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lundi, 15 janvier 2007

Hope Ring True

    Des monceaux de poussière et des amas de boîtes de conserve traînent dans mes rêves, y mêlent leurs sales odeurs, comme je sens venir à moi la nuit le long de la voie ferrée, comme un nuage passe dans les yeux de l’enfant puni, et le miroir encore se ternit de poussière, et d’odeurs rances, de tristes rancœurs, comme la nuit nous environne d’un châle ténébreux, vertigineuse absinthe, à effleurer de tous bouquets la saveur, et encore les mouflons descendent en cascade aux yeux de promeneurs perdus dans les alpages, les isards prennent la tangente sans tambour ni trompette, comme alors que j’écris deux puis trois cordes pincées tourmentent le crépuscule, et dans les yeux des ténèbres je me retrouve, déraille, pour qu’enfin surgisse, jaillisse peinturlurée la montagne nauséabonde et poreuse qui troue le ciel comme un désert de neige, et à force de percer le ciel de cuivre tabac, la pointe du pic découvre d’autres paysages, d’autres rivages, des mers abandonnées, au creux même des alpages.

 

[13 janvier, prima hora, dans le TGV]

10:10 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Jazz, écriture

Stendhal et Flaubert

    I feel so sorry for Sir Dominick Ferrand.

Pourquoi faudrait-il choisir entre le style et la vie ? Le style n’est pas la mort, ni l’horreur. C’est le style qui vit, qui fait vivre, qui souffle. Et pourquoi confondre musique et spontanéité ? En littérature, le spontané n’existe qu’informé, repris, stylisé encore et encore, même dans l’écriture automatique, spontanéité informée par un projet philosophique ou analytique qui lui donnait son grain. L’écriture et la vie, pas ou ; le style et la vie, pas ou ; pas à choisir ni à barguigner.

05:55 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature