bleu, leur trame profonde, leurs manigances et les secrets qu’ils recèlent à chaque accouplement, puis qu’ils laissent échapper à chaque lavage – secrets qui vont se perdre dans les sources du vent, dans l’odeur tendre des liserons énergumènes.

 

(Hagetmau, 8 juin.)

22:20 Publié dans 1295 | Lien permanent | Commentaires (2)

19 juin 1633

    Ce jour-là naquit le théologien hollandais Philipp van Limborch.

18:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1)

Après le but de Tranquillo Barnetta

    Il faudra que la France batte le Togo par au moins trois buts d'écart, à moins que la Corée du Sud ne batte la Suisse ou ne soit battue par elle. (Mais je me trompe souvent, sur ces matières.)

16:49 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (5)

Petite histoire des clichés langagiers

    Errant de ci de là dans le salon et la salle à manger, à la recherche des quatre enveloppes colorées que j'avais posées précipitamment pour voler au secours d'un ajustement de balancelle, je me fais l'effet, ainsi déambulant, d'un loup à crinière.

J'ai remarqué, à La Flèche, à Asson et à Doué-la-Fontaine, que les loups à crinière déambulent tous de la même façon, obsessionnellement, en repassant sans cesse aux mêmes endroits et en longeant le grillage (ou les boiseries) de leur enclos. Ils ont l'air si nerveux, sur leurs pattes graciles, qui les font ressembler à des araignées du genre Pholcus.

Toujours est-il qu'errant dans le salon en quête de quatre enveloppes colorées, je me faisais l'effet d'un loup à crinière, et nullement d'un lion en cage, d'un pauvre diable ou d'un damné.

16:33 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (2)

Andante amoroso

    Dans les Sonates pour piano,

ces temps-ci, l'âme nostalgique

empreinte de férocité,

je préfère les Adagio

ou Andante amoroso

 

... comme celui qui chaloupant

va dériver le long des rives, en une danse

mélancolique - cependant

que s'extasie, vrai jet d'eau de fureur,

La pensée d'un poème

à pétrir.

15:51 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

Guère des Malouines

    L'immarcescible Marie-Ève Malouine, sur France Info, à propos du match de catch permanent entre Galouzeau et le petit Nicolas :  "Le Premier Ministre dit vouloir défendre la France avec un grand F."

 

On peut reprocher beaucoup de choses à Dominique de Villepin, mais ni sa sottise, ni son inculture. Ainsi, il doit savoir, lui, que, pour une notion abstraite à valeur allégorique, on peut employer la formule en question ("je me bats pour la vérité avec un grand V")... mais pas pour un nom propre, qui requiert de toute manière la majuscule.

(Ajoutons que le double infinitif n'est pas terrible non plus.)

 

France Info... la France avec un petit f (ou l'info avec un petit Q.I.?)

14:41 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (2)

Petits arrangements

    Le récent changement de mise en forme dans les pages Haut&Fort a fait disparaître l'outil de statistique qui ornait discrètement le bas de la page d'accueil. Je viens aussi de découvrir qu'il n'est plus possible de lire toutes les notes d'une même catégorie : seules les dix notes les plus récentes s'affichent. Sinon, on peut toujours afficher la totalité des titres, mais le texte n'apparaît pas.

(Tu ferais mieux, dit Henry Jekyll, de publier enfin ces fonds de tiroir d'il y a dix jours déjà.)

12:00 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2)

Sons si nus

    Quelle est cette parenté sonore  - qu'un musicologue dénicherait illico, tandis que je m'enfonce dans des abîmes d'intuition aveugle et d'amateurisme -  entre l'allegro du Concerto n° 9 KV 571 et le premier mouvement, allegro idem, de la Symphonie n° 6 KV 43 ?

Tu vois, j'ai commencé par ce disque enveloppé dans du papier orangé, et où figure le Concerto dit "du Jeune homme" (ou Jeunehomme, en un seul mot), car j'avais voulu, m'en inspirant, écrire un bref roman épistolaire, en 1991, avant de faire ta rencontre.

La musique souvent me prend comme une mer.

11:11 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

Envol de 2890 cygnes pour un épithalame

(envoi) 

Merci pour Mozart.

 Merci pour Mozart.

  Merci pour Mozart.

   Merci pour Mozart.

    Merci pour Mozart.

     Merci pour Mozart.

      Merci pour Mozart.

       Merci pour Mozart.

        Merci pour Mozart.

         Merci pour Mozart.

          Merci pour Mozart.

           Merci pour Mozart.

            Merci pour Mozart.

             Merci pour Mozart.

              Merci pour Mozart.

               Merci pour Mozart.

                Merci pour Mozart.

                 Merci pour Mozart.

                  Merci pour Mozart.

                   Merci pour Mozart.

                    Merci pour Mozart.

                     Merci pour Mozart.

                      Merci pour Mozart.

                       Merci pour Mozart.

                        Merci pour Mozart.

                         Merci pour Mozart.

                          Merci pour Mozart.

                           Merci pour Mozart.

                            Merci pour Mozart.

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                               Merci pour Mozart.

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                                 Merci pour Mozart.

Merci pour Mozart.

 Merci pour Mozart.

  Merci pour Mozart.

   Merci pour Mozart.

    Merci pour Mozart.

     Merci pour Mozart.

      Merci pour Mozart.

       Merci pour Mozart.

        Merci pour Mozart.

         Merci pour Mozart.

          Merci pour Mozart.

           Merci pour Mozart.

            Merci pour Mozart.

             Merci pour Mozart.

              Merci pour Mozart.

               Merci pour Mozart.

                Merci pour Mozart.

                 Merci pour Mozart.

                  Merci pour Mozart.

                   Merci pour Mozart.

                    Merci pour Mozart.

                     Merci pour Mozart.

                      Merci pour Mozart.

                       Merci pour Mozart.

                        Merci pour Mozart.

                         Merci pour Mozart.

                          Merci pour Mozart.

                           Merci pour Mozart.

                            Merci pour Mozart.

                             Merci pour Mozart.

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                               Merci pour Mozart.

                                Merci pour Mozart.

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Merci pour Mozart.

 Merci pour Mozart.

  Merci pour Mozart.

   Merci pour Mozart.

    Merci pour Mozart.

     Merci pour Mozart.

      Merci pour Mozart.

       Merci pour Mozart.

        Merci pour Mozart.

         Merci pour Mozart.

          Merci pour Mozart.

           Merci pour Mozart.

            Merci pour Mozart.

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              Merci pour Mozart.

               Merci pour Mozart.

                Merci pour Mozart.

                 Merci pour Mozart.

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                   Merci pour Mozart.

                    Merci pour Mozart.

                     Merci pour Mozart.

                      Merci pour Mozart.

                       Merci pour Mozart.

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Merci pour Mozart.

 Merci pour Mozart.

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   Merci pour Mozart.

    Merci pour Mozart.

     Merci pour Mozart.

      Merci pour Mozart.

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                    Merci pour Mozart.

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                       Merci pour Mozart.

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Merci pour Mozart.

 Merci pour Mozart.

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             Merci pour Mozart.

              Merci pour Mozart.

               Merci pour Mozart.

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                 Merci pour Mozart.

                  Merci pour Mozart.

                   Merci pour Mozart.

                    Merci pour Mozart.

                     Merci pour Mozart.

                      Merci pour Mozart.

                       Merci pour Mozart.

                        Merci pour Mozart.

                         Merci pour Mozart.

                          Merci pour Mozart.

                           Merci pour Mozart.

                            Merci pour Mozart.

                             Merci pour Mozart.

                              Merci pour Mozart.

                               Merci pour Mozart.

                                Merci pour Mozart.

                                 Merci pour Mozart.

(en voix)

08:55 Publié dans Kyrielles de Kaprekar | Lien permanent | Commentaires (3)