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dimanche, 02 juillet 2006

Polichinelles

    Ce dimanche, j'ai appris qu'une "collègue" avait dit, à plusieurs reprises, que je révélais sur mon blog des "secrets concernant l'université". Elle parlait de mon autre blog, publié sous mon vrai nom et où, bien entendu, je n'ai absolument rien révélé de secret ou d'inavouable.  D'ailleurs, si j'étais attaquable d'une quelconque façon, elle ne s'en serait pas privée.

Donc, je ne révèle pas de "secrets". Et même si j'écris ici qu'elle est, pour sa part, mégalomane, paranoïaque, machiavélique, autocratique et atteinte de narcissisme pervers, sans compter qu'elle ne respecte jamais les délais pour la remise des sujets d'examen, des copies, et qu'elle empêche tout le monde de travailler, je n'aurai révélé qu'un secret de Polichinelle.

23:40 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (1)

Institut de Touraine

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Dans la vitre, la photographe s'est reflétée.
C'était le 28 juin 2006.

17:05 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (2)

# 7

    Car mon sang ne saurait effleurer la peau du Mal. Damien parle pour ne rien dire. Dragueur qui n'a peur de rien. Branleur, petit branleur.

15:55 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (0)

Paradise for Mickey II

    Finalement, passée l'erreur technique dont il était question hier, et même très précisément il y a 25 heures et 10 minutes (tout ceci écrit en fait jeudi matin), j'ai pu écouter Paradise for Mickey, composition originale d'Aldo Romano, jouée par son trio avec Danilo Rea et Rémi Vignolo dans le cadre du festival Jazz à Porquerolles en juillet 2005.

[Les lourds nuages noirs dansent dans l'herbe.]

[[[Les termitières jaillissent comme une explosion de dynamite.]]]

[[[[[Vous vivrez des époques bénies, bienheureuses. Le monde est un amas de projectiles.]]]]]

 

14:50 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz

Résurrection

Ressuscité,

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En majesté.

12:00 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Ligérienne

Ouestuaire

    Ce n'est pas la première fois que, dans ces carnets, j'écris un texte de manière plus ou moins automatique * et que je m'aperçois, en comptant les mots, que je suis tombé d'emblée sur le nombre exact requis. Le texte alors se glisse dans le nid-de-pigeon auquel, si spontanément, il s'est rattaché.

Le nouveau chat est tout gris avec des yeux jaunes. Mais, avec le mot klaxon, n'écrirait-on pas un très beau poème dans l'esprit des Kyrielles de Kaprekar ?

( - Parce que tu trouves ça beau ??? )

 

* Depuis mes premières découvertes de l'écriture automatique, vers l'âge de quatorze ans, avec Les Champs magnétiques, bien sûr, mais surtout Poisson soluble, de toujours mon favori et que mon professeur de khâgne ne comprenait pas que je m'obstinasse à lui proposer comme texte d'étude en classe, je suis convaincu que l'écriture automatique, par-delà les prétentions de ses inventeurs, est toujours une affaire de plus ou moins, de dosage approximatif entre la "dictée de l'inconscient" et la veille de la raison, d'impureté générique pour évoquer un autre livre fondateur de mes années  de formation, Le Pur et l'impur de Vladimir Jankélévitch**, que j'annotais et dont je griffonnais mon exemplaire à couverture jaune (portant une reproduction de Gauguin, je crois), à ma première khâgne justement.

** L'année suivante, nous découvrant, avec Elvire K.,  cette passion commune pour le philosophe musicologue, nous nous mîmes à le surnommer Yanké et à tenter des pastiches de phrases vladimiriennes, ce qui est tout sauf aisé.

11:25 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (2)

Le mystère Astolphe Sijouvray

    Il fallait bien commencer par noter que la somme de son prénom et de son nom reposait sur un équilibre subtil, entre le cube de 2 et le carré de 3, débouchant sur le nombre premier qui fait partie de mes préférés, 17. Toute personne dont le prénom compte huit lettres et le nom, neun Buchstaben, fait aussitôt l'objet de ma curiosité bienveillante, sinon de mon admiration.

Lui, Astolphe Sijouvray, muni d'une canne à pommeau d'or et vêtu d'un habit à queue-de-pie, se présenta un jour à mon domicile. J'étais encore en peignoir (car je dors nu et, quand je n'ai pas d'affaire urgente pour me pousser sur les routes, l'été, je me vêts, au lever, d'un simple peignoir de bain qui me donne l'allure lascive d'une star de grande classe, une version masculine d'Ava Garner, dirons-nous pour faire simple). Astolphe Sijouvray me tendit sa carte, d'une élégance infinie.

Quand je fus rassuré sur ses motivations (il n'était ni témoin de Jehovah, ni mormon, ni, pire encore, conseiller financier d'un institut spécialisé dans les nouvelles mesures de défiscalisation), je l'invitai à venir prendre avec moi une tasse de Rembeng. Il déclina mon offre, préférant "boire une tasse de thé vert Gunpowder dans votre ravissante courette". Bien sûr, pour l'accueillir dans l'infâme cour de gravier qui sépare la maison de la rue, il fallut déplacer la Clio et sortir les cabriolets Régence. Déjà, la scène n'était pas du tout décalée. (La Clio, elle, cala. Merde alors, elle sort du contrôle technique, cette putain de caisse ! (Car je parle ainsi dans la vie de tous les jours, et hors de mes précieux carnets.))

Astolphe Sijouvray ne voulait pas me demander quoi que ce soit, et, en dépit de son allure surannée, il n'était même pas venu me proposer un pacte avec le diable, or a new lease of life, que sais-je... Il voulait absolument que je lui donne un conseil de lecture, car il hésitait, m'expliqua-t-il avec force ronds de jambes et circonlocutions, qui, pour être savamment tournées et charmantes de rhétorique, ne m'en donnaient pas moins l'impression qu'il cherchait, in vulgar parlance, à noyer le poisson (car l'hyperhypotaxe sert aussi, dear students and fellow scholars et n'en déplaise à Henry James, à cela). Bien entendu, il lui était impossible de battre la campagne autour des buissons, puisque nous étions en ville, dans ma courette, qui est, de surcroît, en fait de buissons, protégée par une épaisse haie de thuyas (l'arbre le plus affreux qui soit, cela n'a aucune espèce d'importance ici, mais autant le noter). Mais les digressions n'en tombaient pas moins de sa lèvre digne et subtile.

Un conseil de lecture, donc. (Il faut toujours se méfier des personnes qui préfèrent une tasse de Gunpowder à une mug de Rembeng, alors que je serais plus mesuré dans mon jugement à l'encontre des amateurs de Gainsborough qui ne goûtent pas trop Rembrandt : voyez comme l'alphabet est retors...)

Il voulait savoir si je lui conseillais plutôt de lire Les Détectives sauvages de Roberto Bolaño ou Lapinot et les carottes de Patagonie, de Lewis Trondheim.

 

... À suivre...

10:50 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (17)

Adagio KV 411

    Si les silènes s'emboîtent comme des ronces dans la nuit, je ne verrai pas les silures qui chantent pourtant d'une voix si douce, à en attirer les marins sur les récifs et au pourtour précieux des ombres. On ne vit qu'une fois, et vous verrez de quel bois je me chauffe.

Chacun son métier, les flûtes seront bien boisées. Ou, si les lamentations s'élèvent jusqu'aux cieux, verrai-je les amants qui, tombés dans le fleuve à son estuaire, creusent leur amour à belles dents, comme un fruit talé ?

10:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 01 juillet 2006

J'adore les bouibouis

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Photographie prise par c'était, depuis le "petit train touristique" qui traverse Tours.
(La honte ! )

17:00 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (4)

Paradise for Mickey I

Porquerolles, juillet 2005

 

    Il n'est pas question ici de la version en disque de cette composition d'Aldo Romano (Aldo Romano : Threesome, Emarcy 2004), mais de la version enregistrée en concert à Porquerolles.

Ce qui me surprend, c'est que ce morceau dédié à la mémoire du pianiste Michel Graillier est apparemment une composition originale d'Aldo Romano. Je la découvre à l'instant, et la première écoute me donne l'impression d'entendre une composition déjà connue, de Steve Lacy, je crois, ou peut-être de Thelonious Monk.

Que fais-je alors ? Je suis tenté de mettre sur la platine tous mes disques de Steve Lacy, mais je vérifie tout d'abord le disque que je suis en train d'écouter et je m'aperçois que, de manière tout à fait inhabituelle (et inexplicable), le lecteur de CD a "sauté" une plage, et j'écoutais bel et bien une version d'Epistrophy par la Campagnie des Musiques à Ouïr. Or, Epistrophy est, bien entendu, une composition archi-connue de Monk, mais j'en possède plusieurs versions différentes par Steve Lacy, en duo avec Mal Waldron.

Simple quiproquo, ou confusion technique.

13:40 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz

Christ aux outrages

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Vous dansez, tristes tortionnaires ? Sautez.
Vos fouets : la musique des fous. Un habit jaune, un habit vert. L'un de face, et l'autre à revers. Ligoté. 

12:00 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne

# 6

    Carmen se déhanche vulgairement. Dansez toujours, belle et féroce. Drame de la passion, ou de la cohue ? Bizet l'ignore.

02:00 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 30 juin 2006

Gianluca Zambrotta, seul contre l'Ukraine

    Je viens d'écraser, entre les mains, deux moustiques (ce qui n'intéresse personne).

(Gianluca) Zambrotta a marqué un but superbe, et fait une passe incisive.

22:52 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (3)

Nombre : Il

    Peut-être qu'à un moment donné, inconsciemment, j'ai été influencé par la lecture, pourtant décevante, des 47 autobiographies de Jacques Rebotier... à moins qu'une affinité de principe ne m'ait, déjà à l'époque (2003?), guidé vers ce petit livre aux rayures roses et blanches.

(Si je veux faire le tour de ma bibliothèque, je ne suis pas sorti de l'auberge.)

Toujours est-il que cette fascination pour les combinatoires multiples auxquelles l'écrivain peut se livrer en se jouant des lettres et des nombres ne date pas d'hier, ce dont je me suis aperçu en jetant un regard furtif dans de vieux classeurs où gisent d'anciennes proses. Ma manie de publier les notes en tenant compte de l'heure de parution, mais aussi des intervalles entre les heures de parution, de la répétition d'une série semblable d'un jour au suivant, etc., ne pouvait qu'être aggravée par les conditions d'écriture particulières de tout blog. Mon goût des nombres premiers, des palindromes, des divisions complexes, aussi, sert de principe constitutif à plusieurs des "catégories" de ce site.

22:20 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (0)

Obscène / Indécent

    Le "moteur" de mon ordinateur portable fait de plus en plus de bruit. Il n'a que dix mois, pourtant. Avec ou sans batterie, lui qui était si silencieux, il me souffle sa chaleur tonitruante. Bien sûr, je n'ai pas la moindre idée de l'inquiétude réelle que cette évolution technique doit faire naître en moi.

*******

J'ai manqué, en début d'après-midi, m'arracher les cheveux, sur un fragment de phrase pourtant simple : "I covered my indecency". J'ai perçu la difficulté qu'il y avait à traduire ce fragment, notamment dans le contexte. L'un des problèmes essentiels est, évidemment, qu'on ne peut employer, en français, le substantif indécence pour désigner le fait concret d'être nu, le corps nu. Comme je craignais de me laisser embarquer dans une réflexion presque nostalgique au sujet du traité ou de l'essai que j'aurais aimé écrire, il y a déjà fort longtemps, sur l'obscénité et l'indécence, je me suis contenté de traduire approximativement puis de mettre ce fragment de traduction en gras, pour y revenir ultérieurement.

Obscénité et indécence sont deux concepts qui m'intéressent depuis très longtemps. Je viens d'évoquer un essai que j'avais projeté d'écrire, il y a très longtemps (peut-être douze ans, une éternité en tout cas). Si j'avais fait des études d'histoire de l'art, je crois que j'aurais eu l'occasion de creuser cet aspect. Tout, dans ce débat (ce dilemme ? ce dialogue ? cette dialectique ? cette antithèse ?), est passionnant. D'un point de vue linguistique, philologique et étymologique, les deux termes offrent un vaste spectre, mais ils posent surtout des questions essentielles sur les liens entre l'éthique et l'esthétique.

Si je profitais de ces carnets pour coucher enfin, sur le papier, quelques-unes des pistes que j'ai tournées jusqu'ici, à des moments perdus ou dérobés, dans ma tête ?

19:45 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (8)

L'armée et la mort

    Je n'invente rien. À onze heures et demie, comme le soleil commençait à chauffer près de la haie, à l'endroit où j'avais installé la table de jardin et mon ordinateur, j'ai changé de place, pour préférer l'allée de graviers. J'avais déjà traduit huit pages et demie de Links, sans être réellement satisfait, si ce n'est qu'à tout le moins la fin du premier jet, qu'il suffira de reprendre et d'harmoniser, est proche.

Dans le chapitre 26, Jeebleh rend visite à une fillette de cinq ans qui, quatre ans auparavant, lors des combats entre milices claniques et marines américains, a été emportée sur les pales d'un hélicoptère. Si elle n'est pas morte, elle en a gardé de lourdes séquelles : sourde à vie, elle n'a jamais pu aligner deux mots, n'a jamais ri ni souri. L'un des récits insiste sur le vacarme assourdissant des hélicoptères, ce jour-là, sur Mogadiscio dévastée.

Or, j'ai passé la matinée à travailler dans le jardin, avec des passages réguliers d'hélicoptères dont le vacarme est assourdissant. Quand j'étais enfant et adolescent, je vivais à la campagne, mais non loin d'une base militaire où se trouvaient de nombreux hélicoptères. Pendant des heures entières, certains après-midis, les hélicoptères tournoyaient dans le ciel, de sorte qu'il était impossible de profiter d'une belle journée de printemps ou d'été. Si on ne voulait pas devenir fou, il fallait se calfeutrer chez soi. Ce matin, en dépit des passages réguliers de quelques hélicoptères, je me suis refusé à fuir. Et, tandis que je traduisais ces pages qui narrent les atrocités des combats dans lesquels éaient impliqués les hélicoptères de l'armée américaine, je me rappelais ce que jamais je n'avais réussi à faire comprendre à un camarade de collège à qui j'expliquais que le bruit des hélicoptères était affreux, non seulement parce que c'était un vacarme infernal qui montrait que l'armée, dans notre pays, avait tous les droits (et surtout celui d'emmerder le monde et de ruiner le pays en toute impunité), mais surtout parce que ce vacarme était le même que celui qui sévissait dans les pays en guerre. Même pour l'enfant au calme dans les champs de son enfance landaise, même pour le traducteur en paix dans le jardinet de sa petite vie citadine, le tintamarre des militaires est le signe que l'armée française, partout, a commis des massacres et en commet encore.

Je n'invente rien.

16:55 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (1)

# 5

    Césure amère renfermant, dans d'autres dynasties, rares affections bourgeoises.

14:55 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (4)

Rocarolo

Porquerolles, juillet 2005.

 

    Dessous de l'histoire. Rome caracole, Rome costumée est une loque.

Des ribambelles nées à Babel rebondissent ; c'est une barcarole ; Rome câline, rose, collecte les lotus. Dans ce dédale de voix, de fureurs, de douceurs en logorrhée, vous retrouvez le baromètre baroque, et votre prime jeunesse.

12:30 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz

Miracle

medium_Preuilly_Miracle.JPG    Lazare n'en croit pas ses jambes.

Les apôtres croisent les yeux.

Pause. Silence.

Les arches du fond sont celles du bureau de pin brut que j'ai vu ce matin.

J'écarquille les doigts, pour écrire ces mots.

D'un geste vif, on ne peut rester les draps croisés. Christ superbe qui danse comme un serpent charmé, toi-même tu es incrédule.

 

 

Eglise de Preuilly, Indre-et-Loire.

12:05 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (8)

Aurora

    Michel Leiris vous hante ; cet homme est là, un livre lu haut. Il hennit, faible leurre.

C'est votre rêve vivant. Que jamais les nuages ne jasent. Dites non.

11:01 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (2)

Aura

    Non, pas un ange : un hélicoptère passe au-dessus du jardin. Heureusement, le merle lance de belles notes, qui embellissent le monde.

Avant-hier (mais pourquoi diable l'hélicoptère me fait-il penser à cela?), une collègue, qui ne semblait pas décidée à prendre son sac à main une bonne fois pour toutes, nous a dérangés trois fois, une collègue et moi, dans le bureau où nous faisions passer des oraux de troisième année. Conditions optimales, tu repasseras. (Non, pas un ange.)

09:39 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)

À une princesse de conte

Votre tablette est de guingois

Allez au bal des coccinelles

Vous êtes la biche aux abois

Qui guette la marée au Gois

Avec d'étranges sentinelles

 

Le jardin n'est pas de plain-pied

Son herbe fait des rondes-bosses

Le tabouret est un trépied

D'où je pourrais vous épier

Princesse dans votre carrosse

 

Dans la haie se meurt une ronce

Allez au ballet des phalènes

D'un vigoureux coup de semonce

Vous redevenez pierre ponce

Auprès du fleuve qui se traîne

Et n'est magique pas une once

08:17 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 29 juin 2006

Croquis et agaceries d'un gros bonhomme en bois

    Trois heures et demie. Revenu à la table du salon, after a spell under the cherry-tree, je me suis préparé une théière de Gunpowder, et ai dû tuer un taon, et un frelon, dont le cadavre a laissé une longue traînée de sang sur le parquet flottant (ou dois-je écrire "une longue traînée de saon sur le parquet flotaon"?).

Mon morceau préféré, des Croquis et agaceries d'un gros bonhomme en bois, est sans conteste la "Tyrolienne turque", qui ouvre le bal. Satie y est à son plus ironique, son plus narquois. Jamais il n'est aussi joueur.

17:25 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

29 juin 1444

    Un article écrit par le marquis de l'Estourbeillon et publié en 1896 dans les Mémoires de la Société polymathique du Morbihan s'intitule "Décapitation d'un Bas-breton à Lisieux le 29 juin 1444".

Faut-il le voir pour le croire ou le lire pour le savoir ?

16:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Histoire

Sous le cerisier

    Sous le cerisier. Après une journée épuisante, une longue nuit car je ne tenais plus debout dès neuf heures du soir, une matinée de travail, je n’arrive pas à traduire. Ni le rythme ni l’inspiration ne sont convenables. Sous le cerisier. J’entends le chant des merles, les allées et venues de quelques bruyantes guimbardes, et le soleil lourd me ravit.

Je vois l’épuisette rouge contre le mur, les branches basses du cerisier qui de tous côtés m’environnent, la brouette sur le flanc, et l’écran fade de mon ordinateur. Sous le cerisier.

Les rues se disséminent, les livres se dispersent, les pages s’envolent, les chambellans attendent l’arrivée du printemps. Les nuages se vident de leur eau salutaire, et le monde ne cesse de changer de forme. Sous le cerisier. Ton âme, à pierre fendre, se calcine contre la mienne, et j’égrène les mots qu’il ne faut pas écrire, je délaisse la page blanche où doivent, plus que jamais, s’amonceler les chapitres, sous le cerisier.

Sous. Souriant, je vois l’épuisette rouge qui fronce les sourcils et attend d’autres prouesses ; j’entends – dans le silence parfois retrouvé mais si fragile – les orbes que trace, dans le ciel, un milan. Le. L’oiseau de proie guide mon navire, pâle figure, point à l’horizon qui rougeoie. Cerisier. Cerisier, prête-moi ta plume.

14:44 Publié dans 1295 | Lien permanent | Commentaires (2)

Nativité

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    C'est vieux comme le monde, ou presque.

Votre front carmin, face à l'enfant emmaillotté dans ses langes légendaires, brave les bouclettes. Chacun admire ce piédestal, qui est déjà un tombeau.

From womb to tomb.

L'orbe enferme-t-il un triangle, face à la surprise de l'amour maternel ? La trahison enracinée, good old yellow-livered treachery, va-t-elle trébucher ?

Questions vieilles comme le monde.

 

Eglise de Preuilly, Indre-et-Loire.

11:55 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (5)

Good Morning Heartache

Porquerolles, juillet 2005.

[Elisabeth Kontomanou, avec le quatuor d'Archie Shepp] 

 

    Il ne faut souvent pas grand chose pour mettre en branle l'improvisation. Un cortège de mots, pareil au brancard, se déploie, tandis que la mélodie part en culbutes, en volutes, en anacoluthes. (On rêve de liens plus sauvages.)

Le ténor farouche et chaud ne ronronne pas. Dans les abîmes de la voix mezzo, la nuit s'épanouit avant de s'évanouir, et le soleil triste déplie le monde autour de nous : voici que la peau s'étire, voici que les yeux restent clos.

11:20 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Jazz

# 4

    Clôture : Artémis ramène deux amphores dentelées ; reste Apollon, bizarre.

10:10 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Mythologie

mercredi, 28 juin 2006

L'avant de votre véhicule ne doit pas dépasser cette limite

    Les habitants de La Roche Posay sont obnubilés par le stationnement, et par les éventuels empiétements sur leur place de parking privative. On ne voit, partout, que panneaux de stationnement interdit et autres signes souvent faits maison. Sans doute ont-ils beaucoup à se plaindre du tourisme. Pourtant, on ne dirait pas.

medium_Roche_Posay_15.2.JPG

Le plus tristement comique, c’est ce moulin délabré, rafistolé de bric et de broc, dont les habitants cherchent à préserver vaille que vaille les quatre emplacements, très proches – il est vrai – d’une aire de pique-nique publique.

15:40 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0)

Envoûtement

Dans le seau du sommeil vos larmes tourbillonnent

Une boue asséchée entrave vos ardeurs

Le fard délavé sonne un réveil sans valeur

À travers les volets blancs le soleil rayonne

Vous ne vous lèverez pas pour cet emmerdeur !

 

Du regard toutefois nous vous déshabillons

Drapée dans la douleur qui vous sert de demeure —

Si à vous reluquer je passais ce quart d’heure

Au lieu de composer ces vers d’écrivaillon ?

 

Vous pleurez doucement et moi je vous regarde

Dehors il pleut des chiens et quelques hallebardes

Votre fard délavé noircit les volets blancs,

 

Et je me sens pressé de sentiments troublants

Venez me voir que je vous rhabille et vous farde.

 

09:20 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 27 juin 2006

Réactions en chaîne : les mots

    Réactions en chaîne : les mots

Amassés sous la glotte

Iront sans grâce au pavillon,

Noirs d'avoir pleuré en silence,

Enfermés dans l'autre muraille,

Regrettant le froid de l'air mort.

 

Rapides, enjoués, les mots,

Immenses bouées de sauvetage,

Luttent dans l'air, une flamme en-

Kystée dans son souffle morbide,

Emportant les regrets sur leur passage.

 

21:20 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (2)

# 3

    Comme Armand rugissait dans Alésia défaite, rien à battre.

17:25 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (0)

27 juin 1432

    Maître Frédéric d'Amberg, Provincial et Gardien du couvent des Cordeliers de Fribourg, mourut le 27 juin 1432.

(Ô, le tétrarque sur la terrasse !)

16:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Relais Buré

    Les homards se regardaient en chiens de faïence.

Puis l'un d'eux s'activa, fit des tours d'aquarium, à toute banane, s'engagea dans une course folle, les pinces nouées par un élastique bleu.

14:32 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)

Luci care, luci belle

    Si vos voix vibrent, que ne les entends-je ? Elles s’élèvent vers les nues, noient les flaques de ciel ; la clarinette mime encore la flûte, et vous vous mirez dans la mer entière.

Ombre sage, un navire danse sur les flots, où l’accompagnent les merveilleux stercoraires aux songes enfermés – mais le vent souffle, la houle fait enfler la voile. Ce soir, vous n’aurez pas flétri, roses de mes yeux, songes creux dissonants, vol morne de l’oedicnème criard, et lorsque je descendrai de la vergue, quatre à quatre, des pleurs me tomberont des cils comme des fleurs sous le vent des quolibets.

La houle toujours nous sauve de la cime.

11:11 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

Tranquillo Barnetta se mange un carton jaune

Lundi 26 juin, 22 h 15.

 

    Tranquillo Barnetta se mange un carton jaune

La pelouse est lucide aux yeux des aspirants

Vos cris et vos clameurs sont des cuirs délirants

Où l'âme voletant se cherche une avifaune

Et délaisse les cieux

                          Tranquillo Barnetta

N'a que vingt-et-un ans et la froideur des cygnes

Le regard âpre et sec comme un vieux cep de vigne

Le ballon est un sceptre où toute vendetta

Se résume, royale, et défie les insignes

 

Comme sur la pelouse où vole Tranquillo

Les pieds ailés, pour que naissent les dieux du stade

Dans ce monde dément,

                             Mes membres ankylo-

Sés j'ose gager mes mots d'une humeur maussade

Au fil de vains sonnets comme une tranquille eau.

07:55 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 26 juin 2006

Tisane à la réglisse

Soucieux de vous éblouir de mettre à profit ces carnets pour coucher par écrit certaines réflexions qui me viennent en lisant, écrivant, je voulais, ce soir, parler du personnage de Vladimir Horowitz dans un roman de l'Argentin César Aira, de la poésie de Rilke, dans laquelle je m'absorbe chaque soir en regardant le foot (non, ça, il ne faut vraiment pas l'avouer), ou noter quelques points de traduction, et, trop fourbu, je me retrouve à écrire le distique suivant :

Tisane à la réglisse

au pays des merveilles

22:05 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1)

Rouges / anguilles de la nuit

    Rouges

Anguilles de la nuit,

Irisées sous la lune grise,

Nommer vos glissandi

Est une tâche acide, ardente.

Rappelez-vous vos rêveries.

 

Rouges

Il me plaît de les nommer :

Les folles anguilles, les marteaux de

Kühn dans la nuit

Enténébrée.

 

21:20 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (0)

26 juin 1759

    La flotte anglaise composée de 125 vaisseaux, 152 embarcations et portant 27000 soldats et marins remonta le Saint-Laurent et atteignit l'île d'Orléans le 26 juin 1759.

20:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (2)

# 2

    Creuse amèrement rigoles, dunes abondantes, déserts, ravins asséchés - brûlures.

17:59 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (0)

En traduisant Links...

    Traduisant, je bute sur la phrase suivante :

Nor did he like Af-Laawe's lip.

 

Il s'agit ici, non de la lèvre, mais de l'expression figurée, qui signifie "culot". Have the lip to do something : avoir le culot, le front de faire quelque chose. Mais je suis gêné aux entournures, car j'aimerais garder la notation de physionomie. Alors je traduis, dans un premier temps :

Il n'aimait pas non plus la moue d'Af-Laawe.

 

Au début du chapitre suivant, l'expression revient, sous une forme légèrement différente. Soudain, je suis tenté de traduire cette lèvre métaphorique par le beau mot français de morgue (au sens de "suffisance"). Ce qui donne :

Il n’aimait pas non plus la morgue d’Af-Laawe.

 

Or, une fois le changement effectué dans les deux phrases, je réalise que la scène se passe dans un cimetière, et que ce personnage douteux, plein de duplicité (comme presque tous les personnages de Nuruddin Farah qui sont affectés d'un nom double), est à la tête... d'une entreprise de pompes funèbres ! Il est plein de morgue, assurément...

 

Mieux, encore. Au début du chapitre 23, qui se termine par la scène du cimetière, j'avais traduit, dans une comparaison difficile à rendre, l'anglais morgue par le français caveau :

Jeebleh thanked him and pushed away the omelette, which was cold as a morgue.

Jeebleh le remercia et repoussa son assiette, où la tortilla gisait, froide comme un caveau.

 

Je ne suis pas très sûr, d'ailleurs, d'être satisfait de cette traduction, pour un certain nombre de raisons. Mais ce qui est sûr, c'est que, maintenant que j'ai fait le choix d'un terme amphibologique en français pour traduire la métaphore lip, je ne reviendrai pas sur ce caveau.

(...)

16:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (4)

Une minute

    Seulement après avoir vaqué à diverses tâches administratives, universitaires ou même ménagères, puis-je m’atteler, ce matin, tard, à la traduction en cours, dont je voudrais avoir achevé le premier jet dans douze journées.                 Dans la cocotte-minute cuit le chou-fleur.

11:35 Publié dans ABC*ACB | Lien permanent | Commentaires (0)

2, place de l'Eperon (Dizain)

medium_Roche_Posay_9.JPG
Oh sur ce différend rocheux
Où la pierraille nous sépare
Et où la part du feu ferraille
Un émoi toujours déposé
Au pied du suzerain, n'osez
Jà guerroyer vaille que vaille
Contre ce qui ne se compare
Et ne saurait plaire aux grincheux
De Tours ou d'Azay-le-Ferron :
Ce 2, place de l'Eperon.

09:30 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (1)

# 1

    Ces anges rêvèrent, des années, de rivières, artères blanches.

06:20 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (3)