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lundi, 01 mai 2006

Joie minuscule

    Quel bonheur de retrouver le haut débit.

 

(déchiré, à l'encre violette, vers mai 1987)

18:55 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)

La Voilure à Verteuil

    Passe la Charente,     à la douceur du flot. Ce sont des étreintes, si l'on se laisse dériver près de l'île. Au ponton, quelques piquets laissent deviner des barques absentes. Plus loin, c'est une autre nouvelle de Maupassant, plus champêtre encore, si possible. Les hôtes du moulin lèvent un regard sourcilleux, car il n'y a jamais plus de soixante voitures par jour, même en plein centre de ce village. Le bonheur est là, dans la soie intouchée des cieux qui se reflètent et des eaux qui se mêlent.

18:45 Publié dans 410/500, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0)

Marins maarins ?

    Il faut se méfier du Web.

Mais pour la Bourgogne ce n'était que le début de la fin. Versant 199 ducats à l'Autriche pour obtenir la paix, abandonnant son alliance avec l'Angleterre lors de l'indépendance de l'Eire, voyant éclater partout des révoltes, et enfin la France et ses vassaux lui déclarer la guerre, les difficultés continuèrent pour elle, allant en s'aggravant au fur et à mesure de la conquète de ses provinces par le Luxembourg. Le tout se terminant le 1er mai 1440 par le renversement de son gouvernement, avec pour principal bénéficiaire le surprenant Luxembourgeois.

(Source : Les MAARins d'Amsterdam)

 

Ce qui a la semblance, une seconde, de l'histoire est une fiction interactive, ou jeu de rôles. (In petto : l'histoire est un jeu de rôles.)

16:55 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Confins du monde

    Joris Verdin reprend du galon. Je m'en ressers une rasade, avec ta permission. Hein ?

Dans la nuit de samedi à dimanche, dormant fort peu, saisi d'insomnie dans cet hôtel, très confortable pourtant, de Saint-Savin, j'ai écrit au moins trois ou quatre pages (dans ma tête, dans le lit) du texte que j'imagine, en hommage à Wittgenstein's Mistress.

Pour une fois, la lettrine est un J, mais j'ai attendu quelques mots (six, à peine) avant d'écrire je.

Il serait temps de l'écrire, ce texte. Le style inimitable de Wittgenstein's Mistress n'est pas inimitable. Il est toujours question de fin du monde (Verdin, Malevil, Markson, Obok).

15:05 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

Gérard :: Obok :: Manset

    L'album, le dix-septième ou dix-huitième de Manset, est sorti le 6 avril. Je n'en ai appris l'existence que le 26 et me suis précipité à Dax, afin d'en dénicher un exemplaire. Vingt jours, et je suis passé à côté d'une édition limitée qui comprenait un livret apparemment inhabituel. Peu importe : l'essentiel, tout de même, ce sont les chansons. (On apprend, sur la Toile, que Manset a des dizaines d'ouvrages non publiés dans ses cartons, tiroirs ou placards. D'ailleurs, je m'étonne qu'aucun critique n'ait, semble-t-il, remarqué qu'OBOK, dérivé du toponyme djiboutien Obock, est l'anagramme de BOOK).

Obok, donc. Depuis quelques albums, je trouve qu'il y a toujours une chanson, au moins, qui dépare l'ensemble, ou qui est sensiblement moins bonne que les autres. Ce disque ne déroge pas à la règle, malheureusement, car le troisième titre, Fauvette, est d'une écriture relâchée, d'une musique peu inspirée, sans épure, une sorte de jet un rien vériste, comme si la fréquentation de son gendre, l'agaçantissime Raphaël, finissait par déteindre sur Manset, que l'on croyait au-dessus de ça, au moins depuis l'inepte Marin bar... Je dois être un quasi inconditionnel, tout de même, car, après cinq écoutes, je trouve cette Fauvette-là presque supportable.

Sinon, rien à raconter. Rien à redire. Tout à dire, sans doute. cet album est très beau, avec un retour discret des saxophones, deux morceaux au piano solo qui font revivre les Vies monotones. Les guitares électriques n'ont pas le côté fin du monde de Banlieue nord ou de Tristes tropiques, comme le montre le très vivant sixième titre (Chaînes).

Marqué par la mort (Veux-tu?), Obok trace la longue voie des errances et des cheminements de son auteur, loin de tout exotisme de façade. Il frappe aussi par la grande diversité de ses rythmes, du faux reggae Pacte avec mon sang à l'éponyme Obok déjanté et superbe, en passant par de douces ballades (Ne les réveillez pas), mélancoliques mélopées (Jardin des délices), célébrations nostalgiques (La Voie royale).

L'album s'ouvre avec L'enfant soldat, chaloupement tortueux qui dit la dureté des guerres sans clinquant ni clichés. Une métaphore hardie ("Nouveau Tchernobyl / De bave et de bile") semble suggérer que la sortie de l'album en ce mois d'avril 2006 n'est pas fortuite.

Sinon, il paraît que Manset envisage de monter sur scène. Donner un concert, pour la première fois de sa carrière. C'est ce qu'on lit ici et là, et que l'intéressé confirme dans plusieurs entretiens glanés sur la Toile, non sans y ajouter quelques formules qui témoignent de ses atermoiements. Donner un concert, peut-être à l'Olympia. Non, ne faites pas ça... je vous suis depuis seize ans, et je vous assure que cette fausse bonne idée sent la fauvette à plein nez.

Dans tous les cas, je m'enfonce les oreilles dans Obok. Là, pas de déception possible.

14:40 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (10)

XIX

    Ixion n’avait pas dit son dernier mot. Ixion accroché à sa roue est un puits sans fond. It’s a wishing well with no will. La caravane passe dans le désert du Dodécanèse. All bark and no bite. Je suis cet Actéon dévoré par ses chiens.

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B., Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

Sursauts de la grenouille

28 avril. 14 h 15.

 

    La haine persiste dans ces regards qui fuient, jusqu’à plus soif. Jamais la fureur ne te laissa perplexe. Les os perclus de douleurs assassines, tu vas jaser en des joutes vaines, violentes ; c’est du temps perdu.

Va te réconcilier avec tes spectres familiers, qui répondront à tes larmes. Mêle tes larmes aux embrassades claires, aux sourires lassés, aux terreurs des portes sans clef.

10:00 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

« Nos classiques » dit-il

Peut-être ne faudrait-il pas confier des articles relatifs au théâtre à un spécialiste de philosophie, si c’est bien là le domaine de M. Roger-Pol Droit. En effet, sa recension du Pléiade Théâtre de l’Inde ancienne témoigne d’une réelle méconnaissance du sujet, même après lecture (espère-t-on) du volume. Il passe une bonne partie de ses cinq courtes colonnes à opposer une forme de théâtralité orientale, telle qu’elle s’exprime dans les pièces traduites dans le Pléiade, à « nos classiques » (en quoi on suppose qu’il sous-entend les classiques européens ou occidentaux (whatever that means)). Or, ce qu’il dit des pièces indiennes du volume fraîchement publié, et où il voit une forme d’art dramatique singulière et sans exemple en Occident, pourrait tout à fait s’appliquer, entre autres, au théâtre élisabéthain :

Voilà d’abord une dramaturgie en deux langues, qui ne cesse de jouer, à l’intérieur du moindre dialogue, de cette dualité. Comme si, mutatis mutandis, certaines répliques d’une même scène étaient en latin et d’autres en français. Les auteurs indiens juxtaposent constamment le sanskrit, la langue noble, sacrée, parfaite, et le prakrit, la langue de tous les jours, celle des femmes, des serviteurs et des bouffons. Cette dualité se combine à une autre : le mélange de la prose et des vers. On ajoutera, pour achever d’affoler nos classiques, une totale indifférence à la règle des trois unités : dans le théâtre indien, comme bien des films ou romans, on change de lieu, des années passent, plusieurs intrigues se tressent. Sans oublier un nombre d’actes qui frise parfois la dizaine, et une quantité de personnages à l’avenant. Plus étrange encore : nos catégories de « comédie » ou de « tragédie » se trouvent inadaptées, mises hors jeu. (R.-P. Droit. “Autre scène, même théâtre”. Le Monde des livres, 28 avril 2006, p. 8, gras ajouté)

 

Ainsi, « nos classiques » européens, c’est le théâtre français des années 1640 à 1680. D’ailleurs, si j’avais cité les quelques phrases en gras sans donner leur contexte et en remplaçant les mots “théâtre indien” par “ce théâtre”, on aurait pu s’imaginer qu’il était question de Shakespeare, de Calderon, ou même de Hugo... Autant dire que Roger Pol-Droit semble n’avoir jamais lu ni vu Le Conte d’hiver, l’acte V d’Antoine et Cléopâtre, le Cromwell du bon vieux Victor, pour ne rien dire du théâtre baroque français, qui n’est pas moins "ancien" que les pièces publiées dans ce tome de La Pléiade. Par cette simple accumulation d’exemples, les préjugés « orientalistes » du journaliste s’effondrent, et la prose de M. Droit fleure bon l’amateurisme même pas éclairé.

 

Il m’est difficile aussi de ne pas souligner la formule curieuse de M. Droit au sujet du sanskrit, « langue noble, sacrée, parfaite ». S’il est vrai qu’il s’agissait de la langue de l’élite des brahmins, et qu’elle était, en ce sens, l’apanage d’une minorité socialement favorisée (d’une caste supérieure) et le vecteur idéal des textes sacrés, on voit mal comment un critique spécialisé dans les œuvres philosophiques peut parler, en 2006, de « langue parfaite ». Ce purisme, qui fait fi de plus d’un siècle de philosophie du langage (Wittgenstein, Hjelmslev, Barthes, Jankélévitch, Quine, Lecercle, et tant d’autres), a de quoi surprendre… Il est très révélateur de l’influence des théories inégalitaires et suprématistes des indianistes français du 19ème siècle, et aurait fait bondir Guy Deleury, grand spécialiste de l’Inde et aussi de ses littératures “ignobles”, auteur du magnifique essai L’Inde, continent rebelle. Toutes les langues, quel que soit le rang social qu’elles connotent par ailleurs, sont impures et imparfaites.

On me rétorquera peut-être que ce sont pinaillages ou arguties d’experts, et que, dans tous les cas, cet article m’a donné envie de découvrir ce Pléiade. Certes, mais j’aimerais, moi, un peu plus de sérieux de la part de ces plumes célèbres qui font la pluie et le beau temps dans le monde des livres (sans italiques).

08:28 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (0)