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lundi, 08 mai 2006

Fresque murale de Saint-Savin

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Sur la placette, la façade borgne de la maison qui jouxte la boulangerie a été repeinte, sous forme de fresques célébrant le travail des champs, la culture du blé, le vannage, le fauchage, le transport des sacs de farine, la cuisson du pain. Ces fresques (d'un style trop naïf pour emporter habituellement mon adhésion) sont très réussies, dans des tons ocre, orange, bruns et jaunes qui gomment ce qu'elles pourraient avoir, sinon, de kitsch. Le Poitou patine.

18:30 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Ligérienne

Sur fond de ciel de nacre (Quinton)

    Sous notre ciel de nacre les voiles d'or vont filant leur œuvre. Un ciel de nacre entre les passerelles. J'ai encore dans l'œil un Château Saint Ange croustillant et doré comme un pain blond, et le ton de jade de la terrasse de Saint-Germain-en-Laye sur un ciel de nacre que je savoure depuis ce jour-là. On voit pesamment approcher le char, tout noir sur le ciel de nacre. En effet, figurez-vous une pâleur d'ambre jaune, deux soleils noirs nageant sur un ciel de nacre, la bouche la mieux coupée, la plus amoureusement antique, une poitrine sans ombre, sans demi-teinte, d'un seul ton, et modelée cependant d'une manière admirable, des bras d'un tour divin, et des mains aux longs doigts effilés, comme Ingres seul peut en dessiner.

 

[Soient remerciés Paul Mathieu, Simone Auguste, Guillaume Gillet,

Paul-Jean Toulet et Théophile Gautier.]

17:35 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

(((Virevoltes)))

    Vingt-trois virevoltes en seize jours, une série interrompue par les congés, mais aussi par la difficulté de poursuivre selon la contrainte d'origine. De nombreuses trouées poissonneuses gisent pourtant dans mes archives.

15:20 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (0)

Recours

    Si jamais je manquais un jour d’inspiration dans l’écriture de ces notes, j’aurais toujours, pour recours, a) d’écouter la radio, ce que je fais rarement mais jamais sans trouver x sujets de réflexion ou d’agacement b) de compiler mes nombreux livres pour tirer, de phrases écrites par d’autres, un suc propice c) de choisir des photographies dans mes dossiers   –   mais si je devais ainsi manquer d’inspiration, je n’aurais sans doute plus envie de tenir ces carnets.

14:45 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)

Pas de bol...?

    Vous connaissez sans doute ces bols de style breton, où est inscrit à l'extérieur, en lettres manuscrites noires, un prénom. Quoique je trouve ces bols assez laids, j'ai commencé, depuis la naissance de mon fils, à chercher, dans les boutiques qui en vendent, son prénom, sachant que, de toute manière, entre les différents grands-parents et arrière-grand-parents, cela nous pendait (en quelque sorte) au nez. Or, et bien que son prénom soit on ne peut plus classique, attesté et de belle ancienneté religieuse et culturelle, jamais je n'en trouvais. Hier matin, comme nous visitions le site des rochers sculptés de Rothéneuf (près de Saint-Malo), que nous avions déjà découvert, par hasard, en avril 1999, j'ai avisé, près du guichet d'accueil, l'officine où sont exposés des centaines de ces bols, avec les prénoms les plus farfelus : deux exemplaires du bol Scolastique, Marie-Rozenn en trois exemplaires, Annaïs avec deux n, j'en passe et des plus invraisemblables. Si vous connaissez des petites filles prénommées Scolastique, saluez-les de ma part, sans oublier de leur souhaiter bon courage sur le doux chemin de la vie. Or, nous ne finîmes par trouver de bol pour notre fils qu'au bout de plusieurs minutes de quête, nous acquittant alors, devant ses yeux implorants, des huit euros demandés afin de lui procurer cette joie ; il ne boit plus jamais de lait ni de chocolat au lait depuis l'âge de trois ans et demi, mais il y mangera ses petits suisses... ou des fraises, comme ce midi, d'ailleurs, où le bol fut étrenné.

14:00 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (4)

XXVI

    Quand on visite le château de Combourg, on ne manque pas d'entendre prononcer le nom de Madame de Récamier.

Rien de plus (à moins que).

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (5)

Trouées, 1 : Le parc de Combourg

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    Vous saluerez de ma part Atala et le dernier Abencérage.

Le parc solitaire et glacé ? Non. Un cheval noir, superbe mais boiteux, déjeunait d'herbe. Après la visite du château, une averse nous cueillit à froid.

Nous n'avons pas croisé de spectrale jambe de bois.

12:10 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

Filles économes

    En préparant les carottes et les pommes de terre (qui avaient "fait des filles"), je me suis, en ôtant des morceaux minuscules qui obstruaient les lames de l'économe, épluché la peau du pouce.

11:35 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ligérienne

Ne sommes-nous pas nous-mêmes… ?

    Quel est le sens de Tristes Tropiques ? Il n’est pas question, dans le commentaire de Celina, de l’essai de Claude Lévi-Strauss, mais de la chanson de Gérard Manset. (Heureusement, d’ailleurs : j’eusse été « bien emmerdé » pour répondre.)

La première fois que j’entendis Tristes Tropiques, ce fut à la radio, à Cagnotte, avec une qualité sonore déplorable. Adolescent, ayant peu d’argent, j’attendis quelques mois que ma sœur, qui vivait alors à Paris et pillait régulièrement les fonds de je ne sais plus quelle médiathèque d’arrondissement (le 5ème, je pense), m’en envoie un repiquage sur cassette. Cette cassette m’a accompagné pendant une partie de ma deuxième année de khâgne à Bordeaux (ce qui, au vu des dates, me fait dire que les “quelques mois” devaient être deux pleines années, car l’album Revivre est de 1991 et ma première tentative pour le concours de la rue d’Ulm était en 1993), et Tristes Tropiques, chanson qui ouvre le disque, est loin d’être ma préférée : guitares trop apocalyptiques, claviers un brin trop planants, texte un peu trop manifeste. (D’ailleurs, l’orchestration donne une grande partie de son sens au texte.)

Bref… Cette chanson emprunte son titre à un très célèbre essai de Lévi-Strauss, publié au début des années 1950, et qui fit date. Manset, qui est, depuis longtemps, un voyageur passionné par l’Amérique du Sud, précise ainsi, dès le titre (et dans le refrain : « sous les fumées d’encens des tristes tropiques »), qu’il est question des Amérindiens. Ainsi, l’idée principale de ce texte semble être : les Indiens disparaissent à cause de l’empiètement de la "civilisation" d’origine européenne, et leurs sociétés mourront bientôt. Mais, en fait, le vrai « message » de la chanson (quoique je répugne un peu à cette terminologie (enfin, dans le cas de ce texte de Manset, il y a, effectivement, une forme assez brutale de vouloir-dire, qui le dépoétise en partie, d’ailleurs)), c’est que la civilisation européenne ancestrale, elle-même, est menacée par la technique, les progrès trop fulgurants de la science, le luxe et le matérialisme ("piscines en marbre de Carrare"). Manset est convaincu que la culture, l’art et l’humanisme, qui régnaient en maîtres jusqu’à des temps point si reculés, sont en train de mourir eux-mêmes face aux coups de boutoir du profit, de l’industrialisation et du capitalisme. La convergence entre ce qui menace les Indiens et ce qui nous menace, nous Européens d’aujourd’hui, est annoncée dès le premier quatrain : « Pas d’étuis péniens, pas de curare / Mais la même terreur qui force à reculer ».

Le fin mot (ou le mot de la fin) serait alors : « pour nous sauver peut-être il n’est pas trop tard ». Je pense que le verbe sauver a ici un double sens :

1) il est encore possible de sauver la civilisation européenne

2) il est encore possible de s’enfuir (se sauver) dans un lieu à peu près préservé (ce que Renaud Camus, très proche de cette idée, nomme « dispar’être »).


Autre chose, chère Celina – je ne sais pas du tout si vous connaissez l’album Revivre dans son ensemble, mais il y a d’autres éléments à prendre en compte, et qui sont étroitement liés à la structure du disque. Tout d’abord, Tristes Tropiques, mélodie agitée, frénésie affolée et inquiète, reçoit, comme écho apaisé, en fin d’album, le très beau et serein Territoire de l’Inini, qui célèbre la vie des Indiens autour du fleuve, sans oublier la menace des   « cendres sous l’abattis »   et  de   l’ « avion reparti ». Autant la musique de Territoire de l’Inini est apaisée et douce, autant les portées des divers instruments semblent, dans Tristes tropiques, se fracasser les unes contre les autres.

Ensuite, la chanson qui occupe le centre de l’album et lui donne son titre, Revivre, creuse l’idée qui est au centre d’un des vers de Tristes Tropiques : « mais ce qui meurt un jour un jour revit » (avec chiasme). Du reste, Revivre ne donne pas une vision très joyeuse du recommencement, tout simplement impossible, à en croire la fin abrupte :

On croit qu’il est midi, mais le jour s’achève
Rien ne veut plus dire, fini le rêve
On se voit se lever, recommencer, sentir monter la sève
Mais ça ne se peut pas
Non, ça ne se peut,
Non, ça ne se peut.

11:20 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

Vertigal

    Chose inhabituelle, le sachet de thé Rembeng que j'attrapais dans le placard est tombé à la verticale, sans nullement s'ouvrir ni, par conséquent, répandre à terre son contenu. Hier soir, j'ai commencé de relire Le Voyage vertical, mon roman préféré de Vila-Matas.

Ce n'est pas souvent que je relis, même un livre aimé. Mon thé infuse.

 

(Il avait le vertige à l'idée d'être publié aux éditions Verticales. Pourtant, à la première occasion, il s'est enfui vers la rue Bottin.)

10:55 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2)

Après Combourg

    Il faisait beau, grand soleil, puis le temps se couvre, se gâte, gâche même le gravier qui ponctue le regard, nuages trop lourds, trop gris pour m’emporter, tels, levés, les orages désirés, mais m’atterrent, m’arrachent même la langue, cette langue elle-même trop lourde pour supporter le poids de telles cascades, de tant d’affaissements. Maintenant, je donne dans la miniature.

10:05 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)

Comment déblatère-t-on ?

    De récents voyages, je ramène des brassées de photographies, dont je n’ai encore publié aucune, préférant toujours donner l’ascendant, en moi, à l’attrait de l’écriture pure, à tel point que ce bref romanceau, Le vin est tiré, que j’avais commencé de faire paraître dans la catégorie Pauvres Pyrénées, souffre d’un certain retard, ou même a subi d’un coup d’arrêt, car chaque chapitre (ou presque) est illustré d’une photographie, et que cela me prend, en fait, plus de temps de chercher puis choisir une image que de déblatérer.

08:50 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1)