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dimanche, 13 janvier 2013

19/69

    Mousseux. Brumeux. Spongieux.

Lancer bouteille à l'encre.

Grippal et contagieux,

L'être absous dans son antre.

09:55 Publié dans Quatrains d'Aoustrille | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 12 janvier 2013

Les armoires griffées

    J'approche de ce qui n'est rien

En me terrant au fond du gouffre

Huées des fous et des vauriens

Dans la foule vapeurs de soufre

Et plus proche de moi n'est rien

 

J'ai oublié le nom du nain

Et la mémoire enfin m'en griffe

Pas de coiffe ni de hénin

La main du guitariste riffe

À ne rien prendre oubli du nain

 

Et donc au fond de ma mémoire

Pour avoir péri en vaurien

Pour avoir vomi le grimoire

Pour être proche de plus rien

Le glas envahit les armoires

22:22 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 11 janvier 2013

31

    rue du Colombier

il fait froid au ras du sol

en monosyllabes

 

il fait beau au ras du bleu

la rue en bas à carreaux

10:12 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)

Ressords

 

    Dans la rue la brume s'est dissipée. Il fait froid peut-être il fait beau sans doute.

Le sax soprano comme un avertissement le baryton tel un foghorn.

Ça n'ira pas plus loin, rassurez-vous, il n'y aura pas de conséquences, il n'y aura pas de mouvements furieux dans les artères. Retrouver la clef. Retrouver la clef qui verrouille. Fermer l'accès au garage, ne plus se casser la figure. Façon de parler ça n'ira pas plus loin.

Oindre l'air – grand projet.

Au moindre courant, le torrent se faisait tourbillon. L'arbre nu se découpait, silhouette grise, sur le fond de ciel jaunâtre où passait, de temps à autre, un avion de chasse.

Ça se déglingue sans aller plus loin, au moindre remous.

 

09:20 Publié dans B x A, J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 10 janvier 2013

Salamandre, camarade !

9 janvier, 9 h 30

D’un coup d’œil expressif il désigna à son camarade

la carte de France par Vidal-Lablache appendue au mur.

 

    Fendillement dans le mur, près du vieux radiateur. Je regarde cette lézarde. — Combien de pages noircies déjà depuis l'enfance, frayeur vertige. Ici, j'écris à la main, et après je ne recopie pas. Flemme, inappétence, ou quelles stupides craintes ? Pendant la séance d'éveil musical d'Oméga, petit intervalle de ¾ d'heure dans la matinée, et qui m'a servi souvent, à l'automne, à ébaucher quelques traductions, je veux tracer les grandes lignes de mon emploi du temps hebdomadaire pour ce premier semestre de 2013.

De la lézarde ne sort aucune flamme. Ce n'est pas une salamandre.

 

19:00 Publié dans Aujourd'hier, Diableries manuelles, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

413

la famine

humeur câline

dans le désert

culmine

 

canicule en concert

froid sous les étamines

la fleur de l'air

éclat de l'opaline

 

on se perd

on s'achemine

vers d'autres bobines

nuit à l'encre de chine

 

pétrole raffine

politique raffarine

le sahara s'enfarine

canicule biafine

 

finalement j'hallucine

tout cela J'ai bonne mine

désert de fer

de feu l'éther

 

on s'achemine

au diable vauvert

déserts perdus noires latrines

pétrole vert

 

charbon des fumées d'usine

fée diaphane féline

vent sur les collines

humeur câline

 

souvenir de panzer

camions rustines

visions sixtines

l'hallucination décline

 

et soudain apparaît, dans le roman, Céline

au café badine

stressée radine

belle mutine

 

j'ai traduit en enfer

cette nouvelle qui m'anime

inversion à deux centimes

poème victime

 

de ce coup pervers

un crime

une inversion assassine

l'huissier procède à la saisine

 

et elle sourit divine

me regarde de travers

je l'imagine

 

l'hallucine

ma langue puise à la racine

de ce désert

 

tandis que loin de la ruine

le poème arraché lambeaux à la famine

s'effémine

.

12:27 Publié dans Corbeilles de Bourges | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 09 janvier 2013

Liqueur d'ON

    Les Sonates de Bach par Gould et Laredo. Hésiter plus de dix secondes avant de ranger Robin Eubanks entre E.S.T. et le coffret Bill Evans. La 30ème de Beethoven par Brendel. On n'est pas original en ce début d'année. Consulter pour sénilité, il est sans doute trop tôt, même si j'ai dû me faire un pense-bête “poisson oseille et riz” hier soir, et malgré la confection complexe de mon propre emploi du temps d'écriture pour ce semestre (mercredi). Emil Orlik n'ouvrira pas la voie, name-dropping or not.

11:42 Publié dans MOTS, Onagre 87, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

dit du grèbe

rapt étonnement frais sarcasme

oiseau grèbe plongée cordes 

cordes grèbe sarcasme

nadir grèbe beaucoup plongée frais 

rapt frais nadir 

cordes photographie grèbe

plongée il pleut des vagues 

beaucoup nadir beaucoup baobabs

rapt photographie télégramme 

grésil rapt frais photographie 

nadir et télégramme et cordes

étonnement sarcasme grèbe et rapt baobabs

.

10:37 Publié dans Douzains d'aise | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 08 janvier 2013

Shubertauster

    À force de voir que l'on abusait des mots-valises, il ne s'en émeuvait plus. Souriait. Le chemin qu'il voulait trouver, c'était celui de la concordance, bien au-delà de l'analogie qui l'avait hanté (klaxons douçâtres de l'accordéon) ou du transcendantalisme de bazar (sifflets ténus chaloupés du sax soprano), et refuge dans d'introuvables signes diacritiques (caisse claire, tâït sur les cymbales, pi-wit du pouilleux véloce). Les mots lui faisaient une gibecière, lui tenaient compagnie, sans que la Spirale n'offrît le moindre secours, car il s'agissait moins d'inventer des mots que d'inventorier leurs absences. On pourra trouver curieux que je parle de mots quand ce sont des sons que j'entends, des mélodies qui se décroisent. Allez plutôt trouver le fil qui relie à l'unisson l'envolée du cuivre et l'étente à linge des soufflets, tiâât bref sur le rebord tenu de la plus petite cymbale. Les marins tiennent le cap, on ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Souriez. Les mots ne venaient jamais à lui manquer, il les dansait s'il ne pouvait les retenir.

14:21 Publié dans 721, B x A, J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 07 janvier 2013

***

    On honore mieux les morts dans la douceur que dans la colère. Saluer leur passage, habiller leur mémoire. Les mots, on ne doit pas les honorer : les malmener pour qu'ils s'enflament, voilà notre devoir. Avec frénésie, sans colère.

17:37 Publié dans Diableries manuelles, Ex abrupto, Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)

30

    la terrasse grise

aiguilles d'épicéa

tombées avant-hier

 

au salon, dans la grisaille

aussi, l'espace s'est tu

.

11:15 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)

Résolutions d'écriture pour 2013

    Outre ce qu'il faudra(it) faire sur le plan professionnel (articles, traductions ?), je dois, en 2013, reprendre et surtout achever – au moins provisoirement – un certain nombre de chantiers d'écriture,     certains ouverts depuis plusieurs années. Au vu des incises, points d'interrogations et ajouts de conditionnel de la phrase précédente, c'est mal barré. (Bien barré, en fait, ha ha.)

Je fixe donc ici la nécessité absolue de poursuivre/reprendre

 

et de reprendre/achever

 

Les formes poétiques brèves (quatrains & quintils, vénérales, sextiles, juno-lunaires, déroutantes&azalées, triolets) et d'autres projets (Un sang d'encre ? Sonnets doucement internationaux ?) suivront leur cours, cahin-caha, on peut l'espérer [4]. Du nerf !

 

 

 

[1] Malgré la facilité de composition, ce chantier tend à prendre l'eau ou à s'enfricher sans qu'on n'y prenne garde.

[2] Ceux-là s'écrivent très rapidement, sur smartphone souvent. Peu de risque que la pile ne grossisse pas.

[3] Me souviendrai-je des règles de composition ? rechercher dans mes dossiers le fichier Projet Perroquets

[4] La version initialement rédigée de ce billet comptait 1295 signes, mais j'ai fait quelques menus ajouts qui le font disparaître de la rubrique correspondante, ce qui est préférable, en fin de compte. Je n'ai choisi de citer, dans les deux listes ci-dessus que les projets pour lesquels je me fixe une obligation de résultat, en quelque sorte. D'autres, tout aussi amusants, sont pareillement en gestation permanente/différée/interrompue. Questions d'atelier.

09:33 Publié dans Clés du sol, Fièvre de nombres, MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (3)