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jeudi, 08 janvier 2026
2026 ֍ Effigies, 2
En novembre 2008, nous vîmes une exposition de Sacha Ketoff au château de Tours. En octobre 2011, je ne me rappelle plus pourquoi, j’avais repris ma photographie des Oiseaux Urbains Malchanceux pour écrire un texte de la série Entre Baule et Courbouzon (un des derniers, d’ailleurs). Je constate que dans ce texte où se déploie entre autres l’anagramme Icare/carie, je citais le vers de Claire Diterzi, Envoie un pigeon ou un SMS. Ça irait bien dans les ritournelles, mais je le sais depuis février 2006, tout est dans tout.
Ce matin, fort matinalement, il faudrait dire en mode nocturne même, je reprends cette image de mauvaise qualité : cadrage imparfait, reflets, contrastes approximatifs, et j’en passe. Le reflet, justement, de ma tronche – ah, j’avais dix-sept ans de moins, un tiers de ma vie a passé depuis – au-dessus de l’aile du pigeon de gauche m’inciterait à chercher d’autres reproductions de cette œuvre, sauf que voici, justement, une effigie. Spectrale, effacée, certes, mais apparition toutefois d’un visage humain. Le peintre a donc symétriquement composé son diptyque, le pigeon de droite aux plumes plus blanches que l’autre, tous deux malchanceux : oh, que mourt, aqueste. Qui est capable de dire combien de pigeons morts (écrasés ou bouffés par un chat) iel a vus dans sa vie ?
(Tout est dans tout, surtout les adverbes.)
05:02 Publié dans 2026 ֍ Effigies | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 07 janvier 2026
« Des lumières restent dans la rivière. »
Tandis que retombe une très fine neige, sur une couche de trois centimètres qui n’a pas fondu partout, loin de là, j’attaque une partie, après avoir subi – d’un œil, car j’écrivais ce début de phrase – une publicité pour le jeu CodyCross.
Je suis oya ; je prends le sanglier, mais rien ne sort après pioche. Mon adversaire prend le ruban bleu d’érable. Me concentrant sur les animaux, je prends le pont de huit planches. Après la troisième prise (paulownias simples et rien à la pioche), je totalise 6 fleurs. 8 après la quatrième. 9 après la cinquième (avec le poète), mais mon adversaire m’a presque rejoint (8 fleurs), et je ne peux rien prendre d’emblée. Après la sixième prise, mon adversaire domine : 9 fleurs, 4 rubans. Personne ne prend rien. Je prends l’hirondelle et un ruban. Mon adversaire réussit à faire deux yaku à la dernière prise : 6 rubans, 10 fleurs, donc 33 à 27.
Mon adversaire ayant pris la grue, je capture le rideau de cerisier. La coupe de saké est dans la rivière, personne ne peut apparemment s’en saisir. La pioche me l’offre au troisième coup, et j’annonce yame, car l’adversaire a déjà deux lumières majeures.
Fort d’un mince avantage (32 à 28), je commence la troisième manche par le ruban de cerisier. Rien à la pioche. Ruban de pivoine et grue, mais l’adversaire a pris la lune et un chrysanthème simple baigne dans la rivière, faisant planer la menace d’une mort subite par coupe de saké. À la troisième prise, l’adversaire prend le chrysanthème, mais avec une autre fleur, et totalise 6 fleurs (contre 3 à moi). Des lumières restent dans la rivière. À l’avant-dernière prise, l’adversaire prend le ruban calligraphié de paulownia, et atteint 10 fleurs, soit 1 seul point — donc koï-koï. C’est le dernier coup. Je pose une fleur de miscanthe, récupère le sanglier à la pioche et marque 14 points (Ino-Shika-Cho + 5 animaux).
07:02 Publié dans Koï-Koï | Lien permanent | Commentaires (0)
2026 ֍ Ritournelles, 1
Avant-hier soir, il a neigé en région parisienne (donc chez ma sœur) et à Tours (donc chez nous), et dans la nuit vingt centimètres à Rochefort (donc chez A*). Dans la matinée, hier, ma mère a posté sur le groupe Famille une photo de la mare, à Cagnotte, avec cette légende : « Gelée puis grésil = mare blanche mais c’est moins beau que chez vous ! ».
Alors, bizarrement, à chaque fois que je rencontre le mot grésil (et ce n’est pas si rare qu’on pourrait le penser), ça me met dans la tête Dieu, s’il existe de Brassens, alors que le mot ne s’y trouve pas. Il ne s’y trouve pas, mais je sais pourquoi mon cerveau fait ce lien : c’est le vers « Quand il gèle sur le persil » qui lance le processus, car dans mon esprit je fusionne probablement les sons des mots gèle et persil pour aboutir à « grésil ».
Si mon cerveau était (plus) logique, il irait pêcher du côté de Thiéfaine :
De crise en délirium ; de fièvre en mélodrame
Franchissant la frontière aux fresques nécrophiles
Tu cherches dans les cercles où se perdent les âmes
Les amants fous, maudits, couchés sur le grésil
C’est dans Syndrome albatros, mais cette chanson fait partie de celles dont je ne connais que deux ou trois vers (là je suis allé copier-coller sur le Web, vilain tricheur).
Ou du côté de Murat (L’almanach amoureux), chanson dont, là encore, je ne connais que quelques vers et quatrains épars, mais que contrairement à celle de Brassens, je ne pourrais chanter en entier :
Vient le gentil mois d’avril
Sous son manteau de grésil,
Avril le doux
Est bien le pire de tous
Cette chanson, qui évoque sur un mode ironique et décalé les saisons et les proverbes campagnards, me rappelle les jours de vacances à Hagetmau, en particulier en hiver quand on chauffait la maison grâce à un feu dans l’immense âtre. Je ne regrette pas le temps passé à fendre du bois, mais la cheminée fait partie de ce qui fait naître en moi une puissante nostalgie pour cette maison.
05:55 Publié dans 2026 ֍ Ritournelles | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 06 janvier 2026
2026 ֍ SAD, 1
Pris·e dans la tourmente du manège
Qu’on dirait maudit,
Impossible de descendre :
Neige dans la ruelle,
Dis-moi quelque chose de neuf.
Cendre, fais-moi renaître au monde.
07:30 Publié dans 2026 ֍ SAD | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 05 janvier 2026
Récit factuel avec cinq alexandrins
Il y a trois cerisiers, dont le rideau, dans la rivière. D’emblée, mon adversaire (qui a un pseudo en katakana) capte la coupe de saké et le phénix. Je prends le sanglier. Iel prend les papillons. Je prends le pont d’iris avec le ruban simple. Ellui, rien. Je prends le ruban à poésie matsu. Au coup suivant je saisis deux rubans et réussis à marquer 1 point et à prendre la main pour la deuxième manche, alors que ce n’était pas bien parti. La quatrième carte de cerisier n’a jamais été posée ou piochée.
Je prends la grue, ellui la lune. Je prends le ruban à poésie du prunier. Quelques coups et à-coups. Je réussis à capter la coupe de saké à la cinquième prise. À la sixième prise, réponse du berger à la bergère après la première manche, mon adversaire dit yame aux 5 rubans.
C’est donc égalité avant la manche 3.
Iel prend la grue, moi le rideau et le phénix, dès la première prise. Coup de bol (il faudrait garder cette expression quand la victoire s’obtient par prise de la coupe de saké), j’ajoute la lune à ma main au coup suivant. Comme je m’apprête à dire yame en empochant les 6 points des 3 lumières, je vois que l’adversaire, plus vif·ve encore que moi (dégoûté·e peut-être ?) a abandonné la partie.
Vu comment s’était achevée la deuxième manche, je pense qu’iel aurait dû tenter un koï-koï après les 5 rubans ; iel avait de fortes chances d’ajouter un ruban, voire un animal, et donc d’attaquer la 3e manche avec un avantage substantiel. Peut-être aussi que s’iel avait attrapé la coupe avant moi, iel aurait pu marquer un yaku de 5, 10 ou 12 points. Je trouve toujours curieuxses les adversaires qui abandonnent immédiatement, même si je les trouve beaucoup moins agaçant·es que celleux qui laissent filer le chronomètre pendant 60 secondes sans jouer : coincé à regarder mon téléphone, j’attends la confirmation que ce sera bel et bien une victoire par forfait, non quelque vile ruse – cela arrive – d’un·e adversaire qui attend les dernières secondes pour me décocher un coup rude, voire fatal.
11:25 Publié dans Koï-Koï | Lien permanent | Commentaires (0)
2026 ֍ Affiquets, 1 (la pile)
Mon bureau est en bordel.
Non.
Mon bureau n’est pas particulièrement en bordel. Pas si grand que cela, il me permet de travailler sur plusieurs tâches à la fois, au long cours, et sans que j’aie besoin de faire de la place sans arrêt.
Donc mon bureau n’est pas en bordel, mais je dois constater qu’il y traîne un certain nombre de petits objets, de bricoles, de brimborions, de petits machins qui devraient être rangés. Ce sont ces petits machins qui feront l’objet de cinquante-deux textes, chaque lundi de 2026. Sans photographie, car le texte suffit.
* *
*
Aujourd’hui, j’ai pris en main, avant d’écrire ce premier texte, une pile bouton usagée, qui est posée sur une enveloppe minuscule en plastique (6 centimètres sur 4, peut-être) ; sur l’enveloppe on peut lire l’inscription « Batteries transmitter », un numéro de code et un code-barres. Cette pile bouton usagée correspond au modèle qui sert à faire fonctionner la clé-télécommande de notre voiture. L’avant-dernière fois où j’ai dû aller au garage faire changer cette pile, comme je râlais parce que la clé bouffe de la pile, hein, n’est-ce pas, elle bouffe de la pile, une pile dure un an à tout casser, c’est pas normal, on achète une voiture et deux fois par an (car on a deux clés, n’est-ce pas) il faut raquer, il faut cracher au bassinet, 9 euros, la clé bouffe de la pile, bref, donc, comme je râlais gentiment, le vendeur m’a donné une pile d’avance en me conseillant de noter la référence et de chercher à acheter un lot de piles sur un site en ligne… ce que je n’ai jamais fait, bien sûr.
Dans le froid, sur une branche givrée du frêle érable qui a poussé le long du lampadaire, un merle pépie en me regardant écrire ces phrases dérisoires.
10:14 Publié dans 2026 ֍ Affiquets | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 04 janvier 2026
Trois défaites et deux victoires, avec axiomes (en gras)
6 h 48. — 1e partie de la journée contre Wrath.
Après un saké à la lune, je relance imprudemment, en comptant sur la grue (dans mon jeu) et sur les trois cartes cerisier qui se trouvent dans la rivière. Malheureusement, l’adversaire parvient à 12 fleurs à l’issue de la sixième prise, relance également ; comme c’est lui qui décroche les trois cerisiers, il marque 15 points (14 fleurs et 5 rubans avec un démultiplicateur de 3).
Lors de la manche 2, il marque 14 points (saké sous les cerisiers, koï-koï, puis 5 rubans et 10 fleurs).
La manche 3 me permet à peine de sauver l’honneur, avec 13 fleurs et 5 animaux (après koï-koï), de sorte que je perds lamentablement 51 à 9. Si j’avais fait yame après mon premier saké, j’aurais peut-être gagné ; il ne faut jamais être trop présomptueux lors de la manche 1, qui doit servir à prendre l’avantage – même modestement – et à garder la main. (La quatrième partie, plus tard, contre Chimpira, le montrera.)
La 2e partie m’oppose à un adversaire dont le pseudo est en alphabet coréen. L’enjeu est de remonter à 1691 points, mon meilleur classement, acquis grâce à une bonne série hier soir.
Les trois rubans bleus sont dans la rivière. L’adversaire capte celui de chrysanthème avec la carte du saké sortie de la pioche à la deuxième prise. J’avais les 4 lumières principales dans mon jeu, mais je n’ai rien pu faire : il m’a devancé en marquant 4 points grâce à 6 rubans (score dédoublé) ; cela montre que l’avantage apparent au tirage est toujours sujet à caution.
La manche 2 est également perdue, avec 5 rubans pour l’adversaire.
Mené 35 à 25, je tente comme objectif l’Ino-Shika-Cho, mais l’adversaire atteint encore les 5 rubans alors que je n’ai que trois animaux, dont le sanglier toujours dans mon jeu. Bien sûr, il fait yame et l’emporte 36 à 24.
Ça semble être reparti pour une série cheatée. (Même si on joue contre de vrais adversaires, l’appli est imprévisible.) D’ailleurs, c’est de nouveau mon adversaire (pseudo en idéogrammes chinois) qui est l’oya. L’histoire se répète d’ailleurs : dans la manche 1, l’adversaire atteint les 6 rubans alors qu’il me reste à ramasser l’ino (dans la rivière cette fois, et non dans ma main). Lors de la dernière prise de la manche 2, je marque également 2 points (11 fleurs), sur le fil du rasoir. Nous voici donc à égalité avant la manche décisive. Sur le fil du rasoir, là encore, mon adversaire marque 1 point (5 animaux) après l’avant-dernière prise ; j’avais trois lumières (dont le poète, bien sûr, grr) et 8 fleurs. Ça s’est joué à trois fois rien. Troisième défaite.
Le poète, ou homme au parapluie, est certainement la carte la plus ambivalente du jeu. (Il a d’ailleurs deux noms.) Je serais prêt à parier qu’il m’a plus souvent servi à gagner comme auxiliaire permettant de capter le ruban de saule ou l’hirondelle qu’en association avec les 3 ou 4 autres lumières.
7 h 10.
Je persiste.
Me voici face à Chimpira, un récent habitué, on dira.
Il capte d’emblée la lune et la grue. C’est bien barré, cette histoire, encore. Heureusement, je prends le saké et peux capter le rideau sous les cerisiers à la deuxième prise. Zéro risque, yame. — Pour la manche 2, je commence avec la carte du saké, puis capte la grue. Le salut vient toutefois des fleurs, presque in extremis. Je mène donc 37 à 23, faible avantage, avant la manche 3. — Là, j’ai encore la coupe de saké dans mon jeu, sans pouvoir la poser. Je choisis donc de tenter Ino-Shika-Cho, mais les papillons restent inaccessibles. A la sixième prise, l’adversaire marque 5 rubans, relance évidemment. À la septième prise, il marque 10 fleurs mais doit encore relancer (4 points ne lui suffiraient pas pour combler son retard). Je pose la coupe de saké, ne récupère rien. Le dernier tour de l’adversaire est également sans effet, match nul ; ça s’est encore joué à très peu car s’il récupérait une seule fleur ou un seul ruban supplémentaire, il marquait 9 points et me battait.
Un peu plus tard, j’ai réussi à revenir à mon classement de début de journée, contre MAGAevil4USA (un habitué dont je devine qu’il est anti-trumpiste).
Après une manche 1 serrée, perdue de peu, la manche 2 a été gagnée avec 26 points pour moi alors que j’ai failli me contenter d’un point en faisant yame. Trois lumières, saké à la lune. Cela démontre qu’il ne faut pas forcément être précautionneux ; ici, les probabilités que l’adversaire me rattrape étaient plutôt faibles, et même si je comptais simplement sur un doublement de 4 ou 6, je me suis retrouvé avec un doublement de 13.
Lors de la troisième manche j’ai pu gérer car l’adversaire devait prendre beaucoup de risques. Je suis d’ailleurs parvenu avant lui à achever une combinaison complète, avec 5 animaux simples (pas de cerf en vue sur le plateau, mais même dans une autre manche je n’aurais pas pris de risque).
Cinq parties, cinq adversaires différents ; voilà qui n'est pas banal.
07:25 Publié dans Koï-Koï | Lien permanent | Commentaires (0)
2026 ֍ Bobines, 1
En gros plan, la caméra filme un accouplement d’huîtriers pie.
La façon acrobatique dont le mâle se baisse après avoir voleté quelques secondes en se collant au dos de la femelle n’appelle pas de lecture allégorique.
Sur l’île d’Amrum, dans la semaine entre le suicide de Hitler la capitulation de l’Allemagne, il n’y a plus de couples, et ce depuis longtemps déjà : les enfants Hagener vivent, dans la maison de famille (dont le porche d’entrée est constitué de deux fanons de baleine), avec leur mère et leur tante, leur père – un haut dignitaire nazi – étant resté sur le continent (la terre ferme, Festland) ; ni Sam Gangsters, ni l’oncle Onno, ni le boulanger Tewe ne semblent avoir d’épouses ; l’oncle Théo a émigré à New York tandis que la femme qu’il aimait, juive, était déportée et tuée par les nazis. Sur l’île d’Amrum, entre le 30 avril et le 8 mai 1945, tout ce qui compte pour Nanning, le protagoniste de 12 ans, c’est de trouver de quoi faire, à force de trocs et d’ersatz, des tartines de pain blanc avec du beurre et du miel pour sa mère, qui refuse de s’alimenter depuis l’annonce du suicide de Hitler ; suicide qui a coïncidé avec la mise au monde de son quatrième enfant, une petite fille.
Amrum est un beau film, juste, émouvant, assez conventionnel dans la façon de conduire le récit. Mais en connaissez-vous beaucoup, des films mettant en scène la question de l’identité linguistique à travers le contraste entre ceux qui parlent le dialecte îlien et ceux qui, tout en se targuant d’être du coin depuis neuf générations, ne le parlent pas ? Et surtout, avec un limerick en allemand, un enfant mimant le phoque afin de le piéger, une scène de rêve filmée de façon pas du tout « onirique », et – last not least – un accouplement d’huîtriers pie ?
06:15 Publié dans 2026 ֍ Bobines | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 03 janvier 2026
2026 ֍ Cantilènes, 1
difficile de résister
au temps qui passe, au désespoir
le fascisme, l’impérialisme
l’écocide
ce naufrage
difficile de rebondir
à chaque phrase, à chaque vers
dans l’attente de quoi —
d’un soulèvement de soi-même ?
le givre sur le néflier
a plus de constance que moi
difficile de remettre
sur l’ouvrage le métier,
dans l’angoisse de ce qui toujours
advient en se fardant
difficile de résister
au fardeau que devient le monde
11:23 Publié dans 2026 ֍ Cantilènes | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 02 janvier 2026
Renversement et diptyque
Ce matin à 6 h 57, ce qui aurait pu être ma 1.313e victoire au Koï-Koï en ligne a tourné en eau de boudin. J’avais gagné les deux premières manches avec 6 et 12 points respectivement et disposais donc d’une avance confortable (48 à 12). Toutefois, mon adversaire – dont je n’ai pas noté le pseudo – a fait assez rapidement un saké à la lune, suivi de 4 fleurs au cinquième coup : avec 12 fleurs, il pouvait arrêter la partie et obtenir le match nul (5+4 multiplié par 2 = 18 points), mais il a préféré annoncer koï-koï, et, à la paire de fleurs suivante, marquer 33 points. Victorieux par 45 à 15, il m’a fait chuter à 1653 points (mon meilleur classement, hier je crois, est de 1674). Si je m’évertue à écrire des textes comme celui-ci (dont la rédaction a duré plus longtemps que la partie perdue elle-même), il faudra que je fasse une capture d’écran du résultat final.
Ma 1.313e victoire, ce fut donc, juste après, face à ···J···K···, un habitué de l’appli. — Manche 1 gagnée par lui, 1 point avec les 10 fleurs. J’ai eu chaud car le hasard aurait pu lui faire marquer les deux sakés, mais il n’a jamais récupéré la carte maîtresse, alors qu’un des deux chrysanthèmes était dans la rivière depuis le début, ou presque (ma mémoire me fait défaut ici). — Manche 2 gagnée à la 4e carte, avec saké sous les cerisiers : j’ai déclaré yame, car, l’adversaire ayant déjà 3 lumières, je n’avais guère d’espoir de marquer davantage. — Manche 3 gagnée à l’avant-dernière prise, au terme d’une classique « course aux fleurs ».
10:02 Publié dans Koï-Koï | Lien permanent | Commentaires (0)
2026 ֍ Moutures, 1
L’étranger
Abdolreza Madjderey (Iran/Allemagne)
Traduit de l’allemand par Guillaume Cingal © 2026
Dans ma langue maternelle
le mot ÉTRANGER désigne un inconnu, solitaire
et nostalgique,
mais sa nostalgie n’a rien d’étrange
et un ÉTRANGER n’est pas
seul avec sa nostalgie
Dans la langue allemande
l’étranger est un barbare,
il faut d’emblée avoir
peur de lui,
de cet
étranger aux
cheveux noirs.
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Au moment de commencer cette rubrique, je donne une rapide explication : j’ai acheté d’occasion, juste avant les vacances, une petite anthologie de textes écrits par des poètes et écrivain·es dont l’allemand n’est pas la langue maternelle. Cette anthologie, qui date de 1983, s’intitule In zwei Sprachen leben, et mon édition de poche date de 1984, chez Deutscher Tagenbuch Verlag. J’ai décidé de publier tous les vendredis une traduction d’un des textes de cette anthologie.
05:27 Publié dans 2026 ֍ Moutures, Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (1)
jeudi, 01 janvier 2026
2026 ֍ Effigies, 1
Il fallait que cet îlot, ce rocher à dire vrai, fût à peu près droit au centre de l’image, de sorte que je ne me suis pas aperçu que la ligne d’horizon, le fond de l’océan, le fond de la toile, penchait vers la gauche. Cela, avec les nappes d’un bleu plus foncé, le petit canot au premier plan et l’écume qui s’immisce, sorte de grande méduse-caniche, face à lui, dans le coin inférieur droit, donne à cette image un côté foutraque, et même franchement pagaillous.
(Il est possible, bien sûr, d’ajouter comme contrainte d’employer au moins un mot gascon pour chacune de ces Effigies.)
De quoi donc alors ces « merveilleux nuages », et le rocher vu depuis Boscastle le 14 juillet 2016, seraient-ils l’effigie ? Si une effigie désigne normalement le portrait d’un être humain, une figure, quel sens cela aurait-il de choisir des photographies qui représenteront plutôt des lieux, et ne faut-il pas, dès le principe, renoncer à ce titre ?
12:48 Publié dans 2026 ֍ Effigies | Lien permanent | Commentaires (0)









