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mardi, 11 avril 2006

Virevoltes, 19

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    J'aime à la folie les hendécasyllabes,

alors, ressorts,

soyez forts de vos fleurs.

20:55 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (5)

Virevoltes, 18

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    Vous ramez au fond de vos yeux, éperdus

comme la biche

aux abois, ombre morte.

17:10 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (6)

Précoce préciosité

    "Comment sortir de la crise du CPE ? Après la météo, vous entendrez les préconisations de Laurence Parisot." (France Info, il y a quelques minutes)

Le mot préconisations m'a choqué, heurté l'oreille. Il existe pourtant, d'après mon fidèle Robert culturel, et en deux sens : 1/ acte solennel par lequel le pape ou un cardinal préconise un évêque 2/ action de recommander avec insistance. Le premier sens est attesté depuis 1680, le second depuis 1852. Dont acte. J'avais dégainé plus vite que mon ombre, et par ignorance.

Toutefois, ce mot est bien vilain, et, hormis son sens technique ecclésiastique (dont je ne peux imaginer qu'il s'applique à la "patronne des patrons"), qu'apporte-t-il de plus que des termes plus avérés et mieux-sonnants, comme recommandation, conseil, objurgation, avis ou exhortation ? Je n'ai pas trouvé, sur la quarantaine d'occurrences glanées ès les recoins de la grande Toile, une seule phrase qui ne gagnerait grandement à voir l'un de ces termes se substituer à cette bien vilaine préconisation...*

Me perdant dans les méandres du dictionnaire, as is my wont, je déterre cette jolie phrase de Léon Bloy : "l'objurgation amoureuse recommença, plus enflammée, plus véhémente". Elle est tirée d'un texte (roman?) intitulé Le Désespéré. Tout un programme...

 

En somme, il faut bien dire que je ne trouve pas le verbe préconiser très heureux non plus, si ce n'est dans ce quatrain de Brassens :

Ne laissons pas, quelle pitié,

Notre lune de miel quartier

De la zone. Je préconise

Qu'on l'ait vécue en Italie

Sous le beau ciel de Napoli

Ou de Venise.

(Retouches à un roman d'amour à quatre sous)

 

 

* Cette phrase elle-même est bien vilaine. Comment la tourner autrement ? Sur la quarantaine d'occurrences trouvées ès les recoins de la grande Toile, il n'y en pas une que ne dépare ce terme bien vilain. [???] Pas terrible non plus.

14:30 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (1)

Virevoltes, 17

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    L'anableps échoué, sur le carreau froid,

me fixe de

ses deux yeux bleus frileux.

13:25 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (5)

Blocage des Tanneurs, suite

    Je reviens de l'Université, et plus précisément du site Tanneurs, où je travaille habituellement. Ce site est aujourd'hui, comme hier, entièrement bloqué. Cela faisait sept semaines que les cours n'avaient plus lieu, à la suite du blocage, mais il était encore possible de se rendre dans les bibliothèques, de rencontrer les collègues, d'assurer les réunions de travail, les projets de recherche, et même de rencontrer les très nombreux étudiants désemparés et inquiets.

Suite à une A.G. mouvementée, hier soir, les étudiants, de facto fort minoritaires, ont décidé de poursuivre le blocage. J'ai discuté une vingtaine de minutes avec la quinzaine de personnes qui bloquaient l'accès à l'accueil (des étudiants et au moins un membre des personnels IATOS), afin de comprendre leurs motivations dans ce durcissement tout à fait ubuesque et contre-productif du mouvement. La discussion ne s'est pas envenimée, car je suis resté (à ma grande surprise) très calme : de fait, les étudiants qui se trouvaient là sont de véritables illuminés, et il n'y aurait pas eu grand sens à batailler. Quand on commence à vous dire qu'une intersyndicale n'est représentative de rien et que l'UNEF (dont je déteste depuis longtemps le discours) est un syndicat de droite, autant laisser filer... Ce qui est certain, c'est qu'un tel durcissement ne sera compris de personne, et qu'une infime minorité de la société civile ou de la communauté enseignante restera solidaire d'actions aussi démesurées et inappropriées.

En un sens, ils ont raison : ils n'arrêteront le mouvement que lorsque la totalité de la loi sur l'égalité des chances sera abrogée et que le gouvernement aura démissionné. C'est un brin jusqu'au-boutiste, je vous l'accorde. Dans l'immédiat, cela signifie surtout que les cours ne reprendront pas, puisque les examens devaient commencer le 9 mai, et que le taux d'échec sera très nettement supérieur à ce qu'il est d'habitude. Pour qu'il y ait un véritable assouplissement de l'évaluation, il faudrait que les enseignants puissent évaluer quelque chose. Inversement, on ne peut pas, selon la formule consacrée, "brader les diplômes". Eh bien, je peux vous dire qu'on ne va pas les brader ! Quand bien même on le voudrait, on ne pourrait pas...

12:00 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (3)

Si

    En avril, je bâtis châteaux au Brésil.

10:40 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (3)

Virevoltes, 16

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    Esseulés, nous voyageons avec les djinns

Des jours enfouis,

Enfuis sans crier gare.

09:40 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (5)

Hodie

    Aujourd'hui, mon fils a cinquante-sept mois. Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, il n’avait vraiment pas envie d’aller à l’école. Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était remplacée par une dame qui ne dit (aux petits ni à leurs parents) ni bonjour ni au revoir, ne surveille pas les enfants dans la cour, et se laisse totalement déborder dans la classe. Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était absente, car elle ne se remet pas d’avoir couru le Marathon de Paris dimanche dernier. Aujourd’hui, on va « faire aller ».

08:45 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2)

Air varié sur les jeux de fond

    La lourde voix s’envole, et le chant débroussaille l’air. Des coups de ciseau gravissent les montagnes. Joris Verdin joue sa composition, la note tenue sur l’émoi, et le fil glissant de son étonnement.

07:10 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE